Maestro di cappella à Sienne, compositeur
et théoricien dont le traité de continuo (1607)
exerça une influence immédiate et très
importante. Comme celles de nombreux compositeurs de l'époque,
les oeuvres publiées d'Agazzari étaient des madrigaux
à trois, cinq et six voix, et son premier recueil de motets,
publié à Rome en 1602, est lui aussi a cappella. Mais
à partir de 1603, ses oeuvres sacrées contiennent une
partie séparée de basso con tinuo. Au tournant du
siècle, Agazzari séjourna à Rome pendant
plusieurs années, composant alors pour les fêtes du
carnaval de 1605 au Seminario Romano un dramma pastorale
intitulé Eumelio, dans le style de la
Rappresentatione di Anima et di Corpo de Cavalieri (1600) et
comprenant des récitatifs, des airs strophiques pour voix
soliste et continuo et des choeurs. Peu après, Agazzari
retourna à Sienne pour y assumer le poste d'organiste et de
maestro di cappella à la cathédrale. Il fut fait membre
de l'Accademia degli Intronati, prenant le nom d'"Armonico
Intronato" (qui apparut sur toutes ses publications
àpartir de 1606). Il établit sa réputation en
publiant l'un des premiers traités d'accompagnement d'un
ensemble à partir d'une basse non chiffrée, Del
sonare sopra 'l basso con tutti li stromenti e dell'uso loro nel
conserto (1607). Modèle de concision, le traité
d'Agazzari divise les instruments du continuo en deux groupes, les
fondamentaux et les ornementaux, la flûte, le théorbe et
la harpe appartenant aux deux. Il fut vanté par Adriano
Banchieri, qui en incorpora une version dans ses Conclusioni nel
suono deIl'organo (1609). Michael Praetorius en cita et en
paraphrasa de larges extraits dans le troisième volume de son
Syntagma musicum (1618). (Guide la Musique Baroque -
Fayard)