Pastorale ou comédie en musique, en trois actes
et un prologue à la gloire du roi, composée en 1650.
Certains la considèrent comme le premier opéra comique.
L'oeuvre ne fut probablement pas représentée, et la
musique est malheureusement perdue.
L'unique exemplaire du livret est conservé
à la Bibliothèque de l'Arsenal.
L'oeuvre fait alterner des passages
déclamés et des airs chantés, mais sans
récitatif. Elle mélange le burlesque et le
sérieux, l'érotique et le tragique.
Dialogues et chansons sont écrits en
mètres irréguliers de trois à douze syllabes,
avec une xtraordinaire variété de structure.
Synopsis
Acte I
Apollon et Amour se prennent de bec dans une
scène burlesque déclamée. Puis, dans une chanson
à refrain, Apollon, plein de morgue et d'assurance, affirme
qu'il se rit des traits et pouvoir de son rival.
Puis paraît Daphné qui chante son
mépris pour l'amour, et son choix de se consacrer à la
chasse. Apollon ne peut se défendre de céder aux
charmes de la nymphe. Pendant ce temps, Amour fait des commentaires
burlesques en aparté, et termine l'acte par une chanson
galante.
Acte II
Apollon a chargé l'Aurore d'être son
interprète auprès de Daphné, mais l'Aurore ne
sait comment aborder ce coeur de diamant. Daphné ne se
soucie guère de son soupirant. Apollon se décide
à se parere des plus riches atours pour la séduire,
pendant qu'Amour médite sur l'amour non partagé.
Apollon lui déclare sa flamme, mais
Daphné lui répond qu'elle ne pourrait supporter un
Soleil si brillant et s'enfuit. Apollon exprime alors sa
désolation, mais en déclamant, et c'est l'Amour qui,
à sa place, chante un air sur le ton railleur.
Acte III
Apollon, ssuivant les conseils d'Aurore, vient
demander à Pénée, père de Daphné,
la main de sa fille. Quoique sceptique, le Fleuve donne son
consentement.
Daphné, après avoir chanté les
plaisirs de la chasse, vient se reposer au bord d'une fontaine. Un
Satyre, la voyant assoupie, se sent touché par ses charmes et
se laisse aller à un délire érotique. Il est
interrompu par la chanson d'Apollon. Apollon berce la Nymphe d'un air
de sommeil italien Dormite, belli occhi. Soudain,
Daphné se réveille, repousse Apollon et se
métamorphose en laurier. Alors, le Dieu dit son
désespoir dans un monologue qui se termine par l'air O
douleur, ô fureur que Daphné coupe de ses
consolations. Une chanson de l'Amour termine la pièce.