Contre-ténor très doué et
compositeur plutôt modeste de cantates et de divertissements.
Bourgeois publia un premier recueil de Pièces en trio
(1701) avant de prendre le poste de maître de musique à
la cathédrale de Strasbourg puis à celle de Toul. En
1708, il était de retour à Paris, chantant à
l'Opéra, ce qui ne l'empêcha pas d'accepter des postes
de courte durée aux Pays-Bas et dans les provinces
françaises. C'est également en 1708 qu'il publia son
premier recueil de cantates. En 1713, il produisit pour Paris
l'opéra-ballet Les Amours déguisés, et
l'année suivante contribua avec Le Comte de Gabalis aux
" Grandes Nuits de Sceaux ". Un autre opéra-ballet, Les
Plaisirs de la paix, suivit en 1715, et à peu près
au même moment il fut nommé surintendant de la musique
du duc de Bourgogne. Il continua à produire des cantates - la
plus populaire fut Zéphire et Flore, tirée de
son second livre (1718) - et en 1721 collabora avec Aubert pour
Diane en vue d'une exécution privée à
Chantilly. Il abandonna son poste en 1721 pour une carrière
itinérante, dirigeant ses divertissements dans les capitales
provinciales. (Guide de la Musique baroque - Fayard)
"Né en Hainault, mort à Paris au mois
de Janvier 1750 âgé d'environ soixante-quinte
ans.
Ce Musicien qui possédoit son art, le chant
et la composition, se fit connoître d'abord par sa voix :
c'étoit une haute-contre très agréable qui le
fit recevoir vers l'année 1708 à l'Opéra,
où il fut fort goûté ; ce ne fut pas assez pour
lui, il voulut y paroître avec tous ses talents, et ne tarda
pas à donner deux Opéra de sa composition, qui y furent
bien reçus : I. Les Amours déguisés, paroles de
Fuselier, Ballet en trois Entrées, représenté en
1713. II. Les Plaisirs de la Paix, paroles de Mennesson, Ballet aussi
en trois Entrées, représenté en 1715. III. Un
Livre de Cantates qui a été gravé. IV. Un Ballet
en trois Actes et un Prologue, exécuté chez son Altesse
Sérénissime Monseigneur le Duc de Bourbon, dont
Bourgeois a été quelque temps Surintendant de sa
Musique ; les paroles de ce Ballet sont de M. Morand, d'Arles, connu
par ses Tragédies et deux comédies.
Bourgeois, qui étoit un peu inconstant, avoit
de la peine à se fixer. Ayant été du temps
à l'Opéra, et ayant un assez grand nombre de personnes
auxquelles il montroit la Musique à Paris, il auroit pu y
vivre fort à son aise ; mais il vouloit voyager, et son talent
lui donna le moyen de se tirer d'affaire partout où il se
trouvoit. Il resta trois ou quatre ans à Strasbourg, où
il eut la place de Maître de la Musique de la
Cathédrale, et ses Motets y furent fort goûtés ;
mais son inconstance fit qu'il ne mit pas ses talents à
profit, et qu'il termina sa vie dans une situation assez
malaisée."