COMPOSITEUR
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André CAMPRA
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LIBRETTISTE
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Antoine Houdar de La Motte
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DATE
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DIRECTION
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EDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DETAILLEE
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1973/1990
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Gustav Leonhardt
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La Petite Bande
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2
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français
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Opéra-ballet en un
prologue et quatre entrées, sur un livret de Antoine Houdar de
La Motte (*), représenté à l'Académie
royale de musique, le 24 octobre 1697. Marin Marais assurait la
direction, et la distribution comprenait :
- Mlle Clément
(Vénus) et Desvoyes (La Discorde) pour le Prologue,
Les Forges galantes de
l'amour,
- Thévenard (Silvandre),
Boutelou (Philène) et Mlle Desmatins (Céphise) pour
la première entrée La France,
- Chopelet (Don Pedro) et
Hardouin (Don Carlos) pour la deuxième entrée
L'Espagne,
- Du Mesny (Octavio) et Mlle
Moreau (Olympia) pour la troisième entrée
L'Italie,
- Mlle Desmatins (Zaïde),
Mlle Rochois (Roxane) et Thévenard (Zuliman) pour la
quatrième entrée La
Turquie.
(*) Antoine Houdar de La Motte, auteur
dramatique, poète et fabuliste, académicien en 1710
(1672 - 1731)
Trois airs furent confiés
par André Campra à Destouches, alors âgé
de vingt-cinq ans, qui travaillait avec lui : Paisibles
lieux, agréable retraite, à l'acte I, Nuit,
soyez fidelle, l'Amour ne révelle ses secrets qu'à
vous, à l'acte II, et Mes Yeux, ne pourrez-vous jamais
forcer mon vainqueur à se rendre ? à l'acte IV.
L'état ecclésiastique de Campra lui
interdisant de signer un ouvrage dramatique, l'Europe galante
fut d'abord représentée sous le nom du frère
cadet du compositeur, Joseph Campra, altiste à l'Opéra.
Ce n'est qu'après le succès de son second
opéra-ballet, le Carnaval de Venise, en 1697, que
Campra en revendiquera la paternité, abandonnant (*)
son poste de maître de chapelle à Notre-Dame.
(*) ou congédié par le cardinal de Noailles,
car circulait alors le couplet suivant :
Quand notre archevêque saura
Que Campra fait un opéra,
Alors Campra décampera
Alleluia.
L'oeuvre connut de nombreuses
reprises au Théâtre du Palais Royal :
- le 18 mai 1706, avec une
distribution réunissant : Mlle Poussin (Vénus) et
Mantienne (La Discorde) pour le Prologue, Thévenard
(Silvandre), Boutelou (Philène), Mlle Poussin
(Céphise) et Mlle Dupeyré (Doris) pour
La France, Chopelet (Don Pedro) et Dun (Don Carlos) pour
L'Espagne, Cochereau (Octavio) et Mlle Journet (Olympia)
pour L'Italie, Mlle Journet (Zaïde), Mlle Desmatins
(Roxane) et Thévenard (Zuliman) pour La Turquie
;
- le 20 août 1715, avec
Mlle Antier (Vénus) et Mantienne (La Discorde) pour le
Prologue, Thévenard (Silvandre), Dautrep (Philène),
Mlle Poussin (Céphise) et Mlle Antier (Doris) pour
La France, Buseau (Don Pedro) et Hardouin (Don Carlos) pour
L'Espagne, Cochereau (Octavio) et Mlle Heuzé
(Olympia) pour L'Italie, Mlle
Heuzé (Zaïde), Mlle Journet (Roxane) et
Thévenard (Zuliman) pour La
Turquie ;
Les représentations furent
interrompues par la maladie et la mort du Roi, le 1er septembre. Elle
reprirent le 1er octobre.
- le 20 juin 1724, avec avec
Mlle Lambert (Vénus) et Mantienne (La Discorde) pour le
Prologue, Thévenard (Silvandre), Tribou (Philène), Mlle Eremans (Céphise)
et Mlle Antier (Doris) pour La
France, Grenet (Don Pedro) et
Dubourg (Don Carlos) pour L'Espagne, Tribou
(auquel on substitua Mlle Antier au mois de juillet) (Octavio) et
Mlle Eremans (Olympia) pour L'Italie, Mlle
Eremans (Zaïde), Mlle Antier (Roxane) et Thévenard
(Zuliman) pour La
Turquie ;
Le 24 août, la représentation fut honorée de la
présence de la duchesse d'Orléans, venue la veille de
Versailles au Palais Royal.
- le 22 février 1725,
avec la deuxième entrée supprimée et
remplacée par La
Provençale, et
l'intervention de Muraire dans un nouvel air italien
d'une beauté parfaite, aux
applaudissements de toute la salle. Selon le Mercure, le
ballet était toujours extrêmement goûté,
et l'attraction de Muraire et de son exécution ravissante venait s'ajouter au plaisir causé par
la finesse et la
légèreté de
Mlle Prévost.
- le 14 juin 1736, avec Mlle
Eremans (Vénus) et Cuvilier (La Discorde) pour le Prologue,
Dun (Silvandre), Tribou (Philène), Mlle Fel
(Céphise) et Mlle Eremans (Doris) pour La France, Tribou
(Octavio) et Mlle Pélissier (Olympia) pour L'Italie,
Cuvilier (Don Pedro) et Le Page (Don Carlos) pour L'Espagne, Mlle
Pélissier (Zaïde), Mlle Antier (Roxane) et
Chassé (Zuliman) pour La
Turquie. Mlle Sallé dansa
dans le ballet final ;
Selon le Mercure :
Ce Ballet incomparable a
été reçu aujourd'hui avec les mêmes
applaudissements et le même plaisir qu'il a toujours fait au
public.
Les représentations se
poursuivirent en juillet, le public
ne se lassant pas d'applaudir un ouvrage aussi
parfait.
Colin de Blamont le fit
exécuter avec la plus grande
perfection aux Concerts de la Reine
Marie Leszczynska, les 4 et 9 juillet 1736, et l'ouvrage
reçut, selon le Mercure, à la Cour les mêmes applaudissements
qu'à la ville.
- le 9 octobre 1736, les
représentations se poursuivant jusqu'au 20 décembre,
avec une seule interruption de quinze jours ;
- en mars 1737, pour
répondre à l'attente du public, on donna deux
représentations (dernier dimanche de Carnaval et Mardi
Gras) où l'Europe
galante fut suivie du
divertissement de Pourceaugnac ; Denis-François Tribou fut
particulièrement apprécié comme le nota
Le Mercure de mars 1737. Daquin nota aussi dans le
Siècle littéraire de
Louis XV :
- en juillet 1738, les 5, 7 et
9, aux Concerts de la Reine ;
- les 3 et 5 juillet 1741, aux
Concerts de la Reine ;
- le 9 mai 1747, avec Mlle
Romainville (Vénus), Chassé (La Discorde) et Mlle
Coupée (Une Grâce) pour le Prologue, Le Page
(Silvandre), La Tour (Philène), Mlle Fel (Céphise)
et Mlle Metz (Doris) pour La
France, Jélyotte (Octavio)
et Mlle Chevalier (Olympia) pour L'Italie, Poirier
(Don Pedro) et Le Page (Don Carlos) pour L'Espagne, Mlle
Fel (Zaïde), Mlle Chevalier (Roxane) et Chassé
(Zuliman) pour La
Turquie.
- le 26 août
1755.
L'Europe
galante est considérée
comme l'archétype sur lesquelles se fondèrent les
musiciens du XVIIIe siècle
jusqu'à Rameau.
La duchesse d'Orléans,
dite la Palatine, écrivit dans une lettre du 10 novembre 1697
: Ce... n'est à la
vérité qu'un ballet, mais c'est bien gentil... On y
montre comment les Français, les Espagnols, les Italiens et
les Turcs font l'amour ; les caractères de ces nations y sont
si parfaitement dépeints que c'en est très
amusant.
Le Doccteur Martin Lister, dans
son ouvrage A Journey to Paris in
year 1698, écrivit pour sa
part : Je suis allé plusieurs
fois à l'Europe galante qu'on regarde comme l'un des meilleurs
(opéras). Il est fort beau ; la musique et le chant
admirables, le théâtre grand, magnifique et bien garni
d'acteurs, les décors bien appropriés au sujet et les
changements à vue aussi prompts que la pensée ; les
danses accomplies, car elles sont exécutées par les
meilleurs maîtres de cet art ; les costumes enfin, riches,
convenables et d'une grande variété.
Plus tard, en 1754, Cahusac
qualifiait L'Europe galante
de
premier de nos ouvrages lyriques qui n'a point ressemblé aux
opéras de Quinault.
Une parodie, La Foire galante, de
Dominique fut jouée le 25 juillet 1710 à la Foire St
Germain.
L'Europe
Galante fut éditée par
Christophe Ballard en 1697. Une seconde édition parut en
1698.
Synopsis
détaillé
Prologue
Une forge galante où
les Grâces, les Plaisirs et les Ris sont occupés
à forger les traits de l'Amour.
Vénus descend pour les
exciter au travail. Survient la Discorde, qui entame une querelle
avec Vénus à propos du pouvoir de l'Amour. Vénus
promet de lui montrer comment l'Amour. triomphe dans tous les
pays.
Première
entrée : la France
Le Français est
dépeint comme volage, indiscret et coquet
Un bocage, et dans le fond, un
hameau
Silvandre confie à
Philène qu'il abandonne Doris pour Céphise, pour qui il
a organisé une fête. Il se vante de son inconstance.
Céphise, seule, méprise l'amour en dépit de
toutes les tentatives des bergers. Elle tombe sur les Bergers qui la
convient à se laisser aller à l'amour. Apprenant de
Silvandre qu'il est épris d'elle, elle lui reproche d'avoir
abandonné Doris, et repousse ses avances. Survient Doris, qui
se lamente que Silvandre l'ait délaissée, et
décide de se venger.
Deuxième
entrée : l'Espagne
L'Espagnol est dépeint
fidèle et romanesque
Une place publique, la
nuit
Don Pedro, cavalier espagnol,
soupire sous le balcon de sa maîtresse Lucile. Arrive Don
Carlos, avec une troupe de musiciens et danseurs qui donnent une
sérénade. Don Pedro croit que c'est pour Lucile. En
fait, Don Carlos est amoureux de Léonore.
Troisième
entrée : l'Italie
L'Italien est dépeint
jaloux, fin et violent
Une salle magnifique,
préparée pour un bal
Octavio reproche à Ottavia
de ne pas l'aimer assez. Ottavia a compris qu'il est jalous qu'elle
vienne au bal. Surviennent des Vénitiens masqués. Deux
Vénitiennes les invitent au bal. A la fin du bal, Ottavia
s'étonne de l'absence d'Octavio. Ce dernier arrive, remettant
son poignard, et annonçant qu'il vient de tuer l'amant
d'Ottavia. Celle-ci avoue, et reproche à Octavio de ne pas
avoir su lui plaire. Elle le quitte. Octavio, après une crise
de colère, comprend "qu'il n'a plus qu'à tomber aux
genous de l'ingrate".
Quatrième entrée : la Turquie
Elle dépeint la hauteur et
la souveraineté des Sultans, et l'emportement des
Sultanes
Les Jardins du Sérail,
et dans le fond, le Palais des Sultanes
Zayde a été
enlevée comme esclave, mais est tombée amoureuse du
sultan. Arrivent Roxane et le sultan Zuliman. Roxane se plaint de ne
plus être aimée du sultan qui avoue qu'il en aime une
autre. Les Sultanes dansent pour le Sultan. Ce dernier complimente
Zayde. et lui avoue que c'est d'elle qu'il est épris. Roxane
tire un poignard et tente de tuer Zayde. Le Sultan lui arrache le
poignard, et la fait arrêter. Le Sultan appelle aux
réjouissances. Danse edes Bostangis ou Jardiniers du
Sérail.
Epilogue
La Discorde, constatant que tout
cède à l'Amour, s'avoue vaincue. Vénus envoie
les Plaisirs "accroître encore son empire et sa
gloire".
Représentations :
- Théâtre de
Bourg-en-Bresse - Festival d'Ambronay - 3, 4 octobre 2005 -
Opéra de
Vichy - 6 octobre 2005 -
Bilbao - Teatro
Arriaga - 8 octobre 2005
- San Sebastian - Fundación
Kursaal - 9 octobre 2005 -
Opéra Royal de
Versailles - 11 octobre
2005 - Opéra de
Besançon - 14
octobre 2005 - Grand Théâtre
de Reims - 15 octobre 2005 -
Académie baroque européenne d'Ambronay - dir.
William Christie - Compagnie de danse baroque L'Eventail - mise en
scène Javier Lopez Pinon - Marie-Geneviève
Massé chorégraphie baroque - avec Violaine Kiefer /
Sophie Boyer (Vénus), Clémentine Margaine / Sarah
Breton (La Discorde), Stefanie True / Elisabeth Dobbin
(Céphise), Lina Markeby (Doris), Mark Spyropoulos / Romain
Champion (Philène), Matthew Baker/ Guillaume Orly
(Sylvandre), Anthony Lo Papa / Frédéric Burdet (Dom
Pedro), Aidan Smith / Armin Zanner (Dom Carlos), Anna Sanchez (Une
Espagnole), Armin Zanner / Romain Champion (Un Espagnol),
Clara Coutouly / June Telletxea (Olimpia), Lissandro Nesis / Paul
Gaugler (Octavio), Isabelle Druet / Lina Makerby (Zaïde),
Sarah Breton / Clémentine Margaine (Roxanne), Sydney Fierro
/ Ari Harkov (Zuliman), Jérémie Lesage / Ludovic
Provost (Bostangi)
"...les voix de cette Europe
galante sont très faibles. Mis à part Isabelle Druet,
Violaine Kiefer et surtout Sydney Fierro, baryton mordant et Soliman
crédible, les quinze solistes...se trouvent surexposés
dès qu'ils sortent du choeur. Avouons à leur
décharge qu'ils ne sont guère aidés par
l'espèce de patois languedocien qu'on leur a enseeigné
en guise de prononciation restituée, ni par l'économie
radicale des costumes (défilé de marcels blancs, jeans,
tee-shirts noirs, foulards...) ou la mise en espace bricolée
avec des bouts de ficelles par un "spécialiste des techniques
de jeu d'acteur des XVII et XVIIIe siècles"
autoproclamé."
- ResMusica - 15
octobre 2005
"Le choix s’est porté
cette année sur l’Europe Galante d’André Campra, et sur
William Christie pour diriger, choix évident, car le chef
franco-américain en plus d’une connaissance approfondie du
style, n’a pas son pareil pour exalter la grâce, la finesse et
l’élégance chorégraphique de ces
comédies-ballets divertissantes et un peu frivoles dont cette
Europe Galante fut l’un des modèles.
L’œuvre a été
créée en 1697, première partition lyrique de
Campra, qui s’était jusqu’alors consacré à la
musique liturgique. La pièce est divisée en quatre
tableaux décrivant sur un mode humoristique les mœurs
amoureuses de différents peuples d’Europe,
précédés par un prologue, sorte de reliquat de
la tragédie lyrique, puisque c’est dans cette partie que sont
relégués dieux et allégories. L’argument est
mince, les Français batifolent dans les bosquets au milieu des
agneaux, les Espagnols lancent des déclarations
enflammées au crépuscule, les Italiens sont jaloux et
colériques, et les Turcs ont le choix puisqu’ils ont un harem.
On a donc des silhouettes plus que de véritables personnages,
mais l’important est dans une musique d’apparence simple, mais d’une
grande subtilité, efficace et charmante, prétexte
à de nombreuses chorégraphies.
Conçue pour tourner,
cette production bénéficie de la mise en espace
intelligente et fonctionnelle de Javier Lopez Pinon, qui fait la
plupart du temps se déplacer les chanteurs autour de
l’orchestre. Tout cela est efficace et intelligible, les
atmosphères des différentes entrées sont bien
différenciées par les
lumières et par quelques
éléments de costume. La danse est évidemment une
part essentielle du spectacle, les nombreux épisodes
chorégraphiques sont bien réglés,
s’intègrent bien à l’ensemble, et sont très bien
exécutés par les cinq danseurs et danseuses.
Musicalement aussi, le spectacle est très réussi,
grâce en premier lieu à un orchestre superbe de
cohésion et de justesse, superbement mené par la
japonaise Satomi Watanabe, une konzertmeisterin dont le jeu conjugue
élégance et tempérament. Le niveau de ces jeunes
instrumentistes est très impressionnant, et une belle
assurance pour la qualité technique des ensembles dans
lesquels ils s’intégreront dans le futur.
Côté chant, on
est d’abord surpris par la diction, William Christie ayant
imposé une prononciation d’époque. On entend donc des
« s » qui sont devenus muets dans notre parler actuel,
l’accent est grasseyant, et « victoire » se prononce «
victouère ». C’est assez déroutant, mais l’oreille
s’y fait vite, le résultat est mélodieux, et chanteurs
francophones et étrangers sont placés sur un pied
d’égalité puisqu’ils doivent tous faire un effort pour
restituer la langue. Le niveau des chanteurs est assez fluctuant,
certains semblent presque prêts à se lancer dans la
carrière, tandis que d’autres ont encore beaucoup à
apprendre, et à attendre, car leur voix n’est pas encore
arrivée à maturité. Parmi les voix les plus
intéressantes, on retiendra les noms de Frédéric
Burdet, interprète d’un monologue tout intérieur en
Espagne, de Clémentine Margaine, Discorde au mezzo
corsé et au fort tempérament dramatique, d’Anna
Sanchez, au français perfectible, mais au timbre de soprano
sombre très prenant. Intelligemment, les chanteurs les plus
accomplis ont été en général
distribués dans les derniers tableaux, ce qui fait monter la
soirée en puissance. L’entrée italienne vaut
essentiellement pour la fière et délurée Clara
Coutouly, et pour le beau timbre de ténor de Lisadro Nesis,
quoique ses aigus soient assez serrés. Rien à redire
sur la Turquie, très bien chantée par
l’émouvante Isabelle Druet en Zaïde, par la
séduisante et sensuelle Sarah Breton en Roxane, et par un
Sydney Fierro noble et fier en sultan Soliman. La palme de la
soirée ira à Jérémie Lesage,
interprète d’un hilarant numéro d’eunuque, chantant
avec une parfaite maîtrise dans une langue turque
imaginaire."
- Classica - novembre 2005 - 11 octobre 2005
"Dix ans après la mort
de Lully, en 1697, l’Académie royale accueille un nouveau
genre : l’opéra-ballet. Cette Europe galante que Campra, alors
tenu par des fonctions ecclésiastiques, ne signe pas, se situe
entre le Ballet des Nations du Bourgeois gentilhomme et les futures
Indes galantes. Chaque acte est prétexte à disserter
sur l’amour décliné selon sa patrie. La France est
inconstante, l’Italie passionnée, l'Espagne fidèle et
la Turquie violemment jalouse. Dans cette production de
l’Académie européenne d’Ambronay, l’acte ottoman est le
plus réussi, celui où se découvrent de futures
belles voix (I. Druet, S. Breton, J. Lesage) malgré le parti
pris d’une prononciation à l’ancienne qui force le chant
à une nasalisation souvent handicapante. La
chorégraphie fluide et élégante de M.-G.
Massé remporte les suffrages. La mise en espace façon
Chorus Line de J. Lopez Pinon rehausse à peu de frais
l’action. Mais le triomphateur de cette soirée est l’orchestre
de l’Académie, aux sonorités riches, que W. Christie
porte à l’excellence, d’autant que les coupes dans la
partition offrent de goûter le meilleur d’une musique tour
à tour originale (les danses), noble (les choeurs) et
touchante (les airs)."
- Concertclassic -
11 octobre 2005
"Petite édition pour
l’Académie d’Ambronay qui investissait le Théâtre
Gabriel dans le cadre du cycle des Tragédies Lyriques et autre
opéras-ballets présenté par le Centre de Musique
Baroque de Versailles. Une seule voix, celle du Suliman de
l’entrée turque, Sydney Fierro, et des danseurs et danseuses
dont l’élévation du niveau technique surprend toujours
lorsqu’on la compare à celle de leurs collègues
chanteurs, avec une mention spéciale pour Bruno Benne, dont
les talents d’acteurs et le penchant pour le mimodrame s’employaient
avec efficacité dans l’entrée italienne.
C’est ici et dans
l’entrée espagnole que Campra a mis ses plus belles musiques,
sérénades et airs élégiaques
voilés d’une tristesse qui illustre bien l’intrigue
étonnante dont a accouché Houdar de la Motte, cette
histoire d’amour entre une chanteuse et un danseur qui
déclenche l’ire d’un amant éconduit. On est à
deux doigts de Paillasse. Les deux autres entrées sont en
dessous, jolies bergerettes françaises,
cérémonies turques convenues.
William Christie conduit avec
efficacité, laissant l’inspiration, ce péché
absolu, de côté. Pourtant la musique de Campra en aurait
bien besoin, toute empêtrée qu’elle s’est trouvée
dans une prononciation restituée arbitraire, frôlant le
grotesque et rendant les dictions sibyllines. Que les pastorales
languedociennes comme Daphnis et Alcimadure de Mondonville se
prêtent à cet exercice, pourquoi pas, mais dans L’Europe
Galante, tout provençal que fut de naissance Campra, ces
collections de tics phonétiques n’avaient rien à faire,
et nuisaient même à un spectacle modeste, mais bien
vu."
- EchoSup
- 14 et 15 octobre 2005
"Depuis douze ans,
l'Académie baroque européenne, qui se tient dans le
cadre du festival d'Ambronay, propose à de jeunes artistes une
formation intensive autour d'une oeuvre du répertoire baroque,
débouchant sur un spectacle. Il faut donc prendre cette
production de « L'Europe galante » d'André Campra
pour ce qu'elle est : le fruit d'un travail d'atelier. Pour la
troisième fois, William Christie est le mentor de ces talents
qui ne demandent qu'à s'épanouir. Avec, au programme,
cet opéra-ballet en cinq tableaux, Carte du Tendre fantaisiste
dont les détours amoureux se terminent en Turquie,
après avoir traversé la France, l'Espagne et l'Italie.
N'accablons pas les chanteurs ; certaines voix attirent l'attention
(Violaine Kiefer/Vénus, Sydney Fierro/Zuliman), par leur
timbre et la clarté de leur émission, mais beaucoup
trébuchent sur la diction. Dans une mise en espace anodine de
Jesus Lopez-Pinon, la chorégraphie de Marie-Geneviève
Massé joue la carte de l'humour, sans pour autant emporter
l'adhésion, car passablement
systématique.
Le grand plaisir de la
soirée, on le doit à l'orchestre, mené avec brio
par Christie, qui ne s'est pas contenté de donner du style
à ces interprètes avides d'apprendre. Il leur a appris
la variété, le dynamisme dans les phrasés ; il a
su, dans ces scènes où l'intrigue est réduite
à sa plus simple expression, leur insuffler le sens du
théâtre, en n'oubliant pas d'intégrer les
divertissements dansés dans la progression du discours.
Rayonnante de jeunesse et de poésie, la musique de Campra a
trouvé là d'ardents défenseurs."
- Aix en Provence - Théâtre de
l'Archevêche - 28 juillet 1993 - Beaune - Festival International de Musique
baroque - 30 juillet 1993 - dir.
Marc Minkowski - avec Jennifer Smith, Sally Bradshaw, Laurent
Naouri, Philippe Huttenlocher, Jean-Paul
Fouchécourt
- Journées
Campra au Centre de Musique
Baroque de Versailles - juin 1993
"Marc Minkowski, secondé par un orchestre haut
en couleurs, mène la danse avec panache et humour, un humour
que partageaient des solistes très concernés par leurs
rôles, parmi lesquels Jennifer Smith et Jean-Paul
Fouchécourt." (Le Monde de la Musique - septembre
1993)
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