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RAPPRESENTATIONE DI
ANIMA E DI CORPO
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COMPOSITEUR
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Emilio de'
CAVALIERI
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LIBRETTISTE
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Padre Agostino Manni
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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NOMBRE
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FICHE
DETAILLÉE
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2000
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2001
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Lorenzo Tozzi
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Trinidad Entertainment
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1
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Drame sacré, créé à
l'Oratorio della Vallicella, à Rome, en février 1600.
Cavalieri était arrivé à Rome en
1599, chassé de Florence où il avait été
victime de jalousies et d'intrigues (notamment de la part de Giulio
Caccini). Le 31 décembre, le pape Clément VIII avait
déclarée sainte l'année 1600.
La Rappresentatione fut exécutée
début février, au cours des festivités du
Jubileo qui remplaçait le carnaval. L'Oratoire della
Valicella était le siège de la Congregazione
dell'Oratorio, ordre fondé vingt-cinq ans auparavant par
Filippo Neri, avec l'autorisation du pape Grégoire XIII.
L'auteur du livret, Agostino Manni, était un
poète célèbre, proche de l'ordre de Filippo
Neri. Il l'avait déjà fait imprimer en 1577 et
réédité en 1583.
Opéra sacré, à caractère
allégorique, écrit dans l'esprit du stile
rappresentativo, La Rappresentatione fut jouée
dès l'origine en costumes. Le joueur de viole Dionisio
Isorelli (1544-1632) aurait participé à la composition
de la musique.
Tempo et Corpo étaient joués par le
même chanteur, Anima par un enfant.
L'oeuvre fut publiée chez l'éditeur
Nicolo Mutii à Rome en 1600, précédée
d'une préface "A Lettori" sur les règles de
l'interprétation, et aussi sur la mise en scène, les
costumes, le comportement des chanteurs. Une réédition
en fac simile fut publiée à Rome en 1912 par Francesco
Mantica.
Synopsis
Prologue
La pièce s'ouvre sur un cantique de louange
à Dieu en forme de madrigal. Vient ensuite un long prologue
parlé, au cours duquel deux Jeunes gens, Intelligence
(ténor) et Sagesse (basse), discutent sur le mode platonicien
de ce que la vie des mortels présente comme caractères
d'illusion. Ils terminent leur conversation en annonçant
qu'ils vont faire appel au théâtre pour rendre leurs
propos compréhensibles par tous. Les trois actes qui suivent
présentent trois actions - si l'on peut parler ici d'action -
différentes. Ce sont plutôt des jeux
d'allégories, ayant beaucoup en commun avec les
moralités médiévales.
Acte I
Il commence par deux monologues, l'un du Temps (basse)
qui commente l'infinie mutabilité des choses humaines, l'autre
de l'Intelligence qui rappelle que l'esprit humain n'est jamais
satisfait. Ils sont suivis d'un dialogue du Corps (baryton) et de
l'Âme (mezzo-soprano), exposé des penchants et des
désirs contraires qui déchirent l'homme. L'acte se
termine sur un choeur qui rappelle que seul le ciel nous donne la
force de surmonter les obstacles qui nous mettent journellement en
danger.
Acte II
Commençant par une formule de louange quasi
liturgique, le second acte est un exposé classique du conflit
entre le Monde et la Sagesse. C'est le thème que l'on
retrouvera, tout au long de l'Age baroque, dans les allégories
du type Hercule à la croisée des chemins. Le texte a
ici une saveur toute érasmienne. Le Plaisir (haute-contre) et
ses compagnons, font miroiter leur séduction devant le couple
Corps-Âme ; au moment où le Corps est prêt
à céder, l'Ame consulte le ciel qui répond par
la voix d'un Echo (soprano) qui décrit ce que sont les vrais
plaisirs. Le débat reprend, opposant d'un côté
l'Âme (soprano) et son Ange Gardien (soprano), de l'autre le
Monde (basse) et la Vie mondaine (soprano). La discussion est
animée, mais les défenseurs du bien font
apparaître sous les apparences souriantes de la vie facile la
silhouette de la mort. C'est sur une note qui confine au
dêsespoir que le Corps finit par chanter son désarroi
devant un choix impossible. Il est réconforté par
l'Ange Gardien et l'acte se termine par un choeur d'hommage à
la vie céleste, sous forme de madrigal.
Acte III
Il est entièrement consacré à une
contemplation du sort des âmes après leur mort. Sous la
conduite de l'Intelligence et de la Sagesse, nous sommes
appelés à assister à la déplorable
condition des Âmes Damnées, que le choeur souligne par
des textes empruntés plus ou moins directement au Dies
Irae. L'intérêt dramatique est moins soutenu dans
cette discussion qui oppose deux groupes de personnages dont les
positions sont immuables. L'oeuvre se termine par un choeur de
jubilation qui est bien dans l'esprit des laudes
médiévales.
(Tout l'opéra - Kobbé - Robert
Laffont)
- Livret
en téléchargement sur Opéras Data Base
"La Rappresentatione, née en l'église
Santa Maria in Vallicella, n'est pas exactement un oratorio, au sens
spécifique du terme. Mais plutôt une prémonition
d' "action sacrée" qui, sous la leçon de morale et le
masque allégorique (il s'agit de l'éternel débat
entre les aspirations de l'âme et les tentations du corps), est
tendue par une théâtralité impliquant la
dimension scénique et visuelle quasiment, celle d'un
opéra liturgique.
Comme dans l'Euridice de Peri, le récitatif,
calqué sur les intonations, le rythme, le cheminement naturel
de la parole, s'y fait agent rhétorique, porteur d'un feu
expressif qui nous touche toujours. Et Cavalieri sait éviter
toute uniformité à la déclamation, en la
colorant de choeurs homophones, source de contrastes bienvenus avec
les interventions des personnages allégoriques : l'Ame, le
Corps, le Temps, l'Intellect, etc... Tel quel, un espace
saturé de sacralité est ici reconnu, circonscrit.
Musique du Verbe par essence qui dit le pouvoir et le poids des mots
et dont sauront se souvenir les successeurs, romains eux aussi, qui,
en termes d'oratorio, ne vont pas tarder à passer vraiment
à l'acte. Restent les intuitions de Cavalieri,
révélateur et créateur dans un domaine qu'il a
ouvert au monde des passions et des affects, ajoutant le rêve
venu du ciel à la fièvre des émotions
terrestres." (Goldberg - décembre 2002)
"Dans l'idée même de son concepteur,
cette Rappresentatione fut, en 1600 un prototype (la musicologie la
situerait ultérieurement entre oratorio, opéra et
mélodrame) qui se nourrissait d'autres réalisations,
comme des spectacles de cour, tels ces intermèdes pour La
Pellegrina auxquels, en 1589, Cavalieri avait apporté un
concours décisif. Y surgit la notion, non plus de
présentation, mais de représentation. L'unité de
cette oeuvre tient beaucoup au libretto de Manni : ses rôles ne
consistent pas seulement en des figures allégoriques mais
portent déjà plus qu'une vêture de
subjectivité ; sa structure dramatique défriche une
voie à mi-chemin entre théâtre et poésie
lyrique et sa qualité littéraire ne l'a pas
démodée. Quant à la partition, on voit que
Cavalieri, pour habile qu'il était, ne possédait pas
tous les moyens musicaux et formels de ses ambitions et que cette
Roppresentarione, quels que soient les talents de ses
interprètes (et, ici, ils sont grands), ne parvient jamais
à captiver continûment ses auditeurs." (Opéra International -
février 2005)
Représentations
:
- Berlin - Schiller Theater
- 8, 10, 13, 15, 17 juin 2011 - dir. René Jacobs
- mise en scène, décors, lumières Achim
Freyer - dramaturgie Detlef Giese - avec Marie-Claude Chappuis
(Anima), Johannes Weisser (Corpo) - nouvelle production
- Sablé - Centre
Culturel - 29 août 2009 - Festival de
Sablé - L'Arpeggiata - dir., théorbe, guitare
baroque, harpe baroque Christina Pluhar - avec Raquel Andueza
(Anima), Fulvio Bettini (Tempo, Corpo), Jan Van Elsacker
(Intelletto), Joao Fernandes (Consiglio), Hubert Claessens
(Mondo), Anima
"Quel spectacle aurait pu
mieux nous donner un tel sentiment de bonheur de vivre ? Quel
spectacle aurait pu rendre la séparation à la fois
aussi difficile et pourtant si lumineuse, et surtout nous donner
hâte d’être à l’année prochaine ? Christina
Pluhar et l’Arpeggiata ont fait de cette dernière
soirée un instant divin. Avec la Rappresentazione di anima e
di corpo ils nous ont permis de quitter Sablé le cœur au
chaud, l’âme libérée et joyeuse. Ils ont
refermé les pages de ce livre magique qu’est le festival de
Sablé. Pourtant l’enregistrement du CD de cette œuvre nous en
avait surtout montré une perception plus rigoureuse et proche
de ce qu’elle fut probablement à l’origine, mais rien n’en est
d’ailleurs moins certain.
À l’aube de
l’opéra, La Rappresentazione di anima e di corpo, voit le jour
à Rome. Son compositeur est un homme aux abois, victime de la
jalousie de ses confrères qui l’a condamné à
quitter Florence, où il avait déjà
créé un certain d’ombres » d’intermèdes
». La Rappresentazione en est à la fois un aboutissement
et un point d’origine. Œuvre de la Contre-Réforme, elle fut
créée durant le Giubileo (en février 1600), qui
remplaçait le carnaval durant l’année sainte
déclarée par le pape Clément VIII. Fondée
sur le principe médiéval du contrastare, une opposition
entre deux éléments, ici l’âme et le corps, les
anges et les démons, et sur des principes de
rhétoriques musicales héritées également
du moyen âge, la Rappresentazione est bien à plus d’un
titre une œuvre nouvelle. Cet opéra sacré est vraiment
fils du stile nuovo.
Ici Christina Pluhar a
utilisé les notations laissées par l’auteur pour nous
offrir une basse continue à la luxuriance digne des fastes de
la papauté. La richesse de l’instrumentarium permet une
improvisation qui théâtralise la musique. Mouvante,
surprenante, elle nous entraîne au cœur d’une fête
où l’âme et le corps se cherchent, en quête d’une
harmonie non seulement spirituelle mais charnelle. Car oui, l’audace
de l’interprétation joue d’autant plus d’un art baroque par
excellence, le pastiche, que l’œuvre est au fond digne fille du
carnaval. On se laisse surprendre et entraîner dans ses
débats qui se devraient scolastiques et qui pourtant
deviennent un jeu et dont la chaconne finale montre la perversion.
Musiciens, danseurs et chanteurs participent à une fête,
où le plaisir finit par triompher dans un bis quasi
démoniaque. Qu’importe la transgression, lorsqu’un tel bonheur
est offert au spectateur.
Le plateau vocal est
exceptionnel et pourtant aucun rôle ne l’exigeait vraiment,
puisqu’il s’agit avant tout d’art théâtral à
l’origine. C’est d’ailleurs le phrasé, la diction,
l’éloquence exceptionnels des interprètes qu’il faut
d’abord souligner. Mais chanteurs, ils apportent à ces
récitatifs une facilité qui les rend sensibles,
aisément accessibles dans le discours, au point d’en offrir le
cantibile. Remplaçant Céline Scheen indisposée,
la jeune soprano espagnole Raquel Andueza, donne à l’âme
la sensualité de son timbre, sa vocalité ardente tandis
que Fulvio Bettini dans le double rôle du Corps et du Temps,
fait preuve d’une séduction à l’expressivité
toute italienne oscillant entre virilité et
théâtralité. Au cœur du pays de la commedia
dell’arte, le sang latin donne aux mots, leurs sourires et leurs
larmes. Et si l’Intelleto défend la spiritualité par la
voix au timbre flamboyant du ténor Jan Van Elsacker, Il Mondo
par l’intermédiaire de la basse Hubert Claessens au timbre
chaud et mœlleux exprime avec jubilation le côté
fallacieux du doute. Le chœur dont se dégage les solistes,
anges et démons dans des scènes à
l’allégresse démoniaque
possède la grâce et l’élégance de
l’érotisme latin. Pardon à ceux que l’on oublie, car
tous mériteraient d’être cités. La voluptueuse
basse continue offerte par Christina Pluhar et son ensemble ont
permis à tous les interprètes un engagement sans
faille. Le bonheur ici a été fait de multiples
surprises, dont ces danseurs aux costumes et aux masques splendides.
Mais plus que tout ce sont les sonorités des instruments
anciens et rares et l’énergie resplendissante de la direction
de Christina Pluhar qui ont fait de cette représentation un
instant inoubliable. Et tous les pupitres instrumentaux
mériteraient également d’être mentionnés.
Retenons toutefois les percussions, dont le psaltérion, qui
possèdent des nuances à la subtilité
surprenantes et délicates, le cornet et le sacqueboute
à la folie solaire où les théorbes qui
suggèrent avec force la profondeur et les supplices des
enfers.
Ce soir, Christina Pluhar et
l’ensemble des interprètes sont devenus des anges, des anges
qui ont pris les couleurs du feu pour offrir au plaisir sa victoire
sur les ombres."
- Seattle - St. James
Cathedral - 17 novembre 2007 - The Seattle Academy of
Baroque Opera and Oratorio - dir. Stephen Stubbs

- Wiesbaden - 17
mai 2007 - Ensemble Mattiacis - dir. Thomas de Vries - chef de
choeur Christian Pfeiffer - avec Thomas de Vries (Corpo), Sharon
Kempton (Anima), Emma Pearson (Angelo custode, Echo), Betsy Horne
(Vita mondana), Aurora Perry (Anima beata), Jud Perry
(Intelletto)
- Opéra de Cologne
- 12, 14, 17, 27, 29 mai, 1er, 3, 5, 9, 11,
12, 15, 19 juin 2005 - dir. Alastair Willis - mise en scène
Uwe Hergenröder - décors, costumes Ulrich Schulz -
lumières Dirk Sarach-Craig - chef de choeur Albert Limbach
- avec Panajotis Iconomou (Corpo), Viola Zimmermann (Anima), Musa
Nkuna (Intelletto), Timm de Jong (Consiglio), Dieter Schweikart
(Tempo, Mondo), Samantha Rubenhold (Piacere), Charlotte
Stoppenlenburg (Vita mondana) - nouvelle production

"OEuvre hybride faisant un
large appel aux allégories et annonçant autant
l’oratorio que l’opéra, la Rappresentazione di Anima e di
Corpo d’Emilio de’ Cavalieri, créée à Rome en
1600, ne connaît que rarement les honneurs des scènes
lyriques traditionnelles. L'Opéra de Cologne a choisi de nous
convier à un authentique spectacle scénique, dans une
démarche d’actualisation qui ne lésine pas sur les
moyens. La mise en scène porte la griffe d’Uwe Hergenroder,
qui avait déjà monté in loco un Don Pasquale
réussi. Il signe ici une production complexe,
mélangeant à la musique, selon une tradition de
l’époque de la création, des textes parlés (en
allemand) renvoyant à des situations actuelles. En
l’occurrence, il fait référence au discours
prononcé lors de l’inauguration de l’actuel Opéra de
Cologne en 195? (mais aussi à l’état de
vétusté de celui-ci et aux projets d’une nouvelle
salle])et au récent discours du Bundesprasident Kohler
critiquant la façon dont sont actuellement traités les
grands classiques et plaidant pour un retour aux drames de Schiller
dans leur intégralité. Que le spectateur non
germanophone se rassure : ces textes parlés ne sont finalement
pas très envahissants et n’empêchent pas de jouir du
reste du spectacle. Dans un esprit très contemporain,
Hergenroder recourt à des vidéos et à une
spatialisation de l’action, choeurs et interprètes prenant
parfois place dans la salle. Seuls éléments de
décor: une maquette de l’Opéra, une tribune pour les
discours et une grande table de banquet. Au finale, quelques
(fausses) loges s’effondrent tandis qu’on commence à
démolir le fond de la scène avec un gros
boulet.
La version musicale a
été réalisée par le compositeur anglais
Steve Gray. A l’orchestre traditionnel — celui du Gùrzenich,
en petite formation, où dominent vents et percussions, et qui
pour l’occasion prend place sur le plateau —,il oppose un... quatuor
de jazz Rien de choquant cependant. Les effets sont parfois
saisissants, dans la manière dont les deux ensembles se
répondent ou se complètent, même si le quatuor a
parfois tendance à prendre le pas sur l’orchestre. C’est
notamment le cas du saxophone (l’excellent Gerd Oudek), à qui
revient aussi la tâche d’ouvrir et de clôturer le
spectacle en improvisant sur des thèmes musicaux de la
partition.
Alastair WiIlis, jeune et
prometteur chef permanent du Seattle Symphony Orchestra, dirige
l’ensemble avec un entrain communicatif. Ouant aux solistes, ils sont
très satisfaisants (on n’attend pas de grandes voix dans la
Rappresentazione), d’autant qu’ils sont en plus bons acteurs. Profil
de divinité aztèque, Panajotis Iconomou possède
une incontestable prestance dans sa salopette de technicien de
l’Opéra maniant la foreuse électrique sa voix de
baryton-basse est rondement conduite. De son côté, Viola
Zimmermann, en tenue de préposée aux vestiaires,
convainc par son engagement scénique et son mezzo souple,
même si elle connaît quelques problèmes de vibrato
en début de soirée. Le vétéran Dieter
Schweikart, excellent dans son discours d’entrée,
possède toujours une voix de basse solide. Une mention encore
pour la basse Timm de Jong, membre de l’Opéra Studio, pour
Musa Nkuna, beau ténor lyrique, et pour la mezzo Charlotte
Stoppelenburg. Saluons enfin la performance des choeurs, dont les
fractions se répondent souvent en écho et qui, tout en
prenant une part active à l’action, ne perdent rien de leur
homogénéité malgré leur effectif
impressionnant. Le public, hélas clairsemé en cette
soirée de canicule, a réservé au spectacle un
accueil enthousiaste." (Opéra International - 29 mai
2005)
- Vredenburg - Festival de
Musique Ancienne d'Utrecht - 30 août 2004 -
L'Arpeggiata - dir. Christina Pluhar - avec – Marco Beasley
(Corpo), Johannette Zomer (Anima), Dominique Visse (Piacere),
Arnaud Marzorati (Tempo, Mondo), Stefan Macleod (Consiglio), Jan
van Elsacker (Intelletto), Nuria Rial (Angelo Custode), Beatrice
Mayo-Felip (Vita Mondana), Celine Vieslet, Elisabeth Dobbins,
Laureen Armishaw (Anime Beate), Matthew Baker, Nicolas Achten
(Anime Dannate), Stephan van Dyck, Michael Barrett, Haru Harn,
Nicolas Domingues (Quatro del coro)
- Crescendo
- octobre/novembre 2004 - L'inclassable chef-d'oeuvre de
Cavalierl
"Contemporaine des Euridice de
Peri et de Caccini 1600, La Rappresentazione di Anima e di Corpo est
un ouvrage unique on son genre. Nourri de références
chrétiennes et platoniciennes, il fraie la voie au
mélodrame musical et expérimente le recitar cantando,
Le conflit du Corps et de l'Âme, aux aspirations
inconciliables, est au coeur du débat dont deux Jeunes Gens,
Intelligence et Sagesse, fixent les enleux avant que des
Allégories ne l'illustrent, opposant les protagonistes
éponymes, sollicités par le Plaisir et rejoints par
l'Écho du Ciel, l'Ange Gardien de l'Âme, le Monde et la
Vie mondaine. Si la théâtralité de l'ouvrage est
indiscutable, sa mise en scène est rien moins
qu'évidente. Continuiste dans la très décevante
production de la Monnaie, Christina Pluhar semble avoir
profité des leçons de cet échec. A
l'opposé du minimalisme abstrait et vide dans laquelle le
chorégraphe Pierre Droulers abandonnait les solistes et
figeait l'action, son travail investit le moindre espace, mise sur le
mouvement (des danses très sensuelles) et sur la
lisibilité des symboles, accentuant la référence
aux moralités et mystères médiévaux par
la naïveté délibérée de certains
tableaux les âmes damnées surgissent d'urne niche rouge
on se tordant de douleurs). Le vieux cinéma De Roma ne manque
pas de charme, mais ses dimensions sont plus propices aux
déferlements orchestraux d'un Beethoven qu'aux
récitatifs de Cavalieri. Là encore Christina Pluhar
relève le défi avec panache. Animée par un sens
imparable du rythme et de la respiration, elle insuffle une
énergie incroyable à ses musiciens et soutient
l'lntérêt sans faillir. De belle tenue, le plateau vocal
serait homogène sans la présence, dérangeante,
de Marco Beasley (le Corps), artiste à la croisée du
baroque et des musiques du monde. L'originalité de son timbre,
son magnétisme naturelcompensent mal une dynamique et une
virtuosité fort limitées, ses préciosités
de chanteur de charme napolitain laissant profondément
perplexe... L'irruption d'une chanson espagnole apporte une touche
d'exotisme finalement moins détonante. L'Âme de
Johanette Zomer n'appelle que des éloges. Guest star Dominique
Visse nasille plus que jamais et pimente le trio du Plaisir et de ses
compagnons. Vaillantes interventions des choeurs, contrepoint
idéal aux monologues et disputes des solistes. Une
standing-ovation salue cette réalisation qui ne manquera pas
de diviser. Alpha enregistre l'ouvrage dans la foulée au
studio de Flagey."
- Crémone - Festival
Claudio Monteverdi - Chiesa di S. Marcellino - juillet
2003 - Athestis Chorus - Accademia Strumentale Italiana - dir.
Filippo Maria Bressan - avec Gemma Bertagnolli (Anima), Enzo Di
Donato (Corpo), Paolo Costa (Intelletto), Fulvio Bettini
(Consiglio), Maria Chiara Chizzoni (Angelo custode, Anima beata),
Salvo Vitale (Tempo, Mondo), Elena Biscuola (Vita mondana,
Piacere), Garrick Comeaux (Anima dannata, Compagno), Mauro Collina
(Compagno)
- Goldberg -
décembre 2002 - L'Oratorio romain
- Festival d'Ambronay -
Abbatiale d'Ambronay - 28 et 29 septembre 2001 -
Ensemble Instrumental La Fenice - Choeur de Namur - dir. Jean
Tubéry - mise en scène Pierre Droulers -
décors, costumes Jim Clayburgh - Coproduction
Théâtre de la Monnaie à Bruxelles - avec Anne
Cambier (Anima), Hervé Lamy (Corpo), Stephan Van Dyck
(Intelleto), Stephan McLeod (Mondo / Consiglio / Tempo), Carlos
Mena (Angelo custode)
"Jean Tubéry
aborde un répertoire plus large et plus imposant avec tout
autant de maestria et de soin qu’à ses débuts. C’est en
fin connaisseur de la période qu’il aborde cette partition
mythique, tout autant représentation de l’âme et du
corps, qu’invention d’une nouvelle langue, représentation de
la Grèce et de l’Italie, fille humaniste de
l’Antiquité. Représentation du pouvoir du
récitatif, de la « seconde pratique ». En
coproduction avec le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles,
le festival d’Ambronay se poursuivait donc par la
représentation prudencienne dudit Cavalieri. On y retrouve
dans les sinfonias le Tubéry virtuose du cornet, de
manière générale des vents excellents,
l’émouvant lirone d’Imke David, et un choeur bien
préparé. Dans les solistes, on retiendra
l’impressionnant falsettiste Carlos Mena, ainsi que Stephan MacLeod.
Toutes les troupes se sont particulièrement illustrées
dans le passage des âmes damnées."
(ConcertoNet)
- Opéra de la Monnaie
de Bruxelles - Salle Malibran - 1er, 3, 4,
6, 7, 8, 10, 11 février 2001 - Chœur de Chambre de Namur -
Ensemble La Fenice - dir. Jean Tubéry - mise en
scène et décors Pierre Droulers - costumes Regine
Becker - lumières Jim Clayburgh - avec Anne Cambier
(Anima), Hervé Lamy (Corpo), Stephan van Dyck (Intelletto),
Carlos Mena (Angelo custode), Stephan Macleod (Mondo, Consiglio,
Tempo), Laurence Renson et Els Janssens (Anime beate), Caroline
Weynants (Vita Mondana), Philippe Favette (Anima damnata)
- Altamusica - Une représentation peu
cathodique - 7 février 2001
"Chef-d’œuvre
allégorique peu connu des débuts de l’oratorio au XVIIe
siècle, La Rappresentatione di Anima et di Corpo d’Emilio de
Cavalieri n’a pas connu récemment d’interprétation
scénique. C’est pourquoi la production de la Monnaie de
Bruxelles est audacieuse et intéressante, même si sa
mise en scène exploitant la vidéo laisse dubitatif.
L’art lyrique au XVIIe est friand
d’archétypes et de caractères allégoriques
(l’âme, la grâce, la fortune…), et pour cause, son
efficacité est immédiate pour édifier le public
des fidèles. Aujourd’hui, la dimension religieuse ayant perdu
de son emprise, il est tentant de n’en retenir que l’abstraction. Ce
fut le cas dans la salle Malibran du Théâtre de La
Monnaie : une scène nue, avec au sol deux rectangles aux
contours blancs, que les chanteurs vont arpenter au gré de la
représentation, le tout surmonté d’un écran aux
couleurs très ternes reproduisant non pas les gestes
esquissés sur le plateau, mais une succession d’images
enregistrées au préalable.
On peut accepter le principe
du dédoublement, destiné, par la confrontation
plateau/écran, à éclairer la dichotomie
Ame-Corps : mais alors, pourquoi laisser cet écran si
désespérément vide ? On peut aussi
adhérer à une conception scénique minimale :
mais pourquoi laisser les chanteurs abandonnés à
eux-mêmes comme des âmes en peine ? Dans un environnement
scénique si dépouillé, le moindre mouvement peut
revêtir une force inattendue. Ici, rien de tel. À aucun
moment, la scénographie ne paraît adopter une direction
véritable, et l’on se contente d’appuyer des propos
épars par quelques gestes probablement censés
actualiser la fameuse gestique baroque. Costumes fort laids, par
ailleurs : on se contentera de citer les perruques "blondasses"
infligées à certains membres d’un Chœur de Namur, au
demeurant excellent.
Peut-être
l’interprétation musicale aurait pu sauver la mise ; il aurait
fallu pour cela des chanteurs plus au fait des arcanes du recitar
cantando. En Corpo, Hervé Lamy est solide, mais sans
séduction marquée ; Stephan Macleod ne
démérite pas dans sa triple intervention, Stephan van
Dyck n’est pas indigne et Carlos Mena fait jaillir une lumière
bienvenue par son contre-ténor au timbre dense et
projeté, même si l’on note une certaine raideur. Seule
Anne Cambier connaît de réels problèmes vocaux :
timbre un peu creux, aigus faux et difficiles, grave inexistant, sa
prestation se révèle éprouvante. Mais le
problème principal réside dans la langue italienne, que
la distribution ne réussit jamais à animer. Dans ces
conditions, l’excellence de La Fenice dirigée par Jean
Tubéry paraît bien mal récompensée :
continuo d’une richesse réjouissante (saluons les
contributions de Jean Mac Aymes et de Christine Pluhar), cornets et
trombones irréprochables, direction subtile, toutes ces
qualités n’ont pas à pallier le manque d’âme de
ce spectacle."
- Opéra
International - avril 2001
"Mettre en scène la
Rappresentazione de nos jours relève de la gageure ; en
l'occurrence, le chorégraphe Pierre Droulers n'a pas vraiment
résolu le problème de façon convaincante.
Signant aussi les décors, il a muni le sol où se
déroule l'action (?) de lignes blanches, entre labyrinthe et
court de tennis tout autour, quelques chaises disposées de
façon asymétrique. A l'arrière-plan, une
rangée de sièges et des pu-pitres sont destinés
aux choristes. En hauteur, un écran sert de support à
une projection vidéo (due à David Claerbout, dont une
oeuvre décore aussi le hall d'entrée des Ateliers) elle
reproduit le même décor que sur le sol, et reste le plus
souvent immobile ; de temps à autre, elle s'anime, un ou
plusieurs personnages répétant en miroir ou en
contrepoint ce que font les protagonistes. En fait, ceux-ci se
contentent de se mouvoir sur ou entre les lignes, ou de se
déplacer d'une chaise à une autre, jouant parfois avec
un cube en bois. Seule Anima, en longue robe moulante blanc
cassé, et Corpo, en veston rouge entrouvert sur un torse nu,
se détachent des autres interprètes et des choristes,
en costumes contemporains parfois unisexes, le féminin se
confondant aussi avec le masculin par certaines coiffures blond
cendré.
De direction d'acteurs ou de
psychologie, il peut ici à peine être question, et la
présentation scénique ne procure guère une
meilleure compréhension du livret, loin s'en faut. Le tout
baigne dans une lumière assez crépusculaire
(éclairages de Jim Clayburgh), dont se détachent
heureusement les superbes instruments anciens de l'Ensemble La
Fenice.
La partition de Cavalieri -
annonçant souvent le Monteverdi de L'Orfeo, créé
sept ans plus tard - est très bien servie par Jean
Tubéry et son Ensemble La Fenice. Si l'on peut, en
l'occurrence, difficilement parler d'orchestration-- les musiciens
n'étant qu'au nombre de dix, y compris le chef qui joue aussi
du cornet -, en revanche l'instrumentation est à la fois
raffinée et variée clavecin et orgue, harpe,
théorbes et viole de gambe pour ce qui est des cordes,
auxquelles se juxtaposent des cuivres du plus bel effet, cornets et
trombones. Plus que toute mise en scène, les instruments, par
leurs couleurs et leurs alternances, confèrent à
l'oeuvre sa dynamique et son impact dramatique. En lieu et place de
Maria Cristina Kiehr et Nicolas Rivenq, d'abord annoncés, nous
avons entendu Anne Cambier, voix fraîche et menue conduite avec
musicalité, et Hervé Lamy, ténor barytonnant,
incarnant respectivement Anima et Corpo. Mais plus significatives
encore sont les interventions du contre-ténor Carlos Mena (au
volume impressionnant), du ténor léger Stephan Van Dyck
et du baryton-basse Stephan MacLeod. Louons sans réserve le
Choeur de Chambre de Namur, dont les seize chanteurs font preuve
d'une parfaite cohésion lorsqu'ils chantent en tutti, et d'une
belle pureté lorsqu'ils se détachent en solistes,
notamment pour les beaux effets d'écho dont la partition est
émaillée."
- Festival de la
Chaise-Dieu - Théâtre Municipal du Puy en
Velay - 20 et 21 août 1996 - Choeur des Jeunes Filles de
Prague, Choeur et orchestre de la Cappella Musica di San Petronio
di Bologna - dir. et mise en scène Sergio Vartolo -
décors Fererucio Bigi et Valerio Festi - avec Rosita
Frisani (Anima), Alessandro Carmignani (Corpo, Piacere), Carlo
Lepore (Teempo, Mondo), Michel van Goethem (Inteletto), Roberto
Abbondanza (Consiglio), Giovanni Pentasuglia (Compagno), Marcello
Vergetto (Consiglio, Anima damnata), Patrizia Vaccardi (Angelo
Custode), Marinella Pennicchi (Vita Mondana), Alessandro Casari
(Anima damnata), Gian Luigi Maria Ghiringhelli (Anima damnata)
- Château de
Fontainebleau - 1988 - Ensemble de Pamparato - dir.
Mauro Uberti - mise en scène et décors Giulia
Polacco
- Düsseldorf
- 29 décembre 1982 - 4 octobre 1983
- Sienne - Teatro dei
Rinnuovati - 1980 - dir. Fausto Razzi - mise en
scène Silvano Bussotti - avec Ugo Trama, Gloria Banditelli,
Berkeley-Dennis
- Heidelberg -
octobre 1978 - dir. Kelber - mise en scène Johann
Kresnik
- Nuremberg -
juin 1976 - Schola Cantorum de Bâle - dir. Hans-Martin Linde
- mise en scène Hans Peter Lehmann - avec Sven-Anders
Bengtsson, Montserrat Figueras, Ian Partridge, Nigel Rogers
- Festival de Salzbourg -
Kollegienkirche - 1er août 1973 -
arrangement Bernhard Paumgartner - Choeur de chambre et Ensemble
instrumental du Festival - dir. Ernst Märzendorfer - avec
Robert Kerns (Corpo), Suzanne Sarroca (Anima), Dieter Ellenbeck
(Intelletto), Helge von Bömches (Consiglio), José van
Dam (Tempo, Mondo), Joanna Simon (Piacere), Gertrude Jahn (Vita
mondana), Gabriele Fuchs (Anima beata), Hans Tschammer (Anima
damnata)
- Festival
d'Edimbourg - août 1972
- Festival de
Salzbourg - 1969 - 1970 - 1971 - 1972
- Festival de
Salzbourg - août 1968 - dir. Rolf Maedel - avec
Tomaselli, Sepp Sheepers, F. Petri, Sarroca, Bundschuh, Frese,
José van Dam, I. Mayr
- Université du Nord
Dakota - février 1966
- Cambridge - Girton
College - juin 1949 - première reprise à
l'époque moderne
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