COMPOSITEUR
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Pier Francesco CAVALLI
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LIBRETTISTE
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Giovanni Faustini
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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1996
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2006
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René Jacobs
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Harmonia Mundi
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Drama per musica en trois actes et un prologue, sur un
livret de Giovanni Faustini, inspiré du Livre II des
Métamorphoses d'Ovide, dédié à
Marc'Antonio Corraro.
Il fut créé au Teatro San Apollinare
(*), à Venise, le 28 novembre 1651, sans grand
succès. Onze représentations se
succédèrent jusqu'au 31 décembre pour un total
de 1 200 spectateurs (**).
(*) Le Teatro San Apollinare - ou Sant'Aponal, en
vénitien - était le septième
théâtre d'opéra à ouvrir à Venise
depuis le San Cassiano en 1637. Dirigé par Giovanani Faustini,
il avait ouvert en 1650 avec l'Oristeo, puis la Rosinda, de Cavalli.
Il était mal situé, exigu (400 places), avec une
scène étroite peu propice aux effets de machines.
Faustini devait mourir brusquement de fièvre, pendant les
représentations de la Calisto, le 19 décembre 1651,
alors qu'on préparait celles de l'Eritrea.
(**) d'après les comptes de Marco Faustini
La distribution réunissait : Margarita Da Costa,
soprano (Calisto, l'Eternita), Catterina Giani, soprano (Diana, Giove
in Diana), Nina dal Pavon, soprano (Diana), Andreana Caresana,
soprano âgé de 10 ans, ou castrat âgé de 19
ans environ (Linfea, Furia 1), Cristoforo Caresana, soprano,
âgé de 10 ans (Satirino, Furia 2, il Destino), Bonifatio
Ceretti (*), castrat alto (Endimione), Tomaso Bovi, dit Fra
Tomaso di Bologna, castrat alto (Pane, la Natura), Francesco Guerra,
dit Tenor di Carrara, ténor (Mercurio), Don Giulio Cesare
Donati, baryton (Giove), Don Pellegrino, basse (Silvano).
(*) Bonifatio Ceretti mourut après la première
représentation, et on a attribué à cette
disparition le faible succès de l'opéra.
Pour les représentations, on utilisa des toiles
peintes représentant l'antre de l'Éternité, une
forêt sauvage, les cimes du mont Lycée, la source du
Lâdon, la plaine de l'Érymanthe, et la voûte
étoilée de l'Empyrée. On utilisa aussi un
serpent de l'Éternité qui fit le tour complet de la
scène, une fontaine, une machine de Borée qui faisait
du vent et des nuages qui venaient remplir la voûte de
l'Empyrée, ainsi qu'une machine destinée à faire
descendre sur scène Jupiter et Mercure, puis Diane.
Les comptes de Marco Faustini font état de
paiements effectués à deux clavecinistes (dont Cavalli
lui-même), un théorbiste et trois instrumentistes
à cordes.
On ne connaît pas de reprise.
Ce fut le neuvième des dix opéras de
Cavalli sur un livret de Giovanni Faustini.
L'unique
manuscrit, conservé à la Biblioteca Marciana de Venise
dans la Collection Contarini (*), ne comporte qu'une ligne de
chant et une ligne de basse instrumentale, ainsi que quelques
ritournelles. On a pu reconnaître dans le manuscrit, outre la
main de Cavalli, celles de son épouse (**) et d'un
assistant.
(*) à la mort de Cavalli, en janvier 1676, les
partitions d'opéras, richement reliées, devinrent la
propriété du procurateur vénitien Marco
Contarini. C'est son dernier descendant, Girolamo Contarini, qui
légua sa collection à la Biblioteca Marciana en
1843.
(**) en 1630, soit à vingt-huit ans, Cavalli
épousa une riche veuve, Maria Sosomeno, qui lui procura une
existence confortable. Elle collabora à la préparation
de La Calisto, et mourut l'année suivante, en 1652.
Plusieurs pages de la partition furent coupées,
notamment à l'acte III, dans la scène des Furies
réduites à une seule, et dans la dernière
scène avec la suppression des parties chorales.
A côté de la partition, on a
conservé une édition du livret édité pour
les représentations de 1651.
Il fait apparaître un Choeur des Nymphes de Diane
qui ne figure pas dans la partition. On y trouve aussi un appendice
avec deux épisodes décrivant Endymion, non
destiné à être mis en musique, mais figurant dans
la partition.
Tant la partition que le livret mentionnent deux
ballets, dont la musique n'a pas été conservée :
un Ballet des Ours, avec six danseurs, à la fin de l'acte I,
et un Ballet représentant un combat entre quatre Nymphes et
deux Satyres, à la fin de l'acte II.
Personnages : La Nature (mezzo),
L'Eternité (mezzo), Le Destin (soprano), Jupiter (basse),
Mercure (baryton), Calisto, nymphe, fille de Lycaon (soprano),
Endymion, berger amoureux de Diane (haute-contre), Diane (mezzo),
Linfea, nymphe de la suite de Diane (ténor, rôle
travesti), Satirino, un jeune satyre (soprano), Pan (basse), Sylvain
(basse), Junon (soprano)
La légende de Calisto et Arcas
"Fille du roi Lycaon d'Arcadie, la nymphe Calisto
était une des compagnes d'Artémis et, comme toutes
celles qui vivaient avec le déesse de la chasse, avait fait
voeu de virginité. Mais, par un des nombreux
stratagèmes dont il avait le secret, Zeus la séduisit
et devint son amant. Enceinte, Callisto fut chassée par une
Artémis furieuse qui recueillit et éleva son enfant,
Arcas.
Condamnée à errer dans les bois,
privée de son fils, la nymphe n'était pourtant pas au
bout de ses peines car, quand elle apprit que son divin époux
l'ayait de nouveau trompée, Héra, l'épouse
jalouse de Zeus, reporta son ire sur Calisto en la transformant en
ourse.
Devenu grand, Arcas s'en alla chasser en
forêt, tomba sur sa mère ourse. Il était sur le
point de la tuer, accomplissant ainsi la vengeance de Héra,
lorsque Zeus, pris de pitié, le métamorphosa lui aussi
en ours et envoya les deux plantigrades dans les cieux, où ils
devinrent la Grande et la Petite Ourses, unies pour
l'éternité.
Vexée de ne pas avoir pu assouvir
complètement sa vengeance, Héra demanda alors à
Poséidon, dieu des océans, de refuser aux deux
constellations le repos marin. C'est pourquoi, sous nos latitudes,
Grande et Petite Ourses sont condamnées à voyager
indéfiniment dans le ciel nocturne, sans pouyvoir jamais se
désaltérer en dessous de l'horizon."
Synopsis
détaillé
Prologue - L'antre de
l'Éternité
Le Destin annonce à la
Nature et à l'Eternité qu'il leur faut ajouter le nom
de Calisto à la liste des constellations. Devant leur
étonnement, il leur promet de raconter comment la nymphe a
gagné le droit à cette distinction.
Acte I
Une forêt
aride
(1) Jupiter descend sur terre
avec Mercure pour évaluer les dommages occasionnés par
la chute de Phaéton. Ce sont surtout l'Arcadie et les
réserves de chasse de Diane qui ont été
touchées. Jupiter voit apparaître une nymphe
chasseresse, et s'enflamme aussitôt. mercure le renseigne :
elle est la fille de Lycaon, et suivante de Diane. (2) Calisto se
lamente sur les sources à sec. Foudroyé par
beauté, Jupiter fait jaillir l'eau du sol et
révèle qui il est. Il s'empresse de lui déclarer
sa flamme, mais Mercure a beau assurer à la jeune vierge que
le ciel sait récompenser celle qui cédera aux
désirs de Jupiter, la belle s'en offusque. (3) Jupiter est
vexé de s'être vu repousser, et demande à Mercure
de tenter de la convaincre. Mercure préfère proposer
à Jupiter de tenter sa chance autrement : en se
déguisant en Diane. Jupiter se cache près de la
fontaine. (4) Comme prévu par Mercure, Calisto revient boire
à la fontaine. Elle est enchantée de retrouver Diane,
et s'empresse de la suivre dans une retraite ombragée
où toutes deux pourront échanger de de chastes baisers.
(5) Mercure, resté seul, conseille aux amants. d'user de
supercherie.
Une forêt
(7) Il se trouve un autre
prétendant mortel de Diane, tout particulièrement
amoureux de sa personnification lunaire : dans une plainte
déchirante, le bel Endymion déplore que même si
les forêts vont reverdir, son coeur reste la proie d'une
passion sans espoir. (8) Diane chasse avec la vieille nymphe
Lymphée, mais ne trouve pas de gibier. Elle rencontre Endymion
et lui demande s'il a aperçu des animaux. Endymion lui avoue
son amour. Diane le chasse. (9) Elle avoue toutefois à
Lymphée qu'elle partage en fait les mêmes sentiments,
mais que ses voeux de chasteté l'empêche d'y
céder.
(9) Voici venir Calisto toute
enivrée par ce qu'elle vient de vivre, qui rappelle avec
candeur à Diane les douceurs exquises qu'elles viennent de
vivre ensemble. En entendant ces allusions osées, Diane, aussi
furieuse que perplexe, chasse Calisto sur le champ. (11) Celle-ci
s'en va effondrée, et crie son incompréhension à
Lymphée. (12) Celle-ci, restée seule, troublée,
se dit qu'après tout, l'homme est aussi "douce créature
qui ajoute le plaisir" au "réconfort de l'âme", et
qu'elle tenterait bien l'expérience avec un beau jouvenceau.
(13) Un Petit Satyre l'a entendue, qui vient tenter sa chance - mais
cette créature moitié bouc, moité homme, "pas
encore rompue aux exercices de Cupidon et de Vènus",
pourra-t-elle séduire la vieille nymphe avec son "moelleux
duvet" et sa "tendre queue" ? Il est éconduit.
(14) A présent, un
troisième adorateur de Diane chante ses peines de coeur...
C'est Pan, le dieu des bergers, auquel la déesse est
restée insensible malgré la belle toison blanche
offerte jadis. Il craint d'ailleurs que la déesse ne
préfère d'autres lèvres, "plus douces", aux
siennes. Sylvain et le Petit Satyre lui promettent de trouver ce
rival et de le mettre hors d'état de nuire. L'acte se termine
par la danse des ours.
Acte II
Les cimes du mont
Lycée
(1) Endymion s'y est rendu pour
se rapprocher de sa déesse de lune adorée. Il
s'étend sous ses rayons d'argent et invoque "d'amoureuses
visions" au dieu du sommeil. (2) En réalité, c'est
Diane en personne qui se penche sur Endymion et lui prodigue
d'authentiques baisers, pensant qu'il ne remarquera rien dans son
sommeil. Endymion se réveille, Diane est réduite
à se dévoiler. Tous deux chantent leur amour ; Diane ne
pouvant s'attarder, la séparation qui s'ensuit est
déchirante. (3) Mais Le Petit Satyre, espion de Pan, a tout
observé et en conclut que la déesse est semblable aux
autres femmes" et que celui qui se fie aux femmes, inconstantes,
construit sur le sable.
La plaine de
l'Erymanthe
(4) La déesse Junon a eu
au sujet de son époux Jupiter - introuvable - écho de
certaines rumeurs d'aventures terrestres... (5) Survient Calisto
pleurant son "sort infortuné" ; elle se confie à la
déesse : en entendant parler de certaine "grotte
agréable" et autres "plaisirs", Junon ne tarde pas à
comprendre qu'elle est tombée sur la nouvelle maîtresse
de son époux. Calisto lui demande alors d'apaiser la
colère de Diane. (6) Jupiter revient, toujours
déguisé en Diane, et rappelle à Calisto le
plaisir qu'il a ressenti en sa compagnie. En présence de
Junon, Calisto feint de continuer à se méprendre sur la
fausse Diane qui lui fixe sans attendre un nouveau rendez-vous. (7)
Junon demande à Mercure s'il sait où se trouve Jupiter,
puis reproche à Diane d'embrasser les jeunes nymphes. Celle-ci
se défend, mais Junon laisse entendre qu'elle n'est pas dupe
de la ruse de Jupiter. (8) Jupiter et Mercure raillent la jalouise de
Junon, et concluent que le mari qui se laisse régenter par sa
femme est perdu.
(9) Arrive Endymion, qui est lui
aussi abusé par le déguisement de Jupiter, et chante
son admiration à sa déesse.bien-aimée. Jupiter
se dit que Diane cache bien son jeu. Mercure lui conseille
d'abandonner son déguisement.
(10) Surviennent Pan, Sylvain et
le Petit Satyre. Furieux envers son rival, Pan se jette sur Endymion,
l'enchaîne et menace de le tuer. Jupiter, toujours
déguisé en Diane, préfère
s'éclipser, abandonnant son prétendu amoureux à
son triste sort. (11) Ayant perdu tout espoir, Endymion en vient
à implorer la mort, mais Pan est bien décidé
à ne pas lui rendre ce service, en le menaçant de le
transformer en "créature éthérée à
jamais privée de liberté". Les demi-dieux de la
forêt concluent l'acte en raillant la folie de tous ceux qui
croient en l'Amour. (12) Lymphée, qui a
réfléchi, confie au Petit Satyre qu'elle s'est
résolue à trouver un mari, et lui demande de lui en
trouver un aimable et beau. Pour se venger, le Petit Satyre appelle
deux Satyres pour se saisir de la vieille nymphe. Celle-ci se
défend en appelant des nymphes armées de
flèches. L'acte se termine par le combat des nymphes et des
satyres, ceux-ci finissant par céder le terrain.
Acte III
A la source du
Lâdon
(1) Calisto est à son
rendez-vous, mais la déesse qu'elle attend ne vient pas. (2)
En fait, Junon et deux Furies que Calisto voit arriver. Ivre de
vengeance, Junon transforme la nymphe en ourse., ete jubile en
pensant à la réaction de Jupiter. Elle fait harceler
l'ourse par les Furies. (3) (3) Satisfaite, Junon décide de
regagner l'Olympe. Elle rappelle à toutes les femmes qu'elles
doivent savoir affronter l'infidélité de leurs
époux avec ruse et témérité.
(4) Mercure tombe sur Calisto
poursuivie par les Furies, et chasse ces dernières. Jupiter
apparaît dans toute la splendeur de son identité
véritable et redonne sa forme humaine à Calisto.
Toutefois, Calisto devra poursuivre sa vie terrestre en ourse pour
être ensuite élevée au firmament où elle
scintillera pour toujours sous l'aspect d'une constellation. En
attendant, il emmène Calisto dans le ciel où elle
pourra admirer la beauté immortelle de l'Empyrée
où elle devra séjourner.
(5) Endymion, toujours
enchaîné, refuse de renoncer à son amour pour
Diane. Pan l'attache alors à un érable et ordonne qu'il
soit roué de coups jusqu'à ce que Diane vienne
célébrer son repos éternel. (6) Celle-ci surgit
immédiatement et libère Endymion, réfutant les
accusations de Pan et réaffirmant qu'elle n'a jamais
aimé. Elle chasse Pan et Sylvain. (7) Pour répondre
à l'amour d'Endymion, elle consent à le conduire en
haut du mont Latmos où ils s'embrasseront. Endymion est
heureux : il ne demande rien de plus que ce baiser.
Dans
l'Empyrée
(8) Les esprits célestes
célèbrent avec Jupiter, Mercure et Calisto l'ascension
de celle-ci, appelée à briller à tout jamais aux
côtés de Jupiter, au firmament. Puis Jupiter demande
à Mercure de raccompagner Calisto sur terre.
(livret Harmonia
Mundi)
Pour en savoir plus :
http://www.internetculturale.it/moduli/digi/digi.jsp?magid=oai:193.206.197.121:18:VE0049:ARM0002513&language=en
- Partition :
Faber Music - Londres - version Raymond Leppard - 1975 -
inclut des airs d'Artemisia et Muzio Scevola
- Transcription Bruno
Moretti - 1988 - Edizioni Casa Musicale Sonzogno
- Livret et
partition : A-R Editions Inc. - Collegium Musicum Yale
University - édité par Jennifer Williams Brown -
2007
http://books.google.fr/books?id=DsQrvOHNG30C&dq=cavalli+calisto&source=gbs_summary_s&cad=0
- Livret et
partition : Édition Bärenreiter - Alvaro
Torrente (partition) - Nicola Badolato (livret) - 2008
- La
Calisto - Cavalli - L'Avant-Scène
Opéra n° 254 - janvier-février 2010 - 150
pages - 25 €
- Classiquenews -
La Calisto - 24 juin 2006
http://www.classiquenews.fr/ecouter/lire_article.aspx?article=263&identifiant=QIFBJ5Q6WJEWOEDHK0V5HXE2C
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Calisto
Représentations
:
- Francfort - Bockenheimer
Depot - 23, 25, 28, 30 décembre 2011, 2, 4, 6, 7
janvier 2012 - dir. Christian Curnyn - mise en scène Jan
Bosse - décors Stéphane Laimé - costumes
Kathrin Plath - video Ulrike Lindenmann - lumières Hermann
Münzer - avec Luca Tittoto (Giove), Daniel Schmutzhard
(Mercurio), Christiane Karg (Calisto), Valer Barna-Sabadus
(Endimione), Jenny Carlstedt (Diana/Destino), Flavio
Ferri-Benedetti (Linfea), Martin Mitterrutzner (Pane / Natura),
Florian Plock (Silvano), Brenda Rae (Giunone / Eternità),
Christopher Robson (Satirino / Furia), Anna Fusek (Amore), -
nouvelle coproduction avec Theater Basel



- Cambridge, MA - New
College Theatre - Harvard Early Music Society - 8, 9,
10, 11 décembre 2011 - dir. Ryaan Ahmed - mise en
scène Giselle Ty - chorégraphie Ken Pierce -
décors John Traub - costumes Katherine Stebbins, -
lumières Chris Fournier - avec Jack Byrne, Jacob Cooper,
Alexandra Dietrich, Rachel Gitner, Abigail Krawson, Jared Levin,
Shannon McAuliffe, Sarah Morrow, Roselin Osser, Gerrod Pagenkoff,
Kay Patterson-Shaw, Claire Raphaelson, Sherri Snow, Leslie Tay,
and Erika Vogel
- Innsbruck - Innenhof der
Theologischen Fakultät - 18, 20 août 2011 -
Festival de Musique ancienne - dir. et clavecin Andrea Marchiol -
mise en scène, décors, costumes Hinrich Horstkotte -
lumières Florian Weisleitner - avec Anna Gorbachyova
(Calisto), Anna Alàs Jové (Diana), Francesca
Lombardi-Mazzulli (Giunone), Jeffrey Francis (Giove), Simon
Robinson (Mercurio), Benno Schachtner (Endimione), Wilfried Rogl
(Linfea), Klaus Paar (Pane), Daniele Macciantelli (Silvano), Onur
Abaci (Satirino / Prima Furia) - nouvelle production


- Brooklyn - Proteus Gowanus
- 8, 10, 14, 16 juillet 2011 - Vertical Player
Repertory - dir. et clavecin Jennifer Peterson - mise en
scène Judith Barnes - avec Holly Gash, (Calisto), Marcy
Richardson (Diana, L’Eternita), Matthew Curran (Giove).


- Tryon Festival Theatre -
Illinois - 28, 30 avril, 1er mai 2011 - Krannert Centre
- School of Music Opera Program - dir. Charlotte Mattax Moersch -
dir. artistique Eduardo Diazmuñoz - mise en scène
Ricardo Herrera - chorégraphie (Ballo Dell’Orso & Danza
Delle Ninfe) Rebecca Walter - décors Hee Kyong Kim -
costumes Niki Rosario - lumières Brianna Sue Johnson -
d'après l'édition de Jennifer Williams Brown - avec
Joo Young Bang, Alba Cancel (Calisto), Sara Lloyd, Yoo Sun Na
(Diana), Anna Carr, Tania Arazi Coambs (Linfea), Jacqueline
Piccolino, Lila Powell-Khazoum (Giunone), Wendy Muir (Satirino),
Ingrid Kammin, Matthew Leese (Endimione), Pane Lee Steiner, Samuel
James Dewese, Ryan Milstead (Mercurio), Joseph Arko (Giove),
Phillip Gay (Silvano), Lindsey Dondanville, Lindsay Eckhardt
(Eternita), Mary Mills, Emily Ortlieb (Il Destino), Keshena
Cisneros-Watson, Kara Moss (La Natura), Danielle Floberg, Mallory
Hanley (Furia 1), Jane Duffy, Jacqueline Schiffer (Furia 2), Jane
Duffy, Danielle Floberg, Mallory Hanley, Jacqueline Schiffer
(Eco)
- Théâtre de
Bâle - 21, 24, 27, 29 mai, 5, 7, 9, 11, 15, 20
juin 2010 - Le Furie Chorsoli des Studierendenchors - Chor
Studierender der Schola Cantorum Basiliensis - La Cetra
Barockorchester Basel - Statisterie des Theater Basel - dir.
Andrea Marcon - mise en scène Jan Bosse - décors
Stéphane Laimé - costumes Kathrin Plath -
dramaturgie Ute Vollmar - avec Luca Tittoto (Giove), Nikolay
Borchev (Mercurio), Maya Boog (Calisto), Xavier Sabata
(Endimione), Agata Wilewska (Diana), Flavio Ferri-Benedetti
(Linfea), Michael Feyfar (Pane), Andrew Murphy (Silvano),
Geraldine Cassidy (Giunone), Alice Borciani (Satirino), Anna Fusek
(Amore) - nouvelle production


- Opéra
Magazine - juillet/août 2010
"Ovide oblige, Jan Bosse
invite le spectateur à des métamorphoses, a priori
sympathiques, à défaut d'être noyatrices (au
début des années 1970,les ayant-gardes
théâtrales en avaient fait leur piitance) : les
spectatrices siègent dans la salle et les spectateurs sur la
scène, en une seconde salle, miroir exact :de la
première ; deux fosses d'orchestre limitent la scène
à un podium étréci qui n'excède pas cinq
mètres de profon eur ; enfin, ab initio, les acteurs sont
assis parmi les spectateurs.
Hélas, ce sera la seule
stimulation dramaturgique de la sosirée. Ce dispositif
révèle vite un imaginaire désertique, et les
pétards qu'il annonce sont tous mouillés. Une fois
qu'un chanteur a échangé des connivences avec les
instrumentistes et a « fréquenté » le large
rideau d'eau qui, presque permanent, tombe au milieu du podium
(Endimione est particulièrement douché), il est
livré - chacun avec ses seuls outils - à
lui-même. Il doit alors relever le défi d'habiter la
silhouette évidée que son rôle est devenu.
Placé dans cette
dérision assez « petit bras » (nous aurions applaudi
à une «hénaurme» farce alla Herbert Wernicke)
et dans cet environnement scénique peu confortable (le
soulagement pluvial pour tout décor et accessoire), le dramma
per musica de Cavalli offre de farouches résistances.
Résistances acoustiques : le rideau d'eau et
l'impossibilité physique des chanteurs à s'adresser,
simultanément, à la salle et à la scène,
perturbent la compréhension textuelle et créent des
voix inconstamment lointaines. Résistances expressives : alors
que presque tous les rôles sont deyenus dérisoires, les
deux seuls personnages naïfs - Calisto et Endimione, pourtant
primordiaux - sont ici des parenthèses sans espace de
représentation.
Enfin, deux résistances
dramaturgiques. Rien ne justifie que Calisto soit cliyvée en
deux : le chant, statique, en version de concert, dans l'une des deux
fosses d'orchestre, tandis que, sur le podium, l'actrice mime les
gestes du chant. Les nombreux travestissements se limitent à
changer d'identité costumière et à singer
l'apparence comportementale du sexe trayesti, sans spéculaire
mise en abyme ni truculence rabelaisienne ou shakespearienne.
D'unc distribution de belle
tenue, cinq excellents chanteurs se dégagent : Nikolay
Borchev, Geraldine Cassidy, Xavier Sabata. Luca Tittoto, et, encore
un ton au-dessus, le contre-ténor Flavio Ferri-Benedetti. Un
rôle demeure transparent (et c'est bien dommage !) : Calisto.
Maya Boog n'est pas de ces cantatrices dont le chant est si
incarné qu'il dispense de caractérisation
scénique : le timbre de la soprano suisse est joli mais
monochrome.
Andrea Marcon appelle de hauts
éloges : à la tête du rutilant « La Cetra
Barockorchester Basel » (formé de grands étudiants
à la Schola Cantorum Basiliensis) il est la
réjouissante source de vie du spectacle."
- Scènes
magazine - Une Calisto émoustillante
"Chaque théâtre
est amené à produire sa propre version de La Calisto,
car la partition n’est qu’une sommaire esquisse des intentions de son
auteur et les musiciens modernes sont obligés d’opérer
des choix qui s’avèrent souvent cruciaux pour le
déroulement du spectacle ou la distribution des parties
musicales aux différents rôle. Le théâtre
de Bâle a ainsi décidé de confier l’entier de sa
production aux responsables de la Schola Cantorum, une
académie spécialisée depuis de nombreuses
années dans l’exhumation des partitions baroques. Le chœur est
formé de chanteurs formés par cette école alors
que l’orchestre est celui de La Cetra, cet ensemble connu loin
à la ronde par ses enregistrements de la musique
vénitienne des 17e et 18e siècles.
Sous la direction de leur chef
italien Andrea Marcon (fondateur entre autres des Suonatori de la
Gioiosa Marca en 1980 et du Venice Baroque Orchestra en 1997), les
deux groupes d’instrumentistes proposent une lecture d’un incroyable
raffinement sonore d’une partition pourtant restée à
l’état de squelette. Chaque instrument semble soucieux
d’accuser les traits de son profil musical tout en se pliant aux
exigences de la vie commune ; l’accompagnement devient ainsi un
ensemble vivant de partenaires qui parfois dament même le pion
aux solistes vocaux en se raillant ouvertement de leurs fioritures
virtuoses ou en anticipant sur leurs solos plaintifs. Vivante comme
rarement, cette réalisation contribue à créer
cette précieuse impression d’œuvre totale en créant
sans cesse de nouvelles passerelles avec le plateau où se
meuvent des chanteurs qui n’hésitent pas à se saisir
d’un instrument pour en jouer avec une ébouriffante
maîtrise technique. Dans ce même état d’esprit,
les choristes se mêlent au public et interviennent depuis la
salle comme s’ils étaient des spectateurs qui
résistaient mal au plaisir de s’intégrer au spectacle.
Au bout du compte, les chanteurs et l’orchestre se lient en un tout
protéiforme dont l’effectif est sans cesse changeant pour
donner un maximum de mobilité à un discours musical qui
investit toute la salle.
La mise en scène de Ian
Bosse accentue encore cet effet avec un coup de théâtre
génial : à l’entrée de la salle, les spectateurs
masculins sont séparés de leurs accompagnatrices et
menés par un dédale tortueux de couloirs sur l’immense
plateau du théâtre sur lequel est construit un
décor reproduisant à l’identique l’auditorium
principal. Lorsque le rideau se lève, hommes et femmes se font
face et sont de plus en plus intimement mêlés aux
chanteurs qui hantent un étroit plateau central que divise un
rideau d’eau sur lequel sont projetés quelques
éléments de décor. L’effet est souvent magique
et culmine avec la montée au ciel de Calisto qui se
déroule dans une salle assombrie, parcimonieusement
éclairée par les lampes de poche que balancent
lentement les spectateurs, instruits de leur rôle pendant
l’entracte, tandis que la musique se termine en apothéose. Le
metteur en scène cultive avec adresse l’ambiguïté
de ce sujet où les sexes se livrent une guerre sans merci en
affublant le plus souvent possible les acteurs d’attributs
vestimentaires ou physiques qui les rattachent au sexe opposé.
Au bout d’une heure de spectacle, la confusion est totale et les
rires qui fusent de toute part attestent de la pertinence d’un propos
qui allie l’humour décalé à la mélancolie
tragique avec une déconcertante
versatilité.
Les chanteurs se prêtent
de bon cœur aux multiples travestissements demandés ; leur
agilité physique n’a d’égale que leur aptitude à
chanter dans toutes les positions et dans tous les registres sans
jamais faire violence à la musique : le Jupiter de Luca
Tittoto, par exemple, fait un numéro inénarrable en
nymphe émoustillée dont il chante toute la musique avec
une voix de fausset qui parvient à susciter autant
l’émotion que le rire… Ulrike Hofbauer, qui a dû
apprendre le rôle en vingt-quatre heures à la suite de
la maladie de la titulaire, fait un véritable tabac avec son
interprétation de Calisto qu’elle dote d’un organe aux
multiples facettes tant dans l’aigu, qu’elle a puissant et
effilé, que dans un médium d’une incroyable
diversité d’accents. Le Mercure vocalement insolent de Nikolay
Borchev ou la Junon au soprano impérial de Geraldine Cassidy,
la Diane faussement ingénue aux accents touchants d’Agata
Wilewska ou le contre ténor prodigieusement souple de Flavio
Ferri Benedetti en Linfea conjuguent leurs efforts pour donner un
maximum de relief à une musique qui n’ennuie pas une seconde
malgré la longueur de la représentation. En fin de
soirée, un public conquis et radieux ne voulait pas laisser
les artistes rejoindre leurs loges. A recommander chaleureusement
à tous les amateurs d’émotions baroques au carré
!"
- Théâtre des
Champs Élysées - 5, 7, 9, 11, 14 mai 2010
- Les Talens Lyriques - dir. Christophe Rousset - mise en
scène Macha Makeïeff - lumières Dominique
Bruguière - avec Sophie Karthäuser (Calisto), Lawrence
Zazzo (Endimione), Giovanni Battista Parodi (Giove),
Véronique Gens (Giunone), Marie-Claude Chappuis
(L'Eternità, Diana), Milena Storti, mezzo-soprano (Linfea),
Cyril Auvity (La Natura, Pane), Mario Cassi (Mercurio), Sabina
Puértolas (Satirino), Graeme Broadbent (Silvano)




- Concertclassic - Vierge et stupre
"C’est avec Le Couronnement de
Poppée, l’autre grand chef-d’œuvre du premier
Théâtre lyrique vénitien et même si le
livret de Giovanni Faustini, inspiré de loin par les
Métamorphoses d’Ovide, aussi remarquable d’invention et de
licence soit-il, ne peut se comparer à l’admirable
bouillonnement scénique produit par celui que Gian Francesco
Busenello ficela pour Monteverdi, La Calisto de Cavalli est
simplement irrésistible, avec son savant mélange de
poésie et de satire, d’émotion et d’humour.
Son héroïne
désinvolte et sensuelle est l’un des plus admirables
caractères qu’ait enfanté l’opéra baroque, on en
retrouve des traces jusque dans la Cléopâtre du Jules
César ou la Sémélé de Haendel. Le style
de Cavalli atteint ici à son acmé, effaçant les
frontières entre le style récitatif, les ariosos et les
duos, créant de facto le théâtre lyrique moderne,
où la pensée sexuelle est omniprésente, au point
même d’occuper les rapports d’un adolescent
obsédé avec une vielle nourrice lubrique. Mais ce n’est
pas tout : Jupiter est bien efféminé et Endymion lui
plait vraiment, un Satyre pique tout un chacun ; bref la
comédie du sexe est partout, mais c’est à Endymion que
reviennent les musiques les plus sensuellement
pâmées.
Le pauvre Faustini n’aura que
peu survécu à ce qui demeure son chef d’œuvre de plume
: il meurt à 36 ans le 19 décembre 1631, vingt jours
après la création de La Calisto au Théâtre
San Cassiano. Un spectacle anthologique, réglé pour la
Monnaie de Bruxelles par Herbert Wernicke (son grand œuvre en fait,
il n’aura rien réussi d’autre qui soit à ce point
concentré et inspiré) contraint tous ceux qui se
risquent à mettre en scène La Calisto à se
surpasser. On craint que Macha Makeïeff n’en exalte d’abord la
vis comica. Prions pour que ce ne soit pas seulement cela.
La distribution est luxueuse,
Sophie Karthäuser dans le rôle titre, Lawrence Zazzo en
Endymion, Veronique Gens en Junon, Marie-Claude Chappuis pour Diane,
figure centrale de l’ouvrage du côté des Dieux.
L’orchestre de Christophe Rousset sera-t-il aussi coloré que
celui de René Jacobs ? En tous cas, si Rousset conduit sur le
texte de Faustini l’admirable travail qu’il déploie sur les
poèmes des Tragédies Lyriques, on devrait
découvrir La Calisto sous un autre angle."
"Créé en 1651
à Venise, « La Calisto », opéra baroque de
Francesco Cavalli, est monté avec bonheur par Macha
Makeïeff au Théâtre des Champs Elysées. Sur
fond d'amours mythologiques, le spectacle déborde de charme et
de sensualité.
Mettre en scène
aujourd'hui « La Calisto » est une vraie gageure.
D'ailleurs cet opéra baroquissime créé à
Venise en 1651 puis tombé dans l'oubli n'a été
repris qu'une seule fois depuis, en mai 1970 au Festival de
Glyndebourne. Il est vrai que cette oeuvre-fleuve de 3 H 30 (dont
deux entractes) est typique du style vénitien, convoquant une
foule de personnages de la mythologie qu'on appelle
indifféremment sous leur nom grec ou latin. Mêlant les
genres sérieux, comiques, satiriques, le livret les
entraîne dans un invraisemblable embrouillaminis d'intrigues
amoureuses à base de travestissements et de
merveilleux.
Plutôt languissant, le
recitar cantando (parlé chanté) pratiqué par les
chanteurs n'est soutenu que par une douzaine de musiciens sur
instruments anciens et n'est parsemé que de quelques grands
airs, duos, choeurs, fort beaux mais rares. Cette «
économie » du spectacle est symptomatique de l'apparition
des premiers théâtres lyriques privés (et non
plus aristocratiques) à Venise, contraints au succès
pour exister, entremêlant dans ce but personnages issus de la
culture savante et populaire, dieux, nobles, roturiers,
serviteurs...
Il fallait tout le goût
pour le patrimoine baroque du chef Christophe Rousset et de son
ensemble Les Talents Lyriques pour s'intéresser à cette
partition si ancrée dans son temps. Et tout le talent
d'enchanteresse de Macha Makeïeff pour rendre le spectacle
actuel et attrayant, débordant même de charme et de
sensualité.
Tirée des «
Métamorphoses » d'Ovide , lui-même inspiré
de la mythologique grecque, le livret conte les
péripéties de Calisto, jeune et belle nymphe, suivante
de la déesse de la chasse Artémis (dite aussi Diane),
condamnée à la chasteté. Mais, pour son malheur,
Zeus s'éprit d'elle et, déguisé en femme pour la
séduire, lui fit un enfant. Ce qui valut à la pauvre
nymphe d'être transformée en ... ourse par
l'épouse de Zeus, l'irascible Junon, folle de jalousie. Mais
Zeus fit à Calisto un sort finalement plus enviable : elle
devint la constellation de la Grande Ourse.
Economisant machineries et
autres fumigènes envahissant souvent les spectacles baroques,
Macha Makeïeff porte toute son attention sur les relations
sensuelles en diable qui enchaînent les personnages les uns aux
autres, avec de jolies trouvailles de décors et de costumes.
Sur fond d'astres brillant dans l'infini d'un ciel noir, des satyres
mi-hommes mi-boucs lubriques mènent la bacchanale, et
même la chaste Artémis finit par craquer devant les
charmes du berger Endymion endormi.
Manifestement les chanteurs ne
boudent pas leur plaisir et se prêtent de bonne grâce
à ces vertiges de l'amour : Sophie Karthäuser incarne une
touchante Calisto, Véronique Gens une impérieuse Junon,
Lawrence Zazzo un charmant Endymion, Giovanni Battista Parodi un Zeus
impayable en Diane drag keen..."
"Il est intéressant de
comparer cette nouvelle production de la Calisto à celle
proposée par Genève le mois dernier. En voyant la
production très physique et investie de Genève, on
imaginait la vision et la distribution plus "chastes" qui
étaient elles aussi possibles. Le TCE nous offre cette
alternative, presque "en creux". Là où la production
genevoise était dramatique et émotionnelle, la
parisienne est décorative et distante. Par le jeu de la
distribution et des coupures non effectuées à Paris,
les personnages les plus faibles de Genève deviennent
même ici les plus forts !
Bien après une
ouverture quelque peu hasardée et quelques interventions mal
définies, la soirée prend sens musicalement à
l'entrée d'Endimione, le toujours formidable Lawrence Zazzo,
premier à conduire ses phrases et son timbre avec
l'intensité requise. Véronique Gens, que l'on avait
presque oubliée tant elle s'est faite rare sur les
scènes parisiennes, impose ensuite une présence, une
noblesse, mais elle aussi une ligne et un timbre qui dominent le
plateau dès qu'elle y apparaît. Son rôle n'est
heureusement pas amputé comme à Genève,
où les actes 2 et 3 étaient quasi fondus en un. Le
faible Silvano de Genève voit lui aussi son rôle
étendu et mieux tenu par Graeme Broadbent. Cyril Auvity
séduit par son excellente caractérisation de Pan et son
engagement vocal, malgré les limites qu'il atteint dans
l'aigu.
Les autres personnages,
fortement caractérisés - et distribués en
conséquence - à Genève, ont ici un impact moins
fort. Étrangement, ils semblent tous aborder le premier acte
avec une grande fatigue vocale, une absence de tonus qui se traduit
par des émissions pauvres en harmoniques, les voix
féminines étant parfois droites voire basses ou
mêlées de souffle, les voix masculines passablement
empâtées. Et miraculeusement, après le passage de
Véronique Gens au deuxième acte, tout le monde retrouve
un mordant vocal jusque là absent, avant de retomber au
troisième acte dans des émissions moins brillantes.
À moins qu'un ingénieur du son novice n'ait joué
maladroitement avec un système d'amplification
sélective des harmoniques ?
Dans ses notes d'intention,
Macha Makeïeff fait de Jupiter et Mercure deux "beaux voyous",
dandys cyniques... soit exactement ce que Philipp Himmelmann a
réussi à en faire à Genève, mais pas tout
à fait ce qui a été visible ce soir. Le grand
plateau habité seulement de quelques accessoires et leurs deux
costumes à l'impact moyen ne les ont sans doute pas
aidés. De manière générale, la mise en
scène semble avoir réglé des positions et des
déplacements dans un espace, sans creuser la direction
d'acteurs. Certains dès lors imposent leur charisme, d'autres
non. En Jupiter, Giovanni Battista Parodi sonne très terne,
à l'exception du deuxième acte où il rayonne de
manière brusquement "barytonale" et offre un duo enfin tonique
avec Mercure. En Linfea, Milena Storti élargit
également trop son médium, ce qui l'empêche de
monter avec homogénéité et facilité dans
l'aigu.
Il est vrai que les tessitures
chez Cavalli sont fort fluctuantes et non codifiées! Le
premier choix interprétatif consiste à distribuer tel
personnage à telle voix... mais ensuite, au sein de chaque
rôle, et en fonction de la voix choisie pour l'incarner, des
extensions étranges se présentent vers le grave ou vers
l'aigu! Ainsi ce Satirino que l'on voudrait piquant et
espiègle mais qui requiert aussi un bon médium : Sabina
Puértolas ne réussit pas à timbrer de
manière homogène toute la tessiture de son rôle.
C'est seulement au deuxième acte qu'elle trouve un mordant
efficace pour son "Pazzi quei".
Ainsi cette Diane,
annoncée comme une "soprano", qui requiert tellement de grave
dans sa scène d'entrée, que Marie-Claude Chappuis
émet de manière un peu brute et
déconnectée de son médium. De Diane, elle
traduit vocalement la mollesse de la femme cédant elle aussi
à au désir, mais n'est aucunement l'incarnation de son
idéal mythologique de froide chasseresse. Or ce contraste
serait plus intéressant - presque nécessaire! -
dramatiquement.
Dans l'émission de
Sophie Karthaüser, on perçoit davantage le choix
stylistique d'une "voix baroque", avec ses attaques droites que la
pauvreté en harmoniques fait sonner presque trop basses.
Est-ce aussi le choix d'en faire une chaste vierge? Au
troisième acte, elle trouve plus d'intensité dans son
médium, mais serre l'unique aigu de son air.
La distribution influe aussi
grandement sur le potentiel comique de l'oeuvre. Distribuer Linfea
à un homme, comme à Genève, renforce
considérablement la part burlesque de cet opéra
vénitien. Faire interpréter la Natura du prologue par
un homme, comme ce soir, apporte par contre des tensions vocales sans
influer sur la dramaturgie.
L'orchestre a aussi un grand
rôle à jouer dans la révélation de ce
potentiel comique. L'orchestration de ce soir était bien trop
sage et uniforme pour faire contraster les facettes tendres et les
facettes plus ricanantes de Cavalli. On en oublie presque le
génie propre de ce compositeur qui est avant tout homme de
théâtre, et l'on ressent un peu trop vivement la
pauvreté musicale de son inspiration.
Le dernier duo entre Endimione
et Diane est toujours aussi beau. Contrairement à
Genève, il est ici suivi par un choeur non coupé et par
le duo entre Calisto et Jupiter. Le duo comique Satirino/Linfea n'est
par contre pas mis en valeur, alors que Philipp Himmelmann à
Genève le faisait rester sur scène, muet, en
contrepoint à la passion supposée plus
élevée de Diane et Endimione."
- L'air du jour - Au TCE, La Calisto dans le
tunnel
"Fragilité de certaines
œuvres. N’importe où, n’importe comment, Carmen ou Don
Giovanni résistent. La Calisto, non. Ce curieux « dramma
per musica », composé à Venise en 1651 par
Cavalli, le plus adulé des successeurs de Monteverdi, a connu
deux résurrections, après trois siècles de coma
dépassé. A Glyndebourne d’abord (1970), où le
public smart s’est reconnu dans cet univers où tout est libido
sous des allures gracieuses, à Bruxelles ensuite (1993),
où Herbert Wernicke (mise en scène) et René
Jacobs (direction) ont projeté dans les étoiles
l’histoire de la nymphe transformée en constellation. De
Glyndebourne, l’œuvre a tiré la réputation d’être
« irrésistible de drôlerie » (grâce, en
particulier, au ténor Hugues Cuénod en travesti
paillard), de Bruxelles celle d’être une source intarissable
d’invention dramatico-musicale. Au Théâtre des
Champs-Elysées, où Macha Makeïeff (mise en
scène) et Christophe Rousset (direction) s’y attellent
aujourd’hui, on ne voit qu’une interminable antiquité. Que
s’est-il passé ? Rien, justement. La musique est belle,
sensuelle, fort bien interprétée (Rousset est
impeccable, Lawrence Zazzo, Sophie Karthäuser, Véronique
Gens irréprochables), l’histoire est toujours aussi
(dé)culottée, et le spectacle évite la
vulgarité. Mais voilà, il n’y a pas la grâce. Et
dire que le miracle de Bruxelles a été vu partout, sauf
à Paris ! Il a au moins été filmé (DVD
Harmonia Mundi), mais la mise en boite l’a un peu
émoussé. La Calisto (qui veut dire la Belle, en grec)
est-elle repartie pour un long sommeil ?"
"Pour sa dernière
création au Théâtre des Champs-Elysées
avant sa prise de fonction à l’Opéra de Vienne,
Dominique Meyer a choisi un opéra vénitien de Cavalli,
La Calisto dont il a confié la mise en scène à
Macha Makeïeff. Après la production de Herbert Wernicke
au théâtre de la Monnaie, parue en DVD en 2006 et
qualifiée par l’Avant-Scène opéra (n° 254)
de « véritable splendeur visuelle et sonore », il
fallait trouver un concept radicalement différent, capable de
rivaliser avec cet « enchantement théâtral de tous
les instants ».
Si certains
éléments de décors évoquent le monde de
l’enfance, à l’image de cet avion calciné sur lequel
est peint en grosses lettres noires le nom de Phaéton, Macha
Makeïeff a fait le choix d’un univers stylisé
peuplé de nymphes guerrières et de divinités aux
penchants bien humains. Coiffée à la garçonne,
Calisto est traitée avant tout comme une chasseresse,
armée de lance et poignard. C’est une nymphe proche de la
nature et des animaux qui n’hésite pas à en venir aux
mains pour repousser les avances d’un Jupiter trop entreprenant.
Comme nous l’avait confié Sophie Karthaüser1, Macha
Makeïeff l’a incitée « à faire ressortir le
côté sauvage du personnage. » Ce côté
sauvage se lit tant dans l’interprétation des personnages
qu’au niveau des décors puisqu’on découvre un paysage
désolé, presque lunaire, jonché de trois gros
rochers bleus, d’un bosquet rouge probablement ravagé par les
flammes et délimité par un fond noir parsemé de
grands cercles dorés, tel un firmament vu à la loupe,
et qui favorisent des jeux de lumière tout au long de la
représentation même si la scène reste globalement
sombre. Soumis à la violence, c’est un univers où Diane
et Pan font çà et là appel à leurs sbires
chargés de passer à tabac ceux qui osent contrevenir
à leurs lois : Calisto est ainsi rouée de coups par les
suivantes de Diane pour avoir manqué à son serment de
virginité et Endymion séquestré par les suivants
de Pan, jaloux de son amour pour la déesse vierge.
Conformément au livret de Faustini, les dieux ne suscitent
donc ni admiration, ni respect, tout absorbés qu’ils sont
à satisfaire leurs pulsions : Pan est représenté
au bord de la dépression car privé des faveurs de Diane
tandis que Jupiter masse ses pieds endoloris par les talons comme
après une bonne journée de travail. Quant à
Mercure, il frise la vulgarité avec ses tatouages et sa tenue
négligée. Certes, la mise en scène innovante de
Macha Makeïeff est intelligente et cohérente mais elle
met trop de côté le merveilleux et la magie,
éléments constitutifs s’il en est de l’opéra
baroque. Même si le déguisement de Jupiter arrive des
cintres comme par enchantement, que l’on a bien quelques chars
volants et que Calisto se transforme en un ours au pelage rose, on
n’est jamais émerveillé. Pas même le bruit du
tonnerre, enregistré, ne donne le frisson.
Si le charme n’opère
pas vraiment au niveau de la mise en scène,
l’émerveillement est bien présent devant la prestation
de Véronique Gens toute d’élégance, qui en
impose par son professionnalisme et sa prestance notamment dans son
air de l’acte III « Moglie mie sconsolate ». L’Endymion du
contre-ténor américain Lawrence Zazzo domine
également la distribution livrant une très
émouvante adresse à la Lune au début de l’acte
II. Quant à Sophie Karthaüser, elle semble très
à l’aise dans la peau de ce personnage au caractère
ambivalent à la fois juvénile et guerrier. La voix,
souple et légère est tout à fait adaptée
à ce type de répertoire. Le reste de la distribution
est satisfaisant mais inégal : le Jupiter de Giovanni Battista
Prodi est drôle à souhait lorsque, déguisé
en Diane, il s’offusque des suspicions de Junon à son sujet,
mais en dépit d’une bonne projection, la tessiture du
rôle est parfois un peu aiguë pour lui. Armée d’un
fouet, Milena Storti incarne une Linfea excessive, avide d’amour
charnel mais on perçoit un manque d’agilité dans les
vocalises. Enfin, Marie-Claude Chappuis fait de Diane une
divinité émouvante déchirée entre son
devoir et ses amours.
Du clavecin comme de l’orgue,
Christophe Rousset conduit des Talens Lyriques composés pour
l’occasion de treize instruments conférant à la partie
musicale un caractère intime tout à fait conforme
à l’esprit de la création de l’opéra en 1651. Le
choix de tempi enlevés insuffle du dynamisme à la
partition. Grand habitué du répertoire lyrique, le chef
dirige avec souplesse mais néanmoins rigueur solistes, chœur
et instrumentistes."
- Concertclassic - 11 mai 2010
Des décors assez laids,
même vus sous l’angle naïf ou humoristique (l’avion
phaéton, crashé évidemment), des costumes itou
(au sommet des Furies habillées par les surplus de
Bergère de France), un spectacle entièrement morne
là où Faustini a mis un théâtre si
contrasté, passant en un instant de l’élégiaque
au salace. Décidément cette Calisto ne laissera aucun
souvenir de scène : Macha Makeieff fait ce qu’il faut pour
cela, produisant une lecture terne qui ne saisit jamais les enjeux du
livret, mais s’encombre de bruitages inutiles qui polluent la
soirée. Christophe Rousset est à son diapason,
débitant la partition d’un seul geste, univoque, ennuyeux,
plat, guère aidé par un ensemble réduit qui ne
peut rendre l’imagination flamboyante et sensuelle de Cavalli.
Dommage qu’il n’ait pas ici faite siennes les démonstrations
de René Jacobs.
Mais malgré ces deux
handicaps majeurs, on a bien entendu l’œuvre, mieux qu’à la
Monnaie. Une distribution immaculée, fruit probablement autant
de Dominique Meyer, en partance pour l’opéra de Vienne, que de
Christophe Rousset, imposait à elle seule autant de visages
que de destins. Sophie Karthäuser est la plus lumineuse des
Calisto, étoile par la voix avant même sa
métamorphose, vierge troublée par les lèvres de
cette fausse Diane de Jupiter, un formidable Giovanni Battista Parodi
qui ose et assume le fausset. Magistrale Junon, furieuse et noble,
avec une amertume empoisonnée jusque dans la voix, selon
Véronique Gens, admirable de tenue physique et vocale. Tendre
Endimione de Lawrence Zazzo, plus astronome que berger, le seul pour
lequel Christophe Rousset semble montrer un peu d’attention. On est
heureux que l’instrument si noble de Marie-Claude Chappuis se
développe aussi généreusement, sa Diane
ambrée, fine, sensuellement modelée était
stupéfiante. Les utilités avaient toutes de forts
visages : le Pan expressionniste de Cyril Auvity remettait un peu de
vrai théâtre vénitien dans cette scène
vide, le Mercure alerte et idéalement ironique de Mario Cassi,
la Linfea très travaillée par la question du sexe du
grave mezzo de Milena Sorti, l’adorable Satirino de Sabina
Puértolas, le virulent Satirino de Graeme Broadbent, tous
animaient la scène d’abord par le chant.
Le spectacle incomparable de
Wernicke peut dormir sur ses deux oreilles, mais si la Monnaie le
reprend à nouveau, elle ferait bien d’aller chercher ici ses
chanteurs."
"Un opéra
vénitien peut devenir interminable s'il n'est pas porté
en scène par un spectacle impeccablement articulé et
maîtrisé. Ce que l'on vérifie, aux dépens
de la géniale Calisto, devant les flottements sans doute
poétiques de la nouvelle production mise en scène au
Théâtre des Champs-Elysées par Macha Makeieff et
dirigée par Christophe Rousset (formation légère
dans la fosse, au son bien chétif dans un tel espace).
On s'ennuie donc ferme,
malgré le rayonnement de Sophie Karthäuser dans le
rôle-titre et la majesté sans emphase de
Véronique Gens en Junon. Mais la Junon de Cavalli est -elle
cette silhouette tragique et pure, ou plutôt le lieu commun
d'une Madame Jupiter toujours sur les starting-blocks pour s'indigner
et rugir - et d'autant plus touchante quand elle baisse enfin le
masque? Makeieff rate, avant tout, ses personnages, la belle
héroïne exceptée. Le génial Wernicke
regardait cette faune si humaine droit dans les yeux, acceptait avec
un amour fraternelleur naiveté, leur orgueil, leur
lascivité, leur lâcheté, leur
égoïsme, au lieu de quoi Makeieff les contourne. Sa
fantaisie ploie vite sous les contrastes démultipliés
et l'humour franc du livret. Même Linfea tombe à plat -
la vecchia nympho prend les traits d'une lesbienne tendance SM chic.
Si la salle rit au compte-gouttes, c'est aussi qu'on n'y voit rien.
Visages et mains flottent devant un fond de scène noir,
constellé de gros ronds beiges qui résume assez bien
l'onirisme fade d'une longue soirée. Il faut sans doute des
yeux d'enfants que nous n'avons plus pour rêver devant ce
praticable bricolé et ces machines qui envoient les
personnages dans les cintres avec la grâce d'un ascenseur.
L'affiche ne manquait pas de
promesses, en bonne partie tenues. Sophie Karthaüser
émerveille face un Jupiter sans charme - Giovanni Battista
Parodi qui n'arrive pas à rendre l'évolution sublime du
:roi des dieux, lui-même métamorphosé par l'amour
au troisième acte. Et le choix d'une basse pose le
sérieux problème pour les scènes travesties,
où il n'arrive qu'à glousser d'une voix de tête
improbable. Lawrence Zazzo (Endymion) et Marie-Claude Chappuis
(Diane) défendent leur partie avec une belle aisance, mais
c'est avant tout la déclamation brillante de Sabina Puertolas,
délicieux Satirino, que l'on espère bientôt
retrouver."
"...la salle parisienne...
accuse l'indigence du projet de Macha Makeïeff, avare de
décors et de repères topographiques ! Les chanteurs
sont livrés à eux-mêmes, abandonnés sur la
scène, s'agitant pour occuper l'espace. À vouloir
à tout prix inviter ces figures mythologiques dans son monde
bigarré, le metteur en scène néglige les
rapports hiérarchiques qui participent au comique de cette
histoire. Elle n'aurait plus la même saveur si Jupiter,
amoureux de la nymphe Calisto qu'il parvient à embrasser en se
métamorphosant en Diane, n'était qu'un simple berger.
Or ce mélange de pantalon et de robe de cuir, de jeans, de
veste à paillettes, tous d'une insigne laideur, ne permet pas
de se repérer. On imagine la perplexité du specctateur
découvrant cet opéra foisonnant dans ces conditions.
S'il ne peut tout à fait compenser l'énergie qui fait
tant défaut à la scène, Christophe Rousset
dirige avec élégance ses Talens lyriques. La
distribution est à la hauteur de sa réputation,
notamment grâce à la Calisto délicieuse de Sophie
Karthaüser, la Junon imposante de Véronique Gens, le Pan
sensible de Cyril Auvity ou l'Endymion séduisant de Lawrence
Zazzo. Mais on n'a pas du tout rigolé."
"C’est l’histoire
"abracadrabrantesque" d’une vierge toute entière
dévouée à sa maîtresse déesse et
chasseresse - Diane ou Artémis selon ses origines - qui se
fait berner par Jupiter roi des dieux aux pouvoirs
caméléon et qui va la déflorer aux moyens de
subterfuges pas très catholiques (forcément !). C’est
le destin étoilé de la Calisto, nymphe abusée,
trahie puis sublimée par un amant céleste. C’est le
personnage clé d’une comédie coquine composée
par Francesco Cavalli (1602-1676) sur un livret tiré des
Métamorphoses d’Ovide, dans la lignée musicale directe
héritée de Monteverdi (1567-1613) son génial
prédécesseur inventeur de
l’opéra.
On la voit peu, on l’entend
peu cette Calisto tragi-comique redécouverte au tout
début des années 70 du dernier siècle au
festival de Glyndebourne où Raymond Leppard la fit enregistrer
par Decca. Une version qu’on qualifierait aujourd’hui de
simplifiée, sur instruments modernes mais dans laquelle
brillaient quelques voix d’or, Janet Baker, James Bowman, Ileana
Cotubras. Sa véritable résurrection scénique eut
lieu à La Monnaie de Bruxelles en 1993 sous la signature du
metteur en scène Herbert Wernicke, une production
entrée dans les annales des grandes réussites de la
maison d’opéra belge, reprise sans la moindre ride
début 2009 (voir webthea du 21 février 2009).
René Jacobs à la tête du Concerto Köln en
assurait chaque fois la réécriture et la direction
musicale. Un DVD est né de cette production devenue mythique
depuis la mort prématurée de Wernicke.
Une Calisto toute neuve
s’affiche depuis le 4 mai au Théâtre des Champs
Elysées qui depuis onze années a fait la part belle au
répertoire de la Renaissance et du Baroque, et c’est avec
l’une de ses œuvres rares - L’Argia de Cesti - que Dominique Meyer
inaugurait son mandat en 1999. Il s’en va au sortir de cette saison
2009/2010, pour prendre les rênes de l’Opéra de Vienne
et quitte sa maison parisienne sur ce Cavalli d’amoureuses
gaudrioles. Cette fois revisité et réorchestré
par Christophe Rousset et ses Talens Lyriques, promesse d’un double
gage de rigueur et de recherche d’authenticité.
Macha Makeïeff,
co-fondatrice de la tribu Deschiens avec Jérôme
Deschamps, l’actuel directeur de l’Opéra Comique,
décoratrice metteur en scène et plasticienne ayant
imprimé sa griffe et son style entre marché aux puces
et magasins Tati sur de nombreuses productions et expositions, s’est
attachée à donner vie, humour et sensualité aux
imbroglios de cœur et de cul, de ciel et de terre du petit monde
galant de Cavalli qui, à l’occasion ; ne se gêne pas
pour appeler un chat un chat. Sur un fond d’écran
éclaboussé de constellations joufflues viennent
s’inscrire toutes sortes d’objets échappés d’un
musée de bandes dessinés, une carcasse d’avion de
papier du nom de Phaeton, des dés géants pour les
pokers d’amours et d’amourettes, des météorites
égarées, des demi-lunes et des nacelles volantes qui
transportent de haut en bas les voyageurs de l’Olympe.
Couleurs franches et
lumières tamisées, on a l’impression de feuilleter un
magazine pour lecteurs de 7 à 77 ans. Les costumes ont les
mêmes découpes géométriques et coloris
tranchés, un petit côté rétro qui donne
à la Calisto de Sophie Karthäuser un air de Louise
Brooks, coiffure coupée au carré et robe couleur cerise
tandis que, chorégraphié par le malicieux Lionel Hoche,
Pan et les satyres font trémousser les muscles de leurs torses
et les poils de leurs croupes et queues. Et que veille, muet, le dieu
amour sous la forme d’un petit écolier vêtu de blanc.
Théâtre d’illusions à l’ancienne sans
vidéo ni trucages technologiques. Pas de charge
d’érotisme de bazar ou de plaisanteries de garçon de
bain comme chez Wernicke, tout arrive et se déroule par
touches crayonnées, rapides et
légères.
On retrouve avec bonheur deux
des interprètes de la production bruxelloise : l’exquise
soprano belge Sophie Karthäuser en Calisto mutine, enfantine
prise à son insu par l’éveil de ses sens dont la voix
claire et fruitée s’allie à un jeu malin, et aussi, en
Endimione le berger amoureux et aimé de Diane, le
contre-ténor américain Lawrence Zazzo si juste et
mélancolique dans ses complaintes. La basse Giovanni Battista
Parodi, fringué en rocker chic campe avec panache et
drôlerie ce fourbe de Jupiter habité par le démon
de midi qui, sous la perruque rousse et les froufrous de sa propre
fille Diane, métamorphose ses graves en voix de fausset,
Véronique Gens, en Junon furie furieuse dévorée
de jalousie, classe et voix royales, est parfaite. Le baryton Mario
Cassi campe un Mercure déluré et complice, Milena
Storti mezzo italienne une Linfea drolatique en manque d’orgasme et
Sabina Puértolas en satyre irrésistible.
Macha Makeïeff dirige en
humour et clins d’yeux rieurs tout ce petit mode volant et volatile
qui n’a plus qu’à se mettre au service de la musique mais
auquel se dérobe le grain de folie et de grivoiserie qui sont
l’estampille de ce chef d’œuvre baroque.
A l’orgue, au clavecin,
à la baguette, Christophe Rousset fait chanter les
flûtes à bec, soupirer les cornets et danser les cordes
des violons, violoncelles luths et chitarone. Tout est en place et
là aussi presque trop respectueux. Il ne manque rien ou
presque, tout juste ce petit décalage justement qui
répondrait à celui à voir sur scène,
cette pointe de drôlerie et de swing."
- Theater Pforzheim
- 30 avril 2009 - mise en scène Wolf Widder -
décors et costumes Katja Schröder - nouvelle
production
- Opéra de
Genève - 13, 15, 17, 18, 20, 22, 24, 26, 28
avril 2010 - dir. Andreas Stoehr - mise en scène Philipp
Himmelmann - décors Johannes Leiacker - costumes Petra
Bongard - lumières Gérard Cleven - avec Sami
Luttinen (Giove), Bruno Taddia (Mercurio), Anna Kasyan (Calisto /
Eternita), Bejun Mehta (Endimione), Christine Rice (Diana /
Destino), Kristen Leich (Satirino / Natura), Catrin Wyn-Davies
(Giunone) - nouvelle coproduction avec Deutsche Oper Am Rhein
(Düsseldorf)



"Dans la belle salle du
Bâtiment des Forces Motrices, l'Opéra de Genève
présente une mise en scène débridée du
chef d'oeuvre de Cavalli. Sous la baguette d'Andreas Stoehr, que l'on
avait pu apprécier à Paris lors de son passage à
l'Opéra-Comique voici quelques années, l'orchestre de
chambre de Genève rend idiomatiquement justice à cette
partition. L'orchestration choisie est suffisamment variée
sans tomber dans l'excès. Quelques castagnettes accompagnent
certes l'entrée de Jupiter en robe lamée argent et des
rythmes de jazz accompagnent Satirino en lapin rose, mais l'orchestre
trouve aussi de belles couleurs chaudes pour l'air "Piangete,
sospirete" et ses fanfares rappellent celles de l'Orfeo de
Monteverdi.
C'est cependant le
théâtre qui mène la danse, la musique n'en
étant qu'un élément d'autant plus efficace
qu'elle se fait presque oublier dans son adéquation aux
personnages et à l'action. À cette action baroque il
faut un décor, qui est lui-même un théâtre
baroque, un théâtre du jour d'après,
d'après la chute, la chute de Phaéton bien sûr,
qui a éventré le plafond en trompe-l'oeil et le
plateau! Et si Jupiter ailé de noir descend sur terre, c'est
pour constater les dégâts de cette chute! Comme quoi
tout est délirant et logique à la fois. Peut-être
un Peter Sellars en aurait-il fait un président
américain ou un commandant en chef des forces de l'ONU, venu
commettre quelques turpitudes sous couvert d'action humanitaire?
Philipp Himmelmann choisit, lui, de pousser à bout
l'idée, l'idéal baroque. Dans cet univers où
tout est théâtre, les premiers acteurs du prologue sont
des angelots rembourrés et masqués aux ailes
dorées, qui signent d'emblée le kitsch qui dominera -
du moins visuellement - la lecture de l'oeuvre jusqu'au rideau
final.
Cet idéal baroque n'est
nullement trahi par sa propre décadence mais semble y trouver
au contraire un aboutissement. Le théâtre-monde baroque
détruit en devient presque encore plus baroque. Certaines
machineries y fonctionnent toujours passablement et servent à
faire descendre Diane sur ses chevaux ailés, mais Jupiter doit
descendre en rappel le plan incliné de la scène
brisée! Il devra ensuite l'arpenter sur les hauts talons de
Diane, dont il prend l'apparence (c'est à dire ici le
travesti) pour séduire sa vierge suivante Calisto. Une autre
lecture a été ici laissée de côté
par Philipp Himmelmann : Calisto chaste et pure, sexuellement
abusée par les hommes détenant le pouvoir... En effet,
alors que le livret, par les lèvres de Mercure, la
décrit comme froide, le metteur en scène nous la montre
lascive et sensuelle, se languissant en dessous roses sur sa couche
solitaire. Le désir irrigue ainsi tous les personnages et
tisse toute la trame de l'oeuvre. Sa mise en scène peut donc
être poussée à bout tout en restant plaisamment
bouffonne, alors qu'une Calisto "chaste et pure" trompée par
Jupiter aurait introduit un élément de cruauté
qui aurait peut-être séduit un Michael
Haneke.
Si les rares ilôts de
chasteté ménagés par le librettiste sont ainsi
profanés par le metteur en scène, ce dernier n'a pas eu
besoin de détourner le livret trop loin de son cours pour
mettre en valeur la pulsion sexuelle qui conduit chaque personnage.
Diane elle-même n'est-elle pas amoureuse d'Endymion? Sa
suivante Nymphée n'est-elle pas chaste de fort mauvais
gré? Pan et le Sylvain ne sont-ils pas mus eux aussi par le
désir et la jalousie? Ce monde est une foire aux
vanités et un ballet érotico-comique! Offenbach n'a
rien inventé en moquant la mythologie et en y mêlant les
jeux amoureux de la bourgeoisie de son époque.
Philipp Himmelmann demande
à ses chanteurs un fort investissement théâtral
dont ils se sortent tous très bien. Chacun est
également bien caractérisé vocalement. Anna
Kasyan est ainsi aussi charnue vocalement que sensuelle
scéniquement. La richesse de sa pâte sonore s'accorde
très bien à sa prestation scénique, alors qu'une
Calisto plus chaste vocalement comme scéniquement aurait
été tout aussi envisageable au vu de la partition. Anna
Kasyan, déjà remarquée en France par l'ADAMI et
aux Victoires de la Musique, s'affirme d'emblée aussi bien
dans son premier air tendre que dans l'air vif de son refus à
Jupiter.
Incarnant ce dernier, Sami
Luttinen a un timbre sombre au grain rude, qui convient bien à
un débauché dont aucune morale n'estompe les contours.
Bruno Taddia est un baryton à la dureté vocale elle
aussi justifiée théâtralement. Son Mercure
à la forte présence scénique semble
inspiré de Johnny Depp dans un film de Tim Burton. Matthew
Shaw, qui remplace Bejun Mehta souffrant, est une excellente
découverte. Il a déjà chanté Endimione
à Linz et s'attaque déjà à Giulio Cesare!
Il chante au deuxième acte un bel air tendre tout en glissant
sur le plan incliné. Quelques problèmes de justesse
semblent trouver leur origine dans un souffle manquant parfois de
stabilité et une émission parfois un peu
large.
Diane est un rôle qui
met bien en valeur Christine Rice, d'abord grave puis plus
sopranisant. La scène de sa séparation d'Endymion est
superbe et évoque celle de Néron et Poppée dans
L'incoronazione di Poppea de Monteverdi. La plus légère
Kristen Leich est délicieuse en Satirino. Mark Milhofer
satisfait aux exigences tant théâtrales que vocales du
ténor travesti et au large ambitus de son
rôle.
Plusieurs moments
scéniques sont très finement travaillés, comme
quand Calisto remercie par erreur la vraie Diane des baisers de la
fausse : les mimiques de Lymphée sont alors
désopilantes, comme son attitude pendant toute la fin de
l'oeuvre, que le petit Satyre et elle passent assis sur l'escalier en
se tournant le dos à quelques marches de distance. Philipp
Himmelmann utilise souvent avec succès ce
procédé de faire rester sur scène des
personnages qui n'ont plus rien à y faire.
Catrin Wyn-Davies ne
séduit pas vocalement mais campe une Junon très
crédible. Le jeu d'acteurs est très amusant pendant son
interrogatoire de Calisto! Fabio Trümpy a une émission
directe qui semble d'abord efficace mais inquiète ensuite par
son ouverture. Le timbre métallique de son comparse Sylvain
est moins séduisant.
La représentation se
conclut sur un très beau tableau final où presque tous
sont sur scène. Seul le maître du monde Jupiter s'est
éclipsé - piteusement remis dans le droit chemin par
Junon ou bien déjà sur la piste d'une nouvelle
conquête? La lumière baisse, Endymion et Diane chantent
un dernier beau duo..."
- Forum Opera - Premier degré sur la lagune
"Le metteur en scène
Philipp Himmelmann officie au Deutsche Oper am Rhein de
Düsseldorf, au Deutsche Oper de Berlin entre autres
scènes de l’est. Pour son intronisation romande il
présente une mise en scène qui laisse le public du
bassin lémanique sceptique ; une première partie
brouillonne, l’ensemble gagne cependant en netteté par la
suite.
Loin de l’esprit de bagatelle
de la Sérénissime, le langage d’Himmelmann est
plutôt brusque voire vulgaire. Pourquoi nous rappeler par tant
de débauche outrancière, (Calisto lascive à
califourchon sur un tronc d’arbre par exemple), ce que le livret
suggère si subtilement. Ou comment faire disparaître en
tout point toute l’ambigüité attendue du propos baroque
et appauvrir l’ensemble. La Calisto n’est pas l’apologie du premier
degré trop souvent imposé au Bâtiment des Forces
Motrices dans cette mouture. Certes Calisto traite Jupiter de vieux
libidineux et Linfea rêve de coït marital mais las l’orgie
gestuelle proposée nous prive du double langage de l’ouvrage,
de sa réflexion psychanalytique digne d’un conte de Charles
Perrault, charcotienne avant l’heure, dans ses réflexions sur
l’arc de l’hystérie.
La distribution en demi
teintes (dès l’Acte I les voix nous parviennent lointaines,
pauvres ; un manque de matière qui augure mal pour cette
production) laisse tout de même un bel espace à quelques
personnalités. Linfea notamment est jouée par un homme,
heureux choix qui respecte le goût de l’opéra baroque
vénitien pour les inversions, le travestissement qui sert
à railler les apparences sociétales trompeuses. Mark
Milhofer excelle dans l’exercice. La voix est charpentée
à loisir, pleine. Son charisme sert la posture et nous
préserve de tout débordement vulgaire et inutile.
L’hyper théâtralité requise par le propos n’est
pas en reste avec le jeu de Sami Luttinen dans le rôle de
Jupiter et de Bruno Taddia en Mercure. L’amplitude vocale n’est pas
au rendez-vous pourtant. La plus grande déception revenant
à la basse, l’un des piliers de cet opéra. Mercure
quant à lui s’appuie trop souvent sur une pantomime
sexuée encombrante. Le baryton mériterait
sûrement d’être entendu sous d’autres cieux. Chez les
hommes toujours, Fabio Trümpy est un ténor honnête
pour Pan, son travail tant vocal que théâtral est juste
sans plus. Mais c’est surtout Bejun Mehta qui sauve la gente par son
interprétation sans faute d’Endymion, sa voix de
contre-ténor indispensable au rôle écrit pour un
castrat. Il excelle jusque dans l’air de l’ascension qui signe
d’ailleurs le moment de grâce de toute la production. Sa voix
semble tombée des astres tant la diction est discrète,
toute d’élégance, presque désincarnée
toute à son rôle donc. Nous ne boudons pas notre rare
plaisir.
Les femmes à
présent, Anna Kasyan est une Calisto falote, la «
Révélation Lyrique » de l’Adami 2006 et la «
Révélation de l’année Artiste Lyrique » aux
Victoires de la Musique Classique 2010 déçoit. Notre
oreille butine alors sur le plateau réunissant une
distribution quasi intégralement débutante sur la
scène genevoise.
Catrin Wyn-Davies est une
Junon en demi-mesures même si la soprano nous offre de
très beaux lamenti aux prises avec ses déboires
conjugaux. Son souffle de soprano manque de majesté et de
profondeur pour projeter la palette de ses affetti. Dernier
rôle féminin d’importance, Christine Rice est une Diane
de consolation. Généreusement applaudie, la mezzo
maîtrise sa couleur vocale, dosée, soignée, toute
à ses contradictions de déesse et de femme ou
l’inverse.
Ressuscités en 1970 par
le chef d’orchestre anglais Raymond Leppard au Festival de
Glyndebourne, les délices de cette partition de la fin du
XVIIème siècle, de l’élève de Claudio
Monteverdi, nous sont restitués par l’Orchestre de Chambre de
Genève et par le bras d’Andreas Stoehr. L’ensemble humble,
besogneux est généreux et juste à l’exercice.
Cordes ordonnées, Continuo délicat constitué de
flûtes à bec, cornetto, dulcian, luths, viole de gambe
et lirone, violoncello, harpes et clavecin indispensable. Cette
composition respecte les indications de la partition d’origine
conservée au Teatro San Apollinare, là où
Cavalli créa l’œuvre en 1651, fait remarquablement rare pour
être mentionné. Le tissu orchestral est tenu et pourtant
libre à la fois tel qu’attendu pour l’ouvrage. Prouesse
admirable pour cet ensemble qui a changé de management en
début de saison et qui livre, ce 13 avril à
Genève, une première signature baroque en fosse
prometteuse dans ce registre précieux mais oh combien
glissant. Même les petites impatiences du Chef, les quelques
faussetés des flûtes de-ci de-là sont
pardonnées tant elles nous semblent délicieuses et
rompent avec la brutalité et la trivialité de la mise
en scène.
« La chair est triste
hélas » ! Nous sortons guetter les étoiles ;
l’ivresse nous fait défaut."
"Ressuscitée à
Glyndebourne par Raymond Leppard (1970) après trois
siècles d'oubli, La Calista est devenue l'opéra le plus
célèbre de Cavalli. Succédant à la
reprise bruxelloise de la mythique réalisation
Wernicke-Jacobs, la production genevoise apporte inattendu et
enchantement. Plusieurs héritages y sont manifestes. A
l'imitation de Leppard, le rôle soprano de Linfea est
confié à un ténor travesti (bouleversant Mark
Milhofer). Comme chez Jacobs, celui de Jupiter déguisé
en Diane n'est pas attribué à cette dernière
mais au dieu fulminant (Sami Luttinen), vagabondant entre basse
somptueuse et quelques épisodes en fausset, approximatifs et
peu crédibles.
Andreas Stoehr dirige avec
énergie un arrangement conçu à partir de la
récente édition Bärenreiter. La partition est
coupée, remaniée et parée d'accompagnements peu
orthodoxes, parfois envahissants (une vingtaine d'instrumentistes)
mais efficaces. Et l'ingénieuse mise en scène
signée Philipp Himmelmann se déploie dans un somptueux
dispositif qui oppose un Olympe baroque aux machiineries apparentes
et un embarcadère dévasté où viennent
s'échouer les illusions terrestres.
L'ouvrage est d'abord
traité comme une farce trans-genre, alerte et enlevée,
où les connotations érotiques du livret sont parfois
soulignées jusqu'à l'obscénité. Mais la
soirée prend une tournure imprévue à la fin du
II, pendant l'air de Linfea «D'haver un cansorte», empli
d'un désespoir inédit. La comédie se mue alors
en tragédie, révélant les frustrations
amoureuses : Calisto monte désespérément seule
au firmament, sous une lumineuse pluie d'étoiles, tandis que
Diane et Endymion vouent leur amour à la chasteté sous
le regard mélancolique des autres, abandonnés et
solitaires.
Au sein d'un plateau
homogène et engagé, on distingue la jeune Anna Kasyan,
Calisto de flamme et de chair, la Diane déchirée entre
passsion et vertu de Christine Ryce, le Mercure cynique de Bruno
Taddia. Bejun Mehta, souffrant, incarne seulement Endymion, tandis
que Xavier Sabata chante sa partie sur le côté de la
scène. Cette double interprétation, irréelle et
pathétique, contribue involontairement à la magie du
spectacle, entre farce immorale et drame existentiel."
"À Genève, la
salle du Bâtiment des Forces motrices n'accueille aucune
vedette et de nombreux débutants (au Grand
Théâtre, précisons)... Du XVIIe siècle de
Cavalli, Philipp Himmelmann n'a conservé que quelques
perruques par-ci, quelques angelots par-là qu'il
mélange hardiment à des costumes (Petra Bongard) plus
modernes, empruntés à un film de Tim Burton dans un
décor tarabiscoté de Johannes Leiacker. Ces
éléments participent à la magie du spectacle et
permettent d'identifier facilement les perrsonnages. Cocasse,
gaillard, ravageur, ce spectacle dispose d'une distribution plus
homogène que marquée par des perrsonnalités
particulières. Citons néanmoins la calisto
ingénue d'Anna Kasyan, le Jupiter débauché de
Sami Luttinen, l'Enndymion truculent de Bejun Mehta, tous soutenus
par un Orchestre de chambre de Genève convaincu, conduit par
Andreas Stoehr."
- Res Musica - Exploration de la décadence
vénitienne ?
"Quel bonheur de pouvoir se
réfugier derrière l’esprit de Cour d’il y a trois
siècles et stigmatiser Venise et sa fin de règne
débauchée pour cacher les tares de notre
société actuelle. C’est pas moi, c’est lui ! Ce
précepte permet à Philipp Himmelmann de traiter La
Calisto de Cavalli et l’aventure malheureuse de son
héroïne à la lumière d’une liberté
scénique parfois à la limite du mauvais goût.
Exploration de la décadence d’alors rapportée à
notre temps ? Quoique le metteur en scène ait judicieusement
choisi de retrouver l’esprit du burlesque des spectacles
décadents de la Venise baroque, fallait-il vraiment forcer le
trait en montrant une Linfea se lamentant de ne pas trouver l’amant
de ses rêves en la faisant se masturber avec une corde
passée entre ses jambes ? Reste que, même avec ces
exagérations scéniques, ce spectacle voit enfin un
metteur en scène plaquant l’intrigue à sa mise en
scène et racontant ce que le livret écrit et non les
fantasmes de sa propre personne. Comme souvent dans les œuvres du
XVIIe siècle, La Calisto recèle une foultitude
d’évènements annexes à l’intrigue. De quoi se
perdre pour qui veut tout raconter. Un galimatias dans lequel Philipp
Himmelmann ne sombre pas.
Dès le lever de rideau,
les trois angelots dodus déambulant sur la scène
révèlent d’emblée la
légèreté voulue du spectacle proposé.
Emmenant le public dans un décor de nuages traînant sur
un horizon incertain, les peintures inspirées de Tiepolo
forment un fond de scène d’où émergent les
dieux. Jupiter, terrifiant ange noir et Mercure en maléfique
Docteur Faust descendent chez les humains pour se rendre compte des
dégâts causés par la chute de Phaéton.
Jupiter tombe en arrêt devant la beauté de Calisto,
suivante amoureuse de Diane. En se déguisant en Diane, Jupiter
parviendra à séduire la jeune nymphe. Croyant avoir
rencontré la reconnaissance amoureuse de sa maîtresse,
le malentendu s’installe. Un quiproquo d’opérette digne d’un
vaudeville à-la-Feydeau qui conduira Calisto à sa
perte.
Dommage que la qualité
de la majeure partie des voix peuplant le plateau ne soit pas
à la hauteur de la belle tenue théâtrale de ce
spectacle. Reconnaissons pourtant que si toute la première
partie du spectacle se prévaut d’un théâtre du
burlesque auquel rares sont les chanteurs d’opéras capables
d’assumer totalement ses exigences, à l’opposé,
l’épilogue demande des interprètes à la
vocalité plus classique. Difficile équation à
laquelle le plateau genevois ne répond pas de manière
toujours convaincante. Dans le rôle-titre, Anna Kasyan manque
d’une vraie présence scénique pour convaincre
totalement. Quand bien même la soprano géorgienne
investit son aventure avec intelligence et conviction, sa voix manque
d’homogénéité. Une lacune qui la mène
parfois aux limites de la justesse vocale. Comme Calisto, Diane et
Endimione sont des rôles essentiellement lyriques. En
dépit d’une belle ligne de chant, Christine Rice (Diane) n’a
pas la noblesse de ce personnage empreint de pureté. Son
amoureux éperdu, le contre-ténor Matthew Shaw
(Endimione), remplaçant le souffrant titulaire du rôle
Bejun Metha, déçoit. Très limité dans le
registre grave, il se retrouve fréquemment en
difficulté expressive quand il n’est pas couvert par
l’orchestre. A l’inverse de la sagesse lyrique, Sami Luttinen est un
Jupiter théâtralement magnifique. Grandiose avec ses
ailes noires, il est désopilant dans la veste de Diane. La
partition vocale lui impose deux voix. Celle profonde et effrayante
du dieu et celle de fausset pour imiter la Diane chasseresse.
Ajoutant au comique de la situation, il n’hésite pas à
caricaturer sa propre voix pour montrer l’absurde de cette
métamorphose. A ses côtés, le Mercure de Bruno
Taddia révèle un baryton propriétaire de la
grande tradition opéristique italienne, chanteur solide
à la diction parfaite, son aisance théâtrale de
bon aloi fait mouche. Autre acteur remarquable, le ténor Mark
Milhofer (Linfea) excelle dans sa posture de travesti.
Dans la fosse, malgré
l’ample gestuelle d’Andreas Stœhr, l’Orchestre de Chambre de
Genève semble ne pas répondre à l’énergie
de son chef. Ce manque de dynamisme agrémenté de
quelques décalages et autres fausses notes des flûtes
survolent l’audience sans trop de mal, tout entier qu’est le public
au théâtre proposé avec talent par Philipp
Himmelmann."
- Stuttgart - Wilhelma
Theater - 5 février 2010 - dir. Michael
Klubertanz - mise en scène Marco Storman - avec Leandro
Bermudez (Endimione), Stefan Wenzel (Silvano), Hyun Ah Kim (Pan),
Kai Preußker (Jupiter), Yuna-Maria Schmidt (Calisto), Laura
Oppenhäuser, Stefan Wenzel, Pauline Drünert, Mirjam
Ellenbroek

- Université de Laval
- Théâtre de la cité universitaire, pavillon
Palasis-Prince - 12, 14 mars 2009 - Atelier
d’opéra de la Faculté de musique - dir. Michel
Ducharme - mise en scène Jacques Leblanc -
"Découvrir les grandes
voix classiques de demain avec un sourire accroché aux
lèvres, c’est ce que proposent Jacques Leblanc, metteur en
scène, et Michel Ducharme, professeur de chant à la
Faculté de musique et directeur musical, avec La Calisto, un
opéra de Francesco Cavalli présenté les 12 et 14
mars au Théâtre de la cité universitaire. Les
quinze chanteuses et chanteurs de l’Atelier d’opéra de la
Faculté de musique présenteront cette perle du
répertoire du 17e siècle, accompagnés d’un
ensemble formé d’une douzaine d’instrumentistes. Une
première.
Inspirée des
Métamorphoses d’Ovide dans un livret écrit par Giovanni
Faustini, La Calisto met en scène des dieux, déesses et
humains dans un chassé-croisé amoureux relevant
davantage de la farce que du drame. «C’est un opéra qui a
énormément de ressort comique, résume Jacques
Leblanc. Les personnages sont issus de la mythologie mais
réagissent en humains, avec tout ce que cela peut comporter de
sentiments et de sexe!» Autant dire que la mise en scène
de ces Jupiter, Junon, Mercure, Diane et autres créatures,
loin de donner des maux de tête au metteur en scène, a
plutôt été le théâtre de franches
parties de rigolade.
«C’est un opéra
très différent de ceux que l’on voit habituellement,
précise Michel Ducharme. On a par exemple Satirino, un
personnage tout juste pubère, obsédé par le
sexe, qui cherche à tout prix à calmer ses ardeurs.
Quant à ses acolytes, ils se retrouvent sans cesse dans
d’incroyables quiproquos.» Il y a Calisto, jeune nymphe d’une
grande beauté, qui a fait vœu de chasteté et que
Jupiter va séduire en se faisant passer pour Diane, la
maîtresse de la demoiselle. Diane n’est pour sa part pas
insensible aux avances d’Endymion. Mais Pan aussi aime Diane. Quant
à Junon, épouse de Jupiter, elle veut se venger des
infidélités de son mari. Bref, sexe, amour et
supercherie sont au programme et se succèdent pour donner un
opéra drôle à souhait.
Il n’est donc pas
étonnant que Francesco Cavalli soit considéré,
avec Claudio Monteverdi, comme le représentant le plus
important de la première période de l’opéra
à Venise. Il en fut, pendant plus d’un quart de siècle,
le maître incontesté et composa près d’une
trentaine d’œuvres pour les théâtres vénitiens.
«J’ai connu cet opéra par le premier enregistrement qui
en a été fait dans les années 1970, indique
Michel Ducharme. Une révélation pour les
mélomanes du monde entier. Cavalli est alors apparu comme un
compositeur majeur du 17e siècle.» Lorsqu’est venu le
temps de choisir l’opéra qui serait mis en scène cette
année pour l'Atelier d'opéra de l'Université
Laval, lequel a pour finalité de permettre aux jeunes
chanteurs de se familiariser avec les exigences musicales et
scéniques du répertoire lyrique, La Calisto s’est
imposée. «Nous devons composer avec les voix de nos
étudiants et cette année nous avions beaucoup de voix
féminines.» Cet opéra, avec ses nombreux costumes
et surtout avec tous ses personnages qui se jouent les uns des autres
— les hommes deviennent des femmes, les femmes, des hommes —,
était tout indiqué.
«Pour la première
fois, nous faisons appel à un ensemble instrumental
plutôt que de nous limiter à un seul piano,
précise également Ducharme. Nous avons voulu nous
rapprocher de l’ambiance du 17e siècle à Venise alors
qu’une dizaine de maisons d’opéra avaient pignon sur rue et
que des petits orchestres se chargeaient des partitions
musicales.» Pour ces deux représentations, le
Théâtre de la cité universitaire sera
transformé: les deux premières rangées seront
éliminées pour céder la place à des
clavecins, orgues, flûtes à bec, cornet à
bouquin, violons, violoncelle, théorbe et viole de gambe.
Quant à la compréhension de cette histoire en italien,
elle sera facilitée par la projection de surtitres en
français. Tout pour séduire le public."
- Opéra de Portland -
Newmark Theater - 13, 15, 19, 21 mars 2009 - dir.
Robert Ainsley - mise en scène Ned Canty - avec Anne McKee
Reed (Il Destino/Satirino /Furia 1), Sharin Apostolou
(Calisto/L'Eternita), Angela Niederloh (Giunone), Kendra
Herrington (Linfea/Furia 2), Hannah Sharene Penn (Diana/Giove in
Diana), Gerald Thompson (Endimione), Brendan Tuohy (Pane /La
Natura) , Bobby Jackson (Silvano), Jonathan W. Kimple (Giove),
José Rubio (Mercurio)

- Munich - Bayerische
Staatsoper - 20, 22, 26 février 2009 -
Bayerisches Staatsorchester - dir. Christopher Moulds - mise en
scène David Alden - décors Paul Steinberg - costumes
Buki Shiff - cchorégraphie Beate Vollack - lumières
Pat Collins - avec Dominique Visse (La Natura / Satirino / Le
Furie), Geraldine McGreevy (L'Eternità / Giunone), Daniela
Sindram (Il Destino / Diana / Le Furie), Umberto Chiummo (Giove),
Nikolay Borchev (Mercurio), Sally Matthews (Calisto), Tim Mead
(Endimione), Guy de Mey (Linfea), Pane (Kobie van Rensburg)
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 17, 19, 20, 22,
24, 26, 27 février, 1er mars 2009 - Concerto Vocale - dir.
René Jacobs - mise en scène Herbert Wernicke -
Dagmar Pischel - lumières Robert Brasseur - avec Sophie
Karthäuser (Calisto, Eternità), Johannes Weisser
(Giove), Georg Nigl (Mercurio), Lawrence Zazzo (Endimione),
Caitlin Hulcup (Diana, Destino), Thomas Walker (Linfea), Max
Emanuel Cencic (Satirino, Furie), Magnus Staveland (Pane),
Angélique Noldus (Natura), Konstantin Wolff (Silvano), Inga
Kalma (Giunone)


La Monnaie de Bruxelles
reprend avec bonheur l’une des plus belles productions de La Monnaie
: en 1993, il y a 16 ans déjà, le chef d’orchestre
René Jacobs faisait redécouvrir le chef d’œuvre
oublié d’un successeur de Claudio Monteverdi, Francesco
Cavalli (1602-1676) qui, sur les traces de l’inventeur de
l’opéra, composa à son tour une ribambelle d’ouvrages
où, selon la coutume de l’époque, apparaissaient toutes
sortes de citations empruntées à des
contemporains.
C’est, entre autres, sur ce
principe que René Jacobs eut l’envie de remettre au grand jour
le « dramma per musica » que le librettiste Giovanni
Faustino emprunta à Ovide : la saga de la chaste nymphe
Calisto abusée et séduite par Jupiter, lequel, pour la
mettre en confiance se déguise en Diane, la déesse
chasseresse à laquelle la nymphe a juré
fidélité. Tout se passerait dans le meilleur des
leurres possibles, si Junon, l’épouse trahie, ne s’armait des
foudres de sa jalousie et transforme la belle ingénue en ourse
pataude. Que le tout puissant et repentant Jupiter inscrira dans
l’éternité et l’immensité céleste sous la
forme de sa plus belle constellation.
Jacobs partagea aussitôt
son envie avec le metteur en scène allemand Herbert Wernicke,
un grand de la profession, familier des tréteaux de la
Monnaie. De leur collaboration naquit ce spectacle ravissant,
drôle et coquin que Peter de Caluwe, patron de la maison, a eu
la bonne idée de remettre à l’affiche.
En 2002, Wernicke mourait
prématurément à l’âge de 56 ans. Dagmar
Pischel qui fut son assistante prend la relève avec
fidélité et cocasserie. Jacobs et son Concerto Vocale
sont à nouveau dans la fosse surélevée comme le
veut l’usage pour les ensembles baroques. Les instrumentistes ne sont
plus les mêmes mais ils ont les mêmes qualités que
leurs aînés d’alors, notamment les aériennes
flûtes à bec et ces trombones nouveaux venus en renfort
pour tendre les tensions célestes.
On retrouve avec
émerveillement l’immense boîte qui fait
dégringoler des cintres au sol sa peinture sur fond bleu
où s’agitent les signes du zodiaque ses hommes volants en
poses voluptueuses. Tous les savoureux trucages, toute la subtile
machinerie sont à nouveau au rendez-vous, les «
ascenseurs-nacelles » cosmiques qui descendent et remontent les
dieux de l’Olympe, l’échelle d’or où Mercure se laisse
glisser comme sur un toboggan, les trappes qui engloutissent et
recrachent les personnages comme autant de boîtes à
malice. Sur fond de commedia dell’arte, avec Arlequin, Pierrot,
Colombine et autre parodie de Pantalone, les gags fusent en joyeuse
dérision avec un penchant appuyé et pas toujours utile
pour les grivoiseries où les émois du sexe sont
mimés à loisir.
La distribution est elle
aussi, forcément, toute neuve et tient toutes les promesses du
triomphe d’autrefois, à commencer par la délicieuse
Sophie Karthäuser en Calisto piégée par l’amour,
toute en charme et en grâce avec en prime un timbre en eau de
source vive. Le Jupiter du baryton Johannes Weisser déploie
ses graves en dieu adultère et passe avec autant d’aisance aux
accents de falsetto quand il se déguise en Diane. La vraie
Diane a l’aplomb et l’élégance de la mezzo Caitlin
Hulcup tandis que Inga Kalna gratifie les fureurs de Junon d’un
vibrato enfiévré. Costumé en Pierrot blanc
mélancolique, le contre-ténor Lawrence Zazzo fait
merveilleusement entendre les complaintes de l’amoureux transi
Endimione. Tous les rôles secondaires sont défendus avec
punch et justesse, le Mercure de Georg Nigl, le petit satyre de Max
Emanuel Cencic, l’autre contre-ténor de l’ensemble, le Pan
burlesque de Magnus Staveland…"
"L’opéra baroque de
référence livre toute sa folie coquine sur la
scène de la Monnaie, avec une étincelante Sophie
Karthäuser.
En 1993, Bernard Foccroulle
frappait un grand coup en produisant l’opéra baroque de
référence que l’on attendait de cet amoureux de la
musique ancienne. Et soudain, on retrouvait les peintures somptueuses
de l’intérieur d’un palais de la Renaissance où,
à mi-chemin de la commedia dell’arte et du drame passionnel,
le chef René Jacobs et le metteur en scène Herbert
Wernicke allaient animer les débats amoureux des dieux de
l’Olympe en y ajoutant un clin d’œil délicieusement
salace.
Cela a marché avec un
bonheur prodigieux. Les nacelles descendaient des airs, empruntant le
portrait d’un des personnages du ciel étoilé.
Décor et plancher regorgeaient de trouvailles pour faire
entrer dans l’action les protagonistes. On était souvent
surpris, on s’amusait beaucoup. On était séduit plus
qu’ému, mais on y prenait un plaisir fou et sans cesse
renouvelé. C’est tout l’art, délicieusement perfide, de
la Venise baroque…
Seize ans plus tard, Peter de
Caluwe reprogramme le spectacle. Un pari terrible car, entre-temps,
Wernicke est décédé. Heureusement, son
assistante Dagmar Pichel veille au grain, avec juste un brin de
délire en plus. Une volonté d’aller plus loin, de
renforcer l’implication des personnages, d’accélérer le
rythme de la représentation, que l’on retrouve dans la
direction de René Jacobs, toujours à la tête des
succulents Concerto Vocale.
Les tempos sont vifs, les
effets instrumentaux un peu plus appuyés, l’instrumentation
renforcée par d’imposants trombones. Le spectacle retrouve
toute sa magie avec, en sus, une théâtralité plus
tourbillonnante. Restait encore à assembler une distribution,
fidèle à nos souvenirs.
Pas de petits rôles.
Justement il n’est pas si simple d’assembler une distribution pour La
Calisto, un opéra où pour tout dire, il n’y a pas
vraiment de petits rôles tant chacun participe de très
près, et constamment, à l’action. Une distribution
totalement nouvelle où l’on retrouve quelques compères
de René Jacobs tel Johannes Weisser, son redoutable Don
Giovanni au disque qui incarne avec le même appétit
Jove, le dieu volage, et utilise fort habilement son régime de
fausset pour ses scènes de déguisement en
Diana.
A ses côtés, et
succédant à un acrobatique Keenlyside, Georg Nigl campe
un Mercurio à la voix mâle et souple. Et que dire de
l’impressionnante apparition de la Giunone d’Inga Kalna, de la
séduction secrète de la Diana de Caitlin Hulcup ou des
envolées attendrissantes de l’Endimione de Lawrence
Zazzo.
Une distribution, c’est aussi
l’art de combiner les personnages : il en va ainsi des trois
compères, Pane (Magnus Stabeland), Silvano (Konstantin Wolff)
et Satirico (Max Emanuel Cencic). Mais même si La Calisto est
d’abord un travail d’équipe, admirablement servi dans une
folie coquine sur la scène de la Monnaie, on ne peut
s’empêcher de garder une place à part pour la Calisto de
Sophie Karthäuser. Actrice séduisante, chanteuse subtile,
son personnage de nymphe, à la fois tendre et douce,
décidée et déchirante, utilise toutes les
ressources d’un timbre radieux qu’elle n’hésite pas à
libérer vers une réelle ampleur. Ces moments
d’épanouissement vocal resteront un des grands souvenirs de la
soirée.""
- Linz -
Landestheater - 13, 15,
18, 20 décembre 2008, 7, 13, 23, 30 janvier, 8, 19, 27
février, 5 mars 2009 - dir. William Mason / Sigurd
Hennemann - mise en scène Matthias Davids - décors
Marina Hellmann - costumes Leo Kulaš - dramaturgie Felix Losert -
avec Anja-Nina Bahrmann / Gotho Griesmeier (Calisto,
Eternitá), Alik Abdukayumov / Nikolai Galkin (Giove), Elsa
Giannoulidou / Alaine Rodin (Diana, Giove in Diana, Destino),
Matthäus Schmidlechner / Iurie Ciobanu (Linfea), Thomas
Diestler / Armin Gramer (Satirino), Cheryl Lichter / Karen
Robertson (Giunone), Gabriele Salzbacher / In-Kyoung Cho (Furia
1), Thomas Diestler / Armin Gramer (Furia 2), Armin Gramer /
Matthew Shaw (Endimione), Mark Calvert / Christian Zenker (Pane /
Natura), Martin Achrainer / Isaac Galán (Mercurio),
Klaus-Dieter Lerche (Silvano) - récitatifs en allemand,
airs en italien


- Hanovre - Staatsoper
- 25, 27 septembre, 5, 8, 19 octobre 2008 - dir.
Andreas Wolf - mise en scène Ingo Kerkhof - décors
Anne Neuser - costumes Stephan von Wedel - dramaturgie Ulrich Lenz
- avec Hinako Yoshikawa (Calisto), Khatuna Mikaberidze (Diana),
Frank Schneiders (Giove), Alla Kravchuk Giunone), Stefan Zenkl
(Mercurio), Sung-Keun Park (Pane), David Cordier (Endimione), Ivan
Turšic (Linfea), Julia Faylenbogen (Satirino), Shavleg Armasi
(Silvano)
- Londres - Covent
Garden - 23, 25, 27 septembre, 1er, 3, 10 octobre 2008
- dir. Ivor Bolton - mise en scène David Alden - avec mise
en scène David Alden - décors Paul Steinberg -
costumes Buki Shiff - lumières Pat Collins - avec Dominique
(Visse La Natura / Il Satirino / Furie), Véronique Gens
(L'Eternità / Giunone), Monica Bacelli (Il Destino / Diana
/ Furie), Joao Fernandes (Giove), Markus Werba (Mercurio), Sally
Matthews (Calisto), Lawrence Zazzo (Endimione), Guy De Mey
(Linfea), Ed Lyon (Pane), Clive Bailey (Silvano)




- Wightwick Manor (terrasse)
- Wolverhampton - Angleterre - 19 juillet 2008 - avec
Susannah Vango
- Hambourg -
Staatsoper - 3, 5, 7, 9, 11, 13 juillet 2008 -
Mitglieder des Internationalen Opernstudios - dir. Alexander Soddy
- mise en scène Aldona Farrugia - décors Anja
Hertkorn - costumes Gisa Kuhn - avec Christiane Karg (Calisto,
l'Eternita), Michal Wajda-Clopicki (Endimione), Frederick Jackson
(Giove), Trine W. Lund (Giunone, Destino, Furia), Ann-Beth Solvang
(Diana, Natura), Ladislav Elgr (Linfea), Jun-Sang Han (Pane),
Dominik Königer (Mercurio), Ingrid Fröseth (Satirino),
Hee-Saup Yoon (Silvano)



- Hanovre - Staatsoper
- 21, 25, 27 juin, 1er, 4, 6, 9 juillet 2008 - dir.
Andreas Wolf - mise en scène Ingo Kerkhof - décors
Anne Neuser - costumes Stephan von Wedel - dramaturgie Ulrich Lenz
- avec Hinako Yoshikawa (Calisto), Khatuna Mikaberidze (Diana),
Frank Schneiders (Giove), Alla Kravchuk Giunone), Stefan Zenkl
(Mercurio), Sung-Keun Park (Pane), David Cordier (Endimione), Ivan
Turšic (Linfea), Julia Faylenbogen (Satirino), Shavleg Armasi
(Silvano)

- Londres - Sir Jack Lyons
Theatre - Royal Academy Opera - 1er mai 2008 - dir.
Anthony Legge - mise en scène John Ramster - avec Jessica
Dean (Calisto), Adriana Festeu (Endimione), George Humphrey
(Giove), Amy Ratford (Giunone), Emma Carrington (Diana), Lan Weei
(Linfea), Tom Lowe (Meercurior), Christopher Diffey, Ross McInroy
and Louis David Bedard.
- Munich - Nationaltheater
- 2, 4, 7 novembre 2007 - dir. Ivor Bolton - mise en
scène David Alden - décors Paul Steinberg - costumes
Buki Shiff - lumières Pat Collins - avec Dominique (Visse
La Natura / Il Satirino / Furie), Geraldine McGreevy
(L'Eternità / Giunone), Monica Bacelli (Il Destino / Diana
/ Furie), Umberto Chiummo (Giove), Markus Werba (Mercurio), Sally
Matthews (Calisto), Lawrence Zazzo (Endimione), Guy De Mey
(Linfea), Vito Priante (Pane)
- Isleworth Public Hall -
Angleterre - 17, 18, 19 octobre 2007 - en anglais -
dir. et clavecin Helena Brown - avec Janet Oates (Calisto), Emilie
Taride (Destiny), Harriet Fraser (Diana), Katie Pinney (Echo),
Suzie Modak (Endymion), Ingrid Fraser (Eternity), John Cobb
(Jove), Jacqui Silverstone (Juno), Sally Pinney (Linfea), Steve
Harrison (Mercury), Neville Bayross (Nature), Cedric Lee (Pan),
Rosalind Fuller (Satirino), Philip Johnson (Sylvano)

- The Cloister at Iford
Manor - Bradford on Avon - Grande Bretagne - 13, 14,
17, 18, 20, 21 juillet 2007 - Early Opera Company - dir. Christian
Curnyn - mise en scène Oliver Mears - décors Chloe
Lamford
- Amherst Early Music
Festival - été 2007 - édition
Jennifer Williams Brown - mise en scène Alexander Weimann -
avec Gerrod Papenkopf (Satirino), Mary Hubbell (Giunone)
- The Ohio State University
School of Music - 2007 - dir. Lucas Harris - mise en
scène Peter Kozma - avec James Van Rens (Giove) Robert W.
Bux (Mercurio), Leah Edmondson (Calisto), Jodi Burns (Diana), Jodi
Burns (Giove as Diana), Brandon E. Ring (Endimione), Patrick
Anderson (Linfea), David Radamès Toro (Satirino), Matt
McIntire (Pane), Jonathan Stuckey (Silvano), Sarah Lewis Jones
(Giunone), Kathryn McCreary, Sarah Smoot (Nymphs & Furies),
Sarah Rhorer (La Natura), Nicole Snyder (L'Eternita), Kyung Hwa
Kang (Il Destino)

- Munich - Nationaltheater
- 25, 27 février, 3 mars 2007 - dir. Ivor Bolton
- mise en scène David Alden - décors Paul Steinberg
- costumes Buki Shiff - lumières Pat Collins - avec
Dominique (Visse La Natura / Il Satirino / Furie),
Véronique Gens (L'Eternità / Giunone), Monica
Bacelli (Il Destino / Diana / Furie), Umberto Chiummo (Giove),
Martin Gantner (Mercurio), Sally Matthews (Calisto), Lawrence
Zazzo (Endimione), Guy De Mey (Linfea), Kobie Van Rensburg
(Pane)
- Munich - Bayerische
Staatsoper - 2, 7, 12, 20 avril, 20 juillet 2006 - dir.
Ivor Bolton - mise en scène David Alden - décors
Paul Steinberg - costumes Buki Shiff - chorégraphie Beate
Vollack - lumières Pat Collins - video Tobias Heilmann -
avec Dominique Visse (La Natura / Satirino), Véronique Gens
(L'Eternità / Giunone), Umberto Chiummo (Giove), Martin
Gantner (Mercurio), Sally Matthews (Calisto), Lawrence Zazzo
(Endimione), Guy De Mey (Linfea), Kobie van Rensburg (Pane), Clive
Bayley (Silvano), Monica Bacelli (Il Destino / Diana / Furie)
- Genève -
Théâtre du Loup - 26, 28, 29 janvier,
1er, 3, 4, 5 février 2006 - Ensemble intrumental
Gli Angeli Genève - coordination musicale Stephan MacLeod -
mise en scène Alain Perroux - décors Claire
Peverelli - costumes Isabelle Boucharlat - lumières
José Espina - avec Pascal Bertin (Nature, Pan), Marina
Lodygensky (Eternité), Bénédicte Tauran
(Junon, Destin), Brigitte Fournier (Calisto), Marina Lodygensky
(Diane, l'Éternité), Paulin Bündgen (Endymion),
Philippe Cantor (Jupiter), Simon Jaunin (Mercure), Emiliano
Gonzales Toro (Lymphée), Stephan MacLeod (Sylvain), Marina
Lodygensky et Laure-Anne Payot (Deux furies)

"Parce que la passion de
l’opéra les habite, certains n’hésitent pas à
être des touche-à-tout pour partager cet amour avec le
plus grand nombre. C’est le cas d’Alain Perroux. Licencié en
musicologie et littérature allemande, d’abord critique musical
émérite de la presse romande, chanteur, auteur de
plusieurs ouvrages, chargé du Service Culturel du
Grand-Théâtre de Genève, il conduit aujourd’hui
l’Opéra de Poche, une structure lyrique indépendante
avec laquelle, il avait produit et dirigé avec un certain
succès Impressions de Pelléas de Marius Constant
(1925-2004) en 2004. Il reprend sa veste de metteur en scène
pour offrir sa vision de La Calisto de Francesco Cavalli.
Tout avec trois fois rien !
c’est ainsi qu’on pourrait résumer cette production. Avec des
moyens économiques très limités, il
réussit à monter un spectacle de haute tenue. Une
leçon de théâtre dont bien des grandes maisons
devraient s’inspirer. Dans un ancien bâtiment industriel
transformé en théâtre grâce à une
trentaine de gradins aux sièges étroits et
inconfortables faisant face à un mur de béton
entouré de galeries métalliques, cette salle
s’avère aussi chaleureuse que le réfectoire d’une
prison au cinéma. Avec pour tout décor, quelques lits
de camp et deux WC de chantier, il faut une belle dose de talent pour
faire oublier la tristesse et la (pour le moins)
sobriété du dispositif scénique. À ce
défi, Alain Perroux répond avec une formidable
énergie projetant ses acteurs dans la plus distrayante des
aventures. Séducteur impénitent, Jupiter use d’un
subterfuge pour séduire Calisto, l’innocente nymphe. Madame
Jupiter, Junon, s’en offusque et transforme l’innocente en ourse.
Jupiter repentant lui accordera l’immortalité en la changeant
enfin en étoile. Saisissant l’aspect coquin et
débridé de cette comédie, le metteur en
scène ne laisse pas un seul instant de pause à
l’action. Les personnages jaillissent et disparaissent de la
scène comme par enchantement. Ils sortent par une porte,
entrent par une autre, s’évanouissent dans les toilettes pour
réapparaître sur les galeries. Un ballet
débridé auquel Cavalli offre sa musique à
d’inattendues et amusantes chorégraphies rock’n roll
(Véronika Reithmeier).
Vocalement, cette production
jouit d’une distribution remarquablement bien choisie. À
commencer par la soprano Brigitte Fournier (Calisto) dont
l’interprétation du rôle-titre est chargée d’une
tendresse naïve désarmante. Se lovant dans les
complaintes de son personnage avec une telle aisance dans le
phrasé, une si belle intelligence vocale et un timbre si plein
d’émotion, on se demande comment la soprano valaisanne n’a pas
exploré la musique baroque plus tôt dans sa
carrière. À ses côtés, le talent
pétillant de loufoquerie du ténor genevois Emiliano
Gonzalez Toro (Lymphée) fait mouche. Irrésistible dans
ses habits de nonne, il domine sa partition avec un brio peu commun
et un abattage vocal époustouflant.
Contrastant d’avec les humains
de l’intrigue (leurs costumes du XVIIIe siècle contrastant
avec les jeans et baskets), les dieux abordent leur rôle avec
un langage vocal plus porté vers un phrasé presque
belcantiste. À ce jeu, si Philippe Cantor (Jupiter) et Simon
Jaunin (Mercure) sont très convaincants, Marie Lodygensky
(Diane) manque quelque peu de couleurs dans la voix. Quant à
Bénédicte Tauran (Junon), elle tend souvent à
oublier son personnage pour favoriser son chant qui, s’il est correct
et d’une grande justesse, manque de charisme et
d’expressivité.
Postés sur le
côté du plateau, les cinq membres de l’Ensemble Gli
Angeli Genève fournissent un accompagnement solide. Relookant
certaines mélodies sur l’orgue ou des claviers
électroniques, cette note musicale (inhabituelle) sera
jugée hérétique par les « baroqueux »
purs et durs. Ce serait oublier l’aspect populaire de l’opéra
baroque. Ces rythmes rock, jazz et blues reflètent
parfaitement l’esprit du divertissement qui ressort des opéra
semi-seria de cette époque."
- Tamworth - Middleton Hall
- près Birmingham - 15 juillet 2005 - Lichfield
Arts Festival - version Leppard - dir. Ben Kennedy - avec Byron
Jackson (Giove)
- Munich - Bayerische
Staatsoper - 9, 14, 17, 20, 25, 28 mai 2005 - Munich - Opern Festspiele - 22, 26
juillet 2005 - dir. Christopher Moulds - mise en scène
David Alden - décors Paul Steinberg - costumes Buki Shiff -
lumières Pat Collins - édition critique du
musicologue espagnol Alvarao Torrente - avec Umberto Chiummo
(Giove), Martin Gantner (Mercurio), Sally Matthews (Calisto),
Lawrence Zazzo (Endimione), Monica Bacelli (Il Destino / Diana /
Furie), Guy De Mey (Linfea), Dominique Visse (La Natura / Il
Satirino / Furie), Kobie van Rensburg (Pane), Clive Bayley
(Silvano), Véronique Gens (L'Eternità / Giunone) -
nouvelle production

- Hanovre - 21
février 2005 et cinq représentations - version
Leppard
- Stavanger - 6,
7, 8, 22 février 2005 - version Leppard
- Eisenach - Landestheater
- 27 novembre 2004 - version Leppard - mise en
scène Andreas Baesler, Bettina Lell - avec Bernhard Leube
(Pan)
- Baltimore - Theatre
Project - 3, 4 septembre 2004 - avec Bonnie McNaughton,
Ryan de Ryke, Brandon Miller, Kristen Dubenion-Smith, Ilah
Raleigh, Robert Maaril, Peter Thoresen, Scott Elliott, Ben Park,
Emily Noël
- Birmingham - Crescent
Theatre - 4, 5, 6 mars 2004 - version Leppard -
Conservatoire de Birmingham - dir. Jeffrey Skidmore - mise en
scène Michael Ruta Moxham - avec Hannah Perrins (Calisto),
Anders Östberg (Giove), David Manford (Linfea), Katherina
Horton (Diana), Emma Pierce (Satirino)
- Boston - Cutler Majestic
Theatre - 23, 25 janvier 2004 - New England
Conservatory (NEC) Opera Theater - dir. Christopher Larkin - mise
en scène Marc Astafan
- Luxembourg - Grand
Théâtre - 11, 13, 15 octobre 2003 - dir.
René Jacobs -
- Vienne - Wiener Festwochen
- Theater an der Wien - 12, 14,
16 et 18 mai 2003 - Concerto Vocale - Choro di Menti Celesti -
dir. René Jacobs - mise en scène Dagmar Pischel,
d'après Herbert Wernicke - avec Cinzia Forte (Calisto,
Eternita), Malena Ernman (Diana, Destino), Sonia Theodoridou
(Giunone), Marcello Lippi (Giove), Graham Pushee (Endimione),
Dominique Visse (Satirino, Natura), Hans-Peter Kammerer
(Mercurio), Gilles Ragon (Linfea), Henry Waddington (Silvano),
Jean-Paul Fouchécourt (Natura, Pane), Henry Waddington
(Silvano)
- Université de
Princeton - janvier 2003 - Princeton University Opera
Workshop - dir. Michael Pratt
- Berlin - Staatsoper
Unter den Linden - 29, 30 juin ,
3, 5 et 6 juillet 2002 - Concerto Vocale - dir. René Jacobs
- mise en scène, décors, costumes Herbert Wernicke -
avec Rosemary Joshua (Calisto), Sonia Theodoridou (Giunone),
Olivier Lallouette (Giove), Louise Winter (Diana), Hans Peter
Kammerer (Mercurio), Bernard Loonen (Linfea), Barry Banks (Pane),
Antonio Abete (Silvano), Graham Pushee (Endimione), Dominique
Visse (Satirino, Furie)
- Forum Opéra - 3 juillet 2002 -
entretien avec Rosemary Joshua
http://www.forumopera.com/actu/joshua.htm
- Depaul University - Old
Music Hall - Chicago - 2, 4
novembre 2001
- Gelsenkirchen - Kleinen Haus des Musiktheaters
(Allemagne) - 22 septembre 2001 -
nouvelle production - dir. Samuel Bächli - mise en
scène Andreas Baesler - décors Hermann Feuchter -
costumes Susanne Hubrich - dramaturgie Wiebke Hetmanek - Membres
du Neuen Philarmonie Westfalen - direction, chitarrone et guitare
baroque André Henrich - avec Sabine Detmer (Furie), Joachim
Gabriel Maaß (Giove), Nyle P Wolfe (Mercurio), Claudia Braun
(Calisto), Mark Adler (Endimione), Noriko Ogawa-Yatake (Diana),
Burkhard Fritz (Linfea), Elise Kaufman (Satirino), Si Jae Lee
(Pane), Jerzy Kwika (Silvano), Anna Agathonos (Giunone)



- San Francisco - Cowell
Theater - avril 2001 - dir. Thor Wedow - mise en
scène Richard Harrell - décors et costumes John
Coyne - avec Suzanne Ramo (Calisto), Twyla Robinson (Giunone),
Katia Escalera (Diana)
- Wurzburg - 9,
11, 16, 18 mars 2001 - version Leppard
- Berlin - Staatsoper Unter
den Linden - 17, 19, 21, 23, 25 juin 2000 - Concerto Vocale - dir. René Jacobs - mise
en scène, décors, costumes Herbert Wernicke -
décors et costumes Albert Puhlmann - avec Maria Bayo
(Calisto), Iris Vermillion (Giunone), Marcello Lippi (Giove),
Sarah Fulgoni (Diana, Destino), Hans Peter Kammerer (Mercurio),
Stephen Cole (Linfea), Barry Banks (Pane), Antonio Abete
(Silvano), Graham Pushee (Endimione), Dominique Visse (Satirino,
Furie), Robin Tyson (Furie)
- Bay Area Summer Opera
Theater Institute - 2000 - mise en scène Yefim
Maizel
- California State
University - 28, 30 avril 2000
- California Institute of
the Arts - 17, 18 mars 2000
- Université de
Madison - Wisconsin - 25, 27 mars 1999 - UW Chamber
Orchestra - dir. David E. Becker - avec les chanteurs de
l'Université
- Opéra de Lyon
- 23, 25, 27, 29 mars 1999 -
Opéra-Berlioz de
Montpellier - 25, 27 avril 1999 -
reprise de la production du Théâtre de la Monnaie -
Concerto Vocale - dir. René Jacobs - mise en scène,
décors, costumes Herbert Wernicke - décors et
costumes Albert Puhlmann - avec Maria Bayo (Calisto,
l’Eternité), Marcello Lippi (Jupiter), Marcel Boone
(Mercure), Graham Pushee (Endymion), Sara Fulgoni (Diane, le
Destin), Bernard Loonen (Lymphée), Dominique Visse (une
Furie, un jeune Satire), William Matteuzzi (Pan, la Nature), Brian
Bannatyne-Scott (Sylvain), Sonia Theodoridu (Junon), Robin Tyson
(une Furie)
"La Calisto est
présentée ici dans la célèbre
production du Théâtre Royal de la Monnaie de
Bruxelles. En 1993, la création de cette oeuvre de Cavalli
avait produit le même état de grâce que l’Atys
de Lully à Paris : on accourut de l’Europe entière
pour découvrir cette féerie placée sous
l’égide des Métamorphoses d’Ovide. Maria Bayo,
subtile, vibrante, sensuelle est la nymphe Calisto. Bonne
comédienne, ses vocalises sont à la fois
articulées et fluides, son timbre projette sans
problème, même du fond de la scène : elle
irradie tout simplement la salle. Zeus, sur une idée de
Mercure, se métamorphose en Diane dont il prend
également l’aspect vocal. Le baryton se mue en
mezzo-soprano. Marcello Lippi réussit bien sûr avec
brio à tenir les deux voix, sans se ménager dans le
registre aigu où il déploie une certaine puissance.
Ce rôle, de par cette transformation vocale, est typique de
toute l’époque baroque qui joue à plusieurs niveaux
sur la forme et ses travestissements, ses artifices. C’est dans
cette voix de falsetto, ou voce finta, qu’il jouera parmi les plus
beaux airs de la partition...L’incroyable Dominique Visse,
chanteur, acrobate, mime était inoubliable en jeune satyre.
Ces personnages de commedia del’arte sont sa
spécialité, et on avait déjà pu
l’admirer dans L’Argia de Cesti dirigée par René
Jacobs (spectacle qui devrait passer au Théâtre des
Champs Elysées à l’automne 1999). Pour ce qui est de
l’autre countertenor Graham Pushee, si son médium est
à la fois clair et étranglé, son timbre
puissant ne l’empêche pas d’être musicien et de
parfaitement coller à la nature mélancolique et
lunaire d’Endymion.
La mise en scène met
en relief l’aspect ludique que l’on peut trouver dans cette
oeuvre, sans étouffer le théâtre. Entre
trappes, fuites et soutes ; cieux et apparitions favorisaient un
jeu d’une grande invention. Le décor clos, figurant une
ancienne cartographie des constellations permettait tous ces
artifices de l’envers mouvant du monde travesti. Les
lumières participaient très habilement au
découpage des scènes et à la
compréhension dramatique. L’orchestre du Concerto Vocale de
René Jacobs est une fois de plus exceptionnel : les cornets
improvisateurs et incroyablement virtuoses de Jean Tubery et
William Dongois sont proprement époustouflants, dans le
continuo efficace, profond et haut en couleur, on remarquera la
viole poétique du fameux Juan Manuel Quintana et, par
moment, le clavecin habile de René Jacobs lui-même.
L’anagogie musicale de cette époque se plie au rythme du
texte poétique, et c’est avec un grand sens de la diction
que les continuistes soulignent tel ou tel accent. Avec un grand
bonheur, le livret de Giovanni Faustini est émaillé,
comme à l’époque, de musiques de Maurizio Cazzati,
Antonio Cesti, Tarquino Merula, Johann Heinrich Schmelzer, Biagio
Marini, Adam Krieger et Marco Uccelini que font résonner le
concerto d’istromenti que forment les archiluth, violons, lirone,
dulcian, flûtes, cornets, harpe et autre guitare baroque.
Cet habillage, aussi rutilant que les magnifiques costumes des
acteurs, n’altère en rien l’équilibre idéal
entre récitatif et arioso du pur chef d’oeuvre de Cavalli.
Par la grande qualité de toutes les composantes de ce
spectacle, c’était bien un véritable
événement qu’offrait l’Opéra de Lyon."
(ConcertoNet)
- 1er Festival de
Pentecôte de Salzbourg - Kammeroper - 30 mai, 1er
juin 1998 - reprise de la production de 1993 - avec Maria
Bayo (Calisto), Sara Fulgoni (Diana)
- Vienne -
Kammeroper - 27 avril 1998 - dir. Dieter Kempe - mise
en scène Karoline Gruber - décors et costumes Gilles
Gubelmann - avec Arona Bogdan (Calisto), Alexander Plust
(Endimione), Maxim Mikhailov (Giove), Dagmar Hesse (Giunone),
Michelle Breedt (Diana), Dietmar Kirschbaum (Linfea), Lorena
Espina (Natura, Satirino), Klaus Kutter Mercurio)
- Barcelone -
Théâtre National de Catalogne de Barcelone
- janvier 1998 - reprise de la production de 1993
- BBC - Radio 3 -
23 mars, 26 avril, 16 août 1997
- Boston - Massachusetts
- 17, 18, 19, 20 avril 1997
- Londres - Guildhall School
- 1996 - dir. Nikolas Kok - mise en scène Jamie
Vartan - avec Marie Birve (Calisto), William Purefoy (Endimione),
Panito Iconomou (Giove), Emer McGilloway (Giunone), Magdalena
Bränland (Diana), Christopher Saunders (Pane), Lyubov
Cuchrova (Satirino)
- Cooperstown (Etats Unis)
- Glimmerglass Opera - août 1996 - Festival
Season - dir. Jane Glover - mise en scène Simon Callows -
décors John Conklin - costumes Gabriel Berry -
lumières Mark McCullough - avec Steven Tharp (La Natura,
Pane), Karen Early Evans (L'Eternita), Megan Dey Toth (Il
Destino), Bernard Deletré (Giove), Eugene Perry (Mercurio),
Lisa Saffer (Calisto), Christine Abraham (Diana, Giove
déguisé en Diana), Drew Minter (Endimione), Elaine
Bonazzi (Linfea), David A. Walker (Il Satirino), Victor Benedetti
(en remplacement de Daniel Britt) (Silvano), Christine Goerke
(Giunone), Karen Early Evans, Megan Dey Toth (Le Furie)
- Bruxelles -
Théâtre Royal de la Monnaie - 5, 6, 7, 9,
10, 12, 13, 14, 16, 17, 19, 20 mars 1996 - avec Concerto Vocale -
dir. René Jacobs - mise en scène Herbert Wernicke -
dramaturgie Albrecht Puhlmann - lumières Robert Brasseur -
avec Maria Bayo / Rosemary Joshua (Eternita, Calisto), Sonia
Theodoridou (Giunone), Marcello Lippi / Olivier Lallouette
(Giove), Louise Winter / Phyllis Pancela (Destino, Diana), Barry
Banks / Toby Spence (Natura, Pane), Reinhard Dorn (Silvano),
Graham Pushee / Brian Asawa (Endimione), Dominique Visse
(Satirino, Furie), Hans Peter Kammerer (Mercurio), Alexander
Oliver (Linfea), Robin Tysan (Furie)

- Berlin - Deutsche
Staatsoper Unter den Linden - 11, 13, 15, 17 et 18
février 1996 - Concerto Vocale - dir. René Jacobs -
mise en scène Herbert Wernicke - dramaturgie Albrecht
Puhlmann - lumières Robert Brasseur - avec Maria Bayo
(Eternita, Calisto), Sonia Theodoridou (Giunone), Marcello Lippi
(Giove), Louise Winter (Destino, Diana), Barry Banks (Natura,
Pane), Reinhard Dorn (Silvano), Graham Pushee (Endimione),
Dominique Visse (Satirino, Furie), Hans Peter Kammerer (Mercurio),
Gilles Ragon (Linfea), Robin Tysan (Furie)
- Berlin - Hebbel Theater
- 9 juillet 1995 (et cinq autres
représentations) - Orchester der Berliner Kammeroper - dir.
Brynmor Jones - mise en scène Henry Akina - décors
Christoph Rasche - costumes Gabriele Sailer - lumières
Karsten Krause - avec Carola Bambas, Antje Herzog, Maike
Pansegrau, Susan Long-Salustri, Renate Wicke, Willem Aless, Bernd
Gebhardt, Peter Savidge, Albrecht Süß, John Sweeney
- BBC Radio 3 -
23 octobre 1994
- Winterthur - Theater am
Stadtgarten - 23, 24, 26 juin 1994
- Towson - Maryland
- 15, 16 avril 1994
- Festival de Batignano
- 1994 - dir. Robert Dean - mise en scène Janine
Wunsche - décors et costumes Alice Purcell - avec Maria
Vassilova (Calisto), David Cordier (Endimione), Simon Wilding
(Giove), Linda Lee (Giunone), Faye Hogg (Eternita), Alison
Kettlewell (Diana), Marylouise Aitkin (Destino), Richard Sweden
(Linfea, Natura), Andrew Morris (Pane), Mark Oldfiled (Mercurio),
Roman Wills (Silvano)
- Aix en Provence - Aix en
Musique - Lycée Campra - 3, 5, 7 juillet 1993 -
dir. Alain Aubin - avec Lopez, Cheriez, Alain Aubin
(contre-ténor), Vendassi, Bergé, Quercia, Marc
Filograsso (Linfea)
- St Paul -
Minnesota - 9, 10 avril 1993
- Bruxelles -
Théâtre Royal de la Monnaie - 1er, 2, 4, 6, 8, 9, 11 avril
1993 - création - Concerto Vocale - dir. René
Jacobs - mise en scène,
décors, costumes Herbert Wernicke - dramaturgie
Albrecht Puhlmann - lumières Robert Brasseur - avec Maria
Bayo (Calisto, Eternita), Graham Pushee (Endimione), Monica
Bacelli (Diana, Destino), Christophe Homberger (Linfea), Dominique
Visse (Satirino, Destino), David Pittsinger (Silvano), Marcello
Lippi (Giove), Simon Keenlyside (Mercurio), Reinaldo Macias
(Natura, Pane), Sonia Theodoridou (Giunone), Claudia Schubert,
Judith Vindevogel (Le Furie) - à partir du 6 avril :
Alessandra Mantovani (Diana), Dominique Visse (Destino)
"Un livret comme celui de la
Calisto permet toutes les audaces de mise en scène - et de
"mise en son" : Herbert Wernicke et René Jacobs les ont toutes
eues. Le spectacle qu'ils nous ont offert fut irrésistible de
vie autant que de recherche musicale. Les deux compères ont su
rendre justice à la poésie, l'humour, la truculence et
même la paillardise que contient le livret...Jacobs offre un
continuo opulent et tonique, constamment inventif, et un ensemble
orchestral coloré. Chose étrange, on remarque en
revanche l'absence d'un choeur, prévu à l'origine...
Comme toujours, Jacobs a emprunté à des contemporains
de Cavalli les pièces instrumentales mentionnées dans
le livret mais absentes de la partition, deux chaconnes
notamment...Le chef a recherché l'efficacité et la
pertinence dramatique par une redistribution des tessitures ainsi que
par des transpositions multiples qui ont pu surprendre : Linfea est
ténor, le Satyre, alto masculin, et surtout Jupiter, tour
à tour baryton et... falsettiste. L'effet est en tout cas
détonant, et les ébats des uns et des autres plus
sulfureux que jamais. Le décor, imposant, est une superbe
reproduction du plafond de la "sala del Mappomondo" du Palazzo
Farnese à Caprarola (Viterbe), où figurent dieux et
allégories des constellations. La truculence, la
mobilité et l'entrain endiablé de la direction
d'acteurs sont dès lors remarquables dans œt univers aux
entrées et aux sorties multiples et inattendues...Christophe
Homberger n'est guère à son meilleur vocalement, Graham
Pushee (Endimione) est sensible et sonore en Pierrot astronome,
Reinaldo Macias (Pane, Natura) peine parfois dans des tessitures de
ténors aigus, Simon Keenlyside (Mercurio) fatigue en
dépit d'un très beau timbre de baryton et Monica
Bacelli (Diana, Destino) engorge sa voix, mais tous s'investissent
avec conviction dans leurs rôles, et font preuve d'une grande
maîtrise du parlar cantando. Ils rejoignent dès lors au
firmament une Junon survoltée et impressionnante même si
la voix est petite (Sonia Theodoridou), un Silvano excellent (David
Pittsinger), ou surtout la Calisto d'une Maria Bayo rayonnante,
fraîche mais très sonore de timbre, et presque
débarrassée de sa timidité." (Opéra
International - juin 1993)
- St Paul - Minnesota
- 10, 12 décembre 1992
- La Haye - Kees van
Baarenzaal - 1992 - Koninklijk Conservatorium - Baroque
ensemble of the Royal Conservatoire - dir. Kenneth Montgomery -
mise en scène Javier López Piñón -
costumes Ferry Smidt - décors et lumières Henk
Kraayenzank - avec Sheila van Reenen, Astrid Vrenzen, Frank van
Aken, Nanco de Vries, Susan van der Kroft
- Theater am Haverkamp -
Munster - Allemagne - 24 mars 1990
- Opéra de Santa
Fé - 1, 5, 7, 14 juillet, 5, 10, 16, 25
août 1989 - version Raymond Leppard - dir. Justin Brown -
mise en scène John Cox - décors et costumes Robert
Perdziola - lumières Craig Miller - avec Janice Hall
(Calisto), Katherine Ciesinski (juillet) / Tatiana Troyanos
(août) (Diana), Kevin Langan (Giove), Mikael Melby
(Mercurio), Drew Minter (Endimione), Brian Jauhiainen (Pan), John
Fryatt (Linfea), Joanne Kolomyjec (Giunone), Kathryn Gamberoni
(Satirino), Sally Wolf (Eternita)
- Cleveland - Kulas Hall -
Cleveland Institute of Music - 5, 6, 11 et 13
août 1988 - version Raymond Leppard - dir. Crout - mise en
scène Michael McConnell - avec Leszczuk, Peterson, A.
White, Nicholson, Briggle
- Vicenza - Teatro
Olimpico - 5 juillet 1988 - trois
représentations - Sonatori de la Gioiosa Marca - dir. Bruno
Moretti - mise en scène Gerardo Vignoli - costumes Pasquale
Grossi - avec Michele Pertusi (Giove), Francesco Piccoli
(Mercurio), Maria Pia Piscitelli (Calisto), Claudia Nicole Bandera
(Natura, Endimione), Alessandra Mantovani (Diana), Rosa Maria
Orani (Giunone, Furia), Caterina Trogu-Röhrich (Linfea,
Furia, Eco), Vincenzo Manno (Pane), Silvia Da Ros (Eternita,
Satirino, Furia), Fernanda Frongia (Destino), Renzo Rovedi
(Silvano) - réalisation et révision du manucrit par
Bruno Moretti

"La légende de la jeune
nymphe devient ici un jeu de l'amour et du hasard, plein
d'espièglerie où les aventures de Diane et d'Endymion
se superposent à l'intrigue principale dans un
chassé-croisé de déguisements...L'ouvrage
était présenté dans une édition conforme
au manuscrit original, établie par Bruno Moretti, chef
principal des Sonatori de la Gioiosa Marca."
- Eastman Opera
Theatre - 1987 - mise en scène Richard
Pearlman
- Hagen - Allemagne
- 13 septembre 1986
- University of Tennessee,
Knoxville - 2, 3 mai 1985 - avec Kenneth Bohannon
(Endimione)
- Londres - Opera Factory
- 1984 - 1986 - 1989 - dir. Paul Daniel - mise en
scène David Freeman - avec Janis Kelly (Calisto),
Christopher Robson (Endimione), Tom McDonnell (Giove), Marie Angel
(Giunone), Christine Botes (Diana), Philip Doghan (Linfea), Nigel
Robson (Pane), Omar Ebrahim (Mercurio), Lesley Stephenson
(Satirino)
- Houston - Opera Studio
- 11 mai 1984
- Hambourg - 12,
14, 31 janvier, 2, 4 février 1984
- Milwaukee - 25,
27, 29, 31 janvier, 1er, 3, 5, 7, 8, 10, 11, 2 février
1984
- Oslo - Kunstentret
Hovikodden - 16 décembre 1983
- Londres - Royal College of
Music - 28, 29 octobre 1983
- Opera House, Heidelberg
- 20 mars 1983
- Syracuse - Crouse College
- État de New York - 8, 9 février
1980
- Augsburg - Stadttheater
- 27 avril 1978
- Hanovre - 18,
20, 21 août 1977
- Festival de Schwetzingen
- 1975 - Deutsche
Berlin Oper - 1975 - dir.
Jesus Lopez-Cobos - mise en scène Winfried Bauerfeind -
décors et costumes Jorge Castillo - avec William Dooley
(Giove), Barry McDaniel (Mercurio), Lucy Peacock (Calisto), David
Knutson (Linfea), Patricia Johnson
- Festival de
Glyndebourne - 1974 - dir. Raymond Leppard - mise en
scène Peter Hall / P. Libby - décors et costumes
John Bury - avec Barbara Hendricks (Calisto), Anne Howells
(Diana), James Bowman (Endimione), John Fryatt (Mercurio), Ugo
Trama (Giove, Pane), Federico Davia (Pane), Hugues Cuénod
(Linfea), Janet Jacques (Giunone), P. Greig / M. Bowen (Destino),
Cynthia Buchan (Natura), Janet Hugues (Satirino), John Tomlinson
(Silvano), L. E. Gray / J. Crowe (Eternita), Isla Brodie
(Furia)
- Université de
Cincinnati - 1972
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 31 août 1972
- Orchestre de chambre de la RTB - The Glyndebourne Chorus - dir.
Raymond Leppard - mise en scène Peter Hall - décors
et costumes John Bury - lumières Robert Bryan - avec
Annabel Hunt (Eternita), Marjorie Biggar (Natura), Penelope MacKay
(Destino), Ugo Trama (Giove), Alan Charles (Mercurio), Jill Gomez
(Calisto), James Bowman (Endimione), Delia Wallis (Diana), Hugues
Cuenod (Linfea), Janet Hughes (Satirino), Simon Estes (Pane),
Gavin Walton (Silvano), Irmgard Stadler (Giunone), Isla Brodie
(Echo) - production Festival van Vlaanderen, Glyndebourne Festival
- Festival de
Glyndebourne - 1971 - dir. Raymond Leppard - mise en
scène Peter Hall - décors et costumes John Bury -
avec Ileana Cotrubas (Calisto), Janet Baker (Diana), James Bowman
(Endimione), Peter Gottlieb (Mercurio), Ugo Trama (Giove),
Federico Davia (Pane), Hugues Cuénod (Linfea), Teresa
Kubiak (Giunone), Enid Hartle (Eternita), Teresa Cahill (Destino),
Marjorie Biggar (Natura), Janet Hugues (Satirino), Owen Brannigan
(Silvano)


http://www.youtube.com/watch?v=z0XDBp8VBnk
- Festival de
Glyndebourne - 26 mai 1970 - Festival Opera Chorus
& London Philharmonic Orchestra - dir. Raymond Leppard - mise
en scène Peter Hall - décors et costumes John Bury -
avec Ileana Cotrubas, soprano (Calisto), Janet Baker, soprano
(Diana), James Bowman, contre-ténor (Endimione), Peter
Gottlieb, ténor (Mercurio), Ugo Trama, basse (Giove),
Federico Davia (Pane), Hugues Cuénod (Linfea), Irmgard
Stadler, soprano (Giunone), Margaret Lensky (Eternita), Louise
Lebrun (Destino), Enid Hartle (Natura), Janet Hugues, soprano
(Satirino), Owen Brannigan, basse (Silvano)
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