GIASONE

COMPOSITEUR

Pier Francesco CAVALLI
LIBRETTISTE

Giacinto Andrea Cicognini

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
ÉDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DÉTAILLÉE
1930

Élie Cohen
Columbia
1 (extraits)
italien
1988
1988
René Jacobs
Harmonia Mundi
3
italien
2010
2012
Federico Maria Sardelli
Dynamic
3
italien

Drama musicale, sur un livret en un prologue et trois actes de Giacinto Andrea Cicognini, adapté des Argonautiques d'Apollonius Rhodius, et dédié All'Illustriss. e Reverendiss. Sig. Abbate Vittorio Grimani Calergi.

(*) Giacinto Andrea Cicognini, né à Florence en 1606, fils du poète et dramaturge florentin Jacopo Cicognini. Il émigra à Venise où il se consacra à la littérature (surtout des comédies) et au théâtre, et où il mourut vers 1660.

Première représentation au Teatro San Cassiano, à Venise, le 5 janvier 1649, suivie de dix-sept autres à Venise, puis d'une vingtaine dans plusieurs villes d'Italie : à Florence et Milan en 1649, à Lucques en 1650, à Bologne et Naples en 1651, à Plaisance en 1655, à Livourne en 1656, à Brescia en 1657, à Vicence en 1658, à Ferrare et Viterbe en 1659, à Milan et Valletri en 1660, à Gênes et Naples en 1661, à Pérouge en 1663, à Ancône et Viterbe en 1665, au San Cassiano de Venise en 1666, à Brescia et Naples en 1667, à Reggio Emilia en 1668 , à Rome en 1671 sous le nom de Novello Giasone, dans une adaptation de Stradella, à Naples en 1672, à Bologne en 1673 , à Rome en 1676, à Gênes en 1681 sous le nom de Il Trionfo d'Amor delle vendette, à Gênes en 1685, à Brescia en 1690 sous le nom de Medea in Colco.

Giasone fut l'opéra italien le plus représenté au XVIIe siècle (on a recensé 25 productions jusqu'en 1681), et il en existe une douzaine de manuscrits différents (mais pas celui de la première représentation), notamment ceux de Venise (Biblioteca Marciana - collection Contarini), de Vienne et d'Oxford. L'orchestration y est réduite à trois parties : deux violons et continuo.

En 1666, l'opéra fut remanié et Alessandro Stradella lui ajouta un prologue et trois airs, sur des textes de Giovanni Filippo Apolloni et Filippo Acciaiuoli . Ainsi modifié, il fut présenté à Venise, au théâtre Tron di San Cassiano, puis à nouveau dans divers lieux, dont le Teatro Nuovo di Roma in Tordinona, en 1671. Le livret correspondant fut édité par Camillo Bortoli, et dédicacé à Benetto Zorzi, Giacomo Celsi et Carlo Andrea Tron, protecteurs du théâtre. Il prévoyait un ballet à la fin des actes I (Ballo di Spiriti), et II (Ballo de' Marinari).

En 1883,  Robert Eitner (1832 - 1905) réalisa une édition de l'acte I de Giasone.

En 1930, deux extraits furent enregistrés par Columbia sur un disque 78 tours. Madeleine Leymo, soprano de l'Opéra Comique chantait l'Invocation de Médée et la Scène du Sommeil, dans un arrangement de Henry Prunières, accompagnée par l'Orchestre de l'Opéra Comique, dirigé par Elie Cohen.

 

"L'ouvrage lyrique le plus célèbre du XVIIe siècle. Il y règne une atmosphère tragique mêlée d'un indéniable cynisme, et l'écriture de Cavalli atteint une puissance d'évocation souvent des plus étonnantes" (Diapason - avril 1995).

"L'intrigue s'inspire de la légende des Argonautes, en s'attachant en particulier aux amours de Jason et de Médée. Le texte est plutôt médiocre, mais assez représentatif du goût mélodramatique du XVIIe siècle. Les épisodes inutiles et dénués de sens sont nombreux, les traits d'esprit souvent vulgaires. Le finale est très gai et s'éloigne du dénouement traditionnel de la légende. Jason épouse Hypsipyle, reine de Lemnos, et calme ainsi la colère de Jupiter, tandis que Médée, reine de Colchide, revient à un ancien soupirant qu'elle avait abandonné et méprisé mais qui, depuis, l'avait sauvée de la mort." (Dictionnaire chronologique des opéras - Le Livre de Poche)

 

Personnages : Giasone, chef des Argonautes (alto) ; Medea, reine de Colchide (soprano) ; Isifile, reine de Lenno (soprano) ; Ercole, un des Argonautes (basse) ; Besso, capitaine de la garde de Jason (basse) ; Egeo, roi d'Athènes (ténor) ; Oreste, confident d'Isifile (basse) ; Demo, serviteur (ténor) ; Delfa, nourrice (alto) ; Alinda, dame (soprano) ; Rosmina, jardinière (soprano) ; Giove (basse) ; Eolo (alto) ; Zeffiro (soprano) ; Volano, esprit (ténor)

 

Synopsis détaillé

Prologue

C'est aujourd'hui que Jason, chef des Argonautes, va vaincre la Toison d'or et épouser Médée, le destin le veut d'ailleurs ainsi. Apollon triomphe, il est fier d'être un ancêtre de cette demi-déesse ! Mais Cupidon, Dieu de l'Amour, faute d'avoir été consulté, dit-il, avait uni Jason à la reine Hypsipyle depuis longtemps déjà. Les dieux se préparent à une franche dispute.

Acte I

Les jardins du château, à Colchide

La toison d'or du bélier est consacrée à Jupiter et gardée par un monstre dans le château de Médée. Mais Jason peut-il prendre le risque de conquérir cette bête ? Après une année d'amour sur l'île de Lemnos où il devint époux de la reine Hypsipyle et père de jumeaux, puis une seconde année dans ce château de Colchide avec une femme inconnue qui engendra également des jumeaux, notre héros s'est ramolli. L'Argonaute Hercule se plaint et le capitaine Besso déplore la destinée infligée à Jason. alors que le maître insouciant chante des louanges aux plaisirs de l'amour.

Médée quitte son ancien amant Égée, noble roi d'Athènes. Désespéré, celui-ci la prie de lui transpercer le coeur mais elle se moque de lui. Arrive Oreste chargé par la pauvre Hypsipyle de s'informer sur Jason. Il apprend par le serviteur d'Égée, Demo - un nain, bossu et bègue - que Jason est amoureux d'une nouvelle femme.

Delfa, la fidèle et dévouée nourrice de Médée, conseille à celle-ci d'épouser Jason dès maintenant afin d'épargner à ses fils le déshonneur de grandir comme enfants naturels si leur père venait à mourir aujourd'hui à la bataille. Aussi Médée se présente-t-elle à la tente de Jason comme visiteur nocturne ; tranportés de joie, ils échangent leurs voeux de mariage. Survient Hypsipyle qui cherche refuge : une révolution l'a contrainte de fuir Lemnos. Esseulée et démunie, elle espère obtenir des nouvelles de Jason.

La sorcière Médée invoque Volano, démon de l'Enfer ; il lui apporte une bague qui fait recouvrir à Jason sa puissance de jadis.

Acte II

Oreste trouve sa maîtresse endormie. Il tente de l'embrasser mais elle se réveille - simplement pour apprendre l'inconstance de Jason ! Hypsipyle s'effondre de désespoir.

La cour du monstre

La bague magique redonne pouvoir àJason. Il s'empare de la toison; les Argonautes s'enfuient vers leur navire, Médée les suit. Egée - qui vient de s'apercevoir que son rival est Jason - prend avec Demo un petit bateau pour le poursuivre.

La Grotte d'Eole

Jupiter prie le Dieu du vent de couler l'Argo pour venger le vol de l'objet sacré. Mais Eole, par la ruse de Cupidon. fair revenir ie navire vers Hypsipyle.

Au port

Hypsipyle réclame à Jason son retour mais il prétend qu'elle est folle. Le bateau de Demo a coulé ; Oreste ramène le serviteur - plutôt mort que vivant- vers le rivage. Besso tombe amoureux de la suivante d'Hypsipyle, la joyeuse Alinda, qui accepte volontiers sa proposition ; leur duo dans le genre "Faites l'amour, pas la guerre" constitue le final de l'acte II.

Acte III

Dans une forêt

Hypsipyle réclame le retour de Jason qui fait mine de le lui concéder. Apprenant cette nouvelle, Médée lui ordonne de tuer sa rivale, et Jason répond qu'il en chargera Besso. Il lui confie une phrase secrète : quiconque arrivera en prononçant ces mots sera immédiatement noyé. Il envoie alors Hypsipyle innocente, pourvue de la phrase, auprès du capitaine. Mais elle est retardée pour avoir d'abord allaité ses bébés. Folle d'impatience, Médée demande à Besso si l'ordre de Jason a été exécuté. Or, cette question est malheureusement la phrase fatale et Médée est jetée à la mer. Égée entend ses cns et la sauve ; en signe de reconnaissance, elle accepte de devenir son épouse.

Jason est désespéré : tout a mal tourné. Hypsipyle, qui l'aime, refuse de continuer à vivre dans l'angoisse de le rendre malheureux et lui demande de la tuer, en ne sauvant que ses seins pour nourrir encore une fois ses bébés. Honteux et touché par son émouvant lamento, Jason sent renaître son amour pour elle.

Ainsi s'achève l'opéra, par le bonheur de trois couples.

 (livret Harmonia Mundi) 

 

http://www.librettidopera.it/giasone/giasone.html

 

Représentations :

 

 

 

 

"Première reprise, dans les temps modernes, du Giasone de Cavalli avec les ajouts d'Alessandro Stradella. Après sa création vénitienne en 1649, l'ouvrage devient rapidement l'un des plus populaires de son temps. Le 24 janvier 1671, pour une représentation au Teatro Tordinona de Rome, Giuseppe Apolloni et Filippo Acciaiuoli retravaillent le livret original de Cicognini, revisitant le mythe avec beaucoup d'imagination. Stradella s'attelle, pour sa part, à la partie musicale. il supprime le choeur, adapte ou réécrit complètement les lignes vocales (Giasone, castrat à l'origine, échoit à un baryton), intègre de nouvelles pages (notamment des ballets-pantomimes et un intermezzo buffo), l'ouvrage s'appelant désormais « Il novello Gimone ».

A la tête de l'ensemble baroque OIDI, Antonio Greco s'attache précisément à mettre en exergue les nouveautés apportées par Stradella au style général de l'opéra, joué dans l'édition critique de Nicola Usula et Marco Beghelli avec le concours de Lorenzo Bianconi). Scéniquement, les destinées de la production sont conditionnées par le choix du Teatro Verdi plutôt que la cour intérieure du Palazzo Ducale. La musique ancienne sonne évidemment très bien dans ce petit espace, mais le plateau ne dispose pas des équipements techniques nécessaires à la réalisation des effets spéciaux qui, à l'époque, soulevaient l'admiration du public. Sans merveilleux ni grand spectacle, un opéra de ce type perd forcément une part de son essence.

Les décors de Benito Leonori sont très simples. La vaste coque d'un navire sert, à la fois, de métaphore des passions et de rappel de la quête des Argonautes, tandis que les mouvements d'une grande voile sont censés compenser l'absence de «machines». Cette solution, pour le moins spartiate, n'a pas manqué de faire débat, ni de soulever de vives réserves. Le prinncipal problème, pourtant, reste la mise en scène de Juliette Deschamps, qui aurait pu raconter l'histoire avec davantage de clarté et approfondir la psychologie des personnages.

Solide, la nombreuse distribution est dominée par Roberta Mameli en Isifile, la véritable protagoniste d'Il novello Giasone. Son soprano lvrique, au médium dense et expressif, se plie aisément aux plaintes de la femme séduite puis abandonnée, ces douces cantilènes qui constituaient la marque de fabrique de Cavalli, et que Stradella s'est bien gardé de sacrifier. Quand il le faut, l'instrument sait également se plier aux exigences du chant d'agilité.

Remplaçant Daniela Dessi, blessée, Aurora Tirotta campe une Medea très crédible, face à l'efficace Giasone de Borja Quiza. L'Egeo de Mirko Guadagnini s'améliore au fil des scènes, tandis que Luigi De Donato incarne un sobre Besso. Comme dans Aureliano in Palmira, Luca Tittoto fait valoir ses qualités de timbre, Gaia Petrone offrant une intéressante voix de mezzo-soprano, au grave profond de contralto et à l'aigu facile.

Accueil très chaleureux du public, avec de nombreux rappels à la fin."

 

 

 

"Héros de la mythologie grecque et des péplums hollywoodiens, Jason fut aussi, au XVIIe siècle, l’antihéros du plus populaire des opéras vénitiens. Le livret de Giacinto Andrea Cicognini s’inspire très librement d’Apollonios de Rhodes et néglige les aventures qui ont forgé la légende du fier Argonaute pour nous révéler la duplicité d’un macho singulièrement lâche et frivole. Les reines trahies de Lemnos (Hypsipyle) et de Crète (Médée) sont en fait les véritables héroïnes de ce Giasone créé au Théâtre San Cassiano en janvier 1648 ou 1649 sur une musique de Francesco Cavalli. La fidélité et l’abnégation de la première, le pardon de la seconde et leur commune détermination esquissent une autre histoire de l’opéra, où les femmes ne sont pas interdites de bonheur et ne meurent pas tragiquement, mais forcent l’admiration et tiennent la dragée haute aux hommes. Bien sûr, Catherine Clément nous rétorquerait que cette lecture eût été impensable à l’époque, foncièrement patriarcale, et qu’elle ne peut guère expliquer le succès durable de Giasone. Du reste, des figures secondaires (Ægeus, Besso) rachètent en partie l’honneur des hommes et la tragicomédie impose un lieto fine où les couples légitimes se reforment (Médée/Æegeus ; Jason/ Hypsipyle), l’indulgence des compagnes bafouées à l’endroit de Jason autorisant des interprétations flatteuses pour son ego comme, d’ailleurs, pour celui des spectateurs qui se seraient identifiés à l’irrésistible don juan.

L’intrigue ne nous fournit pas les raisons du triomphe de cet opéra ; elles sont plutôt à rechercher dans sa construction et sa facture originales. Giasone représente un bref moment d’équilibre dans l’histoire de l’opéra : c’est en même temps le point final du processus de maturation d’un genre, écrit Ellen Rosand, et le début d’une nouvelle forme de théâtre dans lequelle, pleinement légitimée et soutenue par l’influence croissante du chanteur, la musica pourrait finalement assujettir le drama1. Grâce à l’étroite collaboration du poète et du musicien, l’air se distingue enfin clairement du récitatif et ses fonctions dramatiques se précisent, le musicien s’émancipe et ose jouer la séduction, mais sans jamais mettre en péril la balance subtile du chant et du discours. Dans Giasone, toutes les conventions du théâtre musical vénitien concourent à ce miracle rarement reproduit au cours de l’histoire de l’opéra, des airs comiques aux sommeils, en passant par les duos amoureux, qui rivalisent de volupté, les lamenti, où Cavalli demeure inégalé, ou encore l’invocation des Esprits Infernaux par Médée, d’une exceptionnelle puissance dramatique, et dans laquelle Ellen Rosand voit le prototype des scènes d’incantation à venir2. Le mélange des genres, si prisé des Vénitiens, n’est pas non plus étranger à la réussite de l’entreprise: comique, tragique et surnaturel se côtoient et s’interpénètrent avec un naturel déconcertant, opposant à une galerie de personnages extrêmement typés et proches de la commedia dell’arte, unidimensionnels mais très efficaces, la figure plus dense et crédible de la reine de Lemnos, une Hypsipyle tendre et combative, dont le dernier lamento représente le climax de l’opéra.

Federico Maria Sardelli et Mariame Clément ont choisi la version de Giasone conservée dans le manuscrit de Vienne, le plus complet des neuf qui nous sont parvenus. Ils ont procédé à quelques coupures pour la réduire à des proportions acceptables par le public actuel – la jardinière Rosmina et ses deux airs passent ainsi à la trappe –, bien qu’elle dure encore près de trois heures et demie ! Ces interventions ne semblent en tout cas pas affecter sa lisibilité ni sa cohérence. Comme toutes les partitions italiennes de cette période, celle de Giasone n’offre qu’un canevas : plusieurs parties instrumentales ne sont pas notées, il manque des sinfonie et ritornelli et, pour reprendre l’image de Federico Maria Sardelli, elle nécessite un délicat travail de restauration. Devant ces lacunes, les musiciens empruntent généralement à d’autres ouvrages du même compositeur (Christophe Rousset) ou à ses contemporains (René Jacobs). Sardelli a opté pour une troisième voie, plus aventureuse: il a écrit lui-même des morceaux alla Cavalli, convaincu que ces pages s’intégreront d’autant mieux à la partition qu’elles serviront la même dramaturgie. Le chef affirme qu’il est impossible de distinguer ses ajouts de l’original cavallien. Une oreille experte pourrait sans doute le contredire, la nôtre n’a relevé aucune disparité.

Si Jason est une figure burlesque et n’a plus rien de mythique, comme le note Mariame Clément, gommer ses origines héroïques et toute référence à la mythologie constituerait un appauvrissement considérable. La tentation est grande, pourtant, car ces éléments, bien que constitutifs de l’opéra, posent un réel défi aux metteurs en scène. La réponse de Mariame Clément est plurielle et féconde : Nous avons créé une mythologie propre. Quelque chose entre le grandiose, le banal et le pitoyable. Le décor unique, entre champ de fouilles archéologiques et paysage industriel, semble au premier regard plutôt trivial avec son hangar, ses placards, ses bouches d’égout et son escalier en colimaçon, mais il se révèle très vite un formidable espace modulable, propice aux surprises en tout genre. Impossible de ne pas mentionner l’entrée de Jason, premier et mémorable tableau de l’opéra : le panneau coulissant d’un placard dévoile le bourreau des cœurs endormi, le torse nu dépassant de draps immaculés, lorsque une, deux, puis trois et bientôt six mains inconnues jaillissent du fond du lit, l’enlacent et le caresse alors qu’il chante en rêvant les délices de l’amour (« Delizie contente », un bijou dont s’est notamment éprise Cecilia Bartoli). Autre image forte, éminemment poétique: Hypsipyle apparaît dans une niche géante, telle une madone sculpturale sur fond d’azur, ses jumeaux sur les genoux. Mariame Clément assume pleinement la charge comique de Giasone et joue habilement des codes, entre clins d’œil à la machinerie baroque et dérision. Elle signe un travail inventif et coloré, ludique, rythmé et sans la moindre baisse de régime – un exploit pour un spectacle d’une telle longueur ! Bien sûr, rien n’est aussi personnel que l’humour, sinon le rapport au corps et au sexe… La scénographie suscite, dès l’entracte, des commentaires contrastés. Les héros sont fatigués mais ivres de désirs, Cicognini et Cavalli l’ont voulu ainsi, certes, d’aucuns font pourtant la moue devant Le Choc des Tétons chorégraphié par Mariame Clément: poitrail maigre et juvénile (Jason) ou charnu et velu (Ægeus), musculeux et moulé sous un maillot de footballeur américain (Hercule), obus gorgés de lait (Hypsipyle) ou seins flasques et pendants, agités comme d’improbables appâts (Delfa), c’est le triomphe de la poitrine !

Federico Maria Sardelli et Mariame Clément disposent d’un plateau idéal: les jeunes chanteurs rassemblés par le Vlaamse Opera non seulement savent jouer et se donnent sans compter, mais ils débutent également tous dans leurs rôles, un atout inestimable pour fédérer les artistes autour d’une même vision et développer un véritable esprit de troupe. Christophe Dumaux, qui ne cesse de bonifier, incarne un Giasone cabotin à souhait, à la fois séduisant et détestable, et se tire avec panache d’une tessiture périlleuse pour un contre-ténor. Tout oppose la sombre Medea de Katarina Bradic, vamp au port de reine et aux regards incendiaires, et la douce, l’aérienne Isilfe (Hypsipyle) de Robin Johannsen, si touchante dans ses lamenti. Si sa partie est la plus gratifiante vocalement parlant, sur le plan théâtral, Demo, le bègue bossu et affublé ici d’oreilles de lapin, est un rôle fabuleux dont Filipo Adami exploite avec génie tout le potentiel drolatique. La nourrice de service (Delfa), campée par Yaniv d’Or, inquiète autant qu’elle amuse : le jeune contre-ténor possède un grain de voix corsé et le grimage étrange imaginé par Julia Hansen l’apparente aux créatures hybrides du plasticien et vidéaste Matthew Barney (Cremaster). Il n’y a pas de seconds couteaux ni le moindre maillon faible chez leurs partenaires: Angélique Noldus (Alinda), Emilio Pons (Egeo/Sole), Andrew Ashwin (Ercole/Oreste) et Josef Wagner (Giove/Besso), tous, sans exception, sont parfaitement distribués et convaincants. Dans la fosse, à des années lumières de ses Vivaldi fougueux et débridés, Federico Maria Sardelli réalise un travail d’orfèvre et dirige, la flûte au bec dans les ritornelli, une phalange mixte où des continuistes chevronnés (deux luths, deux clavecins et une gambe) côtoient une petite quinzaine d’instrumentistes issus de l’orchestre maison. Si l’intonation et le style ne sont pas irréprochables, l’émulation est bien réelle et les chanteurs bénéficient, dans l’ensemble, d’un excellent soutien.

Giasone n’avait encore jamais été monté en Belgique et on ne peut que se réjouir de voir le Vlaamse Opera impliquer directement ses musiciens dans un tel projet. La saison prochaine affiche une nouvelle production d’Il Ritorno d’Ulisse in Patria confiée à Michael Hampe et Federico Maria Sardelli. Gageons que les théâtres de Gand et d’Anvers accueilleront d’autres ouvrages de Cavalli dans les années à venir. Après La Calisto, La Didone ou Eliogabalo, Giasone démontre que les opéras du Vénitien peuvent aujourd’hui encore plaire et toucher."

  "Créé à Venise en 1649, Giasone offre bien des rapprochements avec L'Incoronazione di Poppea (on sait que Monteverdi et Cavalli se fréquentaient souvent. En interprétant avec fantaisie Apollonios de Rhodes, le librettiste Cicognini agit comme Busenello. Des lignes dramaturgiques entrelacées, chacune attachée à un personnage, structurent un livret où la mythologie est prétexte et où se joue une astringente comédie de mœurs politiques qui, au présent, parle du présent. Après coupures et suppressions (deux rôles secondaires) opérées dans cette magistrale partition, Giasone passe de quatre à trois heures, tandis que le chef d'orchestre a instrumenté (voire écrit) sinfonie et ritournelles.

Mariame Clément a placé l'action de ce piquant livret dans un actuel chantier de fouilles archéologiques. Ce choix est judicieux : divers temps historiques jouent entre eux, que singularise une joyeuse pluralité de niveaux (joints par des escaliers et des pentes) et de boîtes à surprises (conteneurs aux formes diverses et aux couleurs clinquantes). Mais si les accès à la scène, les mouvements sur le plateau et l'esthétique hétéroclite créent amusements et surprises, leur charme s'émousse à mesure que leur usage se répète et que les chanteurs manquent d'espace dans ce cadre saturé. La direction d'acteurs, inspirée du burlesque, est opportune, même si elle peine, ça et là, à matérialiser les multiples registres expressifs dont regorge ce touffu livret. Peu de réserves, en définitive, au regard de cette montagne que Mariame Clément vainc avec gourmandise.

Sans doute fébrile en cette première, l'équipe de chanteurs tarde à révéler sa cohérence. UN seul se montre constant, au point d'être le droit fil de la représentation: Christophe Dumaux. Acteur habaile, il fait du rôle-titre un héros certes dilettante, mais probe et naïf : le travail vocal est d'une indéniable qualité, y compris dam le grave qui, chez les falsettistes, est souvent peu projeté.

A ses côtés, en Isifile (seul personnage féminin immuable en ses sentiments), Robin Johannsen réalise une belle composition : son timbre assez léger sait se faire plus corsé pour exprimer les sentiments les plus intenses, notamment lors de l'ultime scène. Pour incarner :Medea (ce serait une Poppea plus ample), Katarina Bradic n'a pas toute la densité requise, mais l'actrice sait construire un caractère convaincant.

Le reste de la distribution offre de bons compromis entre le chant et le théâtre, avec de l'excellence (Emilio Pons, impérial Egeo, et Filippo Adami, subtil dans le bégayant Demo), mais aussi une maldonne : Delfa, l'un de ces rôles ancillaires travestis dont regorge le naissant opéra italien, D'abor,. il convient à un ténor et pas à un falsettiste : ensuite, Yaniv d'Or ne maitrise pas les fréquents changements registraux (en cet exercice, n'est pas Dominique Visse qui veut!). Rythmiquement indolent, Federico Maria Sardelli accompagne les chanteurs davantage qu'il les conduit à l'ubris qui est le sel de l'art cavallien."

"La réalisation co-signée par le chef d’orchestre Federico Maria Sardelli et Mariame Clément, metteur en scène, est un régal d’humour musical dont on sort souriant et léger au terme de trois heures trente de joyeuses mises en boîte visuelles et délicates dentelles musicales.

En cette première mi-temps du 17ème siècle, fin Renaissance, début baroque, où les archétypes de l’antiquité étaient volontiers cuisinés à la sauce carnaval, la popularité de ce Jason plus comique que tragique ne tenait pas uniquement à sa musique. L’écriture et l’imagination de son librettiste Giacinto Andrea Cicognini, auteur en vogue d’une série de pièces de théâtre souvent apparentées à la commedia dell’arte en occupait une part égale. C’est lui qui, en dialogues vif argent, détourna l’épopée de Jason, conquérant de la Toison d’Or tirée de la saga des Argonautes d’ Appollonios de Rhodes, en une love story sentimentale et burlesque avec happy end à la clé. L’amant de Médée y est traité comme un héros de papier mâché. Tout joli, tout mignon mais lâche et menteur, il séduit à tout va, baise plus vite que son ombre, fait des enfants et complote en mafieux de bazar pour échapper à ses responsabilités. Deux reines sur les bras, l’une de Corinthe, l’autre de Lemnos, l’une vamp, l’autre grisette, Médée impériale et glacée d’un côté, Isifile/Hypsipyle, maternelle et ardente de l’autre, comment va-t-il s’en sortir ? Oreste, Egée, Hercule, Jupiter, Amour, Cupidon, Demo le nain bègue, Besso, le capitaine va-t-en-guerre, sont appelés en renfort pour nouer, dénouer, pimenter ses aventures « romanbolesques ».

A l’époque de leur création, les opéras étaient, on le sait, élaborés à partir de canevas à la fois au niveau musical qu’à celui des textes. On improvisait des heures durant devant un public qui entrait, sortait, jouait aux cartes, buvait, mangeait. De ces moules flexibles dont on a retrouvé des partitions inachevées il faut aujourd’hui tirer des formes définies. « S’approprier puis diriger ce type d’œuvre s’apparente à la restauration d’un tableau de maître », dit Federico Maria Sardelli, chef italien, spécialiste du répertoire baroque pour lequel il créa l’ensemble Modo Antiquo, auteur notamment d’une Edition Vivaldi gravée chez Naïve qui remporta de nombreux prix. Peintre à ses heures et surtout flûtiste virtuose il prend manifestement un plaisir gourmand à diriger ce Giasone qu’il a aménagé et réduit à la taille d’un opéra de répertoire. Un travail d’archéologue du son qu’il exécuta en complicité avec Mariame Clément, jeune metteur en scène débordante de ressources et d’imaginations décalées dont on a récemment apprécié, à l’Opéra du Rhin de Strasbourg, une Platée se jouant avec délectation des anachronismes les plus farfelus.

C’est la même inspiration loufoque, ce petit air d’irrévérence qui fut autrefois le label du Grand Magic Circus, qui guide sa mise en scène de Giasone dans les décors de brocante fourre-tout de Julia Hansen : une sorte de décharge portuaire où trône un container numéroté en ferraille rouge, des citernes renversées, un escalier en colimaçon, des palettes de marchandises, un cric à roue dentée pour actionner en grinçant les levers et baissers de rideau. Les costumes sont du même jus hétéroclite, nippes ramassées aux Puces, du kilt à la robe de lamé or en passant l’habit de toréador ou la panoplie de rugbyman, aucun grain de folie vestimentaire ne manque à l’inventaire. Certains comme Demo le nain transformé en âne, ou Hercule devenu bouc arborent des maquillages de cirque, faux nez, perruques en broussaille, sourcils en pétard. La direction d’acteurs est tracée au millimètre des gags, tous jouent le jeu de la comédie charge comme s’ils étaient des pros du vaudeville. Mais aussi et surtout – ils chantent ! L’ensemble est d’une belle homogénéité, sans éclat renversant mais aussi sans fausses notes.

Si dans le rôle titre le contre-ténor français Christophe Dumont se situe loin de la taille d’un Philippe Jaroussky, la veulerie affichée de son personnage, son côté ventre mou, s’accorde à la projection timide de son timbre. La Médée de Katarina Bradic, mezzo-soprano serbe, brune incendiaire à la taille mannequin pour défilés de mode (elle change de tenue sexy à chaque scène), se sert de sa voix un rien sèche pour pimenter ses faux air de méchante reine façon de Blanche-Neige. Emilio Pons/Egée, Andrew Ashwin/Oreste, Filippo Adami/Demo l’âne bègue, Joseph Wagner/Jupiter, Yanivd’Or, l’autre contre-ténor en nourrice burlesque, tous fonctionnent en mécaniques huilées de la farce sans pour autant négliger les plages émotives qui s’insèrent comme des bouffées de chaleur. Pour celles-ci, la soprano américaine Robin Johannsen, en Isifile/Hypsipyle, midinette énamourée déploie des aigus célestes et des graves à labourer les cœurs. En robe de fée à trois sous, avec ses jumeaux autour des seins, elle est magnifique.

Federico Maria Sardelli dirige en expert joyeux les excellents instrumentistes réunis par et pour l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Flandre/Vlaamse Opera, taquine ses trois flûtes piccolo, soprano et alto, prend, entre deux envolées guillerettes, le temps de respirations romantiques, quand les arias ou les duos, souvent sublimes, se font d’amour et de passion."

"Si "Giasone" de Francesco Cavalli (1602-1676) n’a jamais été monté en Belgique, le public de la Monnaie garde encore le souvenir enchanté de "La Calisto", dans la version Wernicke-Jacobs, découverte absolue à l’époque (1993) de l’opéra vénitien du XVIIe siècle. Tout y était rassemblé : le rêve, la mythologie, le burlesque, les feux d’Eros, projetés dans les sublimes constellations de la villa Caprarole. Avec "Giasone" tel que présenté dans une nouvelle production du Vlaamse Opera - on y raconte les tribulations amoureuses du chef des Argonautes, tiraillé entre Isifile, la reine de Lemnos, et la mystérieuse amante rencontrée à la cour de Médée (qui se révélera être Médée elle-même) -, nous voilà dans les fouilles ! C’est en contrebas d’un site historique - que l’on peut situer au large de le la mer Egée - que, dans le traditionnel prologue, Cupidon et Apollon (deux archéologues besogneux) s’écharperont, qui tenant pour Isifile, qui tenant pour Médée, avant de ranger leurs attributs (ailes et rayons) dans la cantine du chantier. A partir du deuxième acte, c’est en contrebas d’un autre, que se feront les échanges - hilarants - avec la mer, ses algues et ses poissons.

Si saugrenu qu’il soit, ce thème des fouilles, dû à la Parisienne Mariame Clément, qui signe la mise en scène, offrira une foule de possibilités, généralement bouffonnes, mais intégrant souvent le merveilleux - telle la première apparition d’Isifile, dans sa "conque" (une cheminée d’évacuation) - et offrant pleine liberté à l’imagination (sans borne) de la jeune metteuse en scène. Sans compromettre la séduction de la musique, ni des personnages, Mariame Clément ne se fait pas faute de souligner le côté vaudeville ou feuilleton (genre "Les feux de l’amour") du livret, où, à force de tromper ses maîtresses, et même ses compagnons, ce séducteur de Jason finit par se prendre les pieds dans la jupe, doit s’incliner devant les faits et, convaincu, contre toute attente par Médée elle-même, retourne vers la tendre Isifile (et les jumeaux nés de ses œuvres, baby-sittés dans l’intervalle par Oreste). Pour mener à bien les péripéties du livret (traité de bout en bout sur le mode burlesque, ce qui n’empêche pas des moments d’émotion, comme le premier air de Giasone, les airs de sommeil ou le lamento final d’Isifile), la production peut compter sur une distribution particulièrement crédible, jeune, engagée, pour qui le théâtre et le chant ne font qu’un, le contre-ténor français Christophe Dumaux (Giasone) y représentant la quadrature du cercle. A ses côtés, l’incandescente Katarina Bradic (qui fut Olga dans le récent Eugène Onéguine) chante Médée, et Robin Johannsen, soprano raffinée, Isifile. Angélique Noldus, (Cupidon, Alinda), Andrew Ashwin (Hercule, Oreste), Filippo Adami (Demo), Josef Wagner (Jupiter, Besso), Yaniv d’or (Delfa, rôle traversti) et Emilio Pons (Apollon, Egée) semblent chacun l’interprète idéal pour leur rôle. Pas de grande voix (quoique certaines fort belles), mais une homogénéité musicale et théâtrale remarquable.

L’autre bonne surprise de la production est d’y découvrir l’orchestre de la maison en version baroque : allégé d’une partie de ses effectifs et rehaussé (hérissé) de luths, d’un clavecin, d’une viole de gambe et, semble-t-il, d’instruments à vents adaptés. Il y manque sans doute de la profondeur - ou est-on trop habitué aux continuos symphoniques de Jacobs ? - mais, sous la direction de Frederico Maria Sardelli (un des artisans de la série Vivaldi, de Naïve), les musiciens, visiblement à la fête, offrent à la musique de Cavalli des couleurs, une dynamique et des accents inédits, propres à créer l’illusion."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Robert Ogden

 

 

 

 

 

 Giasone au TCE - Gloria Banditelli et Michael Chance

  • Le Monde de la Musique - décembre 1990 - Ticket chic, toison toc

Au départ, l'idée d'Alain Durel était bonne. Faire découvrir aux Parisiens l'admirable Giasone de Cavalli, opéra fétiche au XVIIe siècle. Et, pour prêter coeurs et gosiers à ces chassés-croisés sentimentaux teintés de bouffonnerie, une équipe réunie autour de René Jacobs qui en a déjà réalisé un magnifique enregistrement, après avoir déjà monté ce spectacle àInnsbruck (été 1988). Hélas! ni l'oreille, ni l'oeil n'ont été satisfaits. Si Jeffrey Gall a endossé avec naturel le rôle titre, si Bernard Delétré et Gian Paolo Fagotto se sont affirmés comme d'excellents chanteurs-acteurs, si Gilles Ragon a été vocalement éblouissant, que dire des personnages féminins ? Gloria Banditelli incarna une Médée caricaturale, Catherine Dubosc a paru éteinte et Maria Cristina Kiehr est demeurée méconnaissable. L'orchestre, moins fourni qu'au disque, malgré de très bon musiciens, aurait mérité une direction plus alerte et plus lyrique, plus passionnée.

Mais le pire est ailleurs... La mise en scène (?) de Christian Gangneron se résume à des index comminatoires, des mains levées au ciel et des chanteurs raides comme des piquets. Sans oublier l'assaut figé du château après lequel Giasone reparaît brandissant une vague peau de mouton peinturlurée en doré. Effet comique garanti !"

  • Opéra International - décembre 1990

"Il faut déjà souligner le travail remarquable de René Jacobs sur l'orchestre, toujours fin, coloré, dynamique et d'une présence peu ordinaire. Côté solistes, Gloria Banditelli impose vocalement sa Médée sans trop de problèmes, avec l'insolence et l'éclat nécessaires, mais manque un peu d'aisance physique. Sa rivale Hypsipyle est incarnée par Catherine Dubosc, autre excellente voix, de plus parfaite scéniquement en éplorée chronique. Le contre-ténor Jeffrey Gall, dans le rôle-titre, est un excellent musicien, doublé d'un bon comédien, mais face à ces dames, la voix ne passe pas. Egée est interpété par Christophe Einhorn, un peu juste techniquement...Dans un décor peut-être un peu impersonnel, Christian Gangneron a choisi une réalisation scénique légère sans effets appuyés, préférant travailler sur le jeu des comédiens. Ainis la parole reste toujours à la musique et au texte..."

 

 "René Jacobs a fait valoir la vitalité d'un style d'exécution ressuscitant l'esprit de la musique baroque avec son inépuisable palette sonore et dynamique, embrassant les sentiments les plus divers, les climats affectifs les plus contradictoires...Le traitement des récitatifs dont la spontanéité semble relever de l'improvisation, a grandement contribué au pouvoir de fascination du spectacle...Si Gloria Banditelli fut une Médée aux nobles accents, Catherine Dubosc s'avéra un peu terne et monotone en Isifile. Michael Chance fit preuve de distinction et d'humour dans le rôle-titre, mais on aurait souhaité une voix ce contre-ténor plue percutante. Guy de Mey eut en Egeo d'admirables inflesxions élégiaques. Dominique Visse remporta un vif succès personnel, mérité par la drôlerie de son incarnation. Dans les décors imaginatifs d'Eric Chevalier et les somptueux costumes de Claude Masson, la mise en scène de Christian Gangneron épousait avec une totale affinité un concept musical magistralement réalisé." (Opéra International - octobre 1988)

 

 

 

"La traduction anglaise pleine de verve et la mise en scène, toutes deux de Ronald Eyre, ont fait de cet ouvrage un divertissement délicieux...La mezzo Eirian James prête à Médée des allures voluptueuses à la Carmen, et Lesley Garrett incarne une Hypsipile tendre et lyrique. Le Jason du contre-ténor Robin Martin-Oliver est tour à tour furieux, généreux, drôle et fou. Une performance de virtuose.L'excellent chef Anthony Hose est aussi l'auteur de la réalisation musicale de la partition originale." (Opéra International - octobre 1984)

 

 

 

 

 

 

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