COMPOSITEUR
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Pier Francesco CAVALLI
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LIBRETTISTE
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Giovanni Faustini
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Favola regia per musica, en un prologue et trois actes, créée
à Venise, au Teatro San Cassiano, en 1644.
Le manuscrit original est
conservé à la Biblioteca Mariana de Venise (Collection
Contarini). Le livret est dédicacé à Lunardo
Bernardo.
Personnages : Ormindo, prince de Tunis
(ténor), Amida, prince de Tremisene (alto), Nerillo, son page
(soprano), Sicle, princesse de Susio, vêtue en "gitane"
(soprano), Melide, sa dame d’honneur, vêtue de la même
manière (soprano), Erice, sa vieille gouvernante,
(ténor), Erisbe, reine du Maroc et de Fez (soprano), Mirinda,
sa dame d’honneur (soprano), Hariadeno, roi du Maroc et de Fez
(basse), L’Harmonie (soprano), Le Destin (ténor), L'Amour
(soprano), La Fortune (mezzo-soprano), Osmano, capitaine des forces
d'Hariadeno (ténor), Un Garde de l'arsenal d'Ansa
(ténor), Messo (mezzo-soprano).
Synopsis
Prologue
L’Harmonie apparaît devant un rideau qui
représente la place Saint-Marc. Depuis qu’elle est actrice
à Venise, sa gloire s’est accrue. Les scènes
athéniennes et romaines antiques qu’elle a vues n’ont jamais
égalé la splendeur des théâtres de Venise,
cette vierge immortelle et très sereine.
L'action se situe à Ansa, une ville du
royaume de Fez
Ormindo est le fruit de l’amour d'Hariadeno et de
Nearbe, qui est morte en lui donnant le jour. Il a été
élevé par la soeur de Nearbe, Cedige, reine de Tunis,
en ignorant qui étaient ses parents. Maintenant adulte, il
vient à Fez aider Haradieno à combattre l’Espagne. Il
est accompagné de son ami le prince Amida, qui a
aban-donné Sicie, la femme qu’il s’était engagé
à épouser. Les deux princes tombent amoureux de la
jeune femme d’Hariadeno, Erisbe.
Acte I
Ormindo se dit que l’amour l’a amené à
Fez et l’a inspiré dans la bataille. Il surprend la complainte
passionnée d’Amida. Peu à peu, ils se rendent compte
qu’ils aiment tous deux la même femme, Erisbe, et se mettent
d’accord pour qu’elle choisisse l’un d’eux. Le jeune page d’Amide,
Nerillo, accuse la beauté des femmes de diviser de tels amis.
Sicle, sa gouvernante et sa dame d’honneur, proposent de dire la
bonne aventure à Nerillo. Par inadvertance, ce dernier
révèle à la princesse qu’Erisbe lui a
dérobé l’amour d’Amida. Se plaignant d’avoir
été trahie, Sicle a grande envie de mourir. Sa
gouvernante, Erice, conseille aux femmes d’aimer comme elle l’a fait,
sans s’engager. Le jardin royal. Erisbe rêve d’admirateurs, car
son mari, le roi Hariadeno, est très vieux. Heureusement, elle
a maintenant deux soupirants. Lorsqu’ils s’approchent, elle chante
une chanson sur les roses qui se fanent sur pied, non cueillies,
négligées. Elle encourage hardiment Ormindo, puis
Amida, et explique qu’elle les aime tous les deux. Ils se retirent,
déconcertés, lorsque survient Hariadeno. Le roi demande
à sa femme d’accueillir chaleureusement ses alliés.
Mirinda se dit qu’elle n’épousera jamais un vieil homme. Le
Destin ordonne à l’Amour de faire cesser les souffrances de
Sicle.
Acte II
Erisbe et Mirinda célèbrent le pouvoir de
la beauté pour mettre un terme à la discorde. Les
« gitanes » apparaissent. Sicle lit les lignes de la main
d’Amida en présence d’Erisbe et lui dit qu’il a autrefois
abandonné une princesse qu’il aimait. Elle conseille donc
à Erisbe de n’aimer qu’Ormindo. Erice propose d’aider Amida
à faire la conquête d’Erisbe. Ayant vu désormais
ce qu’apportait l’amour asservissant, Melide se dit qu’elle ne
s’engagera pas. Nerillo est outragé par les gens impudents
qu’il a côtoyés dans la ville et désire ardemment
rentrer chez lui. Erisbe décide de n’aimer qu’Ormindo. Il
vient prendre congé d’elle. Elle décide de s’enfuir
avec lui. Mirinda confesse que si elle avait un vieux mari, elle
ferait la même chose.
Acte III
Synopsis (version
Raymond Leppard en deux actes)
Dans la ville de Fez
Acte I
Ormindo, prince de Tunis, et son ami Amida, prince de
Tremisene, sont tous 1es deux tombés amoureux de la jeune
Erishe, épouse du vieux roi du Maroc, Ariadeno, malgré
le fait qu'Amida ait déjà juré un amour
éternel à Sicle, princesse de Susio. Sicle,
déguisée en Egyptienne, arrive avec sa nourrice Erice
et sa dame d'honneur Melide à la recherche d'Amida, pour
n'entendre que les derniers développements de la bouche de
Nerillo, page d'Amida.
Erisbe est flattée par les compliments de ses
soupirants et regrette d'être mariée à Ariadeno.
Elle ne peut choisir entre Ormindo et Amida, et leur dit qu'ils
doivent partager ses faveurs. Même 1e roi Ariadeno
considère favorablement les deux princes, qui l'ont tous deux
aidé à défendre son royaume. Sicle, toujours
déguisée en diseuse de bonne aventure
égyptienne, lit dans la main d'Amida et révèle
qu'il est un perfide imposteur ; en entendant cela, Erisbe le rejette
et reporte tout son amour sur
Ormindo, qui la persuade de s'enfuir avec lui.
Acte II
Erice, qui prétend être magicien, invoque
l'esprit de Sicle, en disant à Amida qu'il s'agit de quelqu'un
que la trahison de son amant a poussé à se suicider.
Vaincu par la culpabilité, Amida déclare une nouvelle
fois son amour pour Sicle, qui est alors miraculeusement
ramenée à la vie.
Un orage empêche la fuite d'Ormindo et Erisbe,
ils sont capturés. Le roi Ariadeno ordonne à son
capitaine, Osmano, d'empoisonner le couple adultère. Osmano,
encouragé par Mirinda, décide de substituer au poison
un puissant breuvage somnifère. Pendant ce temps, Anadeno
regrette l'ordre qu'il a donné d'assassiner le jeune couple.
Quand Osmano revèle que l'ordre n'a pas eté
exécuté, Ariadeno, magnanime, renonce à sa jeune
épouse et abdique en faveur d'Ormindo et Erisbe.
(livret Decca)
"Chacun des personnages évolue, se
transforme, selon le concept de métamorphose, propre à
l'opéra baroque. La jeune Reine Erisbe change de
caractère: de l'insouciance du début jusqu'à la
femme passionnée prête à mourir pour son
aimé, Ormindo, à la fin. Sur un autre registre, Sicle,
Princesse d'Egypte est sombre et exaltée quand Amida qu'elle
poursuit, se montre d'une nature secrète. Ici, en dehors des
travestissements, la parole exprime la puissance du coeur et des
intentions, masquée par l'obligation des apparences.
Commençant comme une comédie légère,
Ormindo se déroule ensuite en un chemin parsemé de
découvertes et de surprises de plus en plus sombres: la joie
du sentiment amoureux n'est jamais éloignée des
épines de la désillusion, et l'exaltation
n'empêche pas l'amertume la plus blessante. Ce parcours du
désenchantement, chacun des personnages l'éprouve
à sa mesure. Cavalli poursuit en cela l'oeuvre de Monteverdi,
en particulier son cynisme à l'oeuvre dans Poppée. Ils
ont élevés l'opéra italien, en particulier
vénitien jusqu'à une profondeur poétique
inégalée."
(Classique.news)
- Partition :
version Raymond Leppard - Faber Music - 1969
Représentations
:
- Sydney - City Recital
Hall, Angel Place - 2, 5, 6, 7 décembre 2009 -
Pinchgut Opera - dir. Erin Helyard - mise en scène Talya
Masel - décors Adam Gardnir - lumières Bernie
Tan-Hayes - édition Denis Foster - avec Fiona Campbell,
David Walker, Taryn Fiebig, Jane Sheldon, Anna Fraser, Treevor
Pichanik, Andre Laptev, Richard Alexander



- Baylor University School
of Music - 21, 22 novembre 2008 - dir. Dr. Andrew
Hudson - mise en scène Dr. Michael Johnson - en anglais -
avec Michael Gasparro (Ormindo), John Carmack (Amida), Krystina
Horton (Sicle), Katherine Dulweber (Melide)

http://www.youtube.com/watch?v=wCRTjtbBhFk&feature=player_embedded
- Harvard New College
Theatre - 13, 15 novembre 2008 - The Harvard Early
Music Society - dir. Matthew Hall - mise en scène Roy
Kimmey - édition Denis Foster - avec Felicia Plunkett
(Erisbe), Jay Smith (Ormindo), Julia S. Cavallaro (Mirinda),
Christopher Aaron Smith

- Laredo - TAMIU Center for
Fine & Performing Arts Recital Hall - Texas - 22,
23, 24 février 2008 - version Leppard - avec Jessica
Cardenas (Mirinda), Debbie Hernandez (Erisbe)
- Philadelphie - Curtis
Institute of Music - 20, 21, 22, 23 mars 2007 - version
Leppard - mise en scène Chas Rader-Shiebe - avec Adrian
Kramer (Amida), Layla Claire
- Nanterre - Maison de la
Musique - 9, 10 mars 2007 -
Quimper - Théâtre de Cornouailles - 20
mars 2007 -Maisons-Alfort -
Théâtre Claude Debussy - 24 mars 2007
- Opéra de Rennes - 27,
28, 29, 30 mars 2007- Orléans -
Carré Saint Vincent - 5 avril 2007 - Charleville-Mézières -
Théâtre Municipal - 12 avril 2007
- Opéra de Massy - 27
avril 2007 - Paris - Théâtre
Silvia Monfort - 3, 4, 5 mai 2007 - Reims - Grand Théâtre -
12, 13 mai 2007 - Troyes -
Théâtre de La Madeleine - 15 mai 2007
- Les Paladins - dir.
Jérôme Correas - mise en scène Dan Jemmett -
décors Denis Tisseraud - costumes Sylvie Martin-Hyszka -
lumières Arnaud Jung - avec Thierry Grégoire
(Ormindo), Romain Champion (Amida), Arnaud Raffarin (Nerillo),
Anne Rodier (Sicle), Jean-François Lombard (Erice),
Stéphanie Révidat (Erisbe), Patricia Gonzales
(Miranda), Jacques Bona (Hariadeno), Pierrick Boisseau (Osman) -
coproduction Arcal, Les Paladins, l'Opéra de Rennes et la
Maison de la Musique de Nanterre

- Concertclassic - 10 mars 2007 -
Féérie et fausse modernité
"Composé dans la
foulée du dernier opéra de Monteverdi, Le Couronnement
de Poppée, L’Ormindo de son élève Francesco
Cavalli marque en 1644 un changement de ton et l’avènement du
comique dans le tout nouveau genre lyrique. Christian Gangneron ne
s’y était pas trompé en choisissant L’Ormindo pour
porter l’Arcal sur les fonds baptismaux, il y a vingt trois ans, avec
dans le rôle-titre l’un de nos premiers contre-ténors,
Henri Ledroit auquel est dédiée cette nouvelle
production. L’Arcal a donc remis l’ouvrage sur le métier dans
une mise en scène de Dan Jemmett pour une tournée d’une
quinzaine de soirées, commencée à la Maison de
la musique de Nanterre pour s’achever à Troyes le 15 mai.
La roue tourne et à
l’inverse des scénographies archéologiques d’antan,
voici une présentation affichant crânement tous les tics
technologiques d’aujourd’hui. Ainsi les deux amants rivaux
reconnaissent-ils leur amour commun sur leurs portables… Le clin
d’œil peut amuser. En revanche, habiller les deux princes en
maçons d’aujourd’hui occupés à restaurer un
phare n’apporte rien à la compréhension des rapports
sociaux qui sous-tendent l’histoire. Contrairement à ce que
certains imaginent, banaliser à outrance l’action en la
plongeant dans le monde le plus trivial et le plus actuel ne
rapproche nullement les chefs-d’œuvre du passé des spectateurs
d’aujourd’hui : il y a belle lurette que la
télé-réalité a tué le rêve !
La fantaisie et le songe reprennent heureusement leurs droits avec
l’irruption de la magie. La distribution est équilibrée
malgré le manque de projection du contre-ténor Thierry
Grégoire en Ormindo. Tout le monde chante correctement et joue
bien : le spectacle devrait bien évoluer. Conduits par
Jérôme Correas, la huitaine de Paladins affichent une
placidité qui frise le manque de tonus : cela aussi peut
s’arranger au fil des représentations."
- Le Monde - "L'Ormindo", un opéra
à découvrir d'urgence - 28 mars 2007
- La Tribune
"Ormindo et Amida,
respectivement Princes de Tunis et de Trémisène, sont
amoureux de la même femme, la jeune Erisbe. Mais celle-ci vit
à regret avec son mari Hariadeno, Roi du Maroc et de
Fès, beaucoup plus âgé qu'elle.
Parallèlement, Sicle, Princesse de Susio,
délaissée par son ancien amant Amida, cherche à
se venger de ce dernier. Voici la trame de l'opéra
créé en 1644 par Francesco Cavalli pour le carnaval de
Venise. Un petit bijou baroque qui avait déjà
été monté par l'Arcal il y a plus de vingt
ans.
La Compagnie de
théâtre lyrique et musical récidive aujourd'hui
avec une nouvelle production, résolument différente de
la première. Ici, Ormindo et Amida sont peintres en
bâtiment, et Erisbe vit avec son marin de mari, dans un phare
que ses amants sont précisément en train de
rénover. Sicle, quant à elle, est une saltimbanque qui
parcourt la côte sur son triporteur, vendant sodas et tours de
magie au plus offrant.
Pour ceux qui ont eu la chance
en 1984 d'applaudir le célèbre haute-contre Henri
Ledroit dans le rôle-titre, la comparaison risque d'être
cruelle, tant cette nouvelle version s'avère un peu verte,
pour ne pas dire pauvre, sur le plan vocal chez les
contre-ténors. Mais c'est la seule ombre au tableau. Les
autres voix sont en effet remarquables, notamment celles de la
légère et piquante Patricia Gonzalez (Mirinda, servante
d'Erisbe), de Stéphanie Révidat (Erisbe) et de Romain
Champion (Amida).
Par ailleurs, la partition de
Francesco Cavalli, servie avec ferveur et justesse par Les Paladins
de Jérôme Corréas, recèle des airs
somptueux, tant légers que tragiques, qui gagneraient à
être plus souvent joués. Enfin, le livret de Giovanni
Faustini, merveilleusement osé, permet à la mise en
scène de Dan Jemmett, à l'humour "so british", de
prendre toute sa valeur. Le tout donne un "Ormindo", peut-être
imparfait, mais très rafraîchissant."
- Les Échos - Une production peu
glorieuse d'un joyau de la musique vénitienne.
"L'Arcal, structure de
décentralisation lyrique et d'insertion professionnelle
créée par Christian Gangneron, renoue avec son
histoire. C'était en 1984. Toute jeune encore, elle proposait
une production de « L'Ormindo » de Cavalli. Gangneron
signait une mise en scène pleine de fantaisie. Et, dans le
rôle principal, Henri Ledroit, trop tôt disparu,
était éblouissant.
Aujourd'hui, on tombe de haut.
Car, dans l'ensemble, les solistes du présent spectacle sont
très modestes. Pourquoi les lancer dans le répertoire
italien alors qu'ils manient si mal la langue ? Du trio
féminin se détache Stéphanie Révidat
(Erisbe), timbre clair, musicalité agréable. Jacques
Bona (Hariadeno), l'aîné de la troupe, est aussi l'un
des plus convaincants. Les deux contre-ténors n'enchantent
guère. Le jeune Arnaud Raffarin (Nerillo) en fait des tonnes.
Thierry Grégoire (Ormindo) doit compter avec une projection
vocale insuffisante, qui limite l'impact de son personnage, lequel ne
séduit que lors des moments les plus élégiaques.
On remarque malgré tout Romain Champion (Amida),
Jean-François Lombard (Erice), Pierrick Boisseau (Osman), deux
ténors et un baryton à suivre.
Il est vrai que le travail de
Dan Jemmett n'aide personne. Pourquoi les deux protagonistes sont-ils
peintres en bâtiment plutôt que plombiers-zingueurs ?
Pourquoi le roi est-il marin ? Nul ne le sait. Rien n'est
justifié, dans ce qui veut être une mise en scène
et se borne à de prétendus effets comiques ringards qui
se dégonflent comme des baudruches - qui oserait encore user
de téléphones portables pour « actualiser »
une intrigue ? Après un calamiteux « L'occasion fait le
larron » de Rossini, Jemmett persiste et signe.
La principale satisfaction de
la soirée vient de la direction souple, raffinée et
élégante de Jérôme Corréas ; son
ensemble Les Paladins, qui fête ses dix ans, a de beaux jours
devant lui."
- Webthea - Venise détournée
"C’est un petit bijou
d’opéra que l’Arcal (Atelier de recherche et de
création d’art lyrique) propose depuis quelques mois en
tournée : L’Ormindo de Francesco Cavalli créé en
1644 dans l’euphorie du Carnaval de Venise fait partie de ces
chefs-d’œuvre tombés en désuétude, on ne sait
pas pourquoi. Elève et successeur de Monteverdi avec lequel il
participa à l’écriture du Couronnement de
Poppée, son dernier opus, Cavalli fut l’un des compositeurs
les plus prolifiques de son temps. Plus de trente opéras
à son actif dont beaucoup ont carrément disparu. On
assiste de temps en temps à une renaissance de sa Calisto mais
L’Ormindo n’avait plus eu les honneurs d’une production depuis 1984,
date à laquelle l’Arcal justement, qui en était alors
à ses débuts, le sortait de l’oubli dans une production
mémorable où brillait le merveilleux
contre-ténor Henri Ledroit, trop tôt
disparu.
Cœur volage et faux tours de
magie - Venise et sa musique baroque si singulière, Venise et
son carnaval de toutes les audaces, Venise, ses farceurs et sa
commedia dell’arte…Cavalli fut celui qui le premier mélangea
en musique toutes les couleurs de sa ville, la farce et les
sentiments, le comique et le mélancolique, inventant en cela,
bien avant son temps, le principe de l’opéra bouffe. Autant
d’ingrédients qui s’interpénètrent dans cet
Ormindo si joliment amoral. La jeune épouse d’un vieux roi
gaga y est courtisée par deux princes. Tout à sa
nouvelle passion, l’un d’eux, Amida, a laissé tomber sa
précédente fiancée, Sicle, laquelle bien
décidée à reconquérir ce cœur volage, se
livre à quelques faux tours de magie. Ormindo a ainsi le champ
libre et file le parfait amour avec la reine. Le monarque
alerté de son cocuage décide d’empoisonner les amants
adultères. Mais comme il s’agit d’une farce tout se terminera
par un coup de théâtre réconciliateur, Ormindo se
révélant être le fils du roi qui, dans son
émotion, lui offre sa femme…
Des pots de peinture en
veux-tu en voilà - Quelle mouche a piqué Dan Jemmet, ce
talentueux metteur en scène anglais qui tutoie Shakespeare
comme s’ils avaient été potes dans la même «
boarding school », pour transformer cette vénitienne
pochade en une grosse farce pour Foire du Trône ? Avec des
contresens opaques où les deux princes deviennent peintres en
bâtiment et le roi, capitaine au long cours ou gardien de
phare, au choix. Le tout se jouant en salopettes maculées
devant la façade d’une tour hérissée
d’échafaudages, et, pour accessoires, des pots de peintures en
veux-tu, en voilà… Pourquoi pas chez les éboueurs ou
les tailleurs pour dames ? Décors et costumes s’affichent en
contradiction avec le texte et la musique et le jeu outré
imposé aux personnages bouffonne loin, bien loin de l’esprit
des Zanni ou de Goldoni, dont les clowneries ont la
légèreté de bulles de savon. C’est Venise
détournée de sa grâce. Il y a 23 ans, Christian
Gangneron avait été infiniment mieux inspiré
...
Le plaisir de la musique -
Reste le plaisir de la musique grâce aux excellents Paladins,
petite formation de baroqueux pur jus maniant avec esprit leurs
instruments anciens sous la direction inspirée de leur chef et
claveciniste Jérôme Correas. Les voix sont jeunes avec
quelques fruits encore bien verts dans la distribution mais aussi
quelques promesses à suivre comme la soprano Stéphanie
Révidat qui sait filer sans accroc ses aigus et le
contre-ténor Thierry Grégoire au timbre retenu mais
harmonieux."
- Opéra de Pittsburgh
- 17, 20, 23, 25 février 2007 - Chatham Baroque
- dir. Bernard McDonald - mise en scène Chas Rader-Shieber
- avec Arthur Espiritu (Prince Ormindo), Daniel Billings (Prince
Amida), Karin Mushegian (Princess Sicle), Audrey Luna (Queen
Erisbe), Jason Karn (Erice the nurse), NaGuanda Nobles (Mirinda),
Charles Unice (King Ariadeno), Craig Verm (Nerillo) -
édition Peter Foster

- William Jewell College -
John Gano Memorial Chapel - Liberty - Missouri - 3, 4
février 2006 - Students of the Opera Workshop - Orchestre
de chambre - dir. Tony Brandolino - mise en scène Ron
Witzke -avec Joshua Lawlor (Ariadeno)
- Dortmund Theater
- 8 septembre, 5, 11, 25, 31 octobre 2002 - dir.
Granville Walker - mise en scène Stefan Tilch -
décors et costumes Dorothee Schumacher -
chorégraphie Sergej Vanaev - dramaturgie Oliver Binder -
Orpheus-Ensemble des Philharmonischen Orchesters Dortmund - avec
Jeff Martin / Peter Furlong (Ormindo), Mikael Babajanyan (Amida),
Diane Blais / Martina Kamp (Nerillo), Maria Hilmes / Yamina
Maarmar (Sicle), Maria Hiefinger (Melide), Jeffrey Treganza /
Christian Pienaar (Erice), Barbara Dobrzanska / Zoya Zheleva
(Erisbe), Karolina Gumos / Andrea Rieche (Mirinda), Eric Visser /
Assaf Levitin (Hariadeno), Georg Kirketerp (Osman)
- Washington - 9,
11 août 2002 - Opera International - avec Chen Ye Yaun
(Amida)


- Piccolo Theatre Amagasaki
- Japon - 30 mars 2002
- Forio d'Ischia
- 29 août 1999 - mise en scène Colin
Graham - dir. Stephen Lord - avec Giovanni Botta (Ormindo),
Leonardo Nibbi (Amida), Roberta Salvati (Nerillo), Kachi Sanae
(Sicle), Valentina Coladonato (Melide), Matthew Marriot (Erice),
Donna Bateman (Erisbe), Paula Maria Murrihy (Mirinda), Giovanni
Tarasconi (Ariadeno), Roland Davitt (Osmano)
- Curtis Institute of Music
Opera Theater - Philadelphie - 21, 23, 25, 27 avril
1997 - mise en scène Chas Rader-Shiebe
- Austin - Texas
- 21, 23, 28 février, 3 mars 1997
- Wilhering bei Linz
- 6 août 1996 - Opera da Camera Linz
- Zürich, Studiobuhne
- 13 avril 1996
- Essen - 7, 8,
9, 11 décembre 1995
- La Haye - Koninklijk
Conservatorium Den Haag - 12 juin 1995 et sq. - Baroque
ensemble of the Royal Conservatoire - dir. Kenneth Montgomery -
mise en scène Javier López Piñón -
scenographie et lumières Henk Kraayenzank - costumes Fer
Smidt - avec les solistes de la Classe Opéra du
Conservatoire Royal
- Fayetteville - Arkansas
- 29, 30 avril 1994
- Berlin - Neuen
Opernbühne - 9 juillet 1993 - dir. Marc Piollet -
mise en scène Alexander Paeffgen - décors et
costumes Duncan R.-Hayler - lumières Andreas Greiner -
dramaturgie Frauke Kuhfuß - en allemand (traduction Jani
Strasser)
- Wiesbaden - Hessisches
Staatstheather - 29 avril, 3 et 18 octobre 1992
- Oregon House - Californie
- 1er, 2, 8, 9 août 1992
- Theatre Gwynedd -
près Liverpool - 25, 26, 27 avril 1991
- Baltimore - Friedberg
Concert Hall - 12, 13 avril 1991 - Peabody Opera
Theatre - mise en scène Roger Brunyate
- Los Angeles - University
of Southern California - 7, 8, 9, 10 décembre
1989
- Hochschule fur Musik,
Frankfurt - 3, 7, 8, 12 juillet 1989
- Banff - Banff Centre -
Alberta - Canada - 7, 9, 12, 14 août 1987
- Hambourg - 5
mai 1985 - dir. StefanSoltesz - avec Buchan, Joselson, Parker,
Piland, Wohlers, Titus
- St Louis - Missouri
- 19, 20 avril 1985
- Lunéville - 8 décembre
1984 - Versailles - Cergy Pontoise - Créteil - 1, 2, 5, 6
février 1985 - Théâtre des Champs
Elysées - 25 et 26 mars 1986 - version Raymond
Leppard - dir. Diego Masson/Jonathan Darlington - mise en
scène Christian Gangneron - scénographie Anne
Surgers - avec Henri Ledroit (haute-contre), Jean-François
Gardeil (baryton), Brigitte Vinson (mezzo-soprano), Catherine Dune
(soprano), Jacqueline Mayeur (mezzo-soprano), Antoine Normand
(ténor), Elisabeth Baudry (soprano), Brigitte Lafon
(soprano), Daniel Salas (basse), Maurice Xiberras (baryton),
Tommaso Todesca (mime). Création de l'Atelier de Recherche
et de Création pour l'Art Lyrique (ARCAL)
"Dans sa mise en
scène, où il a introduit un mime dont le corps gracieux
et le visage masqué commentent l'action de ses virevoltes
espiègles, dans la plus pure tradition de la commedia
dell'arte, Claude Gangneron a su retrouver le charme ambigu de cette
musique qui se met à sourire quand on voudrait pleurer. Charme
rehaussé par la beauté des décors
vénitiens d'Anne Surgers, des costumes alla Tiziano de Claude
Masson...Par sa beauté, le timbre de Jacqueline Mayeur s'est
particulièrement détaché de l'ensemble."
- Hambourg - 17,
20 et 23 novembre 1985 - dir. Soltesz - mise en scène
Piland - avec Evangelatos, Wohlers, Titus
- Teatro Caio Melisso de
Spolète - 7 juillet 1984 - dir. Hugh Keelan -
mise en scène Thaddeus Motyka - scénographie Beni
Monresor - avec Ronald Naldi (Ormindo), Stephen Markuson (le Roi),
Phyllis Hunter (Erisbe), Bill Macfarland (Amida), Sally Mitchell
(Sicle), Gwendolyn Jones (le Page), Thomas Poole (la Nourrice),
Sharon Hunden (Mirinda), Diana Davidson (Melide), Kenneth Bell (le
capitaine des gardes).
"Visions des mille et une
nuits, évoquées grâce à la dimension
poétique d'un kaleïdoscope dont les couleurs
s'harmonisent aux évènements fabuleux
suggérés par le livret, avec les sonorités
limpides de l'orchestre et les jaillissemeents des voix dans les
arabesques baroques...Des voix fraîches, bien
façonnées par un long rodage, ainsi que des silhouettes
élégantes dans des costumes magnifiques ont
envoûté les spectateurs." (Opéra International -
octobre 1984)
- New York - 30
juin, 1er, 3, 4, 6, 7, 8, 11, 14 juillet 1984
- Opéra de Hambourg
- 2, 4 et 6 juin 1984 - dir. Jeffrey Tate - mise en
scène Erich Wonder - avec Wohlers, Titus, Montague,
Evangelatos, Steiner, Haage
- Cardiff - Bute Theatre
- 19, 20, 21 janvier 1984
- Bietigheim-Bissingen
- 28 juin 1983
- New York - 21,
23, 24, 27, 29, 30 juin 1983
- Hochschule, Stuttgart
- 25, 27, 28 janvier 1983
- Oldenburg - Grosses Haus
- 20 mai 1982
- Pittsburgh -
1er, 2 avril 1982
- Amsterdam - 29
janvier, 1er, 3, 14, 15, 17 février 1982 -
direction Kenneth Montgomery - mise en scène Charles
Hamilton - avec John Alers (Ormindo), Pieter van der Berg
(Hariadeno), Rosanne Creffield (Erisbe), Michael Halliwell
(Amida), Rachel Ann Morgan (Nerillo), Alexandre Oliver
(Nourrice)
- Opéra International - avril 1982
"Raymond Leppard a
été l'un des pionniers de l'entreprise de
popularisation de l'opéra baroque. En 1967, à
Glyndebourne, il suscitait la première représentation
scénique au XXe
siècle de L'Ormindo de
Cavalli. La partition n'ayant jamais été
publiée, Leppard édita sa version tirée du
manuscrit original conservé à la Biblioteca Mariana de
Venise, révélant aux auditeurs une musique
théâtrale et colorée, bien adaptée
à cette intrigue méditerranéenne où
l'amour triomphe de tous les obstacles - y compris le mariage - une
sorte de Tristan et Isolde qui finit bien. En 1967, Kenneth
Montgomery était le chef d'orchestre assistant de Leppard
à Glyndebourne. Maintenant l'opéra baroque est devenu
un élé-ment familier de notre univers lyrique et le mot
d'ordre est "authenticité". Pour la nouvelle production de
l'Ormindo à l'Opéra des Pays-Bas, Kenneth Montgomery
propose une nouvelle édition musicale plus fidèle au
manuscrit original. Dans sa version, qui a été
enregistrée, Leppard avait inclus certains airs pris à
d'autres opéras de Cavalli, que Montgomery a exclus. Il a
également remis les airs dans leur ordre premier. . Les
personnages des Dieux, Fatalité, Amour, Chance et Vents, sont
restituées à l'oeuvre; ils apparaissent dans les
finales des premier et second actes et dans le Prologue à la
gloire de Venise. Pour cette représentation Montgomery
lui-même au virginal soutient le continuo plus musclé,
moins luxuriant que celui de Leppard. Tout comme Leppard, il a
résisté à la tentation de confier le rôle
d'Ormindo, écrit à l'origine pour castrat, à un
contre-ténor - l'appréciation de ce type de voix varie
beaucoup chez les amateurs de lyrique -. et l'a confié
à John Alers, haute-contre, qui en donne une exécution
fluide. L'Afrique du Nord est le lieu de l'action. Le roi Hariadeno
(Pieter van den Berg), âgé et impuissant, a
épousé en secondes noces la jeune coquette Erisbe
(étincelante prestation de Rosanne Creffield), qui flirte
à la fois avec Ormindo et son ami Amida (Michael Halliwell).
Mais Amida se révèle faux et le triangle amoureux n'est
plus viable. Ormindo doit partir au-delà des mers et Erisbe
s'embarque sans plus réfléchir avec lui. Hariadeno
enragé leur donne la chasse et, avec l'aide du Dieu des Vents,
les rattrape. Ils sont jetés en prison et empoisonnés.
Les voyant inanimés, Hariadeno est saisi de remords. Le
capitaine de la garde avoue alors qu'au lieu de poison, il leur a
donné un somnifère. Dans un dénouement plus
qu'heureux, Hariadeno leur offre non seulement un pardon magnanine,
mais il abandonne à Ormindo sa reine et sa couronne. Le conte
peut sembler absurde mais sur sa trame Cavalli a su tisser une suite
de jolies mélodies bien expressives. Au cours de l'action
s'intercalent les commentaires de l'inévitable serviteur
vénitien, Nerillo (une truculente Rachel Ann Morgan) et d'une
vieille nourrice (charge très amusante du ténor
Alexandre Oliver qui posséde un sens du rythme comique
remarquable). Ces interventions prennent la forme de
révélations faites directement au public. Le metteur en
scène Charles Hamilton en tire tout le parti possible, comme
on devait le faire au XVIIe siècle.
L'ensemble du spectacle déborde de vitalité et amuse.
Le décor de Tim Reed - mi-Venise, mi-Afrique du Nord - met en
valeur ses opulents costumes. L'oeuvre ne comporte pas de longs airs
avec des notes élevées ou graves, la qualité
requise des chanteurs est avant tout l'expressivité et cette
distribution s'en tire fort bien, prouvant qu'authenticité
n'est pas forcément synonyme d'ennui."
- Fribourg - Grosses Haus
- 14 janvier 1982
- Bolton - Bolton Little
Theatre - 15, 16, 17 octobre 1981
- Washington - 8,
15, 16 mai 1981
- Hambourg - 1er
février 1981
- Philadelphie -
1er mars 1979
- Opéra de Lyon
- 21 février 1977 - première version
scénique en France - dir. Steuart Bedford - mise en
scène Michael Geliot - avec Eric Tappy, Colette
Alliot-Lugaz, Creffield, Pecchioli
- Venise - La
Fenice - 20 janvier 1976 - 4 représentations -
version Raymond Leppard (sans prologue et en deux actes) - dir.
Hans Ludwig Hirsch - mise en scène Alberto Fassini -
décors et costumes Pasquale Grossi - avec Giorgio Gatti
(Amida), Carlo Gaifa (Ormindo), Giuseppina Dalle Molle (Nerillo),
Bruna Baglioni (Sicle), Aracelli Haengel (Melide), Florindo
Andreolli (Erice), Gianna Amato (Erisbe), Stella Silva (Mirinda),
Federico Davià (Aurio Tomicich) (Ariadeno), Giancarlo
Ceccarini (Osmano)
- Paris - Studio
104 - 17 avril 1975 - version de concert - dir. Oestman
- avec Eric Tappy, Isabel Garcisanz
- Bruxelles - La Monnaie
- 19, 21, 22, 23, 26, 28, 29 30 janvier 1972 - dir.
Myer Fredman - mise en scène Charles Hamilton -
décors, costumes Erich Kondrak - avec Eric Tappy (Ormindo),
Peter-Christoph Runge (Amida), Dolores Crivellari (Nerillo),
Bernadette Antoine (Sicle), Maryse Patris (Melide), Hugues Cuenod
(Erice), Rosanne Creffield (Erisbe), Dorothy Krebill (Miranda),
Jules Bastin (Ariadeno), Nicolas Christou (Osmano) - production
Festival de Glyndebourne - coproduction Nederlandse Operastichting
- Venise - Scuola Grande di
San Rocca - septembre 1971 - I Virtuosi di Roma -
Complesso del Piccolo Teatro Musicale della Cita di Roma - dir.
Renato Fasano - avec Vincenzo Manno (Ormindo), Alberto Rinaldi
(Amida), Elena Zilio (Nerillo), Katia Kolceva (Sicle), Stella
Silva (Melide), Florindo Andreoli (Erice), Cecilia Fusco (Erisbe),
Franca Mattiuci (Mirinda), Robert Amis El Hage (Ariadeno), Giorgio
Gatti (Osmano)
Nederlandse Opera - 1970 -
avec Kenneth Montgomery
- Juilliard School
- 1968 - dir. Raymond Leppard
- Festival de
Glyndebourne - 1968 - reprise de la production de
1967
- Festival de
Glyndebourne - 16 juin 1967 - création dans une
version scénique revue par Raymond Leppard - dir. Raymond
Leppard - mise en scène Gunther Rennert - décors
Erich Kondrak - avec John Wakefield (Ormindo), Peter-Christoph
Runge (Amida), Isabel Garcisanz (Nerillo), Irmgard Stadler
(Sicle), Maureen Lehane (Elide), Hugues Cuénod (Erice),
Anne Howells, Jane Berbié (Merinda), Federico
Davià.

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