Issu d'une famille de musiciens où l'on se
transmettait le métier de père en fils, Nicolas
Clérambault a dû longtemps sa renommée
essentiellement à son œuvre d'orgue et de clavecin ainsi
qu'à ses innombrables cantates profanes qui n'ont cessé
d'être jouées et chantées par les plus grands
interprètes. Mais c'est la récente redécouverte
de sa musique vocale religieuse, comme ce fut le cas il y a plusieurs
années pour Marc-Antoine Charpentier, qui amène
à présent à considérer ce musicien comme
l'un des compositeurs français les plus importants de son
époque.Fils d'un des Vingt-quatre Violons du roi,
Clérambault (1676-1749) traverse une grande partie du
règne de Louis XIV, la Régence, et près de la
moitié du règne de Louis XV. Plus qu'à la Cour,
son talent va s'épanouir principalement dans les milieux
proches de celle-ci comme la Maison royale de Saint-Cyr. C'est ici
qu'il mène sa carrière d'organiste et de compositeur,
en même temps qu'à l'église Saint-Suplice que
chez les Jacobins. Il organise également des concerts chez
lui, rue du Four, tout en étant invité par les
Jésuites du collège Louis-le-Grand à composer
des intermèdes pour leurs tragédies et leurs
comédies.A la fin de sa vie, Clérambault adhère
à la doctrine de la franc-maçonnerie, alors naissante
en France, et compose sa dernière cantate, les
Francs-maçons.
"Son père, violoniste des Vingt-Quatre
Violons du Roy lui enseigne la musique. Puis le jeune
Clérambault apprend l'orgue avec Louis Raison ; Jean Baptiste
Moreau l'initie à la composition. Publication de son Livre
d'orgue en 1710, il est alors organiste de l'église des
Jacobins, rue Saint-Jacques. Publication de son vivant du Livre de
pièces de clavecin. 1715, année de la mort de Louis
XIV, la cour se déplace de Versailles à Paris,
Clérambault prend la succession du compositeur et organiste
Guillaume Gabriel Nivers à Saint-Sulpice. Il est promu
organiste et compositeur à Saint-Cyr chez les Demoiselles de
Maintenon. Clérambault compose avec talent des cantates pour
les Demoiselles de Saint-Cyr, il est l'un des premiers à
utiliser la forme française de ce genre. La cantate
française s'apparente à un opéra de poche avec
accompagnement de clavecin et basse, et occasionnellement un violon
ou une flûte solo, le sujet en est le plus souvent
mythologique. Le compositeur écrira vingt-sept cantates,
Orphée, Médée, Les Forges de Vulcain qui sont
jouées au Concert Spirituel créé en 1725
à Paris. Il compose également des cantates
scéniques pour la Cour, Le Soleil vainqueur (1721), Le
Départ du roi (1745). On connaît peu de choses de la vie
de Clérambault, bon époux, bon père, d'un
tempérament heureux mais de santé fragile ; il habite
rue du Four à Saint-Germain des Prés, ses voisins
proches sont Campra et Marc-Antoine Charpentier."
Opéra
International - novembre 1998 - Le retour de
Clérambault - à l'occasion des Grandes
Journées du centre de Musique Baroque de versailles (25-27
septembre 1998)