Opéra en un acte, écrit pour le Comte de
Salvatierra en 1702.
Argument
Peu satisfait du sort réservé à
ses congénères, Pallas amène les Géants
et les Titans à se rebeller contre son frère Zeus, dieu
incontesté de l'Olympe, qui remportera la victoire, certes,
mais grâce à un héros et simple mortel,
Héraclès, son fils.
Représentations
:
Abbatiale
d'Ambronay - 25 septembre 2010 - version de concert -
Ensemble Elyma - dir. Gabriel Garrido - avec Mariana Rewerski
(Hercules), Maria Hinojosa Montennegro (Jupiter) Adriana Fernandez
(Minerva), Furio Zanasi (Palante), Camila Toro (La Fama), Lina
Lopez (El Tiempo), Lidia Viñes Curtis (La Immortalidad),
David Hernandez (El Silencio)
Opéra Magazine - novembre 2010
"Gabriel Garrido a
exumé une œuvre délicieuse, qui mériterait des
reprises et un enregistrement CD. Créée vers 1702, elle
a été composée par l'un des plus grands
musiciens espagnols de son temps, Sebastian Duron, maître de la
Chapelle royale à Madrid. Cela me semble le premier et dernier
essai d'opéra hispanique pendant la période baroque.
Le livret de cette Guerre des
Géants raconte la révolte de Pallas contre Jupiter. Ce
dernier s'en remet à Minerve, qui appelle Hercule à son
secours. Le Géant vaincu, la déesse transforme sa peau
en armure, prenant alors le nom de Pallas. Précisons aux
férus de mythologie que Pallas/Athéna et Minerve ne
sont pas toujours la même personne, mais selon les sources,
peuvent aussi être mère et fille ... Si l'on ajoute
à ce livret embrouillé, mais chiche d'action
véritable, qu'Hercule et Jupiter sont chantés par des
femmes, la confusion est à son comble !
Le programme de salle n'a pas
jugé bon de nous offrir un synopsis, ce qui est assez dommage.
Plus grave, il est tout aussi avare de détails musico1ogiques
au sujet de la partition, des conditions de sa découverte, de
son éventuel arrangement... et on ne sait pas quoi attribuer
au talent de Sebastian Duron ou à une réinstrumentation
de Gabriel Garrido !
Quoi qu'il en soit, la musique
est riche, témoignant d'un penchant nouveau apparu à la
cour d'Espagne quand les Bourbons, français et italianisants
dans leurs goûts musicaux, succédèrent aux
Habsbourg. On découvre ainsi un lamento avec violons, une
arieta et deux superbes menuets, étroitement
mêlés à des tournures typiquement espagnoles.
Tonadas, coplas et séguedilles s'enchaînent,
gorgées de couleurs, de rythme et de soleil, les scènes
de combat préfigurant les tableaux de Goya.
Au plan interprétatif,
on pourra reprocher à l'Ensemble Elyma beaucoup de
nervosité et quelques petites imprécisions, dues
probablement à des répétitions trop peu
nombreuses (Gabriel Garrido était encore àMadrid,
quelques jours auparavant, pour le Montezuma de Graun), surtout
pendant le Prologue."