Le compositeur - l'oeuvre

LA FIERA DI FARFA

COMPOSITEUR

Marco MARAZZOLI
LIBRETTISTE

 
ORCHESTRE

Le Poème Harmonique
CHOEUR

DIRECTION

Vincent Dumestre

DATE D'ENREGISTREMENT

octobre 2009

LIEU D'ENREGISTREMENT

Paris, église de Bon Secours

ENREGISTREMENT EN CONCERT

non

EDITEUR

Alpha

DISTRIBUTION

Abeille Musique

DATE DE PRODUCTION

21 octobre 2010

NOMBRE DE DISQUES

1 (+ Hor che'l ciel e la terra, Il Combattimento di Tancredi e di Clorinda, Lamento della Ninfa)

CATEGORIE

DDD

Critique de cet enregistrement dans :

  "La Fiera di farfa est bien la révélation de l'album. Intégré au programme des réjouissances du Palais Barberini à Rome, lors de la reprise de l'opéra Egisto de Virgilio Mazzochi et Marco Marazzoli en 1639, l'ouvrage comique s'impose par sa verve drolatique, son tumulte sonore et linguistique, et son encombrement scénique: car il s'agit bien de convoquer en pleine tragédie héroïque, la réalité d'un marché populaire... Dans le nouveau théâtre romain édifié par Pierre de Cortone, Bernin et Salvatore Rosa, sommités de l'art romain, participent activement à la réussite de la représentation. Ce mélange des genre demeure emblématique des fastes du théâtre romain, contemporain de l'essor des opéras vénitiens à partir de 1637.... D'abord, caquetages de basse cour, puis bestiaire palpitant (coucou)... c'est une succession de tableaux mordants et plein d'une hargne pittoresque. Tout s'organise peu à peu et bascule dans un climat enchanteur, pacifié et même caressant en ses souples vagues tendres à la flûte avec la Terza parte "Vurria' addeventare"... je voudrais devenir un poisson d'or... où se glisse et s'amplifie la prière onirique d'un songe populaire d'une délicieuse suavité (relevée encore par les contractions du texte riche en tournures dialectiques). C'est le moment le plus touchant de ce programme profane d'une évidente intensité fervente; d'un recueillement proche de la crèche... la verve collective des interprètes redouble encore de subtilité expressive dans la parodie du Combattimento montéverdien (Quarta parte), la réussite est totale en langue vernaculaire, d'un pittoresque superbe et si poétique, plébéien et parodique certes, mais jamais caricatural; proche de la vie, simplement, naturellement. Cette scène populaire se fait théâtre du monde dans ses vertiges contrastés, irrésistibles, dans un jeu de citations dont la vérité et la sincérité expriment au plus juste ce mystère et cette poétique de la condition humaine: ambivalente, entre guerre et mort... Le chant de Serge Goubioud (Coviello) y atteint une sincérité cathartique qui captive de bout en bout. Une telle maîtrise des registres poétiques, si fins par leur relation interne, est rare donc précieuse. La confrontation des deux oeuvres est captivante, et la résurrection de la Fiera, ici magistrale."

  "... une curiosité dénichée à la bibliothèque du Vatican, La Fiera di Farfa. Il s’agit d’un intermède destiné à la reprise à Rome (1639), deux ans après sa création, de l’Egisto, opéra bouffe (considéré comme le premier de l’histoire de la musique) composé par Virgilio Mazzocchi et Marco Marazzoli sur un livret de Giulio Rospigliosi. On est ici dans la pagaille d’une foire, avec ses marchands, ses bruits… dans laquelle apparaissent notamment des personnages de la Commedia dell’Arte, le clou de l’œuvre résidant dans son final, une parodie du Combat de Tancrède et Clorinde ! L’intermède a sans doute plus de force représenté sur scène, mais les musiciens s’amusent bien et nous avec. L’univers n’est d’ailleurs pas sans rappeler un autre disque phare du Poème Harmonique chez Alpha, l’album Il Fásolo ? Chaudement recommandé !"

"En 1639, Marazzoli (1602-1662) présenta au cardinal Rospigliosi à Rome La Fiera di Farfa, intermède accompagnant son opéra Egisto ovvero Chi soffre speri composé avec Mazzocchi. Cette foire mise en scène par Le Bernin en personne accueillait bœufs, mulets et autres chevaux dans l’ambiance truculente de la commedia dell’arte. La musique est foncièrement drôle, les textes parfois égrillards, comme ceux des Cris de Paris ou d’autres pièces de la Renaissance. La fin de cette Fiera di Farfa s’achève cependant de façon tragique, par un duel, citant le poème du Tasse et la musique de Monteverdi. La découverte de ce manuscrit endormi à la bibliothèque du Vatican a incité Vincent Dumestre et ses musiciens à confronter le bruit du combat aux éclats de la foire.

Le Poème Harmonique réussit à conserver une extraordinaire clarté polyphonique dans un environnement sonore d’une rare somptuosité. Le texte et ses accents, plus que la barre de mesure, dicte le débit, le tempo et de subtiles gradations dynamiques propres à exprimer les sentiments, dévoilant ainsi l’ambivalence de la musique de Monteverdi où la désolation la plus totale se perd dans l’ivresse mélodique et harmonique. Il fallait bien plusieurs combats pour assurer à la musique un tel triomphe."

Muse Baroque

"Et voici une œuvre étrange : La Fiera di Farfa. Marco Marazzoli l’avait composée comme un intermède pour agrémenter une reprise de L’Egisto ovvero Chi soffre speri donnée pour l’inauguration du nouveau théâtre du palais Barberini. C’est tout bonnement une foire mise en musique, comparable aux Cris de Paris de Janequin, ou aux Cries of London de Gibbons. Le Poème Harmonique joue la carte du théâtre, et montre une foire, où l’on entend parfois des répliques parlées autour de ce qui est chanté. C’est bien le théâtre qui prime ici, car la richesse harmonique n’est pas la grande qualité de La Fiera di Farfa : comme le souligne Vincent Dumestre dans une courte note incluse dans le livret, on trouve çà un accord de sol majeur de trente mesures, là un de la majeur de quarante-deux mesures… Cependant, il ne faudrait pas oublier les moments de lyrisme qui parviennent à s’immiscer dans cette foire, comme les deux vers "È no ssusciame’n canna / Chi no serve della miezza canna", chantés d’abord par un ténor seul, puis avec une mezzo-soprano ; comme aussi la chanson "O stelle homicide", qui commence trois fois pour ne s’achever qu’une seule ; comme "Vurria’ addeventare pesce d’or’", chanté avec la flûte à bec de Mélanie Flahaut ; et comme enfin "Sù ’l pass de prima", long passage en tarantella del Gargano magnifié par Serge Goubioud. La poésie a aussi sa place dans cette Fiera di Farfa."

"...En 1639, Marazzoli (160221662) présenta au cardinal Rospigliosi à Rome La Fiera di Farta intermède accompagnant son opéra Egisto ovvero Chi soffre speri composé avec Mazzocchi. Cette foire mise en scène par Le Bernin en personne accueillait bœufs, mulets et autres chevaux dans l'ambiance truculente de la commedia dell'arte. La musique est foncièrement drôle, les textes parfois égrillards, comme ceux des Cris de Paris ou d'autres pièces de la Renaissance. La fin de cette Fiera di Farta s'achève cependant de façon tragique, par un duel, citant le poème du Tasse et la musique de Monteverdi. La découverte de ce manuscrit endormi à la bibliothèque du Vatican a incité Vincent Dumestre et ses musiciens à confronter le bruit du combat aux éclats de la foire."

 

 

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