Ballet sur un livret anonyme, dédié
à Louis XIV. Composée vers 1691/92, l'oeuvre fait
allusion aux victoires de Mons (avril 1691) ou de Namur (juin
1692).
La musique est perdue, seul un livret - manuscrit - a
été conservé.
"Le ballet se compose d’un prologue, de trois
divertissements divisés chacun en huit scènes et d’une
entrée générale. Le prologue met en scène
la France, la Paix et le dieu Mars qui vont offrir tour à tour
des Jeux pour célébrer les dernières
conquêtes de Louis XIV. Le premier divertissement offert par la
France porte comme titre “L’enlèvement d’Orithie”.
Borée poursuit de sa flamme la fière Orithie, alors que
Lisandre et Lidie se disputent tendrement. Sur un rythme de
passacaille, le choeur chante les douceurs de l’amour. Pour se venger
de l’indifférence de la princesse, Borée sur un nuage
appelle les Vents qui se déchaînent et sèment
l’effroi. Le second divertissement offert par la Paix est
intitulé “Les amours de Vertumne et de Pomone”. Vertumne a
réussi à troubler le coeur de Pomone. Devant le
spectacle heureux offert par le couple d’une hamadryade et d’un
berger, Pomone se laisse convaincre par l’amour et s’unit à
Vertumne. Dans la cinquième scène, Vertumne se
métamorphose en une multitude de personnages (moissonneur,
faucheur, laboureur, vigneron, pêcheur, soldat, vieille femme)
pour voir Pomone. De son côté, celle-ci s’impatiente et
vient à douter de la sincérité de Vertumne. Les
amants scellent finalement leur amour par un duo suivi d’un choeur et
de danses. “Les courses d’Athalante” constituent le troisième
divertissement offert par Mars. Ce divertissement conserve le ton de
l’intrigue galante, quoique plus dramatique avec la figure cruelle
d’Athalante qui condamne ses prétendants à une course
fatale. Hyppomène tombe sous le charme de la princesse qui,
elle aussi émue, essaie de le dissuader de se soumettre
à l’épreuve. Néanmoins, la course se
prépare, annoncée par un “bruit de trompettes”. Dans un
air en rondeau, Hyppomène implore l’aide de Vénus qui
paraît dans un char. Après avoir offert à
Hyppomène trois pommes d’or, la déesse s’envole. La
course entre Hyppomène et Athalante est
représentée par “les peuples [qui] chantent et
dansent”. Les confidents Amidor et Ismène annoncent la
victoire d’Hyppomène par un air de triomphe repris par le
choeur. Avec ses combats et ses machineries, cet épisode
n’avait rien à envier aux divertissements des tragédies
en musique." (Elisabeth Jacquet de La Guerre - Catherine Cessac -
Actes Sud)