COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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Nicola Giuvo
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2009
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2010
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Antonio Florio
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Dynamic
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Serenata a tre, composée
pour le mariage du duc d'Alvito, prince de Colubrano, et de Beatrice
Sanseverino, fille du prince de Monte Miletto, ainsi que pour
l'accession du cardinal vénitien Vincenzo Grimani au
trône de Vice-roi de Naples.
Terminée le 16 juin 1708,
elle fut exécutée à Naples en juillet 1708, au
palais du duc d'Alvito, à Chiaja.
Le rôle de Polifemo
était tenu par la basse Giuseppe Maria Boschi.
Haendel séjourna dix
semaines à Naples, de mai à juillet.
Le livret s'inspire du
livre XIII des Métamorphoses
d'Ovide.
Synopsis
Le jour se lève. Acis,
fils de Pan, et Galatée, la nymphe des mers, fille de Neptune,
sont épris l'un de l'autre. Mais Galatée verse des
larmes. Interrogée par Acis, elle lui révèle
qu'elle est poursuivie par la jalousie du cyclope Polyphème.
On entend soudain un fracas : le cyclope a ouvert son antre et
approche. Galatée demande à Acis de la laisser seule
avec lui. Polyphème renouvelle ses reproches et menace de s'en
prendre à son rival. Galatée fait front avec courage.
Polyphème s'en irrite. Acis survient pour défendre
Galatée. Celle-ci dit préférer la mort
plutôt que de céder au cyclope. Polyphème
renouvelle ses menaces. Galatée, pressée par
Polyphème, appelle son père au secours, et court se
jeter dans la mer. Polyphème finit par s'en aller. Acis reste
seul, puis est rejoint par Galatée. De son côté,
Polyphème attend le passage d'Acis. Pendant qu'Acis et
Galatée échangent des paroles d'amour, il fait rouler
un énorme rocher qui va écraser Acis. Galatée
est désespérée. Elle en appelle à son
père pour qu'il transforme son amant en fleuve.
Polyphème essaye de la retenir, mais elle a déjà
rejoint Neptune. Il ne peut que contempler Acis, transformé en
fleuve, qui embrasse Galatée dans le flots.
Représentations :
- Salzbourg - Haus für
Mozart - 11 juin 2011 - version de concert - Akademie
für Alte Musik Berlin - dir. René Jacobs - avec Sunhae
Im (Aci), Vivica Genaux (Galatea), Marcos Fink (Polifemo)
- Halle - Dom - 8
juin 2011 - Festival Haendel de Halle - The English Concert - dir.
Harry Bicket - avec Sophie Bevan (soprano), Marina de Liso
(mezzo), João Fernandes (basse)
- Cité de la
Musique - 19 novembre 2010 - Théâtre de Caen - 21
novembre 2010 - version de concert - Les Arts Florissants - dir.
Jonathan Cohen - avec Christiane Karg (Aci), Delphine Galou
(Galatea), Christopher Purves (Polifemo)
"Délicieuse Galatea de
Delphine Galou (entendue à Beaune cet été dans
Alessandro) ; délicat et empreint de douleur son personnage
s’insurge avec véhémence face aux assauts du cyclope.
Il aura pourtant fallut que le la voix se chauffe avant que l’on
puisse pleinement jouir de son timbre de velours et il est vrai que
face à ses 2 collègues la projection de sa voix lui a
fait défaut (à sa décharge, il faut dire que ses
airs sont dans l’ensemble moins brillants que ceux des deux autres
solistes et qu’elle joue principalement le rôle d’une jeune
fille fragile). Heureusement la chanteuse a su compenser en
réalisant des da capo inventifs et des cadences audacieuses.
Son dialogue avec les flûtes dans l’air « S’agita in mezzo
all’onde » est remarquable. Virtuose, elle a pourtant
éprouvé quelque peine à terminer l’air «
Benché tuoni » pris, il est vrai, à une vitesse
vertigineuse.
Celui qui est à
l’origine de tous ses tourments, c’est le redoutable cyclope
Polifemo, rendu monstrueux par une écriture impossible : le
rôle requiert au moins 3 octaves et de périlleux sauts
de notes extrêmes ! C’est avec maestria que le baryton basse
Christopher Purves, habitué du rôle, s’est joué
de tous les pièges de la partition, se permettant même
un jeu de scène impayable (déclamant le texte, riant
à tout rompre, frappant du pied… sans parler de ses
irrésistibles mimiques). Son air du papillon, véritable
tour de force technique, procure paradoxalement une ineffable
poésie, ce qui a suscité de longs applaudissements
mérités.
Mais la grande surprise est
venue de la soprano allemande Christiane Karg qui a conquis le public
parisien de sa voix ronde, claire et sonore couplée à
une technique sans faille au service de l’émotion. Elle a
immédiatement éclipsé la très
regrettée Rosemary Joshua puis Jaël Azzaretti
initialement annoncées dans le rôle. Subtile
interprétation aigre douce de l’air avec hautbois
obligé « Qui l’augel » où la voix imite le
vol et le chant de l’oiseau et dans lequel la chanteuse n’a pas
hésité à accroître considérablement
les difficultés techniques jusqu’à une
étourdissante virtuosité maîtrisée avec
aplomb ! Chacune de ses interventions n’a été que pur
ravissement donnant une sacrée allure à son Aci !
Talent à suivre !
Alors à partir de cette
distribution quasi parfaite couplée à un chef
inspiré, à des interventions d’instruments solistes de
qualité, et à des airs et des récitatifs vivants
et expressifs, une rare alchimie a pu se créer, élevant
cette naïve « serenata » au rang de
tragi-comédie, sans céder pour autant cette
fraîcheur toute juvénile qu’avait certainement
souhaitée le fougueux Haendel lors de son séjour
italien. "
"Le drame, dont la
durée a la longueur d’un opéra, est resserré
autour de trois personnages qui s’affrontent en permanence : le
berger Aci, la nymphe Galatea et le cyclope Polifemo,
interprétés respectivement par une soprano, une
contralto et une basse. Normalement, c’est Rosemary Joshua qui aurait
dû interpréter le rôle d’Aci, mais souffrante,
elle a été remplacée au dernier moment par la
toute jeune soprano Christiane Karg qui nous aura
réservé la plus heureuse surprise de toute la
soirée. La voix est magnifique et le timbre solaire. Comme une
clématite qui peut s’entortiller à n’importe quoi,
cette chanteuse, avec sa grande souplesse vocale, est capable de
faire fi des plus redoutables vocalises que Haendel a écrites
dans de nombreuses pages. Moment de grâce avec l’air Qui
l’augel da pianta in pianta, lorsque la voix dialoguait pendant
près de dix minutes avec le violon de Florence Malgoire et le
hautbois de Hans-Peter Westermann (ou son sosie car son nom ne
figurait pas dans le programme).
C’est ensuite Delphine Galou
qui interprétait le rôle de Galatea. J’attendais
énormément de cette chanteuse parce qu’un ami m’en
avait fait l’article. Il est en effet assez rare de trouver de vrais
contralto pour les opéras de Handel, et en dehors de Sara
Mingardo, il n’y a pas grand monde qui soit capable de tenir la route
: je n’ai jamais été très fan Marijana
Mijanovic, je trouve Marie-Nicole Lemieux assez inégale, quant
à Sonia Prina… j’en ai déjà dit assez de mal
qu’il n’est pas nécessaire de charger la barque ! Il est vrai
que la voix de Delphine Galou est extrêmement séduisante
et prometteuse (elle a déjà chanté le
rôle-titre de Giulio Cesare à Caen où elle a fait
sensation). Et quand sa voix concerte avec la flûte de
Sébastien Marcq et de Michelle Tellier, on est
transporté, mais quand l’orchestre joue au complet, on
découvre que la voix est encore trop petite. Le principal
défaut de Delphine Galou est de manquer de projection, mais
heureusement c’est un défaut qui disparaît à
l’enregistrement, voilà pourquoi on recommandera aux
spectateurs mal placés ou absents d’écouter la
retransmission du concert qui aura lieu le 4 décembre sur
France-Musique.
Dernier personnage à
entrer en scène, le géant Polifemo,
interprété ce soir par Christopher Purves, un chanteur
qui combine les qualités d’un grand acteur et qui a
provoqué l’hilarité de Florence Malgoire quand,
enragé contre cette pauvre Galatea qui lui résistait,
il s’est mis à chanter en plantant son talon dans le sol. Des
trois, c’est d’ailleurs le premier qui a recueilli les
applaudissements du public, dans son grand air, Fra l’ombre e
gl’orrori, qui est probablement le plus beau de tout l’opéra :
un air très lent, très poignant aussi, qui prend
à la gorge, exactement comme Ombra mai fù. Mais c’est
un chanteur très à l’aise dans tous les registres,
mélancolique ou guerrier, comme dans Sibilar l’angui d’Aletto
où, accompagné par deux cors qui n’ont pas
canardé, il a vraiment donné le meilleur de
lui-même ce soir."
- Turin - Teatro
Carignano - 12, 14, 16, 18, 19 juin 2009 - dir. Antonio
Florio - mise en scène Davide Livermore - avec Ruth Rosique
(Aci), Sara Mingardo (Galatea), Antonio Abete (Polifemo) -
coproduction Teatro Regio Torino; Teatro di San Carlo di Napoli


- Hanovre -
Ballhof - 23, 28, 31 janvier, 2, 4 février 2009
- dir. Andreas Wolf - mise en scène Christian Carsten -
décors et costumes Alexandre Corazzola - dramaturgie
Dorothea Hartmann - avec Carmen Fuggiss (Aci), Mareike Morr
(Galatea), Tobias Schabel (Polifemo)
- Milano - Teatro
dell'Arte - 23, 24 septembre 2008 - Cappella della
Pietà de' Turchini - dir. Antonio Florio - avec Maria
Ercolano (Aci), Romina Basso (Galatea), Raffaele Costantini
(Polifemo)
- Londres - St. John's,
Smith Square - 7 mai 2005 - Bristol - St George's - 11 mai 2005 -
The English Concert - dir. et violon Andrew Manze - avec Carolyn
Sampson, soprano, Hilary Summers, contralto, Charbel Mattar,
basse
- Wigmore Hall -
4 juillet 2003 - Early Opera Company - dir. Christian Curnyn -
avec Mhari Lawson (Aci), Hilary Summers (Galatea)
- Théâtre de
Caen - 12 juin 2003 - Festival
de l'Abbaye de St-Michel-en-Thiérache - 22 juin 2003 -
Le Concert d'Astrée - dir. Emmanuelle Haïm -
avec Sandrine Piau (Aci), Delphine Haidan (Galatea), Laurent
Naouri (Polifemo)
"Après de
brillants concerts en mars 2002 et après un enregistrement en
décembre dernier, le Concert d’Astrée et Emmanuelle
Haïm remontent la cantate peu connue, Aci, Galatea e Polifemo.
Haendel s’est particulièrement intéressé
à cet épisode de la mythologie antique non seulement
dans le masque, Acis and Galatea de 1718, mais aussi dans cette
cantate, démesurément longue pour ce genre musical,
composée dix ans avant. Contrairement au masque qui compte
plusieurs personnages, la cantate n’est chantée que par trois
solistes (soprano, contralto, basse) et ramasse l’action, la rendant
ainsi plus spectaculaire et plus intense. Musicalement, cette oeuvre
n’a rien à envier à Acis and Galatea, et possède
un certain nombre d’airs virtuoses et dramatiques de toute
beauté.
A l’exception de Delphine
Haidan, Emmanuelle Haïm a repris la même équipe que
précédemment mais a nettement développé
les idées qui étaient en germe dans les premiers
concerts. Les instrumentistes sont en petit nombre et la cantate
retrouve son caractère intime initial. Le disque, paru
récemment, témoigne également de ce nouveau
travail et il est bien supérieur à ce que l’on avait pu
entendre l’année dernière.
Sandrine Piau, qui,
après la défection de Natalie Dessay l’année
dernière, a assuré non seulement l’enregistrement mais
aussi une grande partie des concerts, est égale à
elle-même. Elle se joue avec grande maîtrise de toutes
les difficultés vocales mais n’apporte pas une étoffe
suffisante au personnage pour marquer ce rôle. Usant et abusant
des couleurs agréables de sa voix, elle chante tous les airs
avec la même monotonie et ne souligne pas l’évolution du
personnage. Sa voix, si agile soit-elle, laisse entrevoir des “a”
graves fort laids et des notes piquées qui s’apparentent
davantage à des cris, quand elles ne sont pas fausses, comme
dans l’air “Che non può la gelosia”. Seule la page “Qui
l’augel da pianta in pianta”, difficile par sa longueur et par sa
tension vocale, donne à Sandrine Piau la possibilité de
mêler un sentiment de douleur, notamment avec la retenue
qu’elle marque sur “Ma si fa cagion”, à une virtuosité
vocale. En revanche, pour la magie, il est préférable
d’écouter l’enregistrement. Sa prestation est très bien
mais loin d’être exceptionnelle.
Delphine Haidan, nouvelle
venue, possède d’immenses qualités qu’elle ne met en
avant que dans la seconde partie du concert. Il faut attendre l’air
“Se m’ami, o caro” pour l’entendre déployer sa voix de
contralto. Attentive au texte, elle souligne la douleur de Galatea en
accentuant la répétition de la sifflante dans “lasciami
sola a sospirar” et en découpant nettement les syllabes Enfin
elle parvient à créer une véritable
intensité dramatique! Delphine Haidan se montre très
(trop) appliquée dans le reste du concert ce qui restreint
quelque peu son jeu. Mais dans une véritable salle, elle
donnerait beaucoup de consistance à cette partition car les
nuances qu’elle apporte à certains moments laissent supposer
une grande musicalité de sa part. Son timbre, de plus, est
assez fascinant et il devient assez rare de trouver de vraies
contralto. La comparaison avec Sara Mingardo ne tourne pas à
son désavantage mais Delphine Haidan sera parfaite quand elle
saura dominer son inquiétude.
Mais le grand triomphateur,
paradoxalement, du concert est sans nul doute Laurent Naouri.
Dès son entrée dans un air vif “Sibilar l’angui
d’Aletto”, il crée une atmosphère et le drame commence
à se mettre en place. Contrairement aux deux chanteuses qui
tentent d’estomper la frontière entre la version
scénique et la version concertante, Laurent Naouri la brise
irrémédiablement et utilise sa voix à des fins
dramatiques : le théâtre est là. Il ne joue pas
Polyphème, il est Polyphème. Très attentif aux
récitatifs et à leur contenu, il mène l’action
et ses partenaire d’une main de maître. Haendel favorise
particulièrement sa partie avec l’air “Fra l’ombre e
gl’orrori”, dans lequel le chanteur trouve ses plus effrayantes
expressions, ses plus menaçantes. La partition propose des
tonalités différentes et un jeu d’écho se
crée entre des notes basses et des notes hautes. Laurent
Naouri se souvient aussi qu’il a fait ses premières armes
haendeliennes avec Marc Minkowski car les reprises sont
chantées à mezza voce et à un tempo plus lent.
L’air “Non sempre, no, crudele” est un petit bijou de douceur et le
chanteur apporte une touche de lumière dans la
reprise.
Emmanuelle Haïm, qui fait
figure de nouvelle spécialiste de Haendel, dirige avec
beaucoup de fermeté et d’énergie un petit ensemble
réunissant d’excellents solistes. Le violoncelliste Atsushi
Sakaï (fidèle des Talens Lyriques et de Christophe
Rousset) en est un très bon exemple notamment dans l’air “Non
sempre, no, crudele” de Polyphème: il apporte une note de
douceur contrastant en cela avec la voix menaçante et
inquiétante de Laurent Naouri. Le chef du Concert
d’Astrée affine son jeu au fur et à mesure des concerts
mais n’accorde pas encore à la musique la liberté de
s’épanouir totalement. Dans l’ouverture, par exemple, elle la
retient trop. Espérons que cette tendance à la
sécheresse s’estompera au cours des années."
(ConcertoNet)
- Salzbourg - Kleines
Festspielhaus - 6 juin 2003 - Il Giardino Armonico -
dir. Giovanni Antonini - avec Roberta Invernizzi (Aci), Sonia
Prina (Galatea)
- Ludwigsburg - Alice Busch
Theatre - juin 2002 - Batzdorfer Musiker - dir. Graeme
Jenkins - mise en scène Ingrid Fischer - avec Ulrike
Bartsch (Galatea), Christine Wolff (Aci), Gregor Finke
(Polifemo)
- Toulouse - Halle aux
Grains - 21 mars 2002 -
Théâtre des Champs Elysées - 23
mars 2002 - version de concert - Le Concert d'Astrée - dir.
Emmanuelle Haïm - avec Natalie Dessay (Aci), Sara Mingardo
(Galatea), Laurent Naouri (Polifemo).
"La serenata pastorale Aci,
Galatea e Polifemo est tirée d'un épisode des
Métamorphoses d'Ovide. Elle appartient également
à la période de la jeunesse de Haendel et de ses
années d'apprentissage en Italie. Composée pour le
mariage du duc d’Alvito et de Béatrice Sanseverino, cette
sérénade fut achevée le 16 juin 1708 et
exécutée un mois plus tard. Il s’agit en
réalité d’un petit opéra en un acte, un exemple
presque parfait de l’art napolitain où se retrouvent toutes
les marques d’un genre bien codifié: enchaînement
d’arias da capo, abscence de chœur, rôle principal masculin
confié à une voix plus élevée que le
premier rôle féminin. Le livret est d’une bonne
qualité dramatique et l’orchestration riche, faisant
intervenir harpe et trompettes à côtés des
instruments habituels. Dix ans plus tard, le compositeur reprendra la
triste histoire d’Acis et de Galatée comme sujet d’un "masque"
en anglais, sous le titre Acis and Galatea."
- Festival de Beaune
- 14 juillet 2000 -
version de concert - Les Folies Françoises - dir.
Emmanuelle Haïm - avec Juanita Lascarro (Aci), Delphine
Haidan (Galatea), Jérôme Correas
(Polifemo)
"Plus grave, plus sensuelle et
d’une expression plus violente que le masque anglais Acis and Galatea
qu’elle précède de dix ans (et avec lequel elle
n’entretient quasiment aucune parenté musicale), cette «
sérénade à trois » composée pour
Naples démontre à nouveau la richesse de la
période italienne du jeune Haendel. Dirigeant une dizaine de
musiciens depuis l’orgue et le clavecin, Emmanuelle Haïm, qui a
offert à Christie et Rousset de si admirables continuos,
semble encore pouvoir gagner en mordant dans les tutti et en
expressivité dans les contrastes rythmiques - l’acoustique
très réverbérée de la « Salle des
Pôvres » où le froid et la pluie avaient contraint
artistes et public à se replier, ne l’aide pas, il est vrai –
mais révèle d’emblée une clarté de la
facture, une sensibilité dans les nuances et le dialogue entre
les instrumentistes avec lesquelles on sera ravi de compter
désormais. Ayant opté pour une orchestration à
un musicien par pupitre, au risque de rendre parfois grinçants
les échanges entre les deux violons, elle souligne ainsi
l’extrême subtilité d’écriture de chaque partie
et la pertinence dramatique de leur appariement – dont l’opposition
entre le second air d’Acis, accompagné du clavecin seul, et
ceux à l’habillage foisonnant dévolus à
Polyphème constitue l’exemple le plus frappant ; le
procédé sera d’ailleurs repris dans Rinaldo. Dans ce
combat de David contre Goliath, Haendel a su, comme toujours, tracer
du méchant un portrait complexe. Il manque hélas
à Jérôme Correas les moyens physiques du
rôle (certes démesurés : pas moins de trois
octaves) ; l’aigu est décoloré, le grave
disparaît dans sa sublime sarabande, et la bonne volonté
du musicien ne saurait suffire. Manquant de sûreté dans
les vocalises, Delphine Haidan s’impose par l’opulence d’un timbre
nostalgique et la sincérité de l’expression. Mais c’est
Juanita Lascarro qui laisse en Acis le souvenir le plus marquant,
timbre intense et corsé soutenant un phrasé aussi
délié que percutant." (ConcertoNet)
- Château de
Méry-sur-Oise - 13 juin 2000 - Festival
d’Auvers-sur-Oise - Les Folies Françoises - dir. Emmanuelle
Haïm - avec Natalie Dessay (soprano), Delphine Haidan
(mezzo), Jérôme Corréas (baryton)
- Potsdam - Musikfestspiele
Potsdam Sanssouci - 1999 - dir. Andreas Spering - mise
en scène Jakob Peters-Messer - décors et costumes
Sven Bindseil - avec Joerg Waschinski (Aci)

- Festival de
Salzbourg - 16 août 1994 -
dir. Charles Medlam - avec Emma Kirkby, Carolyn Watkinson, David
Thomas
- Halle - Festival
Haendel - 1990 - Goethe Theater -
Virtuosi Saxoniae - dir. Ludwig Güttler - mise en
scène Peter Konwitschny - décors Helmut Brode -
costumes Friederike Grumbach
- Halle - Festival
Haendel - 1988 - Goethe Theater -
Virtuosi Saxoniae - dir. Ludwig Güttler - mise en
scène Peter Konwitschny - décors Helmut Brode -
costumes Friederike Grumbach
- Beaune - VIIes Rencontres
Internationales de Musique Baroque et Classique - 15 juillet 1989 - version originale de 1708 -
London Baroque Orchestra - dir. Charles Medlam - avec Carolyn
Watkinson (Galatea), Lorna Anderson Aci), David Thomas
(Polifemo)
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