COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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John Gay
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ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DÉTAILLÉE
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Bernhard Paumgartner
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Fontana
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1 (LP)
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anglais
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1959
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1960
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Adrian Boult
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Decca
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2 (LP)
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anglais
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1959
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1993
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Adrian Boult
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Decca
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2
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anglais
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1959
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2007
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Adrian Boult
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Chandos
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1 (extraits)
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anglais
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1977
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1998
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Neville Marriner
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Decca
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2
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anglais
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1978
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1988
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John Eliot Gardiner
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Archiv
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2
|
anglais
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1978
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2003
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John Eliot Gardiner
|
Archiv
|
2
|
anglais
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1983
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1988
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Peter Schreier
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Orfeo
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2
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1986
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1991
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Johannes Somary
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Newport Classics
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2
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anglais
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1989
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1990
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Robert King
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Hyperion
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2
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anglais
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1991
|
1991
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Gérard Schwarz
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Delos
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2
|
anglais
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1992
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1995
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Trevor Pinnock
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Archiv Galleria
|
2
|
anglais
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1993
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1998
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David von Asch
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Naxos
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1
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anglais
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1996
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1996
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Valentin Radu
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Vox Classics
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2
|
anglais
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1996
|
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Valentin Radu
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Brilliant Classics
|
2
|
anglais
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1998
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1999
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William Christie
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Erato
|
2
|
anglais
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-
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2001
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The Scholars of London
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Dorian
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1
|
anglais
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|
2003
|
2003
|
Eric Milnes
|
Atma
|
2
|
anglais
|

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|
2007
|
Martin Haselböck
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New Classical Adventure
|
2
|
anglais
|

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2008
|
2008
|
Nicholas McGegan
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Carus
|
2
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allemand
|

|
|
|
|
2008
|
John Butt
|
Linn Records
|
1
|
anglais
|

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|
DVD
ENREGISTREMENT
|
ÉDITION
|
DIRECTION
|
ÉDITEUR
|
FICHE
DÉTAILLÉE
|
2009
|
2010
|
Christopher Hogwood
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Opus Arte
|
|
Masque en trois actes (HWV 49a),
composé en mai 1718 pour le comte de Carnavon, à
Cannons, pour un effectif réduit (dite "version de Cannons").
Le texte est de John Gay, John Hugues et peut-être Alexander
Pope, d'après une traduction, par John Dryden, des
Métamorphoses d'Ovide (Livre XIII). John Gay (1685-1732)
était poète, auteur dramatique et directeur de
théâtre : il obtint le droit de construire le premier
théâtre de Covent Garden en 1732.
Haendel avait quitté
Piccadilly, chez le comte de Burlington, pour s'installer, vers
l'été ou l'automne 1717, à Canons (ou Cannons),
à quelques lieues de Londres, dans le Middlesex, dans le
château construit en de 1712 à 1720 par James Brydges,
comte de Carnavon, baron puis duc de Chandos (1674-1744). Il y
entretenait un orchestre permanent, dirigé par John
Christopher Pepusch, puis par Haendel.
S'inspirant des masques de
Pepusch ou Galliard, Acis and
Galatea fut produite à
diverses reprises à Drury Lane et au Lincoln's Inn Field entre
1715 et 1718.
La première
exécution publique complète eut lieu au Lincoln's Inn
Fields, à Londres, le 26 mai 1731, au bénéfice
d'un M. Rochetti, avec Rochetti, Wright, Leveridge.
En mai 1732, une reprise non
autorisée par Haendel eut lieu à l'initiative de John
Lampe et Thomas Arne, promoteurs de l'opéra anglais, au New
Theatre de Haymarket, face au King's Theatre, avec Susanna Arne,
fille de Arne, future Madame Cibber, et Gustavus Walz, ancien
cuisinier de Haendel, dans les rôles de Galatea et Poliphemus.
En réponse, Haendel modifia complètement l'oeuvre (HWV
49b) : changeant de texte, il fit appel à John Hugues,
librettiste professionnel, qui intégra des "lyrics" de
poèmes de John Gay, A. Pope et J. Dryden ; Haendel incorpora
par ailleurs des airs de la serenata Aci, Galatea e Polifemo de 1708/09, ainsi que d'autres cantates italiennes
et de la Brockes
Passion. Il y eut quatre
exécutions les 10, 12, 17 et 30 juin 1732, avec des
décors et des costumes, mais sans action scénique, puis
quatre du 2 au 16 décembre de la même année. La
soprano Anna Strada del Po chantait le rôle de Galatée,
transposé de contralto à soprano, le castrat soprano
Senesino celui d'Acis, transposé de ténor à
castrat soprano. Les autres interprètes étaient :
Antonio Montagnana, basse (Polifemo), Ann Turner Robinson, soprano
(Cloris), Mrs. Davis, soprano (Eurilla), Anna Bagnolesi, contralto
(Filli), Francesca Bertolli, contralto (Dorinda), Giovanni Battista
Pinacci, ténor (Silvio). Haendel dirigeait l'orchestre du
clavecin. Le succès fut au rendez-vous, et le New Theatre de
Haymarket cessa ses représentations.
Haendel dirigea une
exécution le 11 juillet 1733 au Christ Church Hall, à
Oxford ; puis le 7 mai 1734, au King's Theatre ; puis deux à
Covent Garden, les 24 et 31 mars 1736.
En 1739, Haendel
réaménagea l'oeuvre en deux actes, pour un orchestre
plus étoffé, pour deux exécutions au Lincoln's
Inn Fields, les 13 et 20 décembre.
Le 28 mars 1740 eut lieu une
exécution au bénéfice du Fund for the Support of
Decay'd Musicians.
Haendel la remania encore pour
deux exécutions, les 28 février et 11 mars 1741.
L'oeuvre fut jouée deux
fois à Dublin, au New Music Hall, à compter du 20
janvier 1742.
En 1788, les oeuvres de Haendel
furent redécouvertes à Vienne, notamment grâce
à Gottfried van Swieten, diplomate et mélomane, fils du
célèbre médecin néerlandais Gérard
van Swieten, qui chargea Mozart d'une réorchestration visant
notamment à remplacer la partie d'orgue par des instruments
à vent.
En 1828/29, Felix Mendelssohn,
alors âgé de vingt-et-un ans, réalisa, à
l'initiative de son professeur Carl Friedrich Zelter, un arrangement
qui resta à l'état de manuscrit. On raconte que Zelter
en fit une condition pour laisser Mendelssohn diriger la Passion
selon St Mathieu de Jean-Sébastien Bach. Mendelssohn utilisa
une traduction du texte en allemand par un auteur inconnu.
Personnages : Acis, berger (ténor),
Galatea, nymphe (soprano), Damon, berger (ténor), Polyphemus,
cyclope (basse), Corindon, berger (ténor)
Synopsis
Acte I
Dans un paysage rural
Acis et Galatée sont assis près d'une
fontaine, entourés du choeur, et Polyphème se tient sur
une montagne.
L'ouverture, un presto suivi d'un très court
adagio, prépare une scène pastorale assez simple dans
laquelle le choeur chante le plaisir de vivre dans un environnement
idyllique. Galatée se languit d'Acis (Hush, ye pretty
warbling quire, Silence, ô joli choeur gazouillant),
qui partage ses sentiments de façon tout aussi
mélodieuse (Where shall I seek the charming fair ?,
Où chercherai-je la nymphe charmeuse ?). Damon incite
gentiment Acis à profiter des plaisirs présents au lieu
de poursuivre un amour difficile à saisir, mais la vue de
Galatée ne laisse aucun doute sur la dévotion d'Acis et
lui inspire l'un des chants d'amour les plus glorieux de Haendel
(Love in her eyes sits playing, Amour en ses yeux
s'amuse). Pour sa part, Galatée ne se laisse pas surpasser
(As when the dove, Comme la colombe) et ils
célèbrent ensemble la joie qu'ils partagent de
façon tellement manifeste (Happy we !, Soyons
heureux !)
Acte II
L’atmosphère pastorale et amoureuse s’assombrit.
Le choeur prédit la fin de leur amour heureux (Wretched
swains, Malheureux bergers) avec l'intervention du monstre
Polyphème, qui descend de la montagne pour proclamer son amour
pour Galatée. Polyphème est à moitié
comique, à moitié sérieux ; son récitatif
(I rage, I melt, I burn, J'enrage, je fonds, je
brûle) révèle un véritable gredin et
l'air (O ruddier than the cherry, Ô plus vermeille
que la cerise) comporte un obbligato de piccolo ou de flageolet
afin d'ajouter une touche de moquerie au chant d'amour maladroit du
géant.
Galatée lui manifeste son antipathie, mais
Polyphème renouvelle ses protestations (Cease to beauty to
be suing, Cesse de poursuivre la beauté). Damon
tente de donner un conseil à son ami, mais Acis annonce avec
vaillance qu'il défiera le monstre (Love sounds th'
alarm, Amour sonne l'alarme). D'autres conseils de Damon
(Consider, fond shepherd, Cher berger, pense)
mènent au dénouement, un trio dans lequel les amoureux
se jurent fidélité éternelle (The flocks
shall leave the mountains, Les troupeaux quitteront les
montagnes) tandis que Polyphème, frustré,
vitupère. Il lance un rocher de la montagne qui écrase
Acis. Le choeur le pleure (The gentle Acis is no more,
Le bel Acis n'est plus). Dans deux airs d'une beauté
exceptionnelle, dont un avec choeur, Galatée pleure sa perte,
puis accepte ce que le choeur affirme avec assurance : Acis now a
god appears, Acis apparaît maintenant comme un
dieu !" (Kobbé - Robert Laffont)
"Acis & Galatea, opéra-masque en anglais
sur un livret attribué à John Gay, fut composé
en 1718 pour le duc de Chandos au château de Cannons. Acis et
Galatée jouit d’une popularité exceptionnelle du vivant
de Haendel et fut joué plus de 100 fois. Le livret,
inspiré de "l’Histoire d’Acis, Polyphème et
Galatée" du Livre XIII des Métamorphoses d’Ovide, met
en scène la nymphe des Mers, Galatea, éprise d’Acis,
fils de Pan, et le cyclope, Polyphème, qui chantant en vain
son amour pour Galatea, rendu jaloux et furieux, blesse mortellement
Acis sous un énorme rocher. Acis devient alors immortel,
métamorphosé sous la forme d’une source.
Acis représente un moment décisif de
l’histoire de la musique anglaise, car il établit un lien
entre les masques de l’époque de Purcell et les oratorios de
Haendel sur lesquels il anticipe remarquablement notamment dans
l’utilisation du choeur. Haendel nous donne une composition brillante
avec une succession d’airs destinés aux protagonistes qui nous
conduisent à des sommets vocaux. Ainsi les
irrésistibles “Wretched lovers”, “Cease Galatea, cease to
grieve”, “Heart, the seat of soft delight” qui répondent aux
délicieuses parodies “I rage, I melt, I burn”, “O rudder than
the chery” et “The flocks shall leave the mountains”. (Festival de
Beaune - 2003)
"Au début du XVIIIe siècle, James
Brydges, comte de Carnavon et duc de Chandos, avait
érigé à Cannons, non loin de Londres, une
somptueuse résidence. Les bonnes grâces de la reine Anne
et du duc de Marlborough l’avaient fait nommer
trésorier-payeur général des armées
durant la guerre de succession d’Espagne; ce poste ainsi que des
spéculations dans la Compagnie des mers du Sud lui avaient
permis d’amasser une fortune colossale. «Few German sovereign
Princes live with that magnificence, grandeur and good order»,
écrivait Macy en 1722 dans son A Journey through England : la
demeure de Cannons abritait cent vingt «persons in family»
et une garde suisse, dans un luxe encore jamais vu en dehors de la
Cour. Une telle ostentation fit dire à John Mainwaring,
premier biographe de Handel, plusieurs décennies plus tard il
est vrai, qu’on voyait au château «much more art than
nature, and much more cost than art.»
Princely Chandos, comme le surnommaient ses
contemporains, employait un petit ensemble de musiciens : un chœur
d’hommes et de garçons, qui non seulement chantait aux offices
de la chapelle du château mais aussi «entertained him
while at table», et un petit orchestre comprenant des cordes
sans alto et deux instrumentistes à vent jouant les
flûtes à bec et les hautbois. C’est John Christopher
Pepusch qui depuis 1712 dirigeait la musique du duc et, parmi les
musiciens, on remarquait les noms de George Monroe, claveciniste,
d’Alessandro Bitti, premier violon, et de Francesco Scarlatti,
frère d’Alessandro et oncle de Domenico Scarlatti.
Vers 1717, George Frideric Handel se rendit à
Cannons à l’invitation du duc. Il y demeura un peu plus d’un
an comme compositeur en résidence, sans obligation aucune, et
ce séjour le reposa sans doute des combats qu’il
commençait à livrer pour imposer ses opéras
italiens sur les scènes londoniennes. Il y composa des
pièces de clavecin, termina les six concertos de l’Opus 3 et
offrit à son hôte une série de onze anthems
à être chantés dans la chapelle du château,
ensemble connu sous la désignation de Chandos Anthems. Il mit
également à profit les ressources musicales de Cannons
dans un petit opéra biblique, Haman and Mordecai — qu’il
refondra plus tard dans son oratorio Esther —, et dans le masque
pastoral Acis and Galatea, représenté au printemps de
1718.
Ce dernier est l’œuvre de Handel qui a joui de la
plus grande popularité du vivant de son auteur : elle connut
plus de soixante-dix représentations et Handel la dirigea pour
la dernière fois en 1742, lors de son voyage à Dublin.
L’œuvre compte aussi parmi celles que le baron van Swieten demandera
à Mozart de réorchestrer en 1788. Le sujet,
emprunté aux Métamorphoses d’Ovide, servit d’abord
à Handel dans la Cantate Aci, Galatea e Polifemo
composée à Naples en 1708, durant son séjour
italien, mais une seule aria de celle-ci a été reprise
dans la production de 1718. Chez Chandos, Handel eut l’occasion de
connaître, entre autres poètes et écrivains
anglais, John Arbuthnot, John Hughes ainsi que John Gay, et ce
dernier est l’auteur présumé du livret,
dérivé de Dryden et avec la participation possible de
Pope.
Depuis plus d’un siècle en Angleterre on
nommait masques différentes productions musicales en langue
anglaise tenant à l’origine du ballet de cour français,
plus tard de la serenata italienne — vaste cantate sans action
dramatique véritable mais avec représentation
scénique —, et il y entrait un mélange de danses, de
dialogues chantés ou parlés, d’airs et de chœurs, le
plus souvent sur des sujets pastoraux ou féeriques. À
l’époque élisabéthaine, le masque consistait
parfois en une action mineure insérée dans une
tragédie pour soulager le public d’une tension dramatique
insoutenable, et à cela s’est joint un peu plus tard l’esprit
lullyste fait de charme et d’invitation aux plaisirs. Beaucoup des
musiques de scène et des entractes composés pour des
pièces de théâtre, ainsi que ce qu’il est convenu
d’appeler les semi-operas de Purcell appartiennent à ce genre
hybride. Et jamais ailleurs que dans Acis and Galatea, sauf
peut-être dans L’Allegro, il Moderato ed il Penseroso, Handel
n’a été aussi près de la finesse et de la
grâce de son prédécesseur. Au XVIIIe
siècle, le masque connut un développement nouveau et un
regain de popularité dans les milieux voulant réagir
contre l’invasion de l’opéra italien; Handel aurait pu se
faire le porte-flambeau de cette cause, si l’on en juge par le
chef-d’œuvre qu’est Acis, mais il était aussi le champion de
l’opéra…
Synthèse de l’esprit britannique et de la
lumière du Sud, l’œuvre, qui laisse aux récitatifs la
part congrue, manifeste une parfaite compréhension de la
poésie anglaise. Les moyens plutôt limités de
l’orchestre du duc furent loin de freiner le génie de Handel;
au contraire, ils lui permirent de créer une œuvre
élégiaque, riante, pleine de spontanéité
et de légèreté pastorale. Après avoir
remanié son ouvrage en 1732 d’une façon assez
bâtarde, en y mêlant d’autres musiques sur des textes
italiens, Handel est revenu à la version de Cannons pour sa
publication par John Walsh en 1743.
L’ouverture, mouvement de concerto grosso avec solos
de hautbois, introduit directement le premier chœur, où l’on
entend les bourdons — la note tenue par les basses — des bergers de
Calabre ou de Sicile. Galatée fait son entrée avec un
bird song et Polyphème n’apparaît que dans la seconde
partie, avec une énormité plus bouffonne
qu’épouvantable. Le chœur qui avertit les amants du danger
commence dans le style fugué ancien, comme pour signifier la
sévérité du destin qui les attend, puis il
décrit les enjambées et l’apparence du géant par
des accords et des masses mouvantes accompagnées de
«giant roars». Le sommet de l’œuvre reste sans contredit le
trio «The flocks shall leave the mountains», où la
calme détermination des jeunes amants s’oppose dans un
saisissant contraste à la rage meurtrière de
Polyphème. Rien de tragique n’accompagne pourtant la mort
d’Acis, puisque la magie de Galatée le rendra immortel en le
métamorphosant en une source d’eau pure.
La magnifique partition d’Acis and Galatea nous
montre bien que la transparence, la sensualité raffinée
et la tendresse sont tout aussi caractéristiques de l’art de
Handel que la grandeur épique et la majesté dramatique
de ses grands oratorios. Mais, quels que soient les moyens qu’il
emploie, partout nous frappe et nous ravit l’indéfectible
générosité de ce grand musicien
européen." (Présentation Les Boréades)
Représentations
:
- Giessen -
TiL-studiobühne - 5, 20 novembre, 4, 18
décembre 2011 - Ensemble Animus - Mitglieder des
Philharmonischen Orchester Gießen - dir. Jan Hoffmann - mise
en scène Stephanie Kuhlmann - décors, costumes Mila
van Daag - avec Naroa Intxausti (Galatea), Florian Voss (Acis),
Stephan Bootz (Polyphem), Heike Keller (Damon 1), Sang-Kiu Han
(Damon 2) - nouvelle production

- Aix-en-Provence - Grand
Saint-Jean - 9, 10, 12, 13, 16, 17, 19, 20, 22, 23
juillet 2011 - Orchestre baroque de l'Académie
européenne de musique - dir. Leonardo García
Alarcón - mise en scène, décors, costumes
Saburo Teshigawara - lumières Saburo Teshigawara - avec
Julien Behr / Pascal Charbonneau (Acis), Julie Fuchs / Joelle
Harvey (Galatea), Rupert Charlesworth (Damon), Zachary Wilder
(Coridon), Joseph Barron / Grigory Soloviov (Polypheme) - nouvelle
production


- Forum
Opéra - Meurtre dans un jardin anglais
"« La musique nait du
partage avec les autres » affirme Leonardo Garcia Alarcon dans
le programme de cet Acis and Galatea proposé par le Festival
d’Aix-en-Provence. Puis le chef d’orchestre d’expliquer que cela
nécessite un travail sur l’homogénéité et
sur l’écoute des autres. La représentation de
l’opéra pastoral de Haendel dans le cadre champêtre du
Grand Saint Jean a valeur de démonstration. L’orchestre
baroque de l’Académie européenne de musique est
formé d’une quinzaine d’instrumentistes
sélectionnés un peu partout en Europe. Neuf chanteurs
se partagent en alternance les cinq rôles solistes et les cinq
parties du chœur. Et, ce que l’on retient d’abord de la
soirée, c’est une harmonie fusionnelle, la beauté
d’ensembles où voix et instruments tout en préservant
leur caractère propre se confondent en une polyphonie
jouissive.
Afin de ménager ses
jeunes solistes, Leonardo Garcia Alarcon a fait le choix de la
première version d’Acis and Galatea, moins exigeante
vocalement que la sérénade italienne composée
sur le même sujet par Haendel dix années auparavant.
Cette version est aussi mieux adaptée à
l’intimité du Grand Saint Jean que la suivante, datée
de 1739 et basée sur le modèle du grand oratorio
à l’anglaise. Joelle Harvey (Galatea), Pascal Charbonneau
(Acis) et Grigory Soloviov (Polypheme) y exposent un talent
prometteur dont on renâcle à souligner les
mérites respectifs tant, dans ce contexte, la somme des
individualités prime sur l’individu. On se contentera de
souligner la consistance des voix qui trop souvent dans le
répertoire baroque pèchent par excès de
modestie. Grigory Soloviov est un Polypheme sonore, à la
présence réjouissante, plus bouffon
qu’épouvantable, ainsi que l’a voulu Haendel. Le chant de
Joelle Harvey possède à la fois rondeur et
pureté. Le timbre de Pascal Charbonneau est suffisamment
marqué pour ne pas faire d’Acis un portrait palichon mais au
contraire dessiner un berger athlétique à la vocalise
déliée. De l’orchestre sourd le caractère
poétique de la partition, ses humeurs tendres, sa galanterie,
ses coloris délicats qui évoquent la lumière
d’un ciel d’été posé, entre deux nuages, sur un
gazon anglais.
Une même poésie
habiterait la mise en scène de Saburo Teshigawara si les
nombreuses idées qui l’animent avaient mieux été
exploitées. Les contorsions imposées aux chanteurs dans
la première partie finissent par donner l’impression d’une
danse de Saint-Guy. Les ombres projetées sur le mur du
château ne sont que partiellement utilisées, tout comme
cette lune ronde qui surgit sans raison derrière les
branchages au milieu d’une aria puis disparait aussitôt sans ne
plus jamais revenir. L’effet, d’une saisissante beauté, aurait
demandé d’être mieux accordé à la musique.
On aurait souhaité aussi des costumes qui, à l’exemple
des décors, s’intègrent mieux à ce
théâtre de verdure qu'est le Grand Saint-Jean (la tenue
de latex noir de Polyphème le fait ressembler à une
mouche géante). On aurait aimé une gestique moins
abstraite. On aurait voulu que l’ensemble du spectacle finalement
soit à l’image de la dernière scène dont, pour
ne pas rompre le charme, on ne dira rien, si ce n’est que
l’idée réussit l’exploit d’amuser et d’émouvoir
à la fois."
"La bonne surprise du Festival
d'Aix-en-Provence est venue de la subtile pastorale de Händel,
Acis and Galatea, donnée au Grand Saint-Jean. La poésie
du cadre naturel est parfaitement mise en valeur par la mise en
scène de Saburo Teshigawara – qui signe également
lumières, costumes, décors et chorégraphies. Le
résultat est extrêmement réjouissant : une sorte
de combinaison inédite entre paysage sonore et paysage mental
dont le souvenir dépasse largement l'impact rétinien.
La scène occupe un
espace minuscule à l'arrière de la bâtisse. Un
décor végétal simple en épouse les
contours, tandis que les arbres du parc sont intégrés
à l'arrière-fond par l'utilisation de projecteurs
à lumière variable. La mise en scène et
l'éclairage complexe organisent une mise en perspective des
voix afin de moduler effets visuels et plans sonores. Ainsi
transformé en un lieu mythologique, le jardin semble flotter
dans un espace multidimensionnel assez indéfinissable
où la lumière joue le rôle principal,
détaillant çà et là tout un monde de
nymphes et de faunes dissimulé dans les joncs. Ultime
préciosité mais vrai défaut, la projection
malaisée du livret sur le mur latéral oblige à
tourner fréquemment la tête (ce dont on finit par se
passer rapidement, compte-tenu de la simplicité de l'intrigue
et de l'intensité du spectacle).
L’Orchestre baroque de
l’Académie européenne de musique est constitué
d’une quinzaine de jeunes instrumentistes dont la diversité
des origines géographiques et de formations est sujet
d'émerveillement. Le chef argentin Leonardo García
Alarcón a privilégié la première version
d’Acis and Galatea, moins exigeante vocalement que la
sérénade italienne éponyme, composée dix
années auparavant. Au total, dix chanteurs chantent en
alternance les cinq parties chorales ainsi que les trois
rôles-titres. Cette pastorale (avec grillons obligés) se
fond dans un ensemble particulièrement homogène et
d'une touchante proximité avec le public. Le plein air
assèche considérablement le timbre des instruments et
contraint les musiciens à se réaccorder
fréquemment. Malgré quelques nervosités dans les
tensions agogiques (cordes et bois), l'orchestre pallie la faiblesse
de projection et la netteté acoustique redoutable. Les
qualités techniques des instrumentistes sont remarquables ; on
a rarement entendu ensemble baroque aussi précis de justesse
et de mise en place.
Son premier air (Ye verdant
plains and woody mountains) est très fluide et d'un galbe
parfait. Coiffure, robe et gestes vaporeux ont une identité
graphique japonaise ; la chorégraphie de Saburo Teshigawara
l'entoure d'un écrin esthétique sobre et discret. Le
timbre de Julien Behr (Acis) n'est pas immédiatement au
rendez-vous mais trouve rapidement sa dimension et ses couleurs dans
Love in her eyes sits playing, seule véritable occasion de
briller offerte par un rôle somme toute assez pâle. Le
Polyphème de Joseph Barron aurait certainement
mérité costume moins ridicule. Les yeux fermés,
on apprécie une ligne vocale fort incarnée, avec des
couleurs assez ternes toutefois. Le chœur est bien
équilibré et d'une agréable justesse harmonique.
Une chorégraphie trop
bavarde contraints les chanteurs à des contorsions inutiles
qui viennent surcharger le chant. L'orage menaçant participe
à la dramaturgie en ajoutant sa basse continue au tragique
purcellien de la scène finale. Au milieu du paysage sonore,
cette belle image d'Acis qui se relève –
métamorphosé en source d'eau à laquelle boit
Galatée."
"Acis et Galatée,
présenté dans le cadre bucolique du Domaine du Grand
Saint Jean, coproduction avec la Fenice de Venise et l'Opéra
de Bergen. En sortant de la représentation, je me demandais ce
que pourrait être ce travail dans un espace clos, sans le mur
du domaine, sans les lumières du fond du parc, sans le vent
discret et cet air de campagne qui va si bien avec l'histoire de cet
opéra pastoral, joué et chanté par de jeunes
chanteurs valeureux, et dirigé par la découverte du
festival d'Ambronay, l'argentin Leonardo Garcia Alarcon (qui ce soir
là, suite à un incident impromptu, a abandonné
le pupitre, pour disparaître deux minutes, en laissant le chef
de chant Lionel Desmeules reprendre l'orchestre l'espace d'un instant
...). C'est d'abord la magie du lieu et l'harmonie entre le paysage
réel et le paysage scénique qui charme le spectateur,
qui l'installe l'espace du spectacle dans une atmosphère
vaguement arcadienne. L'approche de Saburo Teshigawara, metteur en
scène et en gestes, et en mouvements de ce spectacle ajoute
à l'atmosphère étrange qui s'en dégage:
sans faire danser les chanteurs, il leur a appris une gestique
intermédiaire, qui met le corps en premier plan et qui du
même coup ôte toute velléité
réaliste à l'ensemble, mais qui accompagne la musique
et rythme l'intrigue. Il en résulte un spectacle très
frais (sans doute l'influence du "locus amoenus" et de la fontaine
finale...), très jeune, et dans lequel on se laisse
entraîner sans vraiment chercher "derrière les yeux". La
précision des mouvements, qui semblent quelquefois reproduire
les gestes étranges de certains tableaux du XVIIème,
l'engagement des chanteurs (le chœur est magnifique de
précision, à la fois dans la voix, mais aussi dans les
gestes), la subtilité des éclairages, proches ou
lointains (l'utilisation du parc donne une magie toute
particulière), tout concourt à produire une impression
de poésie en adéquation avec l’univers pastoral voulu
par Haendel: il y a quelque chose qui renvoie aux atmosphères
de fête de cour, tout en restant résolument moderne dans
le propos.
Ce qui frappe c'est qu'il n'y
a aucun excès, nous sommes dans la mesure, dans une
simplicité apparente (bien conforme aux origines nippones
deTeshigawara ) qui en réalité cache un travail
d'orfèvre à tous les niveaux de la réalisation
scénique (jusqu'à la perspective des corps
recroquevillés à la fin de l’œuvre). les
dernières images avec Acis transformé en fontaine sont
vraiment très marquantes . Voilà encore un choix de
production très pertinent de Bernard Foccroule.
A cette ambiance
scénique, se projetant dans un espace rêvé mais
aussi étonnamment intimiste, correspond un son qui acccompagne
notre rêve, 16 musiciens, des sons à la fois
grêles et très présents (les bois), vifs (les
cordes), et d'une grande délicatesse (le luth), jusqu'à
l'orgue dont le son réussit à se fondre dans un
ensemble et qui donne aussi cette couleur intime, renforcée
par la proximité des artistes et du public. La vivacité
des rythmes, l'attention donnée aux moments plus lyriques (la
fin est exemplaire et continue à sonner longtemps à nos
oreilles, tout comme l'image qui lui correspond), tout cela donne une
présence musicale très forte à l'entreprise, et
le chef obtient de ses musiciens mais aussi des chanteurs, de
magnifiques couleurs. La jeunesse de l'équipe de chanteurs est
aussi un atout: on sent que ces jeunes artistes sont disponibles,
aussi bien pour des mouvements inhabituels sur une scène
d'opéra, que pour un chant très dominé et
souvent remarquable. Si la première partie, plus convenue,
laisse un peu sur sa faim (sauf pour le chœur, justement) la
deuxième partie est particulièrement riche en airs
d'une poésie et d'une délicatesse qui ont fait la
réputation de l’œuvre (dont c'est la version de 1718 qui est
jouée, sans doute la plus conforme à ce que en voulait
Haendel). Signalons l'air magnifique de Coridon "would you gain the
tender creature", chanté par le jeune et remarquable Zachary
Wilder, merveilleux de technique et de contrôle, mais aussi de
poésie et de sensibilité, qui est sans doute l'un des
sommets de la représentation. Rupert Charlesworth, tout jeune
lui aussi, allie une vrai sens chorégraphique et une voix bien
dominée d'une délicate légèreté,
notons que tous deux sont issus de l'école
anglo-saxonne...
Julien Behr en Acis (qui est
un rôle plutôt pâle) au timbre chaud, à la
voix bien posée et forte, réussit à donner
à cette partie ingrate une vraie personnalité. Julie
Fuchs, après un premier acte un peu discret, donne à
son deuxième acte une intensité plus grande,
correspondant au côté tragique qui envahit la
scène, mais est douée d'une forte présence
scénique et d'une grande élégance en dominant
parfaitement les gestes de la "chorégraphie". Seul
Polyphème (Joseph Barron, en costume de cuir noir) m'est
apparu un peu en retrait, sa voix manque de projection, malgré
de bonnes qualités d'agilité. Mais on se souviendra du
jeu de l'ombre projetée sur la frêle Galatée, qui
est est une vraie réussite de la mise en scène, et d'un
monstre avec un zeste de tendresse, qui justifierait la voix contenue
qu'il donne au personnage.
Il reste un spectacle de
très bonne facture, une réussite théâtrale
supplémentaire dans un Festival, qui cette année,
semble avoir réussi (presque) tous ses paris scéniques.
On se souviendra longtemps de "would you gain the tender creature",
dans la douceur de l'air aixois et de l'extraordinaire
fraîcheur que respiraient ce soir le plateau et la
musique."
- Opéra Magazine - septembre 2011
"Sans aucun doute, cette
nouvelle production s'inscrit parmi les réussites de la 63'
édition du Festival d'Aix-en-Provence. Sublimée par le
cadre paisible du domaine du Grand cSaint-Jean, l'inventif spectacle
du chorégraphe scénographe japonais Saburo Teshigawara
transporte, sans mièvrerie, cet ouvrage en un acte dans une
perspective bucolique, généreuse et
récréative. Enveloppés par de subtils jeux de
lumières, les arbres centenaires imposent au loin leur
silhouette majestueuse ; la fraîcheur nocturne estivale
distille ses parfums enivrants ... un pur délice pour les sens
! Dans cet équilibre quasi parfait, le travail de Saburo
Teshigawara apparaît délectable. En termes de
théâtre chorégraphié, sa vision se montre
pragmatique. Sa volonté d'épure élude le
superflu en préservant l'essentiel : le récit,
respecté à la lettre, sans aucune transposition
hasardeuse. Les personnages sont adroitement figurés, l'action
bien définie, l'idée éloquente (Acis
transformé en rivière). Ainsi traitée, l'œuvre
n'a aucune peine à livrer sa délicate beauté.
Leonardo Garcia Alarcon est probablement celui qu'il faut
féliciter en premier, tant son engagement est perceptible dans
l'étroite fosse accueillant les quinze musiciens. Pas une
seconde, la partition ne lui échappe, le chef argentin
galvanisant certains pupitres parfois pris en défaut de
justesse sur les sections virtuoses (l'humidité ambiante du
plein air n'aide guère). Maître du temps musical, il
parvient à insuffler à l'Orchestre baroque de
l'Académie européenne de musique, une vitalité
et un désir.
Le chant, jeune et frais,
n'est pas pour autant celui de débutants. La soprano
française Julie Fuchs est délicieuse de pureté
et de charme. Son compatriote Julien Behr est tout aussi attachant,
faisant merveille dans le divin « Love in her eyes sits playing
». Le second ténor, le Britannique Rupert Charlesworth ne
démérite pas, laissant présager de belles
dipsositions. Un rien moins à son aise, le baryton-basse
arnéricain Joseph Barron connaît quelques
difficultés de projection. Réduit à une voix par
partie, le Chœur de solistes affirme une présence sonore
superbe.
A tous Teshigawara impose une
gestuelle ample, que l'on imagine à la fois confortable et
libératrice pour les chanteurs. Sur un praticable rccouvert de
gazon, avec le concours de quelques branchages et des magnifiqucs
murs du Grand Saint-Jean, son travail allie fluidité et
naturel. Les costumes sont à l'avenant: sobres iGalalea),
poétiqucs (Acis ct le Chœur), voire ludiques (Damon et
Polyphemus). Une démonstration de bon sens et de goût !
"
- Washington - Kennedy
Center - Terrace Theater - 5 avril 2011 - version de
concert - Opera Lafayette - avec Thomas Michael Allen (Acis), Rosa
Lamoreaux (Galatea), Peter Becker (Polyphemus), Robert Getchell
(Damon)
- Boston - New England
Conservatory's Jordan Hall - 3 avril, 18 juin 2011 -
Mahaiwe Performing Arts Center, Great
Barrington - 26 juin 2011 - Early Music Festival
Chamber Ensemble - dir. Paul O'Dette et Stephen Stubbs - mise en
scène Gilbert Blin - costumes Anna Watkins - avec Aaron
Sheehan, ténor (Acis), Teresa Wakim, soprano (Galatea),
Jason McStoots (Damon), Zachary Wilder (Coridon), Douglas Williams
(Polyphemus) - version de 1718

- Salzbourg - Mozarteum
- 26 janvier 2011 - Les Musiciens du Louvre Grenoble -
Salzburger Bachchor - dir. Marc Minkowski - chef de choeur Alois
Glassner - avec Toby Spence (Acis), Julia Kleiter (Galatea),
Markus Brutscher (Damon), Mika Kares (Polyphem)
- Burgarena Reinsberg -
Reinsberg - Autriche - 29, 30, 31 juillet, 5, 6, 7, 12,
13, 14 août 2010 - Wiener Akademie - dir. Martin
Haselböck - mise en scène Michael Sturminger -
décors, costumes Nina Ball - avec James Oxley (Acis),
Claire Meghnagi (Galatea), Tomasz Konieczny (Polyphem), Paul
Schweinester (Damon), Wilhelm Spuller (Coridon), Julia Banyai
(Belinda), Jan Petryka (Jasiop)

- Boston - New England
Conservatory's Jordan Hall - 28 novembre 2009 - Early
Music Festival Chamber Ensemble - dir. Paul O'Dette et Stephen
Stubbs - mise en scène Gilbert Blin - costumes Anna Watkins
- avec Aaron Sheehan, ténor (Acis), Amanda Forsythe,
soprano (Galatea), Jason McStoots (Damon), Zachary Wilder
(Coridon), Douglas Williams (Polyphemus) - version de 1718

- Radebeul -
Landesbühnen Sachsen - Allemagne - 16 octobre, 22
novembre 2009 - dir. Florian Merz - mise en scène Stefan
Brosig - décors, costumes Stefan Wiel - avec Antje Kahn
(Galatea), Andreas Petzoldt (Acis), Christina Elbe (Damon),
Michael König (Polypheme)


- Fürth Stadttheater -
Allemagne - 16 octobre 2009 - dir. Kevin John Edusei -
mise en scène Nilufar K Münzing - décors
Christiane Becker - costumes Johanna Deffner - avec Barbara Emilia
Schedel, Fredrik Akselberg, Ulf Bunde, Martin M. Fösel, Thilo
Himstedt, Dong-Seok Im, Vesa Kytöoja, Gustavo
Martin-Sánchez, Cordula Schmieg, Tina Essl, Katharina
Wiedenhofer - nouvelle production


- Edinburgh International
Festival - 30 août 2009 - Scottish Chamber
Orchestra Chorus - FestspielOrchester Göttingen - dir.
Nicholas McGegan - avec Christoph Prégardien (Acis),
Dominique LaBelle (Galatea), Michael Slattery (Damon), Wolf
Matthias Friedrich (Polyphemus)
- Basilique de Beaune
- 26 juillet 2009 - en version de concert - Gabrieli
Consort & Players - dir. Paul McCreesh - avec Sarah Tynan
(Galatea), Robert Murray (Acis), Jeremy Budd (Damon), Alan Ewing
(Polyphemus)
"Magnifique conclusion au 27e
Festival d’opéras baroques de Beaune que l’ «
opéra-pastorale » Acis and Galatea, chef-d’œuvre de
Haendel dans sa version anglaise... Car ce n’est pas diminuer le
moins du monde les mérites de Paul McCreesh que de dire que ce
chef n’a pas ajouté une formation baroque de plus
outre-Manche, mais qu’il l’a intégrée,
insérée avec autant d’amour que de science et de
culture à la grande tradition anglaise qui, à l’inverse
de ce qui s’est passé en France en raison du couperet culturel
de la Révolution, n’a jamais cessé d’être
pieusement cultivée, génération après
génération, de Purcell à Britten. Il suffisait
d’écouter sonner les instruments dans la Sinfonia introductive
pour se persuader que c’est bien d’une véritable greffe dont
il s’agit ici : loin de ronronner, la tradition s’en trouve rajeunie
et exaltée. Le son délicieusement aigrelet des hautbois
anciens, bien encadrés par des cordes à la fois libres
et stylées, tient alors du clin d’œil pastoral à cette
légende à la fois sophistiquée et rustique
sortie des Métamorphoses d’Ovide.
Cette manière de «
masque » élégant, parfois à la limite du
maniérisme, a le fuité d’un bonbon anglais et la
subtilité d’un grand thé indien : tous les
éléments sont réunis ici pour une
dégustation marquée au sceau de la perfection. Cinq
chanteurs britanniques hors pair, merveilleusement homogènes,
à l’écoute les uns des autres et complices au point
d’incarner le chœur de cette bergerie so british, parviennent
à paraître naturels dans un sommet de raffinement. Le
comble, c’est qu’en dépit de ce jeu distancié,
l’émotion réussit à se frayer un chemin au
moment même où l’on se croyait dans un simple jeu de
colin-maillard… Plus anglais, tu meurs !
La Galatée de
l’affriolante soprano Sara Fox a le profil de médaille d’Alma
Schindler, épouse Mahler, le buste enserré dans un
corset de jais parfaitement destroyed pigeonne avec une insolence
à vous damner tous les cyclopes de la Grèce. Et le
ramage vaut le plumage ! Quant à son Polyphème, la
fabuleuse basse caverneuse Alan Ewing, il crie sa douloureuse passion
attisée par le feu de l’Etna avec un art consommé et un
réel talent d’acteur. Entre eux, dans tous les sens du terme,
s’affairent les trois ténors Robert Murray, somptueux Acis,
Jeremy Budd, Damon attentif aux autres, et Tom Philipps, Coridon qui
s’essaye à l’impossible médiation. Grâce à
Paul McCreesh, cette heure et demie de musique d’une incroyable
richesse passe comme un rêve et comme le plus somptueux hommage
à Haendel." (Concertclassic)
- Opéra de Sydney
- 27 juin, 1er, 3, 9, 11, 14, 18 juillet 2009 - dir.
Antony Walker - mise en scène Patrick Nolan -
décors, costumes Gabriela Tylesova - video Mic Gruchy -
lumières Nigel Levings - chorégraphie Lucy Guerin -
avec Taryn Fiebig (Galatea), Kanen Breen (Damon), Henry Choo
(Acis), Shane Lowrencev (Polyphemas) - nouvelle production
- Downpatrick - Royaume Uni
- Down Arts Centre - 13 juin 2009 - OTC Young Associate
Artists
- Halle - Ulrichskirche
Konzerthalle - 5 juin 2009 - Festival Haendel - dir.
Frank-Steffen Elster
- Landesbühnen Sachsen
- Radebeul - Allemagne - 25 avril 2009 - dir. Florian
Merz - mise en scène Stefan Brosig - coproduction avec
Chursächsischen Philharmonie
- Londres - Covent Garden
- 31 mars, 3, 8, 11, 15, 18, 20 avril 2009 - dir.
Christopher Hogwood - mise en scène Wayne McGregor - avec
Danielle de Niese (Galatea), Charles Workman (Acis), Paul Agnew
(Damon), Ji-Min Park (Coridon), Matthew Rose (Polyphemus)

- Linz - Arkade am
Taubenmarkt - 1er juin 2008 - version
orchestrée par Mozart - dir. Dennis Russell Davies /
Alexander Hannemann - mise en scène Magdalena Fuchsberger -
décors, costumes Richard Stockinger - chef de choeur Georg
Leopold - dramaturgie Dr Judith Deak - avec Gotho Griesmeier /
Alesja Miljutina (Galathea), Iurie Ciobanu / Christian Zenker
(Acis), Mark Calvert / Christian Zenker (Damon), William Mason /
Steffen Rössler (Polyphem)
- Göttingen -
Stadthalle Göttingen - Haendel-Festspiele - 13 mai
2008 - NDR Chor - Festspielorchester Göttingen - version
orchestrée par Felix Mendelssohn - dir. Nicholas McGegan -
avec Julia Kleiter (Galatea), Christoph Prégardien (Acis),
Michael Slattery (Damon), Wolf Matthias Friedrich (Polyphem)
- Utrecht - 2007
- dir. Lars Ulrik Mortensen - avec: Mathias Hedegaard (Acis),
Miriam Allen (Galatea), Jan Lund (Damon)
- Festival d'Innsbruck
- 25, 26 août 2007 - Concerto Copenhagen - Choeur
du Festival d'Innsbruck - dir. Lars Ulrik Mortensen - Lars Ulrik
Mortensen - mise en scène Stephen Lawless - décors
et costumes Gideon Davey - avec Mathias Hedegaard (Acis), Miriam
Allan (Galatea), Jan Lund (Damon), Håvard Stensvold
(Polyphemos)
- La Corogne - Teatro
Colón - 24 mai 2007 - Festival Mozart - Gabrieli
Consort and Players - dir. Paul McCreesh - avec Mhairi Lawson
(Galatea), Alan Clayton (Acis), Mark Stone (Polyphemus), Jeremy
Budd (Damon), Richard Butler (Coridon)
- Bampton - St John's, Smith
Square - Grande Bretagne - 15 mai 2007 - version de
concert - dir. Richard Dickins - avec Rebecca Bottone, Mark
Chaundy, Vojtech Safarik
- Théâtre des
Champs Élysées - 23 avril 2007 - version
de concert - The Gabrieli Consort and Players - dir. Paul McCreesh
- avec Paul Agnew (Acis), Rosemary Joshua (Galatea), Christopher
Purves (Polyphemus)
- Opéra de Riga
- 6, 18 janvier, 6 février 2007
- Cité de la Musique
- 10 novembre 2006 - version de concert - The King's
Consort - dir. Robert King - avec Lucy Crowe, soprano (Galatea),
James Gilchrist, ténor (Acis), Charles Daniels,
ténor (Damon), Andrew Foster-Williams, basse (Polyphemus),
Charles Humphries, contre-ténor
- Schloss Esterhazy -
Haydnsaal - 15 septembre 2006 - version de concert - La
Stagione Frankfurt - dir. Michael Schneider
- New York City Opera
- 16, 18, 20, 22 avril 2006 - dir. Ransom Wilson - mise
en scène Mark Lamos - décors Paul Steinberg -
costumes Constance Hoffman - lumières Robert Wierzel -
chorégraphie Seán Curran - chef des choeurs -
Coproduction Glimmerglass Opera - avec Philippe Castagner (Acis),
Sarah Jane McMahon (Galatea), Nicholas Phan (Damon)

- Théâtre
Vanemuine - Esthonie - 3, 4, 5 février, 6, 18,
19 mars 2006 - dir. Lauri Sirp - mise en scène Indra Roga -
décors Andris Freibergs - avec Roland Liiv, Karmen Puis,
Pirjo Püvi, Kristina Vähi, Taisto Noor, Märt
Jakobson, Aili Jürissaar, Darli Thomson, Anton Jakovlev,
Kristaps Kikulis, Alens Piskunovs, Jevgenia Penkova, Eva Luts,
Annika Kaasik, Saile Langsepp
- Riga - Latvijas Nacionala
Opera - 29, 30 avril, 11, 18 juin 2005, 21 septembre
2005, 28 octobre 2005, 13 décembre 2005 - dir. Andris
Veismanis - mise en scène Indra Roga - scénographie
Andris Freibergs - costumes Kristine Jurjane - avec Kristine
Gailite, Evija Martinsone (Galatea), Viesturs Jansons / Mati Turi
(Acis), Janis Kurševs, Kristaps Niedra (Damon), Polifems Janis
Misinš, Krišjanis Norvelis (Polifemus)
"Acis and Galatea a
été représenté pour la première
fois à l’Opéra National de Lettonie le 29 avril
dernier. Andris Veismanis, qui est aussi le chef des choeurs de
l’Opéra, y avait déjà dirigé d’autres
ouvrages baroques, tels Alcina ou Orfeo ed Euridice. A en juger par
cette soirée, son approche de ce répertoire n’est pas
des plus orthodoxes. Ni le choix des instruments ni le style de chant
ne correspondent à ce qu’imposent certains canons actuels.
Mais on sait aussi qu’entre 1718 et 1742, le compositeur a plusieurs
fois remanié sa partition, les transformations,
accompagnées de changements d’effectifs instrumentaux ou
vocaux, allant jusqu’à modifier le genre même du
spectacle. Ne soyons donc pas trop sourcilleux sur ce point et
reconnaissons aussitôt que Haendel retrouve là une
verdeur peu commune, sans rien de compassé. Même si
certains costumes conservent des allures anciennes, la fable
mythologique a pour cadre un monde bien plus actuel puisqu’elle se
déroule dans un centre d’esthétique, autour de grandes
baignoires. Bergers et bergères deviennent des shampouineurs,
manucures ou maquilleurs, dont le rôle est de relooker au mieux
leurs clients. Comme on s’en doute, ils ont un peu de mal avec
Polyphemus, surtout quand on cherche en plus à l’initier au B.
A.-Ba du Kamasutra
Si l’on entre dans ce jeu, on
prend beaucoup de plaisir à cette verve de tous les instants,
mise en scène de main de maître par Indra Roga, actrice
principale et directrice du Théâtre National de
Lettonie, dont c’est là, semble-t-il, la première
expérience dans le domaine lyrique. Si l’on adopte une
attitude plus sceptique, on ne peut que remarquer combien la plupart
des interprètes restent étrangers au style de chant
baroque. C’est vrai surtout pour Janis Kursevs, dont le numéro
sympathique se situe toujours aux limites de la caricature. C’est
vrai aussi pour Viesturs Jansoris et Krisjanis Norvelis, que l’on
retrouvera le lendemain dans leur élément dans La Dame
de pique. C’est vrai encore pour Kristine Gailite, malgré son
timbre raffiné de soprano colorature et son indéniable
talent de comédienne. Mais ce bonheur de jouer, on le remarque
chez tous ceux qui sont sur scène, qu’ils soient solistes ou
choristes. Avec un grain de folie mais aussi une exemplaire
discipline d’ensemble, ils rajeunissent Haendel de plus de deux
siècles, sans que le lifting ne paraisse jamais abusif."
(Opéra Magazine - novembre 2005 - 11 juin 2005)
- Festival de Salzbourg -
Grosses Festspielhaus - 13 mai 2005 - Les Musiciens du
Louvre - dir. Marc Minkowski - avec Gillian Webster (Galatea),
Richard Croft (Acis)
- Opera Roanoke - Virginie -
Etats Unis - 15, 17, 19 avril 2005 - mise en
scène Craig Fields
- Lucques - Teatro del
Giglio - 15, 16 jan 2005
- Pise - Teatro Verdi
- 3, 4, 5 décembre 2004 - Teatro Marrucino - Teatro Lirico
d'Abruzzo - 22, 24 décembre 2004 - orchestra Citta'Lirica -
dir. Jonathan Webb - mise en scène Stefano Vizioli -
décors Lorenzo Cutuli - costumes Anne Marie Heinreich -
avec Jose Cameselle (Acis), Roberta Calandra (Galatea)
- Londres - St. John's,
Smith Square - Lufthansa
Festival of Baroque Music - 12 juin 2004 - Freiburger
Barockorchester - Clare College Choir - dir. Ivor Bolton - avec
Paul Agnew, ténor (Acis), Sophie Daneman, soprano
(Galatea), James Gilchrist, ténor (Damon), Alan Ewing, bass
(Polyphemus)
- Londres - St Paul’s
Church, Covent Garden - 5 juin 2004 - The Cannons
Scholars - dir. John Andrews - avec Peter Mitchell (Acis), Olivia
Ray (Galatea), Andrew Yeats (Damon), William Carslake
(Polyphemus), David Barry, ténor
- Hitchin (Grande-Bretagne)
- St Mary’s Church - Benslow Baroque Choir and
Orchestra - 17 avril 2004
- Philadelphie -
5 mars 2004 - The Chamber Orchestra of Philadelphia - The
Philadelphia Singers - dir. David Hayes
- Bibbiena - Teatro
Dovizi - 13 mars 2004 - Arcadia In Musica - Festival
Barocco - Insieme strumentale "Il Cenacolo della Chimera" - dir.
Massimilano Carraro - avec Diego Barretta (Polifemo), Paula Adiego
(Galatea), Javier Checa (Acis), Erika Pagan (Damon)
- Grenoble - Eglise St Jean
- 19 février 2004 - Bruxelles - Palais des Beaux-Arts - 17
février 2004 - Madrid - Auditorio
Nacional de España - 21 février 2004 -
Oviedo - Auditorio Principe
Felipe - 23 février 2004 - Les Musiciens du
Louvre-Grenoble - dir. Marc Minkowski - version de concert - avec
Gillian Webster (Galatée), Benjamin Butterfied (Acis), Alan
Ewing (Polyphème), Tom Allen (Damon), Andrew Tortise
(Corydon) - coproduction avec Maison de la Culture de Grenoble
- Baden-Baden -
Festspielhaus - 12 décembre 2003 - Vaduz - Theater Vaduzer Sal - 14
décembre 2003 - Munich -
Prinzregententheater - 15 décembre 2003
- Cologne - Philarmonie - 17
décembre 2003 - Paris -
Cité de la Musique - 21 décembre 2003 -
Les Arts Florissants - dir. William Christie - avec Sophie
Daneman, soprano (Galatea), Paul Agnew, ténor (Acis), Olga
Pitarch, soprano (Damon), Joseph Cornwell, ténor (Coridon),
Alan Ewing, basse (Polyphemus), Jeffrey Thompson , baryton
- Didsbury - St. Emmanuel's
Church - 18 octobre 2003 -
Halifax Parish Church - 19 octobre 2003 - Kirklees
Baroque - dir. David Vickers - avec Rebecca Saunders, soprano
(Galatea), Jason Darnell, ténor (Acis), Chris Turner,
ténor (Damon), Roger Betterton, ténor (Coridon),
John Powell, bass (Polyphemus)
- Abbaye de Celles-sur-Belle
(17) - 31 août 2003
- Ensemble vocal de l'Abbaye - Mensa Sonora - dir. Jean Maillet -
avec Caroline Pelon, Marie-Joëlle Yebra, Pascal Bertin, Serge
Goubioud, Eric Gelin, Jean-Claude Saragosse
- Château de la
Pélonnière
(61) - cour d'honneur -
16 août 2003 - Camerata alla
Francese - dir. Jacques Gandard - mise en scène Ruth
Orthmann
- Festival de Beaune - Cour
des Hospices - 18
juillet 2003 - version de concert - Gabrieli Consort and
Players and Choir - dir. Paul McCreesh - avec Mhairy Lawson
(Galatea), Paul Agnew (Acis), Charles Daniels (Damon), Christopher
Purves (Polyphemus)
- Oxford - New College
Ante-chapel - 11 juin 2003 - New Chamber Opera
- Montréal - Chapelle
Notre-Dame de Bon-Secours - 29, 30 mai 2003 - version
de concert - Les Boréades - dir. Eric Milnes - avec Suzie
Le Blanc, Mark Bleeke, Marc Molomot, Nathaniel Watson
- Berlin - Staatsoper Unter
den Linden - février 2003
- XXIIe Festival de
Sablé - Sablé - Centre culturel
Joël-le-Theule - 22
août 2002 - La
Chaise-Dieu - 24 août 2002 - version de concert -
The Gabrieli Consort and Players - dir. Paul McCreesh - avec
Mhairi Lawson (Galatea), Rodrigo del Pozo (Acis), James Gilchrist
(Polyphemus), Neal Davies (Damon)
- 2002 - The Four Nations Ensemble - Opera Lafayette
- dir. Ryan Brown
- Aldeburgh
Festival - Angleterre - 12 juin 2002 - Britten-Pears
Baroque Orchestra - dir. Richard Egarr - avec Simon Biazeck, Lucy
Crowe, Ed Lyon, Andrew Rupp
- Munich - Cuvilliès
Theater - 20, 22, 24, 26, 30 novembre, 2
décembre 2001 - dir. Rifkin - mise en scène Stefan
Tilch - décors Aron Stiehl - avec Juliane Banse, Kobie van
Rensburg, Toby Spence, Marquardt
- Festival de Montreux -
Auditorium Stravinski - 14 septembre 2001 - dir. Ivor
Bolton - avec Sophie Daneman, John Mark Ainsley, Kobie van
Rensburg, Miles, Robert Expert
- London - Linbury Studio
- 3, 4, 5, 6, 7 juillet 2001 - English Bach Festival
Baroque Orchestra - dir. Nicholas Cleobury - mise en scène
Sarah Cremer, Christopher Tudor - avec Charlotte Page (Galatea),
Agustin Prunell Friend (Acis), Phillip Conway-Brown (Damon), James
Edwards (Coridon), Graeme Broadbent (Polyphemus) Rebecca Rudge,
Patricia Hammond, Roger Langford
- Göttingen -
Internationale Händel-Festspiele - St.-Jacobi-Kirche
- juin 2001 - arrangement Mozart - en allemand -
version de concert - Kleiner Chor St. Jacobi, Collegium
Göttingen - dir. Arved Henking - avec Annette Labusch
(Galatea), Henning Kaiser (Acis), Sven Olaf Gerdes (Damon), Wolf
Matthias Friedrich (Polyphem)
- New York City
Opera - 17, 21, 27 mars, 1er, 5 avril 2001 -
Chicago Opera Theater - 2001 -
dir. Jane Glover - mise en scène Mark Lamos - décors
Paul Steinberg - costumes Constance Hoffman - avec William Burden
(Acis), Christine Brandes (Galatea), Dean Elzinga (Polyphemus),
John Tessier (Damon)
"Un transcendant moment de
théâtre"..."La clarté de l'architecure
dramaturgique confère à cette pastorale une
gravité et un pouvoir d'évocation
insoupçonnés, les charmants ballets et l'extraordinaire
variété des éclairages concourant à la
réussite de l'ensemble"..."William Burden campe un
séduicant Acis"..."La Galatea de Christine Brandes illumine
véritablement le spectacle de bout en bout, avec un timbre
frais et caprtivant, doublé d''un naturel et d'une finesse
d'interprète qui forcent l'admiration". (Opéra
International - mai 2001)
- Cooperstown - Alice Busch
Theatre - Glimmerglass Opera - 29, 31 juillet,
6, 10, 12, 15, 18, 21, 26, 29 août 2000 - dir. Graeme
Jenkins - mise en scène Mark Lamos - avec Christine Brandes
(Galatea), John McVeigh (Acis), Dean Elzinga (Polifemo), John
Tessier (Damon)
- Salzbourg - 11
juin 2000 - dir. William Christie - avec Sophie Daneman
(Galatée), Paul Agnew (Acis), Joseph Cornwell, Alan Ewing
(Polyphème)
- Colorado Springs
- 18, 20 juin 1999 - dir. et mise en scène
Donald P. Jenkins - avec Herbert Beattie, Constance Heidenreich,
Ted Teske
- Halle -
Händel-Festspiele - Konzerthalle Ulrichskirche - 8
juin 1999 - dir. Pommer
- Halle - 7 juin
1997 - dir. Trevor Pinnock - Wyn-Rogers, Groves, Müller,
Bannatyne-Scott
- Tournée du 4 au 22
novembre 1996 - Brest, - Grand
Théâtre - 4 novembre 1996 - Théâtre des Champs
Elysées - 5 novembre 1996 - Ann Arbos (Etats
Unis) - Toronto (Canada) - Québec - Chicago - Purchase
(Etats Unis) - Monterrey (Mexique) - Mexico - version de concert -
Les Arts Florissants - dir. William Christie - avec Sophie Daneman
(Galatée), Adele Eikenes (Damon), Paul Agnew (Acis), Adrian
Briand, Alan Ewing (Polyphème), David Le Monnier,
François Piolino
- XIVe Festival de
Beaune - 28 juin 1996 - Version de concert - version
originale de 1718 - Les Arts Florissants - dir. William Christie -
avec Véronique Gens, Paul Agnew, Patricia Petibon, Laurent
Naouri, Andrew Sinclair, Armand Gavrilides
- Théâtre de
Poissy - English Concert - dir. Trevor Pinnock - avec
Barbara Bonney (Galatée), Hans Peter Blochwitz (Acis),
Rufus Müller (Damon), Jeremy White (Cyclope)
- Théâtre du
Châtelet - 30 mars 1996 - Les Arts Florissants -
dir. William Christie - avec
Véronique Gens (Galatée), Paul Agnew (Acis),
Patricia Petibon (Damon), Laurent Naouri (Polyphème)
- Arcal - Atelier
de recherche et de création pour l'art lyrique -
tournée - Amiens (2, 3
et 4 décembre 1994), Bonneuil sur
Marne (7 décembre 1994), Etampes (10 décembre 1994),
Verdun (14 décembre
1994), Fontainebleau (17
décembre 1994), Fontenay aux
Roses (20 décembre 1994), Noisiel (13 et 14 janvier 1995),
Cherbourg (17 et 18 janvier
1995), Rennes (21 et 22
janvier 1995), Noisy le Grand
(24 et 25 janvier 1995), La
Rochelle (2 février 1995), Brétigny sur Orge (7
février 1995), Savigny le
Temple (11 février 1995), Combs la Ville (14 février
1995), Evreux (17 et 18
février 1995), Valence
(7 mars 1995), Coulommiers (11
mars 1995), Meaux (14 mars
1995), Villeparisis (18 mars
1995), Fosses (25 mars 1995) -
Ensemble Mensa Sonora - dir. Jean Maillet et Yvon Repérant
- mise en scène Philippe Berling - décors Nicolas
Sire - costumes Nathalie Prats - avec Francesca Congiu, Cyrille
Gerstenhaber, Jérôme Varnier, Christophe Einhorn,
François-Nicolas Geslot, Eric Trémolières,
Jean-Claude Saragosse, Christophe Laporte
"Nouvelle production de
I'Arcal, cet Acis and Galatea, après quelques
représentations à Amiens, est en tournée en
région parisienne et en province jusqu'au mois d'avril. Dans
le beau décor pastoral de Nicolas Sire et les costumes
spirituels et très suggestifs de Nathalie Frets, très
bien éclairés par Ma-non Hewlett, Philippe Berling
réalise une mise en scène vivante, tendre et ironique
à ta fois, fourmillante d'idées, à la direction
d'acteur excellente : il peint finement la joie bonhomme et coquine
des bergers ou le cynisme gentil de Damon, en contraste avec la
sensibilité exacerbée et très émouvante
des deux amants ou avec la rudesse de Potyphème, le cyclope
amoureux et touchant. La codirection de Jean Maillet, premier violon
de l'ensemble Mensa Sonora, et d'Yvon Repérant, longtemps
fidèle continuiste de William Christie, est d'une grande
fermeté et d'une grande pertinence dramatique, seulement
peut-être un peu trop âpre et violente lors de la
déploration finale. La distribution est dominée par te
Polyphème de Jean-Claude Saragosse, en très nets
progrès, au timbre sonore, et qui se tire avec beaucoup de
style et d'émotion, sans jamais l'aboyer, d'un rôle de
"vilain" éprouvant et un peu grave pour lui. Christrophe
Einhorn est un Acis très correct : encore un peu gauche
scéniquement, mais le timbre, suave et ferme, est expressif
dans l'éclat autant que dans la tendresse. Plus en retrait,
Francesca Congiu est une Galatée peu sonore mais musicale-ment
fine, tandis qu'Eric Trémotières (Damon), la voix
éteinte, ne convainc guère." (Bonneuil sur Marne - 7
décembre 1994 - Opéra International - janvier
1995)
- Opéra de
Montpellier - 24 février 1994 - dir. Robert King
- avec Fisher, Daniels, Michael George, Rogers Covey-Crump,
Short
- Tours - Grand
Théâtre - 30 mars 1990 - dir. David Roblou
- mise en scène Alan Privett - avec Lorelle Skewes
(Galatée), Mark Tucker (Acis), David Skewes (Damon),
Patrick Donnelly (Polyphème)
- Paris - Sorbonne
- 7 juillet 1989 - dir. Grimbert - avec Jill Feldmann,
Isabelle Poulenard, Ian Honeyman, Chambers
- Martina Franca
- 28 juillet 1985 - dir. Fabio Luisi - mise en
scène Lamberto Puggelli et Corti - décors, costumes
Paolo Bregni - avec Enzo Dara, Maria Angeles Peters, Antonio
Barasorda, Michele Farruggia, Armando Caforio
- Paris - Salle Pleyel
- 31 mai 1985 - version de concert - dir. William
Christie - avec Marie-Claude Vallin (Damon), Agnès Mellon
(Galatea), Ian Honeyman (Acis), Philippe Cantor (Polyphème)
- Suisse - 1985 -
dir. Helmut Müller-Brühl - avec Barbara Schlick, Paul
Elliott, Guy De Mey, Michael Schopper
- Paris - Salle Gaveau
- 6 décembre 1983 - dir. Mark Deller - avec
Alastair Thompson (Corydon), Maurice Bevan (Polyphème),
Roger Covey-Crump, Joseph Cornwall, Lyne Dawson
- Karlsruhe - Festival
Haendel - 13 juillet 1983 - dir. Kehr - mise en
scène Woods - avec Büchner, Munkiyttrick,
Weinscherk
- Halle - Festival Haendel
- 1970 - dir. Friedrich
Krell
- Versailles -
Théâtre Montansier - 11 mai 1966 - dir. James
Loughran - avec Elizabeth Harwood, Wakefield
- Halle - Festival Haendel
- 1963 - Orchestre symphonique
d'Etat de Halle - dir. Claus Haake
- Halle - Festival Haendel
- 1958 - dir. Helmut Koch -
Orchestre de Chambre de Berlin
- Halle - Festival Haendel
- 1952 - Choeur de Halle -
Landessinfonieorchester Sachsen-Anhalt - dir. Alfred Zimmer -
Werner Gössling
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