Le compositeur
COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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Thomas Broughton
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2004
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2005
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William Christie
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Bel Air Classiques
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Drame musical (HWV 60) composé entre le 19
juillet et le 20 août 1744, créé au King's
Theatre, le 5 janvier 1745 à Londres, sur un livret du
Révérend Thomas Broughton (1704 - 1774), inspiré
de la tragédie de Sophocle Les Trachiniennes, et du
Neuvième Livre des Métamorphoses d'Ovide, ainsi
que d'une tragédie de Sénèque, Hercule sur
l'OEta.
La première représentation au King's
Theatre fut accueillie avec froideur, en dépit de l'excellente
distribution : Henry Theodore Reinhold, basse, en Hercules, Anastasia
Robinson, mezzo-soprano, en Dejanira, Elisabeth Duparc, dite la
Francesina, soprano, en Iole, John Beard, ténor, en
Hyllus, Miss Robinson en Déjanire. Susanna Maria Cibber,
contralto, soeur de Thomas Arne, qui devait chanter le rôle de
Lichas, augmenté spécialement pour elle, était
souffrante le soir de la première, et ne chanta que lors de la
seconde exécution, le 9 janvier. Une troisième
exécution, prévue le 16 février, puis
repousée en mars, fut annulée. Profondément
affecté, Haendel proposa aux souscripteurs d'un abonnement
pour vingt-quatre concerts de la saison 1744/45 de les rembourser.
L'oeuvre ne fut reprise :
- qu'en 1749, pour deux autres exécutions
à Covent Garden (24 février et 1er mars),
dans une version amputée du rôle de Lichas, et avec
une distribution réunissant Henry Theodore Rheinhold
(Hercule), Caterina Galli (Déjanire), Giulia Frasi (Iole),
Thomas Lowe (Hyllus),
- puis en 1752 (21 février), avec Robert Wass
(Hercule), Caterina Galli (Déjanire), Giulia Frasi (Iole),
John Beard (Hyllus),
- et sans doute en 1756.
Personnages :
Hercule. Le drame d’Hercule est celui de la
jalousie féminine. Celle-ci le poursuit dès avant sa
naissance, en la personne d’Héra, l’épouse du roi des
dieux Zeus. Car Hercule/ Héraclès est doublement issu
des amours incestueuses de Zeus – dont il est à la fois le
fils et l’arrière-petit- fils ! Zeus, sous la forme d’une
pluie d’or, séduisit d’abord Danaé, fille du roi
d’Argos. Il en eut Persée, qui hérita ce même
trône. Zeus fit alors part de sa décision de s’unir
à une femme de la race de Persée pour engendrer un
homme doté d’un grand pouvoir. Il choisit Alcmène,
petite-fille de Persée, qu’il aima sous la forme de son
époux Amphitryon (c’est le sujet de l’Amphitryon de
Molière). Avertie, Héra retarda cependant la naissance
de leur rejeton et hâta celle d’un autre descendant de
Persée, Eurysthée : celui-ci bénéficia
donc du pouvoir promis au fils d’Alcmène, qui fut
surnommé Héraclès (« gloire d’Héra
»). La reine des dieux engagea ensuite Eurysthée à
persécuter son cousin, à qui furent imposés les
fameux douze travaux (le lion de Némée, l’hydre de
Lerne, le sanglier de l’Erymanthe, la biche de Cérynie, les
oiseaux de Stymphale, les écuries d’Augias, le taureau de
Poséidon, les juments de Diomède, la ceinture
d’Hippolyte, le géant Géryon, les pommes d’or des
Hespérides et la capture du chien Cerbère). Hercule
sortit indemne de toutes ces aventures, et de bien d’autres (parmi
lesquelles sa vente comme esclave à la reine de Lydie,
Omphale, et une nouvelle descente aux enfers pour ramener Alceste
à son époux Admète)… jusqu’à son mariage
avec Déjanire…
Déjanire est la fille d’OEnée, roi
d’Etolie et de son épouse Althée (soeur de Léda,
qui engendra Castor, Pollux, Hélène et Clytemnestre).
Ou, du moins, elle passe pour telle : mais certains auteurs la disent
issue d’Althée et de Dionysos… Déjanire est aussi soeur
de Méléagre, l’un des Argonautes, qui participa avec
Hercule à la chasse du monstrueux sanglier de Calydon: au
cours de celle-ci, Méléagre s’éprit d’Atalante
(c’est le sujet de l’Atalanta de Haendel) et Hercule promit sa main
à Déjanire. Mais celle-ci est aussi courtisée
par un fils des Titans, Achéloos (dieu personnifiant le plus
grand fleuve de Grèce). Un combat proprement titanesque oppose
Hercule à Achéloos ; malgré les
métamorphoses de ce dernier (en serpent, en taureau), le fils
de Zeus le terrasse et lui arrache une corne, qu’on identifie comme
la corne d’abondance. Hercule épouse Déjanire, dont il
a cinq enfants. Malheureusement, au cours d’un banquet, le
héros tue accidentellement un échanson, et OEnée
le bannit de sa cour, avec Déjanire et leur plus jeune fils,
Hyllus. Arrivé devant le fleuve Evénus, Hercule confie
son épouse au centaure Nessus, qui fait office de passeur.
Mais Nessus tente de violenter la jeune femme. Hercule abat le
centaure d’une de ses flèches, trempées dans le venin
de l’hydre de Lerne. En mourant, Nessus conseille à
Déjanire de recueillir son sang, qui lui assurera un jour la
fidélité de son époux… Tandis qu’Hyllus et
Déjanire se rendent à Trachis, en Thessalie, Hercule,
pour sa part s’arrête à OEchalie, où il a un
vieux compte à régler…
Iole. Avant d’épouser Déjanire,
Hercule prétendit à la main d’Iole, fille du roi
d’OEchalie, Eurythos. Ce dernier l’avait promise à qui le
vaincrait au tir à l’arc; mais, défait par Hercule, il
avait retiré sa parole. Celui-ci s’en serait aussitôt
vengé, si un oracle d’Apollon ne l’en avait, à
l’époque, empêché. Mais ces temps sont
révolus: rancunier, Hercule tue Eurythos, met à sac la
ville d’OEchalie et s’empare d’Iole, dont il retombe illico amoureux.
En route vers Trachis, le héros fait halte en Eubée,
où il décide d’offrir un sacrifice à son
père Zeus. Entre-temps, Déjanire a été
avertie de l’amour de son mari pour Iole; se souvenant de la
prédiction de Nessus, elle lui envoie une tunique
trempée dans le sang du centaure, afin qu’il la porte au cours
de la cérémonie. Mais l’habit est aussi
imprégné du poison de l’hydre : à peine le
héros l’a-t-il revêtu, qu’il se colle à sa peau
et le brûle vif. Fou de douleur, Hercule se fait
néanmoins transporter à Trachis, avec Iole. Celle-ci
n’apparaît cependant pas dans la pièce de Sophocle, Les
Trachiniennes, et n’a qu’un rôle bref dans l’Hercule sur l’OEta
de Sénèque, où elle ne dialogue qu’avec le
choeur.
Hyllus. Selon Sophocle et Sénèque,
Hyllus (ou Hyllos), le plus jeune fils d’Hercule, l’a
accompagné en OEchalie. C’est Hyllus qui rapporte à
Déjanire le supplice d’Hercule ; horrifié par le
spectacle auquel il vient d’assister, le jeune homme maudit sa
mère, qui se poignarde. À la fin de la pièce,
Hercule, qui a arraché les pins du Mont OEta pour en faire un
bûcher, supplie longuement son fils d’y mettre le feu. Hyllus
s’y refuse mais assiste son père qui, mourant, lui ordonne
d’épouser Iole: «Je ne veux pas qu’un autre que toi
possède la compagne qui a dormi à mes
côtés. C’est toi, mon fils, qui seras son mari.
Obéis-moi.» Hyllus se montre d’abord réticent, car
il rend Iole responsable de la mort de ses parents. Afin d’adoucir la
mort d’Hercule, il finit pourtant par céder. L’abbé
Buti, qui écrivit le livret d’Ercole amante («Hercule
amoureux», 1662), somptueux opéra composé par
Cavalli, propose une interprétation bien différente :
pour lui, Iole et Hyllus s’aiment et c’est en vain qu’Hercule essaie
de violer la jeune femme!
Lichas serait l’un des compagnons d’armes
d’Hercule ou le précepteur de son fils. Chez Sophocle, il
commence par dissimuler à Déjanire la passion
qu’éprouve le héros pour Iole. Dénoncé
par un messager, il avoue : « mais il faut dire ce qui fait
honneur à ton mari : jamais il ne m’a demandé de te
rien cacher ; c’est moi qui suis fautif». Chargé par
Déjanire d’amener la tunique empoisonnée à
Hercule, il est victime de son zèle : le héros lui
fracasse la tête contre un rocher (chez Sophocle) ou le
précipite dans le vide (chez Sénèque). Ovide
(Les Métamorphoses, livre IX) lui réserve une mort
encore plus spectaculaire : projeté dans les airs par Hercule,
il se congèle et devient rocher – « aujourd’hui encore,
dans la mer d’Eubée, un petit écueil, jailli du fond de
l’abîme, conserve des vestiges de forme humaine. Les matelots,
comme s’ils devaient le sentir, redoutent d’y poser le pied et
l’appellent Lichas.» L’abbé Buti en fait le confident de
Déjanire : cynique et rusé, c’est lui qui rappelle
à sa maîtresse le conseil de Nessus.
(L'Avant-Scène Opéra)
Synopsis
Déjanire, sans nouvelles de son époux
Hercule, et inquiétée par les étranges
présages perçus par son fils Hyllus au cours d'un
sacrifice, lui demande de partir à la recherche de son
père. Mais voici qu'apparaît Lichas, qui annonce le
retour du héros et des prisonniers d'Hécalie, parmi
lesquels la princesse Iole. L'arrivée d'Hercule est
gâchée par l'injuste jalousie de Déjanire envers
la belle captive. Malgré les protestations d'Hercule et
d'Iole, Déjanire décide d'avoir recours à la
tunique de Nessus : le Centaure l'avait assurée qu'en faisant
porter ce vêtement à Hercule, elle retrouverait tout son
amour. Mais le Centaure avait menti pour se venger d'Hercule : la
toge empoisonnée brûle le héros. Tandis qu'il
agonise, Déjanire, folle de douleur, maudit Iole, cause
innocente de tant de malheur. Mais le prêtre de Jupiter vient
annoncer qu'Hercule a pris place dans 1' Olympe et ordonne le mariage
d'Iole et d'Hyllus. Le choeur se joint aux futurs époux pour
célébrer la grandeur d' Hercule.
Synopsis
détaillé
Acte I
Un appartement dans le palais royal de Trachis, en
Thessalie.
(1) Lichas décrit l'affliction dans laquelle est
plongée Déjanire, inconsolable de la longue absence
d’Hercule, son époux tendrement aimé (See, with sad
dejection). Déjanire, en effet, se lamente (O Hercules
!). Lichas tente de la rassurer (Princess ! be conforted).
(2) Hyllus survient : impatient de connaître le destin de son
père, il a consulté l’oracle qui vient d’en
prédire la disparition dans les flammes (Eager to
know). Bouleversée, Déjanire pense rejoindre
Hercule dans la mort (There in myrtle shades) alors qu’Hyllus
décide de partir à la recherche du corps de son
père (Where congeal'd), encouragé par le choeur
(O filial piety !). (3) Soudain Lichas annonce le retour
d’Hercule, vainqueur de la ville d'OEchalie. Dejanire est
transportée de joie (Banish your fears !). Lichas
décrit le cortège de captifs qui accompagne le
vainqueur. Hyllus s'émeut en voyant parmi les
prisonnières la belle princesse Iole, dont le père est
mort de la main d’Hercule. Lichas et le choeur commentent la
façon dont la chagrin peut laisser la place à la
félicité (The smiling hours).
Une place devant le palais, où on
amène, captives, Iole et des vierges OEchalie
(4) Iole s'attendrit sur le sort de ses suivantes et
sur la captivité qui les attend. (Daughter of gods).
Hercule arrive et rend grâce à Jupiter de sa victoire
qui va lui permettre de prendre du repos. Il offre sa liberté
à Iole (Thanks to the pow'rs above). Iole, elle, ne
pense qu'à son père mort (My father !). Hercules
dit adieu aux armes, et se réjouit de pouvoir jouir en paix de
l'amour de Déjanaire(Now farewell, arms !). Le choeur
invité à la fête (Crown with festal
pomp)
Acte II
Un appartement
(1) Iole regrette son état de princesse et
rêve d'être une humble jeune fille (How blest the
maid). (2) Des rumeurs ont suscité une folle jalousie dans
le coeur de Déjanire, persuadée qu’Hercule l’a
trompée avec la belle Iole (When beauty sorrow's). Iole
affirme qu’Hercule a dévasté son pays poussé par
l’ambition et non pas par l’amour pour elle et met en garde
Déjanire contre les ravages de la jalousie (Ah ! think what
ills). (3) Lichas défend son maître (As star that
rise). Déjanire ne veut rien entendre (In vain you
strive). Le choeur se lamente sur la jalousie, tyran du coeur
humain (Jealousy !). (4) (4) La beauté de Iole a
séduit Hyllus. Iole l'a deviné (Too well, young
prince), mais ne manifeste aucune sympathie pour le fils de
l’homme qui a tué son père (And think'st thou),
et même se moque de lui (Is this). Hyllus lui rappelle
le pouvoir universel de l'amour (From celestial seats). le
choeur approuve (Wanton god). (5) Déjanire, de son
côté, vient reprocher amèrement à Hercule,
l’invincible héros, d’avoir succombé à une jeune
captive (Yes, I congratulate). Il rejette l’accusation (You
are deceived), répond que ses soupçons sont sans
fondements, et s’en va au temple où on doit
célébrer sa victoire (The priests of Jupiter).
(6) Folle de jalousie, Déjanire décide alors de se
servir de la tunique offerte jadis par Nessus, dont le tissu – dit-on
– a le pouvoir de faire renaître l’amour conjugal (Some
kinder power). (7) Elle charge Lichas d'aller la porter à
Hercule en gage de réconciliation entre les deux époux
(Lichas, thy hands). (8) Déjanire feint de demander
pardon à Iole pour son humeur jalouse, et lui promet de
l’aider à recouvrer la liberté (Forgive me,
princess). Iole est rassurée mais inconsolable (Thanks
the gods). Le choeur espère qu'amour et hymen
s'accorderont (Love and Hymen).
Acte III
(1) Lichas apporte aux Trachiniens de terribles
nouvelles sur la fin atroce d’Hercule qui, après tant de
victoires, périt par la main de sa femme (Ye sons of
Trachin). Il décrit la scène qui s’est
passée au temple quand Hercule a revêtu la tunique et
que le poison de l’Hydre, contenu dans le sang de Nessus, a
pénétré dans son corps. (2) Tentant d’arracher
le vêtement qui lui collait à la chair, Hercule s’est
effondré, fou de douleur (O Jove). (3) Il supplie
Hyllus de dresser un bûcher funèbre sur le mont OEta
pour y être immolé (My son, observe). Hyllus fait
part de ses craintes lorsque la nouvelle de la mort d'Hercule se
répandra (Let not fame). (3) Frappée d’horreur,
Déjanire en proie à la folie voit venir les furies
tourmenter son âme coupable (Where shall I fly). (4) Ses
souffrances font oublier à Iole ses propres tourments (My
breast with tender). (5) Le prêtre de Jupiter annonce
à Hyllus et à Déjanire qu’Hercule a
été reçu dans l’Olympe, car un aigle a
porté au ciel la partie immortelle du héros (Borne
to Oeta's top). Par décret de Jupiter, Hyllus
épousera Iole pour unir les dynasties et faire régner
la paix et la liberté (Nor less thy destiny). Iole
accepte le décret divin, et chante avec Hyllus un duo de
félicité (O prince). Le choeur conclut en
célébrant la paix et la liberté (To him your
gratitude).
(d'après L'Avant-Scène
Opéra)
voir aussi
Hercules, un héros ou un
zéro ? -
éditorial - septembre 2004
"Le texte de Broughton s'inspire des Trachiniennes
de Sophocle et du IXe livre des Métamorphoses
d'Ovide. Plutôt qu'un opéra, Hercule est un oratorio
conçu pour être représenté sur
scène et le seul de Haendel à s'inspirer de la
mythologie." (Dictionnaire chronologique de l'Opéra - Le Livre
de Poche)
Composé quelques semaines avant Belshazzar,
il fut créé en janvier 1745 au King's Theatre du
Haymarket, sur un livret du révérend Thomas Broughton
inspiré du 9e Livre des Métamorphoses d'Ovide et des
Trachiniennes de Sophocle. Il conte l'histoire d'Hercules de retour
en vainqueur d'Oechalie avec la captive Iole, ce qui déclenche
fatalement la jalousie (injustifiée) de son épouse
Déjanire. Pour reconquérir avec la passion du
désespoir un amour qu'elle croit perdu, Déjanire a
recours à la tunique empoisonnée de Nessus, provocant
tragiquement la mort du héros et sa propre démence. Le
traitement musical par Haendel de la folie de Déjanire
à l'acte III, avec ses alternances hallucinantes de rage
furieuse et de calme trompeur, possède une authenticité
terrible qui nous marque profondément. Haendel a porté
une attention toute particulière au choeur qui intervient
très souvent. Il occupe une place centrale dans la
pièce, apportant solennité et allégresse, une
force et une intensité que rien ne vient briser. Ainsi l'air
"Crown with festal pomp the day", avec ses trompettes et ses tambours
aux rythmes tourbillonnants, et le fabuleux air "Jealousy, infernal
pest" qui annonce les prophéties à venir. Pour Romain
Rolland, cette "sublime tragédie à l'antique marque le
faîte du drame haendélien, et, l'on peut même dire
de tout le théâtre musical avant Gluck". Pour
Prunières, "Le chef d'oeuvre peut-être de Haendel".
(Festival International d'Opéra Baroque de Beaune -
2004)
- L'Avant-Scène
Opéra - n° 221 -
juillet 2004
Représentations :
- Budapest - Palace of Arts
- Béla Bartók National Concert Hall - 21
mars 2012 - version semi-scénique - Orfeo Orchestra -
Purcell Choir - dir. György Vashegyi - mise en scène
Csaba Káel - avec Istvan Kovacs (Hercules), Viktoria Vizin
(Dejanira), Katalin Szutrély (Iole), Zoltán Megyesi
(Hyllus), Péter Bárány (Lichas) -
première nationale
- Essen - Aalto Theater
- 25 septembre, 13, 30 octobre, 26 novembre 2011 - dir.
Alexander Eberle - mise en scène Dietrich W Hilsdorf -
décors Dieter Richter - costumes Renate Schmitzer - avec
Almas Svilpa (Hercules), Michaela Selinger (Dejanira), Andreas
Hermann (Hyllus), Christina Clark (Iole), Marie-Helen Joël
(Lichas)


- Lyric Opera of Chicago
- 4, 7, 10, 13, 16, 19, 21 mars 2011 - dir. Harry
Bicket - mise en scène Peter Sellars - décors George
Tsypin - costumes Dunya Ramicova - lumières James F Ingalls
- chef de choeur Donald Nally - avec Eric Owens (Hercules), Alice
Coote (Dejanira), David Daniels (Lichas), Lucy Crowe (Iole),
Richard Croft (Hyllus) - nouvelle production

- Opéra
Magazine - juin 2011
"Cette nouvelle production du
rare Hercules, captivante de la premièr à la
dernière note, constitue incontestablement une des plus
grandes réussites de Peter Sellars à ce
jour.
Une heure avant le
début de la représentation, le metteur en scène
explique au public sa vision du «drame musical» de Haendel
1745, sur un livret du révérend Thomas Broughton,
inspiré de Sophocle et des Métamorphoses d'Ovide. Pour
lui, Hercules illustre d'abord la manière dont la guerre,
depuis toujours mais plus particulièrement à notre
époque, aliène le corps social et rend difficile le
retour des vétérans à la vie normale. L'ouvrage
est ensuite une métaphore de la crise vécue par ceux
qui sont restés à l'arrière, les femmes en
particulier. Sellars rappelle, à ce propos, que Sophocle a
intitulé sa tragédie Les Trachiennes. Dejanira,
déroutée par l'attitude lointaine d'Hercules quand il
revient du combat en conclut que son époux a une
maîtresse, la jeune Iole, et se laisse emporter par les
tourments de la jalousie. Iole, qui a pourtant perdu famille et
patrie dans les horreurs de la guerre, est pour sa part
l'élément réconciliateur, celle qui
guérira les blessures à la fin, en sauvant Dejanira du
suicide et en épousant Hyllus, le fils du héros.
Le plus impressionnant, sans
doute, est comme Sellars, dans sa mise en scène,
développe sa thèse avec une telle cohérence que
l'on saisit tous les parallèles établis entre la
Grèce antique de Sophocle, l'Âge des Lumières de
Haendel et la période actuelle. L'action est située aux
États-Unis, de nos jours. Hercules, militaire en tenue de
camouflage, revient au pays en ramenant une captive, Iole, dont il a
tué le père et ravagé la terre natale.
L'apparition de la prisonnière fait l'effet d'un coup de
théâtre, aux yeux des spectateurs américains :
elle porte la combinaison orange, la cagoule noire et les
chaînes emblématiques des camps d'internement d'Abou
Ghraib et de Guantanamo ! Le décor de George Tsypin est
très simple : quelques colonnes grecques brisées et un
trône de pierre. Tout repose sur le cyclorama
élaboré à l'arrière-plan par James F.
Ingalls, qui décline toutes les étapes du jour, des
premières lueurs de l'aube à la nuit
étoilée (celle à laquelle Hyllus adresse son
«Hom celestial seats descending»), en passant par le
violent soleil de midi (pour l'arrivée d'Hercules). Sur le
cyclorama défilent également des escadrilles de
bombardiers et, pour agonie du héros, des charbons ardents.
Les costumes contemporains de Dunya Ramicova sont à la fois
sobres et signifiants, cherchant à caractériser
indiviuellement solistes et membres du chœur.
Dejanira, authentique
protagoniste du drame, trouve en Alice Coote une superbe
interprète. Maîtrisant les nombreux traits de
virtuosité glissés, çà et là, par
Haendel, la mezzo britannique apporte au rôle un timbre
à la fois charnu et cuivré, en traduisant à
merveille ses brutaux changements d'humeur. L'Hercules du
baryton-basse afro-américain Eric Owens en impose, tant sur le
plan vocal que physique. Ses accents de stentor conviennent au
portrait voulu par Sellars, moins à celui imaginé par
Haendel. Les vocalises, en particulier, se transforment en
grognements de détresse. La soprano anglaise Lucy Crowe est
une Iole absolument idéale. Son chant frais et lumineux, d'une
aisance souveraine dans les passages pyrotechniques, est une source
permanente de bonheur, en particulier dans son ultime aria, « My
breast with tenderpity swells », incontestablement le climax de
la représentation. Le ténor clair et souple de Richard
Croft possède une exubérance juvénile
particulièrement bienvenue pour Hyllus, David Daniels campant
un Lichas de luxe, avec cette couleur de voix reconnaissable entre
toutes. Dirigeant avec autant de vie que de sensibilité, Harry
Bicket se montre attentif à maintenir l'équilibre entre
l'orchestre d'instruments anciens dans la fosse et le plaateau.
Préparés par Donald Nally, les chœurs du Lyric Opera
sont exceptionnels de cohésion et de beauté sonore.
C'est à eux que revient la conclusion de l'ouuvrage (« To
him your grateful notes of praise belong »), traitée par
Sellars comme une cérémonie militaire d'inhumation.
Autour du cercueil d'Hercules, recouvert du drapeau, les femmes
tentent de consoler Dejanira en l'intégrant dans leur cercle,
pendant que Hyllus et Iole s'embrassent. Image profondément
émouvante, à l'aune d'un spectacle que nous ne sommes
pas près d'oublier.
- Essen - Aalto Theater
- 4, 12, 15, 17, 21, 25 décembre 2010, 12, 16,
23 janvier, 3 février 2011 - dir. Jos van Veldhoven /
Alexander Eberle - mise en scène Dietrich Hilsdorf -
décors Dieter Richter - costumes Renate Schmitzer - chef de
choeur Alexander Eberle - dramaturgie Norbert Abels - avec Almas
Svilpa (Hercules), Michaela Selinger (Dejanira), Andreas Hermann
(Hyllus), Christina Clark (Iole) - nouvelle production



- Gera - Allemagne
- 17, 24 avril, 14 mai, 10, 20 juin 2010 - dir. Howard
Arman - mise en scène Nina Schachtebeck - décors,
costumes Hilke Förster - chef de choeur Nikolaus Müller
- dramaturgie Felix Eckerle - avec Marie-Luise Dreßen /
Katrin Strocka (Iole), Annette Markert / Marie-Luise Dreßen
(Dejanira), Alexander Schneider (Lichas), Michael Siemon (Hyllos),
Derrick Ballard (Hercules), Bernhard Hänsch (Priester des
Jupiter)
- Théâtre de
Lucerne - 8, 15, 20, 22, 24, 26 mai, 1er, 4, 6, 12, 13
juin 2010 - “La Gioconda” – Barockensemble des Luzerner
Sinfonieorchesters - dir. Howard Arman / Florian Pestell - mise en
scène Dominique Mentha - décors Werner Hutterli -
costumes Anna Ardelius - lumières Peter Weiss - chef de
choeur Lev Vernik dramaturgie Ursula Benzing - avec Marc-Olivier
Oetterli (Hercules), Caroline Vitale (Dejanira), Utku Kuzuluk
(Hyllus), Simone Stock (Iole), Olga Privalova (Lichas) - nouvelle
coproduction avec Staatstheater Kassel


- Kassel - Staatstheater -
20, 26 décembre 2008, 3, 11 janvier 2009 - dir.
Howard Arman - mise en scène Dominique Mentha -
décors Werner Hutterli - costumes Anna Ardelius - chef de
choeur Marco Zeiser Celesti - dramaturgie Ursula Benzing - avec
Derrick Ballard (Hercules), Monika Walerowicz (Dejanira), Nicole
Chevalier (Iole), Young-Hoon Heo (Hyllus), Inna Kalinina (Lichas),
Eirik Roland Egeberg-Jensen (Priest of Jupiter) - Coproduction
avec Staatstheater Kassel, Theater Luzern

- Amsterdam - De Nederlandse
Opera - 17, 20, 23, 26, 29 avril, 1er, 3, 6,
8, 10 mai 2007 - dir. Christopher Moulds - mise en scène
Luc Bondy - décors Richard Peduzzi - costumes Rudi
Sabounghi - lumières Dominique Bruguière -
chorégraphie Michel Kelemis - avec Nathan Berg (Hercules),
Ann Hallenberg (Dejanira), Ed Lyon (Hyllus), Ingela Bohlin (Iole),
Charlotte Hellekant (Lichas), Simon Kirkbridge (Priest of
Jupiter)

- New York - BAM
- 14, 16, 18, 19 février 2006 - Londres - Barbican Centre - 15, 17, 18
mars 2006 - Orchestre et choeur des Arts Florissants - dir.
William Christie - mise en scène Luc Bondy - décors Richard Peduzzi -
costumes Rudy Sabounghi - lumières Dominique
Bruguière - chorégraphie Michel Kelemenis - avec
William Shimmel (Hercules), Joyce DiDonato (Dejanira), Ed Lyon
(Hyllus), Ingela Bohlin (Iole), Katija Dragojevic (Lichas), Simon
Kirkbride (Priest of Jupiter)
- Vienne - Wiener
Festwochen - 13, 15, 17 juin 2005
- Orchestre et choeur des Arts Florissants - dir. William Christie
- Jérémie Rhorer (17 juin) - mise en scène
Luc Bondy - décors Richard Peduzzi - costumes Rudy
Sabounghi - lumières Dominique Bruguière - avec
William Shimell (Hercules), Ann Hallenberg (Dejanira), Toby Spence
(Hyllus), Ingela Bohlin (Iole), Malena Ernman (Lichas), Simon
Kirkbride (Priest of Jupiter)
- Halle - Opernhaus
- 23 février, 5 mars, 7 mai 2005 - Halle - Festival Haendel - 8 juin 2005
- dir. Alessandro De Marchi - mise en scène et
décors Fred Berndt - costumes Barbara Krott - chef de
choeur Jens Petereit - avec Curtis Streetman (Hercules), Ulrike
Schneider (Dejanira), Carlo Vincenzo Allemano (Hyllus), Martina
Rüping (Iole), Ki-Hyun Park (Priest of Jupiter)
- Opéra de
Paris - Palais Garnier - 4, 6, 8,
11, 14, 16, 19, 22, 24, 27 décembre 2004 - Vienne - Wiener Festwochen - 13, 15, 17, 19 juin 2005 - Orchestre et choeur
des Arts Florissants - dir. William Christie - mise en
scène Luc Bondy - décors Richard Peduzzi - costumes
Rudy Sabounghi - lumières Dominique Bruguière -
dramaturgie Geoffrey Layton - chef des choeurs François
Bazola - avec William Shimmel (Hercules), Joyce Di Donato
(Dejanira), Toby Spence (Hyllus), Malena Ernman (Lichas), Ingela
Bohlin (Iole), Simon Kirkbride (Priest of Jupiter)


- Webthea - Le Journal des Spectacles - 22
décembre 2004 - Joyce DiDonato, bouleversant Otello au
féminin
"La jalousie paranoïaque
de l’épouse de Hercules revenu de guerre avec une princesse en
butin, fait de Déjanire un Otello au féminin.
Mêmes soupçons injustifiés, même
démence convulsive menant au meurtre. La soprano Joyce
DiDonato en offre une interprétation qui restera de
référence. Créée au Festival d’Aix en
Provence 2004, cette nouvelle production de l’un des plus beaux opus
lyriques de Haendel prend place à l’Opéra National de
Paris, son coproducteur, dans les habits musicaux et scéniques
de l’été : William Christie et ses Arts Florissants
dans la fosse, une distribution hors pair (Joyce
DiDonato/Déjanire, Ingela Bohlin/Iole, William
Shimmel/Hercules, Toby Spence/Hyllus), la fine direction d’acteurs de
Luc Bondy et, hélas, les décors
bunkérisés de Richard Peduzzi, en totale contradiction
avec le sujet et la musique.
Le virus mortifère de
la jalousie - C’est une tragédie classique au sens le plus
strict, unité de lieu, unité de temps : trois actes
pour que naisse, monte et explose le virus mortifère de la
jalousie. Elle se déroule au royaume des demi-dieux où
Hercules, fils de Jupiter, auteur des douze travaux expiatoires,
revient vainqueur d’une ultime guerre dont il ramène,
prisonnière, la princesse Iole. Son épouse
Déjanire soupçonne aussitôt des liens
adultères. La clémence qu’Hercules manifeste à
l’égard de la captive conforte ses craintes. Folle de rage et
de douleur, elle envoie à celui qu’elle imagine
infidèle une tunique empoisonnée qui lui brûle
les chairs et le tue dans d’horribles souffrances. Déjanire,
Otello au féminin, plonge alors dans le puit sans fond de sa
démence. Mais chez Haendel, contrairement à
Shakespeare, il n’y a pas de manipulateur pour attiser la jalousie.
Seule l’imagination en délire mène la danse de mort.
Bunker aux parois
bétonnées - Cette histoire d’hier pourrait-elle
être d’aujourd’hui ? Faire le grand écart par-dessus les
siècles est devenu le sport favori des metteurs en
scène affamés de "relectures". Parfois ça
marche, c’est même quelques fois très réussi.
À condition que l’esprit soit sauvegardé, que l’essence
de ce qui est raconté en mots et en notes reste
crédible. Quelle mouche a piqué Richard Peduzzi,
l’homme des hauts murs magiques de Patrice Chéreau, pour
transformer le palais princier d’Hercules en bunker aux parois
bétonnées ? Comment justifier que son uniforme de
général vainqueur soit réduit à des
hardes constellées de boue ? Que la reine soit fringuée
comme l’ouvreuse d’un ciné de banlieue de misère ? Que
le personnel soit affublé de treillis et le chœur de jeans
informes ? C’est pousser bien loin le bouchon de la transposition.
La sombre
ambiguïté des rapports amoureux - Un vrai gâchis en
regard du reste. Car Bondy a su revêtir de sombre
ambiguïté les rapports amoureux des héros, car les
chanteurs, sans exception, les incarnent à merveille, tant
vocalement que scéniquement : charme et fraîcheur pour
la jeune Ingela Bohlin et pour le ténor Toby Spence, grandeur
et profondeur pour William Shimmel. Et en Déjanire
blessée d’amour et d’amour propre, Joyce DiDonato
épouse sans faillir les spirales de l’écriture
haendelienne et impose une présence fébrile qui fera
date. Quant à Christie, moins pétulant avec Haendel
qu’avec ses chers Français, Lully, Rameau et leurs amis, il
semble, durant les deux premiers actes, avoir été
frappé de langueur devant l’incohérence du décor
mais se rattrape au final en fureur contenue et noire
mélancolie."
- Forum Opéra - 4 décembre
2004
"Prophéties, jalousie,
vengeance, tous les ingrédients de la tragédie
antique apparaissent dans ces trois
actes, denses en rebondissements dramatiques, qui nous racontent le
dernier épisode de la vie d'Hercule. Ils sont portés
par une musique puissante et généreuse. Acte I : retour
d'Hercule vainqueur. Acte II : les ravages de la jalousie. Acte III :
mort d'Hercule et folie de Déjanire.
Si William Christie, les
musiciens et les choeurs des Arts florissants, bien ajustés
à l'expression baroque, nous restituent avec science et
délicatesse cette musique sublime, hélas, une fois de
plus, le décor, les accessoires triviaux et la "direction
d'acteurs" à laquelle doivent se soumettre les chanteurs ne
font que nous gêner pour goûter pleinement cet ouvrage
magnifique. Après avoir eu droit au grand rideau tout bleu
interminablement gonflé par le vent pour meubler l'ouverture,
aux morceaux de "colosse" épars sur le plateau pour
évoquer le lieu et l'action, aux
personnages habillés, selon les cas, en treillis militaire, en
imperméable ou en sous-vêtement - le tout
éclairé avec brutalité, après avoir
encore admis que les princesses pouvaient très bien se
promener pieds nus, siroter des jus de fruits en lisant des
magazines, ramper sur le sable, jeter leurs bijoux de colère
ou se vautrer sur leurs partenaires masculins, nous devons, pour
l'apothéose finale, nous satisfaire d'un barbouillage de sang
et d'un tas de fumée sans feu... Mais, par chance, Haendel et
son librettiste ont choisi un happy end !
Malgré tout, et en
dépit du fait qu'ils doivent exécuter - la plupart
d'entre eux sans conviction - quantité de gestes et de
mimiques bien inutiles, les chanteurs s'en tirent plutôt
très bien vocalement. Dans le rôle titre, William
Shimmel est convaincant, solide et,
apparemment, très à l'aise dans l'univers de Bondy. Son
fils, Hyllus, est interprété avec brio par le jeune
ténor Toby Spence. Sa voix bien timbrée et parfaitement
contrôlée compense un jeu distancié, sans grande
consistance. On attendait beaucoup de la Dejanira de Joyce DiDonato,
personnage central du drame. Si la mezzo américaine confirme
ses qualités, elle semblait, le soir de cette première
parisienne, en-deçà de ses possibilités, surtout
dans sa scène de folie furieuse. Sa voix contraste
efficacement avec celle de la soprano Ingela Bohlin, agréable
en princesse Iole. Leur duo "Joys of freedom, joys of pow'r'' fut un
des meilleurs moments de la soirée. Dans le rôle du
héraut, la belle mezzo Malena Ernman, au physique très
athlétique, manque néanmoins de puissance vocale pour
être appréciée dans cette salle du Palais
Garnier, un peu grande pour le répertoire baroque. Pour
conclure sur une bonne note, une mention spéciale pour les
choeurs saisissants de cet ouvrage, merveilleusement chantants dans
cette production."
- Altamusica - 4 décembre 2004
"De cet Hercules, il ne
restera, gravées, qu’une seule image, qu’une seule voix, celle
de Dejanira, exorbitée, éructée, dans sa danse,
sa transe de macabre démence. C’est là que, l’espace
d’un "Where shall I Fly" en apnée, les voies
désespérément parallèles tracées
par William Christie et Luc Bondy se seront croisées, comme
aspirées par les imprécations de Joyce DiDonato,
tragédienne inédite et
transfigurée.
Il aurait pu, il aurait
dû se passer quelque chose entre ces parois oppressantes,
devant ce colosse écroulé sur le sable, dans cette
nudité tragique créée par Richard Peduzzi. Mais
Luc Bondy s’est trompé de genre, d’auteur, d’époque.
Prétexter Sophocle pour enrichir Haendel est de ces dangers
que les hommes de théâtre se plaisent à
affronter. Encore faut-il ne pas s’arrêter au livret,
écouter cette musique qui souvent va plus loin, la comprendre,
l’accepter, malgré la rigueur de ses conventions. Le metteur
en scène suisse a voulu un adultère
avéré, des preuves matérielles, presque des
flagrants délits : la jalousie ne peut se nourrir
elle-même. Et pourtant, la musique en témoigne qui,
petit à petit, par le venin des cordes des Arts Florissants,
dégénère. Cet Hercules-là, d’une seule
pièce durant deux actes, qui fanfaronne, qui vocalise,
raillé par deux hautbois, ne peut être que bon guerrier
fidèle. C’est trahir, aussi, les personnages, que de les
réduire à ce tragique ordinaire, quotidien, de leur
refuser la solitude, d’exposer ainsi le corps d’Alcides pour que
chacun vienne le contempler. C’est un constat d’échec,
surtout, que de meubler sans cesse, par d’insignifiants
détails, là où rien ne souffle de mythique,
d’antique.
La direction de William
Christie souffre de ce même défaut d’élan, trop
tranquille, trop léchée, avec quelques sursauts quand
apparaît Dejanira, ou quand, dans l’ouverture du III, le violon
de Patrick Cohen-Akenine projette sa flamme. L’effectif n’y est sans
doute pas pour rien, qui atténue les contours, mais comment
faire autrement à Garnier que de peupler ainsi la fosse. Moins
précis, moins percutant que de coutume, le chœur, aussi, doit
avant tout sonner, inspiré l’espace d’un The World’s avenger
is no more. C’est un Lichas sans projection qui annonce les
évènements les plus funestes : silhouette avantageuse,
timbre troublant, Malena Ernman joue trop cynique, Sophocle. Ingela
Bohlin ravirait tous les cœurs si, en plus du charme, le timbre avait
de la tenue. L’intonation, la vocalise sont ici trop fragiles pour la
sagesse haendélienne d’Iole, pas la petite briseuse de
ménages de Bondy. Toby Spence chante tout, parfois
remarquablement, mais pas cet Hyllus. Fort élégamment
phrasé, Let no fame the tidings spread tourne en rond, de da
capo sans imagination. William Shimell a la stature imposante, le
timbre monolithique, la pitoyable détresse d’un Hercules, mais
ses récitatifs dérapent.
Une Dejanira qui ose l’hybris
- Et si ceux-là composent, Joyce DiDonato se consume, ose
l’excès, l’hybris, expressionniste, variant les couleurs du
timbre à l’infini, jusqu’à l’insoupçonnable : le
moelleux, la lumière, mais aussi le tranchant, l’aigreur.
C’est enfin le vrai théâtre, qui se jette a corps perdu,
qui frôle le cri, les larmes, le sang. Le
dérèglement de Dejanira est là, d’affliction en
joie, de soupçon en terreur, de mépris en espoir :
Resign thy club and lion’s spoils, pointilliste, perfide, puis Cease,
ruler of the day à la corde, nourri de silence. Hideuse, cette
folie, où le chant, en imprécations, devient
auto-destructeur – ne plus penser la vocalise que comme un poison. Ce
qui suit – air, duo, chœur, joie de façade – restera dans
l’ombre de cette figure convulsée, d’agonie silencieuse,
captivante."
- Libération - 4 décembre
2004
"Dévoilé au
dernier Festival d'Aix, le Hercules de Haendel dans un décor
de béton et de sable abstrait de Peduzzi, débarque
à Garnier. Un huis clos de la passion mortelle, habité
par des bêtes de style en jeans ou treillis. Direction
d'acteurs intense, gestion signifiante des choeurs aux couleurs
tendres et d'une subtile matité, la manière Luc Bondy
est imparable. Choix de tempi contrastés, ductilité de
la phrase, homogénéité des coloris, William
Christie pilote ses Arts florissants et un casting de choc : Joyce Di
Donato, ses coloratures fruitées et ses portamentos dans
l'émission pour une scène de folie incandescente,
Camilla Tilling, la mezzo Malena Ermann, le ténor léger
Toby Spence et le baryton William Shimmel qui prend le pari de la
caractérisation maximale, dans une mort d'Hercules qui
«met en extase»."
- ConcertoNet - 4 décembre 2004
"Parmi les nombreux
opéras de Haendel, Hercules (1745) concentre le drame comme
rarement. C’est la jalousie qui tient ici le premier rôle au
long d’une intrigue très linéaire, la jalousie qui
naît (acte I), ronge (acte II) et culmine dans la folie (acte
III). Au retour de ses douze travaux, Hercules ramène en effet
parmi ses captifs une princesse « à la beauté
fatale », Iole, dont son épouse, Déjanira,
soupçonne qu’elle est son amante ; il faudra la mort du
héros pour que, sombrant dans la folie, elle se rende compte
de son erreur.
Figure centrale de
l’opéra, le rôle de Déjanira nécessite des
moyens vocaux et un investissement dramatique à la mesure des
grandes héroïnes lyriques (Traviata, Isolde, Elektra …),
pour notre plus grande satisfaction et la réussite de cette
production (créée à Aix cet été),
Joyce DiDonato se révèle parfaitement à la
hauteur. Très convaincante dans les circonvolutions de
l’écriture baroque, captivante dans la tragédie du
doute affreux qui la ronge, la mezzo américaine signe ici une
performance remarquable, on ne souhaite que la voir plus souvent
à Paris ! Drame resserré sur six personnages, les
autres rôles sont également parfaitement tenus, des deux
séduisantes suédoises Ingela Bohlin (soprano, Iole) et
Malena Ernman (mezzo, Lichas) à l’anglais Simon Kirkbridge
(baryton-basse, Prêtre de Jupiter), qui tous les trois font
leurs débuts à l’Opéra de Paris ; et l’on
retrouve avec plaisir les deux anglais William Shimell (baryton,
Hercules) et Toby Spence (ténor, Hyllus).
Se maintenant
décidément au sommet des chefs baroques, William
Christie montre la part d’ombre que recèle cette partition et
sait épouser les tourments de l’âme de
l’héroïne, sa direction à la fois franche et
subtile fait merveille pour nous plonger au cœur du drame et ne
ménage aucun temps mort (même si, plus anecdotiquement,
un entracte entre les deux premiers actes aurait été le
bienvenu pour éviter deux heures et quart d’affilée, la
résistance des mélomanes a ses limites
!).
A la régie, Luc Bondy
conduit, comme on l’apprécie chez lui, un théâtre
limpide et subtil, évoquant sans jamais les exagérer
les sentiments qui traversent les personnages et offrant des
scènes de groupes où chaque personnage semble
individualisé, ce qui dénote, il faut le signaler, un
talent rare. Pourquoi alors avoir choisi un décor (de Richard
Peduzzi) si laid (les murs gris d’un bunker), des costumes
quelconques, des lumières constamment faiblardes comme s’il
fallait mettre ce drame sous l’étouffoir ? Quoi qu’il en soit,
pour Joyce DiDonato, pour William Christie, il ne faut pas manquer
cet Hercules qui restera une expérience lyrique
inoubliable."
"Bienvenu dans le palais
bunker d’Hercules, Peduzzi a pensé un décor de brute
pour une brute : William Shimel excelle dans la psychologie de petit
pois du héros. N’empêche, durant trois heures de
spectacle, ce mur de béton ennuie profondément, et ce
n’est pas la mise en scène sommaire de Luc Bondy qui
réveillera l’auditeur, ni la direction sans caractère,
mais amène, confortable, au mieux jolie, de William Christie.
Tout cela vous a musicalement un petit air régence qui n’a
strictement rien à voir avec la puissance du drame
hændélien.
Quoi ? Après Gardiner,
après Minkowski, diriger un tel chef d’œuvre comme l’on ouvre
un robinet d’eau tiède ? Et laisser ses chanteurs nus, sans
soutien, livrés à leur seul génie ? Il est vrai
que depuis sa miraculeuse Theodora (oui, mais Sellars était
là, ceci explique peut-être cela) Christie s’est depuis
beaucoup cherché dans Haendel sans jamais se trouver. Le
craquant Toby Spence a, depuis Aix, raffiné son Hyllus,
même si la vocalise est toujours indurée : on lui doit
bien des moments d’émotion du spectacle. Iole est sous
distribuée à une Ingela Bohlin anecdotique même
si son air du III, aux pianissimos diaprés, fut
touchant.
La tessiture de Lichas est
trop basse pour Malena Ernman et sa projection s’en trouve
raccourcie. C’est à elle que revient l’honneur de sortir d’un
fût de dioxine façon Seveso, à l’aide de deux
bâtons, la Tunique de Nessus, idée ridicule mais qui ne
fait pas rire. Reste la Dejanire géniale de Joyce DiDonato,
comédienne inspirée, chanteuse impeccable, dont le
registre expressif déclinait tous les états de la
jalousie. Pour l’anecdote, son air du II, au plus doux de son
pianissimo fut pollué par la sonnerie d’un
téléphone portable qui entonna l’ouverture de Carmen,
ce qui valu à sa propriétaire les ires publiques de
William Christie."
- Festival de
Buxton - 10, 14, 17, 21, et 25
juillet 2004 - Symphony of Harmony and Invention - dir. Harry
Christophers - mise en scène Aidan Lang - décors
Deirdre Clancy - avec Gillian Keith (Iole), Eric Owens (Hercules),
Yvonne Howard (Dejanira), William Purefoy (Lichas)

- Festival d'Aix en
Provence - Théâtre de
l'Archevêché - 6, 8,
9, 13, 15, 17, 20, 21 juillet 2004 - Beaune - Cour des Hospices - 23 juillet 2004 - Orchestre et choeur (chef de
choeur François Bazola) Les Arts Florissants - dir. William
Christie - mise en scène Luc Bondy - décors Richard
Peduzzi - costumes Rudy Sabounghy - lumières Dominique
Bruguière - collaboration artistique Geoffrey Layton - avec
William Shimmel, basse (Hercules), Joyce Di Donato, mezzo-soprano
(Dejanira), Toby Spence, ténor (Hyllus), Camilla Tilling,
soprano (Iole), Malena Ernman, mezzo-soprano (Lichas), Simon
Kirkbride, basse (Prêtre de Jupiter) - en coproduction avec
l'Opéra National de Paris et les Wiener Festwochen -
première version scénique en France

- L'Atelier du chanteur - 15 juillet 2004
"Voici un spectacle
réussi de bout en bout, qui convient en outre très bien
à l'atmosphère d'Aix. William Christie et les Arts
Florissants sont en forme, Haendel semble décidément
mieux leur convenir que la tragédie lyrique française.
Luc Bondy nous offre une excellente direction d'acteurs, mise
à nu dans les décors minimalistes de Richard Peduzzi et
les costumes quotidiens de Rudy Sabounghi. Le plateau vocal est enfin
excellent ! Le rideau est un voile de soie bleue. Quand il tombe
apparaissent quelques morceaux de statue, deux ou trois chaises et un
vieux fût, qui vont constituer, déplacés de ci de
là, les uniques éléments de décor de la
soirée. C'est dire que tout le spectacle reposera sur le jeu
et le chant ! Les lumières de Dominique Bruguière sont
également magnifiques, et la composition des tableaux humains,
l'équilibre des volumes et les perspectives sont essentielles
à la réussite de cette production. Ce n'est qu'à
la fin que la statue réapparaîtra brièvement
entière et debout. Hercule lui-même en est bien
sûr le sujet.
Le choeur est un protagoniste
important. Habillé lui aussi de vêtements modernes
quelconques et colorés, il reste souvent sur scène
après ses interventions et observe la suite des
événements, auxquels il réagit avec une bonne
combinaison d'individualité et d'ensemble. Les parties
chorales sont très intéressantes, ce qui renforce
encore l'impression, donnée par la langue anglaise, que l'on
assiste à un oratorio plutôt qu'à un opera seria.
Un magnifique choeur sur la jalousie au deuxième acte et un
autre de déploration au troisième ont une belle valeur
intrinsèque.
Joyce DiDonato et Malena
Ernman sont toutes deux excellentes tout en ayant des couleurs
vocales suffisamment différenciées. Camilla Tilling,
qui arrive en robe noirâtre sous un imperméable kaki,
chante très bien. Heureusement, car Haendel lui offre toute
une palette d'airs traduisant successivement les principaux affects.
L'Hercule de William Shimell est très bien sonnant. Toby
Spence est encore en progrès. Sa voix est de plus en plus
corsée et solide. Luc Bondy le fait souvent rester sur
scène à épier Iole et Hercule, ce qui lui permet
de manifester sa grande expressivité et ses talents d'acteur.
Luc Bondy rend aussi Hercule beaucoup plus entreprenant auprès
de Iole que ne le dit le texte. De manière
générale, il s'attache à amplifier et donner
à voir toutes les interactions entre les personnages, sans
doute pour éviter l'aspect "chapelet de saucisses" que peut
prendre la succession d'airs d'un opera seria.
L'oeuvre est truffée de
beaux airs, comme au premier acte "My father" de Déjanire, au
deuxième un joli air relativement gai de Iole puis un bel air
vocalisant de jalousie et enfin le bel air de Déjanire "Cease,
sovereign", dont le récit est accompagné de
manière très expressive et dissonnante. Cette fin de
second acte met en valeur Déjanire, mais Iole échange
aussi de belles répliques en duo avec elle. Le
troisième acte est ouvert par une superbe partie de violon
solo de Patrick Cohën-Akenine. Cet acte s'impose avec une force
dramatique jusque là absente, surtout du premier. Joyce
DiDonato y chante et joue très bien une belle scène de
folie."
- Opéra International - septembre 2004
- 13 juillet 2004
"Il faut se rendre à
l'évidence, le prestigieux tandem de l'édition aixoise
2004, William Christie et Luc Bondy, semble s'être
égaré dans le dédale
héroïco-passionnel d'Hercules. Frustrante, la production
attendue et pleine de promesses du splendide musical drama en trois
actes déconcerte par son étrange vacuité
émotionnelle. On ne sait, dans ce spectacle lénifiant,
ce qui est le plus regrettable : une direction musicale
raffinée mais trop décorative, des chanteurs
inégaux doublés d'un choeur placide, une mise en
scène cérébrale et fort peu dramatique, un
décor aussi statique que glaçant, des lumières
abruptes, des cos-tumes " tendance " ? Une chose est sûre,
l'occulte alchimie élaborée par les maîtres
d'oeuvre de ce mélo chic et choc n'est pas de celles qui
attisent la flamme du péplum haendélien.
Dès le lever de rideau,
la funeste vision du palais royal de Trachis (une sorte de bunker
minimaliste pour héros branchés en déroute),
envahi par les fragments d'un colosse terrassé avant l'heure,
ôte très vite tout espoir quant à une
véritable recherche esthétique. Loin d'être
gouvernés par l'imaginaire, les efforts déployés
par Richard Peduzzi (décors), Rudy Sabounghi (costumes) et
Dominique Bruguière (lumières) pour fournir aux
mythiques protagonistes un espace à la hauteur de leurs
affrontements s'avèrent infructueux. Les éclairages
unidirectionnels, les tenues streetwear et le stylisme
pseudo-moderniste de l'oppressant dispositif scénique
constituent déjà un obstacle majeur. Ainsi
emmurée, la mise en scène de Luc Bondy pouvait-elle
trouver le ton adéquat et venir à bout du récit
sanglant montré, et voulu commé une tragédie
contemporaine, avec ses victimes, ses rescapés et
naturellement ses spectateurs ? On est très vite
stupéfait par l'absence de vie, de filiation entre les
personnages chacun parle dans sa bulle et reste hermétique
à l'intrigue. Il faut croire que la volonté de rendre
plus palpables les sentiments dévastateurs (l'amour, la
jalousie, la haine...) qui saturent cet opéra habilement
travesti en oratorio, ont fait perdre de vue àBondy la
franchise, la motricité (malgré les ralentissements
induits par les problématiques da capo) et le
pathétisme naturels d'une oeuvre qui ne réclame en rien
les justifications psychologiques, philosophiques ou
littéraires dont nous abreuve le programme de salle. Entre la
tragédie antique, le soap opera et le théâtre, il
faut savoir faire un choix !
Par ailleurs, la production
semble avoir sous-estimé l'insondable pouvoir de la musique
qui, d'elle-même, parle et suggère. Si la partition est
portée à un degré convenable par William
Christie et ses forces instrumentales, elle n'atteint cependant pas
la puissance descriptive qu'elle porte intrinsèquement. Avec
son sens aigu du détail, son goût marqué pour une
ornementation subtile, le chef escamote les ruptures de climats qui
font la beauté d'une partition entre toutes audacieuse.
L'orchestre répond avec élégance, mais jamais
n'électrise. Ouant au choeur, fluide et léger comme un
vol d'hirondelles, son implication, aérienne dans les passages
extatiques, s'évapore face aux invectives du puissant
"Jealousy ! Infernal pest ".
Reste un plateau vocal
mitigé : la soprano suédoise Camilla Tilling [laie),
malgré son joli et très frais brin de voix, ne trouble
vraiment que dans son deuxième air " How blest the maid
ordained to dwell" et, si le jeune et séduisant Toby Spence
(Hyllus) dispense quelques beaux sons dans " Where congealed the
northern streams ", Malena Ernman (Lichas) est pour sa part bien trop
souvent dépassée par la tessiture de son rôle.
William Shimell (Hercules), demi-dieu physiquement crédible,
est à l'aise dans son treillis et ses rangers, mais son
excellent numéro de comédien dissimule mal sa
difficulté à chanter pour de vrai les terrifiantes
vocalises du recitativa accampagnata "O Jove ! what land is this,
what clime accurst ". Seule Joyce Di Donato (Dejanira) mérite
vraiment un coup de chapeau. Son talent, ici pourtant presque
sous-exploité, éclate littéralement.
Présence féline, suavité du timbre, projection
bien maîtrisée, vocalisation téméraire, la
mezzo américaine s'empare de son personnage complexe avec une
aisance qui creuse un peu plus le fossé entre elle et le reste
de la distribution. Sa scène de folie " Where shall I fly ? "
n'est certes pas sans accrocs (de légers décalages avec
l'orchestre, une ligne de chant pas constamment pleine), mais
lorsqu'on voit avec quelle énergie elle sombre dans la
démence, on se prend à rêver de ce que cette voix
impétueuse pourrait déclencher sous d'autres latitudes
baroques ! Assurément l'unique satisfaction de la
soirée."
- Opéra International - septembre 2004
- 15 juillet 2004
"Cette femme enroulée
dans un rideau flot. tant est de toutes les époques.
L'épouse du guerrier attend son héros, avide de lui
procurer ce fameux repos où les frustrations
s'éteignent et la vie se renouvelle, situation de toujours que
Luc Bondy place sous le signe d'une fascinante intemporalité.
Les costumes de Rudy Sabounghi sont de 2004, la statue
démembrée d'Hercule, de l'Antiquité. Les
modernes que nous sommes auraient ici tort de reprocher au metteur en
scène ces allers et retours, la guerre ayant par trop repris
le pouvoir sur notre imaginaire depuis l'invasion d'un certain pays
au sable chaud. Le sable est justement la base de l'austère
décor de Richard Peduzzi. Les restes du colosse s'y enfoncent
et feront tout le mobilier d'un espace oppressant, avec un vieux
bidon (de pétrole) et une chaise. Ces débris d'une
éternité teintée d'aujourd'hui font signe sans
nous agresser. C'est la qualité de ce spectacle où
Hercule, en treillis sanglant tel un GI rentrant d'Irak,
ramène une Iole portant entre ses bras l'urne des cendres de
son père, comme il était d'usage à Rame il y a
deux mille ans. Le choeur parfait des Arts Florissants est
tantôt compatissant, tantôt d'un vipérin à
glacer l'âme dans le tube "Jealousy ! ". Les choristes
fascinent par leurs déplacements félins comme par leur
hiératisme de coryphées aux chemises façon Celio
que transfigurent les éclairages de Dominique
Bruguière, magicienne des projecteurs qui a si bien
habillé La Guerre et la Paix de Prokoviev repris cette saison
à Paris. Mais c'est le travail effectué par Bondy avec
les solistes qui estomaque, surtout dans une partition non
dépourvue de baisses d'intensité, faiblesse pourtant
rarissime chez Haendel. Qu'il s'agisse des piteuses scènes de
séduction du héros musculeux ou de la rancoeur
grandissante entre Iole et madame Hercule, montrée en une
acide séance de manucure, l'attention est sans cesse
relancée par l'humanité injectée dans le mythe.
Ouant à Déjanire, qui mériterait de donner son
vrai titre à l'oeuvre, elle est hantée par Joyce Di
Donato. Passant de l'épouse sûre de ses charmes à
la généreuse piquée, puis à la
délirante parcourue de tics dignes de Charcot, sa fulgurante
métamorphose est un moment de vérité (ou de
théâtre?) d'une intensité rare sur une
scène lyrique.
La qualité des
chanteurs s'avère au moins égale à leur jeu
d'acteurs. William Shimell (Hercule), sorte de Jean Reno pleutre,
interprète avec ce qu'il faut d'antipathie son rôle de
macho stupide. Toby Spence, aussi à l'aise dans Strauss que
dans Rameau, a le profil du jeune premier tenace donnant un corps et
un ténor lumineux au pâlichon Hyllus. Si le rôle
de Lichas, interprété par l'alto Malena Ernman, a pu
déranger par l'âpreté de son timbre, son choix
était adéquat pour un personnage vu ici comme un
manipulateur ambigu se brûlant à ses intrigues. Ouant
à la Iole de Camilla Tilling, son émission tendre et
flûtée séduisit tout autant que la
subtilité de sa prestation. Elle aura offert, dans cet
Hercules dépouillé et percutant, d'assister à la
naissance d'une artiste prometteuse. La seule réserve concerne
l'orchestre. Si la qualité des Arts Flo de William Christie
n'est pas ici en cause, la fosse démesurément large de
l'Archevêché posa des problèmes de
synchronisation aux cordes et dilua les harmoniques des
vents."
- Classica - septembre 2004
"Le défi pour Luc Bondy
était de taille : rendre justice à cet opéra qui
n'en est pas un (il fut créé en concert), donner vie
à des personnages d'oratorio, passer outre les conventions
musicales du da capo sans mutiler la musique. L'effort est admirable,
et le résultat presque autant. Mais pas totalement
convaincant. On ne peut que remarquer, par moments, la justesse d'une
direction d'acteurs qui veut tirer le maximum de cette histoire
longuette d'amour et de folie, avec tact et sobriété.
Mais dire que l'émotion nous emporte, ce serait aller un peu
loin, malgré quelques beaux tableaux, surtout dans l'acte III,
le dernier. Les Arts florissants de William Christie n'étaient
pas dans un bon soir lors de la première, et les chanteurs un
peu appliqués. Camilla Tilling, formidable Iole, a dû,
avec le temps, trouver en Joyce Di Donato une partenaire mieux
qu'attentive dans l'écrasant rôle de
Déjanire."
- Diapason - septembre 2004 - Scènes
de la vie congugale - 15 juillet 2004
"C'était la plus
excitante distribution du festival. C'était le retour aixois
de Luc Bondy après le triomphal Tour d'écrou.
C'était l'occasion, si rare encore, de voir un ouvrage baroque
auquel on a donné des moyens dignes d'un opéra
romantique (le spectacle arrive à Garnier en décembre).
Et ce fut un pensum. A une heure du matin, quand le rideau tombait,
rien ou presque n'avait accroché l'oeil ni l'oreille. Un
savoir-vivre que les plus vertueux ont encensé, sublimant
l'ennui comme un mal nécessaire, qui préserve le
théâtre baroque du désordre et du mauvais
goût. Soit. Restent alors deux petits problèmes : ie
livret d'Hercules, et la partition. Exposer aux feux de la rampe le"
drame musical " (oratorio profane) inventé par Haendel pour
sémanciper de la scène, c'est rendre inutile son
travail et souvent maladroites ses trouvailles. Si la mort d'Hercule,
la folie de Déjanire, l'importance du choeur (absent des
opéras italiens à l'époque) tendent la main au
metteur en scène, la lenteur des deux premiers actes la
retire; le drame véritable, celui qu'un librettiste aurait pu
mettre en vers pour investir l'espace, ne commence qu'au III. Et
encore... quand sous nos yeux meurt Hercule, un messager vient de
décrire ses derniers instants ; chronologie proprement
tragique, et qui appelait donc son propre théâtre, non
une banale "représentation ".
Pour tenter l'impossible,
Bondy invoque Sophocle (malgré les profondes divergences entre
Les Trachiniennes et le texte de Broughton analysées par
Jacqueline de Romilly dans l'éclairant numéro de
l'Avant-Scène Opéra), greffe une psychologie pesante au
simple messager Lichas (Malena Ernman, attachante malgré une
tessiture trop grave et un numéro hystérique),
accessoirise les airs (Lichas jongle pour occuper ses mains, Hyllus
déploie une carte, le choeur équipe son sac à
dos, Déjanire lime les ongles de sa rivale, et reste sur
scène après la "folie ", victime de spasmes
nerveux...), fait offrir par Hercules un bijou à Iole, sa
noble captive. Curieuse licence : la jalousie, quand elle s'oppose au
coupable démon de midi de l'époux, menace la
ménagère-de-moins-de-cinquante-ans ; celle de
Déjanire, qui ne se nourrit que d'elle-même et de ses
fantasmes, est universelle. D'universel, nous aurons vu
néanmoins la souffrance charnelle d'Hercule (le plus beau
moment de la soirée), le dépouillement
générique du décor (sable, murs en béton,
bidon, statue démantelée) et les costumes, façon
GAP. Seul William Shimell ne s'égare pas entre la
sensibilité de la scène et celle de la fosse. Hercule
magnétique, d'un seul bloc, force de la nature presque
méprisable, c'est l'anti-héros voulu par Haendel
à l'âge de l'honnête homme."
- Télérama - Les travers d'Hercule -
Adultère, jalousie, inceste... l'oeuvre met en
lumière la part d'ombre du fils de Jupiter.
"Hercule n'est pas au bout de
ses travaux. Non content, entre autres exploits, d'avoir
dépecé le lion de Némée,
décapité l'hydre de Lerne, récuré les
écuries d'Augias, muselé Cerbère tout en
croquant les pommes d'or du verger des Hespérides, le voici
vocalisant tout son soûl dans l'un des drames musicaux de
Haendel les plus puissants et les mieux construits. Cette
consécration lyrique, le fils de Jupiter et d'une mortelle,
Alcmène - que le roi des dieux avait abusée et
séduite en prenant l'aspect de son mari, Amphitryon -, la
mérite bien. Mais l'opéra du cher Saxon n'est pas moins
digne de la résurrection estivale inscrite au programme du
festival d'Aix-en-Provence. Bâti en quelques semaines par un
compositeur sexagénaire au summum de sa maîtrise,
Hercules est en effet l'un des trois fleurons écrits lors de
cette année 1744 si fertile, avec Semele et Belshazzar. Quant
au tandem artistique choisi par Stéphane Lissner pour
inaugurer cette 56e édition
du festival, dans la cour de l'Archevêché, il
répète roue dans la roue. « William Christie
appartient à cette lignée de chefs trop rares qui
suivent attentivement les initiatives du metteur en scène et
les soutiennent à fond », se félicite Luc Bondy.
Ce dernier, actuel patron des Wiener Festwochen en Autriche - et
ancien codirecteur de la Schaubühne de Berlin au
côté de Peter Stein -, ne s'intéresse pas par
hasard à l'opéra de Haendel. Il n'en est d'ailleurs pas
à sa première mise en scène lyrique : un
envoûtant et morbide Cosi fan tutte, de Mozart, puis, toujours
à la Monnaie de Bruxelles, La Ronde, de Philippe Boesmans,
d'après l'oeuvre d'Arthur Schnitzler, ou, plus
récemment à Aix-en-Provence, le si troublant Tour
d'écrou, de Benjamin Britten, ont établi solidement son
renom. Luc Bondy a abordé l'opéra de Haendel par la
tragédie de Sophocle "Les Trachiniennes", dont il a
monté au printemps dernier une adaptation en anglais, à
Londres. Reprise par Sénèque ("Hercule sur l'OEta"),
variée par Ovide au livre IX de ses "Métamorphoses",
cette pièce très noire est à l'origine du livret
que le Britannique Thomas Broughton a rimé pour le musicien.
Hercule retrouve son épouse légitime, Déjanire,
au retour d'une longue guerre meurtrière en OEchalie, dont il
ramène aussi, comme butin, une jeune et belle captive, la
princesse Iole.
Dans la tragédie de
Sénèque, Hercule a possédé la malheureuse
Iole, et la jalousie qui s'empare de Déjanire est des plus
fondée. Dans le livret de l'opéra, le polissage des
moeurs aidant, Hercule, beaucoup plus vertueux, a respecté sa
prisonnière, qu'il destine à son fils, et la jalousie
de Déjanire, irrationnelle, n'est alors que pur délire,
paranoïa possessive. Le résultat final est cependant
identique. Croyant reconquérir son volage époux,
Déjanire lui fait enfiler la tunique léguée
autrefois par le centaure Nessus. Enduit d'un poison, le
vêtement fatidique s'enflamme aussitôt sur Hercule, qui
périt.
« Le livret de Broughton,
qui évacue le catastrophisme systématique de Sophocle,
m'a d'abord déçu, concède Luc Bondy, en regard
de l'implacable tragédie grecque, où le bonheur est une
idée ancienne et oubliée, la mort toujours imminente,
le deuil permanent, où le scandale sexuel plane aux deux bouts
de l'intrigue. D'abord dans la tentative de viol de Déjanire
par le centaure Nessus, tué par Hercule, et qui lègue
en mourant sa tunique à Déjanire. Puis à la fin,
dans la volonté d'Hercule, à l'agonie, d'unir sa
maîtresse, Iole, à son fils - un inceste par
délégation qui répugne à la jeune femme.
Un mélange mortel de sang et de sperme contamine tout le
drame. »
Mais la musique de Haendel a
réconcilié Luc Bondy avec ce drame anglais, à
première vue trop chic et pas assez choc. « La musique si
subtilement colorée et contrastée de Haendel contredit
les affirmations trop catégoriques des personnages. A bien
écouter ses plaintes, on se dit que Déjanire n'est pas
si folle, ni sa jalousie si absurde. Ce fanfaron d'Hercule est bien
capable de tous les passages à l'acte. Déjanire n'est
pas une simple version féminine d'Othello. »
La musique de Haendel
obéit au même double jeu que la poésie de Jean
Cocteau : un mensonge qui dit la vérité. Erreur en
deçà des mots, vérité au-delà,
dans les notes. La musique trahit les certitudes toutes faites des
lèvres pour mieux servir les intermittences secrètes du
coeur, les non-dits troublants du désir. Le critique anglais
George Bernard Shaw prétendait qu'il était impossible
de résister, dans la musique de Haendel, à
l'énergie qui la propulse en disant « oui ». Mais la
voix la plus persuasive est celle qui murmure en contre-chant :
«Peut être ?».
- La Libre Belgique - «Hercules» de
Haendel saturé de sens - En travestissant l'oratorio en
opéra, Luc Bondy se livre à exercice brillant mais
abusif - Superbe interprétation musicale, sous la direction
de William Christie.
"On pourra dire de la
production du «Hercules» de Haendel, créée au
Festival d'Aix-en-Provence cet été, qu'elle est
intéressante, belle et même forte à plus d'un
égard - saluons au passage le visuel de Peduzzi et de son
équipe -, mais elle n'est pas juste, et c'est gênant.
Autant la mise en espace d'un oratorio, faisant le lien entre les
passions contenues dans le texte et les attitudes des solistes, peut
apporter de la vie à un concert, autant sa mise en
scène est périlleuse. Si, dans le cas
d'«Hercules» (1745), hybride entre l'oratorio et le drame
musical, le parti méritait d'être tenté, le
résultat de la tentative, présenté comme
l'événement phare de la saison et déjà
vendu aux quatre coins du monde, comporte un singulier
dérapage. Celui-ci contribuera peut-être à
rappeler au public d'opéra le génie de Haendel, mais il
s'agira d'un bénéfice indirect, dû principalement
au travail de William Christie et à un casting de rêve.
La mise en scène, elle,
aura plaqué son propre délire sur la partition offerte
à l'imagination de l'auditeur et saturé ainsi toutes
les valences laissées libres par la musique et par le texte.
La manoeuvre est d'autant plus contestable que le livret
lui-même repose sur une ambiguïté : Iole, la belle
captive ramenée par Hercules après qu'il a rasé
OEchalie est-elle l'enjeu de sa campagne ou son tribut? La jalousie
meurtrière de Déjanire est-elle pure paranoïa ou
lucidité d'épouse trompée? Laisser ces questions
en suspens, c'est mobiliser l'attention de l'auditeur et permettre
à la musique de se frayer son propre chemin. Y répondre
- quitte à solliciter abusivement le texte - c'est vouer
l'écoute à l'ennui. Or Bondy est formel : Hercules est
bien épris d'Iole, à preuve, par exemple : il lui offre
des bijoux en cachette et elle rit de se voir si belle en ce
miroir... Manie de scénariser les arias da capo faute de faire
confiance à la musique.
D'autant que la distribution
rassemble six solistes exceptionnels à tous points de vue,
musical, vocal et scénique. Joyce DiDonato, totalement
engagée, mène Déjanire au coeur de la folie sans
jamais perdre son propre contrôle, Camilla Tilling, sa
«rivale» est belle, vive et ses aigus sont les plus beaux
du monde, Malena Ernman donne une nouvelle fois à un
rôle masculin (Lichas) sa verve et son aplomb, William Shimel,
allure et voix superbes, campe un Hercules à la fois
séducteur et faible, Toby Spence, Hyllus, rayonne de vaillance
et de style et Simon Kirkbride, prêtre de Jupiter, a toute
l'autorité requise par sa courte intervention. Le choeur, qui
occupe dans cette oeuvre une place exceptionnelle, est prodigieux de
nuances, d'homogénéité et de couleurs, avec en
sommet, le début de l'acte 3, totalement
dépouillé et livré à la seule puissance
dramatique des voix.
Christie enfin, fait de la
musique de Haendel une plongée vertigineuse dans un monde
intérieur où sensualité et spiritualité
ne font qu'un, portant chaque passage aux bords de l'extase -
notamment grâce à la maîtrise de ses musiciens
solistes - et assurant aux chanteurs, en contrepartie de tempos
toujours extrêmes, le plus sécurisant des
soutiens."
- Libération - Le colossal huis clos d'«Hercules»
"Coproduit par l'Opéra
de Paris (où il sera présenté en
décembre) et les Wiener Festwochen (dont Luc Bondy est
directeur), ce spectacle est le fruit d'une stratégie commune
entre Stéphane Lissner et Gérard Mortier (ex-directeur
de la Monnaie, puis de Salzbourg, du festival de la Ruhr, et
désormais de l'Opéra de Paris), visant un certain
idéal du théâtre lyrique défendu
également par Bernard Foucroulle à la Monnaie. Dans un
décor de béton et de sable abstrait, Dejanire, Lichas,
Iole et Hyllus surgissent, en jupe de jean ou treillis vert, et
incarnent les enjeux de la passion mortelle au milieu des
membra-disjecta d'une statue du colosse. De l'oratorio de Haendel,
Bondy fait évidemment théâtre, à mort,
pour le bonheur non dissimulé d'une assistance
forcément lettrée. Direction d'acteurs économe
mais intense, gestion signifiante et fluide des choeurs (en faux
canon, alignés face au public, comme un jury ou les
élèves d'un cours de théâtre), la
manière Bondy est imparable. Choix de tempos
contrastés, ductilité de la phrase,
homogénéité des coloris, William Christie semble
très concentré à la tête des Arts
florissants qu'il pilote au gré des décalages de Joyce
Di Donato dans les coloratures, et du rubato dangereusement
séduisant qu'adopte parfois Camilla Tilling pour clore un
intervalle descendant avec style. Car dans ce huis clos de la
cruauté amoureuse, les chanteurs se doivent d'être des
bêtes de style. Le timbre fruité de Joyce Di Donato
s'échauffe, facilitant le passage des registres,
jusqu'à oser ces portamentos dans l'émission, et
permettre une scène de folie négociée au
cordeau. La mezzo Malena Ermann, de couleur et d'articulation plus
immédiatement baroques, captive en Lichas malgré des
graves fortement sollicités, tandis que Toby Spence compose
avec un ténor léger et vaillant en usant avec souplesse
du falsetto. Dans le rôle titre, le baryton anglais William
Shimmel prend le pari de la caractérisation maximale, au
risque de détimbrer. Sa «mort» spectaculaire n'en
est que plus marquante. Comme cet Hercules incandescent, dont le
choeur aux couleurs tendres et d'une subtile matité invite
à «entrer dans la danse» d'une musique qui «met
en extase»."
- Voila.fr -
Un "Hercules" entre baroque et
contemporain - 6 juillet
2004
"Le 56ème Festival
international d'art lyrique d'Aix-en-Provence a levé le voile,
mardi soir, sur sa deuxième nouvelle production, "Hercules" de
Haendel, opera seria baroque-type avec vocalises
échevelées et reprises d'airs que le metteur en
scène suisse Luc Bondy fait chanter et jouer dans un habillage
contemporain. La première des huit représentations
prévues jusqu'au 21 juillet a reçu un accueil
chaleureux du public...Dans cet "Hercules", composé sur un
livret en anglais et créé à Londres en 1745, le
héros de l'Antiquité montré à la fin de
sa vie, brûlé par la tunique empoisonnnée de
Nessus offerte par sa femme jalouse, Dejanire, apparaît en
"battle dress" vert bouteille, tel un soldat de retour d'une guerre
bien actuelle. Son fils Hyllus porte un "baggy" et Iole la princesse
prisonnière du guerrier dont Dejanire est jalouse, est
à la dernière mode actuelle. L'Egyptien Rudy Sabounghi
a imaginé ces costumes et le Français Richard Peduzzi a
signé, comme décor, l'intérieur d'une sorte de
bunker en béton avec un sol recouvert de sable sur lequel une
gigantesque statue d'Hercule est disposée, brisée en
plusieurs morceaux. Dans cet environnement, Luc Bondy réussit
à donner vie à tous les protagonistes et au choeur des
Arts florissants, avec une remarquable direction d'acteur. Les
chanteurs ne sont jamais figés, ont toujours un geste, au
besoin prosaïque, pour accompagner leur chant, les fameux aria
da capo et les récitatifs qui les encadrent.
La distribution est
homogène, solide et engagée vocalement, avec
côté femmes, surtout la mezzo-soprano américaine
Joyce Di Donato (Dejanire) et la soprano suédoise Camilla
Tilling (Iole) et côté hommes, le baryton anglais
William Shimell (Hercules) et le ténor britannique Toby Spence
(Hyllus). Dans la fosse, le Franco-Américain William Christie
et son ensemble instrumental des Arts florissants ont leur habituel
souci de style, mais n'arrivent peut-être pas toujours à
rencontrer le souci d'actualisation de la mise en
scène."
- Opéra International - Spécial
Festival d'Aix-en-Provence - Luc Bondy -
Peut-on mettre en scène un
opéra ?
- Le Monde - La
création d'"Hercules", le nouveau travail de Luc Bondy
- 3 juillet 2004
"A 18 heures a
débuté la répétition du Hercules de
Haendel, nouvelle production sous la direction de William Christie,
mise en scène par Luc Bondy. Ces deux-là n'ont jamais
travaillé ensemble, figures mythiques - inconciliables ? - du
théÂtre postmoderne et de la révolution
baroqueuse. Serait-ce là le treizième travail
d'Hercule, que de monter cet opéra qui relate, via Ovide et
Sophocle, la fin tragique du héros grec, sa double immolation
au feu de Nessus par la jalouse Déjanire, puis sur le
bûcher funèbre dressé au mont Œta ?
Les lourdes portes du
Théâtre de l'Archevêché s'ouvrent sur ce
secret, quelque part en Thessalie. William Christie a lancé
son continuo à l'assaut d'une marche triomphale. Soldatesque
réduite - clavecin, théorbe, violoncelle et contrebasse
-, mais vaillante. Hercule est de retour, Hercule vainqueur d'une
guerre terrible qui l'a longtemps tenu éloigné de sa
femme Déjanire, Hercule debout parmi les siens au milieu des
tristes restes de sa statue déjà disloquée sur
le sol.
Dans la salle, Luc Bondy
grommelle à l'adresse du chœur : "Il faut s'asseoir
normalement, pas comme des robots !" S'asseoir normalement ! Le
peut-on, alors que le Grec s'avance dans son imperméable gris
et sa tenue légionnaire, qu'il a l'autorité
"barytonante" de William Shimell et une faconde de caïd ? Le
chœur a reculé de stupeur. Hercule n'est pas seul. Il
ramène avec lui la belle Iole, prisonnière
fagotée sous ses vêtements de pluie. Déjanire la
Jalouse ne s'y trompe pas, qui s'approche de la jeune femme. Luc
Bondy a sauté sur la scène. Il refait le geste
prédateur de Joyce di Donato vers le visage de sa rivale, mime
la crainte de Camilla Tilling lorsque tombe la capuche
révélant sa beauté. On sent qu'une autre guerre
s'allume, dont Hercule ne sera pas vainqueur...On refait. Tout le
monde a du mal. Longueur et patience. Il faut parfois laisser filer
la scène, parfois arrêter avant que ça ne
s'inscrive. Parfois parler, parfois se taire. Les chanteurs sont dans
leurs rôles neufs, gênés aux
entournures.
Pygmalion inlassable, Luc
Bondy modèle les positions des corps, des visages,
façonne la chair vive : "Essayez d'être à la fois
la masse et l'individu."Camilla Tilling a commencé le sublime
"My father" de Iole pleurant son père assassiné. Elle
"marque" à mi-voix, prend les aigus une octave au-dessous,
mais Haendel est le plus fort, dans cette plainte magnifique qui
redit l'horreur du meurtre perpétré par Hercule. La
jeune fille portant l'urne funéraire a quelque chose de
touchant et de vaguement ridicule. Effet garanti dans la fosse : on
rigole de ce plat comme déposé sur un barbecue ! Pas de
doute, l'avancée se fait à bâtons rompus. La
fosse et la scène sont Horaces et Curiaces, Capulet et
Montaigu, promises pourtant aux mêmes noces. L'écriture
de la scène s'inscrit dans celle de la musique. Deux
contenances pour un contenu unique. Bondy et Christie ne se regardent
pas encore, se parlent peu. Chacun de s'adresser à ses
troupes. Agents de liaison, les chanteurs plaisantent avec l'un,
rient avec l'autre. Tension perceptible avant "The god of battle" (Le
dieu des batailles) : Hercule se lève toujours trop tard sur
l'accord final de son récitatif ! La pause dîner vient
à point.
Déjà le chœur
s'est esbigné. Déjanire ramasse prestement la veste
tombée d'Hercule. Une heure plus tard, la
répétition a repris. Soir tombé, William
Christie a jeté un pull sur ses épaules. Tout se fait
plus intense. Entre Hercule et Déjanire, l'affrontement est
inévitable. Lui et ses gens, elle et ses femmes, un
face-à-face à la West Side Story dans la diagonale du
plateau. On reprend. On arrête : "On peut refaire le da capo ?"
Bondy chantonne en direction de la fosse le début de l'air.
Christie répond avec ses musiciens, chante les bois absents du
"Alcide's name in latest story" (Le nom d'Alcide dans l'avenir). Des
regards passent de la scène à la fosse. On respire plus
large. Quelque chose s'est entrouvert. C'est dans cet espace
indistinct que se glissera soudain la beauté. Joyce Di Donato
vient de chanter sa haine jalouse avec les gestes de l'amour :
"Resign thy club" (Abandonne ta massue). Lente brûlure
sensuelle, tandis qu'elle déshabille Hercule,
préfigurant le brasier de la tunique empoisonnée.
Rendue à elle-même, elle s'abat sur le sol, fragment
parmi les fragments. Poignant désespoir que celui du "Cease,
ruler of the day, to rise" (Cesse, souverain du jour, de te lever).
De la femme couchée la beauté s'est levée,
immense et fragile. Les bavardages ont cessé. Christie s'est
arrimé dans sa fosse, Bondy est sorti du plateau la main sur
le front, comme sous une pluie de lumière battante. Il s'est
réfugié dans la salle sous le porche de l'ombre. C'est
ainsi que le spectacle a commencé à
vivre.
La répétition
aura continué longtemps. Lichas, le zélé
serviteur de Déjanire, aura dansé bras levés, la
tunique fatale plantée comme une dépouille sur des
bâtons. Effrayante danse d'amour et de mort, par la sauvage
Malena Ernman, du "Constant lover's" (Les amoureux constants). Il y
aura eu le récit du martyre d'Hercule dans les rets de
flammes. Maintenant il fait noir et frais ; nul bûcher ce soir
pour Hercule. Demain, il sera temps pour lui de rejoindre les dieux.
Ici on vient de gagner une bataille, et tous sont les
vainqueurs."
- Halle - Opernhaus - Festival Haendel
2004 - 2, 4, 6, 12 juin 2004 -
Händelfestspielorchester des Opernhauses Halle - dir.
Alessandro De Marchi - version scénique - mise en
scène et décors Fred Berndt - costumes Barbara Krott
- avec Curtis Streetman (Hercules), Ann Hallenberg (Dejanira),
Carlo Vincenzo Allemano (Hyllus), Martina Rüping (Iole),
Franco Fagioli (Lichas), Ki-Hyun Park (Prêtre de
Jupiter)

- Richmond
(Yorkshire) - Swaledale Festival
- Georgian Theatre Royal, - Swaledale Festival Chorus - 31 mai
2004 - dir. Philip Parr Andrew - avec Wilson-Dickson (orgue et
clavecin), Buddug Verona James (Dejanira), Huw Llywelyn Jones
(Hercules), Corinne Hart (Iole), Thomas Bates (Lichas), David
Fortey (Hyllus)
- Londres - Duke's Hall,
Royal Academy of Music - 11 mai
2004 - London Handel Festival - London Handel Orchestra - version
de concert - dir. Laurence Cummings - avec Lucy Crowe (Iole),
Michael George (Hercules), Daniel Taylor (Lichas), Renata Pokupic
(Dejanira), Edward Lyon (Hyllus)
- Potsdam - Hans Otto
Theater - 12, 20, 21, 25 avril 2003 - Lautten Compagney
- dir. Andreas Spering - mise en scène Ralf-Günter
Krolkiewicz - décors M. Hollenstein - costumes M. Hauer -
avec Igor Gavrilov (Hercules), Maria Riccarda Wesseling
(Déjanire), Netta Or (Iole), Wolfgang Jaster (Hyllus),
Charles Humphries (Lichas)

- Pontardawe (Pays de
Galles) - Pontardawe Arts Centre
- 17 octobre 2003 - mise en espace - Vale Consort - dir. Andrew
Wilson-Dickson - avec Richard Morris (Hercules), Buddug Verona
James (Dejanira), Leda Filipopolou (Lichas), David Fortey
(Hyllus), Corinne Hart (Iole)
- Bruxelles - Palais des
Beaux Arts - mars 2000 -
Amsterdam - mars 2000 - Vienne
- 10 avril 2000 - Grenoble -
Voiron - Le Grand Angle - 12 avril 2000 - Théâtre de Poissy - 14
avril 2000 - Opéra National de
Lyon - 20 avril 2000 - Les
Musiciens du Louvre-Grenoble - dir. Marc Minkowski - version de
concert - avec Anne-Sofie von Otter (Dejanira), Lynne Dawson
(Iole), Gidon Saks (Hercules), David Daniels (Hyllus), Richard
Croft (Lichas)
"La création d'Hercules
eut lieu le 5 janvier 1745 à Londres, au King's Theatre, avec
la fameuse basse Reinhold dans le rôle-titre et la
mezzo-soprano Robinson dans celui de l'hystérique Dejanira.
C'est cette dernière qui en réalité, tient les
clés de l'intrigue, et son immense complexité
psychologique exige une caractérisation sans faille. De fait,
il s'agit d'un rôle en or, pour preuve le célèbre
récitatif-air " Where shall I fly " de l'Acte III qui est le
cheval de bataille de bien des grandes mezzo-sopranos de notre
siècle.
Encore bouleversé par
la magnifique réussite d'un Ariodante dans le même
théâtre de Poissy, on attendait avec impatience Marc
Minkowski et ses Musiciens du Louvre. Selon l'adage " On ne change
pas une équipe qui gagne ", DGG, qui avait posé ses
micros ce soir-là, avait convoqué plusieurs des
triomphateurs d'Ariodante : Anne Sofie von Otter en Dejanira, Lynne
Dawson en Iole et Richard Croft en Hylas. La présence du
contre-ténor David Daniels, déjà
haendélien confirmé, dans le rôle de Lichas
relevait encore l'intérêt de cette affiche prestigieuse.
Fidèles à leur réputation, les Musiciens du
Louvre se montrent d'une superbe précision dans les attaques
et les nuances, somptueux de couleurs et de plénitude sonore,
capables des plus impalpables pianissimi puis des plus foudroyants
forte. À l'unisson, le chœur en nette progression
possède enfin une réelle
homogénéité, et sait lui aussi déployer
une vaste palette de nuances et de couleurs. La direction de Marc
Minkowski est toujours aussi enthousiasmante, même si l'on
eût parfois souhaité plus de spontanéité
dans l'utilisation des ressources dynamiques de ses fabuleux
instrumentistes ; cependant l'énergie, le dramatisme et son
amour évident pour Haendel emportent toutes les
réserves. Lynne Dawson, en difficulté dans le premier
acte, rachète certaines approximations dans la justesse et
dans les attaques, par un timbre frémissant, une ligne de
chant très noble et une expression poignante. David Daniels
fait valoir un timbre d'une rondeur rare et une attention louable
dans le phrasé ; il lui manque cependant une réelle
aisance dans les vocalises. En revanche, on est
stupéfié par les progrès de Richard Croft.
Discutable dans Ariodante, il s'impose -passé quelques
raideurs dans le premier acte- par un phrasé exemplaire, une
palette dynamique riche et parfaitement maîtrisé et un
souverain contrôle technique. Tour à tour
véhément et tendre, il est l'auteur des plus grands
bonheurs de la soirée, tant sur le plan vocal que
théâtral, Oublions le pauvre Gidon Saks, totalement
assommé par un sévère refroidissement ; cela
dit, on se demande comment une voix aussi lourde, quoiqu'assez belle,
aussi vériste, à l'émission aussi
engorgée, pourrait rendre justice aux récitatifs
haendéliens ; sans parler des périlleuses vocalises de
l'acte III.
Reste la grande Anne Sofie Von
Otter. Après son inoubliable Ariodante, Dejanira semblait a
priori l'emploi parfait pour une chanteuse qui a marqué chacun
de ses rôles par sa pénétration psychologique et
son amour des mots, relayés par des ressources vocales
semblant quasi infinies. La diseuse est au rendez-vous, faisant un
sort à chaque mot, à chaque note ; la perfection
technique est éblouissante. Mais à force de casser sa
ligne mélodique pour traduire la folie du personnage, de
donner priorité, sans aucun relâchement, à la
variété des accents, Von Otter en oublie que la musique
de Haendel est avant tout directe. Cela passe par la qualité
d'un timbre (ici, le souci d'expressivité lui fait sacrifier
les couleurs cuivrées de sa voix) et surtout par les grandes
courbes mélodiques qui faisaient se pâmer ou pleurer les
spectateurs de l'époque. Dejanira est un monstre
d'égoïsme et de jalousie, elle manipule, maudit et
finalement tue, mais première victime de sa paranoïa,
elle souffre également : où est donc la femme amoureuse
d'un homme qu'elle croit infidèle ? Von Otter passe à
côté de cette souffrance, de même qu'elle escamote
totalement la véhémence et la folie d'un " Where shall
I fly " ? qui devrait traduire le paroxysme de la folie de Dejanira.
Un peu plus de simplicité, d'abandon, et l'on eût tenu
là une Dejanira inégalable. Mais il est vrai que ce
soir-là, Von Otter chantait pour le micro : peut-être
saura-t-il révéler une tout autre Dejanira."
(Altamusica - Hercules volé par un micro - 14 avril
2000)
- Boston - dir.
Smith - 1999 - avec Lorraine Hunt (Dejanira), Maddalena, West,
Gall, Hite, Risinger, Anderson, McSweeney
- Tourcoing - Atelier
lyrique - 1993 - Opéra de Montpellier - 1993 -
dir. Jean-Claude Malgoire - mise en scène Anita Baldi -
décors Christian Fenouillat - avec Chris de Moor
(Hercules), Claire Brua (Déjanire), Sophie Marin-Degor
(Iole), Andrew Tusa (Hyllus), Jean Nirouët (Lichas)
"Alita Baldi a évité le piègte
du statisme, et sa mise en scène réserve quelques beaux
moments de théâtre...Jean-Claude Malgoire dirige avec
des tempos équilibrés, une belle clarté des
textures, une juste appréciation des moments dramatiques, en
confiant le continuo à l'archiluth, au violoncelle et au
clavecin. Le plateau réunit des interprètes bien
choisis, à commencer par Claire Brua dont le mezzo
connaît dans Déjanire des moments impressionnants. Chris
de Moor apporte à Hercule une authentique voix de
basse...Sophie Marin-Degor assume avec les honneurs la tessiture
aérienne et pure de Iole. Dans Lichas, le contre-ténor
Jean Nirouët fait grosse impression."
- Le mythe d'Hercule selon
Haendel - Opéra International -
février 1993
- Halle - Festival
Haendel - 1987 - Orchestre
Philarmonique de Halle - Choeur de Katowice - dir. Olaf
Koch
- Vienne - dir.
Nikolaus Harnoncourt - 1985 - avec Walker, Lipovsek, Radeh,
Hollweg, Zeh, Kennedy
- Festival de Marlia
- 1985 - dir. Herbert Handt - mise en scène
Antonio Taglioni - décors Bruno Vangelisti - avec Natale De
Carolis (Hercule), Claudia carich (Dejanire), Kate Gamberucci
(Iole), Wayne Williams (Hyllus)
- Tourcoing - 15 mars 1985 -
TMP Châtelet - 2 mai 1985 -
La Grande Ecurie - Choeur régional Nord-Pas de Calais -
dir. Jean-Claude Malgoire - avec Charles Brett (Hyllus), John
Elwes (Lichas), Zehava Gal (Déjanire), Gregory Reinhart
(Hercule), Brigitte Bellamy (Iole) - version de concert
"Une réussite due
à une équipe toute entière : à Malgoire
évidemment, principal artisan de cette résurrection,
mais aussi à au quintette d'artistes qui composaient la
distribution." (Opéra International - juin
1985)
- Halle - Festival
Haendel - 1982 - Orchestre
Philarmonique et Choeur de Halle - dir. Olaf Koch
- Opéra de Hanovre
- 1982 - mise en scène et décors Herbert
Wernicke - avec Heinz-Jürgen Demitz (Hercule), Kumiko Osshita
(Iole), Lutz-Michael Harder (Hyllus), Theo Altmeyer (Lichas)
- Londres - Sadler's Wells
- 1982 - dir. Charles Farncombe - mise en scène
Tom Hawkes - décors Steven Gregory - avec Lawrence Richard
(Hercule), Anne Wilkens (Déjanire), Ann McKay (Iole),
Justine Lavender (Hyllus), Christopher Robson (Lichas)
- Aix-en-Provence -
Cloître Saint-Louis - 29 juillet 1982 - dir. John
Eliot Gardiner - version de concert - avec John Tomlinson
(Hercule), Sarah Walker ( Déjanire), Jennifer Smith (Iole),
Anthony Rolfe-Johnston (Hyllus), Catherine Denley (Lichas)
- Festival de Göttingen
- 20 juin 1982 - dir. John Eliot Gardiner - version de
concert - avec David Thomas (Hercule), Sarah Walker
(Déjanire), Jennifer Smith (Iole), Anthony Rolfe-Johnston
(Hyllus), Catherine Denley (Lichas)
- Halle - Festival
Haendel - 1980 -
Choeur et orchestre symphonique de la Radio de Leipzig - dir.
Wolf-Dieter Hauschild
- Londres - Sadler's Wells
- 1979 - dir. Charles Farncombe - mise en scène
Ande Anderson - décors Steven Gregory - avec Raimund
Herincx (Hercule), Anne Collins (Déjanire), Laureen
Linvingtone (Iole), Peter Jeffes (Hyllus), John York (Lichas)
- Londres - BBC -
1968 - version de concert - avec John Shirley-Quirk (Hercule),
Elizabeth Harwood (Iole), Ian Partridge (Hyllus)
- Festival d'Aldenburgh
- 1968 - version de concert - avec Don Garrard
(Hercule), Janet Coster (Déjanire), Anne Pashley (Iole),
Robert Tear (Hyllus), James Bowman (Lichas)
- Halle - Festival Haendel
- 1964 - dir. Helmut Koch -
Choeur et orchestre symphonique de la Radio de Berlin
- Londres - Sadler's Wells
- 1960 - dir. Charles Farncombe - mise en scène
Ande Anderson - décors et costumes Ralph Koltai - avec
Forbes Robinson (Hercule), Monica Sinclair (Déjanire),
Jacqueline Dalman (Iole), John Dobson (Hyllus), Johanna Peters
(Lichas
- New York -
Opera Society - 2 décembre 1960 - version de concert - dir.
Nicola Rescigno - avec Walter Berry (Hercule), Elisabeth
Schwarzkopf (Iole), Christa Ludwig (Déjanire), Richard
Verreau (Hyllus), Ludgin
- Milan - Scala -
29 décembre 1958 - dir. Lovro von Matacic - mise en
scène Herbert Graf - avec Elisabeth Schwarzkopf (Iole),
Franco Corelli (Hyllus), Fedora Barbieri (Déjanire), Ettore
Bastianini (Lichas), Jerome Hines (Hercule)
- Londres - Handel Opera
Society - 1956 - dir. Charles
Farncombe
- Opéra de
Münster - 1925 - version
scénique
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