Opéra (HWV 31) en trois
actes, terminé le 20 novembre 1732, créé
à Londres au Haymarket, le 27 janvier 1733, lors de la
quatrième saison de la Nouvelle Académie, avec
Francesco Bernardi, dit Senesino, castrat alto, dans le rôle d'Orlando, Anna Maria Strada del
Po dans celui d'Angelica. Francesca Bertolli, contralto,
spécialiste des rôles travestis, était Medoro, la
soprano buffa Celeste Resse-Gimondi était Dorinda, la basse
Antonio Montagnana était Zoroastro.
Le livret est une adaptation anonyme de celui de
Carlo Sigismondo Capece, Orlando ovvero la Gelosia Pazzia,
écrit pour Domenico Scarlatti (1711 - partition perdue),
à partir des livres XIX à XXXVIII de l'Orlando
furioso de L'Arioste (1516). Le livret de
Capeci comportait un couple - Isabella et Zerbino - qui fut
supprimé (sauf une apparition d'Isabella,
délivrée par Orlando). En revanche, fut ajouté
le personnage de Zoroastro.
La création fut un succès,
mais l'oeuvre ne connut onze représentations, de janvier au 5
mai 1733, à cause de Senesino, mécontent que son
rôle ne comporte que trois aria di capo et laisse peu de place
à la démonstration de sa virtuosité, et de la
maladie de la Strada.
Personnages : Orlando (contralto, castrat alto
à l'origine), Angelica, reine de Cathay, amante de Medoro
(soprano), Medoro, prince africain, amant d'Angelica (alto,
fémimin à l'origine), Dorinda, bergère,
éprise d'Orlando (soprano), Zoroastro, mage (basse)
Synopsis
détaillé
Acte I
La campagne, la nuit, avec une montagne au loin sur
laquelle on voit Atlas portant la voûte du ciel sur les
épaules. Nombreux Génies au pied de la
montagne.
(1) Zoroastre (basse), appuyé contre un rocher,
contemple les constellations dont la signification, obscure pour le
commun des mortels, lui apprend qu'Orlando renouvellera un de ses
exploits. (2) Orlando (alto) en personne apparaît,
tiraillé entre ses désirs contradictoires d'amour et de
gloire. Zoroastre lui reproche son penchant pour l'amour, et fait un
signe avec sa baguette magique. Les Génies le transportent sur
la montagne, et, à sa place, apparaît la Cour d'amour,
où l'on voit des héros de l'Antiquité endormis
aux pieds de Cupidon. Zoroastre exhorte Orlando d'abandonner l'amour
et de suivre Mars, le dieu de la guerre. (3) Orlando, d'abord
mortifié par cette vision, réfléchit ensuite
qu'on peut concilier la gloire avec la poursuite de l'amour :
malgré son aventure sentimentale avec Omphale, Hercule est
toujours un héros, de même que le "grand Achille sous
des effets de fille menaça les royaumes de l'Asie" (allusion
détoumée à Achille, fils de Pélée
qui, jeune garçon, fut envoyé à Scyros,
déguisé en fille, pour éviter d'avoir à
faire la guerre de Troie ; on s'aperçut de la supercherie
lorsqu'il brandit d'un air batailleur l'épée que lui
avait offerte Ulysse).
Un petit bois avec des huttes de
bergers.
(4) La bergère Dorinda (mezzo-soprano)
médite sur les beautés de la nature, qui l'enchantaient
autrefois mais l'affligent maintenant, peut-être - elle n'en
est pas sûre - parce qu'elle est amoureuse. Orlando passe
précipitamment avec une princesse qu'il vient de
délivrer (identifiée plus tard comme Isabella). Lui
aussi - pense Dorinda - est peut-être atteint par l'amour. Elle
ne sait vraiment pas ce qu'elle ressent. (5) Angelica (soprano)
paraît alors, s'avouant que, malgré les attentions
d'Orlando, elle est éprise de Medoro, dont elle a guéri
les blessures alors qu'il était soigné par Dorinda.
Medoro (mezzo-soprano) surprend cet aveu et entre en déclarant
son amour pour Angelica. Il se juge indigne d'elle mais elle
déclare que celui qui a conquis son coeur vaut bien un roi.
(6) Dorinda revient au moment où Angelica sort, et il devient
manifeste que c'est Medoro qu'elle aime. Il essaie d'éviter de
la blesser en prétendant qu'Angelica est une parente à
lui ; il ne la méprisera jamais. (7) Dorinda sait qu'il ne lui
dit pas la vérité, mais ses paroles, bien que fausses,
l'enchantent. (8) Zoroastre annonce à Angelica qu'il est au
courant de son amour pour Medoro et la prévient de la
vengeance probable d'Orlando, qu'il surveillera. Orlando
paraît. Angelica ne peut se résoudre à lui
apprendre ce qui s'est passé, mais feint au contraire
d'être jalouse et le provoque en évoquant la princesse
Isabella qu'il vient de sauver. Zoroastre prévient
l'arrivée inopportune de Medoro en le dissimulant
derrière une fontaine lorsqu'il transforme la scène en
un ravissant jardin. Angelica déclare à Orlando qu'il
doit prouver sa fidélité en ne revoyant jamais la
princesse ; elle ne peut lui donner son amour tant qu'elle garde au
coeur le moindre soupçon. (9) Orlando répond qu'il lui
obéira, et qu'il est prêt à combattre les
monstres les plus terribles pour prouver la force de son amour. (10)
Medoro découvre Angelica et exige de savoir à qui elle
parlait. Elle lui répond que c'était Orlando et le
dissuade (sans trop de difficultés) de se battre contre un tel
rival. Ils conviennent de se rencontrer plus tard. (11) Leur
étreinte d'adieu est observée par Dorinda qui oblige
finalement Angelica à expliquer qu'elle et Medoro sont
maintenant fiancés. Angelica remercie Dorinda de ses
bontés passées et lui remet un bijou. Dorinda
répond qu'elle aurait préféré avoir un
cadeau de son bien-aimé Medoro. Celui-ci la supplie de
lui pardonner mais dit qu'elle a
été blessée à un point qu'il ne pourra
jamais comprendre. Angelica et Medoro tentent de la consoler, mais en
vain.
Acte II
Un bois.
(1) Dorinda trouve le chant mélancolique du
rossignol approprié à sa tristesse. (2) Orlando
paraît et lui demande pourquoi elle a laissé entendre
qu'il est amoureux de la princesse Isabella. Confuse, Dorinda dit
qu'elle a été mal comprise : elle parlait d'Angelica et
de son nouvel amour pour Medoro. Elle montre à Orlando le
bijou qu'elle vient de recevoir en disant que c'est un cadeau de
Medoro. Orlando reconnaît immédiatement le bracelet de
Ziliante qu'il a donné naguère à Angelica. Elle
l'a trahi, dit-il : elle a dû céder à un de ses
grands rivaux? Non, répond Dorinda seulement le jeune homme
nommé Medoro dont elle voit le visage dans chaque fleur ; les
bruits du ruisseau et de la forêt semblent lui dire qu'il l'
attend toujours. (3) Orlando laisse éclater sa colère :
il menace de se tuer afin de pouvoir poursuivre Angelica jusqu'en
Enfer.
Lieu de délices. D'un côté un
bois de lauriers, de l'autre l'entrée d'une grotte.
(4) Zoroastre reproche à Angelica et à
Medoro d'avoir provoqué la colère d'Orlando : il ne
leur reste plus qu'à fuir. Il les prévient que les
esprits des mortels errent dans l'obscurité lorsqu'ils se
laissent guider par le dieu aveugle de l'amour. (5) Les amants sont
désolés d'avoir à partir. Medoro décide
de graver leur nom sur les lauriers afin de déclarer leur
amour au monde entier. (6) Angelica prend la résolution de
retourner à Cathay avec Medoro. Bien qu'elle soit
reconnaissante à Orlando de lui avoir autrefois sauvé
la vie, elle pense qu'il comprendra que l'amour ne saurait être
commandé par la gratitude ou la raison. (7) Orlando entre dans
le bois et voit les noms d'Angelica et Medoro gravés sur les
arbres. (8) Il se précipite dans la grotte à la
poursuite d'Angelica, mais elle sort du bois du côté
opposé et dit tristement adieu aux arbres et aux ruisseaux.
Orlando fou de rage sort de la grotte et se précipite dans le
bois à la poursuite d'Angelica. (9) Medoro arrive et les suit.
(10) Angelica reparaît avec Orlando à sa poursuite ; la
magie de Zoroastre agit à ce moment : un gros nuage recouvre
Angelica et l'emporte en compagnie de quatre Génies. (11)
Orlando finit par perdre la raison. Il croit que les ombres des
Enfers lui ont enlevé Angelica. Il les suivra, en se faisant
ombre lui- même. Il traverse le Styx dans la barque de Charon
et aperçoit les tours fumantes du royaume de Pluton.
Cerbère aboie sur son passage et les Furies l'attaquent. La
plus grande Furie prend la forme de Medoro qui se jette dans les bras
de Proserpine. Elle pleure et la fureur d'Orlando s'apaise en voyant
que, même en Enfer, amour peut être cause de larmes. Il
demande que les pleurs cessent puisqu'on a déjà obtenu
sa pitié ; mais sa rage finit par revenir - les larmes ne
sauraient l'emporter sur son coeur endurci. Il retourne en courant
vers la grotte qui explose pour laisser sortir Zoroastre sur son
char. Le magicien prend Orlando dans ses bras et s'envole avec
lui.
Acte III
Une palmeraie.
(1) Medoro explique à Dorinda qu'Angelica lui a
demandé de chercher refuge auprès d'elle. Elle est
contrariée qu'il ne soit pas venu auprès d'elle de son
propre accord. Il explique qu'il n'est plus maître de son
coeur. (2) Dorinda est heureuse qu'il ne lui mente plus. (3) Orlando
arrive et déclare son amour pour Dorinda. Elle est tout
d'abord flattée par ses attentions mais comme Orlando se fait
plus ardent et l'appelle Vénus, il se fait clair qu'il divague
toujours. Il identifie soudain Dorinda au frère d'Angelica,
Argalia, assassiné par Ferrau, autre rival d'Orlando. Il se
prépare à un combat à mains nues avec Ferrau, et
jette son casque et son épée avant de partir. (4)
Dorinda met Angelica au courant de la folie d'Orlando. Angelica
exprime sa pitié et espère qu'il pourra la surmonter.
(5) Dorinda offre ses dernières idées sur l'amour :
c'est un vent qui tourne la tête et apporte avec lui autant de
souffrances que de joies. (6) Zoroastre paraît avec ses
Génies et leur donne l'ordre de transformer la scène en
"une horrible caverne". Il promet de rendre à Orlando sa
gloire d'antan. De même qu'une tempête fait place
à un ciel sans nuages, les fautes de ceux qui
s'écartent du droit chemin reculeront lorsqu'elles seront
reconnues. (7) Dorinda, en larmes, apprend à Angelica
qu'Orlando a détruit sa maison et que Medoro est enseveli sous
les décombres. (8) Orlando arrive et, prenant Angelica pour la
sorcière Falerina, menace de la tuer ; mais elle lui
résiste, accablée de douleur à la nouvelle de la
mort de Medoro. Orlando la jette dans la caverne qui se transforme
alors en un magnifique temple de Mars. Orlando prétend avoir
débarrassé le monde de tous ses terribles monstres.
Gagné par le sommeil il pense qu'il a bu les eaux du
Léthé et s'étend pour dormir. (9) Zoroastre
paraît et déclare que l'heure est venue de ramener
Orlando à la raison. Il envoie chercher l'aigle de Jupiter
qui, guidé par les Génies, arrive avec un
récipient en or dans son bec. Il contient un liquide dont
Zoroastre asperge le visage d'Orlando. Celui-ci se réveille,
revenu à la raison. Dorinda lui apprend que dans sa folie il a
tué Medoro. Assailli de remords il décide de se tuer en
se jetant du haut d'un rocher. (10) Angelica l'en empêche en
lui ordonnant de continuer à vivre. Medoro a en fait
été sauvé par Zoroastre, qui conjure maintenant
Orlando d'accepter les fiançailles d'Angelica et de Medoro.
Une statue de Mars apparaît avec un feu brûlant sur un
autel, au moment où Orlando proclame sa victoire sur
lui-même et remet Angelica à Medoro. Il leur souhaite le
bonheur, Angelica et Medoro se promettent fidélité et
Dorinda les invite tous chez elle en déclarant qu'elle
oubliera son chagrin. Ensemble ils chantent les louanges de l'amour
et de la gloire.
Théâtre de
Lucerne - 25, 28, 30, 31 mai, 3, 8, 10, 15, 17 juin
2012 - dir. Michael Wendeberg - mise en scène Eva-Maria
Höckmayr - décors Nina von Essen - costumes Birgit
Künzler - lumières David Hedinger - dramaturgie
Christian Kipper - avec Marie-Luise Dreßen (Orlando),
Madelaine Wibom (Angelica), Caroline Vitale (Medoro), Simone Stock
(Dorinda), Szymon Chojnacki (Zoroastro) - nouvelle production
Bruxelles - La Monnaie
- 19, 21, 24, 26, 28 avril, 2, 4, 6, 9, 11 mai 2012 -
Baroque Orchestra B'Rock - dir. René Jacobs - mise en
scène Pierre Audi - décors, costumes Christof Hetzer
- lumières Jean Kalman - avec Bejun Mehta (Orlando), Sophie
Karthauser (Angelica), Kristina Hammarström (Medoro), Sunhae
Im (Dorinda), Konstantin Wolff (Zoroastro) - nouvelle production
Berlin, Komische Oper
- 1er, 5, 21, 27 décembre 2011 - en allemand -
dir. Alessandro de Marchi - mise en scène Alexander
Mørk-Eidem - décors Erlend Birkeland - costumes
Maria Gyllenhoff - lumières Franck Evin - dramaturgie
Bettina Auer - avec Mariselle Martinez (Orlando), Brigitte Geller
(Angelica), Elisabeth Starzinger (Medoro), Ingrid Frøseth
(Dorinda), Andreas Wolf (Zarathustra), Bernd Stempel
(Isabella)
Tanglewood - Lenox, Seiji
Ozawa Hall - Massachusets - 16 août 2011 -
Philharmonia Baroque Orchestra - dir. Nicholas McGegan - avec
Dominique LaBelle Angelica), Susanne Rydén (Dorinda), Diana
Moore (Medoro), Clint van der Linde (Orlando), Wolf Matthias
Friedrich (Zoroastro)
Opéra de Halle
- 8 juin 2011 - dir. Bernhard Forck - mise en
scène Nicola Hümpel - décors Oliver Proske -
costumes Frauke Ritter
Bydgoski - Pologne
- mai 2011 - XVIIIe Festival d'opéra -
Combattimento Consort Amsterdam
Glasgow - Theatre Royal
- 15, 19, 26 février 2011 - Edinburgh, Festival Theatre - 3, 5
mars 2011 - dir. Paul Goodwin - mise en scène Harry Fehr -
décors, costumes Yannis Thavoris - avec Tim Mead (Orlando),
Sally Silver (Angelica), Andrew Radley (Medoro), Claire Booth
(Dorinda), Andreas Wolf (Zoroastro)
Opéra de Sacramento
- 19, 21 novembre 2010 - Sacramento Philharmonic
Orchestra - dir. Timm Rolek - mise en scène Frank Kuhn -
avec Randall Scotting (Orlando), Céline Ricci (Angelica),
Diana Tash (Medoro), Antoni Mendezona (Dorinda), Dean Elzinga
(Zoroastro)
Opéra de Lille
- 9, 12, 14, 17, 20, 23 octobre 2010 - Théâtre des Champs
Élysées - 3, 5, 7, 9 novembre 2010 -
Auditorium de Dijon - 20, 23,
25 novembre 2010 - Le Concert d'Astrée - dir. Emmanuelle
Haïm - mise en scène David McVicar - décors,
costumes Jenny Tiramani - lumières Davy Cunningham -
chorégraphie Andrew George - avec Sonia Prina (Orlando),
Henriette Bonde-Hansen (Angelica), Stephen Wallace (Medoro), Lucy
Crowe (Dorinda), Nathan Berg (Zoroastro) - coproduction avec
Théâtre des Champs-Élysées (Paris) ;
Opéra de Dijon
Nord Éclair
"C'est un spectacle complet.
Qui marie danse et chant, enchantement visuel et séduction
sonore. Cet opéra baroque de Haendel n'est pourtant pas facile
d'accès. Et son installation traîne
légèrement en longueur. D'autant que le concert
d'Astrée semble apparemment sous tension. Pas le public qui,
lui, célèbre chaque air récitatif par de
surprenants « bravos » audibles.
Il est question ici de passion
amoureuse. Donc de destruction et de folie. Le chevalier Orlando, qui
déambule avec le tableau de la reine Angelica à la
main, traîne son désespoir. Celle-ci lui
préfère le prince Medoro, lui même aimée
par la bergère Dorinda. Dans la mise en scène virtuose
et passionnée de David McVicar, il se passe constamment
quelque chose : un mouvement, une attitude, une posture. Une science
éblouissante de tous les possibles. Loin des afféteries
habituelles. Clinquant mais jamais dans la surenchère. Ce qui
l'intéresse, c'est un monde qui vit, transpire, s'angoisse et
souffre. Ancrant l'action dans le siècle des Lumières,
il multiplie les changements de tableaux et ne s'embarrasse pas du
côté féerique de l'oeuvre. McVicar nuance les
tourments d'Orlando campé par une Sonia Prina au chant
divinement androgyne et à la palette de jeux impeccable. Elle
est pourtant à deux doigts de se faire voler la vedette par
Lucy Crowe, frissonnante Dorinda. Quoi d'autre ? Des danseurs
à la gestuelle désarticulée, un personnage
récurrent - Cupidon - outrageusement maniéré et
Emmanuelle Haïm, irrésistible comme à son
habitude, à la direction musicale.
Envoûtant."
Concertclassic - 5 novembre 2010
"D’un mot : le spectacle de
David McVicar est parfait. Le finesse du livet, trop souvent
réduit à l’élément de folie, saisie
peut-être comme jamais, portée par une
élégance du geste dramatique ou lyrique, une direction
d’acteur pleine de caractère. Travail admirable mais qui a son
revers : on est plutôt au théâtre qu’a
l’opéra, l’intellect domine les passions, rien ne se
déboutonne jamais, sinon Dorinda, hors cadre par sa
vitalité - Lucy Crowe brûle les planches, c’est elle la
vedette de la soirée. Jusque dans sa folie Orlando semble
plutôt s’observer que sombrer. Lumières magiques,
décors mouvants et virtuoses qui font voir entre autre les
deux faces d’un théâtre, costumes d’époque
portent une lecture où tout fait sens, jusqu’à l’amour
que le metteur en scène écossais a voulu vieilli, en
habit de mage noir et aveugle, digne esclave de
Zoroastro.
La salle n’est que sous le
charme, oubliant pourtant qu’Orlando devrait l’entraîner dans
des abîmes, la faire hurler de terreur, la chavirer
d’émotion. Elle se laisse séduire par cet art
admirable, avant tout un commentaire savant qui se loge dans le plus
infime interstice : ainsi McVicar personnifie Isabella, la
malheureuse énamourée d’Orlando, en l’habillant comme
une figure d’une peinture de Füssli, la plaçant par le
costume dans un léger décalage de temps en regard des
autres protagonistes. Et si au fond McVicar avait voulu signifier que
l’ouvrage possédait un fond pré-romantique ?
Hölderlin pointant le nez derrière l’Arioste ? C’est
l’une des innombrables pistes indiquées par le metteur en
scène, il faudrait plus d’une soirée pour toutes les
débusquer, mais on ne se plaindra pas que le spectacle soit si
profus, puisqu’il conserve l’intrigue claire.
Moins de bonheurs musicaux
hélas. Paradoxale Emmanuelle Haïm ! Elle accompagne avec
tant d’art ses chanteurs mais abandonne sa fosse : son orchestre sans
brillant et sans élan s’avère l’écueil de la
production. Stephen Wallace est presque trop pusillanime de voix,
même pour le pleutre Medoro, amant décidément
amolli ; Nathan Berg, dans un mauvais soir, coasse son Zoroastro
même si son chant se rétablit à mesure qu’avance
le spectacle. Surprenante Sonia Prina : de timbre idéale, de
projection un rien courte, aux vocalises dans la voix et donc parfois
rythmiquement incertaines. Mais l’on préfère cette
manière à celle répandue partout aujourd’hui des
vocalises mitraillettes à couleur et vitesse unique
(Génaux, Bartoli), d’autant que la profusion harmonique de son
instrument dessine avec précision aussi bien la folie que la
tendresse.
Dans cette troupe au style
homogène sinon idéalement appariée, un diamant
brille d’un éclat un peu trop singulier. En succédant
dans la mémoire des Parisiens à l’Angelica d’Arleen
Auger, Henriette Bonde-Hansen avait tout à perdre, mais elle a
tout gagné : chant subtil, ouvertement schwarzkopfisé
(sa silhouette très «Maréchale», surtout au
III, confirme par l’œil ce que l’oreille entend), timbre tout en
nostalgie, piani impalpables, elle introduit dans le chant baroque,
que tout ses confrères, à commencer par la
spectaculaire Dorinda de Lucy Crowe, arborent en bandoulière,
une dose de culture mozartienne. Certains détestent, nous on
adore."
ClassiqueInfo
"David McVicar propose de cet
Orlando une mise en scène typique de son style :
soignée et élégante, aisément
compréhensible, bourrée de détails
judicieusement choisis et extrêmement bien dirigée. Il
situe sa lecture sous le signe des Lumières, Zoroastro
n’étant plus ici un mage mais un naturaliste et un concepteur
d’automates. Le décor est élégant et
équilibré, peuplé de gens de bonne compagnie, un
monde calme et raffiné dont le héros, avec son
caractère batailleur et ses emportements amoureux, vient
troubler le sage ordonnancement. La fantaisie et la finesse du
travail scénique reposent sur le fait que McVicar respecte ses
personnages, les prend au sérieux et traduit leurs
états d’âme dans sa dramaturgie, qui intègre
judicieusement figurants et chorégraphies dont l’apport n’est
jamais gratuit, créant un effet virevoltant très
enthousiasmant. Il se permet même d’ajouter un personnage muet,
amour, qui est bien plus qu’un figurant, et qui souligne finement les
ressorts psychologiques des protagonistes. Belle à contempler
mais aussi passionnante à scruter dans le détail, la
mise en scène de cet Orlando est à mettre à
l’actif d’un véritable artisan dont on aurait bien du mal
à se remémorer d’un ratage, et qui a su ici se
libérer de sa légère tendance au
décoratif.
A la tête d’un Concert
d’Astrée en bonne forme, Emmanuelle Haïm donne une
interprétation très stylée de la partition,
à laquelle manque cependant un peu de
spontanéité, tempi et accents choisis pour chaque page
de cet Orlando semblant trop prémédité. Aucune
faute de goût dans cette belle lecture, aux phrasés bien
dosés, qui sait ménager ses effets et offre une grande
variété de climats, mais qui laisse l’impression qu’un
peu plus de liberté et un souffle plus constant auront des
chances d’apparaître lors de représentations
ultérieures.
Parmi une distribution
globalement satisfaisante mais qui ne comporte personne de
très marquant, nous avouons ne pas saisir pourquoi Lucie Crowe
(Dorinda) a suscité autant d’engouement dans le public.
Voilà certes une belle actrice, à l’attachante
présence scénique, mais quelle chanteuse anarchique,
aux forte tonitruants, incapable de soutenir la ligne de chant et de
maîtriser ses aigus. Elle a de bonnes intentions, et sait se
montrer touchante au début du deuxième acte, mais
détimbrages et fautes d’intonation sont tout de même
bien gênants. Nathan Berg, qui conserve un beau grain de voix,
mais dont l’usure vocale se marque par un fort vibrato, est
également un Zoroastro assez insuffisant.
Contre-ténor à
la voix un peu blanche et peu puissante, Stephen Wallace est pourtant
un très beau Medoro, profitant à merveille d’un
médium doux et chaleureux, qui propose un chant très
stylé, aux accents très tendres et aux phrasés
suaves. Henriette Bonde-Hansen est également très
séduisante. Son chant manque par moment un peu
d’énergie, mais le soin porté aux phrasés, la
noblesse de la ligne de chant, la précision et les nuances des
vocalises sont tout à fait dignes d’éloges, et lui
permettent d’incarner une Angelica patricienne, qui évolue
dans les costumes raffinés de cette production avec un naturel
désarmant. Enfin, il y a malheureusement peu à dire de
Sonia Prina dans le rôle-titre, qui fait valoir sa
virtuosité et son abattage, mais qui n’est néanmoins
pas vraiment mémorable, essentiellement par manque de
personnalité et de caractérisation, évoluant
à peu près tout le temps et sans nuances dans un
même registre survolté et spectaculaire."
Opéra Magazine - novembre 2010 - 9
octobre 2010
"Plus on écoute
Haendel, plus on l'aime, et plus on découvre son
originalité. Certains ne voient que monotonie et
répétition dans la longue succession d'arie da capo qui
constitue ses opéras ; alors qu'en y regardant de plus
près, on est stupéfait par une imagination
perpétuellement en ébullition.
Inspiré d'un
épisode du Roland Furieux de l'Arioste, d'après la
version revue et corrigée par Carlo Sigismondo Capece jadis
utilisée par Domenico Scarlatti, Orlando, créé
le 27 janvier 1733 au King's Theatre, Haymarket, de Londres,
contient, à la fin de son acte II, l'une des plus fulgurantes
scènes de folie jamais écrites. Ce qui ne minimise en
rien la beauté des autres pages, parmi lesquelles le trio qui
clôt le premier acte, pas plus que l'efficacité et la
tension des récitatifs accompagnés.
A la tête de son Concert
d'Astrée, toujours en résidence à l'Opéra
de Lille, Emmanuelle Haïm montre à quel point ses
affinités avec ce répertoire se renforcent de jour en
jour. Finesse et brillance du son, variété des
couleurs, diversité des tempi, volubilité, pertinence
dramatique du discours : si l'on a pu, jadis, lui faire grief de
lectures très droites, engoncées dans un unique
mouvement aux dépens du théâtre, ce n'est plus le
cas aujourd'hui, En bonne animatraice, elle rend ces trois actes
vivants et captivants, en négocie adroitement la progression,
en traduit avec justesse les atmosphères, glissant
aisément de l'héroïsme au fantastique. Et son
orchestre chante, avec une liberté qu'on espérait mais
qu'on ne lui avait pas encore connue.
Haendel avait destiné
le rôle éponyme et celui du magicien Zoroastro
(personnage ajouté à l'intrigue) à deux de ses
interprètes préférés, le castrat Senesino
et la basse Antonio Montagnana. Sonia Prina est-elle vraiment le
grand contralto qu'on atttend en Orlando ? Le timbre est mat et
manque parfois de projection, le registre grave n'est pas très
nourri, mais la virtuosité est impressionnante ; et
l'engagement phénoménal, dans la scène
d'égarement, balaie toute réticence. C'est aussi sa
présence qui fait le prix du Zoroastro de Nathan Berg, plus
que son chant souvent heurté.
D'abord timide, Stephen
Wallace (Medoro) trouuve ses marques au deuxième acte,
dès que sa voix de contre-ténor peut se déplover
sans contrainte. Tant par la distinction princière de sa
silhouette que par la noblesse de sa musicalité, Henriette
Bonde-Hansen est une Angelica irrésistible. Avec charme et
spontanéité, Lucy Crowe incarne une Dorinda qui sait
aller du rire aux larmes. En dépit de quelques
inégalités, cette distribution se tient, et convainc.
Il fàut dire que David
Mac Vicar en tire le meilleur, quitte, parfois, à faire
surjouer ses comédiens, dont la fougue rend crédible
une histoire farfelue mettant en relief les périls de l'amour,
Éros (est-il vraiment aveugle, comme le laissent suppposer ses
lunettes noires et sa canne ?), incarné par un danseur, et les
pièges de la passion d'un côté ; Zoroastro, le
mage, le sage, et les Vertus de la Raison de l'autre : la lutte est
rude.
Pour mieux l'illustrer,
McVicar a situé l'action dans un XVIIIe merveilleusement
recréé par Jenny Tiramani. Références
affichées aux peintres français (Watteau, Lancret...),
harmonie des teintes, équilibre des compositions, mais aussi
humour discret dans les visions échappées de la fable :
l'imagination du spectateur peut dériver à l'envi,
stimulée par ces tableaux dont le sens est toujours
évident. Le metteur en scène écossais prouve, si
besoin était, qu'il est un conteur qu'on a plaisir à
suivre, et signe là une de ses réalisations les plus
abouties."
Classica - novembre 2010 - Orlando et le
sorcier
"Si on a vu son Ring à
Strasbourg (dernier volet en février 2011), son Songe d'une
nuit d'été à Bruxelles ou sa Saalomé
à Londres ou en DVD, on imagine quel spectacle David McVicar
peut composer à parrtir d'Orlando de Haendel. Le mage
Zoroastro fait en effet disparaître une montagne, jailllir une
fontaine, descendre une nuée, transforme la scène en
caverne ou un précipice en temple de Mars. Le metteur en
scène s'est pourtant détourné de la maagie
à grand spectacle. Au chevalier Orlando, il ne prête
qu'occasionnellement l'épée, à peine l'armure,
estimant à raison que l'essentiel de sa vie se tient loin des
champs de bataille et peut même se dispenser de la campagne,
des bois et de la mer originels. Il enferme ainsi les cinq
personnages dans un décor clos évoluant entre le
somptueux palais XVIIIe et la petite chambre de Dorinda,
bergère devenue domestique pour la cohérence du propos.
Il règne alors un
climat étrangement mozartien chez ce Haendel de salon, comme
une prémonition étonnante de Cosi fan tutte. Si les
sentiments ne s'y croisent pas de façon aussi
symétrique, ils se mêlent, se bousculent, se repoussent
: Orlando aime Angelica qui aime Medoro qu'aime Dorinnda. Zoroastro
peut alors prendre des airs de Don Alfonso, lui qui met en garde
Orlando contre l'amour, ce « sentiment efféminé
». McVicar lui donne même le savoir du scientifique, celui
qui dissèque les cadavres pour en étudier le cœur,
pluutôt que le costume du magicien des contes.
À en croire McVicar,
l'Amour a vaincu mais il a fait des quatre amoureux ses victimes.
Aussi représente-t-il sur scène ce dieu impitoyable par
une inquiétante créature toute de noir vêtue. Sa
victoire pouvait se deviner dès la première image. Le
rideau d'ouverture a beau tendre un foisonnant fond de verdure dans
lequel évolue une réunion champêtre ou se
prépare un embarquement pour Cythère à la
Watteau, il laisse apparaître quelques animaux fantastiques qui
viendront éprouver Orlando lors de la scène de la
folie.
Nous étions donc
prévenus. Et malgré la convention du lieto fine, de
cette fin heureuse inhérente à l'opéra d'alors,
il reste de cette histoire si bien lue et comprise une amertume
persistante. Même si bien lire et bien comprendre un livret
peut passer aujourd'hui pour un acte de haute subversion, cela ne
saurait donner le moindre talent dramatique. Mais voilà, David
McVicar aime et sait raconter les histoires. Il suffit de voir
comment il réussit à intégrer les airs da capo,
si souvent plombés et statiques, dans la fluidité
générale du récit pour s'en convaincre.
Cet Orlando intime, mozartien
par son ambiguïté, trove aussi son accomplissement dans
la musique. Au chevalier vaillant mais un peu monolithique de Sonia
Prina répond la noble Reine de Cathay d'Henriette Bonde-Hanse
autour desquels papillonne tel un Chérubin des Noces de
Figaro, la Dorinda de Luc Crowe. Par volonté ou par nature,
Stephen Wallace ne lui aucune illusion sur la faible
personnalité de Medoro.
À la tête d'un
Concert d'Astrée des grands jours, Emmanuelle Haïm
restitue les fines nuances d'une partition plus pastel
qu'éclatante."
Diapason
- décembre 2010 - Raisonnable Orlando - 14
octobre 2010
"Au cœur d'Orlando, le
héros éponyme perd la raison. Et Handel avec lui, dont
la plume soudain mue par les affres de la démence soumet la
forme au fond. Face à cette audace inouïe dans l'opera
seria, David McVicar (mise en scène) et Emmanuelle Haïm
(direction), exxperts en la matière, se révèlent
prisonniers de la mesure de leur art.
Aussi soigné dans la
grâce emperruquée d'un Watteau, d'un Boucher même
dans l'alcôve, que dans le trait caustique d'un Hogarth, le
XVIIIe siècle de McVicar n'en fourmille pas moins d'une
vitalité toute contemporaine. Et livre la passion aveugle,
sous l'appparence d'un Amore vampirique, au rationalisme triomphant
de Zoroastre, non plus mage mais homme des Lumières. Une telle
mécanique théâtrale ne laisse rien au hasard. Et
surtout pas cette folie, qui est ici une image léchée,
mise en abyme parfaitement distanciée, plutôt qu'une
instabilité, un fil sur le point de rompre.
Appuis fermes, articulations
nettes, mouvement constant et dynamique contenue, Le Concert
d'Astrée ne prend pas davantage de risques. D'autant que le
geste de Haïm réserve le galbe au seul chant. Celui
d'Henriette Bonde Hansen est cerrtes lumineux et frémissant,
mais cette Angelica paraît insuffisamment rompue à la
rhétorique du bel canto baroque pour éviter la
placidité. Alto habilement contrefait et déclamation
vigoureuse, l'Orlando de Sonia Prina n'est à l'inverse que
creux et bosses, trop adolescent de carrure comme d'emportements.
Lucy Crowe lui vole d'ailleurs la vedette, Dorinda viirevoltante aux
couleurs opalines, qui souffle à chacune de ses apparitions un
vent de folie salutaire."
Berlin - Komische Oper
- 30 septembre, 3, 16, 27, 29 octobre 2010 - en
allemand - dir. Alessandro de Marchi - mise en scène
Alexander Mørk-Eidem - décors Erlend Birkeland -
costumes Maria Gyllenhoff - lumières Franck Evin -
dramaturgie Bettina Auer - avec Mariselle Martinez (Orlando),
Brigitte Geller (Angelica), Elisabeth Starzinger (Medoro), Julia
Giebel (Dorinda), James Creswell /Wolf Matthias Friedrich (Zoroastro), Bernd Stempel
(Isabella) - nouvelle production
Waitsfield - Vermont -
États Unis - Middlebury, Town Hall Theater - 13
juin 2010 - Waitsfield, Neill
Barn - 17 juin 2010 - Green Mountain Opera Festival -
dir. Bruce Stasyna - mise en scène Sanford Sylvan - avec
Gerrod Pagenkopf (Orlando), Greer Davis (Angelica), Shirin
Eskandani (Medoro), Margot Rood (Dorinda), Cairan Ryan
(Zoroastro)
Halle - 4, 6,
11 juin 2010 - dir. Bernhard Forck - mise en scène Nicola
Hümpel - décors, costumes Oliver Proske
Landestheater Detmold -
Allemagne - 16 avril 2010 - dir. Jörg Pitschmann -
mise en scène Ute M Engelhardt - décors, costumes
Hinrich Horstkotte - avec Benno Schachtner (Orlando), Catalina
Bertucci (Angelica), Evelyn Krahe (Medoro), Beate Von Hahn
(Dorinda), Vladimir Miakotine (Zoroastro) - nouvelle production
Berlin - Komische Oper
- 26 février, 7, 13, 18, 27 mars, 3, 7, 13, 18,
27 avril, 16 juillet 2010 - en allemand - dir. Alessandro de
Marchi - mise en scène Alexander Mørk-Eidem -
décors Erlend Birkeland - costumes Maria Gyllenhoff -
lumières Franck Evin - avec Mariselle Martinez (Orlando),
Brigitte Geller (Angelica), Elisabeth Starzinger (Medoro), Julia
Giebel (Dorinda), Wolf Matthias Friedrich (Zoroastro) - nouvelle
production
Théâtre de
Kassel - 19 décembre 2009, 7, 9, 15, 24 janvier,
1er, 12, 19, 28 février 2010 - dir. Marco Comin - mise en
scène Volker Schmalöer - décors Etienne Pluss -
costumes Sabine Böing - dramaturgie Ursula Benzig - avec Inna
Kalinina (Orlando), Nina Bernsteiner (Angelica), Maren Engelhardt
(Medoro), Ingrid Frøseth (Dorinda), Igor Durlovski
(Zoroastro) - nouvelle production
Opéra de
Zürich - 29 novembre, 4, 6, 10, 12, 20
décembre 2009, 2 janvier 2010 - dir. William Christie -
mise en scène Jens-Daniel Herzog - décors, costumes
Mathis Neidhardt - lumières Jürgen Hoffmann - avec
David DQ Lee (Orlando), Martina Jankova (Angelica), Katharina
Peetz (Medoro), Rebeca Olvera (Dorinda), Konstantin Wolff
(Zoroastro)
Stockholm - Drottningholms
Slottsteater - 21, 22, 23 août 2009 -
Internationale Händel-Festspiele Göttingen - New York
Baroque Dance Company - dir. Nicholas McGegan - mise en
scène Catherine Turocy - décors Bonnie Kruger -
costumes Pierre Dupouey - avec William Towers (Orlando), Dominique
LaBelle (Angelica), Diana Moore (Medoro), Susanne Rydén
(Dorinda), Wolf Matthias Friedrich (Zoroastro)
Festival d'Opéra de
Buxton - Royaume Uni - 13, 23, 27 juillet 2009 - en
anglais - Opera Theatre Company - dir. Christian Curnyn - mise en
scène Annilese Miskimmon - décors, costumes Simon
Holdsworth - lumières Tina MacHugh - Henry Waddington
(Zoroastro), William Towers (Orlando), Sinéad Campbell
(Angelica), Mhairi Lawson (Dorinda), Sinead Campbell (Angelica),
Andrew Radley (Medoro)
Séville - Teatro de
la Maestranza - 14 avril 2009 - Al Ayre Español
- dir. Eduardo López Banzo - avec Lawrence Zazzo (Orlando),
María Espada (Angelica), Marina de Liso (Medoro), Denis
Sedov (Zoroastro)
Melbourne - Opera
Australia - 27, 29 novembre, 2, 10, 13 décembre
2008 - dir. Benjamin Bayl - mise en scène Justin Way
décors, costumes Kimm Kovac, Andrew Hays - avec Hye-Seoung
Kwon (Dorinda), Emma Matthews (Angelica), Dominica Matthews
(Orlando), Tobias Cole (Medoro), Richard Alexander (Zoroastro) -
production de Sydney
Opéra de
Sydney - 18, 20, 23, 28, 30 août, 2, 6, 11
septembre 2008 - dir. Trevor Pinnock - mise Justin Way -
décors, costumes Kimm Kovac, Andrew Hays - avec Rachelle
Durkin (Angelica), Hye-Seoung Kwon (Dorinda), Sonia Prina
(Orlando), Tobias Cole (Medoro), Richard Alexander (Zoroastro) -
nouvelle production
Clermont-Ferrand - Eglise
Saint Pierre - 6 juin 2008 - Orchestre d'Auvergne -
dir. Jean-Claude Malgoire - avec Damien Guillon (Orlando), Kareen
Durand (Angelica), Joana Thomé (Medoro), Olga Pitarch
(Dorinda), Matthieu Lécroart (Zoroastro)
Chicago Opera Theater
- 28, 31 mai, 3, 6, 8 juin 2008 - dir. Raymond Leppard
- mise en scène Justin Way - avec Tim Mead (Orlando), Kate
Mangiameli (Angelica), David Trudgen (Medoro), Andriana Chuchman
(Dorinda)
Göttingen -
Händel-Festspiele - 2, 4, 6, 8, 10, 12 mai 2008 -
FestspielOrchester Göttingen - dir. Nicholas McGegan - mise
en scène Catherine Turocy - décors Scott Blake -
costumes Bonnie Kruger - lumières Pierre Dupouey - avec
William Towers (Orlando), Dominique Labelle (Angelica), Diana
Moore (Medoro), Susanne Rydén (Dorinda), Wolf Matthias
Friedrich (Zoroastro)
Tourcoing - Atelier
Lyrique - 4, 7, 9 mars 2008 - version scénique
- Orléans - Carré
Saint-Vincent - 15 mars
2008 - Théâtre des Champs
Élysées - 19 mars 2008 - version de concert -
Valenciennes - Le
Phénix - 21 mars 2008 -
La Grande Écurie et la Chambre du Roy - dir.
Jean-Claude Malgoire - mise en scène : Gildas Bourdet -
décors Gildas Bourdet, Edouard Laug - costumes Brigitte
Faur-Perdigou - lumières Jacky Lautem - avec Christophe
Dumaux (Orlando), Elena de La Merced (Angelica), Jean-Michel Fumas
(Medoro), Yvette Bonner (Dorinda), Alain Buet (Zoroastro)
Forum Opéra - 4 mars 2008 - Un
Orlando velléitaire
"Il faut avant tout saluer les
risques pris par l'Atelier Lyrique de Tourcoing, en montant un
opéra aussi difficile. Car Orlando exige de résoudre
plusieurs problématiques, dont le rôle titre n'est pas
le moindre : femme ou homme, mais rompu à la pratique vocale
baroque et prêt à assumer la complexité du
personnage et la fameuse scène de délire. Et les effets
spéciaux ? Et les neuf décors différents ? Et
les contrastes de la partition ? Aux côtés de
Jean-Claude Malgoire, Gildas Bourdet a le mérite d'assumer un
point de vue et un budget modeste. Un seul décor de salon
bourgeois, les murs servant d'écran à des projections
vidéo évoquant le contexte de chaque période :
ciel étoilé pour l'ouverture avec le Mage, puis visions
de nature, ou bouillonnements oniriques. La magie s'efface devant un
procédé qui n'étonne plus, mêlant au drame
fantastique initial des aspects de vaudeville conventionnel. Les
créatures du mage sont quatre membres du Centre
Régional des Arts du Cirque de Lomme, en singes domestiques
facétieux et lubriques.
Dans ce contexte, les costumes
de Brigitte Faur-Perdigou sont un contrepoint essentiel qui
clôt l'univers voulu par Bourdet. Prouesse technique et
salmigondis imaginatif de diverses influences, du samouraï de
Zoroastro à la soubrette piquante de Dorinda et à
l'espagnole à queue de paon d'Angelica, ils sont un corollaire
signifiant du caractère de leur titulaire. On est donc bien
obligé, à la vision de l'accoutrement stupéfiant
d'Orlando, de déduire ce que Bourdet veut en faire, et qui est
corroboré par ses notes d'intention : un être à
la sexualité plus qu'indéfinie, plurielle, un patchwork
d'intentions velléitaires, qui ratera jusqu'à son
suicide, un anti-héros dont le timbre initial de castrat
souligne l'ambivalence. Caramba ! Vêtu d'un manteau-robe
bouffante en toile militaire aux poches démesurées,
chaussé de rangers mais paré de jolies mitaines,
cravate au col et casquette à la Castro, joues roses, longue
natte, belles anglaises et ceinture de munitions à la taille,
fasciné par la robe dont il se pare devant son miroir, Orlando
est, osons le mot… franchement ridicule et totalement too-much. Qu'en
a pensé Christophe Dumaux ? En tout cas le message du metteur
en scène passe … mais pas toujours la voix, au timbre
agréable, à la belle agilité, mais sans grand
projection. Christophe Dumaux semblera constamment mal à
l'aise dans son accoutrement, et la scène de folie reste
très mesurée, en deçà de ce que l'on
pourrait espérer de variétés de tons, de
couleurs et d'affects.
Les deux personnages
féminins, contrastés, sont à l'opposé de
cet Orlando uniformément fragile, scéniquement et
vocalement : une coquette que l'épreuve grandit, Angelica, et
une amoureuse pré-romantique qui tourne à la
philosophe, Dorinda - Rachel Nicholls. Aux côtés de
Zoroastro, ce duo féminin mène le peu d'action que leur
laissent le Destin (maintes fois évoqué), et le mage.
Scéniquement, la reine de la soirée est muette :
magnifique présence en scène d'une piquante Yvette
Bonner vaincue par un vilain microbe, et remplacée en fosse
par la remarquable Rachel Nicholls, qui nous donne les plus beaux
moments et la seule véritable caractérisation
dramatique de la soirée. En Angelica, Elena de La Merced a de
l'allant, le timbre clair et brillant, parfois teinté de
duretés ; Alain Buet maîtrise à la perfection son
rôle, ne tombant pas dans le piège tentant de la
surenchère parodique. Et c'est vocalement de haute tenue, dans
une partition qui explore la grande étendue de sa tessiture.
Excellent trio de fin de premier acte.
A la tête de sa
phalange, Jean-Claude Malgoire semble lui aussi
préférer la demi-teinte et l'ambiguïté :
peu de contrastes, enchainements posés, tempi policés,
parfois même très ralentis (on eut peur pour Dorinda
dans le « Quandi spieghi » du second acte), mais moments
d'une grande poésie (air du sommeil d'Orlando). Peu de
mystère et de folie…
L'Orlando de Haendel n'est pas
celui de l'Arioste : avec la complicité de Capece, il en donne
une image doucereuse et cruelle, celle de la séduction, de
l'inexorable passion contre laquelle personne, fut-il sensé
être un héros, ne peut lutter. Et seule une
transcendance, comme dans tout opera seria, fera remporter à
Orlando sa victoire finale, celle contre lui-même. Mars peut
revenir pour la suite des aventures du héros. Opéra
« psychologique » finalement assez pauvre en actions, ce
que compensent effets spéciaux et versatilité du
rôle-titre, Orlando gagne-t-il à la vision juste, mais
aussi très radicale, de Gildas Bourdet ? On regrette un peu
que le trait soit forci, et que cet Orlando déjanté
mais finalement transparent n'évite pas l'écueil de la
caricature. Trop d'ambiguïté tue
l'ambiguïté."
Forum Opéra - 19 mars 2008
"Dans la trilogie de l’Arioste
que composa Haendel, Orlando tient une place de choix. Tout d’abord
en raison de la richesse de sa partition et de son audace : en effet,
le Saxon n’hésite pas dans la grande scène de folie du
2nd acte à utiliser du 3/8 cher à Bartók, coupe
allégrement les da capos, introduit cors et violes d’amour.
Pour sa résonnance historique ensuite puisque Orlando
était en passe de perdre Senesino et l’enceinte du King’s
Theatre devant les cabales de l’Opéra de la Noblesse.
En dépit de l’absence
de mise en scène, Christophe Dumaux incarne pleinement le
paladin fou. Fidèle à ses habitudes de bad boy, il
interprète le mythe de l’amoureux éperdu sous le prisme
de l’adolescent gâté, furieux qu’on lui résiste.
Dans un jeu instable et cruel, digne d’un parfait Néron du
Couronnement de Poppée, le contre-ténor mitraille les
vocalises du « Fammi combattere », halète dans
« Vaghe pupille », ornemente à qui mieux mieux.
Devant tant de changements de métrique et de
débordements apparemment spontanés, on en vient
à se demander comment Jean-Claude Malgoire parvient (tant bien
que mal) à suivre le chanteur avec son opulent ensemble. Le
souffle est court mais héroïque, jetant les notes plus
que les posant, sauf dans un « Già l’ebro moi ciglio
» poétique très justement plébiscité
par le public. Angélique, marquise des anges, subit
également un relifting psychologique - qui semble d’ailleurs
plus dû à la forte personnalité des chanteurs et
leurs dons d’acteurs qu’à une volonté
délibérée du chef. Exit la fade princesse
tiraillée entre sa passion pour Médor et la
reconnaissance polie qu’elle doit à son sauveur. Elena de la
Merced, très « Danielle de Niese » cette
soirée-là, y compris dans les mimiques, a
décidé de faire de son personnage une ravissante
coquette écervelée. Son timbre corsée mais
délicat, la transparence veloutée de ses aigus et la
souplesse de ses articulations sont admirables, et dégagent
une troublante sensualité dès le « Chi possessore
e del moi cor ».
En revanche, il faut avouer
que les seconds rôles sont moins bien servis, et l’on ne suivra
pas Angelica dans sa préférence pour Medoro. Puissant
et stable, l’organe de Jean-Michel Fumas possède bien des
atouts. Hélas, en dehors d’un « Verdi allori »
inspiré, le contre-ténor au timbre proche d’Axel
Köhler s’est montré appliqué, se contentant d’une
lecture terne et froide. A l’inverse, la bergère Dorinda
d’Yvette Bonner, à l’enthousiasme cru et au chant trop brut
donne l’impression de se ruer à travers les mesures sans
suffisamment de nuances. Le phrasé et sommaire, les effets
à pleine voix d’abord impressionnants finissent par devenir
agressifs. Ce n’est pas tout de crier, un murmure sait parfois bien
mieux flatter l’oreille et toucher le cœur. Cela est d’autant plus
dommage que la voix est bien timbrée et agile. Enfin, Alain
Buet prête son timbre rocailleux très « baroque
italien du début du XVIIème siècle » au
mage Zoroastre. Si la basse n’a probablement pas la profondeur du
légendaire Montagnana pour qui le rôle fut taillé
sur mesure et n’ornemente que de manière spartiate, le chant
est stylé, mesuré et élégant.
A la baguette, Jean-Claude
Malgoire dirige avec sa décontraction et sa
générosité habituelles. La direction est souple,
plus suggestive qu’autoritaire ; un vent de joyeuse liberté
souffle dans la fosse. La pâte orchestrale dense,
épaisse, cohérente, met en avant les cordes et
notamment les excellents violoncellistes. Peut-être le chef
aurait-il pu doubler les hautbois et bassons pour plus
d’équilibre et de couleur. Les tempi sont mesurés,
même si le chef se laisse désormais aller à des
contrastes plus marqués qu’autrefois, et autorise même
les da capos fleuris qu’il avait en horreur il y a une dizaine
d’années. L’admirable trio « Consolati bella » est
même enchaîné trop rapidement, capturant l’ironie
de la situation au détriment de la musicalité qu’un
William Christie caressait. En définitive, la chanson de
Roland a encore de beaux jours devant elle, et l’on se plaît
à la fredonner en si bonne compagnie."
Opéra
Magazine - mai 2008 - 7 mars 2008
"En décidant,
dès le premier acte, d’aller occire les méchants et les
bêtes sauvages, le preux Orlando n’aurait-il pas soufflé
à l’oreille de Gildas Bourdet quelques bonnes, voire
très bonnes, idées de mise en scène ? En effet,
après un bref étonnement, on se dit que ces quatre
singes et guenons qui sautillent et polissonnent avec une rare
agilité, et une tout aussi évidente lubricité,
s’inscrivent totalement dans cette esthétique de magie et
d’humour qui vivifie l’opéra baroque et son bel canto, avec sa
profusion de couleurs, de traitements et de registres.
Aux dieux (ici, le mage
Zoroastro), l’éclat de la vérité et de la
responsabilité d’un destin que souligne un chant noble et
ample, à récitatifs accompagnés. Au héros
(ici un contre-héros, qui doit sublimer la sexualité
pour être mâle et glorieux !), de superbes arie et des
récitatifs plus ou moins ornés au fur et à
mesure de son émancipation des pulsions animales. Autour, la
bestialité terrienne, sans cesse mouvante, bouffe et virtuose,
avec des diversités d’approche et des ambiguïtés
mettant un bémol au sérieux du propos. A Tourcoing,
l’envoûtement a pleinement opéré : nos primates
anthropoïdes, en multipliant facéties, postures et
acrobaties, ont apporté un audacieux contrepoint à la
grandeur et à la magie du sujet. Et au « fol»
Orlando.
L'univers à la fois
clos et ouvert de l’oeuvre se retrouve dans le joli décor de
Gildas Bourdet et Édouard Laug : un simple salon peu
meublé, vu de biais, et dont les murs transparents deviennent
tour à tour forêt frémissante, mer houleuse ou
prairie ensoleillée, soulignant ainsi le caractère
réel/irréel, débonnaire/fantastique du
chef-d’oeuvre haendélien.
Au pied levé, Rachel
Nicholls a doublé dans la fosse, avec autant de courage que de
réussite, Yvette Banner en Dorinda, aphone mais mimant son
texte sur la scène. En Medoro,Jean-Michel Fumas s’est
montré sensible et fin psychologue, servi par un timbre
onctueux et clair. Mêmes compliments pour l’Angelica d’Elena de
la Merced, au jeu subtil, aux épanchements
contrôlés et à la voix riche de nuances.
Excellente Isabella (Marion Laboulais). Reste l’Orlando de Christophe
Dumaux, compensant ses vêtements terreux et sa casquette sortie
des surplus américains par sa maîtrise, son
impressionnante sûreté vocale, son intelligence des
situations, jusqu’à la fameuse scène de la folie, de
rythme asymétrique à 5/8, illustrant le désordre
mental de ce « héros démissionnaire — ou
démissionné », comme le caractérise Gildas
Bourdet dans l’éloquent et sérieux programme de
salle.
Tout ceci n’aurait sans
(aucun) doute créé une si splendide soirée sans
l’engagement total de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy et de
Jean-Claude Malgoire, attentif aux moindres inflexions de la
partition, aux plus subtils coloris recherchés par Haendel. Le
chef français a été l’ordonnateur exemplaire de
cette représentation. Le public lui a fait fête, comme
à tous les interprètes. Ce n’est que
justice."
Valence - Palacio de las
Artes - 16, 21, 23, 26, 29 février, 2 mars 2008
- mise en scène Francisco Negrín - décors,
costumes Anthony Baker - lumières Franck Evin -
chorégraphie Ana Yepes - avec Bejun Mehta (Orlando), Lyubov
Petrova (Angelica), Camilla Tilling (Dorinda)
Tipperary - Source Arts
Centre - 22 septembre 2007 - Dublin - Helix - 25, 27, 29 septembre
2007 - Navan Solstice - 2
octobre 2007 - Tralee Siamsa Tire
- 4 octobre 2007 - Cork -
Everyman Palace - 6 octobre 2007 - Belfast - Stranmillis Drama Theatre -
9 octobre 2007 - Derry - Waterside
Theatre - 11 octobre 2007 - Galway - Town Hall Theatre - 13 octobre
2007 - Opera Theatre Company - dir. Christian Curnyn - mise en
scène Annilese Miskimmon - décors, costumes Simon
Holdsworth - lumières Tina Mac Hugh - avec William Towers
(Orlando), Natasha Jouhl (Angelica), Reno Troilus (Medoro), Mary
Hegarty (Dorinda), Jonathan Best (Zoroastro)
Biel, Stadttheater -
Suisse - 14, 16, 18, 19, 28 septembre, 26 octobre, 7,
23, 27 novembre, 7, 9, 29 décembre 2007, 12 janvier, 23
février 2008 - Solothurn
Stadttheater - 22, 27 septembre, 10 octobre, 2
novembre, 1er, 28 décembre 2007, 2 janvier 2008 - Baden - Kurtheater - 20 octobre 2007 -
Burgdorf - Casino - 29
novembre 2007 - Winterthur -
Theater - 1er février 2008 - Langenthal - Stadttheater - 16
février 2008 - dir. Franco Trinca - mise en scène
Roland Schwab - décors Piero Vinciguerra - costumes
Katharina Gault - avec Martin Oro (Orlando), Rosa Elvira Sierra
(Angelica), Violetta Radomirska (Medoro), Muriel Schwarz
(Dorinda), Yongfan Chen-Hauser (Zoroastro) - nouvelle
production
Opéra de Zurich
- 31 août, 2, 9 septembre 2007 - dir. William
Christie - avec Marijana Mijanovic (Orlando), Martina Jankova
(Angelica), Katharina Peetz (Medoro), Christina Clark (Dorinda),
Konstantin Wolff (Zoroastro)
Münchner
Opern-Festspiele - 22, 25 juillet 2007 - Bayerische
Staatsorchester - dir. Harry Bicket - mise en scène David
Alden - décors Paul Steinberg - costumes Buki Shiff -
lumières Pat Collins - avec David Daniels (Orlando),
Rosemary Joshua (Angelica), Beth Clayton (Medoro), Olga Pasichnyk
(Dorinda), Alastair Miles (Zoroastro)
Opéra d'Atlanta
- 3, 5, 6 mai 2007 - dir. Kenneth Montgomery - mise en
scène Chas Rader-Shieber - avec Vivica Genaux (Orlando),
Stephen Morscheck (Zoroastro), Jennifer Aylmer (Dorinda), Leah
Partridge (Angelica), John Gaston (Medoro) - production de New
York City Opera; Glimmerglass Opera
Londres - Royal Opera
House - 26 février, 1er, 3, 7, 9, 13
mars 2007 - The Orchestra of the Age of Enlightenment - dir.
Charles Mackerras - mise en scène Francisco Negrin -
décors Anthony Baker - lumières Wolfgang Göbbel
- chorégraphie Ana Yepes - avec Bejun Mehta (Orlando),
Rosemary Joshua (Angelica), Anna Bonitatibus (Medoro), Camilla
Tilling (Dorinda), Kyle Ketelsen (Zoroastro)
Munich - Nationaltheater
- 12, 16, 20, 29 janvier, 1er, 4
février 2007 - dir. Harry Bicket - mise en scène
David Alden - décors Paul Steinberg - costumes Buki Shiff -
lumières Pat Collins - avec David Daniels (Orlando),
Rosemary Joshua (Angelica), Beth Clayton (Medoro), Olga Pasichnyk
(Dorinda), Alastair Miles (Zoroastro)
Essen - Aalto Theater
- 12, 29 novembre, 2 décembre 2006 - dir.
Alessandro de Marchi - mise en scène Tilman Knabe -
décors Alfred Peter - costumes Gabriele Rupprecht - avec
Ann Hallenberg (Orlando), Anke Hermann (Angelica), Bea Robein
(Medoro), Christina Clark (Dorinda), Antonio Abete (Zoroastro)
Londres - Sadlers Wells -
Lilian Bayliss Studio - 11 novembre 2006 - Independent
Opera - mise en scène Alessandro Talevi - costumes Cordelia
Chisholm - vidéo Dick Straker and Finn Ross - marionnettes
Michael Fowkes and Chiara Ambrosio - avec Nicholas Warden
(Zoroastro), William Towers (Orlando), Joana Seara (Dorinda),
Christopher Ainslie (Medoro), Rebecca Ryan (Angelica)
Berlin - Neuköllner
Oper - 28, 30 septembre, 1er, 4, 5, 7, 8, 11, 13, 14,
18, 20, 21, 25, 26, 28, 29 octobre, 12, 13, 14 novembre 2006 -
arrangement Wolfgang Böhme (musique) et Rainer Holzapfel
(texte) - dir. Hans-Peter Kirchberg - mise en scène Rainer
Holzapfel - décors, costumes Lisa Brzonkalla - dramaturgie
Bernhard Glocksin - avec Cassandra Hoffmann, Susanne Langner,
Peter Veit, Christophe Villa
Iford Manor -
22, 25, 26, 28, 29 juillet 2006 - Early Opera Company - dir.
Christian Curnyn - mise en scène Netia Jones
Beaune - Cour des Hospices
- 22 juillet 2006 - Accademia Bizantina - dir. Ottavio
Dantone - avec Ann Hallenberg (Orlando), Raffaella Milanesi
(Angelica), Renata Pokupic (Medoro), Carlo Lepore (Zoroastro),
Gaëlle le Roi (Dorinda)
Munich - Staatsoper
- 19, 22, 25, 28 mai, 2 juin 2006 - Opern Festspiele - 17 juillet 2006 -
dir. Ivor Bolton - mise en scène David Alden -
décors Paul Steinberg - costumes Buki Shiff -
lumières Pat Collins - avec David Daniels (Orlando),
Rosemary Joshua (Angelica), Deborah York (Dorinda), Alastair Miles
(Zoroastro) - nouvelle production
Opéra de
Zürich - 15, 18, 20, 22 janvier, 1er,
3, 5 février 2006 - La Scintilla - dir. William Christie -
mise en scène Jens-Daniel Herzog - décors, costumes
Mathis Neidhardt - lumières Jürgen Hoffmann - avec
Marijana Mijanovic (Orlando), Martina Jankova (Angelica),
Katharina Peetz (Medoro), Christina Clark (Dorinda), Günther
Groissböck (Zoroastro) - nouvelle production
Opéra
Magazine - avril 2006 - 15 janvier 2006
"Jens-Daniel Herzog a
opté pour la distanciation humoristique dans sa mise en
scène qui se regarde comme une séquence un brin
déjantée de ia série
télévisée Urgences. Zoroastro est le chef d’une
clinique psychiâtrique, admiré de son personnel, surtout
féminin, qui utilise avec brio le tableau noir pour expliquer,
à l'aide de croquis délirants, les maux dont souffrent
ses patients. Orlando revient de la guerre en état de choc et
tombe amoureux d’une charmante aide-soignante dont le coeur est pris
ailleurs. D'abord mise à la porte pour ses comportements
amoureux imprévisibles, et imcompréhensibles des
malades autant que des employés, celle-ci est finalement
retenue contre son gré pour participer à l'entreprise
de guérison du malheureux soldat. La cure réussit de
justesse. Lat dernière image présente un Orlando
requinqué, prêt à repartir au front, tout se
demandant s’il n’a pas été
berné...
Ce parti pris offre le
mérite évident d'insuffler cohérence et humour
à l’une des intrigues les plus invraisemblables jamais mises
en musique par Haendel. Le spectateur rit beaucoup aux coups de
théâtre et retoutrnements de situatiom,
télescopés avec un imparable sens de l’à-propos
mais l’angoisse n’est jamais loin à la vue (le l’inutile
révolte de ce soldat traité à la dure par un
muédecin manipulateur, qui se comporte à la
manière des savants fous placés à la tête
des maisons d’internememt pour intellectuels récalcitrants. Le
happy end final en acquiert un arrière-goût
singulièrement amer.
William Christie impose avec
maestria sa conception haletante d’un opéra d’une
étonnante austérité musicale ; les airs
s’enchaînent sans rupture, tant le quatuor chargé de la
basse continue, emmené par Brian Feehan au théorbe et
Benoît Hartouin au clavecin, se substitue avec aplomb aux
membres de La Scintilla, pour des récitatifs bondissants et
d’un équilibre dramatique si juste que l’auditeur en
perçoit à peine l’amincissemuent sonore. Dans les airs,
le chef fait dialoguer instruments et voix avec un souci constant du
relief expressif des motifs musicaux, si bien que la
variété des climats suffit à pallier l’absence
de faits marquants dans le déroulement d’une action pauvre en
rebondissememts.
Marijana Mijanovic aborde le
rôle-titre avec un timbre presque androgyne, charnu dans le
grave et bien projeté dans l’aigu. Sa scène de folie au
II, comme son cauchemar au III, s’inscrivent parmi les moments forts
de la soirée, tant la cantatrice se double ici d’une actrice
hors du commun. Martina Jankova enthousiasme en Angelica par
l’aisance et la fluidité d’un chant d’une prodigieuse
plasticité : malgré la largeur de l’émission, la
vocalise coule naturellement sans jamais entamer le grain de cette
voix à 1a préciosité calculée. Katharina
Peetz fait preuve de moins de punch en Medoro, la tessiture
plutôt grave du rôle mettant à mal un timbre qui
n'a pas cmcore eu le temps de s'épanouir suffisamment dans
l’octave infénieure. Avec une voix de soprano léger
dont la couleur et le profil vif-argent conviennent au persommage de
Dorinda, Christina Clark croque le portrait ambigu d’une
infirmière délurée au coeur trop tendre. Seule
voix masculine de la distribution, la basse limpide et
aérienne de Gunther Groissböck excelle à rendre
l’inépuisable faconde du troublant sondeur d’âmes qu’est
devenu Zoroastro, dans cette mise en scène mariant avec
succès le respect de la partition et la modernisation du
sujet."
Concerto Net - 15 janvier 2006
"Les excentricités du
théâtre de régie à l’allemande - par
exemple la manie de vouloir absolument tout transposer -
réservent parfois de bonnes surprises, comme c’est le cas de
la nouvelle production d’Orlando présentée à
l'Opéra de Zurich. Dans un souci tout à la fois de
garder une certaine distance par rapport à l’ouvrage et d’en
rendre la trame plus accessible au public d’aujourd’hui, le metteur
en scène Jens-Daniel Herzog a choisi de situer l’action au
début du XXe siècle, très
précisément dans un sanatorium, sorte de Montagne
magique chère à Thomas Mann. Par la force des choses
donc, le magicien Zoroastro devient le médecin-chef
chargé de guérir Orlando de sa maladie d’amour, le
célèbre guerrier étant ici
considéré comme un cobaye aux yeux de la science. Et,
bien des péripéties plus tard, après un passage
dans une salle d’opération plus vraie que nature, le
héros retrouve la raison. Grâce à un jeu habile
de parois coulissantes, le plateau se transforme, au gré des
scènes, en différentes pièces de la maison de
repos (réception, dortoir, office, cabinet de consultation,
bloc opératoire). Cette conception de l’œuvre peut
paraître saugrenue au premier abord, mais elle tient
parfaitement la route jusqu’au bout du spectacle, tant elle est
appliquée de manière conséquente et avec un
souci minutieux du réalisme et des
détails.
La distribution réunie
à Zurich a le grand mérite d’être
équilibrée et homogène. Deux chanteurs s’y
détachent, sans néanmoins faire de l’ombre à
leurs collègues. Günther Groissböck campe un
Zoroastro digne et autoritaire dans son rôle de chef de
clinique, avec une voix de bronze d’une souplesse étonnante.
Quant à Marijana Mijanovic, elle est tout simplement
époustouflante dans les vocalises, avec des graves capiteux,
même si la voix n’est pas des plus puissantes; mais fort
heureusement, Zurich est une petite salle. L’opulence de la musique
de Händel est brillamment rendue par les musiciens de La
Scintilla, l’ensemble baroque de l’Opernhaus jouant sur instruments
anciens. Avec des gestes très précis, William Christie
cisèle la partition en orfèvre. Un seul regret tout de
même: on se prend parfois à rêver de davantage de
mordant, de contrastes, du petit grain de folie qui rendrait
l’interprétation moins lisse. Bien peu de chose en fin de
compte, tant la prestation d’ensemble est de haute
tenue."
Essen - Aalto Theater
- 15, 22, 25, 27, 30 octobre 2005, 2, 4, 19 novembre
2005 - dir. Alessandro de Marchi - mise en scène Tilman
Knabe - décors Alfred Peter - costumes Gabriele Rupprecht -
avec Ann Hallenberg (Orlando), Anke Herrmann (Angelica), Bea
Robein (Medoro), Christina Clark (Dorinda), Diogenes Randes
(Zoroastro) - nouvelle production
Festival de Göttingen
- juin 2005 - coproduction avec le Hannover Opernhaus -
dir. Nicholas McGegan
New York City Opera
- 20, 23, 26, 29 mars, 1er, 7 avril 2005 -
dir. Antony Walker - mise en scène Chas Rader-Shieber -
décors, costumes David Zinn - lumières Lenore Doxsee
- avec David Pittsinger (Zoroastro), Bejun Mehta (Orlando),
Jennifer Aylmer (Dorinda), Amy Burton (Angelica), Matthew White
(Medoro) - coproduction avec Glimmerglass Opera
Antibes - Chantier Naval
Opéra - Musiques au coeur d'Antibes - 11 juillet
2004 - dir. Michaël Bahmann - dir. artistique Mireille
Quercia - mise en scène : Françoise Chatôt -
scénographie Eliane Tondut - avec Roméo
Cornélius, contre-ténor (Orlando), Carla Huhtanen,
soprano (Angelica), Scott Belluz, contre-ténor (Medoro),
Tomako Takuchi, soprano (Dorinda), Jean Vendassi, basse
(Zoroastre)
Ravenne - Teatro
Communale - 20, 22 février 2004 - Reggio Emilia - Teatro Valli - 13, 15
mars 2004 - production Vlaamse Opera, Anvers - coproduction avec
Teatro Alighieri di Ravenna Accademia Bizantina - dir. Ottavio
Dantone - mise en scène Robert Carsen - décors,
costumes Antony McDonald - avec Sonia Prina (Orlando), Masha
Carrera (Angelica), Carlo Lepore (Zoroastro), Giacinta Nicotra
(Dorinda), Annely Peebo (Medoro)
Londres - Covent Garden
- 6, 10, 13, 16, 20, 23 octobre 2003 - Orchestra of the
Age of Enlightenment - dir. Harry Bicket - mise en scène
Francisco Negrin - décors, costumes Anthony Baker -
chorégraphie Ana Yepes - avec Alice Coote (Orlando),
Barbara Bonney (Angelica), Camilla Tilling (Dorinda), Jonathan
Lemalu (Zoroastro), Bejun Mehta (Medoro) - nouvelle production
"Orlando de Haendel,
créé au King’s Theatre de Londres en janvier 1733,
n’avait jamais été représenté au Covent
Garden, et n'a été monté que de rares fois en
Grande-Bretagne au cours des cinquante dernières
années. Cet oubli relatif ne peut pas être imputé
à la partition, superbe, ni àl’intrigue, qui est, pour
Haendel, assez simple. Peut-être est-il dû à
l’extrême difficulté des parties vocales, surtout le
rôle-titre, qui exigent non seulement une grande
facilité dans la colorature, mais aussi une implication
dramatique plus intense que la plupart des opere serie du XVllV”~
siècle. Si les membres de la distribution réunis par le
Royal Opera n’atteignent pas toujours une maîtrise
complète, le niveau général est toutefois
élevé. Le chevalier Orlando préfère
Vénus à Mars, ou l’Amour à la Gloire,
malgré les avertissements du magicien Zoroastro, qui lui
prédit mauvaise fortune dans le domaine de l’amour. Orlando
aime Angelica, reine de Cathay, qui accepte sa demande en mariage car
il lui a autrefois sauvé la vie. Mais elle aime le prince
Medoro, qu’elle a soigné après son naufrage, et qui lui
rend son amour, bien qu’il soit chéri à son tour par
Dorinda, bergère chez laquelle il a passé sa
convalescence. Conformément aux prédictions de
Zoroastro, le malheur ne tarde pas à frapper : Orlando devient
fou et tue les amants, qui sont ressuscités par Zoroastro.
Angelica et Medoro seront finalement unis, et Orlando renoncera
à l’Amour pour lui préférer la Gloire. Ce livret
inspire à Haendel l’une des plus belles musiques de ses
opéras italiens, notamment un magnifique trio pour Angelica,
Dorinda et Medoro, àla fin du premier acte, et la scène
de folie d’Orlando, à la fin du second. Les personnages ont
droit à des airs superbement expressifs, ainsi qu’à des
morceaux de bravoure.
L’Orchestra of the Age of
Enlightenment fait ses débuts dans la fosse du Covent Garden,
ainsi que le chef, Harry Bicket. Spécialiste des opéras
de Monteverdi, Gluck et Haendel, Bicket dirige avec
légèreté, aérant d’heureuse
manière les passages orchestraux de la partition, et il
accompagne attentivement, mais sans excès, les chanteurs. Le
Mexicain Francisco Negrin met en scène Orlando avec talent et
sympathie, dans les décors pivotants d’Anthony Baker qui
assurent la continuité du spectacle. Alice Coote, Orlando, est
parfaitement adéquate la mezzo britannique possède une
voix flexible, aux tons chauds, et se révèle une
excellente comédienne. Sincère et impliquée,
elle chante les parties lentes et tristes dont son rôle est
amplement fourni avec beaucoup d’expression, mais, bien qu’exacte
dans les passages d’ornementation, sa voix manque de la force
nécessaire pour s’imposer. De la même façon,
tandis qu’elle brosse un portrait parfait du jeune homme — sa folie
notamment est très convaincante, elle ne maîtrise pas
tout à fait la scène. Mais il s’agit là de ses
débuts, et elle pourra certainement gommer les imperfections
dans ce rôle notoirement difficile. Barbara Bonney, Angelica,
offre un admirable jeu de scène, mais n’atteint,
malheureusement, une bonne forme vocale qu’à l’acte II.
Camilla Tilling, jeune soprano suédoise, est une Dorinda
charmante, personnage plus sympathique qu’Angelica. Bien que simple
bergère, elle a droit à d’aussi belles pages que les
chanteurs principaux, qu’elle chante avec grâce, agilité
et conviction. Bejun Mehta, Medoro, est l’un des meilleurs
éléments vocaux : sa voix, sans heurts, est claire et
puissante dans tous les registres, et son assurance technique bien
dissimulée, excellente ; son jeu scénique ne
dépareille pas. La basse Jonathan Lemalu est un bon Zoroastro,
vocalement et dramatiquement : vêtu comme Haendel
lui-même, il agit en deus ex machina tout-puissant, concuant
l'opéra de façon sinon heureuse, du moins
satisfaisante." (Opéra International - décembre
2003)
Glimmerglass Opera (E.U.)
- 19, 21, 24 juillet, 3, 9, 12, 15, 18, 21, 23
août 2003 - dir. Bernard Labadie - mise en scène Chas
Rader-Shieber - décors, costumes David Zinn -
lumières Lenore Doxsee - avec Bejun Mehta (Orlando), Joyce
Guyer (Angelica), Michael Maniaci (Medoro), Christine Brandes
(Dorinda), David Pittsinger (Zoroastro)
De Vlaamse Opera
- Gand - 30 juin,
2, 5, 7, 10 juillet 2002 - Anvers - 11, 13, 15, 18, 21 et 23 juin
2002 - dir. Paul Goodwin - mise en scène Jean-Philippe
Delavault d'après Robert Carsen - décors, costumes
Antony McDonald - lumières Dominique Brugière -
chorégraphie Michael Popper - avec Patricia Bardon
(Orlando), Catrin Wyn-Davies/Patricia Rozario (Angelica), Sara
Fulgoni (Medoro), Kathleen Brett (Dorinda), Christophe Fel
(Zoroastro)
ConcertoNet.com
"L’Opéra des Flandres
conclut sa saison avec la reprise d’Orlando, l’une des plus
célèbres production de Robert Carsen, qui a
délégué un efficace et précis
assistant, Jean-Philippe Delavault, pour la réaliser,
lui-même étant par ailleurs occupé à
Paris pour Rusalka, l’une de ses plus belles réalisations
à ce jour. Crée au Festival d’Aix-en-Provence en
juillet 1993, cet Orlando avait eu alors la chance de
bénéficier d’un orchestre baroque de rêve (Les
Arts Florissants) de la direction de William Christie et d’une
distribution assez idéale pour certains rôles :
Rosemary Joshua, Rosa Mannion et Felicity Palmer (cette
dernière dans une caractérisation inoubliable
quoiqu’un peu limitée dans la virtuosité
haendelienne), et à un niveau en dessous Jennifer Lane et
Harry van der Kamp . La saison suivante, cette même
production fut accueillie au Théâtre des
Champs-Elysées, pour être présentée au
public de l’Opéra des Flandres en juin 1995, cette fois
avec l’orchestre symphonique «maison » dirigé par
Paul Dombrecht et une distribution un peu modifiée :
Patricia Bardon, Kathleen Brett, Christophe Fel (qui reviennent
pour cette reprise), Lynne Dawson, Hilary Summers.
Le spectacle
scénique n’a pris aucune ride, le travail soigné de
Delavault, permettant de retrouver avec bonheur une mise en
scène particulièrement inspirée,
réussissant à animer sans cesse un opéra
où des longueurs pourraient être ressenties du fait
même de sa structure (récitatifs, aria da capo) et
des conventions qu’on aurait tort de mépriser. Carsen est
comme le magicien Zoroastro tirant les fils de l’intrigue de
manière très ingénieuse, réussissant
comme toujours une direction d’acteurs juste. Les magnifiques
décors d’Antony McDonald suggèrent
l’étrangeté poétique d’une forêt dont
le vert vif et lumineux souligne son appartenance à un
monde magique, tout comme le champ d’épées
géantes dispersées de manière impressionnante
au troisième acte sur la scène toute entière.
Les costumes du même artiste sont particulièrement
bien caractérisés permettant aux chanteurs de
s’imposer d’emblée dans leur rôle. Les
lumières de Dominique Bruguière demandent de
l’attention au spectateur tant elles sont nuancées,
impalpables.
Mis à part une
catastrophique Patricia Rozario à la voix défaite,
sans timbre presque, la distribution est excellente, à
commencer par Patricia Bardon dans le rôle titre qu’elle
connaît bien maintenant et qui impressionne par la
beauté du timbre et la force de l’interprétation.
Sara Fulgoni offre un portrait très convaincant de Medoro
avec un timbre bien différencié de sa
collègue. Kathleen Brett donne sa meilleure prestation
à l’Opéra des Flandres, sa voix ayant gagné
en substance, sans perdre en agilité et la
comédienne est irrésistible. Enfin, seule voix
masculine, la basse Christophe Fel fait merveille dans le
rôle clef de Zoroastro, la voix longue et chaude se jouant
des vocalises pourtant difficiles que lui impose son rôle
;
Reste le problème de
l’orchestre ! La qualité de l’Orchestre Symphonique de
l’Opéra des Flandres n’est pas en cause, le chef Paul
Goodwin, non plus. Tous font de louables, mais vains, efforts pour
alléger, pour offrir une dynamique plus en rapport avec ce
répertoire. Mais tout cela reste encore trop lourd, trop
métronomique induisant une monotonie regrettable en
décalage avec ce qui se passe sur la scène. Dommage
de ne pas avoir disposé d’un authentique orchestre sur
instruments d’époque."
Cambridge Handel Opera
Group - 2001
Vienne - Odeon
- février 2001 - dir. Huw Rhys James - mise en
scène, décors et lumières John Lloyd Davies -
avec Christopher Josey, Ingrid Habermann, Katerina Beranova,
Annely Peebo, Reinhard Mayr
Théâtre des
Champs Elysées - 7
février 2001 - Oviedo -
Auditorio Príncipe Felipe
- février 2001 - Valencia -
Palau de la Musica -
février 2001 - version de concert - The Gabrieli Consort
& Players - dir. Paul McCreesh - avec Sara Mingardo (Orlando),
Lisa Milne (Angelica), Sandrine Piau (Dorinda), Daniel Taylor
(Medoro), Neal Davies (Zoroastro)
"Dès l'Ouverture, le
chef éparpille, avec l'insouciance de celui qui sait, une
pincée de sons, vaine rumeur dans l'acoustique mate des Champs
Elysées"..."Medoro le contemplatif irait comme un gant
à la délicieuse Sara Mingardo, mais Orlando la
terrasse, sa vocalise dégonfle avant terme"..."Même la
virevoltante Sandrine Piau reste de marbre aux pieds de
Dorinda"..."C'est que le chef ignore le drame, la volupté
d'Orlando...Voici le troisième échec d'un musicien qui
nous avait tant promis." (Diapason -
avril 2001)
Stockholm - Royal Swedish
Opera - 25, 27 mars, 1er, 4, 7, 28 avril,
1er, 3, 8, 12, 22, 24, 26, 30 mai, 8 juin, 13, 15, 27,
29 décembre 2000 - dir. Raymond Leppard - mise en
scène Andersson
Opéra de
Lyon - 24, 26, 28
février, 2 mars 1997 - Les Arts
Florissants - dir. William Christie - mise en scène Carsen
- avec Patricia Bardon, Rosemary Joshua, Rosa Mannion, Hilary
Summers, Harry van der Kamp - coproduction Festival d'Aix en
Provence/Théâtre des Champs
Elysées/Opéra de Flandres-Anvers/Opéra de
Caen/Opéra de Montpellier - Autres représentations
à Strasbourg, Montpellier
XIVe
Festival de
Beaune - 27 juillet 1996 -
version de concert - version originale de 1733 - Gabrieli Consort
& Players - dir. Paul McCreesh - avec Ruby Philogene, Catrin
Wyn-Davies, Julia Gooding, Jonathan Peter Kenny, Neal
Davies
Montpellier - Opéra
Comédie - 11, 13, 14
janvier 1996 - New York - Brooklyn
Academy of Music - 9, 10, 12 et
13 février 1996 - Les Arts Florissants - dir. William
Christie - avec Patricia Bardon (Orlando), Rosemary Joshua
(Angelica), Rosa Mannion (Dorinda), Hillary Summers (Medoro),
Harry van der Kamp (Zoroastro)
Théâtre des
Champs Elysées - 3, 5, 7,
9, 11 février 1994 - Théâtre de Caen - 18 et 19 février 1994 - Les Arts
Florissants - dir. William Christie - mise en scène Robert
Carsen - décors/costumes Anthony McDonald - lumières
Dominique Brugière - avec Patricia Bardon (Orlando), Lynne
Dawson (Angelica), Rosa Mannion (Dorinda), Hilary Summers
(Medoro), Harry van der Kamp (Zoroastro)
"Tous les mérites de ce
spectacle ont été exaltés au
Théâtre des Champs-Elysées...Le nombre de
répétitions prévues à Paris a permis
d'améliorer le fonctionnement et l'éclairage du
décor...C'est la musique qui a le plus profité du
nouveau cadre. Et d'abord les Arts Florissants de Chnistie, qui ont
témoigné d'un engagement exemplaire...Orlando est
apparu dans la ri-chesse de ses rythmes et de ses couleurs
orchestrales comme la synthèse de la musique européenne
de l'époque, Allemagne et Italie confondues, au profit de la
vérité de l'expression dramatique...Trois chanteurs sur
cinq étaient nouveaux, ce qui n'a pas peu contribué
à l'équilibre de la distribution. A la virile Felicity
Palmer succédait, dans le rôle titre, Patricia Bardon,
plus fragile sans doute, mais pas moins émouvante vocalement
et scéniquement. L'autre contralto de l'ouvrage, Medoro, a
permis à Hilary Summers de briller par la vraisemblance de son
jeu comme par la musicalité constante de son chant. Celle qui
rassembla tous les suffrages, c'est la splendide Angelica de Lynne
Dawson au timbre de miel et à la chevelure blond
vénitien à la manière d'un Botticelli. Les deux
survivants d'Aix, la soprano britannique Rosa Mannion (Doninda) et la
basse hollandaise Harry van der Kamp (Zoroastre) sont plus à
l'aise à l'intérieur que sous le ciel provençal.
Le magicien y acquiert un poids plus important dans l'intrigue.
Dorinda reste éblouissante de vie, de naturel et d'abattage
vocal." (Opéra International - mars 1994)
Festival d'Aix en Provence - 16, 19, 21, 23 et 25 juillet 1993 - Les Arts
Florissants - dir. William Christie - mise en scène Robert
Carsen - décors et costumes Anthony McDonald -
lumières Dominique Grugière - avec Felicity Palmer
(Orlando), Rosemary Joshua (Angelica), Jennifer Lane (Medoro),
Rosa Mannion (Dorinda), Harry van der Kamp (Zoroastro)
Le Monde de la Musique - septembre 1993
"une parfaite
démonstration de théâtre en musique...On
n'oubliera pas de sitôt les amants errant dans une forêt
plantée d'épées, Orlando délirant dans un
lac aux eaux noires, le magicien Zoroastre faisant traverser le feu
aux héros désespéré."
Opéra International - septembre
1993
"La rigueur musicale
assurée par William Christie à la tête des Arts
Florissants et l'extraordinaire direction d'acteurs imposée
par Robert Carsen aux solistes, ont conféré un tel
impact à la soirée que le théâtre et la
musique reprenaient tous leurs droits. Le résultat est
d'autant plus méritoire que le metteur en scène a
réduit au minimum l'intervention du décor signé
par Antony Mc Donald, également auteur des costumes, en
concentrant l'attention uniquement sur l'interprète. Carsen a
fait de Felicity Palmer une véritable actrice dont la profonde
adhésion scénique parvenait à cacher son peu de
familiarité avec le chant baroque...A côté de la
belle prestation scénique de Felicity Palmer, il faut signaler
la voix androgyne de Jennifer Lane, qui conférait au
personnage de Medoro un relief équivoque. Rosa Mannion, dans
la charmante bergère Dorinda, fait la lessive avec beaucoup de
grâce. La couleur de voix est exquise mais la technicienne bien
modeste. Rosemary Joshua a l'allure de Rita Hayworth dans Gilda et
son Angelica perverse est d'une irrésistible fascination. En
dépit de leurs failles, ces chanteurs, motivés par
Carsen, ont fait du beau théâtre. Le seul à
être réellement handicapé demeure le Zoroastro de
Harry van der Kamp dont l'émission dure et anguleuse est
l'exact contraire du chant baroque."
Halle - Opernhaus
- 4, 11, 20 et 25 juin 1993
Festival de Batignano
- 1992 - dir. T. Lole - mise en scène I. Spink -
décors L. Bevan - avec A. Watts (Orlando), C. Lloyd-Roberts
(Angelica), C. Botes (Medoro), S. Waters (Dorinda), J. Best
(Zoroastro)
Londres - Proms
- 1990 - version de concert - dir. Christopher Hogwood
- avec James Bowman (Orlando), Arleen Auger (Angelica), Catherine
Robbin (Medoro), Emma Kirkby (Dorinda), David Thomas
(Zoroastro)
Karlsruhe - Festival
Haendel - Badische Staatstheater - 21 juin au 8 juillet
1986 - dir. Charles Farncombe - mise en scène Uwe Wand -
décors Heinz Balthes - costumes Ute Frühling - avec K.
Smith (Orlando), T. Peters (Angelica), F. Ginzer (Medoro), Graham
Pushee (Dorinda), H.P. Scheidegger (Zoroastro)
Chicago Lyric Opera -
1986 - dir. Charles Mackerras - mise en scène
John Copley - décors John Pascoe - costumes M. Stennett -
avec Marilyn Horne (Orlando), June Anderson (Angelica), Gianni
Rolandi (Dorinda), Jeffrey Gall (Medoro), Roderick Kennedy
(Zoroastro)
New York - Carnegie Hall
- 1985 - dir. Charles
Mackerras - version de concert - avec Marilyn Horne (Orlando),
Valerie Masterson (Angelica), Jeffery Gall (Medoro), M. Martin
(Dorinda), Robert Lloyd (Zoroastro)
Opéra de San
Francisco - 18 septembre 1985 - dir. Charles Mackerras
- mise en scène John Copley - décors John Pascoe -
costumes M. Stennett - avec Marilyn Horne (Orlando),
Valérie Masterson (Angelica), Ruth Ann Swenson (Dorinda),
Jeffrey Gall (Medoro), Kevin Langan (Zoroastro)
"Nous sommes à la
fête. A l'immense fête baroque des ors et des cramoisis.
La production de John Copley, qui se meut à la
frontière du rationnel et de l'irrationnel, somptueuse et
prolifique, sacrifie au rite et dénouera tous les fils d'une
réalité violemment porteuse de fantastique, de
magique...Marilyn Horne, par une démarche habile et
sincère, parvient à composer un Orlando retenu,
pudique, noble et inspiré...Elle domine une distribution de
force dix. L'Angelica de Valeria Masterson, solide et convaincante,
à l'aigu sûr et franc...la Dorinda de Ruth Ann Swenson,
saisissante, percutante, exemplaire...Jeffrey Gall, un grand Medoro,
haute-contre à l'extrême aigu aisé, au grave
corsé...Kevin Langan Zoroastro superpolissé, à
la voix noire et menaçante."
Venise - Teatro La Fenice
- 11, 14, 17, 20, 23 et 27 avril 1985 - dir. Charles
Mackerras - mise en scène Virginio Puecher - décors
et costumes Pasquale Grossi - avec Marilyn Horne (Orlando), Lelia
Cuberli (Angelica), Jeffrey Gall (Medoro), Giorgio Surjan
(Zoroastro), Adelina Scarabelli (Dorinda)
"La Horne a donné au
texte de l'Arioste toute sa noblesse, dans des récitatifs
superbement dits, a apporté au chant spianato une sublime
douceur et a montré qu'elle était inégalable
dans les vocalises de bravoure...A ses côtés, Lella
Cuberli, belle à voir, suave à entendre...La Dorinda
d'Adelina Scarabelli ressemble à une porcelaine de Saxe, et la
voix de Jeffrey Gall laisse perplexe...Charles Mackerras aime pour
Haendel un son maigre et sec. Il a choisi de présenter cette
oeuvre sans compromis ni coupures. Il suit les chanteurs avec
amour...il aime le chant, et cela se sent." (Opéra
International - juin 1985)
Opéra International
- avril 1985 - Tricentenaire Haendel - A propos
d'Orlando
Glasgow - Scottish Opera
- 1985 - dir. Richard Hickox - avec James Bowman
(Orlando), Eidween Harrhy (Angelica), T. Wilson (Medoro), I
Watsosn (Dorrinda), Serge Varcoe (Zoroastro) - en anglais
Bordeaux - Mai Musical
- 18 mai 1984 - version de concert - dir. Ton Koopman -
avec Judith Nelson (Dorinda), Mieke van der Sluis (Angelica),
René Jacobs (Orlando), David James (Medoro), Gregory
Reinhart (Zoroastro)
Orléans -
25 novembre 1983 - Tournée en France 1983/84 - dir. Diego
Masson - mise en scène Christian Gangneron - décors
Anne Surgers - avec Daniel Salas (Zoroastro), Vincent Darras
(Medoro), Henri Ledroit / Gérard Lesne (Orlando), Elisabeth
Baudry (Angelica), Catherine Dune (Dorinda) - Co-production entre
le Centre d'Action Culturelle d'Orléans et l'Atelier de
recherche et de création pour l'Art lyrique
St Louis (Etats-Unis) -
Edison Theatre - 1983 - dir. et
mise en scène Nicholas McGegan - décors S. Blake -
avec Drew Minter (Orlando), C. Armistead (Angelica), D. Harrisosn
(Medoro), S. Bradshaw (Dorinda), N. Solomon (Zoroastro)
Cambridge
(Massachussets)- Loeb Drama Centre - American Repertory Theater - 16 décembre
1981/1982 - dir. Craig Smith - mise en scène Peter Sellars
- décors E. Spatz-Rabinowitz - costumes R. Ryack - avec
Jeffrey Gall, / Sanford Sylvan (Orlando), Janet Bryden, / J. Brown
(Angelica), Mary Kendrick Sego / P. Gore (Medoro), Susan Larson /
Sharon Baker (Dorinda), Robert Honeysucker / James Maddalena
(Zoroastro)
Festival de Wexford
- 1980 - dir. J. Judd - avec John
Angelo Messana (Orlando), A. Hargan (Angelica), Bernadette Greevy
(Medoro), Leslie Garrett (Dorinda), R. Kennedy
(Zoroastro)
Grenoble - Manchester - 1979
- dir. K. Vardigans - mise en scène B. Trowell -
décors M. Holt - avec R. Martin-Olivier (Orlando), A.
Dawson (Angelica), K. Tellum / P. Hodges (Zoroastro), M. Macdonald
(Medoro), A. England (Dorinda) - production du Royal Northern
College of Music de Manchester
Chichester - 1978 - dir. D. Cranmer - mise en scène
M. Waite - décors A. Saunders - avec A. Lampard (Orlando),
M. Southwell (Angelica), A. Bray (Medoro), A. Brown (Dorinda), M.
Macdonald (Zoroastro) - en anglais
New York - Carnegie
Hall - version de concert - dir.
Stephen Simon - avec R. Elias (Orlando), C. Williams (Angelica),
B. Allen (Medoro), Carol Bogard (Dorinda), J. Diaz
(Zoroastro)
Londres - Sadler's Wells
Theatre - 12 juillet 1966 -
Chandos Orchestra - dir. Anthony Lewis - mise en scène
Brian Trowell - avec Janet Baker (Orlando), Jacqueline Delman
(Angelica), John Barrow (Zoroastro), Carole Rosen (Medoro), Soo
Bee Lee (Dorinda) - version en anglais du Barber
Institute
Birmingham -
Barber Institute - 1964 - en anglais
Halle - Festival
Haendel - 1962 - Orchestre du
Landestheater Halle - dir. Horst Tanu Margraf - mise en
scène Heinz Rückert - décors et costumes Paul
Pilowski - avec K. Hübenthal (Orlando), P. Fischer
(Angelica), G. Leib (Medoro), W. Rosenberg (Dorinda), H. Kaphahn
(Zoroastro) - adaptation de H.T. Margraf à partir d'une
traduction en allemand de W. Lewin
Halle - Festival Haendel - 1961 - Orchestre du Landestheater Halle - dir.
Horst Tanu Margraf - mise en scène Heinz Rückert -
décors et costumes Paul Pilowski - avec K. Hübenthal
(Orlando), P. Fischer (Angelica), G. Leib (Medoro), W. Rosenberg
(Dorinda), H. Kaphahn (Zoroastro) - adaptation de H.T. Margraf
à partir d'une traduction en allemand de W.
Lewin
Mai Musical
Florentin - 1959 - dir. Bruno
Rigacci - avec S. Colombo (Orlando), Rosanna Carteri (Angelica),
Paolo Washington (Zoroastro), Irene Companeez (Medoro), J.
Meneguzzer (Dorinda)
Festival
d'Abingdon - 6 au 9 mai 1959 -
dir. F. Kitching - mise en scène A. Kitching -
décors J. Craston - costumes F. Kitching - avec J. Horrex
(Orlando), C. Hnnter (Angelica), E. Butler (Medoro), M. Milford
(Dorinda), W. Pountney (Zoroastro) - adaptation en anglais de F.
Kitching
Halle - 28 mai 1922 - en allemand - sous le titre
d'Orlandos
Liebeswahn - arrangement de H.J.
Moser