Opéra
en trois actes (HWV 27), sur un livret inspiré de celui de
Silvio Stampiglia pour Antonio Caldara (1701), achevé le 12
février 1730, créé au Haymarket de Londres, le
24 février 1730, durant la première saison de la
Nouvelle Académie, avec une distribution réunissant
Anna Maria Strada del Po, soprano (Partenope), Antonia Maria Merighi,
alto (Rosmira), Antonio Maria Bernacchi, alto castrato (Arsace),
Francesca Bertolli, alto (Arminio), Annibale Pio Fabri dit
Il Balino, ténor (Emilio), Johann Gottfried
Riemschneider, basse (Ormonte). Six autres représentations
suivirent jusqu'au 10 mars.
Anna Strada del Po, quoique
grosse et maladroite dans ses mouvements, mal habillée, et
surnommée le
Cochon, remporta un triomphe
personnel, alors que Bernacchi déçut et quitta Londres
peu après.
Partenope fut publié dès sa création par
l'éditeur John Walsh.
Une reprise eut lieu le 12
décembre de la même année, pour sept
représentations, avec une nouvelle aria.
Une nouvelle reprise eut lieu le
29 janvier 1737, à Covent Garden, pour quatre
représentations, avec une version
abrégée.
Partenope fut monté à Brunswick en
février 1731, puis redonné en été
à la résidence de Salzthal.
Personnages
: Partenope (Parthenope), fille
d'Eumelius, reine de Naples (soprano), Arsace, prince de Corinthe,
ancien amant de Rosmira (mezzo-soprano), Rosmira, princesse de
Chypre, fiancée d'Arsace, travestie sous le nom d'Eurimene
(alto), Armindo, prince de Rhodes, amant de Partenope (alto), Emilio
(Emilius), roi de Cumes, amant de Partenope (tenor), Ormonte
(Ormontès), capitaine des gardes de Partenope
(basse)
Synopsis
Parthénopé,
fille d’Eumelius, roi de Phères en Thessalie, a quitté
Chalcis, dans l’île d’Eubée, de nos jours
Nègrepont, suivant l’augure d’une colombe, pour fonder, sur
les bords de la mer Tyrrhénienne, la ville de
Parthénopé, aujourd’hui Naples. Ceci est
rapporté dans le Onzième Chapitre du Premier Livre de
l’Histoire de la Ville et du Royaume de Naples par Gio. Antonio
Sumonte. Le reste est imaginaire.
Acte I
Partenope appelle les bienfaits
d’Apollon sur sa nouvelle cité de Naples. Auprès d’elle
se trouvent deux de ses soupirants, l’un déclaré
(Arsace, prince de Corinthe), l’autre secret (Armindo, prince de
Rhodes). Survient un prince arménien qui dit s’appeler
Eurimene et demande l’hospitalité de Partenope. Il s’agit en
fait de la princesse de Cypre, Rosmira, abandonnée par Arsace
qu’elle poursuit sous un déguisement masculin. Le capitaine
des gardes, Ormonte, annonce l’approche du prince de Cumes, Emilio,
à la tête de ses troupes. Rosmira conseille à
Armindo de dévoiler ses sentiments à Partenope et, se
retrouvant seule avec Arsace, lui arrache la promesse qu’il ne
dévoilera à quiconque son identité. Partenope
reçoit l’aveu d’Armindo (mais elle est amoureuse d’Arsace) et
résiste aux avances brutales d’Emilio, qui la menace d’une
guerre.
Acte II
Au cours de la bataille, Armindo
sauve Partenope tandis qu’Arsace capture Emilio. Poursuivant sa
vengeance, Rosmira provoque Arsace en combat singulier, malgré
l’interdiction de Partenope. Arsace ne peut que se dérober aux
provocations de Rosmira et passer pour lâche. Rosmira
réconforte Armindo en promettant de le servir auprès de
la reine, mais repousse Arsace qui cherche à rentrer dans ses
bonnes grâces.
Acte III
Rosmira réclame le combat
contre Arsace, expliquant qu’elle veut venger l’honneur de la
princesse de Cypre abandonnée par l’infidèle. Partenope
consent alors au duel et se retourne vers Armindo. Rosmira
s’attendrit en voyant Arsace endormi, mais joue son rôle et se
prépare au combat. Arsace trouve une échappatoire : il
demande au faux Eurimene de combattre torse nu. Rosmira se trouble et
doit avouer son identité. Partenope épouse Armindo,
Rosmira et Arsace se réconcilient.
"À l’époque
où Haendel crée Partenope à Londres, le 24
février 1730, l’Europe entière est sous le charmedu
dramma per musica italien. Dans toutes les capitales – Paris
exceptée – des musiciens italiens ou rompus à la
technique italienne composent inlassablement des partitions nouvelles
sur des livrets aux qualités éprouvées, repris
et remaniés en fonction de l’organisation de chaque saison
théâtrale. Les interprètes les plus
demandés poursuivent des carrières internationales, de
Naples jusqu’à Madrid, Londres ou Saint-Pétersbourg. Le
modèle de l’opera seria se généralise, mettant
en scène quelques personnages princiers, incarnés pour
l’essentiel par des chanteurs castrats (sopranos ou altos) et par des
cantatrices de renom, agités comme les héros
cornéliens de passions contradictoires mêlant l’amour et
les jeux du pouvoir.
Il était donc naturel
que Haendel, souhaitant attirer le public londonien après la
déconfiture de la Royal Academy of Music l’année
précédente, puisât à son habitude dans le
vaste répertoire de livrets italiens circulant dans le monde
lyrique. Il jeta cette fois son dévolu sur un livret de Silvio
Stampiglia, mis en musique pour la première fois par Luigi
Mancia, à Naples en 1699, et, parmi d’innombrables autres
compositeurs, par Leonardo Vinci en 1725 à Venise. Le livret
lui offrait l’occasion de mettre en regard deux beaux personnages
féminins, Partenope et Rosmira, à une époque
où il avait attiré dans sa troupe les deux plus grandes
divas de l’époque, Cuzzoni et Faustina Bordoni, savamment
mises en concurrence pour la plus grande joie du public. Ce projet de
1726 fut cependant ajourné et ce ne fut qu’en 1730 qu’il
trouva l’opportunité de monter une oeuvre qui, si elle gardait
la forme et les apparences d’un opéra sérieux, recelait
bien des traits de comédie légère touchant
parfois au marivaudage.
Partenope fut
créée au King’s Theatre par trois cantatrices (Anna
Maria Strada dans le rôle-titre, Antonia Merighi en Rosmira et
Francesca Bertolli chantant en travesti le rôle d’Armindo) et
trois chanteurs (le castrat alto Antonio Maria Bernacchi en Arsace,
le ténor Annibale Pio Fabri en Emilio et la basse Gottfried
Riemschneider en Ormonte). On voit que, selon l’habitude du temps,
les voix aiguës dominaient – indépendamment du sexe des
personnages – et que la troupe était presque exclusivement
italienne.
Dans Partenope, Haendel parle
avec aisance l’idiome italien, se pliant aux règles de l’aria
da capo dont il connaît à fond les possibilités
expressives et virtuoses, mais choisit également d’enrichir le
spectacle par des ensembles et des choeurs qui offrent un cadre
brillant à la succession variée des airs." (Cité
de la Musique)
Représentations :
Opéra de
Sydney - 1er, 12, 15, 18, 23, 26,
28, 31 mars 2011 - en anglais - dir. Christian Curnyn - mise en
-scène Christopher Alden, Peter Littlefield - décors
Andrew Lieberman - costumes Jon Morrell - lumières Adam
Silverman - avec Emma Matthews (Partenope), Jacqueline Dark
(Rosmira), Catherine Carby (Arsace), Christopher Field (Armindo),
Kanen Breen (Emilio), Richard Alexander (Ormonte) - nouvelle
coproduction avec English National Opera
Karlsruhe - Badisches
Staatstheater - 19, 23, 25, 27
février 2011 - Deutsche Händel-Solisten - dir. Michael
Hofstetter - mise en scène Ulrich Peters - décors
Christian Floeren - costumes Götz Lanzelot Fischer - avec
Polina Pasztircsák (Partenope), Karolina Gumos (Rosmira),
Terry Wey (Arsace), Valer Barna-Sabadus (Armindo), Gideon Poppe
(Emilio), Christian Miedl (Ormonte) - nouvelle production
New York - New York City
Opera - David H. Koch Theater -
3, 9, 11, 13, 15, 17 avril 2010 - dir. Christian Curnyn - mise en
scène Francisco Negrín, Andrew Chown - décors
John Conklin - costumes Paul Steinberg - lumières Robert
Wierzel - avec Cyndia Sieden (Partenope), Laura Vlasak Nolen
(Rosmira), Iestyn Davies (Arsace), Anthony Roth Costanzo
(Armindo), ,Nicholas Coppolo (Emilio) Daniel Mobbs
(Ormonte)
Londres - BBC Proms -
Royal Albert Hall - 19 juillet 2009 - version de
concert - Concerto Copenhagen - dir. Lars Ulrik Mortensen - avec
Inger Dam-Jensen (Partenope), Tuva Semmingsen (Rosmira), Andreas
Scholl (Arsace), Christophe Dumaux (Armindo), Bo Kristian Jensen
(Emilio), Palle Knudsen (Ormonte)
Vienne - Theater an der
Wien - 22, 25, 27 février,
1er, 4, 6 mars 2009 - Les Talens Lyriques - dir. Christophe
Rousset - mise en scène Pierre Audi - décors Patrick
Kinmonth - lumières Richardson - dramaturgie Willem Bruls -
avec Christine Schäfer (Partenope), Kurt Streit (Emilio),
David Daniels (Arsace), Patricia Bardon (Rosmira), Florian Boesch
(Ormonte), Matthias Rexroth (Armindo) - nouvelle
production
Ferrare - Teatro Communale
- 16, 18 janvier 2009 - Modène - Teatro Comunale Luciano
Pavarotti - 8, 10 février 2009 - Cappella della
Pietà dei Turchini - dir. Antonio Florio - mise en
scène, décors et lumières Giuseppe Frigeni -
costumes Regina Martino - avec Elena Monti (Partenope), Marina De
Liso (Arsace), Sonia Prina (Rosmira), Valentina Varriale
(Armindo), Cyril Auvity (Emilio), Gianpiero Ruggeri (Ormonte) -
coproduction Teatro Comunale di Ferrara, Fondazione Teatro
Comunale di Modena, Teatro San Carlo di Napoli, Opéra de
Montpellier - première représentation
scénique en Italie
Londres - English National
Opera - 9, 16, 18, 24, 31
octobre, 2, 07, 12 novembre 2008 - dir. Christian Curnyn - mise en
scène Christopher Alden, Peter Littlefield - décors
Andrew Lieberman - costumes Jon Morrell - lumières Adam
Silverman - avec Rosemary Joshua (Partenope), Patricia Bardon
(Rosmira), Christine Rice (Arsace), Iestyn Davies (Armindo), John
Mark Ainsley (Emilio), James Gower (Ormonte) - nouvelle production
Copenhague - Det Kongelige
Teater - 04, 08, 11, 14, 17, 21,
24, 27 octobre 2008 - Concerto Copenhagen - dir. Lars Ulrik
Mortensen - mise en scène Francisco Negrin - décors,
costumes Louis Désiré - lumières Bruno Poet -
avec Inger Dam-Jensen (Partenope), Andreas Scholl (Arsace),
Christophe Dumaux (Armindo), Tuva Semmingsen (Rosmira), Bo
Kristian Jensen (Emilio), Palle Knudsen (Ormonte)
Nice - Cap Ferrat - Villa
Ephrussi de Rothschild - 23, 26
août 2008 Les Azuriales Opera Festival - dir. Natalie Murray
- mise en scène Alessandro Talevi
Cité de la Musique
- 28 février 2006 -
Capella De' Turchini - dir. Antonio Florio - en version de concert
- avec Roberta Invernizzi (Partenope), Renata Pokupic
(Arsace), Sonia Prina (Rosmira/Eurimene), Cyril Auvity (Emilio),
Valentina Varriale (Armindo), Christian Senn (Ormonte)
" ...Le succès de
l’opéra fut tel qu’il ne tarda pas à parvenir aux
oreilles de Haendel, qui en réutilisa une douzaine d’airs dans
son pasticcio Elpidia, avant d’en donner sa propre version en 1730.
Sensiblement modifié, le livret de Stampiglia permit au caro
sassone de s’illustrer dans un genre qu’il avait jusqu’alors peu
fréquenté, la comédie. Confié à
une soprano, Partenope n’en est que plus volage, tandis que la
tessiture d’alto confère au travestissement de Rosmira
davantage d’ambiguïté et de détermination.
Malgré quelques
inégalités d’émission et une justesse parfois
très relative, Roberta Invernizzi et Sonia Prina y font preuve
de vertus comparables, en lignes sculptées, ornées avec
un art infini. Face au pouvoir suprême de l’idiome vocal,
l’entourage ne peut que s’incliner. Renata Pokupic
révèlerait pourtant une belle sensibilité si
elle ne courait tant après les graves d’Arsace, alors que les
belles manières de haute-contre à la française
de Cyril Auvity sont loin de remplir la superbe armure
d’Emilio.
Dès lors, l’orchestre
haendélien a toute latitude pour triompher, d’autant que pour
son coup d’essai en la matière, Antonio Florio réalise
un véritable coup de maître, tirant le maximum d’une
Cappella de’Turchini tour à tour rutilante, subtile, ironique,
et surtout théâtrale, comme pour mieux contredire les
propos acerbes de l’impresario Owen Swiney : « Partenope […] est
le plus mauvais livret que j’ai lu de ma vie : Signor Stampiglia
essaie d’y être humoristique et spirituel ». Il y est
indiscutablement parvenu." (Altamusica)
Beaune - Cour des
Hospices - 23e Festival
d'Opéra Baroque - 22
juillet 2005 - Capella De' Turchini - dir. Antonio Florio - en
version de concert - avec Maria Grazia Schiavo (Partenope),
Renata Pokupic (Arsace), Sonia Prina (Rosmira/Eurimene), Cyril
Auvity (Emilio), Valentinia Vanale (Armindo), Christian Senn
(Ormonte) - première exécution en France
Le Monde de la Musique - septembre 2005
"Antonio Florio figure parmi
les grands interprètes haendéliens. Le chef sait cerner
les enjeux d’un opéra où les conflits
ensanglantent plus les coeurs que les champs de bataille. Son
orchestre de la Cappella de’Turchini apporte un soutien dramatique
efficace et compose de fiches décors instrumentaux. Maria
Grazia Schiavo incarne avec intensité ce rôle-titre de
reine puissante poursuivie par trois prétendants. Elle
cédera finalement aux tendres sentiments d'Arrnindo
exprimés avec noblesse par la jeune Valentiria Vanale (une
révélation). Si Einilio ne gagne que l’amitié de
la reine, CyrilAuvity réussit avec brio son premier rôle
haendélien. Malgré quatre airs coupés, Renata
Pokupic fait du volage Arsace un rôle essentiel car
imprévisible. Dans le double rôle de sa fiancée
Rosmira et du prince Eurimène,Sonia Prina fait montre d’une
détermination sans faille."
Présentation Festival de Beaune
"Après avoir
dirigé avec succès la Partenope de Vinci l'année
dernière, Antonio Florio dirige la Partenope de Haendel
créée à Londres en 1730 (l'année
même de la mort de Vinci) sur le même livret de
Stampaglia. Partenope, légendaire fondatrice et Reine de
Naples, est courtisée par trois prétendants : Emilio,
prince de Cumes qu'elle vainc et fait prisonnier ; Arsace, prince
corinthien qui a sa préférence mais qui est
déjà fiancé à Rosmira, princesse de
Chypre, qui se déguisera en princesse arménienne pour
le défier et le reconquérir ; et Armindo, prince de
Rhodes, qui finalement sortira vainqueur de ce combat galant. Nous
sommes en présence d'une oeuvre empreinte d'une infinie
séduction qui nous font aimer autant le compositeur que
l'ouvrage lui-même. Avec toute sa richesse d'invention, Haendel
réussit une description musicale délicate des multiples
facettes du sentiment amoureux. La caractérisation magistrale
des personnages permet aussi à Haendel de nous offrir des airs
enchanteurs à la superbe théâtralité,
comme "Voglio amare" ou "Spera e godi" de Partenope et le fameux trio
"Un cor infedele" qui ouvre l'acte 3."
Opéra de Chicago
- 1er, 5, 8, 11,
14, 17, 22, 26 février 2003, 1er, 6 mars 2003
- dir. Harry Bicket - mise en scène Francisco Negrín
- décors John Conklin - costumes Paul Steinberg - avec
Elizabeth Futral (Partenope), David Daniels (Arsace), Bejun Mehta
(Armindo), Patricia Bardon (Rosmira), Kurt Streit (Emilio), Mark
S. Doss (Ormonte).
Festival de
Buxton - 13, 18, 22 juillet 2001
- Early Opera Company Orchestra - dir. Christian Curmyn - mise en
scène Netia Jones - avec Jeni Bern (Partenope), Stephen
Rooke (Emilio), Diana Moore (Armindo), Louise Mott/Natalie Hobday
(Rosmira), William Purefoy (Arsace)
Londres - Linbury
Studio - mai 2001 - Early Opera
Company Orchestra - dir. Christian Curmyn - mise en scène
Netia Jones - avec Delahunt, Moore, Sotgiu, Bruce-Payne
Festival de Göttingen - 31 mai 2000 -
reprise les 2, 4, 5 juin 2001 - Théâtre allemand de
Göttingen - Orchestre philarmonique de San Francisco - dir.
Nicholas McGegan - mise en scène Igor Folwill -
décors Manfred Kaderk - costumes Angela C. Schuett - avec
Meredith Hall (Partenope), Annette Markert (Rosmira), Kai Wessel
(Arsace), Chris Josey (Armindo), John McVeigh (Emilio), William
Berger (Ormonte)
Innsbruck -
Landestheater - février
2000 - dir. Barbara Wild - mise en scène Nigel Lowery -
avec Susanna von der Burg (Partenope), Foula Dimitriadis (Romira),
Thomas Diestler (Arsace), Anke Vondung (Armindo), Marwan Shamiyeh
(Emilio), Stanislav Stambolov (Ormonte)
New York City
Opera - 11, 16, 19, 22, 26
septembre 1998 - dir. George Manahan - mise en scène
Francisco Negrin - décors John Conklin - costumes Paul
Steinberg - avec Lisa Saffer (Partenope), David Walker (Arsace),
Bejun Mehta (Armindo), Jennifer Dudley (Rosmira), John McVeigh
(Emilio), Eduardo Chama (Ormonte)
"Après Serse la saison
dernière, le New York City Opera vient d'afficher Partenope,
dans une production créée quelques semaines plus
tôt au Glimmerglass Festival de Cooperstown. Le spectacle de
Francisco Negrin se déroule dans un décor unique une
vaste salle aux murs couverts d'un très beau papier peint
XVllle siècle, avec assez de portes
(dissimulées dans le mur) pour accueillir une pièce de
Feydeau. L'ensemble du dispositif est incliné par rapport au
plateau, et des panneaux s'entrouvrent pour laisser apparaître
différents accessoires : une forêt, une sphère en
suspension, entourée d'un cube de métal... Au son des
cors de chasse, le cadavre d'un daim descend des cintres,
d'élégants combats chorégraphiés
suffisant à illustrer les nombreux passages guerriers du
livret. Les costumes, contemporains, sont dans des couleurs vives :
rose fuschia, bleu roi, bordeaux, vert, or... Et les
éclairages magiques de Robert Wierzel jouent un rôle
essentiel dans la transformation de ce qui reste une boîte vide
en un véritable théâtre de passions. Francisco
Negrin tire un parti admirable de ce cadre, et plutôt que de
raconter une histoire cohérente (pas vraiment le point fort
des livrets de Haendel), s'attache à mettre en relief le
comique de situation des récitatifs et à explorer les
émotions souterraines des arie. Son traitement des da capo, en
particulier, impressionne. Parfois, un simple changement
d'éclairage suffit à créer une
atmosphère, à d'autres moments, cette
responsabilité incombe à l'entrée d'un
personnage muet. La direction d'acteurs, pour sa part, ne
réclame pas de subtilités particulières, mais
demande aux chanteurs d'être eux-mêmes, sans aucune
inhibition.
En Partenope, la reine de
Naples courtisée par trois soupirants, Lisa Saffer s'impose
d'abord par l'assurance d'une comédienne née : son
premier air, en effet, même si la direction du
théâtre n'a fait aucune annonce, trahit l'artiste
victime d'un mal de gorge. Par la suite, la voix de la soprano
américaine gagne on rayonnement, pour coller admirablement
à son incarnation d'une femme capricieuse confondue pansa
vanité. En Arsaœ, le héros déchiré entre
Pantenope et Rosmira, la princesse étrangère, David
Walker chante avec beaucoup de fluidité et de charme, mais son
contre-ténor manque de poids comparé à celui de
Bejun Mehta, dans le personnage pourtant moins essentiel du
fidèle Armindo. Sous le déguisement masculin dont
s'affuble Rosmira, la mezzo-soprano Jennifer Dudley paraît
singulièrement peu à l'aise, tant vocalement que
scéniquement. John McVeigh (Emilio) est sans doute le moins
gâté par Haendel sur le strict plan musical, mais
s'acquitte de sa tâche avec les honneurs. Eduardo Chama enfin,
n'arrache pas le rôle d'Ormonte à la convention. Sous la
baguette de George Manahan, l'orchestre se montre capable de verve et
d'esprit dans de nombreux andante. Quand le tempo
s'accélère, on revanche, il manque d'élan et ne
possède pas le legato expressif exigé par les passages
les plus lents."
Cooperstown - Glimmerglass
Opera - 25, 28, 31 juillet, 2, 8,
10, 16, 20, 22 août 1998 - dir. Harry Bicket - mise en
scène Francisco Negrin - avec Lisa Saffer (Partenope),
Jennifer Dudley (Rosmira), David Daniels, John McVeigh Emilio),
Eduardo Chama (Ormonte)
Cambridge Handel Opera
Group - 1995
Skylight Opera Theatre
- 1995 - mise en scène Chas Rader-Sheibe -
décors et costumes David Zinn - lumières Lenore
Doxsee
Halle - Festival Haendel
- 1986 - dir. Christian Kluttig - mise en scène Andreas Baumann -
décors Angela Röhl
Göttingen -
1935 - première reprise (en allemand)
Paris -
Société des Concerts du Conservatoire -
10 novembre 1929 - air d'Arsace - dir. Philippe Gaubert - avec
Lina Falk, Professeur Supérieur au Conservatoire Royal de
Bruxelles