COMPOSITEUR
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Stefano LANDI
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LIBRETTISTE
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Giulio Rospigliosi
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ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DÉTAILLÉE
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1995
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1996
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Les Arts Florissants
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William Christie
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2
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italien
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1995
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2007
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Les Arts Florissants
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William Christie
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2
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italien
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
|
DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2007
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2008
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William Christie
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Virgin Classics
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Historia sacra en deux actes, commandée
par le cardinal Francesco Barberini, secrétaire d'Etat au
Vatican, et son frère Taddeo, prince de Palestrina,
préfet de Rome, tous deux neveux du pape Urbain VIII (*), en
vue d'une représentation privée dans le palais
Barberini. Le livret fut confié à Giulio Rospigliosi
(1600 - 1699), prélat alors âgé de trente ans,
les décors à l'artiste toscan Pietro da Cortona.
(*) Maffeo Barberini fut élu pape en 1623 sous le nom
d'Urbain VIII. Il favorisa la cararière de ses trois neveux :
Francesco, cardinal à vingt-six ans, Taddeo,
lieutenant-général de l'Eglise à vingt-quatre
ans, et Antoine, légat apostolique en France, puis cardinal.
Urbain VIII mourut en 1644, et fut remplacé par Innocent X,
hostile à la famille des Barberini qui s'exila en
France.
Elle fut représentée le 8 mars 1631, au
Palazzo Barberini ai Giubbonari, dans une distribution
entièrement masculine : le rôle-titre était tenu
par le castrat Angelo Ferrotti, celui de l'Épouse par le
castrat Marc'Antonio Pasqualini, alors adolescent de 17 ans, celui de
Rome par le jeune Paoluccio Cipriani, Francesco Bianchi, Simone Papi,
Bartolomeo Nicolini.
Elle fut reprise le 21 février 1632, pour
l'inauguration du Palazzo Barberini alle Quattro Fontane, salle de
spectacle dotée d'une machinerie raffinée, et en
l'honneur de Hans Ulrich, Prince d'Eggenberg, émissaire de la
cour impériale d'Autriche, allié du pape dans la guerre
de Trente Ans.
Des reprises eurent lieu en 1633, puis le 19 janvier
1634, en l'honneur de Charles Alexandre Vasaa, frère du roi de
Pologne, autre allié du pape, dans une mise en scène
plus riche, attribuée à Francesco Buonamici.
L'oeuvre fut publiée en 1634, avec le livret, la
partition et huit gravures de décors de François
Collignon.
Une reprise eut lieu à Bologne, en 1647.
"Cet opéra sacré est le
prototype parfait des oeuvres triomphantes que l'église
catholique post-tridentine cherchait à susciter en ses propres
rangs porter en musique et au théâtre la vie des saints
visait à montrer des destinées humaines dont
l'exemplarité devait réorienter la vie quotidienne et
nourrir la spiritualité d'individus traqués par les
insidieux anti-papistes. Sur un livret de Giulio Rospigliosi, avec
des décors de Pietro da Cortona et avec une distribution
vocale - uniquement masculine - pour sa majeure part issue de la
chapelle Sixtine, Il Sant'Alessio fut créé en 1631
à Rome. De rapides reprises montrent que cet opéra
sacré fut également une arme politique en pleine guerre
de Trente Ans, il servit à conforter les liens entre la tiare
romaine et le trône impérial et son édition fort
rapide - phénomène exceptionnel - est un monument
érigé à la gloire du clan Barberini.
Théâtralement, l'oeuvre mêle personnages
allégoriques (Rome, la Religion), spirituels (l'Ange, le
Démon), lies à la tragédie grecque (le Messager,
le choeur) et simplement humains. Dramaturgiquement, elle est
bigarrée puisqu'y alternent ou coexistent scènes
tragiques et comiques. Musicalement, elle est essentiellement
constituée de grands récitatifs que ponctuent des
ritournelles instrumentales, quelques arie strophiques et quelques
choeurs. (Opéra International - octobre 1996)
Synopsis
détaillé
Prologue
Rome, sur un trône fait d'armes et de
bannières diverses. A ses pieds, un choeur d'Esclaves. Rome
descend de son trône et fait l'éloge de Son Altesse
Sérénissime le prince Alexandre Charles de Pologne,
dont la venue est l'occasion de réjouissances publiques. Elle
décide de lui faire représenter l'histoire de saint
Alexis. Et pour montrer que, plus tout autre empire, elle ambitionne
d'être Reine des coeurs, elle ordonne que les Esclaves soient
libérés de leurs chaînes.
Acte I
(1) Euphémien, sénateur romain, et
père d'Alexis, rencontre Adraste, chevalier romain revenu
récemment de guerre. Il se réjouit de son retour, puis,
amené à parler d'Alexis, se met à en raconter la
disparition, bien des années plus tôt. Adraste le plaint
et tente de le consoler. (2) Alexis, contemplant la vanité
humaine et la fragilité des choses séculières,
désire être libéré de la prison qu'est le
Monde et, pour celà, recourt à Dieu par l'Oraison. (3)
Martius et Curtius, pages d'Euphémien, en voyant Alexis,
qu'ils prennent pour un mendiant étranger logé par
charité dans le palais, ne cessent de le railler, ce qu'Alexis
supporte avec humilité et patience. (4) En Enfer.
Sollicité par les Démons infernaux qui, se promettant
une grande victoire, font des danses de réjouissance, le
Démon se met en devoir de tenter et de vaincre la constance
d'Alexis. (5) La Nourrice tente en vain de consoler la Mère et
l'Epouse d'Alexis, qui pleurent son absence. Sur ses conseils, elles
prient Dieu de le protéger, où qu'il soit. (6) Dans un
bosquet. Curtius, qui s'est rendu pour son agrément dans les
fermes de son maître, songe à y préparer des
réjouissances, pour ensuite s'y moquer du pélerin qu'il
compte y faire venir. dans ce but, invitant les paysans de ces
campagnes, il suscite une danse agréable. Ballet.
Acte II
(1) Euphémien, en pensant à la joie des
parents d'Adraste revenu, pleure son propre malheur, ayant perdu
espoir de revoir son fils. (2) Le Démon révèle
qu'il a un plan qui, espère-t-il, obligera Alexis à se
faire connaître et à retourner aux plaisirs mondains. Il
a convaincu l'Epouse de partir à la recherche d'Alexis. (2)
L'Epouse apparaît en habit de pélerin. Pendant qu'elle
parle seule de son projet, elle est entendue de la Nourrice qui, pour
l'en empêcher, va prévenir la Mère. (4) Celle-ci
tente en vain de s'opposer au projet de l'Epouse. Stimulée par
son exemple, elle se résoud même à l'imiter et
à partir avec elle. Alexis, ayant appris la nouvelle,
après s'être recommandé à l'aide de Dieu,
cherche avec divers arguments à les empêcher de partir.
L'Epouse, déchirée, s'évanouit. (5) Alexis,
voyant souffrir ses maleheureux parents, agité de
pensées contradictoires, se demande s'il doit se faire
connaître. (6) Alexis est visité par le Démon qui
s'est déguisé en Ermite. celui-ci essaie avec divers
arguments de pousser Alexis à se révéler
à sa famille. Alexis, plus perplexe que convaincu, ne laisse
pas de se douter qu'il puisse s'agir d'une tentation infernale, et
demande à Dieu de ne pas l'abandonner dans cette
extrémité. (7) Un Ange apparaît, qui explique que
cet Ermite était le démon et que les arguments qu'il a
développés doivent être rejetés par
Alexis, qui est spécialement appelé par Dieu sur une
voie admirable, mais inimitable. Il lui révèle sa mort
prochaine et la grande récompense qui l'attend au Ciel. Il
l'exhorte à attendre ce passage avec constance. Alexis,
réconforté, appelle la mort et médite sur la
tranquillité que les justes trouvent en elle. (8) Le
Démon revient, résolu à tout faire pour vaincre
Alexis avant sa mort. Il est rejoint par Martius qui, le prenant pour
un Ermite, et voulant se moquer de lui, engage la conversation et, se
mettant en colère contre lui, lui fait perdre du temps. Il est
à son tour raillé par le Démon. (9) La Religion
apparaît sur un char environné de nuages, pour assister
au pieux trépas d'Alexis. Se glorifiant des oeuvres de celui
qui, maintenant, touche à la récompense
mérité, elle invite le monde à suivre la Vertu.
(10) Tandis qu'Euphémien se lamente sur ses infortunes en
compagnie d'Adraste, il apprend par un Messager que, dans la
cathédrale une voix céleste s'est fait entendre, qui
appelle au Ciel les âmes souffrantes du monde.
Réconforté, il conclut que lui aussi pourrait un jour
être consolé par le retour de son fils, et qu'il ne doit
pas renoncer à l'espérance. Choeur.
(livret Erato)
Représentations :
- Théâtre de
Caen - 16, 18, 20 octobre 2007 - Londres - Barbican Centre - 24 octobre
2007 - version de concert - New York -
Lincoln Center - 29, 30 octobre 2007 - version de
concert - Théâtre des Champs
Élysées - 21, 24, 24 novembre 2007 -
Opéra de Nancy - 23,
25, 27, 29, 30 janvier 2008 - Luxembourg
- Grand Théâtre - 14, 16 février
2008 - Les Arts Florissants - Maîtrise de Caen - dir.
William Christie - mise en scène Benjamin Lazar -
décors Adeline Caron - costumes Alain Blanchot -
lumières Christophe Naillet - chorégraphie
Françoise Denieau - avec Philippe Jaroussky (Sant'Alessio),
Max Emanuel Cencic (Sposa), Alain Buet (Eufemiano), Xavier Sabata
(Madre), Damien Guillon (Curtio), Pascal Bertin (Nuntio),
José Lemos (Martio), Luigi De Donato (Demonio), Jean-Paul
Bonnevalle (Nutrice), Terry Wey (Roma, Religione), Ryland Angel
(Adrasto) - coproduction Théâtre de Caen - Grand
Théâtre de Genève - Grand Théâtre
de la Ville de Luxembourg - Opéra national de Lorraine,
Nancy - Théâtre des Champs-Élysées,
Paris


- Concertclassic - 24 novembre 2007
"Entre Il Sant’Alessio et
William Christie s’est tissée une longue histoire d’amour,
concrétisée voici douze ans par un enregistrement qui
fit date mais que ce spectacle démode : la distribution
féminine d’alors, avec l’Alessio de Patricia Petibon, refusait
l’une des données primordiales le l’œuvre. L’Eglise de la
Contre-Réforme avait interdit aux femmes de paraître sur
les scènes des théâtres, toutes les parties
vocales d’Il Sant’Alessio étaient donc tenues par les castrats
tant aimés du librettiste Giulio Rospigliosi, qui allait
revêtir la mitre papale en 1667 sous le patronyme de
Clément IX.
Signe des temps, les auteurs
du spectacle n’ont pas peiné pour trouver les neuf
contre-ténors que l’ouvrage exige. Le parlar cantando de
Landi, qui peine parfois ici au contraire de celui plus orné
qu’il employa dans son vrai chef d’œuvre, La morte d’Orfeo, est
intrinsèquement lié à ce type de timbre et
à la vocalité qu’il produit. On avait en fait le
sentiment de découvrir l’œuvre. Cast flamboyant, des valets
comiques – formidable Damien Guillon jusque dans sa repentance – aux
grands emplois tragiques où tous excellaient, Jaroussky,
Alessio esseulé et tendre dans son martyr d’abnégation
distillait ses aigus de pur argent qui semblent peser le poids d’une
plume, invoquant la vocalita stratosphérique des grands
castrats et la capturant avec une grâce que l’on est pas
près d’oublier, Bertin, beau Nuntio, Jean-Pierre Bonnevalle
toujours formidable dans les emplois de composition et qui donne
à la Nourrice une tendresse bienvenue, Xavier Sabata,
maternelle en diable et tirant un peu sur la corde piétiste –
les tentations de le faire parsèment l’ouvrage, sont une part
de sa vraie nature – , Terry Wey qu’on a connu un temps soliste des
Wiener Sängerknaben, parfait de sérénité en
Religione, et au-dessus de tous l’Epouse de Max Cencic, dont le
timbre est celui d’un vrai mezzo féminin.
Benjamin Lazar a encore
raffiné son langage gestuel en le pliant à de fortes
réminiscences picturales : Pierre de Cortone n’est jamais
très loin. Il parvient à animer ce théâtre
des sentiments avec une justesse infaillible, mais, bémol
notoire, il ne maîtrise pas l’espace pour les scènes de
foule : son Carnaval paraissait tassé, dans son style le
nombre fait masse, même chorégraphié. Paye-t-il
là un tribut au concept du jeu frontal ? C’est probable. Seule
réserve pour un spectacle majeur, baigné dans
l’irréelle lueur des bougies qui distillait autant de tableaux
vivant. Discrète, tout au service du chant mais
peut-être pas assez engagée dans les mots ou dans
l’enthousiasme de la laudation finale, la maîtrise de Caen
faisait aussi bien qu’elle pouvait, tout comme Alain Buet, souffrant
avec dignité ou Luigi de Donato, se mesurant à la
partie inchantable du Démon, aux graves insaisissables.
Soirée historique, qui semble augurer d’une collaboration
suivie entre William Christie et Benjamin Lazar."
"Le début est fascinant
: devant une façade de palais Renaissance, un groupe de
choristes figés face au public est progressivement
éclairé par une rampe de bougies. Quelques
années après le triomphe du Bourgeois gentilhomme,
Benjamin Lazar jouait gros avec cette nouvelle reconstitution : nous
faire revivre une représentation de l’opéra
sacré IlSant’Alessio de Stefano Landi, commandé
par le cardinal Barberini pour Rome en 1631. Un sujet pieux, voire
aride (le futur saint Alexis, devenu mendiant, se réfugie sous
un escalier de la maison paternelle sans être identifié
jusqu’à sa mort) qui donna pourtant, paraît-il, un
spectacle somptueux avec force participants et machineries. Lazar et
ses scénographes Louise Moaty et Adeline Caron ont
travaillé sur documents d’époque, aidés par
William Christie. On ne sait ce qu’il faut le plus admirer : le
dispositif astucieux du décor (les ailes du palais pivotent ou
s’écartent), la splendeur des costumes d’Alain Blanchot, d’une
variété à couper le souffle, le travail sur les
attitudes des interprètes, bras tendus, tournés vers le
spectateur, les images qui se succèdent sous cette
lumière apaisante et tremblotante, ces fenêtres
d’étage dévoilant des scènes sorties d’un
tableau de Bellini ou l’apparition fantastique des démons dans
une débauche de flammes. Avec un tel sujet (Alexis est
proclamé « santo subito » par la Religion ici
vêtue en sainte Vierge), Benjamin Lazar frôle le kitsch
sulpicien sans jamais y tomber. Même la chorégraphie
discrète de Françoise Denieau se révèle
efficace.
Et la musique Christie avait
déjà joué (au Châtelet avec mise en
espace) et enregistré (pour Erato) voici dix ans Sant’Alessio
avec Patricia Petibon dans le rôle-titre. Cette fois encore, il
donne à cette musique très monteverdienne d’esprit,
où la face côtoie le drame et l'affliction, une
légèreté et une grâce que renforcent la
flûte de Sébastien Marq et un continuo
foisonnant.
Mais le plus audacieux, et ce
qui inquiétait le plus, est le choix d’une distribution
exclusivement masculine, comme l’imposaient les règles
romaines. Huit contre-ténors sur scène dans des
rôles masculins mais aussi féminins : quel pari ! Il est
tenu avec un brio inattendu. Aucune monotonie dans cet ensemble de
timbres voisins au contraire, tous sont différents, bien
caractérisés et se projettent parfaitement. Philippe
Jaroussky aux aigus lumineux dans le rôle d’Alessio, Max
Emanuel Cencic radieux et poignant en épouse
éplorée, Terry Wey, Roma altière et Religion
consolante. Il faudrait tous les citer. Et rien de ridicule chez ceux
qui interprètent des personnages féminins. On
redoutait un style « drag queen ». Ecueil
évité et l’on finit par croire que ce sont vraiment des
femmes qui jouent. Ténors (l’Adraste de Ryland Angel) et
basses (le père bouleversant d'Alain Buet) méritent les
mêmes louanges, tout comme les choristes des Arts Florissants
et les enfants de la Maîtrise de Caen. Seule la diction semble
perfectible (un seul Italien dans la distribution) et les raideurs
d’attitude devraient s’atténuer au fil des
représentations.
Ce spectacle magique
convaincra ceux qui se demandaient comment il était possible
au XVIIe siècle de jouer de telles oeuvres sans femmes.
Après Paris, une tournée conduira cette merveille
à Nancy et au Luxembourg. Il ne faudra pas la
rater."
- Le Monde de la Musique - décembre
2007 - La Cité sans femmes
"En voulant recréer sur
scène, Il SantAlessio, l’opéra sacré et
méconnu de Stefano Landi, William Christie et son complice
Benjamin Lazar n’ont pas choisi la facilité : privée de
femmes, comme l’ordonnait alors la papauté, l’oeuvre fut
confiée à des castrats et à de jeunes hommes qui
en incarnaient les rôles principaux, masculins et
féminins. Difficiles aussi, le rôle-titre mourant
à mi-parcours dans une contemplation divine voulue, le
récit plaidant pour le renoncement aux paradis terrestres et,
subséquemment, la musique réservant ses
élans.
Le plateau aux neuf
contre-ténors, une vraie curiosité, tient dans
l’ensemble ses promesses. William Christie et son équipe l’ont
en effet judicieusement organisé. A sa création
à Rorne, en 1632 (ou 1631), l’assistance
privilégiée du palais Barberini avait pu
s’étourdir du luxe scénique que pouvait dispenser la
riche famille. Les subventions républicaines de 2007
peuvent-elles rivaliser avec une fortune pontificale du XVIIe
siècle ? Evidemment non Si l’incontestable talent du metteur
en scène ne peut pas toujours faire oublier cette
différence fondamentale, le travail sur la gestuelle, la
beauté des costumes et l’éclairage à la bougie
offrent des images mémorables. On retient en priorité
Philippe Jaroussky, parfait de voix comme d’attitude dans le
rôle-titre, et Max Emanuel Cencic, bouleversant d’expression
dans le rôle de l’épouse abandonnée
d’Alexis."
- Opéra
Magazine - décembre 2007 - Stimulante
ambiguïté
"En 1995,William Christie
avait une première fois abordé Il Sant'Alessio de
Stefano Landi au Théâtre de Caen, dans une mise en
espace de Jean-Pierre Darmon (un enregistrement, aujourd’hui
réédité par Warner, avait été
gravé dans la foulée). Douze ans plus tard, il revient
vers le chef-d’oeuvre du compositeur romain (également auteur
d’une Morte d’Orfeo), deux modifications de taille venant apporter du
sang neuf à son approche : une mise en scène, d’abord,
signée Benjamin Lazar, ainsi qu’une distribution
réunissant exdusivement des voix masculines.
Créé à
Rome, lors du carnaval de l’année 1632,11 Sant'Alessio est un
magnifique aboutissement de l’esprit de la Contre-Réforme.
Commandé par la famille Barberini, qui se chargea de le
représenter dans son propre palais, l’ouvrage fut
composé sur un livret du futur pape Clément IX. Il
raconte l’histoire édifiante d’Alessio qui, après
s’être enfui le jour de ses noces, revient,
déguisé en mendiant, habiter sous l’escalier de la
demeure de son père Eufèmiano, qui ne le
reconnaît pas. Détaché des tentations terrestres,
il meurt et monte au ciel. À partir de cette trame, le
librettiste a imaginé des épisodes extrêmement
variés mettant en scène, outre le saint, les membres de
sa famille et son ami Adrasto, les deux pages de la maison (Curtio et
Martio) et les deux personnages allégoriques de Rama et
Religione, grands vainqueurs de cette histoire. Relativement
animés, les deux premiers actes précèdent un
troisième et dernier qui, lui, confine à l’oratorio. On
est là en présence d’un magnifique exemple
d’opéra sacré, plus dramatique que ne pouvait
l’être par exemple la Rappresentazione di Anima e di Corpo de
Cavalieri, créée trois décennies plus tôt
dans la même ville.
La musique de Landi n’est pas
sublime en elle-même, et elle ne contient pas de pages
ineffables comme le duo final de L’incoronazione di Poppea. Elle tend
toutefois vers l’expression du sublime (le refus d’Alessio, la
douleur transcendée qu’il éprouve), en restant d’une
égale tenue de bout en bout et en pratiquant avec beaucoup de
bonheur le mélange des genres. Au petit jeu des comparaisons,
on se sent ici plus près d’Il ritorno d’Ulisse, ne fit-ce que
par la présence d’un héros habillé en mendiant
se faisant le révélateur du sens profond de l’ouvrage.
Nobles déchirements d’Alessio, bouffonneries des deux pages,
sinfonie et airs de danse, la musique des deux premiers actes est
d’une richesse et d’une variété que l’alternance des
choeurs et des longues pages de recitar cantando renforce encore.
Celle du dernier, en forme de vaste lamento, prend une dimension
nouvelle avec des « Ohimè ! » lancés autour
du tombeau par la fiancée (Sposa), la mère (Madre) et
le père d’Alessio, sur un mode vraiment
poignant.
À Caen, on l’a dit, la
distribution est uniquement masculine. Elle est d’autant plus
remarquable qu’elle réunit trois basses, un ténor, mais
surtout huit contre-ténors, chacun des solistes apportant sa
couleur, son volume, son tempérament, et concourant à
l’incroyable diversité du plateau. Il serait vain de
prétendre analyser ici le timbre ou le style de ces huit voix
si proches et si dissemblables à la fois, mais on soulignera
la verdeur de Xavier Sabata, qui campe une Madre à la fois
gironde et désespérée, et forme un duo plein
d’intentions musicales cachées avec le magnifique Max Emanuel
Cencic (Sposa) ; les deux pages burlesques interprétées
par Damien Guillon et Jasé Lemos, qui font ce qu’ils veulent
de leur corps et de leur voix, le sonore Nuntio de Pascal Bertin ; et
bien sûr PhilippeJaroussky, l’ascèse et la contrition
mêmes, dont chaque phrase, portée par une étrange
lumière, résonne comme une prière. Du
côté des basses, Main Buet exprime avec chaleur toute
l’humanité d’Eufemiano, mais Luigi de Donato manque des graves
caverneux auxquels Landi a confié beaucoup des effets qui font
la saveur du personnage de Demonio (le Démon).
Réunir pareil ensemble
provoque une émotion étrange due au fait qu’on est au
comble de l’artifice (on se rappelle que les pièces de
Shakespeare étaient toutes jouées par des
comédiens masculins et que, plus près de nous, Peter
Eötvös avait confié à quatre
contre-ténors les rôles principaux de ses Trois Soeurs).
La mise en scène de Benjamin Lazar est de la même
étoffe, saturée d’une stimulante ambiguïté
: entièrement édairé à la bougie, le
spectacle se déroule au devant de la scène, dont il
n’utilise pas la profondeur. Un décor amovible,
représentant la maison d’Eufemiano, cerne l’espace et permet
de figurer l’escalier sous lequel se blottit Alessio, la
fenêtre où apparaît sa promise, les balcons
où chantent les démons ou les anges, etc. Les costumes,
les masques, les maquillages, soignés à
l’extrême, soulignent et stylisent le délicieux malaise
né du travestissement, qui est, avec le geste, l’un des
ressorts principaux de la production. Le geste,
précisément, Benjamin Lazar a choisi d’en faire le
prolongement du chant, comme si le théâtre était
déjà tout entier dans la musique. Quand Adrasto, au
premier acte, effleure de la main sa paupière en
prononçant le mot « lagrime », on est dans un tout
autre registre que celui de la redondance.
Les choeurs et les voix
d’enfants apportent fraîcheur et candeur en provoquant un
contraste bienvenu avec l’ensemble des solistes, et William Christie,
à la tête d’un ensemble composé de cordes, de
claviers et d’une seule flûte à bec, impose une
énergie majestueuse à la soirée, dont les
moments facétieux distraient sans l’altérer
l’atmosphère de splendide déploration."
- Rome - Teatro Nazionale
- 11 décembre 1999 -
Ensemble Athmos - Choeur Luca Marenzio - dir. Damiano Giuranna -
mise en scène Paolo Giuranna - avec Caterina Trogu
(Alessio), Carlo Lepore (Demonio), Rosita Frisani (Roma, Angelo,
Madre), Filippo Bertoschi (Eufemanio), Gian Paolo Fagotto
(Adrasto), Bernadette Lucarini (Curzio), Caterina Calvi (Marzio),
Patrizia Bicciré (Sposa), Damiana Pinti (Nutrice,
Nunzio)
" Il Sant'Alessio est un
dramma musicale d'inspiration sacrée, mis en vers par le
Cardinal Giulio Rospigliosi et en musique par Stefano Landi, en 1632.
A l'époque, peut-être, ce type de spectacle était
réalisé avec peu de moyens, comme l'a
été, en décembre dernier, la nouvelle production
du Teatro Nazionale. Mais nos conceptions de l'univers baroque sont
aujourd'hui différentes : nous attendons des décors
somptueux, de riches étoffes et des machineries grandioses.
Toutefois, reconnaissons-le, un ancien cinéma (ce qu'est
aujourd'hui le Teatro Nazionale) n'est pas le cadre idéal pour
ressusciter les splendeurs de la Rome baroque, surtout avec un budget
limité comme celui de l'association "Musica Europa", à
l'origine de ce spectacle monté dans le cadre du
Jubilé...
Le spectacle est, dans son
ensemble, plaisant. Damiano Giuranna, à la tête de
l'Ensemble Arthmos qui comprend des intruments anciens,
possède un sens aigu de la sonorité baroque et de la
théâtralité du XVIIe siècle,
même si, comme cela arrive trop souvent dans ce
répertoire, il a accepté des solistes qui, faute d'une
technique leur permettant de chanter, se réfugient dans le
parlando. Par rapport à l'édition de 1981, plusieurs
coupures ont d'ailleurs été pratiquées. De la
distribution, on retient d'abord Carlo Lepore, Demonio sonore, Rosita
Frisani, élégante dans ses trois incarnations, et
Bernadette Lucanini, Curzio maléfique à souhait.
Dommage que Catenina Calvi, il y a dix ans encore, un authentique
espoir chez les contraltos, ait aujourd'hui perdu l'essentiel de ses
moyens. Le Choeur Luca Marenzio de l'Académie
Sainte-Cécile exécute avec style les morceaux
d'ensemble, malgré une chorégraphie encombrante dont le
programme ne mentionne pas l'auteur. Les deux représentations
ont été accueillies avec faveur par le public romain,
comme toujours affamé d'opéra." (Opéra
International - février 2000)
- Festival d'Ambronay
- 24 septembre 1995 - Arsenal
de Metz - 7 octobre 1995 -
Théâtre du Châtelet - 9 octobre 1995
- Théâtre de Caen
- 10 octobre 1995 - Les Arts Florissants - dir. William Christie -
mise en espace Jean-Pierre Darmon - avec Katalin Karolyi
(Nutrice), Mark Padmore, Patricia Petibon (Alessio), Mhairi Lawson
(Curtio), Steve Dugardin (Martio), Sophie Marin-Degor (Sposa)
"Derrière un
argument pieux et quelques poncifs rattachés à la
Contre-Réforme catholique, le livret -d'un futur pape - et la
musique de Stefano Landi pour Il Sant 'Alessio ne sont qu'un
prétexte pour une succession de numéros pour choeurs et
ensembles reliés par des récitatifs anodins.
Créée à Rome en 1632, cette partition permettait
aussi d'exhiber les belles machineries chères au goût
baroque. En scène, le caractère de remplissage d'une
partie de la partition peut passer inaperçu, mais en version
de concert on a largement le temps de penser à autre chose
entre un arioso et un choeur, ces derniers étant d'une
beauté captivante. Si le concert suivi attentivement deux
heures durant fut un total succès, la mise en espace de
Jean-Pierre Darmon, qui parvient de façon simple et efficace
à suggérer les fastes du théâtre baroque,
y a été pour beaucoup. Le triomphe vient aussi de
William Christie, qui a su tirer profit d'une partition
problématique pour l'auditeur moderne sans tomber dans la
répétition. D'une distribution homogène, on
distingue dans le rôle-titre Patricia Petibon, mais le vrai
protagoniste est le formidable choeur des Arts florissants. Une
démonstration de musicologie en action."
- Los Angeles - Festival
baroque - 1988
- Teatro Valle de
Rome - Landestheater d'Innsbruck - 1981 - mise en scène Sandro Sequi - dir.
Alan Curtis
- Paris -
Théâtre du Rond-Point - 1980 - version abrégée - les Arts
Florissants - William Christie
- Paris - avril 1979 - version de concert - Nouvel
orchestre philarmonique - dir. Ludwig Hirsch - avec Sheila
Armstrong, Anne-Marie Rodde
- Salzbourg -
Felsenreitschule - 24 juillet
1977 - Chor der Wiener Staatsoper - Members of the State Chamber
Orchestra Zilina - Brass Ensemble of the Berliner Philharmoniker -
Members of the Camerata Academica Salzburg - version revue par
Hans-Ludwig Hirsch - dir. Peter Maag - avec Eric Tappy (Alessio),
Edita Gruberova (Roma Prologo / Religione), Claudio Nicolai
(Eufemiano), Rüdiger Wohlers (Adrasto), Norbert Orth
(Curzio), Claudio Desderi (Marzio), Jutta-Renate Ihloff (Sposa),
Ortrun Wenkel (Madre), Jocelyne Taillon (Nutrice), Raffaela
Arié (Demonio), Olga Warla (Angelo), Franz Wilhelm (Danze
della Morte e del Demonio), Heinz Marecek (Argumentatori),
Ferrucio Soleri (Argumentatori)
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