COMPOSITEUR
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Giovanni LEGRENZI
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LIBRETTISTE
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Niccolo Beregan
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Livret de Niccolo Beregan. Représenté au
Teatro di San Salvatore de Venise en 1683.
Il fut repris au Palazzo Reale de Naples, le 19
décembre 1703, sur un livret revu par l'abbé Giulio
Convo, et avec de nouveaux airs de Domenico Scarlatti.
Représentations
:
- Luxembourg - Grand
Théâtre - 14, 16 novembre 2008 - Orchestre
Balthasar-Neumann-Ensemble - dir. Michael Behringer - mise en
scène Alexander Schulin - costumes Cornelia Brunn - avec
Jacek Laszczkowski (Giustino), Georg Nigl (Anastasio), Maya Boog
(Arianna), Delphine Galou (Eufemia), Peter Kennel (Vitaliano),
Terry Wey (Andronico), Hermann Oswald (Amantio), Manfred Bittner
(Polimante / Erasto), Marina Bartoli (Fortuna /
Allegrezza/Venere), Thomas Stache (Brillo) - Coproduction Grand
Théâtre de Luxembourg - Büro für
Internationale Kulturprojekte, Freiburg
"Il Giustino conte les
aventures d’un paysan rêvant de troquer sa charrue pour
l’épée. A force d’exploits divers, il va sauver la sœur
de l’empereur Anastasio, son épouse, et finalement l’empereur
lui-même, malgré la jalousie qu’il lui a inspiré.
Composé pour un théâtre privé, Il Giustino
doit plaire au plus grand nombre : l’action est rapide, les
caractères bien tranchés, le langage imagé et
direct, sans les euphémismes plus typiques de l’opera seria.
La musique est simple, bien rythmée, facile à retenir,
et dramatiquement très efficace, les airs se succèdent
rapidement, sans être longuement
développés.
De la production de
Schwetzingen, qui a reçu le prix de la découverte de la
critique allemande, Luxembourg hérite de l’orchestre, d’une
partie des chanteurs, et de la trame de la mise en scène, qui
est adaptée au nouveau lieu. Le lieu, c’est la scène du
Grand Théâtre de Luxembourg, mais vue à l’envers
: le public est assis sur des gradins placés en fond de
scène, il voit le plateau et l’envers du rideau. On pense au
départ à une version de concert : les chanteurs sont
tous alignés sur une estrade d’une dizaine de mètres de
large, derrière leur pupitre, mais très rapidement, ils
vont quitter ce praticable et utiliser tout l’espace qui se trouve
autour, au gré des scènes. Progressivement, les
costumes modernes sont complétés par des accessoires et
des vêtements anciens, Giustino finissant en cote de mailles et
l’épée au flanc, l’empereur avec une perruque de style
Louis XIV. Tout ceci donne un spectacle réjouissant, vivant,
drôle et sans prétentions. Les personnages prennent vie
en un instant, sont bien dirigés, et le vaste plateau autour
de la scène principale permet de nombreux mouvements, et
à l’action de passer rapidement d’un endroit à l’autre.
Qualifier cette production de semi scénique nous semble donc
trop modeste, car bien des mises en scène plus chargées
ne sont pas aussi efficaces du point de vue
théâtral.
Musicalement,
l’après-midi est également très attractive, avec
d’abord une belle équipe de jeunes chanteurs très
soudés. Le couple impérial tient le haut du
pavé, avec l’excellent Anastasio de Georg Nigl, baryton au
timbre clair, à l’émission légère et
pure, qui se distingue par une diction très noble, un chant
souple et élégant, à la puissance très
appréciable. Arianna sa jeune épouse n’est pas en
reste, magnifiée par le timbre velouté, et le chant
d’une grande douceur de la soprano Marina Bartoli. La sœur de
l’empereur, Eufemia, est interprétée par Delphine
Galou, qui confirme dans ce rôle important tout le bien que
nous en avions pensé lors de l’Enfant et les Sortilèges
à Reims : le chant est racé, l’émission
très saine, et le timbre assez clair est prenant, et
l’agilité de la voix est exemplaire.
Le contre-ténor Peter
Kennel en Vitaliano, envahisseur de l’empire et amoureux
repoussé d’Arianna, est un méchant très
crédible, à la voix assez fade, sans couleur, mais au
chant perfidement élégant ; son frère Andronico,
contre-ténor lui aussi, qui s’est épris d’Eufemia, est
incarné par le très bon Terry Wey, jeune chanteur
stylé, dont la voix fort belle a des graves bien nourris.
Amantio, général félon de l’empire, et
usurpateur du trône, abattu finalement par Giustino, est
interprété par Hermann Oswald, chanteur sonore, au
style assez rugueux, qui ne démérite pas, mais ne fait
pas grande impression. Les petits rôles sont bien tenus, on
retiendra d’eux la fortune de Gudrun Sidonie Otto, au timbre radieux,
et au chant d’une exquise délicatesse.
Enfin, dans le
rôle-titre, Jacek Laszczkowski est assez problématique.
L’interprète est émouvant et engagé, mais les
limites vocales sont significatives : le timbre est sans
séduction, les aigus sont troubles, souvent forcés, et
plus le temps passe, plus la puissance est obtenue au
détriment de la justesse et de la tenue du chant, finissant
par ressembler à des hurlements.
C’est Thomas Hengelbock qui
avait assuré la direction des représentations de
Schwetzingen. Il est remplacé à Luxembourg par Michael
Behringer, auteur du travail de reconstitution de la partition. Sa
direction est à la fois vive et équilibrée, et
met très bien en valeur les chanteurs, idéalement
soutenus par un ensemble orchestral léger mais riche de
couleurs, où les flûtes à bec, apocryphes,
apportent une touche mordante bienvenue. Le triomphe que
reçoivent tous les protagonistes à la fin de la
représentation est très heureux. Le Grand
Théâtre de Luxembourg a eu le nez fin en faisant le pari
de la coproduction de cet opéra inconnu. Ne reste plus
qu’à en espérer une version discographique par les
mêmes…"
- Schwetzingen -
Rokokotheater - 26, 28, 29 avril, 1er mai 2007-
Balthasar-Neumann-Ensemble - dir. Thomas Hengelbrock - mise en
scène Nicolas Brieger - décors Katrin Nottrodt -
costumes Jorge Jara - lumières Alexander Koppelmann - avec
Georg Nigl (Anastasio), Maya Boog (Arianna), Elisabeth Kulman
(Giustino), Delphine Galou (Eufemia), Peter Kennel (Vitaliano),
Terry Wey (Andronico), Hermann Oswald (Amantio), Manfred Bittner
(Polimante/Erasto) - nouvelle coproduction avec Grand
Théâtre National du Luxembourg


"Et un vrai choc pour Il
Giustino de Giovanni Legrenzi, en fin de compte. Un instrumentarium
chaleureux et des danses semblables à l'Orfeo de Monteverdi,
ce qu'on croyait ne pas pouvoir exister existe bel et bien !
Quelques ariosos
légèrement vocalisés, un ton plus
héroïque rappellent le seria, mais c'est ici un seria du
XVIIe !" (Carnets sur sol)
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