Commedia per musica en trois actes, sur un livret de
Federico, auteur de La serva padrona, Lo frate
'nnamorato et Il Flaminio de Pergolèse.
Représenté au Teatro Nuovo de
Naples, durant le carnaval de 1739.
Charles de Brosses, futur conseiller au parlement de
Bourgogne, ne manqua pas une représentation de ce qu'il
appelle une comédie en jargon, pendant son
séjour à Naples.
Leonardo Leo serait mort d'un accident vasculaire
cérébral, au clavecin, en 1744, en préparant une
nouvelle version de l'oeuvre.
Le livret est conservé à la
Biblioteca del Conservatorio S. Pietro a Majella de Naples.
Personnages : Eugenia, déguisée
sous le nom de Ninetta, de Frascati, servante chez Alessandro et
amante de ce dernier (soprano), Camilla, éprise de Rodolfo
(soprano), Alessandro, jeune Romain, amant d'Eugenia, puis
épris de Camilla (alto), Ridolfo, jeune Gênois,
éprise d'Eugenia, se faisant passer pour Ninetta
(ténor), Fazio, sot lucquois (basse), Vastarella,
éprise de Mosca, puis de Fazio (soprano), Mosca, voiturier
napolitain, épris de Vastarella (basse)
La scène représente un lieu
délicieux dans la ville de Portici.
"Après un premier acte un peu languissant, la
partition trouve ses meilleurs moments dans certaines arie
pittoresques, distribués aux rôles principaux (la triste
Eugenia et le stupide Fazio), faisant parfois intervenir la
flûte solo et le typique rythme de la sicilienne"..."Si le
souffle mélodique est un peu court, l'art harmonique de Leo se
manifeste dans le mariage sensuel des phrases vocales avec les
cordes" (Opéra International - novembre 1998)
"Ecrit sur un texte de
Gennarantonio Federico, auteur du livret de La Serva padrona, Amor
vuol sofferenza est un opéra-comique dont les dimensions et le
style évoquent davantage un opera seria. Son principal
défaut un manque de théâtralité, les
"convenienze e inconvenenzie teatrali" ayant obligé les
auteurs à concevoir une interminable succession d'airs
solistes, musicalement stupéfiants, mais résolument
trop nombreux. Font évidemment défaut ces morceaux
d'ensemble chargés de faire progresser l'action, ici
cantonnée aux seuls récitatifs. La partition
révèle en revanche un musicien de premier ordre, d'une
grande variété dans l'écriture et d'une science
formidable dans le traitement virtuose des voix." (Opéra
International - octobre 1994)
Martina Franca - Festival
delle Valle d'Itria - Villa
Europe - San Vito dei Normanni - 5 et 7 août 1994 - dir.
Daniele Moles - mise en scène Guido De Monticelli -
décors et costumes Paolo Bregni - avec Marilyne Fallot
(Alessandro), Marilena Laurenza (Vastarella), Vitalba Mosca
(Eugenia), Giovanna Donadini (Camilla), Hyun Lee (Ridolfo),
Domenico Colajanni (Mosca), Piero Guarnera (Fazio)
"Confrontés à
des rôles hérissés de difficultés,
donnés presque intégralement de surcroît, les
jeunes solistes ont triomphé de l'épreuve de
manière plus qu'honorable. Excellent Piero Guarnera dans
Fazio, personnage un peu sot qui sert de pivot à l'intrigue.
Satisfaisante la prestation du jeune baryton Domenico Colajanni,
originaire de Bari, dans le rôle en dialecte de Mosca,
restitué avec des accents pertinents et un chant de bon
niveau. Remarquable le ténor coréen Hyun Lee (Ridolfo),
autre élément issu de l'Académie d'Osimo, au
timbre intéressant et à la voix correctement
placée. Chez les dames, on retiendra surtout Giovanna Donadini
(Camilla) qui, perfectionnant chaque jour sa technique, met de mieux
en mieux en valeur son timbre fascinant. Vitalba Mosca, dans Eugenia,
affronte avec aplomb les airs les plus redoutables de la partition,
alors que la mezzo française Marilyne Fallot s'impose dans le
rôle travesti d'Alessandro. Pleine d'esprit enfin, Marilena
Laurenza dans la servante Vastarella, autre emploi en dialecte.
Daniele Moles, au pupitre d'un Nuova Orchestra Scarlatti di Napoli
loin de la perfection, ne présente pas de mérite
particulier. Plus grave, la réalisation du continuo
paraît totalement privée de fantai-sie. Plaisante enfin,
la mise en scène de Guido De Monticelli dans les décors
et les costumes de Paolo Bregni." (Opéra International -
octobre 1994)