Tragédie lyrique en un prologue et cinq actes,
créée au théâtre du Palais Royal, le 2
janvier 1674. Ce fut le premier opéra représenté
dans le théâtre qu'avait occupé la troupe de
Molière.
Le roi avait tenu à ce que les
répétitions aient lieu à Versailles, et elles se
tinrent dans les appartements de Mme de Montespan, en novembre 1673.
Madame de Sévigné écrit : On
répète souvent la symphonie de l'opéra ; c'est
une chose qui passe tout ce qu'on a jamais ouï. Le Roi disait
l'autre jour que s'il était à Paris quand on jouera
l'opéra, il irait tous les jours.
Lors de la création, les ennemis de Lully et de
Quinault, stimulés par Despréaux, suscitèrent
une cabale, et de nombreuses critiques s'élevèrent,
notamment de Boileau et Racine, visant surtout le livret. Charles
Perrault, toutefois, premier commis de Colbert, publia en 1674 une
Critique de l'opéra ou Examen de la tragédie
intitulée Alceste ou le Triomphe d'Alcide, dans laquelle,
sous la forme d'un dialogue entre deux personnages, Cléon et
Aristippe, il prit la défense du librettiste, en le comparant
à Euripide. Le succès fut grandissant, notamment
lorsque le roi se rendit au Palais Royal le 10 avril 1674.
Madame de Sévigné écrit le 8
janvier 1674 que le nouvel opéra est un prodige de
beauté ; il y a des endroits de la musique qui ont
mérité mes larmes; Je ne suis pas seule à ne les
pouvoir soutenir ; l'âme de Mme de La Fayette en est
alarmée.
La distribution réunissait Mlle
Saint-Christophle (Nymphe de la Seine), Mlle de La Garde (La Gloire),
Mlle Rebel (Nymphe des Tuileries), Mlle Ferdinand (Nymphe de la
Marne) dans le prologue, Mlle de Saint-Christophle (Alceste), Mlle
Beaucreux (Céphise), Mlle des Fronteaux (Thétis), Le
Roy (Apollon, Alecton), Gingan (Phérès), Beaumavielle
(Alcide), Clédière (Admète), Langeais (Lychas),
Morel (Charon, Straton), Godonesche (Lycomède, Pluton), Frizon
(Cléante), Pulvigny (Eole), Mlles Ferdinand et Piesche (Femmes
affligées), Mlle Piesche (Diane), Mlle Bony (Proserpine).
La première édition du livret fut
effectuée par René Baudry en 1674, aux dépens
de l'Académie royale de musique.
Le roi fit représenter l'opéra le 4 (ou
14 ?) juillet 1674 dans la cour de Marbre du château de
Versailles, dans le cadre des Divertissements de Versailles,
fêtes données durant six journées des mois de
juillet et août 1674, pour fêter la conquête de la
Franche-Comté. La représentation fut donnée sur
une scène de bois, sans décor ni machines, de huit
heures du soir à minuit.Elle a été
décrite par André Félibien, architecte et
historien (1619 - 1695), dans Les Divertissements de Versailles
donnés par le roi au retour de la conqête de la
Franche-Comté en l'année 1674.
L'imprimeur René Baudry réédita le
livret en 1675 en y incluant une gravure de la
représentation.
L'ouvrage fut repris à Fontainebleau en
août 1677 et à St-Germain-en-Laye en 1678, puis à
Paris, à l'Académie royale de musique, avec une
distribution réunissant, sous la direction de
Jean-Franaçois Lalouette, Mlle Saint-Christophle (La Nymphe de
la Seine), Mlle La Garde (La Gloire) et Mlle Rebel (La Nymphe des
Tuileries) pour le prologue, Gaye (Alcide), Langeais (Lychas), Morel
(Straton), Mlle La Garde (Céphise), Godonesche
(Lycomède, Pluton), Clédière (Admète),
Mlle de Saint-Christophle (Alceste), Morel (Caron), Gingan
(Phérès), Mlle Desfronteaux (Thétis). Le castrat
Antonio Bagniera figurait également dans la distribution.
Des rééditions du livret eurent lieu en
1677, par Christophe Ballard, et en 1678, par René Baudry.
Des reprises au théâtre du Palais Royal,
eurent lieu :
en septembre 1682,
le 25 novembre 1706, avec Mlle Journet (La Nymphe
de la Seine) et Mlle Dujardin (La Gloire) pour le prologue,
Thévenard (Alcide), Boutelou (Lychas), Dun (Straton,
Caron), Mlle Poussin (Céphise), Hardouin (Lycomède,
Pluton), Cochereau (Admète), Mlle Desmatins (Alceste), Mlle
Dupeyré (Proserpine, Thétis), Boutelou fils
(Apollon) ;
le 16 janvier 1716, avec Mlle Antier (La Nymphe de
la Seine) et Mlle Millon (La Gloire) pour le prologue, Hardouin
(Alcide), Buseau (Lychas), Dun (Straton, Caron), Mlle Poussin
(Céphise), Le Mire (Lycomède, Pluton), Mantienne
(Phérès), Cochereau (Admète), Mlle Journet
(Alceste), Mlle Antier (Thétis), Murayre (Apollon), Mlle
Milon (Proserpine) ; livret édité chez Pierre Ribou
;
le 30 novembre 1728, avec Mlle Eremans (La Nymphe
de la Seine) et Mlle Minien (La Gloire) pour le prologue,
Thévenard (Alcide), Dumas (Lychas), Dun (Straton, Caron),
Mlle Pélissier (Céphise), Chassé
(Lycomède, Pluton), Cuvillier (Phérès),
Tribou (Admète), Mlle Antier (Alceste) ; livret
édité chez Jean-Baptiste Christophe Ballard ;
le 22 janvier 1739, avec Mlle Eremans (La Nymphe de
la Seine), Mlle Julie (La Gloire) et Mlle Coupée (La Nymphe
des Tuileries) pour le prologue, Le Page (Alcide), Mechain
(Lychas), Dun (Straton, Caron), Mlle Fel (Céphise), Albert
(Lycomède, Pluton), Cuvillier (Phérès),
Tribou (Admète), Mlle Pélissier (Alceste), Lefebvre
(Cléanthe, Eole) ; livret édité chez
Jean-Baptiste Christophe Ballard ; chorégraphie
réalisée par Michel Blondy ;
le 15 novembre 1757, avec Chassé (Alcide),
Marie Fel (Céphise), Jélyotte (Admète), Mlle
Chevalier (Alceste), Larrivée (Lycomède) ; livret
édité par Veuve Delormel et fils.
Des représentations eurent lieu à Lyon,
en 1695, dans la salle de la Place Bellecour ; à Bruxelles, au
Théâtre de la Monnaie, les 12 octobre et 19
décembre 1705 (livret édité par François
II Foppens), 16 février 1706, et janvier 1725.
En janvier 1729, Alceste fut
exécuté aux concerts de la reine Marie Lesczynska,
organisés par Destouches, le prologue et le premier acte le 5,
le second acte le 10, et les autres actes le le 12.
Alceste inspira trois parodies : la
première, en un acte de vaudevilles, par Dominique &
Romagnesi, fut jouée d'abord aux Italiens le 21
décembre 1728, et reprise avec le même succès le
9 février 1739, à la Foire St Germain ; la seconde, en
trois actes, d'un anonyme, parut en 1728 sur le Théâtre
des Marionnettes, à la Foire St Germain ; la troisième
fut donnée au Théâtre italien en 1758, sous le
titre de la Noce interrompue.
Quinault s'écarte de la pièce d'Euripide
(438 av. J.-C.) , et lui ajoute de nombreuses scènes et
personnages secondaires. Chez Euripide, Alceste est l'épouse
d'Admète, roi de Thessalie, qui est blessé et ne peut
guérir que si une autre victime la remplace. Seule Alceste se
propose à le remplacer, mais Admète refuse son
sacrifice. Hercule obtient que les époux aient la vie sauve.
Chez Quinault, Hercule (appelé Alcide) est amoureux d'Alceste.
Alceste se sacrifie, et Admète échappe à la
mort. Alcide propose d'aller chercher Alceste aux Enfers, à
condition de pouvoir la conserver. Il persuade Proserpine, et
ramène Alceste qui n'a d'yeux que pour Admète.
Attendri, Alcide rend Alceste à Admète, et "triomphe de
lui-même".
La partition ne fut publiée que bien
après la mort de Lully, en 1708, par son fils et en 1727, avec
un orchestre réduit et des coupures. Henry Prunières
fut le premier, en 1932, à reconstituer la partition à
partir des copies manuscrites.
Synopsis
Prologue : Le Retour des Plaisirs
Sur le bord de Seine, dans les
Jardins des Tuileries
La Nymphe de la Seine, appuyée sur une urne au
milieu d'une allée, exprime son impatience du retour du
héros (le Roi). La Gloire (soprano) paraît au milieu
d'un palais brillant qui descend au bruit d'une harmonie
guerrière. La Nymphe de la Seine (soprano) l'interroge sur le
retour du Roi. La Gloire lui annonce que le Roi revient. La Nymphe de
la Seine appelle les Naïades, les Dieux des Bois et les Nymphes
à célébrer ce retour par des chants. La Nymphe
des Tuileries et la Nymphge de la Marne (sopranos) invitent
l'auditeur à accorder l'art avec la nature et à chanter
les plaisirs. Danse générale et choeur.
Acte I
Dans la ville de Yolcos, en
Thessalie. Un port de mer, avec un grand vaisseau orné et
préparé pour une fête galante au milieu de
plusieurs vaisseaux de guerre.
A Yolkos, ville de Thessalie, on fête les noces
du roi de Thessalie Admète (ténor) et d'Alceste,
princesse de Yolcos (soprano). Tout le monde se réjouit, sauf
Alcide (basse), amoureux d'Alceste et désolé de la
laisser aux bras de son rival. La situation se parodie
d'elle-même au niveau des domestiques puisque Céphise
(soprano), confidente d'Alceste est courtisée par Lychas,
confident d'Alcide (ténor) et Straton, confident de
Lycomède (basse), au service respectivement d'Alcide et de
Lycomède (ténor), roi de Scyros. Mais la belle ne prend
pas les choses au tragique, et conseille à ses amoureux de se
consoler dans l'inconstance. Lycomède, lui aussi amoureux
d'Alceste, organise en l'honneur des nouveaux époux une
fête nautique, à laquelle participent les Nymphes de la
Mer, les Tritons, les Matelots et les Pêcheurs, qui lui sera
prétexte pour enlever la jeune mariée. Alceste est
conduite à son vaisseau, et tandis qu'Admète et Alcide
s'apprêtent à l'y rejoindre, le pont s'abîme en
mer. Lycomède est protégé dans sa fuite par
Thétis (soprano), sa soeur, qui, avec les Aquilons,
déchaîne les flots et provoque une tempête.
L'intervention d'Eole (basse) qui apaise la mer permet enfin à
Admète et à Alcide de se lancer à la poursuite
du perfide Lycomède.
Acte II
Dans la ville principale de
l'île de Scyros
Céphise, enlevée avec sa maîtresse,
fait la coquette et repousse les avances de Straton. Bien que brusque
et impérieux, Lycomède n'a pas plus de succès
auprès d'Alceste. L'arrivée d'Alcide et d'Admète
va déclencher une bataille marquée par une symphonie
vocale très vigoureuse. Les assaillants sont vainqueurs
grâce à la valeur d'Alcide : Alceste est mise en
sûreté chez Phérès, le père
d'Admète, mais ce dernier est blessé à mort. Il
fait à Alceste d'émouvants adieux. Mais Apollon
intervient : la vie d'Admète sera sauvée si quelqu'un
consent à mourir à sa place. Les Arts, compagnons
d'Apollon, descendent sur leurs nuages pour élever un monument
funéraire.
Acte III
Un grand monument
élevé par les Arts devant un autel vide
Alceste se désole : qui accepterait de sacrifier
sa vie pour un autre, fût-il son roi ? Phérés,
père d'Admète, et Céphise, suivante d'Alceste,
prétextent que leur vieillesse ou leur jeunesse respective
rend impossible pour eux un tel sacrifice. Le choeur commente la mort
d'Admète. Coup de théâtre : Admète
guéri entre en scène ; il veut savoir à qui il
doit son salut. Le monument s'entrouve alors révélant
l'image d'Alceste en train de se poignarder. Admète
s'évanouit après avoir répété
à plusieurs reprises "Alceste est morte". Choeur
funèbre. Admète, revenant à lui, se propose de
suivre sa femme au tombeau. Alcide, lui révélant alors
son amour pour Alceste, s'offre à aller la chercher aux Enfers
et lui demande, s'il réussit, de lui abandonner la femme qu'il
aime. Diane et Mercure ouvrent à Alcide le chemin du monde
souterrain.
Acte IV
Aux Enfers - Le Fleuve
Achéron et ses sombre rivages
Bien malgré lui, Charon (ténor) est
contraint d'accepter Alcide dans sa barque. Alceste a
été accueillie avec faveur par Pluton (basse) et
Proserpine (soprano) qui ont même donné une fête
infernale avec ballets en son honneur. Cerbère interrompt la
fête par ses aboiements : Alcide vient réclamer Alceste.
La passion d'Alcide impressionne le roi des domaines infernaux qui
rend la liberté à Alceste et met même son char
à la disposition d'Alcide pour lui permettre de remonter
à la surface de la terre.
Acte V
Un Arc de Triomphe au milieu
de deux amphithéâtres, avec une multitude de Peuples de
la Grèce assemblés pour recevoir Alcide triomphant des
Enfers
Un arc de triomphe a été
érigé en l'honneur d'Alcide et du retour d'Alceste.
Malgré son chagrin de perdre Alceste au profit d'un autre,
Admète a donné ordre qu'une fête marque son
retour dans le monde des vivants. Céphise renvoie
dos-à-dos Lychas et Straton avec une petite morale pleine
d'ironie : "Amants, n'épousez jamais." Alceste
révèle à Alcide qu'en retrouvant la vie, elle a
retrouvé tout son amour pour Admète. Magnanime, le
héros s'efface devant le couple amoureux. Une grande
fête de réjouissance, organisée par Apollon,
clôt l'opéra.
"Premier fruit de la collaboration entre Lully et
Quinault, l'opéra Alceste s'annonce, dès les
répétitions, comme une entreprise de grande envergure,
tant pour la musique et le livret que pour la très imposante
machinerie qu'imposent les effets scéniques. Madame de
Sévigné, dans une lettre à Mme de Grignan,
évoque dès le 20 novembre 1673 les
répétitions d'un opéra qui dépassera tous
les autres. Ces répétitions se poursuivent jusqu'au 11
janvier 1674, date de la première représentation
d'Alceste dans la salle du Palais Royal, donnée à Lully
après la mort de Molière le 17 février 1673. On
peut juger de l'intérêt que suscite déjà
l'opéra à travers la correspondance de Mme de
Sévigné : On répète souvent la symphonie
de l'opéra ; c'est une chose qui passe tout ce qu'on a jamais
ouï. Le roi disait l'autre jour que s'il était à
Paris quand on jouera l'opéra, il irait tous les jours. Ce mot
vaudra cent mille francs à Baptiste [Lully]. (Lettre à
Mme de Grignan - Vendredi 1er décembre 1673) et trois jours
avant la première : On joue jeudi l'opéra, qui est un
prodige de beauté : il y a déjà des endroits de
la musique qui ont mérité mes larmes ; je ne suis pas
seule à ne les pouvoir retenir ; l'âme de Mme de la
Fayette en est alarmée. (Lettre à Mme de Grignan -
Lundi 8 janvier 1674).
Mais Alceste ne connaît pas d'emblée le
triomphe attendu. Les premières représentations sont
perturbées par une cabale organisée par les très
nombreux ennemis de Lully. Parmi les épigrammes qui
fleurissent alors, on peut lire celui-ci :
Dieux le bel opéra, rien n'est plus
pitoyable
Cerbère y vient japer d'un aboi
lamentable
O quelle musique de chien !
Chaque démon d'une joie effroyable
Y fait aussi le musicien,
O quelle musique de diable !
Toutefois Louis XIV, fidèle à ses
goûts, continue à soutenir l'opéra et le fait
représenter officiellement à Versailles le 6 octobre
1674. On peut penser que le succès fut alors
considérable, et une dizaine d'années plus tard,
l'abbé de Choisy se rappelle encore des airs qui ont
charmé sa jeunesse... (Journal du Voyage de Siam de
l'abbé de Choisy -
http://www.memoires-de-siam.com/presentation_choisy.html)
Atelier Lyrique de
Tourcoing - 17, 19 mars 2006 -
Théâtre des Champs Elysées - 22
mars 2006 - en version de concert - La Grande Écurie et la
Chambre du Roy - dir. Jean-Claude Malgoire - Choeur de chambre de
Namur, direction Jean Tubéry - avec Nicolas Rivenq
(Alcide), Véronique Gens (Alceste), Simon Edwards
(Admète), Judith Gauthier (Céphise, la
deuxième Ombre), James Oxley (Lychas, Alecton, Apollon),
Renaud Delaigue (Straton), Bernard Deletré
(Lycomède, Caron), Alain Buet (Pluton, Éole, l’homme
désolé), Pierre-Yves Pruvot (Phérès),
Hjördis Thébault (Proserpine, la Nymphe de la Marne,
la Nymphe des Tuileries, la troisième Ombre),
Stéphanie d’Oustrac (la Femme affligée, la Nymphe de
la Seine, la première Ombre)
"Alceste de Lully a toujours
accompagné Jean-Claude Malgoire depuis 1973. C'est donc tout
naturellement qu'il a choisi cette oeuvre pour fêter ses 50 ans
de carrière au Théâtre des
Champs-Élysées. Ce même théâtre
avait déjà accueilli une production scénique de
Jean-Louis Martinoty dirigée par Malgoire fin 1991. On se
souvient aussi de sa version du Châtelet en 1987,
l'année d'Atys pour le tandem Christie-Villégier.
Aucune de ses versions enregistrées n'est par contre
disponible actuellement.
Alceste est une
tragédie bien construite, même si elle souffre ce soir
de l'absence de mise en scène. Après un prologue et un
premier acte vivants et idiomatiques, le deuxième acte
s'essouffle un peu, avant que l'intérêt ne soit
renouvelé après l'entracte. Le très beau choeur
de chambre de Namur et la Grande Écurie et la Chambre du Roy
créent une belle variété de climats. Certains
mouvements pourraient cependant être plus toniques si tous les
interprètes étaient mieux calés sur une
pulsation unique et si les départs étaient plus
précis.
Le concert de ce soir
était l'occasion d'entendre deux générations de
chanteurs fidèles à Jean-Claude Malgoire. Parmi les
anciens, Bernard Deletré séduit toujours par son
émission franche et bien conduite, sa voix à la fois
ample et claire, sans un soupçon de grossissement. Son grand
métier lui permet de s'amuser et d'amuser avec une version
bouffe du célèbre air de Caron "Il faut passer
tôt ou tard". Nicolas Rivenq est moins avantagé par le
rôle un peu grave pour lui d'Alcide. Alain Buet a un bon
naturel vocal méridional, mais sa vocalisation serait plus
agile s'il ne "plaçait" pas à l'excès sa voix
"dans le timbre", ce qui la prive d'une part de sa liberté et
de son rayonnement. Véronique Gens n'a plus sa
délicieuse onctuosité, connaissant peut-être une
méforme passagère. Sans la continuité de
l'incarnation scénique, il est vrai que son rôle est
réduit à des bribes, certes belles mais difficiles
à rendre réellement touchantes.
Parmi les nouveaux,
Stéphanie d'Oustrac est superbe comme à son habitude,
après un prologue à l'émission un peu
tassée et "dans les joues", au phrasé déclinant
convenant certes à la déploration. Judith Gauthier a un
joli timbre fruité sans trop d'acidité. Hjördis
Thébault a une émission un peu serrée.
Pierre-Yves Pruvot programmé chante un truculent Ragueneau
à Montpellier. Jean Delescluse le remplace fort
différemment. Il ne caricature pas du tout la vieillesse de
Phérès, ce dont on est presque frustré. Renaud
Delaigue affiche un superbe timbre plein et chaud et de beaux graves
presque pas grossis. Simon Edwards brutalise souvent son instrument.
Ses aigus forcés en sont voilés et ses phrasés
manquent de souplesse. L'émission de James Oxley est
également assez poussée et dure. Ses aigus sont
désagréablement ouverts."
Res Musica - Alceste par son plus fidèle
serviteur - 16 mars 2006
"Le texte de
présentation, extrait du livre consacré à
Jean-Claude Malgoire par les éditions Symétries,
explique bien sa relation passionnée depuis plus de quarante
ans avec Alceste de Lully. De cette tragédie lyrique qu’il est
pratiquement le seul à défendre depuis qu’il l’a
exhumée, il a déjà réalisé deux
enregistrements, l’un en 1975 (CBS), époque
expérimentale, où la connaissance du style lulliste
était encore tâtonnante, l’autre en 1992 (Auvidis),
mieux informé stylistiquement, mais affaibli par un plateau
vocal inégal.
Pour cette nouvelle
exécution, l’Atelier lyrique de Tourcoing a choisi une version
de concert, solution dictée par les contraintes
budgétaires, mais qui permet en compensation de réunir
une distribution vocale de très haut niveau, composée
de chanteurs qui ont tous des liens assez forts avec la scène
tourquennoise. Dans ce plateau, tout n’est certes pas parfait, mais
il n’y a aucune contre performance notable, et l’ensemble est
très cohérent, maîtrisant très bien le
style de chant et les règles de la prosodie.
Parmi les moins
enthousiasmants, Nicolas Rivenq, chant noble et châtié,
incarnant un Alcide sombre, désabusé et sanguin, mais
aux graves fuyants et à la voix abîmée. Alain
Buet qui incarne plusieurs rôles débute avec un grave
trémulant et une ligne vocale floue, puis gagne en aisance
tout le long de la soirée. Renaud Delaigue met lui aussi un
peu de temps à se chauffer, mais l’émission
charbonneuse et vibrée du début fait bientôt
place à un chant agile et autoritaire, se permettant quelques
graves de belle facture. Prestation très digne de Jean
Delescluse, la voix malheureusement blanche et pauvre en harmoniques,
tandis que Bernard Deletré, un peu fatigué en
Lycomède, est un Charon assez désopilant. James Oxley,
est un ténor à l’élocution très
soignée malgré un léger accent british, tandis
que le suave Simon Edwards, remplaçant Kobie Van Rensburg
initialement prévu, a une émission assez nasale et des
aigus manquant de consistance, mais son chant est
élégant et émouvant, et sa diction
française parfaite.
Enchaînant les
silhouettes, Stéphanie d’Oustrac lance quelques aigus
voilés, mais sa présence incendiaire, sa
vocalité impérieuse et l’étoffe sombre de son
timbre rendent chacune de ses apparitions palpitantes. Excellente
également, et très sollicitée, la jeune Judith
Gauthier incarne un Céphise délurée et
séduisante, au timbre cristallin, aux vocalises pleines de
panache et de couleurs, mais parfois un peu fâchée avec
la justesse. Hjördis Thébault a un rôle un peu trop
court pour pleinement profiter de la richesse de son timbre
corsé et de la subtilité de son chant. Enfin, dans le
rôle-titre, Véronique Gens est majestueuse, superbe de
classe, parfaite de diction, et dispense une émotion à
fleur de peau dans son magnifique duo avec Admète agonisant.
Le Chœur de chambre de Namur
sort d’une période très chargée, durant laquelle
il est parti en tournée avec le Messie de Haendel/Mozart, on
pourrait le croire fourbu, mais de nombreux chanteurs ont
été remplacés parmi le chœur qui se produisait
quelques jours plus tôt à Namur, et la prestation
d’ensemble est très réjouissante, par la clarté
de la diction, par l’attention apportée à
l’expressivité, et par l’éclat de timbres très
individualisés.
La Grande Ecurie est avec la
musique du Grand Siècle dans son répertoire le plus
naturel : beauté des sonorités, sûreté et
naturel du jeu d’ensemble, efficacité du soutien d’un continuo
abondant : rien à reprocher à cet ensemble, si ce n’est
des flûtes assez fébriles. Jean Claude Malgoire dirige
son orchestre avec science et élégance, mettant
l’accent sur la douceur et l’élégie. On aimerait un peu
plus de tension et de flamme dans les deux derniers actes, qui ont un
peu tendance à s’essouffler. Le prologue et les scènes
de bataille sont par contre très bien réussis.
Soulignons pour terminer les
vertus d’un public moins nombreux qu’à l’habitude, mais
excellemment attentif et discret, il a lui aussi participé
à la réussite de cette très belle Alceste, qui
n’a aucunement souffert de l’absence de mise en
scène."
Concertclassic - 22 mars 2006
"Cette saison, le
théâtre des Champs-Elysées rend hommage à
l’un des plus fervents représentants de la musique baroque,
Jean-Claude Malgoire. A travers quatre concerts, le chef
français, découvreurs de talents et d’oeuvres, revient
sur des partitions qui lui tiennent particulièrement à
coeur: après un Haendel et un Monteverdi et avant un Rameau,
il retrouve, le temps d’une soirée parisienne, Alceste de
Lully. L’histoire d’amour entre Alceste et Jean-Claude Malgoire est
déjà longue : après un enregistrement en 1975,
une première scénique en 1992 au Théâtre
des Champs-Elysées - déjà - , le chef reprend
cette oeuvre qui est vraiment l’une des plus belles de Lully. C’est
avec une musicalité et un engagement qui ne faiblissent
à aucun moment que chanteurs et musiciens insufflent une vie
à cette tragédie. Dès les premières
notes, Jean-Baptiste Lully et Jean-Claude Malgoire nous transportent
à la cour de Louis XIV. Le prologue est annoncé avec
des couleurs très spécifiques rendues par les
trompettes et autre tambour. L’opéra est très dense et
il n’existe aucun temps mort : chaque note a vraiment sa raison
d’être et quelques passages sont d’une sensibilité
extrême (le duo entre Admète et Alceste à l’acte
II est le sommet de l’opéra).
Jean-Claude Malgoire s’est
entouré d’une équipe réunissant de
fidèles chanteurs de longue date. En premier lieu,
Véronique Gens refait une incursion dans le baroque pour le
plus grand bonheur de ses admirateurs. A entendre cette voix si pure,
si rouée à tous les styles du baroque, capable de
créer un monde d’une inflexion, d’un accent ou d’une nuance,
on ne peut que regretter encore plus son absence des scènes
baroques. Depuis ses débuts dans ce répertoire, la voix
a gagné en gravité, en profondeur et en rondeur et elle
peut incarner une Alceste, certes jeune, mais aussi très
expérimentée. Elle impose son personnage avec une
élégance et une grâce vocales. Nicolas Rivenq
revient aussi au baroque mais il commence le concert assez
timidement. La voix est toujours aussi belle mais il met du temps
à se chauffer et surtout à trouver l’énergie
nécessaire pour donner la plénitude de sa voix. Mais
une fois investi dans l’opéra et dans son personnage il campe
un Alcide plein de noblesse, de souveraineté autant vocale que
scénique.
Simon Edwards a la lourde
tâche de remplacer Kobie van Rensburg et il s’en sort avec
brio. Sa prestation est assez inattendue parce qu’il a davantage
prouvé ses qualités dans le répertoire rossinien
que dans les pages baroques. Qu’à cela ne tienne : il offre
une prestation de très haute qualité et fait montre
d’une grande maturité vocale et ne paraît absolument pas
pâle à côté de l’imposante Véronique
Gens. Le fameux duo “vous pleurez Alceste, vous mourrez
Admète” est un morceau de douceur auquel il prête des
accents charmants et de plus en plus douloureux et sensibles! Il est
également très musical dans sa plainte “Alceste est
morte” car il change constamment de nuance dans les
différentes reprises, sur un descrescendo évident.
Judith Gauthier, disciple du couple Bacquier-Command, n’est pas
forcément dans son élément dans la musique
baroque. Elle cherche ses marques pendant la première partie
du concert puis parvient à doser le volume nécessaire
pour renforcer l’émission de sa voix et donc la moduler. Elle
ne manque toutefois pas de verve scénique et tente de
transmettre des émotions notamment lors des scènes de
pleurs pour la mort d’Alceste. Elle est également touchante
à la fin de l’opéra où elle interprète un
petit air avec seulement deux guitares: ce passage ressemble à
de la dentelle tellement Jean-Claude Malgoire et son
interprète tentent de parvenir à la plus grande
simplicité.
Stéphanie d’Oustrac
tient la scène pendant tout le prologue avec un aplomb
exemplaire. Cette jeune mezzo ne cesse de progresser autant au niveau
de la beauté vocale que de l’interprétation. Elle
nuance sa voix pour être au service du texte et de l’intrigue :
les différents “ah” de douleur sont expressifs mais
malheureusement sa diction laisse parfois à désirer.
Elle fait une entrée très remarquée en
Thétis puisqu’elle arrive avec une voix tonnante, grossie et
totalement effrayante. James Oxley est une très bonne
découverte. Il possède un beau phrasé baroque
avec une projection parfaite et sonore. Il faut également
souligner sa diction excellente pour un étranger. Ses
interventions divines sont exécutées avec force et
solennité.
Renaud Delaigue est toujours
aussi impressionnant et c’est un vrai plaisir de l’entendre en
soliste (et non entouré de ses merveilleux collègues de
l’Ensemble Clément Janequin). Il fait preuve d’une voix
solide, avec des réserves, et d’une intonation reconnaissable.
Il ne se montre pas avare de nuances quand il tente de séduire
Céphise : il chante l’amour avec douceur et
sensibilité. Un bel avenir s’ouvre devant ce chanteur car on
ne peut pas ne pas entendre dans sa gorge se profiler des rôles
plus lyriques comme les quatre méchants des Contes d’Hoffmann.
Les rôles plus secondaires sont tous tenus à la
perfection. Alain Buet prête sa belle voix de baryton aux
rôles de Pluton et d’Eole: il donne beaucoup de relief à
ses personnages. Bernard Delétré, comme toujours,
s’empare de ses rôles et les exploite au maximum. Il les fait
vivre surtout lorsqu’il incarne Caron. Ce passage est très
drôle car les trois femmes viennent lui demander de les prendre
dans sa barque et lui refuse en imitant leur voix, etc… “il faut
passer dans ma barque” ne cesse-t-il d’asséner! Jean
Delescluse possède également un timbre
intéressant et est tout à fait crédible en
Phérès. Hjördis Thébault ne
démérite pas non plus dans la distribution, surtout
quand elle chante avec tout sa voix.
L’orchestre de la Grande
Ecurie et de la Chambre du Roy sonne très bien et tous les
pupitres seraient à louer. Ils ne ménagent pas leurs
efforts pour défendre cette partition à commencer par
le percussionniste qui joue sur ses instruments avec un
véritable engagement! Jean-Claude Malgoire dirige d’une main
de fer mais avec une sensibilité indiscutable. Sa battue,
très stricte et très précise, lui permet de
donner un élan général à l’ensemble de
ses musiciens (quand les flots se déchaînent) mais
également de séduire les Enfers par des accents doux et
pleins de retenue. Le choeur de chambre de Namur, dirigé par
Jean Tubéry, est vraiment excellent. Il est à croire
que les meilleurs choristes se trouvent dans les formations baroques
et non dans les choeurs d’opéras! Ils sont attentifs au texte
et à la musique, et l’un par rapport à l’autre. Dans le
choeur des Enfers, par exemple, ils insistent sur les “r” de certains
mots-clés “souffrir”, “mourir”, “bords”, etc… Les
“hélas” lors de la mort d’Alceste sont également
très éloquents. Jean-Claude Malgoire ne pouvait mieux
se rendre hommage. Il prouve, une fois de plus, qu’il est un des
maîtres incontestés et incontournables du paysage
baroque et même si sa carrière et son travail n’ont pas
été autant médiatisés que ceux d’autres,
son mérite n’en est pas moins grand. Secondé par une
troupe de chanteurs excellents et remplis de personnalité, il
rend toutes ses lettres de noblesse à Jean-Baptiste Lully et
offre un concert mémorable! "
Théâtre
Lyrique de Tourcoing - 21 octobre 2000 - version de
concert - Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 23 octobre 2000 -
Chœur de Chambre de Namur, La Grande Ecurie et La Chambre du Roy -
dir. Jean-Claude Malgoire - costumes Thierry Bosquet - chef des
chœurs Denis Menier - avec Véronique Gens (Alceste/ Une
Femme Affligée), Frédéric Caton (Alcide),
Howard Crook (Admète/ Apollon), Gaële Le Roi
(Céphise/ Proserpine/ Thétis/ Diane/ Une Ombre),
Vincent Pavesi (Straton/ Pluton/ Eole/ Cléante/ Un Homme
Désolé), Patrick Aubailly (Lychas/
Phérès/ Alecton), Bernard Deletré (Caron/
Lycomède), Alain Carré (Le Conteur)
Crescendo - décembre 2000/janvier
2001
"Alceste a enfin trouvé
sa voix, son interprète : Véronique Gens. La
beauté sombre de son timbre, la noblesse de son chant, son jeu
dépouillé"..."l'élégant phrasé de
Howard Crook"..."Bernard Deletré campe un truculent
Caron"..."Gaëlle Le Roi cumule avec bonheur les emplois
légers et plus lyriques"..."Frédéric Caton campe
un fier Alcide"..."la découverte de la soirée se nomme
Vincent Pavesi qui possède un beau timbre de
basse".
ConcertoNet - 21 octobre 2000
"Œuvre fétiche de
l’Atelier Lyrique de Tourcoing, fréquemment
représentée (en 1987, 1996, sans parler de la
production Martinoty donnée au Théâtre des
Champs-Elysées en 1992), l’Alceste de Lully ouvre la saison
fêtant le vingtième anniversaire de l’ensemble. Passons
tout de suite sur les deux points négatifs de la
soirée, liés aux contraintes financières que
doit affronter l’équipe de Jean-Claude Malgoire : l’œuvre est
donnée en version de concert et, ceci entraînant cela,
elle est sérieusement coupée (cette précision
étant absente du programme !), ayant besoin de la scène
pour intéresser dans son intégralité le
spectateur moderne. Malgré ces inconvénients, le
spectacle fonctionne bien. Les chanteurs portent de magnifiques
costumes de Thierry Bosquet qui les aident à composer les
personnages (parfois plusieurs par artiste, ce qui induit au
début un peu de confusion). Un récitant
(l’épatant Alain Carré qui a mis en scène
plusieurs spectacles de L’Atelier Lyrique de Tourcoing les saisons
précédentes) résume le déroulement de
l’action lors de brèves interventions concises et
bienvenues.
Sur le plan musical, la
réussite est totale, Malgoire dirigeant de manière si
personnelle un orchestre qu’il connaît bien et qui le
connaît bien. Le chœur de Chambre de Namur est splendide
d’homogénéité et de
musicalité.
La distribution aurait pu
être dominée par Véronique Gens, qui revient
à Tourcoing, le point de départ important de sa
carrière (Cherubino et Vitellia en 1990-1991), mais le
rôle d’Alceste, du moins dans cette version, est finalement
aussi épisodique que dramatiquement fort. Elle le
défend en tout cas avec une voix saine, timbrée,
colorée et une dignité scénique poignante, sans
parler évidemment du style baroque parfaitement
assimilé. Une chanteuse à son zénith qui
s’intègre naturellement à une équipe de
chanteurs parfaitement rompus au langage de Lully, avec notamment une
diction parfaite, malgré une
hétérogénéité vocale... Gaële
Le Roi déçoit aussi surtout au début de la
représentation par le manque de projection de la voix et sa
pauvreté en couleurs mais se rattrape heureusement en
deuxième partie, en particulier dans le rôle de
Proserpine. Rien à redire en revanche sur Howard Crook,
retrouvant une forme vocale absente la saison dernière dans
Les Indes Galantes, Frédéric Caton, plus à
l’aise dans la tessiture d’Alcide qu’en Sarastro et Bernard
Deletré, formidable, surtout en Caron. La découverte de
la soirée est la basse Vincent Pavesi au timbre superbe qui
laisse présager un avenir prometteur. On le vérifiera
d’ailleurs assez vite puisqu’il sera Massette et le Commandeur dans
la reprise de Don Giovanni en mai prochain."
Varsovie -
janvier 1998 - Chamber Choir of the Warsaw Chamber Opera - Period
Instruments Ensemble of the Warsaw Chamber Opera - Musicae
Antiquae Collegium Varsoviense - dir. Jean-Claude Malgoire - mise
en scène Romana Agnel - décors et
scénographie Andrzej Sadowski - avec Slawomir Jurczak
(Alcide ou Hercule), Olga Pasiecznik (Alceste), Krzysztof Szmyt
(Admete), Marta Boberska (Céphise), Marzanna Rudnicka (La
Gloire, Une Ombre), Zdzislaw Kordyjalik (Lychas), Zbigniew Debko
(Straton), Grzegorz Zychowicz (Lycomède, Charon), Dariusz
Maacahej (Pluton, Éole, Cléante), Krzysztof Kur
(Phéres), Urszula Jankowska (Proserpine, Nymphe de la Mer),
Dorota Calek (Nymphe de la Marine, Une Ombre), Urszula Palonka
(Nymphe des Tuileries), Dorota Lachowicz (Thetis, Diane),
Agnieszka Lipska (Nymphe de la Seine, Femme affligée),
Slawomir Jurczak (Homme désolé), Leszek Swidzinski
(Apollon), Agnieszka Lipska, Marzanna Rudnicka (Deux Tritons)
Atelier lyrique de
Tourcoing - 7 novembre 1996 -
production du festival d'Ambronay
Théâtre des
Champs Elysées - 28 et 30
décembre 1991, 2, 4, 6 et 8 janvier 1992 - Opéra royal de Versailles - représentation exceptionnelle - 20
décembre 1991 - Montpellier - 14,
16 et 18 février 1992 - Ensemble vocal Sagittarius - La
Grande Ecurie et la Chambre du Roy - dir. Jean-Claude Malgoire -
mise en scène Jean-Louis Martinoty - chorégraphie
Marie-Geneviève Massé et François Raffinot -
décors Hans Schavernoch - Costumes Daniel Ogier - avec
Colette Alliot-Lugaz (Alceste), Howard Crook (Admète),
Sophie Marin-Degor (Céphise), Jean-Philippe Lafont
(Alcide), François Loup (Lycomède), Gilles Ragon
(Lychas), Jean-François Gardeil (Straton), Gregory Reinhart
(Charon), Michel Dens
Opéra
International - décembre 1991 -
Alceste, version
Lully
Opéra International -
février 1992
"Un spectacle superbe,
mais sur papier glacé... Il n'y a pourtant rien à
redire...c'est simplement la passion qui manque, aussi bien dans la
fosse que sur le plateau, malgré une distribution prometteuse.
On ne croit pas un instant aux sentiments des deux héros,
l'Alceste de Colette Alliot-Lugaz et l'Admète de Howard Crook.
Les plus concernés s'avèrent en définitive les
rôles semi-comiques de Lychas (Gilles Ragon) et Straton
(Jean-François Gardeil)...Les choeurs bien menés, mais
tout aussi détachés, voire absents...On s'attendait
à plus d'audace de la part de Jean-Louis Martinoty qui signe
une mise en scène au fond assez classique... Les vastes jeux
de miroirs, omniprésents, la chatoyance des costumes, la
beauté des éclairages constituent un cadre spendide,
mais c'est le fond, le propos qui fait défaut.... Le
traitement des ballets s'inscrit dans le même débat.
L'oeil est flatté, mais on ne saisit absolument pas le lien
éventuel avec l'action."
Théâtre
Musical de Paris Châtelet -
14 mai 1987 - dir. Jean-Claude Malgoire - avec Joan Rodgers
(Alceste), John Aler (Admète), François Le Roux
(Alcide), Jean-Marie Frémeau (Lycomède),
François Loup Straton), Grégory Reinhart (Charon),
Carolyn Watkinson (Proserpine).
"Une distribution assez
inégale...Joan Rodgers dans le rôle-titre, ne manque ni
de tempérament ni de puissance...elle a dominé la
scène et en particulier l'Admètre de John Aler
totalement écrasé...et condamné à
s'essouffler dans l'ombre d'Alceste...François Le Roux ne
semblait pas très à l'aise dans la prononciation du
récitatif lullyste...le beau timbre grave de Carolyn Watkinson
dans l'interprétation de Proserpine"
Festival
d'Ambronay - Bourg en Bresse - 15
septembre 1996 - La Grande Ecurie et la Chambre du Roy - dir.
Jean-Claude Malgoire - mise en espace Galland - avec Sophie
Daneman, Jérôme Corréas, Guy de Mey,
Desrochers, Goubiaud, Ringal-Daxhelet, Roche, Hassler
Darmstadt - 26
octobre 1980 - en allemand - dir. Karl-Heinz Bloemeke - mise en
scène Herbert Wernicke - avec Nichoff, Bladin, Grah,
Schmantz
Schola Cantorum
- 1903
Paris -
Société des Concerts du Conservatoire -
12, 19 janvier 1890 - choeur et air de Caron - dir. Jules Garcin -
avec M. Delmas
Paris -
Société des Concerts du Conservatoire -
5, 12 décembre 1886 - choeur et air de Caron - dir. Jules
Garcin - avec M. Giraudet
Société des
Concerts du Conservatoire - 1839
- scène I de l'acte IV