COMPOSITEUR
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Jean-Baptiste LULLY
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LIBRETTISTE
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Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2004
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2005
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Vincent Dumestre
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Alpha Productions
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Comédie-ballet en cinq actes (LWV 43),
représentée au château de Chambord, le 14 octobre
1670, puis reprise les 16, 20 et 21 suivants.
Elle fut reprise au château de
Saint-Germain-en-Laye les 9, 11 et 13 novembre suivants.
Les représentations publiques, au Palais Royal,
commencèrent le 25 novembre 1670. Plus de vingt
représentations eurent lieu avant Pâques 1671.
Le roi avait commandé un "ballet turc ridicule"
à la suite du séjour en France de Soliman Aga, que le
roi avait reçu avec grande pompe, en décembre 1669,
croyant avoir affaire à l'ambassadeur du Grand Turc, et qui
s'était montré méprisant à l'égard
du roi. Molière, Lully et le chevalier d'Arvieux (*),
qui avait voyagé en Orient, composèrent une
pièce à partir du finale, la cérémonie
turque.
(*) Le chevalier d'Arvieux, né à Marseille
en 1635, voyagea en Syrie, en Palestine, en Arabie. Il étudia
les langues et l'histoire des peuples du Levant, et fut nommé
envoyé extraordinaire à Constantinople, puis à
Tunis, où il délivra 380 esclaves français. Il
fut ensuite consul à Alger, puis à Alep. Il mourut en
1702. Il est connu pour ses Mémoires du chevalier
d'Arvieux, envoyé extraordinaire à la Porte, consul
d'Alep, d'Alger et Tripoli, et autres Eschelles du Levant, dans
lesquelles il raconte :
Sa Majesté m’ordonna de me joindre à
MM. Molière et de Lulli pour composer une pièce de
théâtre où l’on pût faire entrer quelque
chose des habillements et des manières des Turcs. Je me rendis
pour cet effet au village d’Auteuil, où M. de Molière
avait une maison fort jolie. Ce fut là que nous
travaillâmes à cette pièce de
théâtre. [...] Je fus chargé de tout ce qui
regardait les habillements et les manières des Turcs. La
pièce achevée, on la présenta au Roi, qui
l’agréa, et je demeurai huit jours chez Baraillon,
maître tailleur, pour faire faire les habits et les turbans
à la turque.Tout fut transporté à
Chambord.
La représentation de Chambord avait permis de
réutiliser le théâtre construit par Carlo
Vigarani pour Monsieur de Pourceaugnac. Les costumes
préparés par Gissey pour les rôles des Turcs
retinrent particulièrement l'attention.
Les intermèdes musicaux sont les suivants :
- Ouverture
- Acte I
Air de l'élève de musique : "Je
languis nuit et jour"
Air de la Musicienne : "Je languis nuit et
jour "
Dialogue en musique d'une Musicienne et de deux
Musiciens : "Un coeur, dans l'amoureux empire", "Il n'est rien de
si doux"
Premier intermède : Quatre danseurs
dirigés par le Maître de Danse
Menuet
Deuxième intermède : Ballet des
Garçons Tailleurs (air, gavotte)
Troisième intermède : Ballet des
Cuisiniers
Deux Chansons à boire : "Un petit doigt,
Philis", et "Buvons, chers amis, buvons !"
La Cérémonie turque pour ennoblir
le Bourgeois, avec le Muphti (Lully), douze Turcs musiciens et douze
Turcs dansants
Le Ballet des Nations, avec six entrées
consacrées :
Entrée 1 - au Dialogue des Gens qui en
musique demandent des livres : des Hommes et Femmes du Bel Air, deux
Gascons, un Suisse, un vieux Bourgeois et une vieille Bourgeoise
babillards,
Entrée 2 - à trois Importuns qui
dansent autour de l'homme aux livrets,
Entrée 3 - à trois Espagnols,
Entrée 4 - à un Musicien Italien
et une Musicienne Italienne qui cahantent, suivis d'une danse des
Scaramouches, Trivelins et Arlequins,
Entrée 5 - à deux Musiciens
Poitevins,
Entrée 6 - au mélange des trois
nations.
Dans la distribution figuraient Arnou (L'Elève
de la Musique), Mlle Lalande (Une Musicienne), Jonquet (Un Musicien)
dans le ballet du premier acte, Philbert (Un Mufti) dans celui du
troisième acte.
Personnages : Monsieur Jourdain, bourgeois ;
Madame Jourdain, sa femme ; Lucile, leur fille ; Nicole, servante ;
Cléonte, amoureux de Lucile ; Covielle, valet de
Cléonte ; Dorante, comte, amant de Dorimène ;
Dorimène, marquise ; Maître de musique ; son
Élève ; Maître à danser ; Maître
d'armes ; Maître de philosophie ; Maître tailleur ; son
Garçon tailleur ; deux laquais
Molière était Monsieur Jourdain,
habillé de couleurs vives, paré de dentelles d'argent
et de plumes multicolores, Hubert jouait le rôle travesti de
Madame Jourdain, Catherine de Brie était Dorimène,
Armande Béjart était Lucile, Jeanne Beauval (*),
dont le fou-rire communicatif était réputé,
était Nicole, La Grange était Cléonte, Baron :
Dorante, Gaye : l'Élève du Maître de musique,
Bauval : le Garçon tailleur.
(*) Jeanne Beauval, enfant trouvée à la porte
d'une église, joua les rôles de soubrette, notamment le
rôle de Zerbinette, dans Les Fourberies de Scapin, car son rire
inextinguible séduisait le public. Mariée à Jean
Pitel, dit Beauval, elle lui donna dix enfants.
Le premier accueil du roi fut assez frais, et
Molière s'en inquiéta jusqu'à ce que le roi,
cinq jours après, lui déclare que sa pièce
était excellente.
L'oeuvre fut reprise :
- le 21 février 1691, devant le roi, le
Dauphin, le roi et la reine d'Angleterre, Monsieur et Madame,
comme le note Dangeau ;
Mercredi 21, à Versailles. — Le roi dîna
à son petit couvert et alla tirer, et puis revint à
quatre heures à Trianon. Monseigneur y étoit
arrivé avec les princesses. Le roi et la reine d'Angleterre y
arrivèrent un peu après ; ils furent enfermés
une heure avec le roi, et puis ils allèrent dans la tribune de
la salle des comédies, d'où ils entendirent le
Bourgeois gentilhomme. Monseigneur et Monsieur étoient dans la
tribune avec les deux rois et la reine ; Madame étoit en bas
avec les princesses. Depuis quelque temps madame de Maintenon ne
vient plus à Trianon quand il y a des spectacles.
- le 21 décembre 1712, devant le roi. Dangeau,
dans son Journal, note : Le Roi fit jouer par quelques
uns de ses musiciens des scènes du Bourgeois gentilhomme.
Ils étaient même vêtus en habit de
théâtre, comme des comédiens, et le Roi trouva
qu'ils jouaient fort bien.
- le 30 décembre 1716, avec Mantienne
(L'Elève de la Musique), Mlle Antier (Une Musicienne), Le
Mire et Murayre (Musiciens), La Thorillière (Le Mufti)
;
- et à Lunéville, en novembre 1708,
à l'occasion de la fête du duc Léopold ;
- à Fontainebleau, en 1756, à
l'initiative de Denis Papillon de la Ferté, tout nouvel
Intendant des Menus Plaisirs ; de son propre aveu, ce
spectacle, fait pour plaire, n'eut cependant pas grand
succès ;
- le 16 janvier 1852, à l'Académie
Impériale de Musique, à la suite d'une entente entre
le directeur de l'Opéra, Nestor Roqueplan, et
l'administrateur de la Comédie Française,
Arsène Houssaye. Le Bourgeois gentilhomme fut
remonté "comme à la représentation de
Chambord devant Louis XIV".
Le Bourgeois gentilhomme fut d'abord joué
en trois actes. Quoique transformé en cinq actes dès
1671, il fut imprimé en trois actes par Ballard jusqu'en
1681.
La partition fut copiée par l'atelier
Philidor.
Com. Ball. de Moliere, en 5 Ac. en pro.
mêlée d'entrées, de chants & de danses, dont
la musi. étoit de Lully, faite & représentée
à Chambort pour un Div. du Roi, le 14 d'Oct. 1670, &
ensuite sur le Thé. du Palais Royal, le 23 Nov. de la
même année. Ce spectacle, quoiqu'outré & hors
du vraisemblable, surtout dans la cérémonie Turque du
5me Ac. mais parfaitement exécuté, attira la foule des
Spectateurs qui laisserent gronder les critiques, & chaque
bourgeois qui y croyoit trouver son voisin peint au naturel, ne se
lassoit point d'aller voir son portrait. On disoit que le Philosophe
de cette Comédie étoit copié d'après
Rohaut, quoiqu'ami de l'Auteur, qui fit emprunter son chapeau pour le
donner à Du Croissy ; on prétend aussi, mais sans trop
d'apparence, que Moliere avoit pris l'idée de son Bourgeois
Gentilhomme, dans la personne d'un nommé G... Chapelier, qui
avoit dépensé 50000 écus avec une femme à
qui il donna une belle maison qu'il avoit à Meudon. Les folies
de ce bourgeois eurent une fin funeste ; car il fut enfermé
à Charenton, pour avoir donné un coup de couteau
à son neveu qui étoit Procureur.
Lors de la premiere représentation du
Bourgeois Gentilhomme, le Roi n'en ayant rien dit, tous les
courtisans en parlerent avec le dernier mépris, & le
déchaînement étoit si grand que Moliere n'osoit
se montrer ; au bout de cinq ou six jours la piece fut jouée
pour la seconde fois, & le Roi dit à Moliere ; je ne vous
ai point parlé de votre piece à la premiere
représentation, parce que j'ai appréhendé
d'être séduit par la maniere dont elle a
été jouée ; mais en vérité,
Moliere, vous n'avez encore rien fait qui m'ait mieux diverti, &
votre piece est excellente. Aussitôt l'Auteur fut
accablé de louanges par les courtisans. On trouve cette
Comédie dans le cinquieme vol. des OEuv. de Moliere. (de
Léris - Dictionnaire des Théâtres)
Le site du Bourgeois
Gentilhomme d'Alpha
Productions
- Les enfants de
Molière et de Lully - DVD
- Tourbillon - distribution Intégral - film de Martin
Fraudreau sur les préparatifs et répétitions
du Bourgeois
gentilhomme d'Alpha
Productions
Représentations :
- Opéra
Théâtre de Besançon - 13 mai 2009 - Grand Théâtre de Reims -
16, 17 mai 2009 - Le Poème Harmonique - dir. Vincent
Dumestre - mise en scène Benjamin Lazar - avec
Olivier-Martin Salvan, Nicolas Vial, Louise Moaty, Benjamin Lazar,
Anne-Guersande Ledoux, François-Nicolas Geslot, David
Ghilardi, Alexandra Rübner, Jean-Louis Monory, Claire
Lefilliâtre, Arnaud Marzorati
- Rouen -
Théâtre des Arts - 18, 19, 21 janvier 2007
- Caen- Théâtre -
24, 26, 27 janvier 2007 - Le Poème Harmonique - dir.
Vincent Dumestre - mise en scène Benjamin Lazar et Louise
Moaty - chorégraphie Cécile Roussat et Julien Lubek
- scénographie Adeline Caron - costumes Alain Blanchot -
lumières Christophe Naillet - avec Arnaud Marzorati, Claire
Lefilliâtre, François-Nicolas Geslot, Serge Goubioud,
Lisandro Nesis, Arnaud Richard
- Liège
-Théâtre Royal - 11, 12, 13, 14, 15
octobre 2006 - Grand Théâtre
de Luxembourg - 30, 31 janvier 2007 - Coproduction
Théâtre Arlequin / Les Théâtres de la
ville de Luxembourg / Opéra Royal de Wallonie - dir.
Cohen-Akénine - mise en scène Claire Servais -
dramaturgie José Brouwers - chorégraphie Barry
Collins - décors Valérie Urbain - costumes David
Belugou - lumières Olivier Wéry - avec Laure
Delcampe, Thibault Lenaerts, Benoît Giaux, Pierre Doyen,
Edwin Radermacher - coopération Théâtre Royal
de Wallonie, le Théâtre des Capucins et le
Théâtre Arlequin
- Bruxelles - Palais des
Beaux-Arts - 21, 22 février 2006 - Théâtre des Champs Elysées
- 3, 4, 6 mars 2006 - Evreux -
Le Cadran - 9, 10, 11 mars 2006 - Varsovie - 21 mars 2006 - Prague - Théâtre des Etats
- 24 mars 2006 - Belgrade - 27
mars 2006 - Budapest - Palais des
Beaux-Arts - 31 mars 2006 - dir. Vincent Dumestre -
mise en scène Benjamin Lazar - avec Arnaud Marzorati (Le
Mufti, Le vieux bourgeois babillard, L’élève), Anne
Magouët (La musicienne, La femme du bel-air, L’Italienne),
François-Nicolas Geslot (Le 1er musicien, La vieille
bourgeoise babillarde, Un Espagnol, Un Poitevin), Serge Goubioud
(Un Gascon, Un Poitevin, Un chanteur), Lisandro Nesis (Un
Espagnol, Un Gascon, Un chanteur), Emmanuel Vistorky (Un Espagnol,
L’homme du bel-air, Un chanteur), Arnaud Richard (L’Italien, Le
Suisse)
"S'il est un spectacle d'art
total, c'est bien celui-là ! Vincent Dumestre à la
direction musicale, Benjamin Lazar à la mise en scène
et Cécile Roussat à la chorégraphie ont
réinventé cette comédie-ballet dans l'esprit de
sa création. Oeuvre en elle-même riche et hybride, ce
Bourgeois Gentilhomme mêle d'intermèdes musicaux,
chantés ou dansés le texte bien connu de
Molière. Ce spectacle est un enchantement. Au confluent de
plusieurs arts, il est aussi au confluent de plusieurs parcours
artistiques. Pour le spectateur ayant vécu une part de la
"réinvention" du répertoire baroque, c'est un flot de
réminiscences, un sommet d'émotions conjuguées.
Le choc de se retrouver vingt ans en arrière à la
création d'Atys de Lully par Christie et Villégier, ou
plus encore à celle de Médée de Charpentier en
1993. Cette dernière production, sans être
éclairée à la bougie, baignait dans une
splendide atmosphère dorée, dans ces couleurs chaudes
qui mettent tellement en valeur ce Bourgeois. Le Malade Imaginaire
avait aussi été monté en 1990 par
Villégier, mais sans atteindre à cette intensité
d'évocation. Ce même Bourgeois n'avait-il pas
été donné avec son ballet turc, mais sans le
ballet final?
Plus que tout,
l'éclairage par une rampe de bougies et quelques lustres
descendus des cintres pour les numéros de ballets nous
transporte instantanément, et la diction "reconstituée"
nous fait entrer dans l'oeuvre avec une intensité impossible
sans elle. Ces deux éléments magiques réveillent
à leur tour le souvenir des pièces de Corneille
montées par Eugène Green à la Cartoucherie en
1996. Allant plus loin encore qu'Eugène Green, Benjamin Lazar
a permis à ses interprètes masculins de se
réapproprier totalement leur "voix de tête". Il n'en
résulte nullement un effet comique grossier, mais une riche
palette d'inflexions quasi-musicales, qui rappelle, plus encore que
le Kabuki, le théâtre chinois présenté il
y a quelques années à la Villette. Mais ne trouve-t-on
pas ces inflexions dans les enregistrements conservés de Sarah
Bernhardt, voire dans ses souvenirs les plus anciens de la
Comédie Française ?
Pour la danse, impossible de
ne pas se rappeler Francine Lancelot et la "Belle Dance", mais on
retrouve aussi le mime, la commedia dell'arte et plus
généralement le théâtre de tréteaux
si à la mode pendant les années 90. Certes, les
entrées qui concluent l'oeuvre sont bien longues, si l'on
considère le caractère convenu de leurs arguments comme
de leurs musiques. Certes, les pièces vocales sont
chantées avec des émissions et des timbres parfois un
peu bruts et moyennement harmonieux - peut-être dans
l'idée là aussi d'une reconstitution d'époque.
Certes, les cordes de Musica Florea jouent l'ouverture sans ensemble
ni tonus et ne font preuve d'aucun génie par la
suite.
Si ce spectacle est à
la convergence de plusieurs expériences artistiques et
esthétiques, c'est aussi une réalisation un peu
bâtarde : conçu en 2004 pour des salles plus petites, il
s'étend ici aux limites de ses possibilités.
Heureusement, un second cadre de scène plus petit
rétrécit celui du théâtre des
Champs-Élysées, et une bonne partie du jeu s'effectue,
bougies obligent, près de la rampe. Les interprètes
font d'ailleurs preuve d'une séduisante maîtrise des
effets de cet éclairage. L'orchestre est fourni, mais le
"corps de ballet" fort réduit. Sans aucun faste dans les
entrées de ballet, qui sont plutôt des numéros de
théâtre de tréteaux, on est sans doute plus
proche de la rue, de la foire que de la Cour. Cela n'enlève
rien bien sûr à la magie de cette production, mais
devrait venir tempérer le discours un peu ronflant des
protagonistes dans le programme de salle. Sur scène, ils nous
offrent heureusement une ambiance de troupe bien plus
sympathique!
Ce n'est pas un moindre
mérite de ce style de jeu ancien que de permettre à
tous les comédiens de jouer à merveille. On rit au
formidable Monsieur Jourdain d'Olivier Martin Salvan, à la
Madame Jourdain travestie de Nicolas Vial, au Covielle de Jean-Denis
Monory ou au maître de philosophie de Benjamin Lazar
lui-même. Les expressions des visages sont mises en valeur par
l'éclairage. La mise en scène pousse à bout les
situations et en tire tout le suc comique. Elle utilise parfaitement
l'espace, en relation fluide et intelligente avec la gestuelle
baroque et la danse. On jouit à 100% de chaque
réplique. Contraste parfait avec le calamiteux Cid
donné cette saison à la Comédie
Française, anémique, vain, sans intelligence, sans
verve, sans mouvement et sans beauté.
Si une petite partie du public
a semblé s'être trompé de spectacle, sa grande
majorité a manifesté un enthousiasme délirant au
rideau final. On est juste un peu triste et ébahi de n'avoir
rien vu d'aussi réussi depuis dix ans, comme si la
merveilleuse énergie et les merveilleuses promesses de la
redécouverte du baroque s'étaient dissoutes et
égarées en chemin pour ne se recristalliser que par
miracle dans ce spectacle. Souhaitons que nonobstant les ambitions de
chacun et l'aveuglement des institutions, ce soit un nouveau
départ pour un art total et inventif, qui remplace le courage
apparent de la relecture moderne par celui autrement plus
fécond de la plongée entière dans un univers
d'évocation magique, faisant ressurgir les émotions les
plus profondes comme un génie d'une lampe à
huile."
"Une curiosité. Un
travail d’orfèvre. Le Bourgeois Gentilhomme de Molière
et Lully tel qu’il aurait été représenté
en 1670 à Chambord, pour le plaisir du Roi Soleil parti
à la chasse dans ses terres de Loire. Parfaite reconstitution
en paroles, musiques et danses et lumières à la
bougie...
La visite à la cour de
Versailles d’un envoyé du grand Turc qu’on avait pris pour ce
qu’il n’était pas et honoré des mille fastes dus
à un ambassadeur alors qu’il n’était qu’un ordinaire
émissaire-facteur avait fait circuler bon nombre de
plaisanteries. Louis XIV, loin de s’en offenser préféra
en rire et demanda à Molière d’un tirer un
réjouissant « ballet turc » dont la bouffonnerie
écraserait le ridicule. Ainsi naquit ce Monsieur Jourdain
magnifique qui fait de la prose sans le savoir et des billets galants
réussis du premier coup... Ah ! l’inoubliable belle marquise
dont les beaux yeux font mourir d’amour... Lully, musicien du Roi,
ornementa la farce d’interventions musicales et de chants et
s’attribua le rôle du grand Mufti tandis que Molière en
personne jouait le rôle du brave niais qui rêve de
grandeur.
Le Poème Harmonique,
ensemble de musiciens qui s’est donné pour vocation la
résurrection des musiques du XVIIème siècle
telles qu’elles étaient interprétées en leur
temps, est né il y a neuf ans de la volonté d’un fou de
musique baroque, Vincent Dumestre, né en mai 68, belle date
à retenir. Instruments d’époque, techniques vocales et
de dictions, gestuelle codée, décors costumes,
lumières : chaque détail est minutieusement
analysé, étudié, reconstitué. Un parler
rude qui, sur fond « d’assent » méridional, fait
siffler les « s » des pluriels et rouler les « r
» des infinitifs. Danses légères qui tiennent
à la fois du rituel et du cirque, chants qui surfent sur les
aigus et les trilles, voix de fausset pour des rôles
distribués aux sexes inversés...
Il y a quelque chose de
magique dans le parti pris radical d’éclairage à la
bougie. Au Théâtre des Champs Elysées,
détail amusant, on pouvait voir se refléter la rampe
vacillante dans le verre de la coupole Art Déco du plafond.
Les couleurs et les contrastes obtenus sur les panneaux
lambrissés du décor restituent les cuivres
ambrés et les ombres du clair-obscur cher aux peintres du
Siècle d’Or. Quelque chose de magique mais aussi d’un peu
lassant pour les yeux d’aujourd’hui, habitués aux jeux de
lumières sans cesse en mouvement diffusés par la
fée électricité et son corollaire
électronique. Un peu d’ennui s’installe au cours des quatre
heures que dure le spectacle qui reconstitue à merveille les
conditions de la représentation côté scène
mais pas du tout celles de sa réception dans la salle. En ces
temps-là, les spectateurs ne restaient pas vissés
à leurs fauteuils, ils se levaient, allaient, venaient,
partaient boire un coup puis revenaient reprendre le fil de
l’histoire comme de nos jours devant un feuilleton
télé...
On sait depuis toujours que
c’est dans le premier acte que se condense toute la drôlerie de
la comédie avec ses inénarrables leçons de
musique, de danse, d’escrime et de philosophie. La suite tombe au pas
de charge dans la grosse farce assaisonnée de Mufti et
Mamamouchi. Ainsi, quand au-delà de la réconciliation
générale du happy end moliéresque, la
soirée s’allonge par une suite de petits ballets, à
l’espagnole, à l’italienne, à la campagnarde, le
plaisir s’épuise et l’ennui pointe son nez. Une heure de moins
n’enlèverait rien aux délices de cette restauration
« à l’identique » savamment mise en scène par
Benjamin Lazar avec son Jourdain ahuri interprété en
naïf dépassé par les événements par
le formidable Olivier Martin Salan."
- Versailles - Opéra
Royal - 11, 12 juin 2005 -
Nantes - Maison de la Culture - Printemps des Arts -
22, 23 juin 2005 - Château de la
Bâtie d'Urfé - Loire - 3, 4, 6, 7 et 8
août 2005 - Festival de
Sablé - 26 août 2005 - Le Poème
Harmonique - dir. Vincent Dumestre
- Opéra d'Avignon
- 8, 9 octobre 2004 - Le
Havre - Octobre en Normandie - 12 octobre 2004 -
Pontoise - Théâtre des
Louvrais - Festival
Baroque de Pontoise - 15, 16, 17 octobre 2004 - Vitry sur Seine - Théâtre
Jean-Vilar - 19 octobre 2004 - Paris - Théâtre Le Trianon
- 10, 11 novembre 2004 - Arsenal de
Metz - 18 novembre 2004 - Le Poème Harmonique -
dir. Vincent Dumestre - Musica Florea - dir. Marek Stryncl - mise
en scène Benjamin Lazar - chorégraphie Cécile
Roussat - scénographie Adeline Caron - costumes Alain
Blanchot - avec Olivier Martin (Monsieur Jourdain), Nicolas Vial
(Madame Jourdain), Benjamin Lazar (Cléonte, Le maître
de philosophie), Jean-Denis Monory (Covielle, Le maître
tailleur), Alexandra Rübner (Nicole, Le maître de
musique), Julien Lubek (Le maître à danser), Lorenzo
Charoy (Dorante, Le maître d’armes), Anne-Guersande Ledoux
(Dorimène), Louise Moaty (Lucile), Bernard Arrieta (Un
chanteur, L’homme du bel air, Un Espagnol),
François-Nicolas Geslot (Premier musicien, La vieille
bourgeoise babillarde, Un Espagnol, Un Poitevin), Serge Goubioud
(Un chanteur, Un Gascon, Un Poitevin), Claire Lefilliâtre
(Une musicienne, La femme du bel air, L’Italienne), Arnaud
Marzorati (L’Elève, Le Muphti, Le vieux bourgeois
babillard), Lisandro Nesis (Un chanteur, Un Gascon, Un Espagnol),
Arnaud Richard (Le Suisse, L’Italien)
- ConcertoNet - 11 novembre 2004
"Le premier festival
organisé par Abeille musique se poursuit au
Théâtre Le Trianon par deux représentations du
Bourgeois gentilhomme (1670) de Molière et Lully, coproduites
par Le Poème Harmonique, par la Fondation Royaumont en
partenariat avec la ville de Pontoise, l’Apostrophe (scène
nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise) et le Festival baroque
de Pontoise, par l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des
Pays de Vaucluse, par le Festival de musique ancienne d’Utrecht et
par l’Arsenal de Metz. Autour d’une comédie-ballet où
les disciplines (musique, danse, armes et philosophie) entretiennent
de plaisantes querelles de préséance, c’est un
spectacle total qui est proposé, réalisant cette sorte
de fusion idéale que de rares productions d’opéra
parviennent à atteindre: comment ne pas penser ici au
miraculeux Atys de W. Christie et J.-M. Villégier? Rien de
surprenant lorsque l’on constate que le metteur en scène tient
deux rôles, que la chorégraphe fait partie des six
danseurs, que l’un de ces danseurs est également acteur et que
les chanteurs se révèlent d’excellents
comédiens: cette polyvalence contribue à former une
véritable troupe, sans doute de petites dimensions par rapport
à ce que furent les fastes versaillais, mais adaptée
à ce Trianon… parisien et, surtout, ô combien
motivée et dynamique.
On doit ce succès au
pari lancé par un trio composé d’un metteur en
scène, d’une chorégraphe et d’un directeur musical :
avec l’audace de la jeunesse (une moyenne d’âge de moins de
vingt-neuf ans), ils ont adopté un parti pris radical de
reconstitution. Car le spectacle mérite d’autant plus le
qualificatif de «total» qu’il restitue
l’intégralité non seulement du texte mais aussi des
«airs» et des danses, qui constituaient, dans l’esprit des
initiateurs de cette comédie-ballet, un tout indissociable. Du
coup, la soirée dure plus de quatre heures, entracte compris,
à la lueur d’une rampe de bougies placée au devant de
la scène et, par moments, de chandeliers suspendus: ces
éclairages, dus à Christophe Naillet, suggèrent,
à la façon de Rembrandt, un clair-obscur aux effets
magiques, rehaussé par le décor (unique) de panneaux de
bois sculpté, à la patine chargée de reflets
d’or et de cuivre. De même, la sobre scénographie
d’Adeline Caron se contente d’éléments simples et
réalistes, par exemple la chaise à porteurs du
Bourgeois qui fait en même temps office de fauteuil. Plus
fantaisistes et spirituels pour les danseurs, les costumes d’Alain
Blanchot s’inscrivent sagement dans le Grand siècle. Si le
volet musical de cette reconstitution ne surprend plus à
l’époque des Christie, Rousset et Niquet, la
chorégraphie de Cécile Roussat détonne
déjà davantage: avec seulement cinq danseuses et un
danseur, qui ne cessent de se mêler aux comédiens et
chanteurs, elle imprègne l’ensemble par sa vivacité et
sa malice, culminant dans les chansons à boire du
quatrième acte.
Mais ce sont avant tout la
déclamation et la mise en scène qui bousculent les
habitudes les plus établies. Benjamin Lazar a opté pour
une prononciation déstabilisante, mélange d’accents
méridional et québécois, avec «h»
aspirés et «r» bien roulés, où l’on
entend «la caisse» pour «laquais», «sexe
primaire» pour «s’exprimer», «minces» pour
«mains», «habite» pour «habit»,
«fi» pour «fils», «séance» pour
«céans», «paladingue» pour
«paladin» et «souhait» pour «soi».
L’énonciation est clairement détachée,
entrecoupée de silences, ce qui participe à une
impression de lenteur. La direction d’acteurs se limite
délibérément à deux dimensions, recourant
peu à la profondeur du plateau, les personnages faisant le
plus souvent face au public. Mais ce qui pourrait devenir raide,
statique et lassant est transfiguré par un jeu très
animé, voire outré, avec force gestes et mimiques
inspirés du mime et de la commedia dell’arte.
Cela étant, même
si les spectateurs rient et applaudissent presque comme au boulevard,
la pièce ne tourne jamais à la farce: Lazar incarne
lui-même un maître de philosophie tremblant,
voûté et nasillard, d’une vérité et d’une
drôlerie qui ne trouvent leur pareil que dans le Covielle
souple et subtil de Jean-Denis Monory, impayable en truchement
mielleux et insidieux. Monsieur Jourdain (Olivier Martin), plus
touchant que grotesque, ne verse pas non plus dans l’excès.
Curieusement, ce sont les caractères d’ordinaire plus fades
qui font l’objet d’une surcharge interprétative: Dorante et
Dorimène, mais surtout Madame Jourdain, tournée en
dérision par Nicolas Vial, qui reprend ici la tradition de la
création, où le rôle avait été
confié à un acteur. A l’opposé, le maître
de musique – comme dans l’Ariane à Naxos de R. Strauss…
conçue à l’origine comme un prologue au Bourgeois – est
une femme, Alexandra Rübner, qui campe par ailleurs une rustique
Nicole.
La musique, discrète au
cours des trois premiers actes, devient essentielle dans les deux
derniers, avec la cérémonie turque – où Lully
tenait lui-même la partie du Muphti – et le ballet des nations
final. Dans la fosse, Vincent Dumestre dirige, parfois depuis sa
guitare, vingt-quatre musiciens, regroupant son Poème
harmonique ainsi que les cordes tchèques de Musica florea,
dont le directeur est le violoncelliste Marek Stryncl. On voudra bien
attribuer à la facture ancienne les quelques flottements
perceptibles dans les pupitres de bois, mais ils n’en rendent pas
moins globalement justice à une partition inventive et
colorée. Les sept solistes, d’une tenue vocale et stylistique
irréprochable, n’appellent que des éloges, avec une
mention plus particulière pour Claire Lefilliâtre et
François-Nicolas Geslot."
- Le Monde - 27 octobre 2004
"Un chef d'orchestre, un
metteur en scène et une chorégraphe ont
recréé la pièce de Molière telle qu'en
1670, avec la musique de Lully et les ballets, dans la prononciation
de l'époque et à la lueur des
chandelles.
Un "ballet turc ridicule"
accompagné d'une comédie : c'est ce que Louis XIV exige
de Molière et Lully pour effacer la blessure d'amour-propre
que vient de lui infliger la visite du dédaigneux Soliman Aga,
l'envoyé du Grand Turc à la cour, en 1669. Rien ne
démentira le triomphe qui accueillit la création du
Bourgeois gentilhomme, donné le 14 octobre 1670 à
Chambord, devant le roi. Mais si la comédie de Molière
a subi sans dommage les avatars de l'âge classique, les
emphases romantiques et les transgressions de la scène
moderne, sans parler des schématisations pédagogiques,
le "ballet turc ridicule" de Lully est bel et bien passé aux
oubliettes.
Restituer pour la
première fois l'œuvre dans sa version originale : tel est le
pari lancé par le chef d'orchestre Vincent Dumestre, le
metteur en scène Benjamin Lazar, et la chorégraphe
Cécile Roussat. On peut donc voir (créé cet
été, le spectacle tourne actuellement) un Bourgeois
gentilhomme complet, éclairé à la bougie,
où non seulement les danses sont restituées, mais aussi
la prononciation du Grand Siècle. "Plus que la reconstitution
d'un spectacle d'époque, affirme Vincent Dumestre, nous avons
tenté de retrouver cet état miraculeux de l'âge
baroque où théâtre, danse et musique
s'interpénètrent et s'articulent autour d'une
rhétorique commune qui est l'expression des passions." La
passion des passions, c'est précisément ce qui
réunit ces trois jeunes artistes autour de l'art baroque du
XVII° siècle. "En 1997, explique le musicien, j'ai
créé mon propre ensemble, Le Poème harmonique,
afin de travailler ce répertoire musical pour lequel nous
possédons peu de chose. Jouer cette musique a rapidement
impliqué de retrouver les interactions qu'elle entretenait
avec le geste théâtral de la déclamation." La
rencontre avec le comédien Benjamin Lazar n'a donc rien de
fortuit. A 27 ans, cet émule du théoricien et homme de
théâtre Eugène Green, qu'il a rencontré
à 12 ans dans l'atelier-théâtre du lycée
Montaigne, à Paris, a déjà un beau parcours
derrière lui. "Pour un comédien baroque, le texte seul
ne suffit pas, explique-t-il. Nous devons mettre par la
déclamation notre corps et notre voix au service du
poète. Trouver le bon geste pour le bon mot dans un contexte
donné implique un jeu qui va de la gestuelle noble
apparentée au tragique et au religieux, à la gestique
populaire des lazzi de la commedia dell'arte. On retrouve cela dans
la musique et la danse." Au cours des six dernières
années, le chef d'orchestre Dumestre et le metteur en
scène Lazar ont travaillé sur des airs de cour
d'Antoine Boesset et créé le spectacle Il Fasolo sur
des musiques vénitiennes du XVII° siècle. En 2002,
ils ont monté, avec la chorégraphe Cécile
Roussat, Le Ballet des Fées des forêts de Saint-Germain.
A 24 ans, cette passionnée de danse baroque a
étudié le mime et le théâtre et suivi une
formation de clown. En 1987 - elle avait alors 7 ans -, elle avait eu
un coup de foudre pour la fameuse production d'Atys de Lully avec
William Christie et Jean-Marie Villégier. "Dans les
traités, dit-elle, il est précisé que la
Belle-Dance est une comédie muette. Pour moi, c'est donc cela
qu'il faut rendre vivant."
Lancé par Vincent
Dumestre et sa maison de disques, Alpha, que dirige Jean-Paul Combet,
le projet a pris corps à la Fondation Royaumont. Dix jours par
mois, à partir du mois de mai, chanteurs et danseurs se sont
essayés à la déclamation, musiciens et
comédiens à l'art du rond de poignet ou de l'entrechat,
danseurs et acteurs ont pris des cours de chant. "Nous avons
pratiqué des exercices de déclamation et beaucoup
d'improvisations, de façon à trouver un fluide commun,
explique Benjamin Lazar. Plus qu'une intégration des codes de
chacun, il s'agissait de favoriser une imprégnation
inconsciente." Cécile Roussat renchérit: "J'ai
travaillé à partir de la musique puis sur
l'énergie propre de chaque danseur, sans jamais perdre de vue
l'essentiel, c'est-à-dire l'action théâtrale.
Ainsi, dans la Turquerie, il est difficile de démêler ce
qui relève plus de la mise en scène ou de la
chorégraphie."
Après trois jours de
représentations, à Pontoise puis à
Vitry-sur-Seine, tous trois sont harassés mais heureux : outre
l'indéniable succès public de ce Bourgeois..., le
plébiscite de Sigiswald Kuijken, l'un des pionniers du baroque
musical, vient encourager leurs efforts. "Il a dit qu'il attendait
cela depuis vingt ans !", s'écrie Dumestre. Si la
révolution baroque en musique est chose faite, il n'en est pas
de même pour le théâtre et la danse. Cécile
Roussat est consciente du chemin à parcourir pour
débarrasser la danse baroque du poids rétrospectif du
ballet classique. "Cette danse, qui nécessite beaucoup de
retenue, d'équilibre et de suspension, ainsi qu'une grande
souplesse des petites articulations, n'est pas vraiment
considérée comme de la danse. Pourtant, il y a une
tension intérieure physiquement très
fatigante."
Benjamin Lazar souligne
à quel point ce théâtre, qui s'apparente parfois
à celui du kabuki, suscite encore de résistances. "On a
banni cette association du geste et de la parole au nom du
naturalisme et de la nécessaire adéquation entre la
scène et la vie. Pourtant, tout cela n'est pas si loin de
nous. Il suffit d'évoquer, au XIX°, le jeu d'une Sarah
Bernhardt, au XX°, la chanson réaliste d'une Edith Piaf.
Ainsi, le détour par l'Orient du théâtre moderne,
que prônait notamment Artaud avec le théâtre
balinais, voilà qu'il nous ramène en quelque sorte
à l'Occident."
Son Orient, Vincent Dumestre,
qui a renforcé son Poème harmonique avec les musiciens
du Musica Florea de Prague, le cherche du côté des
instruments à vent, ces vents de la Renaissance, très
timbrés, riches en harmoniques, lesquels demandent une
connaissance particulière de la taille du roseau pour les
anches. "En 1670, précise-t-il, les instruments étaient
divisés en corporations, on était loin de cette
pâte sonore homogène qui sera celle de l'orchestre
à partir de Rameau. Alors nous essayons de retrouver des
sonorités, nous avançons, nous tâtonnons, nous
revenons parfois en arrière: pour moi, la principale
qualité d'un artiste doit rester sa capacité à
douter."
Douter? Ce Bourgeois
gentilhomme n'aurait pas vu le jour si la Fondation France
Télécom ne s'était heureusement
manifestée. L'avenir n'est pas serein pour autant. Et n'allez
pas croire que l'éclairage à la bougie soit plus qu'une
économie de bouts de chandelle. "Cela revient aussi cher que
de faire des lumières, affirme Cécile Roussat, car il
en faut 400 par spectacle. On en a acheté 10 000, actuellement
stockées chez Vincent et les autres. Pour les tester, notre
régisseur s'est éclairé à la bougie
pendant des semaines !"
Cette fois, on y est. Le
régisseur à la bougie, Vincent Dumestre de la guitare
à la baguette, Benjamin Lazar qui joue et met en scène
tandis que Cécile Roussat danse et chorégraphie: c'est
bien l'esprit de L'Illustre Théâtre, celui de Poquelin,
qui jouait Monsieur Jourdain tandis que Lully faisait le Muphti, qui
a rallumé les lumières de ce Bourgeois
gentilhomme."
- Le Monde - 19 octobre 2004
"Le rideau s'ouvre sur un
enchantement, une ligne ardente de bougies à
l'avant-scène. Il faut apprivoiser leur danse d'ombre. Tout
autour, moulures et soubassements à angles droits d'un salon
bourgeois, voluptueuses arabesques vieil or de quelque sérail
indiscret. Au centre, un homme dans une chaise à porteur. Ola
! maître à danser, maître d'armes, maître de
musique, maître de philosophie, que l'on enseigne au parvenu
poudré, perruqué, enrubanné,
"enharnaché", dont l'ascension sociale cache une aspiration
autre : celle de la beauté. Car l'âme naïve et
bigarrée de Jourdain, de belle marquise aux yeux d'amour en
banquet somptuaire, se révélera au paroxysme de la
Cérémonie des Turcs dans la folle vérité
du Mamamouchi.
Plus qu'une parodie, ce
Bourgeois gentilhomme est l'histoire d'une folie intérieure
sur fond d'intrigues amoureuses. Et le Ballet des Nations - sublime
ambiguïté - prolongera le rêve
éveillé du bourgeois fait Turc, dans le
déploiement somptueux des costumes d'Alain Blanchot, danses
nobles, mimes et commedia dell'arte, farce babillarde et
sophistication sensuelle, refermant le rideau sur cette
séduction.
Peste soit des craintes qui
voulaient que ce Bourgeois gentilhomme XVIIe s'échouât
sur les écueils de l'archéologie théâtrale
! Loin de rendre le texte inintelligible, la prononciation
restituée (énonciation des finales, roulement des r et
la fameuse coloration du oi en oué : "le rrrroué c'est
moué") lui donne une étonnante et savoureuse
modernité. La gestuelle baroque, l'éclairage à
la bougie confèrent au jeu des comédiens un pouvoir
d'évocation que renforce la poétique acuité du
travail de scène de Benjamin Lazar.
La danse simple divertissement
? C'est compter sans la chorégraphie inventive et
délicate de Cécile Roussat : le parti pris du
fantastique plutôt que de la bouffonnerie dans la
Cérémonie des Turcs, au moment où se pose la
question de l'entrée de la Turquie dans l'Union
européenne, est une élégance dramaturgique
supplémentaire. Quant aux intermèdes musicaux,
nonobstant le génie de Lully et le talent des musiciens de
Vincent Dumestre, ils doivent à la finesse chambriste du chef
d'orchestre cette véritable intimité entre fosse et
scène.
Faut-il souligner à
quel point tous les interprètes sont ici excellents ? Le
Bourgeois émouvant d'Olivier Martin Salvan, le travesti de
Madame Jourdain par Nicolas Vial, tel qu'en 1670, instillant, dans ce
personnage censé incarner la raison, une démesure. Et
puis le Covielle de Jean-Denis Monory, irrésistible en
entremetteur berbère, et Benjamin Lazar, fagot de bois sec en
maître de philosophie puis Cléonte amoureux. Que ce soit
les chanteurs (la soprano Claire Lefilliâtre), les danseurs
(Julien Lubek en Arlequin), les acteurs (Alexandra Rübner en
Nicole), tous ont en partage d'être sur le fil d'une
réversibilité, beaux et ridicules, pathétiques
et touchants, populaires et raffinés.
De la commedia dell'arte
à la pastorale, du tragique au burlesque, du conte au rituel,
ce Bourgeois gentilhomme "enharnaché" de musique
élabore alors une passionnante matérialisation du
texte, développe cette variété des registres
chère à Shakespeare, qui veut que
l'interprétation s'adresse autant à l'intellect
qu'à la sensibilité. Alors le public redevient aussi nu
que Jourdain, émerveillé par la prose, sonné par
les voyelles, charmé par les salamalecs. Il s'étonne,
il rit, il s'amuse et s'émeut - l'encre de Molière
n'est pas encore sèche - de ces arts redevenus des "amants
magnifiques"."
"...ce Bourgeois version
Vincent Du-mestre est révolutionnaire ! Rappelons-en le
défi : ten-ter de mettre un scène la
comédie-ballet de Molière et Lully avec le même
souci d'authenticité que dans l'approche musicale baroqueuse
". Prononciation, gestiquc, grimage et bougie tentent donc, à
l'instar des instruments anciens du Poème Harmonique, de
retrouver la lettre et l'esprit du Bourgeois Gentilhomme, tel qu'il
fût créé un 1670.
On pourra trouver vain, par
principe, l'idée de reconstitution. Mais on ne peut pourtant
qu'admirer le travail du metteur un scène Benjamin Lazar et de
la chorégraphe Cécile Roussat, qui ont transmis
à leur équipe (vraiment formidable, de
comédiens-chanteurs) une verve généreuse, loin
de tout dogmatisme. Du théâtre, vivant et
éloquent. Ce qui aurait pu être un exercice de style,
une morne question de rhétorique n'est que grâce et
joie. Nul doute que ce spectacle fera date. Il appelle un tout cas
une suite ; le succès remporté par les premières
représentations poussera peut-être, dans un premier
temps, à une reprise."
- Forum Opéra - 8 octobre 2004
"L'Opéra-Théâtre d'Avignon et des
pays de Vaucluse accueillait ces 8 et 9 octobre la première
étape française d'une coproduction pour laquelle il
s'est associé (réalisation des costumes en ses
ateliers) au Poème harmonique et à la Fondation
Royaumont, avec l'appui de nombreux partenaires parmi lesquels le
prestigieux Holland Festival Oude Musiek d'Utrecht (Pays-Bas) et
l'Arsenal de Metz. Il s'agit de la recréation de la version
originale de la comédie-ballet de Molière et Lully Le
Bourgeois gentilhomme, fruit d'une commande de Louis XIV
destinée à exorciser le mauvais souvenir de la
réception fastueuse et disproportionnée qu'il avait
réservée à un diplomate de second ordre
envoyé par la Sublime Porte. En présence du souverain,
l'auteur comédien et le musicien, dont c'était la
onzième collaboration, interprétèrent leur
ouvrage au château de Chambord le 14 octobre 1670.
L'âme de l'entreprise,
Vincent Dumestre, explique sa visée : "rendre à cette
oeuvre ce qui faisait toute la force des spectacles baroques au
XVIIe" par l'association de comédiens, de danseurs, de
musiciens et de chanteurs entraînés à un long
travail en commun. Jeu sur instruments anciens, costumes parfois
proches de la vérité historique grâce à
des inventaires d'époque, maquillage au blanc, gestuelle et
diction inspirées des recherches d'Eugène Green - dont
Benjamin Lazar, le metteur en scène, fut naguère
l'élève - pas de danse cherchant l'équilibre
entre le beau et l'expressif, éclairage entièrement
à la bougie par la rampe et des lustres, décors
constitués de grands panneaux de feuilles de métal
patinées et huilées qui évoquent aussitôt
la marqueterie de Boulle, tout, absolument participe à la
réussite de ce concert entre les arts que réclame la
comédie-ballet.
L'objectif, disons-le sans
ambages, est atteint pleinement dans la limite des moyens
disponibles. Passé le choc du jeu frontal, de la diction et de
l'éclairage inhabituels, on se laisse persuader de la
pertinence d'une gestuelle qui prive le spectateur de l'illusion du
naturel dans une entreprise réunissant les artifices,
même si on peut regretter une certaine uniformisation qui
affaiblit la caractérisation des personnages, par exemple ceux
de Dorimène et de Madame Jourdain. La mise en scène de
Benjamin Lazar - hormis une inopportune entrée du Bourgeois en
chaise à porteur, accessoire plus tard utilisé à
bon escient lors de la querelle des Maîtres - exploite
intelligemment le texte que le nombreux public, moitié ados,
moitié rassis, découvre ou retrouve manifestement avec
plaisir. Tous les acteurs sont à féliciter, même
si Monsieur et Madame Jourdain - Olivier Martin Salvan et Nicolas
Vial - ainsi que Covielle - Jean-Denis Monory - s'imposent dans les
rôles les plus porteurs. Les intermèdes chantés
et dansés s'insèrent avec fluidité dans
l'action. L'on apprécie l'invention de Cécile Roussat,
la chorégraphe, dans une recherche de pas et
d'enchaînements qui se distinguent de la danse de cour et
esquivent l'anachronisme d'esthétiques ultérieures. Les
interprètes ont toute l'élégance, la prestesse
et la maîtrise des codes souhaitables.
Vincent Dumestre, vigilant et
scrupuleux, dirige Le Poème Harmonique et l'ensemble
tchèque Musica Florea. Les 24 instrumentistes, tous
spécialistes de la musique baroque, répondent avec
brio, souplesse et précision aux sollicitations du chef comme
s'ils ne formaient qu'un seul et même ensemble. Si la guitare
se distingue - on sait que Louis XIV en jouait - aucun pupitre
n'émerge, car tous excellent et s'allient dans un savoureux
équilibre. Très homogène aussi, le groupe des
chanteurs n'appelle que des éloges. Seuls, en duo ou en trio,
dans la pastorale ou les chansons à boire, dans les ensembles
de la Turquerie et les intermèdes du Ballet des Nations, ils
contribuent à l'oeuvre commune sans chercher à se
valoriser individuellement. Seul le goût que l'on peut avoir
pour tel ou tel timbre pourrait amener à faire des
distinctions, tant le souci de l'unité stylistique est
partagé.
On le voit, ce spectacle
original, bien qu'il réunisse une très impressionnante
diversité de talents, atteint à une cohérence
rare qui justifie l'entreprise et explique sa réussite. Nous
permettra-t-on de regretter que pour un projet et un résultat
si dignes d'intérêt, ceux grâce à qui
l'entreprise fut matériellement possible n'aient pas
accordé davantage de moyens financiers ? L'orchestre de Lully
comptait probablement une quarantaine de musiciens, plutôt que
vingt-quatre, et l'effectif des danseurs était certainement
plus important... Autrement dit, on est passé à
côté du grand spectacle tel qu'il a sans doute
été monté à Chambord. N'est-il pas
rageant que ce soit pour des motifs d'intendance, quand le pari
artistique était largement tenu ?"
- Stadsschouwburg - Festival
de Musique Ancienne d'Utrecht - 27, 28 août 2004
- Le Poème Harmonique - dir. Vincent Dumestre - mise en
scène Benjamin Lazar - chorégraphie Cécile
Roussat - costumes Alain Blanchot - avec Arnaud Marzorati, Claire
Lefilliâtre, François-Nicolas Geslot, Serge Goubioud,
Lisandro Nesis, Bernard Arrieta, Arnaud Richard
- Opéra International - octobre
2004
"Redonner le Bourgeois comme
jadis, tel que le virent Louis XIV et sa cour à Chambord en
1670, avec textes originaux et intégralité des ballets
de Lully, c'est le projet ambitieux du metteur en scène
Benjamin Lazar, de la chorégraphe Cécile Roussat et de
Vincent Dumestre, à la tête du Poème Harmonique
et du Musica Florea de Prague. La langue de Poquelin,
déclamée selon les différents niveaux sociaux
(à la gasconne pour le bourgeois, ampoulé pour la
noblesse, trivial pour la valetaille), parut aussi exotique aux
Hollandais qu'une cérémonie pygmée à un
public nippon. Elle le sera tout autant pour le public
français, mais la "standing ovation" offerte par le public
batave prouva, s'il en était besoin, l'universalité du
théâtre de Molière, comme le succès que
rencontre un travail de très haute qualité. Ce
n'était que justice pour les quatre heures sublimes d'un
spectacle éclairé par trois cents bougies, qui ne fait
aucune concession au goût du jour et ne s'embarrasse d'aucune
déclaration d'intention.
Faisant suite à la
tradition rhétorique baroque inaugurée par le trop
malmené Eugène Green, ce Bourgeois impose un retour aux
sources et une modernité radicale. Le rideau se lève
sur un unique décor de bois ajouré, renvoyant à
l'apparat d'un hôtel du Marais comme aux moucharabiehs
orientaux. A la lueur troublante de l'antique éclairage, les
acteurs jouent de front, face à la rampe, le regard droit vers
le spectateur, le geste rhétorique surlignant la parole. Cette
fascinante étrangeté s'évapore en quelques
répliques tant le travail des acteurs, fruit de longs stages
à Royaumont et que l'on devine phénoménal,
s'avère limpide. Car ce qui, dans la tragédie
montée à l'ancienne peut sonner ampoulé, coule
de source dans cette charge féroce contre les parvenus. Le
Monsieur Jourdain d'Olivier Martin, rondouillard bonhomme, existe par
ses seules situations. Dans sa chaise à porteurs, nul besoin
d'en faire des tonnes. Le contrepoint social des couples d'amoureux
(le sérieux, Cléonte et Lucile, le trivial, Covielle et
Nicole) émeut par le jeu d'une parfaite symétrie.
Nicolas Vial en Madame Jourdain, travesti comme le fut le rôle
à la création, choque un instant, puis
l'énormité de la farce façon tréteaux
l'emporte. Enthousiasmant aussi, le travail commedia dell'arte de
Jean-Denis Monory, Covielle proprement fantastique lorsqu'il se fait
faux berbère dans le divertissement turc. Ouant au metteur en
scène Benjamin Lazar, à la fois Cléonte et
maître de philosophie cassé comme un vieux singe, il est
hallucinant. Attention : un homme de théâtre d'une
exceptionnelle envergure est en train de naître chez ce
très jeune homme au regard troublant.
On était avide de
découvrir les intermèdes et les ballets. Nul regret :
le génie comique de Baptiste est incroyable de charme et de
modernité. L'intermède pastoral illustrant la dispute
entre la musique et la danse a la teinte mélancolique des airs
de cour. Le banquet offre l'occasion d'un charivari burlesque. La
cérémonie turque, dans un bouquet de couleurs dignes de
Pontormo et de Simon Vouet, est comique aussi bien
qu'inquiétante. Quant au Ballet des Nations, oeuvre dans
l'oeuvre, il relance le plaisir par une suite de tableaux où,
dans une débauche de costumes signés Alain Blanchot,
acteurs, chanteurs, danseuses éblouissent en passant du
graveleux au registre noble avec un plaisir communicatif. La belle
voix de Claire Lefilliâtre glisse de la plainte italienne
à la chaconne des Scaramouche, traitée par Dumestre
comme un air populaire. Juste retour des choses pour une musique dont
des générations de Comédie-Française ont
snobé le sens inné du théâtre.
Redonné par une troupe jeune et fervente, aussi
passionnée de musique contemporaine que d'oeuvres anciennes,
ce Bourgeois affirme l'existence plus que talentueuse d'une
génération érudite et polyvalente, digne
héritière des quinquas du baroque. Tout le week-end, le
carillon de la cathédrale d'Utrecht résonna des timbres
du beau choeur final : "Quel spectacle charmant, quels plaisirs
goûtons-nous ! " Puisse-t-il porter bien loin la bonne nouvelle
et la belle renommée d'un spectacle qui mérite autant
de succès que le légendaire Atys de Villégier et
Christie, car il en est l'égal."
- Diapason - octobre 2004 - Deux
gentilhommes pour le bourgeois - 28 août 2004
"Vincent Dumestre aime les
paris difficiles. Donner Le Bourgeois gentilhomme dans son
intégralité (airs mêlés à l'action,
ballet final des Nations), dans le rythme si particulier de sa langue
d'origine devant un public étranger, pou-ait sembler
extravagant. Or, cette langue si résonnante et si musicale
n'aura jamais de si bonne manière caractérisé le
rythme pataud du bourgeois, l'effronterie de Nicole, la
sophistication extrême de la Marquise Dorimène. Exact
contrepoint d'une ouverture faussement grandiloquente, singeant les
aspirations de monsieur Jourdain, ou d'un air de cour chantant le
désarroi des amours contrariées, cette langue souligne
le mot, éclaire les appartenances sociales, fait mouche
grâce et malgré son étrangeté. Dans un
décor magique éclairé par mille bougies, les
maquillages, les vêtements sont animés d'une vie
mystérieuse, dansant un ballet insolite aussi chargé de
sens que la chorégraphie de Cécile Roussat. Soutenue
par l'art du mime, la danse baroque n'a jamais paru aussi expressive
: elle semble bien avoir trouvé ici la puissance qu'on lui
prêtait à l'époque mais que l'on cherchait
presque en vain depuis des années. Tout cela, le public
conquis d'Utrecht l'a perçu sans doute, ses rires montrant
assez que les forces réunies du metteur en scène et
acteur Benjamin Lazar et de Vincent Dumestre donnaient une vigueur
nouvelle au spectacle baroque de la convention naît la
profondeur du sens."
- Théâtre de
Lucerne - 16, 21, 23, 30 mai, 3, 4, 8, 9, 11, 13, 13
juin 2004 - nouvelle production
- Château de Blois -
Cour royale - 29, 30, 31 août 2002 - Londres - Abbaye de Westminster - 24,
25 et 26 septembre 2002 - Naples -
Théâtre San Carlo - 11 et 12 octobre 2002
- Reims - Grand
Théâtre - 17, 18 et 19 octobre 2002 -
English Bach Festival - dir. Curnyn - mise en scène,
décors et costumes Alain Germain - avec Jäggi,
Marchadier, Conway-Brown, Jeremy Huw-Williams, van Ast,
Fernandes
- Théâtre de
Nîmes - 19 octobre 2001 - Château de Castries - 21 octobre
2001 - Théâtre de
Béziers - 24 octobre 2001 - Versailles
- Opéra Royal du
Château - 8 et 11 novembre
2001 - La Simphonie du Marais - dir. Hugo Reyne -
avec Françoise Masset, Julie Hassler,
François-Nicolas Geslot, Renaud Tripathi, Bruno Beterf,
Yves Coudray, Jean-Louis Georgel, Philippe Roche
- Château de Chambord
- 2001 - Londres - Linbury
Studio Theatre - Royal Opera House - 14, 15, 16
septembre 2001 - Compagnie Alain Germain
- Arma - Académie
d'opéra baroque - 1993 - mise en scène
Jean-Louis Cabané
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