COMPOSITEUR
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Jean-Baptiste LULLY
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LIBRETTISTE
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Philippe Quinault, d'après les
Métamorphoses d'Ovide
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ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2001
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2002
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Christophe Rousset
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Astrée
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3
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français
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2004
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2005
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Hervé Niquet
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EuroArts
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Tragédie en musique, en un prologue et cinq
actes, sur un livret de Philippe Quinault d'après les
Métamorphoses d'Ovide, créée à
l'Académie royale de musique, le 17 avril 1682.
Elle fut reprise à Versailles le 21 juillet
1682. Prévue pour être donnée dans la Cour de
Marbre - comme Alceste en 1674 - elle fut transportée
au dernier moment, en raison de la pluie, dans le Manège de la
Grande Ecurie faisant face au château, que Carlo Vigarani avait
transformée en salle de spectacle, à la grande
satisfaction du roi.
Le Mercure galant de juillet 1682 commenta :
Théâtre, orchestre, haut dais, rien n’y manquait. Un
très grand nombre d’orangers, d’une grosseur extraordinaire,
très difficiles à remuer, et encore plus à faire
monter sur le théâtre, s’y trouvèrent
placés. Tout le fond était une feuillée,
composée de véritables branches de verdure
coupées dans la forêt. Il y avait dans le fond et parmi
les orangers quantité de figures de faunes et de
divinités, et un fort grand nombre de girandoles. Beaucoup de
personnes qui savaient de quelle manière était ce lieu
quelques heures auparavant eurent peine àcroire ce qu’elles
voyaient.
La distribution réunissait : Mlle Bluquette
(Cassiope), Mlle Le Rochois (Mérope), Mlle Aubry
(Andromède), Beaumavielle (Phinée), Du Mesnil
(Persée), Desvoyes (Méduse).
La partition fut éditée chez Christophe
Ballard en 1682.
Elle fut reprise :
- le 19 août 1682, à Paris, pour
célébrer la naissance du duc de Bourgogne,
intervenue le 6 août. La représentation était
gratuite et Lully avait fait installer une fontaine de vin qui
coula pendant six heures ;
(*) Marie-Louise Desmatins fit alors ses débuts comme
danseuse, à l'âge de douze ans. Sur les conseils de
Marthe Le Rochois, elle abandonna la danse et devint chanteuse
dès 1684, carrière qu'elle poursuivit jusqu'en 1707,
pour mourir un an après, atteinte d'embonpoint.
- le 10 avril 1687, avec Dun (Céphée),
Mlle Desmatins (Mérope), Mlle Moreau (Andromède),
Beaumavielle (Phinée), Du Mesnil (Persée), Desvoyes
(Méduse) ;
- le 9 février 1703, avec Mlle Clément
L. (La Vertu), Cochereau (Phronyme), Chopelet (Mégathyme),
Mlle Lallemand (La Fortune), Mlle Dupeyré (La Magnificence)
et Mlle Loignon (L'Abondance) dans le prologue, Hardouin
(Céphée, roi d'Ethiopie), Mlle Maupin (Cassiope,
reine d'Ethiopie), Mlle Desmatins (Mérope), Mlle
Sallé (Andromède), Courteil (Amphimédon), Le
Bel (Corite), Drot (Proténor), Cochereau (Persée),
Chopelet (Mercure), Labé (Un Cyclope), Mlle Lallemand (Une
Guerrière), Bertrand (Une Divinité infernale),
Desvoyes (Méduse), Prunier (Euriale), Marianval
(Sthétone), Boutelou (Un Matelot), Desvoyes (Le
Grand-Prêtre de l'Hyménée), Mlle
Dupeyré (Vénus), Drot (Un Triton) ;
- le 20 novembre 1710, avec Mlle Milon (La Vertu), Le
Bel (Phronyme), Buseau (Mégathyme), Mlle Hucqueville (La
Fortune), Mlle Boisé (La Magnificence) et Mlle Laurent
(L'Abondance) dans le prologue, Hardouin (Céphée),
Mlle Milon (Cassiope), Mlle Pestel (Mérope), Mlle Journet
(Andromède), Le Mire (Amphimédon), Guesdon (Corite),
Morand (Proténor), Cochereau (Persée), Guesdon
(Mercure), Dun (Un Cyclope), Mlle Hucqueville (Une
Guerrière), Le Mire (Une Divinité infernale),
Mantienne (Méduse), Buseau (Euriale), Dun
(Sthétone), Guesdon (Un Matelot), Duplessis (Le
Grand-Prêtre de l'Hyménée), Mlle Hucqueville
(Vénus), Courteil (Un Triton) ;
- le 8 novembre 1722, avec Mlle Le Maure (La Vertu),
Grenet (Phronyme), Chartene (Mégathyme), Mlle Livarde (La
Fortune), Mlle Julie (Suivante de la Fortune) dans le prologue, Du
Bourg (Céphée), Mlle Antier (Cassiope), Mlle Antier
(Mérope), Mlle Tulou (Andromède), Thévenard
(Phinée), Murayre (Persée), Tribou (Mercure), Dun
(Un Cyclope), Mlle Minier (Une Guerrière), Chassé
(Un Dieu infernal), Mantienne (Méduse), Guesdon (Euriale),
Dun (Sthétone), Mlle Catin (Néréide,
l'Hymen), Le Mire (Le Grand-Prêtre), Mlle Antier
(Vénus) ;
Cette reprise donna lieu à une
réédition par Jean-Baptiste Christophe Ballard.
- le 14 février 1737, avec Mlle Julie (La
Vertu), Cuvillier (Phronyme), Dumast (Mégathyme), Mlle
Petitpas (La Fortune), Mlle De Lorge (Suivante de la Fortune) dans
le prologue, Dun (Céphée), Mlle Eremans (Cassiope),
Mlle Antier (Mérope), Mlle Pélissier
(Andromède), Chassé (Phinée), Person
(Amphimédon), Bérard (Corite), Louette
(Proténor), Tribou (Persée), Jélyotte
(Mercure), Le Febvre (Un Cyclope), Mlle Duplessis (Une
Guerrière), Le Page (Une Divinité infernale, un
Triton), Cuvillier (Méduse), Dumast (Euriale), Fontenay
(Sthétone), Person (Le Grand-Prêtre), Mlle De Lorge
(Vénus) ;
- le 15 novembre 1746, Mlle Coupée (La Vertu),
Poirier (Mégathyme), Mlle Jacquet (La Fortune) dans le
prologue, Le Page (Céphée), Mlle Romainville
(Cassiope), Mlle Chevalier (Mérope), Mlle Fel
(Andromède), Chassé (Phinée), Jélyotte
(Persée), Poirier (Mercure, un Matelot), La Mare (Un
Cyclope), Mlle Coupée (Une Guerrière), Armand (Une
Divinité infernale), Mlle Metz (Méduse), La Tour
(Euriale), Person (Sthétone), Albert (Le
Grand-Prêtre), Mlle Rollet (Vénus).
L'oeuvre fut également jouée à
Lyon, en 1695, dans la salle de la Place Bellecour, et au
théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le 28
décembre 1706.
Une parodie fut jouée à la Foire St
Germain en 1709 sous le titre Persée le Cadet.
Des exécutions eurent également lieu le
26 octobre 1746 et le 7 octobre 1748 au château de
Fontainebleau, et le 1er mars 1747 au château de
Versailles.
Bernard de Bury avait été chargé
d'écrire un Prologue, qui connut un vif succès, comme
l'écrivit le Mercure de France : L'Ouverture, qui
est dans le goût moderne, passe, avec raison, pour une des plus
belles du genre. Toutes les paaroles sont fort bien exprimées,
il y a un Choeur très-beau, et les symphonies sont
agréaables, mélodieuses, pleines de tours de chant
heureux, et faciles à danser.
L'oeuvre, réduite à quatre actes, pour
donner plus d'étendue aux divertissements et profiter de tous
les progrès de la danse, fut exécutée en
1770 pour l'inauguration de l'Opéra Gabriel, à
l'occasion du mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette. C'est en 1748
que Louis XV avait repris le projet de Louis XIV de créer un
véritable théâtre au château de Versailles,
et en avait chargé Ange-Jacques Gabriel, premier architecte
des Bâtiments du Roi. La décision ne fut toutefois prise
qu'en 1768, dans l'optique des fêtes destinées à
accompagner le mariage du Dauphin, futur Louis XVI, fixé au 16
mai 1770. Augustin Pajou, d'une famille de sculpteurs, fut
chargé de la décoration sculptée de la salle et
du foyer, Louis Jacques Durameau de la décoration picturale de
la salle. La salle fut conçue par Gabriel de façon
à servir successivement de salle de théâtre,
salle de concert, salle de bal et de festin, avec un plancher mobile
qui pouvait élever le parterre jusqu'à hauteur de la
scène.
C'est le lendemain du "festin", le 17 mai, que fut
donné Persée, devant la famille royale, avec une
distribution réunissant Sophie Arnould, soprano, Henri
Larrivée, basse-taille, une machinerie préparée
par Arnoult, et des danses où se produisirent Mlle Heinel,
Mlle Guimard, Mlle Dervieux, et Vestris, danseur aérien dont
on disait qu'il ne touchait le sol que par déférence
pour ses camarades.
La musique de Lully avait été
remaniée par Rebel, Francoeur, Bury et Dauvergne, le livret
par Joliveau. Les décors étaient au nombre de cinq :
une place publique, les jardins du palais de Céphée,
l'antre des Gorgones, la mer et le rocher d'Andromède, la
Gloire finale avec l'autel de l'hymen et de l'Amour. Durant cette
scène, un aigle vint allumer le feu sur l'autel de l'hymen
pendant que des chants appropriés célébraient le
mariage du Dauphin et de l'archiduchesse d'Autriche. On avait
réuni quatre-vingt-dix instrumentistes, cent choristes, dix
solistes et trois cents figurants. Louis-René Boquet (*)
avait réalisé les costumes. Les décors
furent très longs à changer, car la machinerie
n'était pas encore au point, et Marie-Antoinette ne parvint
pas à dissimuler son ennui.
Bachaumont commente dans ses Mémoires
secrets : L'Opéra de Persée, joué avec
toute la pompe et toute la magnificence du spectacle, n'a point eu de
succès. On a trouvé mauvais que le sieur Joliveau se
fût avisé de changer le poème de Quinault, ou
plutôt de le profaner par ses corrections
sacrilèges... On a déjà observé
que le genre de la musique ne pouvait affecter que
désagréablement les oreilles de Madame la Dauphine,
accoutumées jusqu'à présent seulement à
la vivacité et à la légèreté de la
musique italienne... En tout l'exécution a
été plus que médiocre.
(*) Louis-René Boquet (1717 - 1814). Entre aux Menus
Plaisirs en 1751 comme dessinateur de costumes et entrepreneur de
décorations. Nommé dessinateur en chef des costumes,
des fêtes et des cérémonies en 1764.
Robert Baschet, dans « Mademoiselle Dervieux,
fille d'opéra », raconte le succès obtenu par
Anne-Victoire Dervieux :
...C’est au cinquième acte seulement, en
pleine somnolence, qu’apparaît la Dervieux. Le rideau s'ouvre
sur une vision de féerie d'une conception audacieuse : un vol
d’amours et de zéphyirs chevauchant des nuages argentés
folâtre à quelques mètres du sol en
lançant des fleurs, tandis que dans une déchirure du
ciel surgit le palais de l’Amour en grandeur naturelle, avec double
colonnade, coupole et revêtement de rubis, de diamants
ét d’argent... Alors, par la force des poignets d’une
armée de machinistes, la danseuse descend sur une nuée
avec trois autres belles filles groupées en des poses
alanguies. C’est l’Hymen en compagnie de l’Amour, de Vénus et
d’Hébé ; mais c’est surtout une femme jeune et
séduisante, osant pour la première fois se montrer nue
sous une veste et une culotte de taffetas « chair tendre
».
Un grand brouhaha d’étonnement agite la salle
; les hommes cessent brusquement de s’entretenir à mi-voix
d’affaires personnelles ; les femmes cachent leur
mécontentement sous des mines effarouchées ; mais tous
sont fascinés par le charmant tableau que forment
Aune-Victoire et Mlle Lafond : l’une porte « un collier chair,
des gants, bas et souliers chair avec lassure rose et argent » ;
l’autre est vêtue « du costume voluptueux de l’amour
». Et leurs beaux corps, dévoilés sans pudeur, les
rendent en une soirée plus célèbres que n’avait
pu le faire leur talent en plusieurs années.
Dans le palais de rubis, les Plaisirs, les Ris, les
Grâces et les Jeux dansent indéfiniment autour d’un
trône où l’Amour et Hébé, couronnés
de fleurs, attendent d’être unis par Hymen.
Dès que le rideau est tombé, les
hommes se précipitent vers les loges des artistes, mais n’y
trouvent qu’un désordre, inanimé, de taffetas
déjà les vedettes, engoncées à nouveau
dans leurs robes de ville, remontent en carrosse pour regagner Paris
où elles doivent jouer le lendemain. Mais elles laissent une
traînée d’hommages qui vaut sans doute mieux que les
habituelles suites d’un tel succès. »
Une nouvelle représentation eut lieu le 26 mai,
avec de nouvelles coupures opérées par
Nicolas-René Joliveau, secrétaire perpétuel de
l'Académie royale.
A Bruxelles, l'oeuvre fut représentée en
1682, 1685 et 1706, à Amsterdam le 21 août 1688,
à Lyon pendant l'hiver 1696/97.
Persée fut remis en musique par
François-André Danican Philidor, sur un livret en trois
actes, adapté de Philippe Quinault par Jean-François
Marmontel, et représenté dans la seconde salle du
Palais Royal, le 27 octobre 1780.
Le 15 novembre 1780, Bachaumont notait :
Malgré le froid accueil que l’on fait de la refonte du
poème de Persée, malgré la force avec laquelle
on s’est élevé dans le plus grand nombre des papiers
publics contre la témérité de M. Marmontel, de
profaner par ses mutilations et interpellations notre prince des
poètess lyriques malgré les éloges ironiques des
autres, malgré les calembours de toute espèce, les
épigrammes qui l’accablent de toutes parts, le savetier de
l’opéra soutient tout cela avec une insolence sans exemple ;
il répond que s’il y a de mauvais vers dans Persée, ce
sont ceux de Quinault, qu’il a conservés. Entre diverses
plaisanteries qu’occasionne la guerre qu’on lui fait, voici la plus
saillante :
Quinault par la douceur de ses aimables vers,
Suspendait le tourment des ombres malheureuses
;
Cherchons, pour l’en punir, des peines rigoureuses
S’écria le Dieu des enfers.
Il invente aussitôt le mal le plus horrible,
Dont au Tartare même on se fût
avisé.
Je veux faire, dit-il, un exemple terrible ;
J’ordonne que Quinault soit
Marmontélisé.
De son côté, l'abbé Arnaud disait
de Marmontel, que sur les perles de Quinault, le vilain a fait son
ordure.
Persée inspira quatre parodies. La
première, intitulée Persée le Cadet, en
trois actes en monologue, représentée à la Foire
S. Germain 1709, par la Troupe de Dolet & La Place ; la seconde,
de Fuzelier, en trois actes presque toute en vaudevilles,
donnée aux Italiens sous le titre d'Arlequin ersée, le
18 décembre 1722 ; la troisième, intitulée le
Mariage en l'air, jouée à l'Opéra-Comique en
1737 ; la quatrième donnée aux Marionnettes de
Bienfait, par un anonyme, à la Foire St Germain de la
même année, sous le titre de Polichinelle
Persée, parodie en trois actes en forme de dialogues et de
vaudevilles.
Le livret fut repris par Joliveau et remis en musique
par Philidor (création à l'opéra le 24 octobre
1789).
Décryptage...
En filigrane de la tragédie en musique de
Persée, on peut voir derrière les trois Gorgones
: la triple alliance qui se formait contre Louis XIV (les Pays Bas,
la Suède et l'Empereur d'Autriche) ; derrière le
monstre marin : l'Espagne ; derrière Persée,
aimé et protégé des dieux : Louis XIV ;
derrière "le lieu champêtre" où s'installe la
Vertu et où sortent de terre les fleurs, les statues, etc. :
Versailles où le roi venait de s'installer, loin de Paris.
Synopsis
détaillé
Prologue
Un bocage
Phronime et Mégathyme
annoncent l'arrivée de la Vertu. La Vertu s'avance avec sa
suite, accompagnée de l'Innocence et des Plaisirs innocents.
La Vertu rappelle que la Fortune est toujours redoutable, puis chante
le bonheur d'une vie innocente. Danses. Phronime et Mégathyme
chantent leur dédain pour la Fortune. Tout à coup, des
fleurs sortent de terre, ainsi que des statues, des berceaux
dorés et des fontaines. La Fortune s'avance avec sa suite au
son de nombreux instruments, accompagnée de l'Abondance et de
la Magnificence. La Fortune indique à la Vertu qu'elle vient
faire la paix, sur ordre d'un auguste héros, le seul qui
pouvait vaincre sa haine. La Vertu et la Fortune et leurs suites
célèbrent le héros glorieux, par des danses et
des chants.
Acte I
Une place publique
magnifiquement ornée, et disposée pour y
célébrer des jeux en l'honneur de Junon
(1) Céphée, roi des
Céphiens, aux confins de l'Ethiopie, exprime à son
épouse Cassiope ses craintes que la haine de Junon contre elle
ne soit pas apaisée, et qu'il ne puisse défendre son
peuple contre Méduse. Cassiope regrette d'avoir comparé
sa gloire à celle de Junon, et espère que les jeux
qu'elle prépare en son honneur apaiseront sa colère.
Céphée compte sur Persée, fils de Jupiter, pour
obtenir son assistance. (2) Cassiope explique à sa soeur
Mérope qu'elle la destinait à Persée, mais que
celui-ci est épris de sa fille. Mérope est jalouse,
mais bien décidée à le cacher à
Persée. (3) Restée seule, Mérope sait qu'elle ne
peut échapper à l'amour. (4) Andromède, fille du
couple royal, et Phinée, frère de Cassiope, arrivent.
Phinée ne croit pas à l'amour d'Andromède,
à cause de Persée, dont il l'accuse d'être
éprise. Andromède s'en défend, assurant qu'elle
fuit Persée et qu'elle se fait un devoir de l'aimer, lui
Phinée. (5) Les Jeux Junoniens vont commencer. On apporte les
prix. Cassiope invoque Junon et fait amende honorable. Les jeux
commencent par un concours de danse. Mais trois Ethiopiens
surviennent, dont un, Amphimédor, annonce que nouveaux
malheureux ont été transformés en rochers par
Méduse. Le choeur ne pense qu'à se sauver.
Acte II
Les jardins du palais de
Céphée
(1) Persée a ramené
le roi au palais, et Méduse s'est retirée. Cassiope
désespère de calmer la colère de Junon. (2)
Phinée réclame à Céphée la main
d'Andromède, et met en doutes que Persée soit le fils
de Jupiter. Céphée lui annonce que Persée a
offert de tuer Méduse, mais réclame Andromède en
contrepartie. (3) Céphée reprend espoir. (4)
Mérope exprime ses craintes pour Persée. (5)
Andromède arrive et, en rêvant, et laisse entendre
à Mérope qu'elle ne peut résister aux
mérites et à l'amour de Persée. Mérope et
Andromède reconnaissent qu'elles sont toutes deux
éprises de Persée. Toutes deux craignent pour sa vie.
(6) Persée, avant de combattre Méduse, vient dire son
amour à Andromède. Celle-ci répond qu'elle est
promise à Phinée, mais se trahit. Craignant l'issue du
combat, elle essaye en vain de retenir Persée. (7) Mercure,
sortant des Enfers, annonce à Persée que les dieux vont
lui prêter assistance, en dépit de Junon. (8) Des
Cyclopes viennent, en dansant, et l'un donne à Persée,
de la part de Vulcain, une épée et des
talonnières ailées, semblables à celles de
Mercure. (9) Des Nymphes guerrières entrent, dont une
présente à Persée, de la part de Pallas, un
bouclier de diamants. (10) Les divinités infernales sortent
des enfers, et l'une apporte à Persée le casque de
Pluton. Mercure et les choeurs souhaitent la victoire à
Persée.
Acte III
L'antre des Gorgones,
Méduse, Eutyale et Sténone
(1) Méduse se lamente sur
sa beauté perdue, à cause de la jalousie de Pallas.
Elle se console toutefois par la puissance de son regard. Une douce
musique se fait entendre. Mercure survient. Méduse pense que
les dieux ont besoin d'elle, mais Mercure lui annonce qu'il vient lui
offrir un sommeil paisible. Les trois Méduses se
récrient, mais, touchées par le caducée de
Mercure, s'endorment. (2) Mercure conseille à Persée de
surpendre Méduse pendant son sommeil, en évitant de la
regarder. persée tenant son bouclier devant ses yeux, approche
de Méduse, lui coupe la tête et la cache dans une
écharpe pour l'emporter. (4) Eutyale et sténone
s'éveillent et veulent venger Méduse, mais ne peuvent
voir Persée, grâce à son casque. Des
fantômes, dont Chysaor, Pégase, et des monstres se
forment du sang de Méduse. Certains s'élèvent
dans les airs, d'autres rampent, les autres courent, mais
Persée leur reste invisible. (5) Mercure renvoit
Persée, et contraint les deux Gorgones ainsi que les monstres
à descendre aux Enfers.
Acte IV
La mer, un rivage bordé
de rochers
(1) Le choeur des Ethiopiens
accueille le vainqueur de la Méduse. (2) Phinée et
Mérope sont les seuls à ne pas s'en réjouir.
Mérope se plaint de l'indifférence de Persée, et
Phinée est jaloux de son triomphe. La mer lève, les
flots envahissent le rivage. Phinée et Mérope comparent
la tempête à leur trouble. (3) Le choeur des Ethiopiens
se lamente, et Idas annonce que Junon a fait sortir de la mer un
monstre qui viendra dévorer Andromède. Celle-ci a
été emmenée par les Tritons, aux ordres de
Thétis, pour être exposée sur un rocher et
offerte au monstre. Les Ethiopiens se lamentent, même si
Persée est décidée à la sauver, et se
placent sur les rochers en bordure du rivage. Phinée se
réjouit, préférant voir Andromède
dévorée que dans les bras de Persée. (4)
Céphée et Cassiope se lamentent, Cassiope s'accusant
à nouveau d'avoir provoqué la colère de Junon.
(5) Cassiope supplie en vain les Tritons et
Néréïdes qu'on la laisse prendre la place
d'Andromède. Andromède chante que c'est à elle
d'apaiser les dieux. Les Tritons rappelle à Cassiope que la
grandeur des mortels est vaine. Cassiope et Céphée,
désepérés, appellent en vain Andromède.
Le monstre apparaît. mais Persée apparaît
également dans l'air. (6) Persée combat le monstre et
le tue. Les Tritons redescendent cacher leur honte dans la mer qui
s'apaise. (7) Le choeur des Ethiopiens chantent la victoire de
Persée. Les ethiopiens descendent des rochers, et
témoignent leur joie par des chants et danses. Des matelots et
leurs femmes se joignent à eux. Un Ethiopien chante leur
soulagement après une telle frayeur, puis le bonheur de
l'amour. Tous célèbrent le héros.
Acte V
Le lieu préparé
pour les noces de Persée et Andromède
(1) Mérope appelle la mort
pour mettre fin à sa douleur. (2) Phinée lui annonce
qu'Iris lui a transmis la volonté de vengeance de Junon, et
qu'il entend bien soustraire par la force Andromède à
Persée. (3) Les noces commencent, devant les courtisans de
Céphée, magnifiquement parés. Le Grand
Prêtre de l'Hyménée appelle le bonheur sur les
fiancés. (4) Mérope interrompt la
cérémonie en avertissant Persée que
Phinée et ses soldats est en marche contre lui. Persée
refuse de s'enfuir et s'apprête à l'affronter. (5)
Phinée arrive avec ses combattants, et s'attaque à
Persée. (6) Pendant le combat, Andromède et Cassiope
invoquent les dieux. (7) Céphée annonce à
Cassiope que sa soeur a été mortellement
blessée, et qu'il craint la défaite de Persée.
(8) Les suivants de Phinée appellent à la mort de
Persée, mais celui-ci rassure ses partisans. Il sort la
tête de Méduse et pétrifie Phinée.
Persée chante le secours de Vénus. (8) Vénus
descend dans son palais, elle annonce que les maheurs des Ethiopiens
sont finis, et que même Junon est apaisée.
Céphée, Cassiope, Persée et Andromède
sont élevés au ciel pour être toujours
environnés de feux éclatants. Les Ethiopiens
témoignent leur joie par des chants et des danses.
http://fbecuwe.free.fr/persee.htm
Représentations :
- Cité de la Musique
- 2006 - dir. Hervé Niquet
- Toronto - Elgin Theatre
- 23, 24, 28, 30 avril, 1er, 2 mai 2004 -
Tafelmusik Baroque Orchestra - dir. Hervé Niquet - mise en
scène Marshall Pynkowsi - chorégraphie Jeannette
Zingg - décors Gerard Gauci - costumes Dora Rust-D'Eye -
lumières Kevin Fraser - avec Cyril Auvity (Persée),
Alain Coulombe (Phinée), Olivier Laquerre
(Céphée), Marie LeNormand (Andromède), Thomas
Meglioranza (Méduse), Stephanie Novacek (Cassiope), Michiel
Schrey, Curtis Sullivan, Monica Whicher (Mérope)
- La Cité de la
Musique - 15 septembre
2001 - Chantres de la Chapelle Royale de Versailles - Orchestre
des Talens Lyriques - dir. Christophe Rousset, clavecin - avec
Paul Agnew, haute-contre (Persée), Anna Maria Panzarella,
soprano (Andromède, Nymphe guerrière), Olivier
Lallouette, basse baryton (Céphée, Ethiopien,
Cyclope, Idas), Monique Simon, mezzo-soprano (Cassiope,
Imène), Salomé Haller, soprano (Mérope,
Fortune), Jérôme Corréas, basse baryton
(Phinée, Ethiopien), Robert Getchell, haute-contre
(Mercure, Megathyme), Béatrice Mayo, soprano (La Vertu,
Vénus, Amour), Bruno Rostand, baryton basse
(Sténone, Triton)
- Festival International de
Musique Baroque de Beaune - Cour
des Hospices - Recréation en première
européenne - version de concert - 13 juillet 2001 - Choeur
de la Chapelle Royale de Versailles - Les Talens Lyriques - dir.
Christophe Rousset - avec Paul Agnew (Persée), ténor
, Anna-Maria Panzarella (Andromède), soprano, Olivier
Lallouette (Céphée), baryton basse, Monique Simon
(Cassiope), soprano, Salomé Haller (Mérope) soprano,
Jérôme Correas (Phinée), baryton basse,
Béatrice Mayo (La Vertu) soprano.
- Diapason -
septembre 2001 - "Persée retrouvé"
"L'incomparable Quinault
déroule ici l'un de ses plus riches poèmes"..."Lully
déborde d'une imagination toute classique"..."Christophe
Rousset...sa conduite est vive et
naturelle"..."Jérôme Corréas n'a jamais mieux
chanté, Salomé Haller détaille avec amour
accents et ornements, Anne Marie Panzarella marie la noblesse
à l'affectation...De Paul Agnew on comprend chaque
mot..."
- Altamusica - Christophe Rousset
réussit une percée lullyste
"Y aurait-il deux Christophe
Rousset, celui qui, dans Haendel ou Mozart, n’est pas toujours
convaincant ; et celui qui trouve son terrain d’élection dans
la musique française ? Assurément, sa vision de Lully
est vivante et distinguée, sans pompe ni emphase. Des
divertissements chorégraphiques, le chef sait souligner le
lien organique qui les intègre vraiment à la partition
et n’en fait pas des épisodes rajoutés sans
nécessité et simplement décoratifs. S’il
souligne raisonnablement l’intensité des récitatifs,
Rousset aborde les airs avec une volonté expressive identique.
Sans doute pourrait-il aller encore plus loin dans l’imagination et
la fantaisie, dans la diversité des couleurs et des
contrastes. Il est, néanmoins, sur la bonne voie.
Homogène,
équilibrée, la distribution qu’il a réunie a
pour premier atout de laisser entendre les mots, et de trouver le ton
pour déclamer sans artifice et sans surjouer ; de plus, tout
le monde a fait sienne la perspective du concert, dont
l’éclairage est moins cru que celle de la scène. Si
l’on perçoit, chez Monique Simon et Bruno Rostand, des
ressources qui pourraient être mieux exploitées, Laurent
Slaars, Béatrice Mayo, Robert Getchell Vincent Billier sont
convaincants autant pas leurs qualités vocales
intrinsèques que par leur style et leur engagement. Le duo
Persée/Andromède, Paul Agnew et Anna Maria Panzarella,
partage la même vibration, la même fraîcheur de
timbre. Salomé Haller ajoute à un timbre soyeux et
opulent une sensibilité à fleur de peau qui la rend
troublante ; il est vrai que les airs de Mérope comptent parmi
les plus beaux de la partition."
- Toronto - The Elgin and
Winter Garden Theatre Centre - novembre 2000 -
Opéra Atelier de Toronto - Choeur de chambre et Orchestre
baroque Tafelmusik, membres du Concert Spirituel - dir.
Hervé Niquet - mise en scène Marshall Pynkoski -
chorégraphie Jeannette Zingg - avec Rufus Müller
(Persée), Mark Stone (Céphée), Laura Pudwell
(Cassiope), Nathalie Paulin (Andromède), Michael Chioldi
(Méduse)
- Ambronay - Espace
Polyvalent - 27 septembre 1997 -
Polichinelle-Persée, parodie de la tragédie
lyrique, avec marionnettes baroques - mise en scène Yves
Hunstad - manipulateurs Michel Keyaerts et Cécile van
Seymortier - marionnettes José Maquet, Paul Tignée,
Barbara Mélois - avec Jean-Luc Impe, théorbe,
Catherine Daron, traverso, Mireille Podeur, clavecin,
Valérie Gabail (Mérope), Manuela Ammoun
(Andromède), Patrick Waleffe (Dame Cigogne - Persée
- Méduse - Idas), Pierre Bodson (Céphée -
Mercure), Patrick Ringal-Daxhelet (Sacaramouche)
"La parodie, parfaitement
rodée, ne mérite par contre que louanges. La
virtuosité de jeu et d’invention des acteurs-chanteurs se
révélait très heureuse. La mise en scène
soulignait avec intelligence les rapports avec le modèle
sérieux et acclimatait la pièce, avec l’aide
d’éléments contemporains, à un public
d’aujourd’hui. Jean-Luc Impe est, de toute évidence, plus
à l’aise dans la parodie que dans une tragédie
demandant une plus grosse infrastructure."
- Ambronay - Chapelle des
usines Bonnet - Festival d'Ambronay - 26 septembre 1997 - Les Menus Plaisirs du Roy -
dir. Jean-Luc Impe/ Mireille Podeur - dramaturgie Bruno Cohen -
gestuelle et prononciation restituée Nicole Rouillé
- costumes Dominique Louis - Compagnie de danse " Talon et pointe
" - avec Howard Crook (Persée - Méduse), Julie
Hassler (Andromède), Valérie Gabail (Mérope),
Anne Horbach (Cassiope - la Vertu), Stéphane Van Dyck
(Mercure), Patrick Ringal-Daxhelet (Phinée - Steone),
Gilles Wiernik (Céphée), Jean-François
Lombard (Euriale), Myriam Piguet (Vénus), Lise Berardo
(Amour), Elisabeth Goethals (Hymen), Nicolas Bauchau (Le grand
prêtre) - Alain Carré, comédien
"La mise en scène d’une
tragédie lyrique est toujours un événement, ne
serait-ce que par la trop rare apparition de ce genre dans les
théâtres. Il s’agissait ici d’une pièce
écrite par Lully sur un livret de son plus grand
collaborateur, Philippe Quinault et représentée pour la
première fois en avril 1682 au Palais-Royal. Aujourd’hui,
cette opération était d’autant plus passionnante que
son ‘double’ parodique était présenté par les
mêmes musiciens dans le même temps. Plusieurs
intérêts renforçaient l’attrait lullyste : une "
machinerie optique " et l’utilisation d’un théâtre de
marionnettes pour le complément comique. Un effet de miroirs
se faisait jour : à l’intérieur de la scène,
entre l’opéra et son reflet comique, et à
l’intérieur du théâtre de marionnettes qui donne
à voir un double transformé et moqué du
héros. C’est bien sur une machine de vision que s’articulaient
les deux spectacles.
Le premier dispositif
mécaniste, se comportait, dans sa fonction, comme un
véritable automate spirituel. Le merveilleux, le ‘divin’ de la
mythologie se cachait derrière ce montage catoptrique : on
aboutit ainsi au chavirement de l’image, comme des sens. Idée
fabuleuse : l’ " en haut " est montré par une autre optique,
un reflet, une légèreté. " Le mythe est un
discours mensongé qui exprime la vérité en
images " prévient le récitant.
On pourra toutefois regretter
le lieu choisi (en raison bien sûr du peu de salle de la
région), qui ne se prêtait pas forcément au
montage d’une scène, et en diminuait l’impact. On louera quand
même le festival d’Ambronay qui n’a pas ménagé
ses efforts pour arriver au terme de cette manifestation. On a
également pu apprécier l’investissement de chaque
musicien et chanteur, même si une véritable direction
d’ensemble faisait défaut dans cette version de chambre (2
violons, 2 altos, 2 traversos et 3 continuistes). Si l’acte III
souffrait d’un certain statisme, ailleurs, la mise en scène
accompagnait sans gêne les chanteurs, certains étant
habillés magnifiquement. Il manquait malheureusement une
caractérisation des évolutions du livret, et de ce
fait, la progression ne s’imposait pas."
- Paris -
Société des Concerts du Conservatoire -
10 novembre 1929 - air de Méduse - dir. Philippe Gaubert -
avec Lina Falk, Professeur Supérieur au Conservatoire Royal
de Bruxelles
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