MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

COMPOSITEUR

Jean-Baptiste LULLY
LIBRETTISTE

Molière
     

Comédie-ballet en trois actes de Molière, entrecoupée de ballets et de chants (LWV 41), représentée à Chambord, le 6 octobre 1669, devant le roi, au cours du Divertissement de Chambord.

Carlo Vigarani avait édifié un théâtre au premier étage du château, autour de l'escalier monumental faisant face à l'entrée principale.

Lully remplaça Molière, malade, dans le rôle de Pourceaugnac, et, on raconte qu'afin de dérider le Roi, il bondit sur le clavecin situé devant la scène, au milieu de l'orchestre, qui s'écroula. Lully se retrouvant cul par dessus tête, déclenchant enfin l'hilarité du Roi.

Les intermèdes comprenaient :

 Costume d'apothicaire

La pièce fut imprimée par Jean Ribou en 1670.

Reprise à Versailles, le 4 novembre, avec les ballets, puis au Palais Royal à partir du 15 novembre 1669 et jusqu'en septembre 1672.

Reprise au château de Saint-Germain-en-Laye en novembre 1681, puis à partir de juillet 1701 au Théâtre des Fossés St Germain.

 

 

Com. Ball. de Moliere, en 3 Ac. en pro. faite & jouée à Chambort pour le Roi, au mois de Septembre 1669, & représentée ensuite sur le Thé. du Palais Royal, le 15 Novemb. de la méme année. Cette piece, qui est mêlée de danses & de chansons Françoises & Italiennes dont les airs étoient du célebre Lully, se revoit souvent sur le Théatre, & ce fut pendant ses représentations que la Troupe de Moliere prit pour la premiere fois le titre de la Troupe du Roi. On prétend que ce qui donna lieu à cette Coméd. fut un Gentilhomme Limosin, qui un jour de spectacle, & dans une querelle qu'il eut sur le Théatre avec les Comédiens, étala une partie du ridicule dont il étoit chargé, & dont Moliere sut très-bien tirer parti pour amuser le Public. Sa piece se trouve tome cinquieme de ses OEuvres. (de Léris - Dictionnaire des Théâtres) 

 

Représentations :

 

"Septième collaboration entre Molière et Lully, la comédie-ballet Monsieur de Pourceaugnac fut créée à Chambord en 1669, un an avant Le Bourgeois gentilhomme. La production réjouissante, présentée en février 2011 lors de la première édition des Nuits Baroques du Touquet, que reprend à l’Opéra de Reims, réalise avec bonheur la synthèse entre les arts.

La mise en scène de Vincent Tavernier témoigne d’une connaissance affinée du théâtre baroque et de la rhétorique spécifique à la comédie-ballet. Derrière les facéties grotesques d’un personnage pittoresque monté du Limousin à Paris, puis berné par sa naïveté et sa prétention, se cache l’envers du miroir. Les moqueries et les quiproquos les plus drôles dissimulent en fait l’ambiguïté des états d’âme du personnage principal.

Dans le décor amovible de Claire Niquet, les comédiens et les chanteurs de l’ensemble théâtral et lyrique Les Malins Plaisirs manœuvrent avec dextérité des châssis représentant les lieux de l’action. Chacun d’entre eux s’en donne à cœur joie dans les imitations en patois, les travestissements ou dans la critique éreintante du corps médical. La chorégraphie précise et souple de Marie-Geneviève Massé est enrichie de toute la tradition stylistique du XVIIe siècle. Elle permet aux six danseurs de la Compagnie l’Eventail de montrer leur dextérité et leur aisance à se mouvoir dans un univers d’une grande fantaisie. Les costumes très bigarrés d’Erick Plaza-Cochet contribuent aussi à la réussite de ce spectacle mené tambour battant.

La part de la musique, même réduite, n’en est pas moins suggestive et les interventions des neuf instrumentistes de Saint-Julien dirigés par François Lazarevitch s’intègrent sans rupture dans le déroulement de l’action. Dès l’ouverture, le ton est donné : simplicité, verve expressive et divertissante exaltation. On sort de ce spectacle comblé, comme d’ailleurs les enfants présents dans la salle, sensibles à l’imbroglio et aux drôleries d’une œuvre dont la portée est universelle."

 

 

"Monsieur de Pourceaugnac, riche bourgeois de Limoges, arrive à Paris afin d’épouser Julie, suivant le désir de son père Oronte. Mais celle-ci en aime un autre, Eraste, qui n’aura de cesse de tendre des pièges au promis provincial pour le tourner en ridicule et faire échouer le mariage. Le profond désarroi du «dindon de la farce» rappelle Le Misanthrope. «Toutes ces ombres contre lesquelles s’est battu Alceste et cette société de masques et de machinations prennent corps ici, explique Sandrine Anglade, s’exhibent dans toute leur folie, particulièrement bien relayée par l’utilisation dramatique de la musique éclatante de Lully.»

Loin d’une reconstitution historique, il s’agit ici de «renouer avec l’esprit d’extrême ouverture, de liberté et d’improvisation qui prévalaient au temps de Molière et Lully.» Les musiciens jouent donc sans partition ce qui leur permet en plus de tenir les seconds rôles de la pièce. L’œuvre est abordée avec des questionnements d’aujourd’hui, dans un désir fort de rencontre entre les arts que sont musique, danse, jeu de l’acteur.

Sandrine Anglade et son équipe travaillent sur des formes mêlant musique et théâtre pour créer des objets d’une grande unité, où acteurs et musiciens semblent appartenir à une même espèce, avide d’échanges et de qualité." (Théâtre de St-Quentin-en-Yvelines)

 

 

 

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