COMPOSITEUR
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Jean-Baptiste LULLY
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LIBRETTISTE
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Isaac de Bensérade et Philippe
Quinault
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DATE
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DIRECTION
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EDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DETAILLEE
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2003
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Hugo Reyne
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Accord
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2
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français
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Opéra-ballet (LWV 59) en cinq actes et vingt
entrées, sur un livret écrit par Philippe Quinault pour
la pièce, et par Isaac de Bensérade pour les parties
dansées. La première représentation eut lieu
à St Germain en Laye, le 21 janvier 1681, en l'honneur de
l'arrivée à la cour de France de
Marie-Anne-Christine-Victoire de Bavière, qui avait
épousé le Grand Dauphin, en mars 1680.
Synopsis et distribution
(*) :
(*) le nom des chanteurs est en italique
- Prologue : Vénus (Mlle Ferdinand L)
fait entendre que la Paix est le temps destiné pour
faire éclater la gloire de son Fils, et invite tout
le Monde à rendre hommage à ce Dieu vainqueur des
Hommes & des Dieux.
- Première entrée - Les
Grâces : Mlle de Commercy, Mlle de Pienne, Mme la
Princesse Marianne, Mlle de Tonnerre, Mlle de Clisson et Mlle de
Poitiers.
- Deuxième entrée - Les
Naïades : Mlle de Rambures, Mlle de Chateautiers, Mlle de
Biron, Mlle de Brouilly.
- Troisième entrée - Les Plaisirs
: Monseigneur, les Comtes de Brionne, de Fiesque, de Tonnerre,
le marquis de la Touche, Favre et Boutteville. Vénus et les
Plaisirs assurent que c'est pour l'Amour que tous les coeurs
sont faits.
- Quatrième entrée - Mars et les
Guerriers : Beauchamp, les marquis d'Humières, de la
Roque, de Saint-Afrique et de Nangis, les comtes de Bouligneux, de
Roussillon. Mars, furieux, assure ne pouvoir aimer que les
combats, mais est désarmé par une troupe
d'Amours.
- Cinquième entrée - Les Amours
: le comte de Vermandois, le marquis d'Alincourt, le comte de
Guiche, le comte de Verue, le marquis de Haraucourt. Amphitrite
(Mlle Rebel), après avoir beaucoup
résisté, se rend à l'amour de Neptune
(Guillegaut).
- le prince de la Roche sur Yon, le comte de Brionne,
le marquis de Moy, la princesse de Conti, la duchesse de
Mortemart, Mlles de Laval et de Piennes dans la sixième
entrée Dieux marins,
- Pecourt (Borée) dans la septième
entrée,
- la Dauphine, la duchesse de Sully, la princesse de
Guimené, Mmes de Gontaut, de Biron, de Clisson, de Brouilly
dans la neuvième entrée Nymphes de Diane,
- les marquis de Mirepoix, d'Humières et de
Richelieu, le comte d'Autelle, le marquis de Moy dans la
onzième entrée Les Songes,
- la princesse de Conti - ex-Mlle de Blois, fille de
Mlle de La Vallière et du roi - (Ariadne), le comte de
Brionne (Bacchus) dans la treizième entrée,
- Monseigneur, le comte de Fiesque (Suivants de
Bacchus), les duchesses de Sully et de Mortemart, la
marquise de Seignelay, Mlles de Lillebonne, de Laval et de Piennes
(Filles Grecques suivantes d'Ariadne), dans la quatorzième
entrée,
- Lestang C. (Apollon), dans la
quinzième entrée, les Bergers suivans
d'Apollon dans la seizième entrée,
- Lestang L. (Pan), dans la
dix-septième entrée,
- les Faunes de la suite de Pan dans la
dix-huitième entrée,
- Monseigneur ou M. de Mimeure (Zéphyre), le
prince de la Roche sur Yon, le comte de Vermandois - fils de Mlle
de La Vallière et du roi - , les marquis d'Alincourt, de
Moy et de Richelieu, le comte d'Hamilton (Zéphyrs), la
Dauphine (Flore), les duchesses de Sully et de la Ferté, la
princesse de Guimené, la marquise de Seignelay, Mlles de
Clisson et de Brouilly (Nymphes de Flore) dans la
dix-neuvième entrée,
- Mlle de Nantes - fille de Mme de Montespan et du
roi, alors âgée de sept ans- (La Jeunesse), le comte
de Guiche (Jeux), les Divinité assemblées dans le
ciel dans la vingtième entrée.




Une nouvelle représentation eut lieu à
l'Académie royale de musique à Paris, le 6 (16 ?) mai
1681. Pour la première fois, des danseuses - parmi lesquelles
Mlle La Fontaine (*), alors âgée de
seize ans, très-belle et très-noble danseuse, se
distingua - se produisirent à l'Académie royale de
musique, remplaçant les dames de la Cour. Elle était
accompagnée de Mlle Rolland, Lepeintre, Fernon, Beauchamp,
Saint-André, Favier l'aîné, Lapierre. Lully
s'était séparé de Vigarani et avait fait appel
à l'ingénieur bolonais Antonio Rivani, venu tout
exprès de Bologne.
(*) Mademoiselle La Fontaine ou de Lafontaine (1655 - 1738),
considérée comme la première danseuse
professionnelle en France. Elle dansa avec succès de 1681
à 1693, puis se retira comme penssionnaire chez les
Religieuses de l'Assomption, rue Saint-Honoré, à
Paris.
Le ballet eut un "succès prodigieux" et fut
repris :
- à la fin de janvier 1682 ;
- le 11 septembre 1705,
dans un arrangement de Danchet et André Campra, avec un
prologue et seulement quatre entrées, avec Mlle Desmatins
(Vénus), Boutelou fils (L'Amour), Mantienne et Fournier,
Mlles Loignon et Aubert (Habitants et Habitantes de
Cythère) dans le prologue, Thévenard (Mars), Mlle
Desmatins (Vénus), Boutelou fils (L'Amour), Cochereau (Un
Guerrier), Chopelet (Un Plaisir) dans la première
entrée, Mlle Journet (Amphitrite), Dun (Neptune), Mlle
Poussin (Aglaure) dans la deuxième entrée, Mlle
Poussin (Diane), Boutelou (Endymion), Du Peyré (La Nuit),
Chopelet (Le Mystère), Hardouin (Le Silence) dans la
troisième entrée, Mlle Journet (Ariane),
Thévenard (Bacchus), Hardouin (Suivant de Bacchus), Mlles
Loignon et Vincent (Indiennes) dans la quatrième
entrée ;
C'est peu après cette reprise que Mlle Subligny
(*), qui passait pour la meilleur
danseuse de son temps, quoique on lui reprochât d'avoir les genoux et les pieds en
dedans, prit sa retraite.
Elle était petite, des yeux
beaux, la taille de même et beaucoup de sagesse et de
modestie.
(*) Marie-Thérèse Perdou
de Subligny, née en 1666, entra à l'Opéra en
1688, se retira en 1707, et mourut en 1736. Peu avant sa mort, elle
aurait renversé un pot d'urine sur la tête du violon
Francoeur.
- le 26 novembre 1705, dans une version
retouchée par Antoine Danchet et André Campra, avec
un nouveau prologue et une quatrième entrée, la
première entrée de septembre 1705 ayant
été supprimée. Distribution : Mlle Poussin
(Vénus) dans le prologue, Mlle Journet (Amphitrite), Dun
(Neptune), Mlle Loignon (Aglaure) dans la première
entrée, Mlle Poussin (Diane), Boutelou (Endymion), Du
Peyré (La Nuit), Chopelet (Le Mystère), Perere (Le
Silence) dans la deuxième entrée, Mlle Journet
(Ariane), Hardouin (Bacchus), Fournier (Suivant de Bacchus), Mlles
Loignon et Vincent (Indiennes) dans la troisième
entrée, Thévenard (Apollon), Mlle Poussin
(Daphné), mantienne (Mercure), Fournier (Le
Coriphée), Boutelou fils (L'Amour), Mlle Vincent (La
Jeunesse), Mlle Aubert (Suivante de Flore) dans la
quatrième entrée.
Le Triomphe de l'Amour fut repris à Paris, au Palais Garnier, le 6
janvier 1925, à l'initiative de Jacques
Rouché.
13me Opé. C'est un
Ball. composé de vingt petites entrées. Les vers de la
piece sont de Quinault, ceux pour les personnes de la Cour qui
danserent dans ce Ball. sont de Benserade ; la musiq. du tout est de
Lully, & les machines furent conduites par Vigarani à la
Cour, & par Rivani à Paris. Dans ce Ball.
représenté pour la premiere fois à S.
Germain-en-Laye, devant Sa Majesté, le 21 Janvier 1681,
dansèrent Monseigneur, & Mme la Dauphine, Mademoiselle, le
Prince & la Princesse de Conti, le Duc de Vermandois, Mlle de
Nantes, avec ce qu'il y avoit de jeunes personnes distinguées
à la Cour dans les deux sexes ; & ce mélange fut si
goûté, que lorsque l'on représenta le même
Opéra à Paris, sur le Thé. du Palais Royal le 16
Mai suivant, on y introduisit des Danseuses, dont la Dlle Fontaine
fut une des premieres, ce qui n'avoit pas encore été vu
sur ce Thé. Ces Danseuses ont composé depuis une des
portions la plus brillante de l'Opéra. Ce Ballet a
été repris deux fois, mais composé seulement de
quatre entrées & d'un Prologue. (de Léris -
Dictionnaire des Théâtres)
"Le Triomphe de l'Amour se
devait d'être le plus somptueux ballet du règne : il le
fut. On put y voir danser la fine fleur de la jeune
génération des courtisans. Puis, autour d'eux et avec
eux, comme autrefois, les plus brillants danseurs du temps. Vigarani
avait fait les décors et les machines ; Berain les costumes,
Beauchamp réglait les ballets.
Quinault et Lully allaient
faire du Triomphe de l'Amour une réussite. Leur
expérience de l'opéra leur permettait d'étoffer
l'œuvre, de lui faire dépasser le cadre depuis longtemps
oublié du ballet de cour : elle continue pour ainsi dire
l'évolution interrompue avec le Ballet Royal de Flore.
Toujours plus de musique, plus de chant, des chœurs plus nombreux, et
même quelques passages en récitatif accompagné et
en même temps une œuvre moins ambitieuse qu'un
opéra.
Après une sorte de
prologue où paraît Vénus, entourée de
Dryades, des Naïades, des Plaisirs et des Grâces, du chœur
des peuples de la Terre et des Divinités, une série de
tableaux se succèdent où les dieux témoignent
des hauts faits de l'Amour enfant qui les a tous vaincus. Mars et ses
guerriers, vite désarmés ; Neptune et Amphitrite,
Borée et Orythie, Bacchus et Ariane. Mais le cœur de l'œuvre
est la longue séquence consacrée à
Diane.
Pour la première fois,
Lully utilise le récitatif accompagné et mesuré.
L'hiatus qui sépare le récitatif et l'air tend à
se résoudre. L'œuvre acquiert plus d'unité : le long
passage de la Nuit avec son merveilleux Prélude pour la Nuit,
longue page symbolique où les airs et les récits
s'enchaînent sans rupture de ton, semble s'ordonner en un tout
organique et homogène.
La musique de Lully
présente au cours de certains passages quelque chose de tout
à fait neuf, et qui va transformer la structure même de
ses opéras à venir : en ce sens, Le Triomphe de
l'Amour, qui devait n'être qu'une parenthèse dans
l'histoire de l'opéra, est en réalité un
tournant.
Le Triomphe de l'Amour n'est
pas un opéra ; mais c'est beaucoup plus qu'un ballet. C'est en
fait le premier opéra-ballet : il en a la structure - une
suite d'actions séparées, unies par un thème
commun, comme le seront Les Saisons, Les Eléments, L'Europe
galante, Les Indes galantes... - la matière et la forme. Lully
n'ira pas plus loin dans cette voie. Ces successeurs retiendront les
leçons de cet essai unique, auquel il n'a pas choisi de donner
suite, mais qui reste par ses proportions, son équilibre,
l'équilibre entre le dessein et son accomplissement, et aussi
par son charme, l'une des créations les plus heureuses de
Lully." (Philippe Beaussant, extrait de Lully ou le Musicien du
Soleil)
"...Voici venu le tour du ballet royal, et le plus
célèbre encore, représenté le 21 janvier
1681 à Saint-Germain-en-Laye, pour illustrer le mariage du
Dauphin avec Marie-Anne de Bavière. Le Dauphin lui-même
honora l’oeuvre de ses prestations, dans trois rôles
différents, ses deux soeurs et son frère ayant
également endossé des costumes. Une nouvelle version de
l’ouvrage fut ensuite jouée à l’Académie, le 10
mai, avec un faste supplémentaire en décors et
machines, mais surtout avec quelques danseuses professionnelles, les
premieres femmes à y avoir été admises. A cette
époque, Lully et Quinault ont d’ores et déjà
huit tragédies lyriques à leur actif, et l’ampleur de
l’ouvrage s’en ressent (le choeur, divisé en deux groupes,
joue un rôle de premier plan), même si l’argument,
ordonné en vingt entrées mettant en scène
divinités et princesses, ainsi que des personnages
allégoriques, n'est qu’un fastueux prétexte à
une sublime "revue baroque". C’est la séquence centrale qui
retient l’attention, depuis le célèbre Prélude
à la Nuit, à travers l’air de la Nuit, celui du
Mystère, jusqu’à la scène où le Silence
murmure l’envoûtant "Que tout soit tranquille". (Diapason -
décembre 2003)
Représentations :
- La Chabotterie, cour
d'honneur - St Sulpice-le-Verdon (85) - 15 et 16
août 2002 - Festival d'Ambronay
- Théâtre de
Bourg-en-Bresse - 17 et 18 août 2002 - Versailles - Opéra Royal du
Château - 13 novembre 2002 - St Germain en Laye - Théâtre
Alexandre Dumas - 15 novembre 2002 - Choeur du Marais -
La Simphonie du Marais - dir. Hugo Reyne - chorégraphie
Françoise Denieau - mise en espace Françoise Masset
- lumière Daniel Brochier - Compagnie "Le Ballet des Arts"
- avec Françoise Masset, soprano (Vénus, Diane,
Seconde Indienne), Julie Hassler, soprano (Amphitrite, La Nuit,
1ère Indienne, La Jeunesse), Sophie Landy,
soprano (Nymphe de Flore), Clara Georgel-Delunsch, soprano enfant
(L'Amour), Renaud Tripathi, ténor (haute-contre) (Premier
Plaisir, Le Mystère, Premier Carien, Arcas), Jean-Louis
Georgel, baryton (Le Silence, Second Carien, Mercure), Philippe
Roche, basse (Second Plaisir, Neptune, Chef des Cariens, Un
Indien, Jupiter)
- Palais
Garnier - 6 janvier 1925 -
à l'initiative de Jacques Rouché.
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