Singspiel en quatre actes,
écrit en 1702, plus ancienne oeuvre scénique
entièrement conservée de Johann Mattheson.
Il fut représenté
au au Theater am Gänsemarkt de Hambourg en 1702.
"A sa sortie du Johanneum
(Gymnasium de Hambourg fondé en 1593) en 1693, Mattheson eut
comme activité principale d’être chanteur de
l’opéra de Hambourg, et il assura les plus grands rôles
de ténor du répertoire. Entre 1699 et 1711, il
écrivit seul six oeuvres scéniques et participa
à un pasticcio. Ses opéras le montrent sans cesse comme
un compositeur extraordinairement avide de faire des
expériences. Dans « Porsenna », une signification
particulière s’ajoute à cette période
d’expérimentation. Mattheson n’utilise pas seulement divers
types d’aria, il fait le tour des possibilités de formes
expressives aussi bien dans les arias que dans les
récitatifs.
Sous cet aspect aussi bien que
sous celui des formes musicales, « Porsenna » est
particulièrement moderne en comparaison des opéras
écrits au cours de la même période, notamment
ceux de Reinhard Keiser.
L’opéra de Mattheson a
comme sujet « Mucius [Scévola] devant Porsenna » ,
sujet qui, en tant qu’exemple idéal pour une fable sur
l’héroïsme, jouissait d’une grande popularité. Le
matériau provient de l’Histoire de Tite-Live [livre II,
chapitre XII-XIII]. Lé récit de Tite-Live a
été traité entre autres par les librettistes
Niccolò Minato, Friedrich Christian Bressand et Paolo Rolli,
et mis en musique par Francesco Cavalli (1665), Antonio Stradella
(1679), Reinhard Keiser (1695), Antonio Lotti (1715), Giovanni
Bononcini (1695, 1710), Georg Caspar Schürmann (1718) et, en
1721, par le trio Filippo Amadei (acte I), Bononcini (acte II) et
Haendel (acte III). Mattheson a choisi le livret « Clelia »
de Bressand, déjà mis en musique par Keiser, mais a
renoncé au premier acte et donné à son ouvrage
le titre « Le généreux Porsenna »."
(Préface de l'édition de Hansjörg Drauschke, Ortus
Musikverlag, Beeskow, 2006).