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Opéra International - septembre 2004 - 24 juillet 2004
Anaclase.com - 23 juillet 2004
Opéra International - juillet/août 2003 "Christophe Rousset nous apprend dans le programme que les frères Jacopo et Alessandro Melani, nés a Pistoia, vinrent se fixer à Rome lorsque Giulio Rospigliosi, également originaire du grand-duché de Toscane, fut élu pape sous le nom de Clément IX, en 1667. Chacun d'eux se vit bientôt confier la composition d'un opéra, "Il Girello" à Jacopo et 'L'Empio punito' à Alessandro. L'auteur du livret revenant à ce dernier était le Florentin Filippo Acciaiuoli, qui passe pour être le premier à avoir porté sur la scène lyrique le personnage de Don Juan, bien qu'il n'y figure pas sous ce nom, mais qu'il soit aisé à reconnaître dans le séducteur Acrimante. Les péripéties extrêmement nombreuses de l'action, qui, sans coupures, durerait quatre heures, restent difficiles à suivre dans la production dramaturgiquement peu différenciée d'Eric Vigié, signataire de la mise en scène et des décors, qui offre une noble esthétique dans le style orientaliste qui exerça une véritable fascination en Europe. Les costumes dus à Paul Quenson contribuent à densifier l'atmosphère lisse et un rien mystérieuse. Le plaisir d'une découverte musicale de haut rang fut sans nuage, Chris-tophe Rousset ayant modelé, aves ses "Talens Lyriques", une lecture extrêmement sensible et délicate d'une partition qui, tout en se situant dans le sillage de Francesco Cavalli, Luigi Rossi et Antonio Cesti, n'a rien d'épigonal. Aucune nuance n'échappe à Rousset dans ses fonctions de chef d'orchestre, de participant au continuo ou d'accompagnateur au clavecin. Bien dans la tradition de l'époque, le personnage de Bibi, serviteur d'Acrimante, et celui de Delfa, nourrice d'Ipomene, chanté par un ténor, pourvoient à la vis comica. Le premier est défendu avec verve par Tuomas Punsio, le second par Martirn Petzold. La distribution ne trahissait pas de faiblesse, mais parfois seulement par une similitude de timbres dans les voix féminines. Les plus marquantes, sans pour cela manquer de rendre justice à Kristina Hansson pour sosn portrait convaincant de Cloridoro, étaient celles de Kathrin Göring, délicieuse Ipomene, et avant tout de Marguerire Krull, remarquable d'intensité dans le rôle d'Acrimante."
L'expression humaine transcendée dans les formes d'art les plus raffinées. (Présentation de Christophe Rousset)