Le
compositeur
COMPOSITEUR
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Claudio MONTEVERDI
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LIBRETTISTE
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Alessandro Striggio
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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1977/78
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2007
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Nikolaus Harnoncourt
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DG
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1998
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2005
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Stephen Stubbs
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Opus Arte
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2002
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2002
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Jordi Savall
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Dynamic
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2004
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2005
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Jean-Claude Malgoire
|
Dynamic
|
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2008
|
2009
|
William Christie
|
Dynamic
|
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2009
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2011
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Rinaldo Alessandrini
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Opus Arte
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L'Orfeo, favola in musica, sur un livret
d'Alessandro Striggio (1573 - 1630), joueur de viole et chanteur,
secrétaire du prince Francesco Gonzaga, fils du madrigaliste
Alessandro Striggio.
La première représentation fut
donnée le 22 février 1607, pendant le carnaval,
à l'Académie des Invaghiti, lors d'une
représentation "privée", à laquelle
n'assistèrent que les familiers du duc. Dès le
lendemain, le prince Francesco écrivait à son
frère Ferdinando pour lui faire part du succès
rencontré par la représentation. Elle fut suivie d'une
seconde dans une petite salle (*) du palais ducal de Mantoue,
le 24 février, puis d'une troisième, le 1er
mars, spécialement ordonnée par Vincenzo Gonzague pour
les dames de la Cour et de la Ville. Ce dernier assista aux
répétitions et aux trois représentations.
(*) cette salle n'a pas été identifiée
: la galerie des Miroirs était alors ouverte sur la cour, la
galerie des Fleuves sur un jardin ; la salle du Miroir, de forme
triangulaire, ne pouvait accueillir un spectacle.
La distribution réunissait notamment le castrat
florentin Giovanni Gualberto Magli (La Musica, Proserpina), le
ténor toscan Francesco Rasi (Orfeo), le castrat soprano
Girolamo Bachini (Euridice). Francesco Rasi (*) était
alors un ténor célèbre, attaché au duc de
Mantoue depuis 1598. Le duc de Mantoue l'avait prêté au
Grand Duc de Toscane pour la représentation de
l'Euridice de Peri. En retour, Giovanni Gualaberto Magli,
avait été prêté à Mantoue pour une
quinzaine de jours. Castrat formé par Giulio Caccini, il
était réputé pour exceller dans la musique
récitative.
(*) Francesco Rasi - (1574-1621) qui, né
à Arezzo, fut le plus grand ténor du premier Baroque,
principalement au service des Médicis à Florence. A la
fois chanteur exceptionnel à l’aise dans toutes les techniques
du buon canto, comme on disait alors (giri da voce, passaggi, notes
ribattute et autres diminutions funambules que plus que quiconque il
a contribué à inventer) et virtuose insigne au luth et
chitarrone d’accompagnement, Rasi fut une légende vivante pour
ses contemporains fascinés par tant de dons, d’autant que sa
qualité de gentilhomme ne le mettait pas dans l’obligation de
travailler pour subsister. Et pourtant une espèce
d’instabilité pathologique le poussera à bouger sans
cesse, sillonnant tant l’Italie que l’Europe des princes, des
Flandres à Vienne, à Prague et en Pologne où il
accompagne le madrigaliste Marenzio en 1595. Et c’est sans doute ce
déséquilibre existentiel qui le fera basculer dans le
crime – le meurtre de sa belle-mère et de son intendant - pour
de sordides raisons crapuleuses, sa condamnation à mort par
pendaison et écartèlement n’étant en fait jamais
mise à exécution, conséquence de la
célébrité de l’artiste qui put continuer sa
carrière pendant plus de dix ans à travers l’Europe
sans être inquiété !
(Concertclassic.com)
L'orchestre était composé de claviers et
d'instruments à cordes pincées (2 clavecins, 2 orgues
en bois, un régale, 2 harpes doubles, 2 chitarroni),
d'instruments à cordes frottées (10 viole di
braccio, 2 violons piccolo, 2 contrebasses, 3 basses de viole),
d'instruments à vents (2 flautini), de cuivres et
percussions (4 trombones, 2 cornets, 1 clarino, 3 trompettes).
La vingtaine de musiciens avait pris place de part et d'autre de la
scène.
L'oeuvre avait été commandée par
le prince héritier Francesco de Gonzague pour ses propres
noces avec Marguerite de Savoie, qui n'intervinrent qu'en 1608.
Quelques mois plus tard, l'opéra fut
représenté à Crémone (en août),
ainsi que dans les grandes villes d'Italie du Nord (Turin, Florence,
Milan). Il fut sans doute représenté à Salzbourg
le 10 février 1614, à la résidence des
princes-archevêques.
La partition fut imprimée deux
fois du vivant de Monteverdi. La première impression de la
partition fut exécutée par Ricciardo Amadino,
éditeur habituel de Monteverdi, précédée
d'une épître dédicatoire du compositeur,
datée de Mantoue, le 22 août 1609. Il existe quatre
exemplaires de cette première édition, à Berlin,
Gênes, Modène et Rome. La seconde édition, de
qualité inférieure, parut en 1615. Il en existe
également quatre examplaires, à Breslau, Oxford,
Londres et Bruxelles.
On dispose aussi du livret imprimé
distribué au public lors des représentations à
Mantoue du 24 février et du 1er mars 1607, Il n'en
existe qu'un seul exemplaire, conservé à Florence, dans
le Fonds Basevi.
Les différences entre le livret et la partition
sont importantes dans l'acte V. Le livret de Striggio fait terminer
la représentation par une Bacchanale au cours de laquelle
Orphée est poursuivi par les Bacchantes pour avoir
renoncé à l'amour féminin. On ne dispose
malheureusement pas de la partition correspondante.
La partition conservée propose pour sa part une
apothéose d'Orphée, par l'intermédiaire
d'Apollon, son père, qui le conduit au ciel.
Les éditions et
versions de l'Orfeo
Le livret indique trois décors : pour le
prologue et les deux premiers actes, un paysage de bosquets,
prés, ruisseaux ; pour l'acte III, les Enfers ; pour l'acte V,
un bosquet.
"Ce premier opéra accompli de l'histoire,
véritable point de départ de la musique moderne,
surpasse le modèle florentin en réalisant l'union du
verbe et de la musique, idéal de modernité au XVIIe
siècle. Le livret d'Alessandro Striggio reprend la
légende antique qui devait inspirer nombre de compositeurs :
fils d'Apollon, Orphée a le pouvoir de charmer par son chant
dieux, hommes et bêtes. Ayant arraché son épouse
Eurydice aux Enfers, il croise son regard et la perd à
jamais.
Si le plan de l'opéra respecte la traditionnelle
division en cinq actes, l'œuvre est néanmoins
profondément originale. Après une brillante toccata et
un prologue confié à une allégorie de la
musique, le premier acte – une pastorale – montre Orphée
défiant quiconque de trouver plus heureux que lui dans une
mélodie qui mêle récitatif et arioso.
Le deuxième acte contient les premières
scènes vraiment dramatiques du genre naissant.
L'atmosphère joyeuse est brutalement rompue par
l'arrivée de la Messagère. Suit un dialogue aux accents
pathétiques où seul Orphée semble ignorer la
funeste nouvelle, qui lui parvient enfin entrecoupée de
silences expressifs et accompagnée de sombres accords d'orgue
: «Ton épouse bien-aimée est morte.»
Au troisième acte, Orphée descend
chercher sa compagne aux Enfers. Il illustre le pouvoir de son chant
en tentant de séduire Charon par un air dont la
virtuosité de plus en plus hardie se dépouille ensuite
de toute ornementation. Véhément, d'une
simplicité extrême, le récitatif final
s'achève par une lente montée chromatique.
Le quatrième acte voit Eurydice rendue à
Orphée grâce à l'intervention de Proserpine, mais
le poète, négligeant l'interdit, se tourne vers son
épouse et la perd à nouveau.
Au cinquième acte, la longue lamentation
d'Orphée errant est interrompue par l'arrivée
d'Apollon. Élevé au-dessus des mortels, Orphée
contemplera dans les étoiles le visage d'Eurydice. La version
originale (1607 ) comportait un dénouement tragique plus
conforme à la légende.
Ainsi l'Orfeo de Monteverdi se présente comme
une synthèse des modes d'expression de l'art du chant : l'air
de cour, l'air de ballet, le madrigal, la canzone, le
récitatif, l'arioso s'y succèdent, comme
subordonnés aux seuls sentiments humains."
(Encyclopédie Hachette)
Synopsis
Prologue
Un personnage allégorique, La Musica
elle-même, vient au-devant de la scène pour saluer les
nobles commanditaires de l'oeuvre et leur raconter la glorieuse
histoire d'Orphée. Le chant de La Musica illustre ses
multiples pouvoirs. Accompagnée d'une cithare d'or ou de la
lyre céleste, elle peut apaiser les coeurs, enflammer les
esprits et charmer l'oreille des mortels. Elle achève ses
propos par une description de la Nature apaisée.
Acte I
À l'entrée du temple d'Apollon, en
Thrace. Les Nymphes et les Bergers célèbrent les noces
d'Orphée et d'Eurydice. 1.eurs chants racontent le
passé des deux amants et les tourments qu'a endurés
l'amoureux avant que sa fiancée accepte leur union. Invoquant
le bonheur d'Orphée, une Nymphe invite les Muses à unir
leurs chants célestes aux prières terrestres. Le choeur
dansé par les Nymphes et les Bergers prépare la
première et très solennelle intervention
d'Orphée, son hymne religieux au soleil, c'est-à-dire
à Apollon. Il exprime avec passion son bonheur et sa joie
d'être amoureux et d'être aimé en retour. Il ne
désire rien d'autre. La belle Eurydice est aussi très
heureuse car son coeur, depuis qu'il a rejoint celui d'Orphée,
ne lui appartient plus. Pour chasser définitivement les peines
et les souffrances du passé l'acte se termine par les
prières au temple d'Hyménée.
Acte II
Une joyeuse pastorale. Orphée est heureux de
retrouver les Bergers et de revoir ses forêts. Mais cette
ambiance lumineuse s'assombrit d'un coup. L'arrivée de Sylvia,
l'une des compagnes d'Eurydice, impose le silence. Elle est la
Messagère de la terrible, irrémédiable nouvelle.
Mordue par un serpent venimeux pendant qu'elle ramassait des fleurs,
Eurydice n'est plus. Elle est morte dans les bras de la
Messagère. Orphée reste muet de douleur. l.'effroi
s'empare de ses compagnons.
Quand il sort de sa stupeur, sa résolution est
ferme. Il descendra aux Enfers pour en ramener son épouse. La
Messagère, désespérée d'avoir meurtri
l'âme d'Orphée, se condamne elle-même à
finir sa vie au fond d'une caverne. Profondément
attristés, la Nymphe et les Bergers préviennent les
mortels que leur bonheur est incertain et fragile.
Acte III
Orphée se présente à la porte des
Enfers, guidé par l'Espérance. Avant de l'abandonner
ici - conformément aux paroles inscrites à
l'entrée: "Lasciate ogni speranza, o voi ch'entrate!" - elle
lui montre le sombre marécage qu'il doit traverser seul,
aidé uniquement de son chant. Orphée semble d'abord
perdu. Le Nocher des âmes, Charon, qui paraît devant lui,
le repousse. Pour traverser, Orphée s'efforce de l'attendrir.
Dans une plainte qui touche au surhumain, au sublime, il
évoque tour à tour les Enfers, la Terre et les Cieux.
Mais le terrible gardien reste inflexible et explique que toute
pitié est indigne de sa valeur. Orphée use alors d'une
douce polyphonie, réussit à l'endormir, s'empare de sa
barque et pénètre dans le monde souterrain, parmi les
larves, les serpents et les monstres.
Acte IV
À l'intérieur des Enfers. Proserpine,
l'épouse de Pluton, a été touchée par la
plainte d'Orphée. Elle emploie toute sa séduction pour
obtenir de son époux le retour d'Eurydice à la vie.
Pluton rend les armes et pose son implacable condition :
Orphée retrouvera son épouse mais ne devra pas lever
son regard vers elle avant d'avoir quitté les abîmes.
Aveuglé par son bonheur, Orphée exulte et
célèbre les mérites de son art. Il commence sa
remontée mais la joie cède soudainement la place au
terrible doute: "Qui m'assure qu'elle me suit?" Aveuglé par
son désir, il brave l'interdit divin et commet
l'irréparable. Orphée se retourne, voit Eurydice mais
ne comprend pas encore la tragédie qui va s'abattre sur lui.
Son épouse infortunée a juste le temps de lui redire
son amour avant de disparaître dans les ténèbres.
Fou de douleur, Orphée renie son propre père, Apollon,
en évoquant la lumière haïe du Soleil, le choeur
conclut cet acte qui a vu Orphée triomphant de l'Enfer et
vaincu par ses passions.
Acte V
Orphée a rejoint la sphère terrestre. Il
confie sa douleur aux collines et aux pierres et ne reçoit
qu'un faible écho en réponse à ses plaintes. La
folie s'empare alors de lui. Le poète s'en prend violemment
aux Femmes, orgueilleuses et perfides. Mais une douce polyphonie met
un terme à sa démence et marque la descente sur terre
d'Apollon. Le dieu reproche à son fils de s'abandonner
à la douleur, d'être esclave de ses passions. Pour
l'aider, il l'invite à le rejoindre au Ciel, d'où il
pourra contempler l'image d'Eurydice parmi les étoiles. l.es
Bergers et les Nymphes dansent et chantent àla gloire de celui
qui va jouir des honneurs célestes.
(L'Avant-Scène Opéra)
L’Orfeo de Monteverdi fut représenté
pour la première fois en février 1607 à Mantoue.
Il fut repris avec succès à Crémone, Turin,
Florence et Milan. Le livret de Striggio conte la mort d’Euridice,
épouse d’Orfeo, piquée par un serpent. Orfeo part aux
enfers à la recherche d’Euridice. Grâce à la
beauté de son chant, il charme les monstres infernaux et
parvient à obtenir de Pluton et de Proserpine la
libération de sa bien-aimée. Les dieux acceptent de
laisser partir Euridice à condition qu’Orfeo ne se retourne
pas avant d’être arrivé à la lumière du
jour. Mais Orfeo ne résiste pas, se retourne pour voir si
Euridice le suit et la perd définitivement. Monteverdi utilise
d’une façon «fracassante» les contrastes des
différentes couleurs de l’orchestre à des fins
dramatiques notamment par l’utilisation de trombones. Monteverdi
obtient par les moyens les plus simples une extraordinaire
intensité musicale. Les arias sont d’une grande force
émotionnelle et dramatique, ainsi la bouleversante complainte
d’Orfeo à la mort d’Euridice «Tu se’ morta, se morta mia
vita», et le magnifique chant plaidoyer d’Orfeo pour faire
libérer Euridice. Qui pourrait résister à la
montée des demi-tons dans ce «Rendetemi il mio
ben,Tartarei Numi» ? (Festival de Beaune 2002)
http://www.lamediatheque.be/travers_sons/op_mon01.htm
- Classica -
novembre 2004 - Écoute comparée de douze
versions
- Goldberg
- dossier
- Diapason -
décembre 2007 - L'oeuvre du mois - Guide d'écoute
- Discographie
- Les énigmes de
l'Orfeo - éditorial - février 2003
- Les différentes
versions et éditions de
1607 à 1976
Représentations
:
- Théâtre des
Champs Elysées - 22 juin 201 - Balthasar-Neumann
Ensemble - Balthasar-Neumann Chor - dir. Thomas Hengelbrock -
avec Nikolay Borchev (Orfeo), Anna Bonitatibus (Messagiera/
Proserpina), Johannette Zomer (La Musique), Anna Stephany
(Speranza), Katja Stuber (Eurydice), Tiziano Bracci (Pluton),
Miljenko Turk (Apollon), Marek Rzepka (Caron)
- Versailles - Opéra
Royal - 10, 11 janvier 2012 - Besançon, Opéra
Théâtre - 13 janvier 2012 - Les Nouveaux
Caractères - dir. Sébastien d'Hérin - mise en
scène Caroline Mutel - avec Jean-Sébastien Bou,
Jérôme Varnier, Théophile Alexandre, Jean-Paul
Bonnevalle, Geoffroy Buffière, Sarah Jouffroy, Caroline
Mutel, Ronan Nedelec, Lisandro Nesis, Julien Picard, Virginie
Pochon

"Les Nouveaux
caractères, nouvel ensemble de musique ancienne fondé
en 2006 par Sébastien d’Hérin et Caroline Mutel
montraient à Besançon leur version de l’Orfeo de
Monteverdi. Présents sur scène, le proscenium
étant comblé de fauteuils, ils se partageaient en deux
pôles instrumentaux, la partie droite étant
réservée à l’orgue, la viole de gambe et la
harpe. A gauche, deux violons, un violone, un théorbe, un
clavecin et deux cornets/flûtes à bec ainsi qu’une
régale et trois sacqueboutes.
Précisons toutefois que
cet instrumentarium est très léger par rapport au
nombre considérable d’instrumentistes demandé par
Monteverdi à l’époque, et que l’approche de
Sébastien d’Hérin n’engage que lui, mais
également que l’adaptation et le choix de la quantité
des instruments ne vont pas forcément dans le sens qu’on
croit, c’est-à-dire vers le minimalisme instrumental. Ceci
dit, les treize instrumentistes suffisaient à rendre à
cette partition très estimée et fondatrice pour
l’histoire de la musique l’essentiel de ses couleurs.
Habillés comme les
chanteurs en costumes du début du seicento italien, certains
musiciens participaient partiellement à l’action.
L’intervention de la violoniste et de la cornettiste pour
l’écho avec les coulisses, ou celui de la harpiste au centre
pour un discret échange théâtral avec
Orphée désenclavent l’espace.
Une douce lumière
rappelant celle des chandelles, éclatante pour la joie, crue
et blafarde pour la tristesse, raconte elle aussi l’histoire qui a
tant inspiré peintres et musiciens. Elle suffit à
animer un décorum simple lui aussi, unique et sans surcharges.
Un fond noir fait ressortir trois voiles blancs bordant une
passerelle en bois légèrement surélevée
par laquelle toutes et tous arrivent, apportant leur lot de joies et
de souffrances. Comme dans le théâtre classique, on ne
montre pas crûment la mort, mais on l’évoquera ici en
ombres chinoises projetées derrière le voile blanc,
comme une vision poétique d’outre-tombe : Eurydice, cueillant
des fleurs, piquée par le serpent, s’écroule,
accompagnée par la couleur rose qui envahira la
scène.
Le baryton
Jean-Sébastien Bou sera un Orfeo sobre dans la joie, puis
sombre quand le malheur arrive, comme tous les personnages qui
l’entourent. Chant intériorisé, gestes pesés, sa
présence est évidente de retenue et non pas moins
efficace pour autant. De même pour Virginie Pochon dans une
Eurydice qui n’est plus jeune fille, toute vêtue de blanc
symbolique, se mouvant avec grâce et chantant avec la
délicatesse qu’il convient à ce style d’écriture
vocal raffiné où le respect de chaque nuance et une
articulation précise sont la clé du succès.
L’exubérance ne sera de mise nulle part, nous ne sommes par
encore dans le grand opéra baroque vénitien, ce que les
interprètes ont très bien compris."
"Claveciniste de formation,
Sébastien d'Hérin (photo ci-dessus) travaille dans
l'amitié et la convivialité. Ainsi du présent
Orfeo, dont il a demandé la mise en scène à la
cantatrice Caroline Mutel : une vraie complice, par ailleurs requise
pour le prologue de la Musica.
Réunissant une
distribution où l'enthousiasme est la vertu première,
avec en figure de proue l'Orphée de Jean-Sébastien Bou,
d'Hérin entend imposer comme un retour aux sources dans cette
dramaturgie fondamentale, qu'on peut saluer certes du titre de
premier opéra, mais tout autant «fable en musique»
prompte à stimuler l'imaginaire. Et ici intervient la
qualité du livret de Striggio et, plus encore, l'intuition
scénique du divin Claudio qui associe en magicien tout un
passé madrigalesque à la modernité radicale du
recitar cantando.
Pour autant, conscient des
risques de l'aventure, le jeune chef dit aborder Monteverdi, «
mû par un immense respect ». Mais avec la volonté
d'y rendre palpable «toute la gamme du vécu des
hommes». A l'image de la si regrettée Montserrat Figueras
qui nous captiva tant de fois dans l'appel liminaire de la
Musica."
- Vienne - Theater an der
Wien - 14 décembre 2011 - Freiburger
Baroekorchester - Arnold Schoenberg Chor - dir. Ivor Bolton - mise
en scène Claus Guth - avec John Mark Ainsley (Orfeo), Mari
Eriksmoen (Euridice), Katija Dragojevic (La
Musica/Messaggiera/Speranza), Phillip Ens (Caronte/Plutone),
Suzana Ograjenšek (Proserpina/Ninfa), Jakob Huppmann (Quarto
Pastore/Quarto Spirito), Mirko Guadagnini (Apollo), Cyril Auvity,
Jeroen de Vaal, Maciej Idziorek, Jakob Huppmann (Pastore/Spirito)
- nouvelle production

- Opéra Magazine - février
2012
"Le rideau blanc devant lequel
s'est joué le Prologue s'ouvre sur le décor
sévère d'une maison bourgeoise. Une bande de copains
excités y débarque pour fèter le mariage de leur
«demi-dieu». «Semideo» est dit ici avec un petit
air d'ironie entendu, qui signifie d'emblée que toute cette
histoire sera vue au second degré. Avec quelques planches de
contreplaqué, ils bricolent un temple dorien, puis se
déguisent en Bergers et en Nymphes. Tout cela dans une
esthétique volontairement de mauvais goût, assez
dérangeante. La fète qui suit donné une
sensation de de joie forcée, un peu vulgaire. La pastorale de
Monteverdi s'est transformée en une dérisoire
pantomime, sacrifiant la poésie des deux premiers actes.
Tandis que les époux
ont disparu pour consommer leur union à l'étage, une
des invitées annonce la mort d'Euridice. Lamentations. Tout le
monde se retire, laisssant Orfeo à sa solitude et à son
désespoir. La tragédie peut alors commencer et, pour
Claus Guth, elle se situe dans le registre de l'intime et du
métaphysique. Comme avec leur adaptation du Messie en 2009, le
metteur en scène et son dramaturge, Konrad Kuhn, ont voulu
raconter, au-delà du mythe, un drame ordinaire et
contemporain, celui d'un homme confronté à la perte et
au néant.
Les phases du deuil, les
affres du manque, la descente aux Enfers, la quête de
l'être aimé, tout cela se concrétise sous nos
yeux en images réelles ou vidéographiques, d'une grande
simplicité et d'une totale évidence. Fétichisme,
apparitions, tentation du suicide, la deuxième partie prend
une force étonnante jusqu'à la montée au ciel
finale, vécue par Orfeo comme une épreuve terrible, car
elle concrétise le renoncement dééfinitif au
dernier lien avec Euridice.
Au centre de l'action, John
Mark Ainsley impresssionne par l'intensité
théâtrale de son incarnation. Musicalement, son Orfeo -
d'abord marqué par la tentation de l'expressionnisme -
mûrit avec l'avancée du drame, s'imposant finalement
avec évidence. Autour de lui, les nombreux personnages
secondaires sont comme autant d'êtres familiers incapables de
lui apporter la consolation, et qui ne font que renforcer son
isolement. La lecture d'Ivor Bolton, à la tête du
Freiburger Baroekorchester, répond pleinement à cette
vision sommnambulique et tout en intériorité, par des
couleurs instrumentales nuancées et une texture orchestrale
allégée. Passé une «Toccata» aux
cuivres précaires, le discours s'affermit et seconde à
merveille le propos. Même relégué en coulisses,
l'Arnold Schoenberg Chor demeure un magnifique protagoniste, d'une
homogénéité parfaite. Un excellent quatuor de
Bergers et d'Esprits, où seul Jeroen de Vaal paraît un
peu fragile, anime la première partie. Dans son triple
rôle, Katija Dragojeyic fait valoir un timbre de mezzo charnu.
Phillip Ens est solide, Mari Eriksmoen d'une grande fraîcheur,
touchante de fragilité dans sa robe de mariée. Quant au
ténor Mirko Guadagnini, il donne à son deus ex machina
une véritable dimension surhumaine, par la manière dont
il projette sa voix puissante et colorée.
La scène finale,
jouée dans un décor où les
éléments réalistes ont été
neutralisés par un rideau blanc, révèle tout ce
que le spectacle doit au pouvoir de suggestion de la
scénographie de Christian Schmidt, dont se dégage une
atmosphère propre à transcender l'apparente
banalité du propos. Conme toutes les propositions un peu
fortes, cet Orfeo laisse le public partagé et suscite autant
d'enthousiasme que de protestations."
- Montpellier - Le
Corum - 15, 16 avril 2011 - version de concert (version
Bruno Maderna) - Orchestre National de
Montpellier-Languedoc-Rousssillon - dir. Enrico Delamboye - avec
Paul-Armin Edelmann (Orfeo), Sunhae Im (La Musica, Euridice, Eco),
Marie-Claude Chappuis (Proserpina, La Messagiera, Ninfa), Lies
Vandewege (Speranza, Ninfa, Spirito), Gabrielle Philiponnet
(Speranza, Ninfa, Spirito), Jérôme Varnier (Caronte,
Spirito, Pastore), Mathias Vidal (Pastore, Spirito), Nigel Smith
(Apollo), Giovanni Battista Parodi (Pastore, Plutone)
"Voilà une
soirée à faire grincer les dents de plus d’un «
puriste », si tant est que le terme fasse réellement sens
: à comprendre, le mélomane désormais
habitué à des interprétations
spécialisées en musique Renaissance et baroque. Il
conviendra cependant de rappeler que, bien que savamment et justement
« autorisées », ces interprétations demeurent
des interprétations, précisément, et notamment
des interprétations de textes relatifs à
l’exécution de ces œuvres en leur temps, textes qui se
pourront considérer eux-mêmes comme des
interprétations, en amont ou après coup, des habitus
musicaux à leur être contemporains. Bref, depuis un peu
plus d’une trentaine d’années, musicologues et chefs, quand ce
ne sont chefs-musicologues, s’attellent à retrouver des
saveurs anciennes, des saveurs perdues, avec la complicité
d’une nouvelle lutherie, si l’on peut dire s’agissant d’une facture
qui s’est donné pour mission de reconstituer un savoir-faire
dans la fabrication des instruments. Quel bouleversement dans
l’histoire de l’interprétation ! Car, à souvent trop
parler histoire de la musique, l’on en viendrait à oublier
cette autre-là, si déterminante
pourtant.
Considéré
longtemps comme le tout premier opéra, l’Orfeo de Monteverdi
avait bien de quoi occulter ces prédécesseurs en ce
genre comme fasciner ceux qui se penchèrent sur lui quelques
siècles après sa première. De fait, Orfeo compte
quelques trois cent soixante printemps lorsque le compositeur italien
Bruno Maderna conçoit de l’activement fréquenter,
c’est-à-dire d’en écrire une version nouvelle,
largement orchestrée, qui n’est certes pas à situer
dans la prochaine inspiration baroqueuse, loin s’en faut. Au fond,
qu’est-ce qu’une partition ? Celles d’aujourd’hui sont
indiquées avec une précision quasi pharmaceutique, mais
celles du Settecento étaient surtout des « guides »
pour musiciens et chanteurs, partant que bien des choses, sans doute
évidentes pour les habitudes de jeu de l’époque, n’y
figuraient pas. Entre 1607 et 1967, ces évidences se seront
largement émoussées, si bien que l’approche du lecteur
des années soixante s’articule sur autant de suppositions que
de lacunes, une intuition toute relative n’offrant qu’une clé
bien limitée.
En toute connaissance de
cause, le génial Maderna, trop érudit pour renoncer,
entreprend de construire un nouvel Orfeo plutôt que de
s’acharner à en vaincre la forteresse, et de le construire
à sa manière propre, vraisemblablement conscient de ce
qu’il allait falloir d’années aux chercheurs pour que les
musiciens des décennies à venir proposent des
exécutions s’approchant un tant soit peu de ce qu’à
Mantoue les Gonzague et leurs proches purent entendre.
À lire les
littérateurs italiens de ces années-là, on
vérifie un intérêt précieux pour les
formes du passé, alors réinvesties par des structures
nouvelles, des mises en regard et autres adoptions souvent complexes
; il n’est qu’à penser à Calvino, Buzzati ou Gadda, par
exemple. Un ancrage profond dans la culture italien ancienne est
également indissociable des personnalités musicales
d’alors, qu’il s’agisse de Malipiero, de Dallapiccola ou, plus
encore, de Berio. À s’interroger sur les formes perdues, ces
créateurs se les approprièrent, les actualisant dans un
inévitable malentendu qui se fit vertu ô combien
féconde. Ainsi de Bruno Maderna avec Orfeo, mais aussi dans
bien des passages de ces autres œuvres pour la scène, telles
Satirycon ou Hyperion [lire nos chroniques des 26 février 2004
et 22 février 2007], par exemple, dont les pertinentes et
profuses citations abordent bien au delà des avenantes rives
du seul pastiche.
Bien plutôt, dès
l’abord de cette exécution de concert, c’est le temps qui
semble s’être arrêté. Acceptons donc d’y placer
notre écoute en 1967, dans cette dévoratrice
redécouverte de Monteverdi par Maderna, avec son
étonnante liberté, ses irrésistibles fantaisies,
les monstres magnifiques qu’elle invente avec tant de superbe que de
sensibilité. Ainsi de l’indicible tournerie de cuivres
préludant à la fête, du subtil sextuor de cordes
pincées (deux guitares, deux harpes, mandoline et clavecin),
autant de procédés « modernes » qui sans
lourdeur insufflent à la relecture un grand relief et une
remarquable richesse expressive, truffés de traits solistiques
à de nombreux pupitres, jusqu’à l’usage surprenant
d’une acide pédale de cordes lorgnant du côté du
Nevski de Prokofiev pour Voici les champs de Thrace (débit du
cinquième acte).
De fait, à la
tête de l’Orchestre National de Montpellier
Languedoc-Roussillon, Enrico Delamboye triomphe de la
déroutante hybridité de cette version par une confiance
intelligente au compositeur. Voilà donc une direction qui
chante fabuleusement tout en profitant, avec un grand soin du tissage
des timbres, de chaque attribut de l’objet à servir, avec la
complicité de musiciens enthousiastes et
engagés.
Investi, le Chœur Orfeon
Donostiarra s’avère non seulement vaillant mais encore
expressif, précisément nuancé, et livre une
prestation de haute tenue. Si l’on goûte des ensembles vocaux
avantageusement réalisés, la distribution demeure assez
inégale. Le soprano Lies Vandewege (Nymphe, Esprit,
L’Espérance) possède puissance et impact, mais le chant
ne paraît pas dûment conduit et accuse une
instabilité vertigineuse. Plus convainquant, le mezzo
Marie-Claude Chappuis ciselle adroitement ses interventions (Nymphe,
Messagère, Proserpine) dont elle minaude
systématiquement les attaques. Quant à elle, Sunhae Im
incarne une Eurydice (également La Musique) un peu pointue
mais jamais aigre, d’une couleur franche et d’une fiabilité
indiscutable. Côté messieurs, la basse
Jérôme Varnier (Esprit, Berger, Charon) se montre trop
terne pour ne pas décevoir. La clarté de timbre de
Mathias Vidal (ténor) convient aisément au
répertoire (Berger, Esprit). La brève prestation de
Nigel Smith en Apollon est irréprochable. On remarque la
robuste basse italienne Giovanni Battista Parodi (Berger, Pluton) :
dotée de larges possibilités, la voix affirme couleur
et fermeté, dans un phrasé volontiers ample ; les
parties à lui confiées n’ont guère permis de
sortir d’un chant un rien monolithique, mais, pour sûr,
voilà un jeune chanteur à suivre. Enfin, le Viennois
Paul-Armin Edelmann livre un Orphée onctueux et toujours
exquisément musical d’un timbre chaleureux, conjuguant un art
de la nuance indéniable."
- Opéra Magazine - juin 2011
"A l'instar de Vincent d'Indy,
Gian Francesco Malipiero, Ottorino Respighi, Paul Hindemith - et
avant Luciano Berio -, Bruno Maderna (1920-1973) s'est penché
sur les harmonies fondatrices du mythique Orfeo de Monteverdi. Si le
principe de réorchestration d'une oeuvre de musique ancienne
n'est en rien original, le travail accompli par le compositeur
vénitien demeure, lui, stupéfiant de beauté et
débordant d'imagination. Évidemment, les puristes
crieront au sacrilège, face aux expansions sonores
qu'autorisent les effectifs d'un orchestre symphonique au grand
complet. Rien, pourtant, ne semble outrancier dans cette
amplification monumentale.
Créée en 1967,
au Festival de Hollande, cette mouture extravagante de L'Orfeo
réveille indéniablement les sens et pique au vif par sa
maîtrise somme toute pleine de déférence. En
choisissant d'exalter certains contours de l'ouvrage, Maderna fait
valoir une science admirable de la superposition des coloris, des
timbres et des climats. En ce sens, la modulation harmonique
récurrente du personnage d'Orfeo s'accommode merveilleuusement
de la toile irréelle tissée par la harpe, le clavecin,
le célesta, la guitare ou encore la mandoline.
Alors que les cuivres et les
percussions doivent affronter parfois une construction
kaléidoscopique vertigineuse sur la« Toccata» ou la
«Moresca», l'arrmée de cordes somptueusement mise
à profit dispense, elle, un souffle d'une force inouïe et
d'un raffinement éblouissant. Soutenus comme jamais,
«Ahi, casa acerbo !» et «Possente spirto»
jouissent en conséquence d'une ampleur inédite. Si ce
n'est l'ornementation un rien unifiée, les registres voocaux,
récitatifs et effets de style, sont quant à eux
scrupuleusement respectés.
Le jeune chef
néerlandais Enrico Delamboye ne ménage pas sa peine
pour élever l'interpréétation au plus haut
niveau. Sous son contrôle, l'Orchestre National de Montpellier
Languedoc-Roussillon, en grande forme, se joue des difficultés
imposées par les arrangements minutieux de Maderna.
Du côté des
chanteurs, l'enthousiasme est plus modéré. Hormis
l'exceptionnelle Messaggiera de Marie-Claude Chappuis, le
charismatique Orfeo de Paul-Armin Edelmann et le respectable Apollo
de Nigel Smith, le plateau déçoit par son peu
d'implication. Mathias Vidal apparaît très
réservé, et Giovanni Battista Parodi, à
l'inverse, plutôt débraillé. Sunhae Im fait
valoir une ligne par trop édulcorée et une posture
narcissique agaçante. Lies Vandewege expose des aigus
fragiles. Quant à Jérôme Varnier, sa prestation
manque singulièèrement de relief.
Fort heureusement, les
choristes d'Orfeon Donostiarra sont là pour rappeler ce que le
mot « engagement » veut dire. Postés en hauteur
derrrière les pupitres de l'orchestre, ils font preuve d'une
ductilité admirable. D'une grande richesse expressive, et loin
d'être une curiosité, cet Orfeo revisité par
Maderna réclame qu'on lui porte une attention
soutenue."
"Après Vincent d’Indy
(1904), Gian Francesco Malipiero (1930), Ottorino Respighi (1935) et
Paul Hindemith (1954), avant Luciano Berio (1984), Bruno Maderna
avait délivré en 1967 sa propre orchestration de
L’Orfeo de Monteverdi. Version curieuse, qui aujourd’hui nous
paraît saugrenue, avec son immense orchestre symphonique (avec
jeu de cloches, vibraphone, clarinette basse, …) et sa cetra (la lyre
d’Apollon) formée par un ensemble de harpes, guitares,
mandoline, clavecin et célesta. N’oublions pas que la
création moderne de L’Orfeo par Nikolaus Harnoncourt dans son
instrumentation d’origine ne date que de 1975.
Quoiqu’il en soit, Bruno
Maderna, fin connaisseur de Monteverdi (il a collaboré avec
Gian Francesco Malipiero à la première
réédition critique de l’œuvre de ce compositeur
à la fin des années 40), ne trahit pas avec cette
orchestration gigantesque le propos original, qui est le respect et
la compréhension du texte de Striggio. Sourdines, effectifs
réduits, nuances pianissimo, tous les soutiens instrumentaux
des récitatifs sont finement dosés et la machine
orchestrale, même dans la fougueuse Toccata initiale ou dans la
Moresca finale, ne se déchaîne jamais. Maderna n’ajoute,
si ce n’est par le timbre, aucune modernité – contrairement
à Berio, qui réécrivit littéralement
l’œuvre. Tout juste regrette-t-on que les danses, alourdies, soient
moins enlevées que dans les diverses versions originales
enregistrées.
Mais que ce soit la version
d’origine ou les diverses resucées, L’Orfeo exige des
chanteurs qui soient aussi des diseurs. Pari relevé en cette
soirée d’avril au Corum de Montpellier. Paul-Armin Edelman est
un Orfeo solide, parfois trop monolithique (son chant manque un peu
de nuances) mais qui possède toutes les notes pour le
rôle. Sunhae Im propose un joli timbre acidulé,
particulièrement bienvenu dans le long monologue du personnage
de la Musica. Parmi le plateau vocal remarquablement homogène,
saluons les excellents Mathias Vidal, Giovanni Battista Parodi et
Nigel Smith ainsi que la prestation toute en finesse de
l’Orfeón Donostiarra.
Le grand triomphateur de la
soirée est sans conteste le jeune chef d’orchestre
néerlandais Enrico Delamboye. Actuel principal chef
invité de l’Opéra de Cologne, il est aussi un arrangeur
accompli et fréquente assidument la scène jazz en plus
du monde de la musique classique. L’Orchestre national de
Montpellier-LR, qu’on a pu connaître moins inspiré,
donne le meilleur de lui-même. Et l’ensemble des musiciens
laisse transparaître un plaisir évident d’avoir
travaillé ensemble. Un signe qui ne trompe
pas."
"Voilà une
soirée à faire grincer les dents de plus d’un «
puriste », si tant est que le terme fasse réellement sens
: à comprendre, le mélomane désormais
habitué à des interprétations
spécialisées en musique Renaissance et baroque. Il
conviendra cependant de rappeler que, bien que savamment et justement
« autorisées », ces interprétations demeurent
des interprétations, précisément, et notamment
des interprétations de textes relatifs à
l’exécution de ces œuvres en leur temps, textes qui se
pourront considérer eux-mêmes comme des
interprétations, en amont ou après coup, des habitus
musicaux à leur être contemporains. Bref, depuis un peu
plus d’une trentaine d’années, musicologues et chefs, quand ce
ne sont chefs-musicologues, s’attellent à retrouver des
saveurs anciennes, des saveurs perdues, avec la complicité
d’une nouvelle lutherie, si l’on peut dire s’agissant d’une facture
qui s’est donné pour mission de reconstituer un savoir-faire
dans la fabrication des instruments. Quel bouleversement dans
l’histoire de l’interprétation ! Car, à souvent trop
parler histoire de la musique, l’on en viendrait à oublier
cette autre-là, si déterminante pourtant.
Considéré
longtemps comme le tout premier opéra, l’Orfeo de Monteverdi
avait bien de quoi occulter ces prédécesseurs en ce
genre comme fasciner ceux qui se penchèrent sur lui quelques
siècles après sa première. De fait, Orfeo compte
quelques trois cent soixante printemps lorsque le compositeur italien
Bruno Maderna conçoit de l’activement fréquenter,
c’est-à-dire d’en écrire une version nouvelle,
largement orchestrée, qui n’est certes pas à situer
dans la prochaine inspiration baroqueuse, loin s’en faut. Au fond,
qu’est-ce qu’une partition ? Celles d’aujourd’hui sont
indiquées avec une précision quasi pharmaceutique, mais
celles du Settecento étaient surtout des « guides »
pour musiciens et chanteurs, partant que bien des choses, sans doute
évidentes pour les habitudes de jeu de l’époque, n’y
figuraient pas. Entre 1607 et 1967, ces évidences se seront
largement émoussées, si bien que l’approche du lecteur
des années soixante s’articule sur autant de suppositions que
de lacunes, une intuition toute relative n’offrant qu’une clé
bien limitée.
En toute connaissance de
cause, le génial Maderna, trop érudit pour renoncer,
entreprend de construire un nouvel Orfeo plutôt que de
s’acharner à en vaincre la forteresse, et de le construire
à sa manière propre, vraisemblablement conscient de ce
qu’il allait falloir d’années aux chercheurs pour que les
musiciens des décennies à venir proposent des
exécutions s’approchant un tant soit peu de ce qu’à
Mantoue les Gonzague et leurs proches purent entendre.
À lire les
littérateurs italiens de ces années-là, on
vérifie un intérêt précieux pour les
formes du passé, alors réinvesties par des structures
nouvelles, des mises en regard et autres adoptions souvent complexes
; il n’est qu’à penser à Calvino, Buzzati ou Gadda, par
exemple. Un ancrage profond dans la culture italien ancienne est
également indissociable des personnalités musicales
d’alors, qu’il s’agisse de Malipiero, de Dallapiccola ou, plus
encore, de Berio. À s’interroger sur les formes perdues, ces
créateurs se les approprièrent, les actualisant dans un
inévitable malentendu qui se fit vertu ô combien
féconde. Ainsi de Bruno Maderna avec Orfeo, mais aussi dans
bien des passages de ces autres œuvres pour la scène, telles
Satirycon ou Hyperion [lire nos chroniques des 26 février 2004
et 22 février 2007], par exemple, dont les pertinentes et
profuses citations abordent bien au delà des avenantes rives
du seul pastiche.
Bien plutôt, dès
l’abord de cette exécution de concert, c’est le temps qui
semble s’être arrêté. Acceptons donc d’y placer
notre écoute en 1967, dans cette dévoratrice
redécouverte de Monteverdi par Maderna, avec son
étonnante liberté, ses irrésistibles fantaisies,
les monstres magnifiques qu’elle invente avec tant de superbe que de
sensibilité. Ainsi de l’indicible tournerie de cuivres
préludant à la fête, du subtil sextuor de cordes
pincées (deux guitares, deux harpes, mandoline et clavecin),
autant de procédés « modernes » qui sans
lourdeur insufflent à la relecture un grand relief et une
remarquable richesse expressive, truffés de traits solistiques
à de nombreux pupitres, jusqu’à l’usage surprenant
d’une acide pédale de cordes lorgnant du côté du
Nevski de Prokofiev pour Voici les champs de Thrace (débit du
cinquième acte).
De fait, à la
tête de l’Orchestre National de Montpellier
Languedoc-Roussillon, Enrico Delamboye triomphe de la
déroutante hybridité de cette version par une confiance
intelligente au compositeur. Voilà donc une direction qui
chante fabuleusement tout en profitant, avec un grand soin du tissage
des timbres, de chaque attribut de l’objet à servir, avec la
complicité de musiciens enthousiastes et engagés.
Investi, le Chœur Orfeon
Donostiarra s’avère non seulement vaillant mais encore
expressif, précisément nuancé, et livre une
prestation de haute tenue. Si l’on goûte des ensembles vocaux
avantageusement réalisés, la distribution demeure assez
inégale. Le soprano Lies Vandewege (Nymphe, Esprit,
L’Espérance) possède puissance et impact, mais le chant
ne paraît pas dûment conduit et accuse une
instabilité vertigineuse. Plus convainquant, le mezzo
Marie-Claude Chappuis ciselle adroitement ses interventions (Nymphe,
Messagère, Proserpine) dont elle minaude
systématiquement les attaques. Quant à elle, Sunhae Im
incarne une Eurydice (également La Musique) un peu pointue
mais jamais aigre, d’une couleur franche et d’une fiabilité
indiscutable. Côté messieurs, la basse
Jérôme Varnier (Esprit, Berger, Charon) se montre trop
terne pour ne pas décevoir. La clarté de timbre de
Mathias Vidal (ténor) convient aisément au
répertoire (Berger, Esprit). La brève prestation de
Nigel Smith en Apollon est irréprochable. On remarque la
robuste basse italienne Giovanni Battista Parodi (Berger, Pluton) :
dotée de larges possibilités, la voix affirme couleur
et fermeté, dans un phrasé volontiers ample ; les
parties à lui confiées n’ont guère permis de
sortir d’un chant un rien monolithique, mais, pour sûr,
voilà un jeune chanteur à suivre. Enfin, le Viennois
Paul-Armin Edelmann livre un Orphée onctueux et toujours
exquisément musical d’un timbre chaleureux, conjuguant un art
de la nuance indéniable."
- Santander - Sala Argenta
- Festival Internacional de Santander - 26 août
2010 - version semi-scénique - La Venexiana - dir. Claudio
Cavina - avec Mirko Guadagnini , Emmanuela Galli
- Zagreb -
Théâtre National de Croatie - 8, 11, 12,
14 janvier 2010 - Ensemble Baroque de Croatie - dir. Saša Britvic
- mise en scène Ozren Prohic - décors Ozren Prohic,
Marta Crnobrnja - costumes Julie Scobeltzine - lumières
Deni Šesnic - chorégraphie Blaženka Kovac Caric - avec
Kresimir Spicer (Orfeo), Ivana Kladarin (Musica, Proserpina),
Helena Lucic (Speranza, Messaggiera), Ana Jembrek (Euridice),
Goran Juric / Ivica Trubic (Plutone), Ante Jerkunica (Caronte,
Pastore IV, Spirito IV), Alen Ruško (Apollo, Echo), Monika
Cerovcec / Martina Burger (Ninfa), Dejan Vrbancic (Pastore I,
Spirito I), Marko Cvetko (Pastore II, Spirito II), Alen Ruško
(Pastore III, Spirito III)
- Milan - Teatro alla Scala
- 19, 21, 23, 25, 28, 30 septembre, 3, 6 octobre 2009 -
dir. Rinaldo Alessandrini - mise en scène, décors
Robert Wilson - costumes Jacques Reynaud - lumières Robert
Wilson - avec Georg Nigl (Orfeo), Roberta Invernizzi (La Musica,
Euridice), Sara Mingardo (Messaggera, Speranza), Marco Spotti
(Caronte), Raffaella Milanesi (Proserpina), Giovanni Battista
Parodi (Plutone) - nouvelle coproduction avec Opéra
National de Paris


- Opéra
Magazine - novembre 2009
"Absent de l'affiche de la
Scala depuis plus de trente ans - dernière reprise en 1978,
sous la direction de Nikolaus Harnoncourt -, L'Orfeo y est revenu en
tant que premier volet d'un cycle Monteverdi confié à
Robert Wilson et Rinaldo Alessandrini, en coproduction avec
l'Opéra National de Paris. Il ritorno d'Ulisse in patria
suivra en 2011, avant L'incoronazione di Poppea en 2013.
Une perspective de
cyprès, une étendue de gaazon, une panthère
noire, un cerf, un lapin et la lyre d'Orphée dessinent le
jardin de la première partie, inspiré du tableau
Vénus avec Cupidon et un organiste de Titien. L'objectif est
d'évoquer le pouuvoir ensorcelant de la musique. Les Enfers
sont symbolisés par une énorme muraille, qui s'ouvre
à mesure que le héros progresse dans le royaume des
Ombres. Dans les deux cas, on retrouve la « marque de fabrique
» de Wilson : gestuelle froide et abstraite, jeux de
lumière particulièrement suggestifs. Par-delà un
évident statisme, le résultat est, avouons-le,
cohérent, à la fois avec la démarche du metteur
en scène (« L'Orfeo ne doit pas être
illustré, mais représenté de façon
formelle ») et le contenu d'une favola in musica d'essence avant
tout symbolique.
Responsable de
l'édition critique publiée chez Barenreiter, Rinaldo
Alessandrini est au pupitre d'une formation mêlant quelques
cordes venues de l'orchestre permanent de la Scala, à la basse
continue du Concerto Italiano et à des instrumentistes
invités. Une trentaine d'éléments au total, que
le chef dirige avec autant de fluidité que de sens de
l'équiliibre, en mettant en évidence le
caractère hybride de cette partition, où le texte
demeure encore le principal vecteur des états d'âme des
protagonistes.
Dans cette perspective d'un
théâtre autant parlé que mis en musique, on
s'explique mal le choix du baryton autrichien Georg Nigl pour le
rôle-titre. Son recitar cantando trahit de flagrants
problèmes de diction qui, associés à un timbre
plutôt sec, l'empêchent de donner un quelconque relief au
personnage. Excellent, en revanche, le reste de la distribution, avec
une mention spéciale pour Sara Mingardo et Roberta
Invernizzi."
- Théâtre de
Perm - Russie - 15, 16 septembre 2009
- Düsseldorf -
Opernhaus - 20, 25 février, 17 juin 2009 - Neue
Düsseldorfer Hofmusik - dir. Andreas Stoehr - mise en
scène Christof Loy - décors Dirk Becker - costumes
Michaela Barth - avec Ludwig Grabmeier (Orfeo), Sylvia Hamvasi
(Euridice), Carol Wilson (La Musica/La Speranza), Markus
Müller, Fabrice Farina, Peter Bárány, Rolf
Broman (Pastore), Marianne Folkestad Jahren (Ninfa), Marta Marquez
(Messagiera), Thorsten Grümbel (Caronte), Laura Nykänen
(Proserpina), Sami Luttinen (Plutone), Bruce Rankin
(Eco/Apollo)
- Kaiserslautern -
Pfalztheater - 28 février, 4, 13, 24 mars, 3, 8,
25 avril, 2 mai 2009 - instrumentation Samuel Bächli
- Théâtre de
Bâle - 21, 26, 30 janvier 2009 - Barockorchester
La Cetra Basel - dir. Andrea Marcon - mise en scène Jan
Bosse - décors Stéphane Laimé - costumes
Kathrin Plath - lumières Hermann Münzer - avec Yeree
Suh (La Musica), Nikolay Borchev (Orfeo), Agata Wilewska
(Euridice/Echo), Rita Ahonen (Messagiera), Svetlana Ignatovich
(Speranza), Ismael González (Caronte), Rosa Dominguez
(Proserpina), Andrew Murphy (Plutone), Karl-Heinz Brandt
(Apollo/1. Pastore), Heike Heilmann (Ninfa) David Bates (2.
Pastore), Michael Pflumm (3. Pastore/1. Spirito), Hee-Do An (4.
Pastore/3. Spirito), Markus Moritz (2. Spirito)
- Dernières Nouvelles
d'Alsace
"Orfeo superstar - Mettre en
scène L'Orfeo de Monteverdi n'est pas chose facile, et Jan
Bosse s'y casse les dents au Théâtre de Bâle - Les
idées du metteur en scène y partent cependant
d'intuitions fondées : démarrer le prologue au coeur du
public massé debout à l'entrée du
théâtre promet approche originale et séduisante.
La Musica de Yeree Suh et l'Orfeo du baryton Nikolay Borchev y
émergent nettement d'un plateau vocalement certes assez peu
reluisant, et à ce début de soirée, les
étudiants instrumentistes de la Schola Cantorum Basiliensis,
sous la houlette de leur professeur, le claveciniste Andrea Marcon,
apportent ..."
"L’Orfeo de Monteverdi est
actuellement l’objet d’une transcription visuelle radicale au
Théâtre de Bâle. En lieu et place des bergers
arcadiens du livret, le metteur en scène Jan Bosse invite les
spectateurs à assister au mariage d’un personnage
fêté du show business entouré de ses amis
très ‘pipoles’ …
Dès l’entrée
dans le foyer, le spectateur est frappé par une
décoration clinquante qui transforme l’antichambre du
théâtre en salle de fête richement
décorée. Dans le coin d’une galerie, un orchestre
égrène quelques mélodies de danse alors que des
serveurs offrent à chaque spectateur un verre de champagne.
Puis les musiciens prennent place de part et d’autre du grand
escalier qui, d’ordinaire, mène aux galeries et entonnent la
fanfare d’ouverture. Des invités (en fait des membres du
chœur) se répartissent dans le public, alors qu’apparaît
La Musica du Prologue en robe du soir brillant de tous se feux. Puis
arrive une mariée voilée - tout droit issue d’un
magazine de mode - vêtue d’une superbe robe d’un blanc
immaculé comme il se doit ; elle esrt rejointe ensuite par son
époux dans une tenue époustouflante : escarpins
argentés, costume et chemise rouge sur un pull à col
roulé noir, coiffure rétro qui le fait ressembler aux
stars du rock des années 60. Pendant la première heure
du spectacle, tout se joue dans ce foyer avec un chœur
disséminé en divers endroits de la salle, des acteurs
qui montent sur des tables ou prennent l’escalier d’assaut tandis que
des cameramen et des photographes, flash au clair, mitraillent
l’assemblée de leurs armes de prédilection pour ensuite
faire projeter leurs images sur un écran géant…
Après l’arrivée de La Messagère annonçant
la mort d’Eurydice, les portes du théâtre s’ouvrent
mystérieusement. Les acteurs du drame se dirigent alors
lentement vers la salle, suivi d’un public de plus en plus
étonné.
Sur la scène, aucun
décor, mais un vaste rideau noir sur lequel se détache
un projecteur éclairant la salle a giorno. La fosse est un
trou béant symbolisant le fleuve sur lequel Charon convoie ses
victimes ; l’orchestre s’installe donc dans les premiers rangs du
théâtre alors que le chœur prend place un peu partout,
dans les rares sièges restés vides. L’enfer se
présente ensuite comme un trou noir béant, enrichi d’un
grand miroir dans lequel le public, plongé dans un
éclairage ‘noir’ fantasmagorique qui fait scintiller le blanc
des habits et des bijoux, assume involontairement le rôle des
âmes en peine à la recherche d’un hypothétique
salut. Une constante utilisation de la vidéo oblige le
spectateur à assister à ce qui se passe derrière
lui, voire dans le foyer du théâtre tandis que le
spectacle continue sur le plateau. Dans cette transcription
scénique fascinante, qui pose ouvertement la question du
rapport du public au spectacle qui lui est offert sous cette forme
aussi éclatée, la seule faute de goût se trouve
à la fin, lorsque dans une parodie d’une mauvaise
réalisation cinématographique des aventures de Superman
on assiste à l’envol d’Apollon et Orphée sur les toits
de Bâle avant de se perdre dans un ciel étoilé du
plus bel effet kitsch…
La réussite ne serait
bien sûr pas aussi aboutie sans la présence des
instrumentistes de la Schola Cantorum Basiliensis, dont l’orchestre
baroque est plus connu sous le nom La Cetra. En vrais virtuoses, ces
musiciens savent donner corps à chaque inflexion du
commentaire orchestral, hissant par là même les
instrumentistes au rang de protagonistes établissant un
dialogue sans cesse renouvelé avec les chanteurs. On peut
cependant regretter que le chef, Andrea Marcon, s’intéresse
plus à obtenir des musiciens une plasticité exemplaire
qu’à soigner la mise en perspective dramatique du parlar
cantando, souvent réduit ici à une déclamation
un rien monotone faute d’une articulation trop peu soignée du
texte ; ainsi, les fautes de prononciation italienne, avec notamment
un Euridice prononcé avec un ‘k’ à l’allemande, sont
tout simplement impardonnables dans une soirée lyrique
où la perception parfaite du mot, comme le souhaitait
d’ailleurs Monteverdi, devait passer avant la jouissance purement
musicale...
La distribution fascine plus
par sa cohésion que par les mérites intrinsèques
de chaque interprétation. De fait, aucun chanteur ne sort du
lot, à commencer par l’Orfeo sonore mais peu
différencié de Nikolay Borchev ou La Musica
uniformément bien chantante de Yeree Suh. Dans une troupe
infectée par un méchant virus grippal qui avait
attaqué ce soir-là trois des chanteurs principaux (la
Messagiera, la Speranza et Euridice elle-même), il est donc
difficile de mettre en exergue telle ou telle contribution ; on se
contentera de dire que, dans son ensemble, ce spectacle appartient
sans conteste à cette catégorie
d’événement musical qui justifie amplement un
déplacement dans la capitale rhénane de la Suisse
allemande."
- Château de Chantilly
- Salle du Jeu de Paume - 18 octobre 2008 - Festival
des Cathédrales de Picardie - La Venexiana - dir. Claudio
Cavina - version semi-scénique - avec Emanuela Galli (La
Musica, Euridice), Mirko Guadagnini (Orfeo), José Maria Lo
Monaco (Messagiera, Speranza), Francesca Cassinari (Proserpina),
Matteo Belloto (Plutone), Salvo Vitale (Carone), Raffaele Giordani
(Apollo), Annamaria Calciolari (Ninfa), Giovanni Caccamo (Pastore
I), Gianluca Zoccatelli (Pastore II, Spirito I), Claudio Cavina
(Pastore III), Tony Corradini (Pastore IV, Spirito II), Francesca
Cassinari, Paola Reggiani, Yeztabel Arias Fernandez, Nadia
Engheben, Gianluca Zoccatelli, Davide Galassi, Andrea Favari
(Ninfe e Pastori)
-
ClassiqueInfo.com - Un Orfeo uniquement pour les
oreilles
"Du point de vue musical, ce
fut une belle prestation. Point de surprise de noter les chœurs et
ensembles comme l’un des points forts de la soirée. La
Venexiana, même si sa composition a évolué au
cours des dernières années, sait respecter
l’équilibre des voix et des timbres. Il est seulement dommage
que les options prises en matière de « mise en
scène » aient quelques fois mis en péril cet
équilibre. Mais nous reviendrons plus loin sur ces aspects
visuels et acoustiques.
D’une façon
générale, les principaux rôles ont
été bien tenus, à commencer, par ordre
d’entrée, par la formidable Emanuela Galli en Musica, puis en
Euridice, au timbre superbe, à la technique et à la
diction absolument parfaites. L’autre très belle performance
de la soirée fut celle de José Maria Lo Monaco, dans le
double rôle de la Messagère (acte II), puis de la
Speranza (III). Timbre très prenant, grande émotion,
digne mise dans la funeste annonce. Mirko Guadagnini nous a
donné un bel Orfeo à la belle technique de recitar
cantando. Avec de tels moyens vocaux, peut être aurait-il pu se
lâcher un peu plus. Un physique avantageux et de visibles
qualités d’acteur auraient mérité un tout autre
traitement scénique que celui auquel nous eûmes
droit.
Excellent Caronte de Salvo
Vitale à la voix bien posée, au jeu raisonnablement
sobre (ce rôle est trop souvent sur-joué). Quelques
réserves sur l’Apollon de Raffaele Giordani, au très
beau timbre mais à la technique encore vacillante. Proserpine
de Francesca Cassinari et Pluton de Matteo Belloto assez
quelconques.
Pour compléter cette
belle prestation vocale, il eût été souhaitable
d’avoir un ensemble instrumental du même niveau. Ce ne fut pas
tout à fait le cas, la réserve principale venant de
l’utilisation d’une basse continue fournie et surtout très
pesante et du peu d’efficacité des effets d’écho
(cornets à bouquin ou violons) voulus par le compositeur.
Cette remarque est sans doute à mettre en relation avec la
salle dans laquelle était donnée ce spectacle, lieu
à notre sens tout à fait inadéquat tant sur le
plan visuel qu’acoustique. En tout cas, nous attendront le
Couronnement de Poppée, que le même ensemble doit donner
à la Cité de la Musique en juin prochain pour nous
prononcer sur les qualités de chef de Claudio Cavina. Sur le
seul spectacle de samedi, nous restons sur une impression assez
semblable à celle donnée par Rinaldo Alessandrini
(l’autre grand spécialiste des madrigaux de Monteverdi) au
festival de Beaune, puis au disque, dans ce même Orfeo. Le
passage du madrigal à l’opéra ne se fait pas tout seul
pour les chefs concernés.
Le gros problème de cet
Orfeo, c’est la prétention à avoir voulu le
scénariser dans un lieu qui ne s’y prêtait pas. Nous
avouons ne pas aimer ces versions semi-scéniques qui
n’apportent rien à l’œuvre et qui tombent trop souvent dans
l’utilisation de gadgets gratuits. Le lieu ? Une boîte à
chaussure, sans la moindre pente. Une scène à laquelle
seuls les musiciens (sauf à de rares moments) ont
accès, les chanteurs demeurant de plain-pied.
Visibilité au-delà du cinquième rang : de nulle
à quasi-nulle. Problème aggravé par le choix du
metteur en scène de faire chanter les deux plus beaux airs
d’Orfeo (« Possente spirto » au III et « Questi i
campi di Tracia » au V) assis. Sur le plan acoustique, une salle
très mate, réduisant à néant les nombreux
effets d’écho que comporte la partition.
Au-delà de ces choix
assez problématiques, il faut bien se montrer très
critique sur ce qui a été le seul autre
élément de scénarisation : les costumes.
Transformer les deux premiers actes en noces de nouveaux riches et
affubler les bergers de Striggio et Monteverdi de robes et costumes
criards, voilà le seul propos du metteur en scène. Aux
actes III et IV, des spots rouges pour figurer les enfers, un costume
de la même couleur pour Caron, de vagues éléments
« gore » pour que chaque spectateur comprenne bien qu’Orfeo
va chercher sa belle dans des lieux peu avenants, voilà toute
la subtilité de Paola Reggiani, auteur des costumes et de la
« mise en scène.
En conclusion, un Orfeo pour
les seules oreilles et quelques chanteurs que l’on prendra plaisir
à retrouver dans le développement de leurs
carrières."
- Sablé - Centre
culturel - Festival de Sablé - 23 août
2008 - en version de concert - La Venexiana
-dir. Claudio Cavina - avec Mirko Guadagnini (Orfeo), Jose Lo
Monaco (La Messagère, L'Espérance), Emanuela Galli
(Euridice, la Musique)
- Opéra de Halle
- 9 juin 2008 - Chor der Oper Halle - Musiker des
Händelfestspielorchesters Halle und der Lautten Compagney
Berlin - dir. Wolfgang Katschner - mise en scène Kobie van
Rensburg - décors Claudia Doderer
- Salle Pleyel -
31 mai 2008 - en version de concert - Les Arts Florissants - Les
Sacqueboutiers de Toulouse - dir. William Christie - avec Maria
Grazia Schiavo, soprano (La Musica, Euridice), Dietrich Henschel,
baryton (Orfeo), Sonia Prina, alto (La Messaggiera, Proserpina),
Luigi De Donato, basse (Caronte), Antonio Abete, baryton
(Plutone), Agustín Prunell-Friend, ténor (Apollo)
- Oslo - Den Norske
Opera - 29, 31 mai, 3, 5, 08, 10, 11, 13 juin 2008 -
dir. Rinaldo Alessandrini - mise en scène Christopher Alden
- chorégraphie Claire Glaskin - scénographie Paul
Steinberg - costumes Doey Luethi - lumières Adam Silverman
- avec Furio Zanasi (Orfeo), Anna Simboli (La Musica), Marianne
Kielland (Messageria/Proserpina), Isa Gericke (Euridice/
Speranza), Nils Harald Sødal (Apollo), Njål Sparbo
(Caronte), Johannes Weisser (Plutone/ Pastore 4), Fredrik
Akselberg (Pastore 1/ Spirito 1), Petter U. Johansen (Pastore 2/
Spirito 2), Luca Dordolo (Pastore 3), Signe Sannem (Lund Ninfa),
Matteo Bellotto (Spirito)

- Opéra de Zagreb
- 13 juin 2008 et sq. - dir. Hervé Niquet - mise
en scène Ozren Prohic - décors Ozren Prohic, Marta
Crnobrnja - costumes Julie Scobeltzine - lumières Deni
Šesnic - chorégraphie Blaženka Kovac Caric - avec Kresimir
Spicer, Ana Jembrek, Ivana Kladarin, Dejan Vrbacik, Marko Cvetko,
Alen Rusko, Helena Lucic, Ante Jerkunica


- Madrid - Teatro Real
- 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 26, 28 mai 2008 - Les
Arts Florissants - dir. William Christie - mise en scène et
scénographie Pier Luigi Pizzi - lumières Sergio
Rossi - avec Dietrich Henschel (Orfeo), Maria Grazia Schiavo
(Euridice, La Música, Proserpina), Sonia Prina (La
Mensajera, La Esperanza), Luigi De Donato (Caronte), Antonio Abete
(Plutone), Hanna Bayodi (Ninfa), Xavier Sabata (Pastor I), Cyril
Auvity (Pastor II, Espíritu I), Juan Sancho (Pastor III,
Espíritu II), Jonathan Sells (Pastor IV, Espíritu
III), Ludovic Provost (Eco), Agustín Prunell-Friend
(Apollo)

- Opéra Magazine -
juillet/août 2008 - 28 mai 2008
Pièce maîtresse
du mini-festival consacré au mythe d’Orphée par le
Teatro Real, cette nouvelle production de L’Orfeo est
également le premier volet du cycle Monteverdi confié
à William Christie, Les Arts Florissants et Pier Luigi Pizzi,
qui se poursuivra avec Il ritorno d’Ulisse in patria au cours de la
saison 2008-2009, avant L’incoronazione di Poppea en
2009-2010.
Quand le spectateur entre dans
la salle, il découvre les instruments installés au
niveau du parterre, sur un plancher recouvrant la fosse d'orchestre.
Quelques marches permettent d’accéder au plateau, que les
musiciens descendent, suivis de leur chef. Tous habillés en
costumes d’époque (l’idée n’a plus rien d’original mais
elle produit toujours son petit effet !), ils prennent place et la
représentation commence. Le rideau noir se lève sur une
scène plongée dans l’obscurité. Sur les premiers
roulements de tambour de la fameuse toccata, un décor entier
commence à surgir des dessous jusqu’à occuper tout
l’espace la cour d’un palais en brique rouge très nettement
inspiré par le Palazzo Ducale de Mantoue (où L’Orfeo
fut joué pour la première fois en 1607), avec ses
balcons, ses ouvertures en arc et les colonnes torves de son cortile.
L’impact visuel est d’autant plus étourdissant que Les
Sacqueboutiers, eux aussi vêtus comme au début du XVIIe
siècle et placés au milieu, jouent extraordinairement
bien.
Ainsi mis dans l’ambiance, on
s’attend à passer une grande soirée de
théâtre... sauf qu’il faut rapidement déchanter.
Dans ce dispositif unique, que Sergio Rossi se contente de plonger
dans la pénombre pour les deux actes aux Enfers, Pier Luigi
Pizzi illustre en effet joliment le livret sans jamais impliquer le
spectateur dans les affects de la favola in musica
montéverdienne. L’Orfeo est certes un ouvrage à part
qui, tout en ouvrant des pistes pour la construction du genre
lyrique, n’est pas encore un opéra au sens où nous
l’entendons aujourd’hui. Mais il est quand même possible d’y
insuffler de l’influx dramatique Pendant les deux premiers actes, le
metteur en scène se borne à faire entrer et sortir des
personnages fort bien habillés de vêtements
d’époque aux couleurs vives et parfaitement assorties (on
connaît depuis longtemps le talent de costumier de Pizzi). Tout
ce petit monde gambade, folâtre, joue à cachecache
derrière les colonnes, se mêle occasionnellement aux
mstrumentistes, sans créer un seul instant le sentiment de la
vie. La grâce et l'artifice règnent en maîtres, y
compris dans l’expression de la douleur - quand Orfeo apprend la mort
de son épouse.
On se dit que les choses vont
peut-être s’arranger après l'entr'acte. Las, les poses
savamment étudiées de figurants au corps livide dans le
char funèbre de Caronte, que l’on croirait
échappées d'un tableau classique, aggravent la
sensation d’artifice, malgré le choix de revenir pour les
instrumentistes et Orfeo, à des vêtements d'aujourd'hui
(pantalon et chemise noirs), censés rapprocher la fable des
préoccupations des spectateurs du XXIe siècle. Orfeo
s’agite tellement - et sans raison apparente — aux quatre coins du
plateau en brandissant sa lyre pendant «Possente spirito »,
qu’on en vient à souhaiter qu'il reste immobile et se contente
de chanter! Quant aux espèces de dames blanches, tout droit
sorties d’un roman gothique, qui se mettent à tournoyer
lentement, la tête recouverte d’un long voile, au moment
où Orfeo s'apprête à retrouver Euridice, elles
paraissent tellement anachroniques qu'elles privent ce moment crucial
de son impact. A cette musique rude, âpre, violente, Pizzi et
son chorégraphe n'apportent pour toute réponse que de
gracieux mouvements de bras et ondulations de tissu. Certains ont
sans doute trouvé cela ravissant. Personnellement, nous sommes
restés sur notre faim.
Par chance, le
théâtre a quand même surgi par la grâce de
William Christie et de son ensemble. Pour cette neuvième et
dernière représentation de la série, Les Arts
Florissants se sont littéralement surpassés,
délivrant une exécution d’une perfection instrumentale
absolue et d’une variété infinie dans les couleurs.
Dirigeant une nouvelle édition critique signée Jonathan
Cable, le chef franco-américain a pris l’exact contre-pied de
la démarche du metteur en scène : rien de
décoratif dans sa lecture mais du drame, de l’émotion,
du rire et des larmes, que l’on a retrouvés dans le chant
puissamment habité de Dietrich Henschel, Orfeo d’une noblesse
et d’une éloquence exemplaires. Le reste de la distribution
est parfois inégal (le Caronte privé de graves de Luigi
De Donato) mais globalement satisfaisant, avec une mention pour la
Messaggiera expressive de Sonia Prina. Le plus remarquable reste le
Choeur des Arts Florissants, d’une telle beauté dans les
passages directement inspirés par l’esthétique du
madrigal que nous nous sommes surpris à en fermer les yeux de
plaisir.
Salle comble et triomphe aux
saluts grâce aux efforts menés par le Teatro Real,
l’opéra « baroque» a décidément de
beaux jours devant lui."
"Le quatrième
centenaire du réputé premier opéra de l’histoire
a entraîné la multiplication des nouvelles productions
de L’Orfeo. Celle que réalise Pier Luigi pour le Teatro Real
et pour le théâtre de La Fenice de Venise marquera
l’ouvrage. Certes Orfeo n’y apparaît pas juché sur un
scooter comme un ragazzino. Il ne tente pas d’enlever Euridice de
l’asile d’aliéné où elle aurait
été enfermée… Pizzi replace l’œuvre au temps de
Monteverdi. Dans un très beau décor unique renaissance,
les acteurs-chanteurs évoluent dans de somptueux costumes qui
habillent également les musiciens, lesquels se mêlent
habilement à l’action. La mise-en-scène,
soignée, raffinée et intelligemment agencée,
réalise une double intégration de la danse et du chant,
du plateau et de la fosse entre lesquels n’existe aucune
barrière. Détail subtil, Pizzi donne à voir,
dans la dernière scène, les deux fins possibles : celle
de la légende originale qui voit Orphée
dévoré par les Bacchantes, et celle, plus heureuse,
choisie par Monteverdi dans laquelle Apollon console son fils et
l’emporte dans les cieux. Ce final est d’ailleurs l’occasion d’un
éblouissant désordre chorégraphique qui voit les
musiciens, les danseurs et les chanteurs emportés par une
même folie, avec moonwalk digne d’un Michael Jackson
!
L’exécution musicale
n’est pas en reste. William Christie, maître en la
matière, manie dynamique et raffinement extrême, sens
des nuances et du phrasé, permettant à ses musiciens
aguerris une ornementation parfaitement en situation. L’opulent
continuo (deux clavecins, orgue, deux théorbes, violes et
harpe) déploie des sonorités d’une suave beauté.
Le chœur des Arts Florissants y fait merveille, évitant toute
systématisation des nuances, comme dans le final de l’acte II
qui s’achève par l’inhabituelle reprise du « Ahi caso
acerbo… » sur un émouvant decrescendo.
La participation des cuivres
des Sacqueboutiers revêt ici un double aspect musical et
scénique. Apparaissant des tréfonds de la scène
lors de la toccata d’ouverture, jouée avec éclat et
sûreté, ils se mêlent aux esprits dans les
ritournelles infernales impeccablement déclamées,
à la fois rutilantes et inquiétantes.
Dans la distribution vocale,
d’un excellent niveau, on ne peut qu’admirer l’étroite
conjonction entre les qualités vocales et scéniques des
acteurs-chanteurs. Maria Grazia Schiavo incarne les trois rôles
d’Euridice, de Proserpina et de La Musica de son chant
raffiné, clair et dramatiquement caractérisé.
Sonia Prina est une Messaggiera émouvante et une chaleureuse
Speranza. Le personnage d’Apollo est joliment chanté par le
ténor Agustín Prunell-Friend. Quant aux deux basses,
Luigi De Donato(Caronte) et Antonio Abete (Plutone), elles
impressionnent par la solidité de leur déclamation,
alors que tous les rôles de nymphes, bergers et esprits sont
parfaitement tenus. Mention spéciale pour le ténor
Cyril Auvity, particulièrement impliqué et Juan Sancho
au timbre plein de charme.
Le cas de Dietrich Henschel,
bouillant Orfeo, est un peu particulier. Sa voix de baryton
corsé (il vient d’incarner Wozzeck) ne se plie pas
aisément au phrasé raffiné que réclame le
chant monteverdien et les notes aiguës lui posent quelques
problèmes. Le timbre un peu ingrat, un peu rude pour ce
rôle, ne l’empêche pourtant pas de vocaliser très
correctement le redoutable « Possente spirto… ».
Scéniquement toujours juste, il incarne, tout au long de
l’œuvre, un véritable personnage, dramatique, convaincant et
émouvant."
- Halle,
Kammertheater - 9 mai, 9 juin 2008 - Fürth - 21 juin 2008 - dir.
Wolfgang Katschner - mise en scène Kobie van Rensburg -
décors, costumes Claudia Doderer - chef de choeur Jens
Petereit - avec Gesine Nowakowski (La Musica), Kobie van Rensburg
(Orfeo), Marlen Herzog (Messaggiera), Myrsini Margariti
(Euridice), Axel Koehler (Speranza), Ki-Hyun Park (Caronte), Anke
Berndt (Proserpina), Gerd Vogel (Plutone), Nils Giesecke (Apollo),
Mona Deibele (Ninfa)
- New Haven - Trinity
Lutheran Church - 18, 19 avril 2008 - Yale Baroque
Opera Project - production Ellen Rosand et Richard Lalli - The
Yale Collegium Players - dir. Robert Mealy - mise en scène
Ethan Heard - décors John Sundling - costumes Elizabeth
Bolster - lumières Burke Brown



- Théâtre de
Bâle - 1er, 4, 8, 17, 19, 23
février, 14, 16, 30 mars, 7 avril, 5, 8, 10, 21, 23 mai
2008 - Chor des Theater Basel - Schola Cantourm Basiliensis - La
Cetra Barockorchester Basel - dir. Andrea Marcon - mise en
scène Jan Bosse - décors Stéphane
Laimé - costumes Kathrin Plath - lumières Hermann
Münzer - dramaturgie Ute Vollmar - avec Nikolay Borchev
(Orfeo), Yeree Suh (La Musica), Agata Wilewska (Euridice/Echo),
Rita Ahonen (Messagiera), Svetlana Ignatovich (Speranza), Ismael
González (Caronte), Rosa Dominguez (Proserpina), Andrew
Murphy (Plutone), Karl-Heinz Brandt (Apollo), Heike Heilmann
(Ninfa), Karl-Heinz Brandt (1. Pastore), David Bates (2. Pastore),
Michael Pflumm (3. Pastore), Hee-Do An (4. Pastore, 3. Spirito),
Michael Pflumm (1. Spirito), Markus Moritz (2. Spirito) - nouvelle
production


"L’Orfeo de Monteverdi est
actuellement l’objet d’une transcription visuelle radicale au
Théâtre de Bâle. En lieu et place des bergers
arcadiens du livret, le metteur en scène Jan Bosse invite les
spectateurs à assister au mariage d’un personnage
fêté du show business entouré de ses amis
très ‘pipoles’ …
Dès l’entrée
dans le foyer, le spectateur est frappé par une
décoration clinquante qui transforme l’antichambre du
théâtre en salle de fête richement
décorée. Dans le coin d’une galerie, un orchestre
égrène quelques mélodies de danse alors que des
serveurs offrent à chaque spectateur un verre de champagne.
Puis les musiciens prennent place de part et d’autre du grand
escalier qui, d’ordinaire, mène aux galeries et entonnent la
fanfare d’ouverture. Des invités (en fait des membres du
chœur) se répartissent dans le public, alors qu’apparaît
La Musica du Prologue en robe du soir brillant de tous se feux. Puis
arrive une mariée voilée - tout droit issue d’un
magazine de mode - vêtue d’une superbe robe d’un blanc
immaculé comme il se doit ; elle esrt rejointe ensuite par son
époux dans une tenue époustouflante : escarpins
argentés, costume et chemise rouge sur un pull à col
roulé noir, coiffure rétro qui le fait ressembler aux
stars du rock des années 60. Pendant la première heure
du spectacle, tout se joue dans ce foyer avec un chœur
disséminé en divers endroits de la salle, des acteurs
qui montent sur des tables ou prennent l’escalier d’assaut tandis que
des cameramen et des photographes, flash au clair, mitraillent
l’assemblée de leurs armes de prédilection pour ensuite
faire projeter leurs images sur un écran géant…
Après l’arrivée de La Messagère annonçant
la mort d’Eurydice, les portes du théâtre s’ouvrent
mystérieusement. Les acteurs du drame se dirigent alors
lentement vers la salle, suivi d’un public de plus en plus
étonné.
Sur la scène, aucun
décor, mais un vaste rideau noir sur lequel se détache
un projecteur éclairant la salle a giorno. La fosse est un
trou béant symbolisant le fleuve sur lequel Charon convoie ses
victimes ; l’orchestre s’installe donc dans les premiers rangs du
théâtre alors que le chœur prend place un peu partout,
dans les rares sièges restés vides. L’enfer se
présente ensuite comme un trou noir béant, enrichi d’un
grand miroir dans lequel le public, plongé dans un
éclairage ‘noir’ fantasmagorique qui fait scintiller le blanc
des habits et des bijoux, assume involontairement le rôle des
âmes en peine à la recherche d’un hypothétique
salut. Une constante utilisation de la vidéo oblige le
spectateur à assister à ce qui se passe derrière
lui, voire dans le foyer du théâtre tandis que le
spectacle continue sur le plateau. Dans cette transcription
scénique fascinante, qui pose ouvertement la question du
rapport du public au spectacle qui lui est offert sous cette forme
aussi éclatée, la seule faute de goût se trouve
à la fin, lorsque dans une parodie d’une mauvaise
réalisation cinématographique des aventures de Superman
on assiste à l’envol d’Apollon et Orphée sur les toits
de Bâle avant de se perdre dans un ciel étoilé du
plus bel effet kitsch…
La réussite ne serait
bien sûr pas aussi aboutie sans la présence des
instrumentistes de la Schola Cantorum Basiliensis, dont l’orchestre
baroque est plus connu sous le nom La Cetra. En vrais virtuoses, ces
musiciens savent donner corps à chaque inflexion du
commentaire orchestral, hissant par là même les
instrumentistes au rang de protagonistes établissant un
dialogue sans cesse renouvelé avec les chanteurs. On peut
cependant regretter que le chef, Andrea Marcon, s’intéresse
plus à obtenir des musiciens une plasticité exemplaire
qu’à soigner la mise en perspective dramatique du parlar
cantando, souvent réduit ici à une déclamation
un rien monotone faute d’une articulation trop peu soignée du
texte ; ainsi, les fautes de prononciation italienne, avec notamment
un Euridice prononcé avec un ‘k’ à l’allemande, sont
tout simplement impardonnables dans une soirée lyrique
où la perception parfaite du mot, comme le souhaitait
d’ailleurs Monteverdi, devait passer avant la jouissance purement
musicale...
La distribution fascine plus
par sa cohésion que par les mérites intrinsèques
de chaque interprétation. De fait, aucun chanteur ne sort du
lot, à commencer par l’Orfeo sonore mais peu
différencié de Nikolay Borchev ou La Musica
uniformément bien chantante de Yeree Suh. Dans une troupe
infectée par un méchant virus grippal qui avait
attaqué ce soir-là trois des chanteurs principaux (la
Messagiera, la Speranza et Euridice elle-même), il est donc
difficile de mettre en exergue telle ou telle contribution ; on se
contentera de dire que, dans son ensemble, ce spectacle appartient
sans conteste à cette catégorie
d’événement musical qui justifie amplement un
déplacement dans la capitale rhénane de la Suisse
allemande…" (Scènes magazine)
- Opéra de Francfort
- Bockenheimper Depot - 28, 30 décembre 2007, 3,
6, 9 janvier 2008 - dir. Felice Venanzoni - mise en scène
David Hermann - décors, costumes Christof Hetzer -
dramaturgie Zsolt Horpácsy - avec Christian Gerhaher
(Orfeo), Arlene Rolph (Messagiera), Magnus Baldvinsson (Caronte),
Katharina Magiera (Proserpina), Florian Plock (Plutone), Nathaniel
Webster (Apollo)
- Albacete - Teatro Circo
- 1er décembre 2007 - version de
concert - La Venexiana - dir. Claudio Cavina - avec Mirko
Guadagnini (Orfeo), Emanuela Galli (la Musica, Euridice)
- Theater Erfurt
- 10, 17, 25 novembre, 14, 21, 26 décembre 2007,
5, 16, 20, 27 janvier 2008 - dir. Samuel Bächli - mise en
scène Georg Rootering - décors, costumes Bernd
Franke - chef de choeur Andreas Ketelhut - avec Marisca Mulder (La
Musica/Speranza), Peter Schöne (Orfeo), Susanne Rath
(Euridice/Echo), Alice Rath (Messaggera/Proserpina), Michael Tews
(Caronte), Marwan Shamiyeh (Pastore/Spirito/Apollo), Denis Lakey
(Pastore/Spirito), Máté Sólyom-Nagy
(Pastore/Spirito/Plutone), Temi Raphael-Kamburova (Ninfa) -
nouvelle production
- Savone - Teatro Comunale
Chiabrera - version de concert - 3 novembre 2007 -
Orchestra dell'Academia Montis Regalis - Coro Filarmonico Ruggero
Maghini - dir. Alessandro de Marchi - chef de choeur Claudio
Chiavazza - avec Furio Zanasi (Orfeo), Gabriella Costa (Euridice),
Daniele Carnovich (Caronte), Ann Hallenberg (Proserpina)
- Manresa - Catalogne
- 4 octobre 2007 - Bilbao -
Théâtre Arriaga - 5 octobre 2007 -
Pontoise - Cathédrale
Saint-Maclou - Festival
Baroque de Pontoise - 7 octobre 2007 - Varsovie - 30 janvier 2008 - La Fenice
- Choeur de Chambre de Namur - dir. Jean Tubéry - avec
Hans-Jörg Mammel (Orfeo), Caroline Weynants (Musica), Aurore
Bucher (Proserpina), Emmanuelle Halimi (Euridice), Jean-Claude
Saragosse (Plutone), Luciana Mancini (Messagiera), Philippe
Favette (Caronte), Benoît Giaux (Apollo), Helen Cassano
(Speranza, Ninfa), Paulin Bündgen, alto (Pastore III,
Spirito), Thibaut Lenaerts,Vincent Lesage, Benoît Porcherot,
ténors (Pastore II, Spiriti), Etienne Debaisieux, basse
(Pastore I)
- Brême - Die
Glocke - 23 septembre 2007 - version de concert -
Hesperion XXI - La Capella Reial de Catalunya - dir. Jordi Savall
- Rio de Janeiro - Theatro
Municipal - 3, 4, 7, 8, 9 septembre 2007 - dir. Marcelo
Fagerlande - mise en scène Alberto Renault - avec Luciano
Botelho, ténor (Orfeo), Savio Sperando (basse)
- Amsterdam - De Nederlandse
Opera - Het Muziektheater - 31 août, 5, 13, 21,
27, 30 septembre, 2 octobre 2007 - dir. Stephen Stubbs - mise en
scène Pierre Audi - décors Michael Simon - costumes
Jorge Jara - lumières Jean Kalman - chef de choeur Martin
Wright - avec David Cordier (La Musica), Jeremy Ovenden (Orfeo),
Judith van Wanroij (Euridice), Pascal Bertin (La Speranza), Tania
Kross (La Messagiera), Alan Ewing (Caronte), Wilke te
Brummelstroete (Proserpina), Panajotis Iconomou (Plutone / Pastore
4), Ilse Eerens (Ninfa), Paul Agnew (Apollo / Pastore 2 /
Spirito), Anders J. Dahlin (Pastore 1 / Eco / Spirito), Harry van
der Kamp (Pastore 3 / Spirito)

- Edimbourg - Edinburgh
Festival Theatre - 11, 13, 14 août 2007 - La
Capella Reial de Catalunya - Hespèrion XXI - dir. Jordi
Savall - mise en scène Gilbert Deflo - décors
William Orlandi - chorégraphie Veronica Endo - avec
Montserrat Figueras (La Musica), Furio Zanasi (Orfeo), Arianna
Savall (Euridice), Gloria Banditelli (Messaggiera), Romina Basso
(Speranza), Antonio Abete (Caronte), Adriana Fernández
(Proserpina), Daniele Carnovich (Plutone), Fulvio Bettini
(Apollo)
- Drottningholm -
Slottstheater - Suède - 28, 30 juillet, 1er, 3,
5, 7, 9, 11 août 2007 - The Drottningholm Theatre Orchestra
- dir. Mark Tatlow - mise en scène Michiel Dijkema -
costumes Claudia Damm - avec Susanne Rydén (La Musica),
Rickard Söderberg (Orfeo), Ida Falk Winland (Euridice),
Mikael Bellini (Speranza, Pastore), Lars Arvidson (Caronte), Anna
Grevelius (Proserpina), Lina Markeby (Messaggera, Ninfa), Ulf
Lundmark (Apollo, Pastore, Spirito), Lars Johansson Brissman
(Plutone, Pastore, Spirito), Johan Christensson (Pastore,
Spirito), Conny Thimander (Pastore, Spririto), Joel Annmo
(Pastore, Spirito)

- Opéra
Magazine - novembre 2007
"Lorsque l’on sait à
quelles sauces L’Orfeo de Montevcrdi a été
accommodé ces dernières années par les metteurs
en scène, la nouvelle production proposée dans
l’écrin intimiste du Théâtre de cour de
Drottningholm ne peut qu’apparaître surannée aux
assoiffés de « relectures » modernes. Et pourtant,
n’est pas la plus moderne celle que l’on croit! Car si ce lieu
magique, par sa conception même et ses ressources techniques,
impose une vision très typée des ouvrages qui y sont
montés, il n’en demeure pas moins un espace prodigieusement
éloquent sur l’art et la manière d’animer un
opéra baroque, aussi ancien soit-il.
A Drottningholm, Orfeo ne
connaît donc pas les joies du scooter, comme à Lille en
2005, les plaisirs prohibés d’un bar à
entraîneuses, comme à Genève la même
année, ni les courbes d’une guitare électrique
façon Woodstock en guise de lyre, comme à Francfort en
2005 encore. Rien ne peut cette fois distraire ni détourner le
mythique héros de sa sombre destinée, tout est d’une
clarté aveuglante et d’une urgence expressive
sidérante, les célèbres décors peints du
petit théâtre suédois n’occultant jamais
l’intemporalité de cette histoire d’amour brisée par le
sort. Les noces ressemblent à des noces, l’enfer à
l’enfer et, partant de ce postulat clair et direct, la
réalisation de Michiel Dijkema trouve sans encombre le bon
chemin.
Son travail paraît
d’autant plus efficace, subtil et sensible que la machinerie si
spécifique de Drottningholm n’autorise pas toujours une telle
souplesse de propos. Epaulé par la créativité
ébouriffante de Claudia Damm, dont les costumes sont une pure
folie, le metteur en scène règle un spectacle d’un
impact visuel hautement poétique, les chanteurs,
intelligemment dirigés, offrant le meilleur d’eux-mêmes
ou presque. Dès le prologue, la Musica sensuelle et complice
de Susanne Ryden séduit sans réserve par son aisance et
son tempérament. I.’Orfeo de Rickard Söderberg
évolue à l’évidence sur la même longueur
d’onde, son timbre ample et profond de ténor-baryton lui
permettant des effets saisissants mais d’un goût toujours
très sûr. Certaines accélérations dans la
vocalise révèlent en plus un interprète n’ayant
pas peur de prendre des risques.
L’Euridice d’Ida Falk Winland
possède la grâce requise, rien de plus, rien de moins,
la Messaggiera de Lina Markeby répandant en revanche la
terrible nouvelle avec peu de conviction dans l’affect. Par
contraste, le couple infernal affirme un fort charisme : le Plutone
rageur et intraitable de Lars Johansson Brissman et la Proserpina
ambiguë d’Anna Grevelius font véritablement sensation.
Impressionnant de stature comme de voix, Lars Arvidson incarne
magistralement le sinistre pas transformé en agneau par
quelques notes de musique. Le reste de la distribution, avec une
mention pour l’émouvant Apollo d’Ulf Lundmark, ne
démérite pas. Bergers, Nymphes et Esprits rivalisent de
séduction et de caractère, le chef britannique Mark
Tatlow exaltant admirablement les climats de l’ouvrage à la
tête du ductile Drottningholmsteaterns Orkester."
- Cooperstown - Opéra
de Glimmerglass - 28, 30 juillet, 5, 11, 14, 17, 20,
23, 25 août 2007 - dir. Antony Walker - mise en scène
Christopher Alden - décors Paul Steinberg - costumes Doey
Lüthi - lumières Adam Silverman - chorégraphie
Claire Glaskin - avec Michael Slattery (Orfeo), Megan Monaghan
(Euridice, Speranza), Matthew Garrett (Apollo), Katherine Rohrer
(Messagiera, Prosperina), Juliet Petrus (la Musica), Brian
Thorsett (Pastore 1, Spirit 1), Katrina Thurman (Ninfa), Amanda
Crider (Pastore 3), Christian Reeinert (Pastore 2, Spirit 2),
Christopher Job (Caronte), Christopher Temporelli (Pastore 4,
Pluto), Soon Young Park (Spirit 3) - nouvelle coproduction avec
Opera North, Leeds et Norwegian Opera, Oslo

- Opéra
Magazine - novembre 2007
"Donné quelques heures
après l’Orphée de Gluck, L’Orfeo de Monteverdi,
malgré sa jeune et jolie équipe de solistes, et son
excellent chef, a été littéralement
laminé par la production de Christopher Alden...Le fil
conducteur du spectacle est l’absence de communication : les
chanteurs, le visage le plus souvent dans l’obscurité, ne se
regardent jamais ou presque, ni ne regardent le public. Orfèo
est une rock-star qui se dissimule derrière d’absurdes
lunettes ou le capuchon d’un sweat-shirt. Entouré de
sycophantes décadents, corrompu par l’argent (une pluie de
dollars s’abat sur le plateau après "Possente spirto"), il
évolue dans un monde où règnent la violence et
l'absence d’amour. Bref, tous les ingrédients de l’histoire de
Kurt Cobain, le guitariste du groupe Nirvana, sont là... sauf
que Monteverdi et Striggio nous racontent tout autre chose ! Et ne
parlons pas des bruitages divers qu’Alden ajoute au gré de sa
fantaisie, comme il en a l’habitude...
Michael Slattery est pourtant
un magnifique Orfeo, qui joint d’évidents dons artistiques
à une excellente technique. Katherine Rohrer est merveilleuse
en Messaggiera et Proserpina, Megan Monaghan et Juliet Petrus
rivalisant de style et de qualité vocale. Mais quelle
soirée éprouvante !"
- Beaune - Basilique
Notre-Dame - 13 juillet 2007 - Festival International
d'Opéra Baroque - version de concert - Concerto Italiano -
dir. Rinaldo Alessandrini - avec Furio Zanasi, baryton (Orfeo),
Anna Simboli, soprano (Euridice, Proserpina), Monica Piccinini,
soprano (La Musica, Ninfa), Sergio Foresti, basse (Caronte),
Antonio Abete, basse (Plutone), Luca Dordolo, ténor
(Apollo, Pastore), Raffaele Giordani, alto (Pastore), Gianluca
Ferrarini, ténor (Pastore), Marco Scavazza, basse
(Pastore)
Fondateur du Concerto
italiano, le chef et claveciniste Rinaldo Alessandrini est l’un des
plus fins connaisseurs du madrigal italien qui fut, au tournant des
XVI è et XVII è siècles, l’une des armes pour
lutter contre l’hégémonie de la polyphonie de la
Renaissance. Il n’est pas pour autant ce qu’on appelle un chef
d’opéra. Or, si l’histoire a retenu la date de 1607 avec
l’« Orfeo » de Monteverdi pour marquer l’avènement
du tout nouveau genre musical, c’est parce qu’il ouvre sur l’avenir
en mêlant pour la première fois de façon aussi
dynamique et théâtrale parole et musique :
l’opéra est né, mais Alessandrini n’en a cure. En ce
vendredi 13, il réagit en musicologue, non en chef soucieux de
tendre les ressorts d’une dramaturgie alors toute nouvelle.
Le chef italien accentue
certains contrastes de tempo ou de dynamique, mais rate l’essentiel
qui est l’arc d’ensemble unissant tous les ingrédients
inventés ici par Monteverdi. Sa direction en est
heurtée, mais pas émouvante pour autant. Plus
surprenant, la distribution a paru brute de décoffrage et
surtout bien hétérogène, certaines voix frisant
l’amateurisme par la banalité du timbre et la justesse
approximative. Même l’Orphée du baryton italien Furio
Zanasi ne réussit pas à tenir l’assistance en
permanence sous le charme de son chant : un comble ! Néanmoins
la firme Naïve a décidé de garder une trace de ce
travail dans un coffret de CD à paraître à la
rentrée."
- Aix en Provence -
Théâtre de l'Archevêché - 6,
8, 11, 12, 14, 15 juillet 2007 - Concerto Vocale - Choeur du Clare
College - dir. René Jacobs - mise en scène,
chorégraphie Trisha Brown - décors, costumes Roland
Aeschlimann - lumières Roland Aeschlimann, Gerd Meier -
avec Vittorio Prato / Stéphane Degout (Orfeo), Marie-Claude
Chappuis (La Messagiera / La Musica), Alessandro Giangrande (La
Speranza), Ruby Hugues (Euridice /Eco), Anouschka Lara (Ninfa),
Anna Stephany (Proserpina / Ninfa), Christophe Gay (Apollo),
Konstantin Wolff (Caro), Luca Tittoto (Pluto), Christophe Gay,
Carl Ghazarossian (Pastori / Spiriti), Alessandro Giangrande,
Nicholas Watts, Andreas Wolf (Pastori / Spiriti) - Production du
Théâtre de La Monnaie

- Le Monde - 6 juillet 2007 -
L'"Orfeo" de Monteverdi enchante Aix de sa fable
"Avec l'Orfeo, de Monteverdi,
nous avons enfin retrouvé le Festival d'Aix-en-Provence tel
que nous l'aimons. Une belle soirée chaude au
Théâtre de l'Archevêché, le ciel
strié de martinets. Puis le violet sombre qui vient, les
premières étoiles et, dans la musique, les
tièdes caresses du vent de la nuit aixoise.
Cet Orfeo mis en scène
par la chorégraphe américaine Trisha Brown et
dirigé par le Belge René Jacobs a triomphé pour
la première fois au printemps 1998 au Théâtre
Royal de La Monnaie, à Bruxelles. Un succès que
confirmait quelques semaines plus tard la reprise du spectacle au
Festival d'Aix-en-Provence. Bernard Foccroulle était alors
directeur de La Monnaie. Neuf ans plus tard, c'est à la
tête d'Aix-en-Provence qu'il reprogramme cet Orfeo devenu
mythique - Grand Prix du meilleur spectacle lyrique 1998, des
reprises un peu partout, et un DVD bardé de récompenses
paru chez Harmonia Mundi.
De fait, Orfeo n'a pas pris
une ride. Le secret de cette jouvence artistique ? Trisha Brown et
René Jacobs ont observé à la lettre l'esprit de
ce qui, en 1607, n'est pas encore un opéra, mais se dit "fable
en musique". Un lieu fragile, où poésie, geste,
musique, battent d'un même coeur. Le Prologue et les deux
premiers actes sont toujours un pur enchantement. Sur fond de lune
féerique, "La Musica" vole, écrivant dans les airs une
partition de chair et d'os (Katrina Thompson Warren a la grâce
des "putti" des églises baroques). René Jacobs
spatialise les sons au sens propre (magie des instruments jouant aux
fenêtres de l'Archevêché comme venus de nulle part
dans le grand air d'Orphée séduisant les Enfers). Plus
encore, il distille les timbres et cela crée comme une
chorégraphie invisible dans l'espace.
L'histoire d'Orphée et
d'Eurydice dure le temps d'une éclipse ou d'une morsure,
c'est-à-dire d'un spectacle. Rhétorique du corps
inscrite dans le temps musical, musique affranchie du temps pour
entrer dans l'espace : Trisha Brown et René Jacobs ont
réussi ce petit miracle qui s'appelle la création. Dans
la fosse, les musiciens du Concerto Vocale étonnent, solistes
rompus à la mise en danger, ils savent aussi se jouer les uns
des autres. Le choeur des English Voices fait preuve d'une belle
cohésion sans négliger une chorégraphie parfois
complexe (ils réussissent à se mêler aux danseurs
sans que l'on remarque leur différence). Promesses tenues
aussi pour les solistes de l'Académie européeenne de
musique, Eurydice en tête (gracieuse Ruby Hughes).
Chantée par le chaud mezzo de Marie-Claude Chappuis, La
Messagère (alias La Musica, alias l'Espérance)
émeut. Ce qui n'est, hélas, guère le cas de
Stéphane Degout, Orphée au baryton puissant et à
la technique solide.
Mais ni dans le chant
d'exaltation amoureuse ("Rosa del ciel") ni dans l'air de
déploration extrême ("Tu sei morta"), ni même dans
le fameux et très virtuose "Possente spirto" destiné
à attendrir les Enfers, on n'éprouve cette sublime
compassion qui fait qu'on aime et qu'on souffre d'amour, qu'on rit
avec les bergers pour mieux pleurer avec les nymphes, qu'on franchit
les Enfers et qu'on en revient, avant de rejoindre le ciel
d'Apollon."
- Montréal
- 25 juin 2007 - Festival Baroque de Montreal - Bande
Baroque de Montréal
- Hanovre -
Niedersächsische Staatstheater - 16, 21, 27, 30
juin, 4, 6, 8, 12 juillet 2007 - dir. Toshiaki Murakami - mise en
scène Ingo Kerkhof - décors Anne Neuser - costumes
Stephan von Wedel - chef de choeur Dan Ratiu - avec Lauri Vasar
(Orfeo), Hinako Yoshikawa (Euridice), Khatuna Mikaberidze
(Messaggiera), Dorothea Maria Marx (La Speranza), Albert
Pesendorfer (Caronte), Arantxa Armentia / Alla Kravchuk
(Proserpina), Tobias Schabel (Pluto), Frank Schneiders
(Apollo)

- Opéra de Halle
- 4 juin 2007 - Chor der Oper Halle -
Händelfestspielorchesters Halle - Lautten Compagney Berlin -
dir. Wolfgang Katschner - mise en scène Kobie van Rensburg
- décors Claudia Doderer - avec Kobie van Rensburg (Orfeo),
Myrsini Margariti (Euridice), Gesine Nowakowski ( La Musica),
Marlen Herzog (Messaggiera), Axel Köhler (Speranza), Ki-Hyun
Park (Caronte), Anke Berndt (Proserpina), Gerd Vogel (Plutone),
Nils Giesecke (Apollo)
- Drottningholm -
Slottstheater - 26, 28, 30 mai, 1er, 2, 6, 8, 9 juin,
30 juillet, 1er, 3, 5, 7, 9, 11 août 2007 - The
Drottningholm Theatre Orchestra - dir. Mark Tatlow - mise en
scène Michiel Dijkema - costumes Claudia Damm - avec
Susanne Rydén (La Musica), Rickard Söderberg (Orfeo),
Ida Falk Winland (Euridice), Mikael Bellini (Speranza, Pastore),
Lars Arvidson (Caronte), Anna Grevelius (Proserpina), Lina Markeby
(Messaggiera, Ninfa), Ulf Lundmark (Apollo, Pastore, Spirito),
Johan Christensson (Pastore, Spirito), Conny Thimander (Pastore,
Spririto)
- Londres - St John's, Smith
Square - 24 mai 2007 - La Venexiana - dir. Claudio
Cavina - avec Emanuela Galli (Musica / Euridice), Mirko Guadagnini
(Orfeo), Gloria Banditelli (Messaggiera) - version
semi-scénique en costumes
- Pampelone - Palacio de
Congresos y Auditorio de Pamplona - 21 mai 2007 - The
New London Consort - dir. Philip Pickett - mise en scène
Jonathan Miller - chorégraphie Sue Lefton - costumes Shirin
Guild - avec Mark Tucker (Orfeo), Joanne Lunn (La Música,
Proserpina), Julia Gooding (La Messaggiera), Revital Raviv
(Eurídice), Faye Newton (Ninfa) , Mark Chambers (Speranza,
Pastore, Spirito), Andrew King (Apollo, Pastore, Spirito), Joseph
Cornwell (Pastore, Spirito), Michael George (Plutone, Pastore),
Simon Grant (Caronte, Pastore, Spirito), Mark Rowlinson (Pastore,
Spirito), Martin Robson (Pastore, Spirito)
- Cremone - Teatro Amilcare
Ponchielli - 12 mai 2007 - Orchestra Barocca di Venezia
- Coro Costanzo Porta (chef des choeurs Antonio Greco) - dir.
Andrea Marcon - mise en scène Andrea Cigni - décors
et costumes Lorenzo Cutùli - lumières Fiammetta
Baldiserri - avec Vittorio Prato (Orfeo), Céline Scheen
(Euridice, La Musica), José Maria Lo Monaco (Messaggiera,
Speranza), Giovanni Battista Parodi (Caronte), Luca Tittoto
(Plutone), Gabriella Sborgi (Proserpina), Gabriella Sborgi
(Ninfa), Luca Dordolo (Apollo), Luca Dordolo, Paolo Cauteruccio,
Luca Tittoto, Antonio Giovannini (Pastori) - nouvelle
production
- Prague -
Théâtre National - 3, 5, 6 mai 2007
- Théâtre des États -
Festival de Printemps de Prague - 2, 10 juin 2007 -
Roberto Gini - mise en scène Jirí Herman -
décors Pavel Svoboda - costumes Lenka
Polášková - avec Vincenzo Di Donato (Orfeo),
Markéta Cukrová (Euridice), Petra Noskaiová
(Ninfa), Salvo Vitale (Caronte), Dali Mor (Plutone), Petra
Noskaiová (Proserpina), Hasan El-Dunia (Apollo), Lavinia
Bertotti, Luca Cervoni, Hasan El-Dunia, Stanislav Predota, Luca
Cervoni, Ivo Michl, David Jurion


- Opéra de Bordeaux
- 12, 14 mars 2007 - en version de concert - Le Concert
des Nations - dir. Jordi Savall - Ensemble vocal Sagittarius -
dir. Michel Laplénie - avec Furio Zanasi (Orfeo), Ariana
Savall (Euridice), Montserrat Figueras (La Musica), Romina Basso
(Speranza), Fulvio Bettini (Apollo), Antonio Abete (Caronte),
Adriana Fernandez (Proserpina), Francesc Garrigosa (Pastore,2e
berger), Daniele Carnovich (Plutone), Cyril Auvity (Un berger/Un
esprit), Ivan Garcia (Un berger), Gloria Banditelli (La
Messaggiera)
- Baden bei Wien,
Stadttheater Baden - Autriche - 25 février 2007
- Akademie für Alte Musik Berlin - dir. René Jacobs -
avec Stéphane Degout (Orfeo), Sunhae Im (La
Musica/Euridice), Marie-Claude Chappuis (Messaggiera/Proserpina),
David DQ Lee (La Speranza), Sergio Foresti (Caronte), Antonio
Abete (Plutone), Michael Slattery (Apollo/Pastore), Johannes Chum
(Pastore/Spirito), Yeree Sun (Ninfa), David Hansen
(Pastore/Spirito)
- Halle - Kammertheater
- 17, 18 février, 4, 24 mars, 13 avril 2007 -
dir. Wolfgang Katschner - mise en scène Kobie van Rensburg
- décors Claudia Doderer - chorégraphie Helmut
Neumann - avec Gesine Nowakowski (La Musica), Kobie van Rensburg
(Orfeo), Marlen Herzog (Messaggiera), Myrsini Margariti
(Euridice), Axel Köhler (Speranza), Ki-Hyun Park (Caronte),
Anke Berndt (Proserpina), Gerd Vogel (Plutone), Nils Giesecke
(Apollo), Björn Christian Kuhn , Maik Gruchenberg , Hwa Young
Chun (Pastori), Mona Deibele (Ninfa), Björn Christian Kuhn,
Maik Gruchenberg (Spiriti) - nouvelle production

- Leeds - Grand
Theatre - 16 février, 13, 15, 17 mars 2007
- Nottingham Theatre Royal -
24 février 2007 - Salford Quays
The Lowry - 3 mars 2007 - Newcastle Theatre Royal -10 mars 2007 -
dir. Christopher Moulds - mise en scène Christopher Alden -
décors Paul Steinberg - costumes Doey Luethi -
lumières Adam Silverman - chorégraphie Claire
Glaskin - avec Paul Nilon (Orfeo), Graeme Broadbent, Ashley
Catling, Lucy Crowe, Andrew Foster-Williams, Amy Freston, James
Laing, James McOran-Campbell, Nicholas Sharratt, Anna Stephany,
Ann Taylor, Damian Thantrey, Jessica Walker

- Berlin - Staatsoper Unter
den Linden - 30 janvier, 2, 4, 5 février 2007 -
Akademie für Alte Musik Berlin - dir. René Jacobs -
mise en scène Barrie Kosky - décors Klaus
Grünberg - costumes Miro Paternostro - avec Sunhae Im (La
Musica / Euridice), Stéphane Degout (Orfeo), Marie-Claude
Chappuis (Messaggiera / Proserpina), Arlene Rolph (La Speranza),
Sergio Foresti (Caronte), Antonio Abete (Plutone), Michael
Slattery (Apollo) - coproduction avec Innsbrucker Festwochen

- Classique.news (critique de la diffusion sur
Arte - 13 octobre 2007)
"D'emblée, on
relève les références visuelles et picturales de
la scénographie et des décors : surréalisme
fantastique, à la fois épurée et d'un froideur
à la Magritte qui souligne, aspect saillant de la production,
le cynisme de l'oeuvre, cette épreuve de la douleur, au cours
de laquelle le poète et chantre, Orphée, fait
l'expérience de la perte, du renoncement, du
déchirement car comme Apollon le lui rappelle en fin d'action
: "Rien ici-bas ne nous réjouit ni ne dure". La vision est
terrifiante, d'une glaçante ironie.
En cela, la direction de
Jacobs plus précise, nerveuse, fouettée, analytique
voire tranchante et même grimaçante que jamais, renforce
le réalisme sans issue ni douceur de l'intrigue. En homme du
Nord, doué d'une précision médical et clinique,
le chef flamand écarte toute sensualité voluptueuse,
cette sensibilité aux chromatismes et à la
plasticité qui fait tout le sel des versions "latines" de
Jordi Savall ou de l'argentin Gabriel Garrido.
Faut-il dans ce cas
défendre le choix de Stéphane Degout ? La voix est
certes bien placée, l'aisance scénique du
comédien évidente mais l'articulation et la projection
du texte s'enlisent constamment dans un chant droit, serré,
qui manque souvent d'imagination, entre la prière, le
désespoir ou l'ivresse du poète amoureux puis veuf.
Evidemment l'on comprend que son style détaché,
désincarné qui glisse sur toute l'ornementation de la
ligne vocale, s'intègre parfaitement dans
l'austérité glaciale du projet. Sa voix se prête
davantage au personnage de Caronte ou de Plutone (ce dernier, ici
chanté, fort bien d'ailleurs, par un habitué du
personnage, Antonio Abete). De leur côté, deux
rôles féminins se distinguent grâce à leur
engagement plus physique et charnel que cérébral,
grâce aussi à davantage de subtilité et
d'articulation: Musica/Euridice de Sunhae Im, et surtout la
Messaggiera/Proserpina de Marie-Claude Chappuis, laquelle a
chanté Ottavia dans Aggripina de Haendel sous la baguette de
Jacobs (Bruxelles, La Monnaie, mars 2006).
Que l'on apprécie
ensuite le style de Degout pour nous hors sujet dans le
rôle-titre, est bien sûr une affaire de goût. Le
cynisme à l'oeuvre dans la vision du duo Jacobs/Kosky
fonctionne à merveille, avec même un superbe tableau des
enfers... Par contre, la réalisation filmique n'est pas
à la hauteur de la partition ni du théâtre des
passions humaines de Monteverdi! Le réalisateur Georg
Wübbolt a-t-il eu le temps nécessaire pour "rentrer" dans
l'oeuvre et réaliser ses repérages? On peut en douter
au regard du résultat à l'écran : aucun plans
serrés sur l'expression des visages, des cadrages flottants,
sans distinction des mouvements de scène, ni des changements
de décors... dommage."
"...la mise en
scène de Barrie Kosky, en costumes contemporains, est aussi
plus sombre et plus mélodramatique. Pieds nus, feutre sur
l’oreille et fleur à la boutonnière, Orphée
apparaît d’abord, au milieu des invités pour ses noces
avec Eurydice, en auteur-compositeur-interprète, façon
« fou chantant » — « Y a d’la joie ! … » La
liesse est de courte durée, la Messagère venant
annoncer la mort d’Eurydice, mordue par un serpent. Suit pour
Orphée une descente aux Enfers, au sens propre – un monde
inquiétant et globuleux d’infra-terrestres. Le sauvetage final
d’Orphée par un Apollon supra-terrestre et lémurien
n’est guère plus rassurant. Ce qui est réjouissant, en
revanche, c’est la réalisation musicale, toujours plus
inventive et plus colorée, de René Jacobs et de ses
interprètes. En particulier le baryton français
Stéphane Degout dans le rôle-titre – timbre tour
à tour âpre ou enjôleur – et le continuo fleuri,
au clavecin, de Giorgio Paronuzzi."
- Düsseldorf
- RheinOperMobil - 31 octobre, 3, 4 novembre 2006
- Bielefeld - Theater am
Alten Markt - 22, 28 octobre, 5 novembre, 1er, 30
décembre 2006 - dir. Carolin Nordmeyer - mise en
scène Birgit Kronhage - décors, costumes Katrin
Klinksieg - avec Kaja Plessing (Speranza), Lassi Partananen
(Orfeo) - nouvelle production
- Londres - Hackney Empire
- 6 octobre 2006 - Arts
Cambridge - 21 octobre 2006 -
Northcott Exeter - 25 , 28 octobre 2006 - Marlowe Canterbury - 30 octobre 2006 -
Theatre Royal Lincoln - 4
novembre 2006 - Maltings Concert Hall
Snape - 11 novembre 2006 -
Opera House Buxton - 13 novembre 2006 - Festival Malvern - 23, 25 novembre 2006 -
Theatre Royal Bath - 29 novembre, 2
décembre 2006 - English Touring Opera - mise en
scène James Conway - lumières Matthew Haskins - avec
Hal Cazalet, Katherine Manley, David Stout, Martin Robson, Joana
Thome, Huw Rhys Evans, Jane Harrington, Susan Atherton, Sean
Clayton
- Bruxelles - Palais des
Beaux Arts - Klarafestival - version de concert - 6
septembre 2006 - Le Concert des Nations - Collegium Vocale Gent -
dir. Jordi Savall - avec Furio Zanasi (Orfeo), Montserrat Figueras
(La Musica), Arianna Savall (Euridice), Adriana Fernandez
(Proserpina), Sara Mingardo (Messagiera), Fulvio Bettini (Apolo),
Romina Basso (Speranza), Antonio Abete (Caronte), Daniele
Carnovich (Plutone), Cyril Auvity (Pastor), Gerd Turk (Eco),
Francesc Garrigosa (Pastor), Iván García
(Pastor)
- Abbatiale de Lessay -
Mayenne - Les Heures Musicales de Lessay - 25 juillet
2006 - version de concert - La Fenice, les solistes du Choeur de
chambre de Namur - dir. Jean Tubéry - avec Hans-Jörg
Mammel (Orfeo), Claire Lefillîatre (Musica), Aurore Bucher
(Messagiera), Julie Robart-Gendre (Euridice), Caroline Tarrit
(Proserpine), Hubert Deny (Plutone), Philippe Favette (Caronte),
Etienne Debaiseux (Apollo), Helen Cassano (Ninfa), Paulin
Bündgen (Pastore, Spirito), Thibaut Lenaerts (Pastore,
Spirito), Renaud Tripathi (Pastore, Spirito), Peter de Laurentiis
(Pastore, Spirito), Jean-Marie Marchal (Spirito)
- Théâtre du
Châtelet - 12, 14, 16, 18 mai 2006 - Colmar - Théâtre Municipal
- 9, 11 juin 2006 - Mulhouse -
Théâtre de la Sinne - 17, 19, 21 juin 2006
- Opéra de Strasbourg -
27, 29 juin, 1er, 3 juillet 2006 - Concert
d'Astrée - dir. Emmanuelle Haim - mise en scène
Giorgio Barberio Corsetti - décors Cristian Taraborrelli,
Giorgio Barberio Corsetti - costumes Cristian Taraborrelli -
lumières Giorgio Foti - video Fabio Iaquone - avec Kerstin
Avemo (La Musica / Euridice), Pascal Bertin, Ed Lyon, Finnur
Bjarnasson (Pastore), Kimy McLaren (Ninfa), Michael Slattery /
Finnur Bjarnasson (Orfeo), Renate Pokupic (Messagiera), Marina de
Liso (La Speranza), Andrea Silvestrelli (Caronte), Aurelia Legay
(Proserpina), Paul Gay (Plutone), Finnur Bjarnasson (Apollo, Eco)
- nouvelle coproduction avec Opéra de Lille,
Théâtre de Caen

- Webthea - Le baroque entre hip hop et
Vespa
"La Musica, divinité
pivot de L’Orfeo de Claudio Monteverdi, surgit dans une sorte de
boîte carrée suspendue dans le vide. En grand apparat,
robe de velours grenat, broderies, bijoux et boucles brunes sagement
rangées au-dessus de son front. Tandis qu’elle chante le
destin d’Orphée, prologue de ce qu’il est convenu d’appeler le
premier opéra de l’histoire du lyrique - ce qui n’est ni tout
à fait exact, ni tout à fait erroné - son image
amplifiée sur un écran géant bouge dans son dos
et ses mains potelées dansent un ballet de sorcière
autour du personnage réel qui flotte dans son écrin.
Lumière bleutée sur le début du premier acte :
un espace à ciel ouvert, des scooters et des vespas autour
desquels papote un groupe de jeunes gens habillés comme vous
et moi, à vingt ans... Luths, théorbes, harpes, violes,
violone, cornets et sacqueboutes, les sons qui
s’élèvent de l’orchestre sont du plus pur baroque. Le
contraste est d’une souriante fraîcheur.
Deux personnalités du
monde de la musique et du monde du théâtre signent cette
juvénile production de l’Opéra de Lille, en visite au
Châtelet dans le cadre de son Festival des Régions.
Emmanuelle Haïm, côté musique, et Giorgio Barberio
Corsetti, côté mise en scène. Claveciniste au
charme communicatif, d’abord soliste au clavier puis chef
d’orchestre, Emmanuelle Haïm fondait il y a six ans Le Concert
d’Astrée, un ensemble de chanteurs et d’instrumentistes rompus
au répertoire baroque avec lequel elle obtint quelques jolis
succès tant sur disque (chez Virgin Classic) que sur
scène jusqu’à enlever le prix du meilleur ensemble 2003
des Victoires de la Musique. Une distinction qui lui valut, entre
autres, de s’installer en résidence à l’Opéra de
Lille.
L’homme de
théâtre italien Corsetti affectionne le mélange
des genres, des temps, des espaces et des techniques. La vidéo
lui sert souvent de fil conducteur ou plutôt de liant, à
la manière des sauces dont les cuisiniers usent pour ajuster
les ingrédients d’un plat. Il filme les acteurs, les
chanteurs, en gros plans intimes et mouvements
chorégraphiés, il fait flotter leurs images, dans
toutes les poses, à l’horizontale ou la tête en bas.
Reflets rêvés des actions qui se déroulent sur
scène... D’autres effets de transposition sont moins heureux.
A l’intérieur des Enfers Proserpine et Pluton sont
transformés en petits bourgeois scotchés devant leur
poste de télévision, les trois esprits en collants
couleur chair (ils ont l’air tout nus) leur confectionnent des petits
gâteaux qui ressemblent à des cailloux blancs. Ils
serviront d’ailleurs, comme dans Le Petit Poucet, à indiquer
à Euridice le chemin à suivre, derrière
Orféo, pour tenter de retrouver la lumière. C’est
l’éternel problème de ces transpositions radicales qui
invariablement buttent en cours de route - le plus souvent en
deuxième partie - sur un obstacle récalcitrant, un
détail qui est de son époque et qui ne veut ni ne peut
en sortir...
Usant d’un diapason
élevé, Emmanuelle Haïm entraîne musiciens et
chanteurs sur un rythme allègre : tout est enlevé
rapide, léger, presque cristallin, même au travers des
cornets, trompettes et sacqueboutes des merveilleux Sacqueboutiers de
Toulouse. La moyenne d’âge des chanteurs (26 ans !) disculpe
leur manque d’assurance et de maturité. Mais on y
découvre quelques jolis timbres, des talents en devenir,
l’aplomb de la Messagère/Renata Pokupic, la rondeur
d’Aurélia Legay/Proserpine... Entre hip hop dansé par
quelques acrobates du chœur, scooters rutilants et
télé-réalité, Monteverdi y perd un peu la
boule, mais l’enchantement de sa musique reste
intact."
- Anaclase.com - 11 juin 2006
"Après les
représentations lilloises et parisiennes, c'est le public
d'Alsace qui pouvait découvrir L'Orfeo de Giorgio Barberio
Corsetti. Ce metteur en scène imaginatif s'est principalement
penché sur l'impureté définitionnelle du mythe,
véhiculant certaines valeurs à travers les
siècles, à la fois suffi-samment fort pour survivre au
temps et ouvert pour s'en nourrir ; de ces curieux mélanges et
contaminations naissent de divins monstres, en poésie, en
peinture comme en musique, dont celui de Monteverdi n'est pas des
moindres. Rien de plus naturel, donc, que les tréteaux
croisent la vidéo ou qu'un moteur meuve la barque de Charon,
et que la fête continue sous les cieux printaniers d'amours
sixties qu'anime la relative vitesse d'une Vespa. Le climat reste
méditerranéen, la datation nous échappe, les
allégories s'y veulent Renaissance, sans oublier trois
acrobates - Romain Guimard, Domingos Lecomte et Antony Lefebvre -
inquiétants, tour à tour gentils satyres ou
pâtissiers énigmatiques qui semblent veiller à la
cristal-lisation de l'argument. Lorsqu'on aura dit qu'un certain ton
habite la scène - de légèreté,
d'insouciante camaraderie, de préparatifs sympathiquement
fébriles pour les mortels -, on imaginera aisément le
contraste des apparitions divines.
Dès le Prologue, un
carré noir se dessine sur le catafalque immaculé du
cadre de scène ; les images du vidéaste Fabio Iaquone
seront projetées sur cet écran, des images qui jamais
ne prendront de fonction exclusivement décorative, comme c'est
trop souvent le cas dans ces tentatives hybrides. Ainsi la voix de la
Musique, dans cet écrin savamment ciselé par la
lumière - Giorgio Foti - se trouve-t-elle d'autant
transcendée par son double disproportionné qui envahit
peu à peu le regard qu'il enferme dans sa main, nous invitant
à un rituel inattendu. Les interrogations de l'œuvre nous
sautent alors au visage, sans que jamais aucune réponse n'en
sourde, laissant à la vie spirituelle ses salvateurs et
inaccessibles mystères. Ce n'est qu'un début… bref,
Giorgio Barberio Corsetti invente des mondes joueurs qui nous
ravissent dans une perspective d'émotion, grâce à
une inspiration génialement iconoclaste qu'il sait assurer
d'une heuristique qu'on jurerait infaillible.
Poursuivant une collaboration
amorcée la saison dernière par Les Boréades de
Rameau, Emmanuelle Haïm, à la tête de son Concert
d'Astrée, dirige un Orfeo quelque peu brouillon, souvent
capricieux, en tout cas jamais vraiment précis, qui trouve
moyen, dans l'acoustique du Théâtre Municipal de Colmar,
sertissant idéalement les timbres et les voix, de couvrir les
chanteurs - je dis bien couvrir et non fondre instruments et voix,
entendons-nous bien. Lors de la production citée ci-dessus,
les parties de chœur avaient été confiées
à une formation de circonstance ; de ce zygote naquit
l'idée d'un chœur constitué, de sorte que l' Ensemble
Vocal du Concert d'Astrée vit tout récemment le jour,
bambin dont le public goûtait aujourd'hui l'équilibre et
l'efficacité. À ses forces s'associaient celles des
Sacqueboutiers de Toulouse.
Cet Orfeo doit beaucoup aux
chanteurs qui le défendent. Outre que les choix de
distribution s'avèrent plutôt heureux, les
présences scéniques paraissent évidentes, les
partis-pris de mise en scène assumés par tous, chaque
personnage est plus attachant que jamais, si brève que soit
son rôle écrit, voire sa seule figuration.
L'équipe est jeune, ce qui contribue grandement au sympathique
impact du spectacle. Autour du couple mythique, incarné par
l'agile Kerstin Avemo (Euridice et La Musica) et Michael Slattery
(Orfeo), la Messagiera de Renata Pokupic crève l'écran,
de même que la richesse de timbre d'Aurelia Legay donne son
aura à Proserpina. L'on retrouve avec plaisir
l'élégance vocale et la clarté de Finnur
Bjarnason en Apollo, incarnant également l'un des trois
Pastori, en compagnie de la voix chaudement colorée de Pascal
Bertin et des cuivres épicés d' Ed
Lyon."
- Concertclassic - 14 mai 2006 - Une
relecture brillante
Le Châtelet accueille la
production lilloise de l’Orfeo monteverdien. Qu’elle est bien vue
cette proposition aussi séduisante que risquée
tentée par Giorgio Barberio Corsetti, avec son premier acte
qui fait écho au West Side Story de Bernstein : Orfeo est
entouré par ses amis, une bande d’adolescents tous plus
séduisants les uns que les autres qui se taquinent sur le
pré à peine descendus de leurs vespa.
Un fort parfum d’homo
érotisme plane sur la parenthèse heureuse qui
débute l’opéra, largement assumé par la
silhouette crâne et la gueule de minou de Michael Slattery,
assez irrésistible par son jeu dynamique, ses sourires
craquants. Et lorsque que l’on sait que sa mort sera inspirée
par celle de Pasolini, cet Orfeo quasi gay (sensation encore
augmentée par trois acrobates musculeux portant les attributs
des satyres) dont les rapports avec Eurydice paraissent souvent
fantasmatiques est un sacré pied de nez aux conventions qui
ont toujours corseté l’Orfeo.
L’apparition de la
Messagère (médusante Renata Pokupic, admirable de peine
retenue) vient défaire la magie sensuelle et entraîne le
poète dans le royaume de la mort, bien plus prosaïque que
celui des vivants (le palais de Pluton est un salon
télé). Corsetti a recourt avec efficacité aux
projections (belle image du geste de La Musica endormant Caron dans
sa barque) et mêle habillement transposition moderne et
référence au temps de Monteverdi (la silhouette
androgyne de Kerstin Aveno prise dans un tableau imité du
Poussin).
Il faudrait détailler
ici toutes les inventions poétiques dont Corsetti
émaille l’action des deux derniers actes : allez voir le
spectacle, il est peu probable que vous ne soyez pas ébloui
par la qualité de ses idées. En fosse, Emmanuel Haim
distille un orchestre d’une richesse entêtante : beaucoup de
couleurs qui masquent ça et là une sensualité un
rien timide surtout en regard de ce qu’offre la scène, mais
fait montre d’un sens dramatique affûté. Si Slattery
brille dans les ensembles, Possente spirto exige trop de sa voix
encore bien jeune : on y aurait plutôt entendu l’un des
pastori, Finnur Bjarnason, dont chaque intervention tenait du miracle
et auquel revenait également un Apollon surprenant. Le Pluton
de Paul Gay, la Proserpine touchante d’Aurélie Legay, tous
étaient au diapason d’une production assez
exemplaire."
- Toronto - Elgin Theatre -
Atelier de Toronto - 15, 18, 20, 22, 23 avril 2006 -
Tafelmusik Baroque Orchestra & Choir - dir. David Fallis -
mise en scène Marshall Pynkoski - costumes décors
Gerard Gauci et Dora Rust D'Eye - avec Monica Whicher (La Musica),
Daniel Belcher (Orfeo), Matthew White (Speranza), Olivier Laquerre
(Caronte), Curtis Sullivan (Plutone), Jennie Such (Proserpina),
Colin Ainsworth (Apollo), Stephanie Novacek (Messaggiera)

- Londres - Coliseum -
English National Opera - 15, 18, 20, 22, 26, 28 avril
2006 - dir. Laurence Cummings - mise en scène Chen
Shi-Zheng - décors Tom Pye - costumes Caitlin Ward -
lumières Scott Zielinski - nouvelle coproduction avec
Handel and Haydn Society, Boston - en anglais - avec John Mark
Ainsley (Orfeo), Ruby Philogene (Eurydice), Elizabeth Watts
(Musica/Hope), Brindley Sheratt (Caronte), Stephanie Marshall
(Proserpina), Tom Randle (Apollo/First Shepherd), Wendy Dawn
Thompson (Messenger), Anna Dennis, Katherine Manley, Anne Bourne,
Catharine Rogers, Tim Mead, Stephen Wallace, Nicholas Watts,
Darren Abrahams, William Berger, Toby Stafford-Allen, Martin
Robson

- Atelier Lyrique de
Tourcoing - 7, 8 janvier 2006 - Théâtre des Champs Elysées
- 11 janvier 2006 - en version de concert - La Grande
Écurie et la Chambre du Roy - dir. Jean-Claude Malgoire -
avec Kobie van Rensburg (Orfeo), Cyrille Gerstenhaber ( Euridice,
une Nymphe), Hjördis Thébault (La Musique), Estelle
Kaïque (La Messagère, une Nymphe), Philippe Jaroussky
(L’Espérance), Renaud Delaigue (Caron, un Esprit infernal),
Delphine Gillot (Proserpine), Bernard Deletré (Pluton, un
Pâtre), Alain Bertschy (un Pâtre, un Esprit infernal
), Vincent Bouchot (un Pâtre, un Esprit infernal), Carl
Ghazarossian (un Pâtre, un Esprit infernal), Thierry
Grégoire (un Pâtre), Lorraine Prigent (une Nymphe),
Pierre-Yves Pruvot (un Pâtre, un Esprit infernal)
- Opéra
Magazine - mars 2006 - 7 janvier 2006
"Dès la rutilante
fanfare qui retentit plusieurs fois dans le brouhaha du hall
d’entrée, avant d’être donnée pour de bon en
début de représentation, on sait que c’est à un
spectacle humain et chaleureux — à l’image de tant de
productions de l’Atelier Lyrique de Tourcoing qui fête cette
année ses 25 ans — et non à une froide reconstitution
musicologique que l’on est convié. Maître d’oeuvre
à la fois musical et dramaturgique,Jean-Claude Malgoire impose
son énergie, parfois un rien brouillonne, et la
sincérité de son engagement à cet Orfeo
créé à Orléans en octobre 2004 et
déjà diffùsé en CD et en DVD, plus
scénographié que véritablement mis en
scène d’ailleurs.
La distribution est toujours
aussi jeune et homogène, même si aucune voix
exceptionnelle ne s’en détache. On remarque la touchante
Euridice de Cyrille Gerstenhaber et l’émouvante Messaggiera
d’Estelle Kaïque. Aux côtés d’un Caronte bonhomme
mais au grave un peu tassé, d’un couple infernal sympathique
et un rien parodique, et d’une Speranza un brin
maniérée, Kobie van Rensburg dessine un Orfeo
crédible, n’étaient quelques maladresses en
scène et, ce soir-là, un vibrato parfois excessif
brouillant la perception des mélismes.
Si mettre constamment sur
scène le continuo — au demeurant riche, coloré et
vivant — ou donner à voir les instruments solistes (violons,
cornetti ou harpe) répondant au chant virtuose du Possente
Spirto, constituent des idées simples et fortes, nous restons
personnellement plus perplexes devant le choix dramaturgique final.
Présenter Apollo en pape de la Contre-Réforme souligne
déjà un peu trop lourdement ce que le lieto fine doit
peut-être à la pression religieuse et s’accorde mal avec
la lumineuse sérénité du duo. Mais
était-il en plus nécessaire de montrer, pendant la
Moresca finale, le poète lacéré par les
Ménades déchaînées — scène
effectivement prévue dans le livret de Striggio, mais non
illustrée par le musicien ? Tant de symboles finissent par se
neutraliser, en tirant le mythe dans des directions opposées.
Ce surplus d’intentions ne parvient heureusement pas à
gâcher notre impression favorable d’un spectacle
éminemment attachant."
- Res Musica - 7 janvier 2006 - Constance
de la qualité
"L’Orfeo de l’Atelier Lyrique
de Tourcoing est une production sur laquelle les années
passent sans laisser de traces. Créée en 2000 dans le
cadre d’un triptyque monteverdien qui a été vu en de
nombreux endroits, cette production avait déjà
été reprise en octobre 2004 (ce sont ces
représentations qui ont été captées par
Dynamic et éditées en CD et DVD). Un an et quelques
mois plus tard, cet Orfeo revient avec une distribution
inchangée, à l’exception d’un seul rôle, belle
preuve de fidélité d’une maison à ses chanteurs.
La mise en scène est
signée par Jean-Claude Malgoire, assisté à la
scénographie et aux lumières par Jacky Lautem. Le
résultat de cette collaboration est un spectacle intelligent,
dans lequel les chanteurs sont dirigés d’une manière
claire et sobre. Le décor unique est très
dépouillé, un plan incliné qui occupe toute la
scène, sur lequel de très beaux jeux de lumière
se chargent seuls de suggérer les changements de lieux.
Trouvaille ingénieuse, une grande boîte noire est
placée en fond de scène, derrière le plan
incliné, dans laquelle les saqueboutiers viennent prendre
place durant le troisième acte, belle manière de
théâtraliser la musique et d’affirmer que dans cet
Orfeo, c’est la musique qui triomphe. Quelques scènes fortes
resteront dans les mémoires : l’affrontement entre
Orphée et Charon, l’enlèvement du corps d’Eurydice, la
sensualité dont fait preuve Proserpine pour arracher la
grâce d’Orphée à Pluton, et bien sûr la
scène finale, magnifiquement chorégraphiée, dans
laquelle Orphée, qui doit rejoindre Apollon au Ciel, est
retenu par une bande de mégères en furie qui lui
administrent une rossée, stylisée et cruelle, qu’il
n’oubliera pas de sitôt, s’il en réchappe…
Musicalement, les
mérites de la soirée sont les mêmes que ceux de
l’enregistrement, mais avec certaines nuances. Ainsi l’Orfeo de Kobie
Van Rensburg est-il encore plus beau, plus sûr, plus
fouillé, et son timbre légèrement nasal passe
bien mieux à la scène, où sa projection fait
merveille, qu’au disque. La situation est inverse concernant La
Grande Ecurie, dont les sonorités qui ne sont pas des plus
séduisantes en direct, sont comme lissées par
l’enregistrement. De la distribution, composée de solistes de
haut niveau, presque tous titulaires de rôles de premier plan
dans d’autres productions, on note le couple sensuel formé par
Delphine Gillot et Bernard Deletré en Proserpine et Pluton, la
Messagiera désespérée mais à la voix un
peu douloureuse d’Estelle Kaïque, la Musica au timbre rond et
plein de Hjördis Thébault, et le lourd et grave Charon de
Renaud Delaigue. Petite déception par contre pour Philippe
Jaroussky, un des fleurons de l’enregistrement de 2004, qui pour
cette reprise semble en petite forme : aigus instables, timbre
manquant de luminosité, impression d’enrouement, on est loin
des standards d’excellence auxquels il a habitué le public
tourquennois."
- Altamusica - L'humanité
d'Orphée - 11 janvier 2006
"Pour Jean-Claude
Malgoire, l’Orfeo de Monteverdi est un peu l’enfant de la vieillesse.
Ce pionnier de la redécouverte du répertoire baroque,
monteverdien de la première heure, aura en effet attendu
d’avoir atteint sa pleine maturité avant d’aborder ce monument
à la scène. Depuis, il ne le quitte plus, et de cette
profonde intimité naît sans doute le sentiment de
naturel qui se dégage de sa lecture. Point de
métaphysique dans ce travail d’une grande probité,
simplement le souci constant de ne jamais entraver le verbe au profit
d’une quelconque virtuosité vocale, instrumentale, pour
atteindre le cœur même d’un art poétique avant
d’être musical. Cette parfaite fluidité du discours ne
va pourtant pas sans contrastes ni couleurs, bien au contraire : la
palette du chef français n’avait pas paru aussi riche depuis
bien longtemps. Bénéficiant d’un continuo fringant,
où l’on distinguera les remarquables interventions du
théorbiste Marco Horvat et de la harpiste Masako Fujimara,
Jean-Claude Malgoire narre plus qu’il n’ordonne, en humble
serviteur.
Composée de jeunes et
moins jeunes fidèles du formidable vivier de chanteurs qu’est
l’Atelier lyrique de Tourcoing, la distribution ne brille pas par son
homogénéité. Vocalités, techniques,
styles se révèlent en effet trop disparates pour
prétendre à une quelconque unité, quelques voix
trop glorieusement opératiques plombant les Chœurs, face
à de fins madrigalistes manquant de relief sonore dans leurs
interventions solistes. D’une sécheresse sépulcrale, le
Caron de Renaud Delaigue n’en est que plus impressionnant, à
l’instar des interventions émues et éloquentes de la
Proserpine de Delphine Gillot, bien plus convaincante et
maîtrisée que dans sa récente Armide
haendélienne. Et si l’Espérance superbement chantante
de Philippe Jaroussky aura paru peu concernée, elle est un
luxe suprême comparée à la Messagère
désordonnée d’Estelle Kaïque. Malgré
quelques faiblesses dans le bas de la tessiture et un timbre parfois
ingrat, l’Orfeo de Kobie van Rensburg sait atteindre des sommets
d’intensité et d’humanité. Présence
magnétique, musicalité irradiante, technique
époustouflante, le ténor sud-africain maîtrise
à la perfection les subtilités du langage monteverdien,
alliant poésie et musique avec un art du naturel incomparable.
Servi par un tel interprète, Jean-Claude Malgoire avait donc
bien des raisons de jubiler, et de bisser la Moresque
finale."
- Opéra de Lille
- 3, 5, 8, 10, 13, 15, 17 novembre 2005 - Théâtre de Caen - 29
novembre, 1er décembre 2005 - Concert
d'Astrée - Les Sacqueboutiers de Toulouse - dir. et
clavecin Emmanuelle Haim - mise en scène Giorgio Barberio
Corsetti - décors Cristian Taraborrelli, Giorgio Barberio
Corsetti - costumes Cristian Taraborrelli - lumières Pier
Giorgio Foti - video Fabio Massimo Iaquone - avec Kerstin Avemo
(La Musica / Euridice), Pascal Bertin (Pastore), Ed Lyon
(Pastore), Kimy McLaren (Ninfa), Michael Slattery (Orfeo), Renate
Pokupic (Messagiera), Marina de Liso (Speranza), Paolo Battaglia
(Caronte), Aurelia Legay (Proserpina), Paul Gay (Plutone), Finnur
Bjarnasson (Pastore, Apollo, Eco), Jonathan Brown (Pastore)

"Production inaboutie et
distribution bien légère...Seule Emmanuelle Haïm
sauve la mise en dirigeant avec sensualité..."
- Opéra Magazine - janvier 2006 - 13
novembre 2005
"Il est toujours artificiel de
dater précisément la naissance d’un genre, mais L’Orfeo
de Monteverdi fait incontestablement partie de ces partitions qui ont
dégagé un horizon nouveau, au tout début du
XVIIe siècle, sans bien sûr avoir conscience en toute
clarté du rideau qu’elles ouvraient. Et c’est bien ce qu’il y
a de beau et de prenant dans la direction d’Emmanuelle Haïm, qui
nous donne à entendre une musique qui naît, une forme
qui se cherche et se trouve, un genre qui vient à la vie. Les
couleurs instrumentales du Concert d’Astrée, augmenté
ici des Sacqueboutiers de Toulouse, contribuent à un faste
sonore qui emplit toute la salle et nous rappelle, de la
sensualité frémissante du continuo à
l’éclat des fanfares, que l’idée de luxe est
inséparable de celle d’opéra.
On est frustré
cependant quand les voix et le spectacle n’atteignent pas les
mêmes hauteurs et précipitent l’ensemble dans la
timidité ou la banalité. A priori, l’idée
paraissait bonne de confier à une équipe de jeunes
solistes un ouvrage qui est aussi un poème du printemps. Mais
fort peu savent nous rappeler qu’il s’agit là d’une favola, et
pas d’une simple récréation chantée. Parmi les
rôles épisodiques, on citera Renata Pokupic, qui nous
offre l’un des rares moments d’émotion de la soirée.
Voix concentrée, chant suspendu, sa Messaggiera est un petit
moment de tragédie à elle seule. Les brèves
interventions de Caronte (Paolo Battaglia) et du couple
Proserpina-Plutone (Aurélia Legay-Paul Gay), donnent elles
aussi du relief à une distribution qui en manque cruellement,
vocalement Kerstin Avemo est une Euridice légère,
victime, effacée dès le
début, mais a quelque chose qu’on attend du rôle de La
Musica, qu’elle interprète également. Quant à
Michael Slattery (Orfeo), il se cherche un style sans jamais le
trouver et se contente d’un chant superficiel, porté par une
voix plutôt fade, en s’aventurant dans des tremblés peu
maîtrisés : le héros d’une pastorale et non pas
une figure mythique. À tout prendre, on aurait aimé un
chant moins orné mais plus engagé.
C’est par ailleurs dès
le prologue que le spectacle révèle ses
facilités et ses limites, avec une volonté de
désenchantement devenue aujourd’hui habituelle mais
terriblement lassante. La première et très belle image,
représentant La Musica à son balcon vêtue d’une
robe fastueuse, est tout à coup gâchée par une
vidéo qui nous inflige le visage du même personnage en
grande dimension. Le procédé revient à plusieurs
reprises (tour à tour pour des paysages, des corps qui
tombent...), mais se révèle très vite un simple
pis-aller venant se superposer, tant bien que mal, à ce qui se
passe sur scène. Giorgio Barberio Corsetti nous plonge d’abord
dans une ambiance années 1960, avec pique-nique à la
campagne, moutons amovibles et vespas. La barque de Caronte (en
réalité, un canot à moteur) nous vaut un
répit, quelque chose comme un intermède
inquiétant, dépouillé, mais les Enfers nous
entraînent dans de nouveaux poncifs : le couple infernal
regarde la télévision, pendant que trois figurants nus
enfournent des croissants. À la fin, pour nous signifier
qu’Orfeo a renoncé à toutes les femmes sauf à
Euridice, des garçons se vautrent dans des canapés —
mais on les voit à travers des miroirs, pour marquer
l’illusion et la distance !
Cette production, vocalement
et scéniquement, a quelque chose d’une ébauche. Est-il
possible qu’Emmanuelle Haïm lui communique son énergie
pour qu’elle prenne corps et s’affine dans la perspective des
représentations prévues au Châtelet en mai
prochain, puis à l’Opéra National du Rhin en juin
?"
- Le Monde de la Musique - janvier 2006 - 15
novembre 2005 - Les souffrances du jeune
Orphée
"Manifeste de l’opéra
baroque, L’Orfeo de Monteverdi n’en demeure pas moins
imprégné des valeurs humanistes de la Renaissance. Le
drame de la double mort d’Eurydice s’inscrit dans une cosmogonie
antique gérée par une harmonie supérieure.
Rendre visibles ces perspectives comme une architecture
générale symétrique reste une gageure pour tout
metteur en scène. Giorgio Barberio Corsetti présente un
spectacle dont la lisibilité, en ces temps de «
malscène », passerait pour de la hardiesse. S’il
préfère à la Thrace préchrétienne
l’Italie de La Dolce Vita, il conserve chaque élément
indispensable à la compréhension du public. Une
utilisation parcimonieuse de la vidéo permet de
représenter le surnaturel : l’image d’Eurydice, future
constellation, flottant dans le ciel, ou de la Musique endormant le
nocher infernal.
Emmanuelle Haïm affirme
dans le texte de présentation chercher un lien immédiat
avec notre temps et avoir accordé les rôles au physique
des chanteurs. La jeunesse d’Orphée et Eurydice lit sur les
visages de Michael Slattery et KerstinAvemo. Le premier convainc par
sa vaillance, émeut par son chant douloureux et impressionne
par sa colère misogyne. La seconde, qui incarne aussi la
Musique, séduit par sa douceur fragile et inquiète.
Proserpine compatissante d'Aurélia Legay, Pluton magnanime de
Paul Gay, Messagère charismatique de Renata Pokupic. A la
tête d’un enthousiaste Concert d’Astrée, Emmanuelle
Haïm est plus que jamais attentive à la narration, au
poids dramatique des résolutions harmoniques et des
changements de couleurs."
- Forum Opéra - 5 novembre 2005
« Au moment d’aborder la
mise en scène de L’Orfeo, qui raconte la mort d’un
poète, je pense à la mort d’un poète en
particulier, celle de Pasolini. C’est peut-être pourquoi j’ai
envie que l’univers scénique du spectacle fasse écho
aux années soixante-dix. Orphée vit dans une
époque qui pourrait être tout à fait la
nôtre. » Il y a trente ans, le 3 novembre 1975, le corps
du sulfureux poète et cinéaste italien était
retrouvé sur une plage d’Ostie. Crime crapuleux ou politique ?
Le mystère reste entier et le lien avec Orphée
plutôt anecdotique. Quand bien même une version de la
légende prétend que les Ménades ont
déchiqueté le fils d’Apollon parce qu’il avait
dédaigné l’amour des femmes, l’opéra de
Monteverdi ignore cet avatar. En outre, rien ne prouve que l’assassin
du Frioulan, ouvertement homosexuel, fût un prostitué.
Toutefois, la présence de trois acrobates râblés
et sexy en diable, résonne un peu comme un hommage, à
moins qu’elle ne trahisse certaines affinités avec l’auteur
des Ragazzi. Contrairement à ce que peuvent laisser croire les
propos de Giorgio Barberio Corsetti, la mort ne hante pas cette
production, ruisselante de sève et de rosée !
Orphée n’est plus un demi-dieu contemplatif, mais le
héros solaire d’une bande de copains non moins fringants (on
songe plus d’une fois à West Side Story). Cette jeunesse
riante enfourche des solex, danse, festoie, lutine et se taquine sur
l’herbette… Image parfaite du bonheur, de l’insouciance et de la joie
de vivre qui baignent le premier acte (« Lasciati i monti
»). Le coup de tonnerre qui frappe cet azur n’en est que plus
frappant. La Messagiera de Renata Pokupic n’est pas une
manière de dea ex machina tragique et grandiose, mais bien la
« douce compagne » d’Eurydice, Silvia,
désemparée, noble dans sa douleur, sans mélo ni
cris superflus.
Si le chagrin d’amour
transcende les époques et parle à tous les publics,
Corsetti se montre, en revanche, moins à l’aise avec le
substrat littéraire et mythologique dont se nourrit
également le livret de Striggio. Il hésite entre
modernisation – un salon télé tient lieu de salle du
trône pour Pluton – et reconstitution comme dans ce prologue
où la Musica, superbe patricienne toute de pourpre
vêtue, figure au centre d’un tableau du Seicento. Le visuel
éblouit, Kerstin Avemo, avec ses cheveux courts, ses traits
épurés et presque androgynes, évoquant une
héroïne de Greenaway ou le troublant Orlando campé
par Tilda Swinton dans le film éponyme de Sally Potter.
Cependant, les univers se juxtaposent, les époques et les
références se télescopent sans parvenir à
se fondre dans une lecture cohérente et aboutie du drame. La
transposition évite du moins les contresens et les
extrapolations gratuites qui gâchent volontiers ce genre
d’actualisation. L’illustration du livret se fait parfois même
un peu trop littérale, à l’image des Sylvains
incarnés par les acrobates, ou redondante, comme dans ce
geste, projeté sur un écran géant, de la Musica
qui tend son bras pour assoupir Charon juché sur sa barque. Ce
manque d’audace ne laisse pas d’étonner alors que le metteur
en scène vante l’absence de réalisme des codes qui
régissent l’opéra et se réjouit que
l’imagination puisse donc y être reine... L’humour et le second
degré apportent néanmoins une touche de fantaisie, un
parfum de nostalgie au gré d’allusions savoureuses aux
machines baroques et aux trucages du cinéma de papa. Corsetti
s’émancipe aux troisième et quatrième actes,
développant de belles idées, notamment cette pluie de
vêtements qui s’abattent sur les eaux noires du Styx.
Les options d’Emmanuelle
Haïm ont été largement commentées lors de
la sortie de son disque. La controverse ne portait pas que sur le
respect de la lettre et d’une illusoire authenticité
historique. Pour peu que les libertés prises avec le style et
les indications explicites du compositeur servent la musique, les
puristes prêcheraient dans le désert, mais ici,
l’infidélité ne paie guère. Si, comme l’observe
la chef, « d’une expérience de laboratoire, on arrive
directement à un chef-d’oeuvre », pourquoi se croit-elle
autorisée à le retoucher, à l’augmenter ? Une
véritable humilité devant le génie de Monteverdi
nous aurait, par exemple, épargné l’inutile
surenchère de ces percussions qui soulignent la tournure
dramatique des événements à l’acte II. De
même, si Kerstin Avemo joue moins les divas que Natalie Dessay,
ses ornements dénaturent le propos de Monteverdi et tendent
à réduire le pouvoir de la Musica à la
virtuosité des interprètes. Ces anachronismes lorgnent
trop vers l’opéra à venir et escamotent
l’irréductible singularité de L’Orfeo.
Les effectifs du Concert
d’Astrée sont à peu de choses près identiques
à ceux de l’enregistrement – une trompette (et non quatre,
hélas !) rejoint les sacqueboutes dans la toccata – et le
continuo, toujours envahissant, ne se montre guère plus
inspiré. Le plateau, lui, a été
entièrement renouvelé. Constitué de douze
chanteurs spécialement recrutés pour cette production,
le chœur est le point fort, pour ne pas dire la bonne surprise de
cette création. Ses interventions, vivifiantes et d’une grande
souplesse expressive, rendent justice aux pages sublimes que
Monteverdi lui réserve et rachètent la
contre-performance des European Voices en studio. Michael Slattery
(Orfeo) enthousiasme et déçoit en même temps :
beau gosse, crâneur et rebelle, fiévreux, habité,
le personnage est crédible, passionnant même, mais il
faut admettre que vocalement la prise de rôle s’avère
prématurée. Si Finnur Bjarnason (Pastore, Apollo) n’a
rien à lui envier en termes de présence et de
musicalité, son chant est surtout plus sûr et mieux
projeté. Sinon, aucune personnalité n’émerge
véritablement de la distribution, assez
hétérogène et pas toujours très
armée pour affronter le recitar cantando... Hormis
l’émouvante Messagiera de Renata Pokupic déjà
citée, il faut encore évoquer la tendre et sensuelle
Proserpina d’Aurélia Legay, dont on comprend que les accents
« ravivent l’ancienne blessure de l’amour ». Une mention
également pour Kerstin Avemo et Marina del Liso qui retiennent
l’attention dans les rôles particulièrement fugaces
d’Euridice et de la Speranza, et pour le timbre frais,
l’élégance so british du ténor Ed
Lyon."
- La Libre Belgique - Entre vespas et Renaissance,
belle mise en scène de Giorgio Barbiero Corsetti
"Quelques mois après
avoir signé au disque une intégrale de
«L'Orfeo» de Monteverdi (Virgin), Emmanuelle Haïm
propose l'oeuvre sur la scène de l'Opéra de Lille,
maison dynamique dans laquelle son Concert d'Astrée est en
résidence. L'occasion de retrouver une direction musicale
extrêmement dynamique, parfois un peu brouillonne mais souvent
passionnante aussi dans certains de ses aspects, comme cette
façon de varier l'effectif instrumental au sein d'une
même scène pour créer un effet dramatique. Et si
certains éléments avaient pu sembler
maniérés au disque, ils prennent plus de sens ici,
comme l'introduction de percussions au final du deuxième acte
qui accompagnent cette fois l'image en vidéo du corps
d'Eurydice qui roule vers l'abîme.
Si la claveciniste et chef
française avait bénéficié pour son
enregistrement d'une distribution luxueuse, presque encombrante
à force d'être constituée de stars dont les
affinités avec le répertoire monteverdien
étaient parfois ténues (Bostridge, Gens, Dessay,
Ciofi...), la démarche est ici tout autre: aucun grand nom
dans ce plateau de jeunes chanteurs, à la fois plus en phase
avec les moyens de la maison lilloise et idéalement
intégré dans une mise en scène qui tire une de
ses forces de la crédibilité scénique de ses
protagonistes. On devra donc se contenter de voix bonnes sans
être exceptionnelles (Kerstin Avemo, tour à tour Musica
et Euridice, le Plutone de Paul Gay ou la Messagiera de Renata
Pokupic, voire parfois avec certaines faiblesses - l'Orfeo de Michael
Slattery), mais c'est sans doute le prix à payer pour une
cohérence et une conception qui est celle d'un
véritable ensemble.
La plus-value de ce spectacle
tient beaucoup à la mise en scène de Giorgio Barbiero
Corsetti, qui intègre habilement quelques
éléments de vidéo (traitée dans un mode
onirique et poétique) au théâtre traditionnel et
unit deux univers temporels: l'Italie de la Renaissance pour les
muses (avec un extraordinaire prologue, qui vaut à lui seul le
détour, où la Musique apparaît dans une petite
boîte suspendue au milieu du cadre de scène), et celle
des années 60 pour Orphée, Eurydice et leurs amis
(référence voulue à l'univers de Pasolini,
cousin d'Orfeo selon Corsetti). S'appuyant sur une direction
d'acteurs très aboutie, l'Italien signe une vision marquante
d'un inépuisable chef-d'oeuvre en faisant de ces protagonistes
des êtres de chair et d'os proches de chacun de
nous."
"U n an après le triste
ratage de Genève, l’Opéra de Lille affronte à
son tour Orfeo, avec Emmanuelle Haïm et Giorgio Barberio
Corsetti, dans une production qui gagnera Paris en avril et
Strasbourg fin juin. Points communs aux deux spectacles : des visions
singulièrement fantasmées des Enfers (hier night-club
rouge et noir, aujourd’hui boulangerie grotesque avec coin
télé pour les mafieux Pluton et Proserpine) et
l’économie d’un véritable travail scénique sur
le mythe et ses images (trois faunes musculeux feront l’affaire).
Suivant l’exemple de Genève, Corsetti substitue au mythe
antique l’une de nos mythologies contemporaines, ces années
1970 idéalisées en Arcadie post-1968 et présida,
avec leur lot de sourires béats, pattes d’eph’, pas de wist et
imprimés acidulés. Le décor est plus modeste
à Lille (mais aussi un peu moins laid) et comme animé
par les projections vidéo de Fabio Massimo Iaquone, qui
tentent d’entrouvrir les portes de notre imaginaire avec leurs images
douces et stylisées, gros plans sur les gestes aquatiques
d’une Eurydice-Ondine (hélas, Kerstin Avemo capte la
lumière beaucoup mieux qu’elle ne concentre son chant).
Corsetti avance une justification à ces commodités:
« Au moment d’aborder Orfeo, qui raconte la mort d’un
poète, je pense à la mort d’un poète en
particulier, Pasolini. » L’opéra de Monteverdi ne
consacre pas le pouvoir de la musique mais « raconte la mort
d’un poète »? Pourquoi pas : le cinquième acte
voit, en effet, le chantre de Thrace renoncer au monde (et aux
femmes, ce qu’assène le dernier tableau lillois,
éphèbes enlacés sur canapé) pour gagner
les étoiles avec son père Apollon. Et, quel que soit
son motif, l’association PasoliniOrfeo est séduisante.
Elle est censée rendre sa lumière à un mythe
désormais opaque, investir le nouvel Orphée du charisme
inouï de l’Italien.., et elle devrait nous épargner le
numéro de Michael Slattery, non pas demi-dieu mais petite
frappe en costar blanc sans noblesse, qui vomit ses tripes comme un
mauvais Paillasse dans « Tu sei morta ». Sans même
parler des diminutions du « Possente spirito », il manque
à cet Orphée l’essentiel de la déclamation
montéverdienne, la souplesse, la chaleur — la prononciation!
Il n’est pas le seul, il faut attendre la Messagiera (Renata Pokupic)
et Proserpina (Aurelia Legay) pour apprécier un italien
savoureux, qui n’est plus le maquillage des intentions mais la
matière où se forge l’expression.
La direction d’Emmanuelle
Haïm appelle des réserves comparables partout des effets
pour pallier l’absence de structure, des danses uniformément
hystériques parce que jamais tenues par un véritable
rythme (« Echo pur » frétille comme solo de
claquettes), un patchwork d’idées qui ne fera jamais office de
conception. Le Concert d’Astrée laisse toutes ces carences
à vif, avare de couleurs et de résonances, volontiers
citronné (ou résolument vinaigré quand les
cordes sont à découvert). Des fils, de première
qualité pour certains, mais pas encore l’étoffe. C’est
peut-être le propre d’un grand chef que le tout soit
supérieur à la somme des parties."
- Stuttgart - Staatstheater
- 4, 6, 9, 11, 19, 21 novembre, 2 décembre 2005
- dir. Jean-Claude Malgoire - mise en scène Joachim
Schlömer - décors et costumes Katrin Brack -
lumières David Finn - chef de choeur Johannes Knecht -
dramaturgie Juliane Votteler - avec Irena Bespalovaite / Klara Ek
(La Musica), Kobie Van Rensburg (Orfeo), Helga Rós
Indridadóttir (Euridice), Helene Schneiderman / Helene
Ranada (Messaggiera), Frédérique Sizaret / Maria
Theresa Ullrich (Speranza), Helmut Berger-Tuna (Caronte), Irena
Bespalovaite / Klara Ek (Proserpina), Mark Munkittrick / Marek
Gastecki (Plutone), Christoph Sökler (Apollo), Bernhard
Schneider (Pastore I / Spirito I), Emma Curtis (Pastore
II),Roderic Keating (Pastore III / Spirito II), Heike Beckmann /
Karin Horvat (Ninfa / Pastore), Sasa Vrabac / Johannes Wieczorek
(Pastore IV / Spirito V), Daniel Kaleta (Spirito III), Tommaso
Hahn / Ulrich Frisch (Spirito IV)
- Opéra de Rennes
- 18, 19 octobre 2005 - La Fenice - dir. Jean
Tubéry - avec Hans Jörg Mammel (Orfeo), Caroline
Weynants (Musica), Julie Robard (Euridice), Aurore Bucher
(Messagiera), Elena Pozhidaeva (Speranza), Caroline Tarrit
(Proserpina), Helen Cassano (Ninfa), Renaud Tripathi, Thibaut
Lenaerts, Nicolas Achten (Pastore), Philippe Favette (Caronte),
Benoît Giaux (Plutone), Etienne Debaisieux (Spirito)
- Linz - Großes Haus
- 15, 19, 24 octobre 2005 - Statisterie des
Landestheaters - Chor des Landestheaters - Bruckner Orchester Linz
- dir. Christoph Hammer - mise en scène Ingo Kerkhof -
décors Anne Neuser - costumes Stephan von Wedel - chef de
choeur Georg Leopold - avec Dorothea Maria Marx (La Musica
1/Euridice/La Musica 5/Proserpina), Hinako Yoshikawa (La Musica
1/Euridice), Tijana Grujic (La Musica 2/La Speranza), Jörn
Eichler (La Musica 3/Pastore), Elisabeth Hornung (La Musica
4/Messaggiera), Khatuna Mikaberidze (La Musica 4/Messaggiera),
Arantxa Armentia (La Musica 5/Proserpina), Lauri Vasar (Orfeo),
Stefan Kocán (Caronte), Nikolai Galkin (Pluto), Franz
Binder (Apollo / Eco), Danuta Leopold (Ninfa), Karin Behne,
Jörn Eichler, William Mason, Jonathan Whiteley (Pastori),
Franz Binder, Boris Daskalov, Seog Mann Keum (Spiriti), Susanne
Kuffner / Sabine Lindner - nouvelle production

- Opéra de
Lille - 5, 8, 10, 13, 15,
17 octobre 2005 - Concert d'Astrée - dir. Emmanuelle Haim -
mise en scène Giorgio Barberio Corsetti - décors
Cristian Taraborrelli, Giorgio Barberio Corsetti - costumes
Cristian Taraborrelli - lumières Giorgio Foti - video Fabio
Iaquone - avec Kerstin Avemo (La Musica / Euridice), Pascal
Bertin, Ed Lyon, Finnur Bjarnasson (Pastore), Kimy McLaren
(Ninfa), Michael Slattery / Finnur Bjarnasson (Orfeo), Renate
Pokupic (Messagiera), Marina de Liso (La Speranza), Andrea
Silvestrelli (Caronte), Aurelia Legay (Proserpina), Paul Gay
(Plutone), Finnur Bjarnasson (Apollo, Eco)
- Namur -
Théâtre Royal - 5 octobre 2005 - version
de concert - Chœur de Chambre de Namur, Ensemble La Fenice - dir.
Jean Tubéry - avec Hans-Jörg Mammel (Orfeo), Caroline
Weynants (La Musica), Julie Robard (Eurydice), Aurore Bucher
(Messaggiera), Elena Pozhidaeva (Speranza), Caroline Tarrit
(Proserpina), Helen Cassano (Ninfa), Philippe Favette (Caronte),
Etienne Debaisieux (Plutone), Benoît Giaux (Apollo), Renaud
Tripathi, Paulin Bundgen, Peter de Laurentis, Thibaut Lenaerts,
Nicolas Achten (Pastori)
- Crescendo -
octobre/novembre 2005
"Il est impressionnant de se
rendre compte à quel point L’Orfeo garde, environ quatre
siècles après sa création, un si grand pouvoir
d’attraction. Le Théâtre de Namur était rempli
pour la circonstance le 5 octobre dernier en soirée, la
générale de l’après-midi ayant elle aussi
rassemblé un nombreux public. La mesure de cet engouement
pouvait faire croire à un événement... ce
qui fut confirmé par les faits car il s’agissait bel et bien
d’un événement! Présentée en version
concert, l’oeuvre ne perd rien de sa magie. Il est vrai que l’on
avait opté pour une intelligente mise en espace et en
situation, disposant par exemple deux choeurs de trombones se faisant
face dans des loges du premier étage proches de la
scène, jouant sur la position en scène de certains
instrumentistes et chanteurs pour les mettre, comme la partition les
y invitait, en évidence. Le soin porté aux
éclairages était également déterminant de
même que l’attention à certains détails (la tenue
vestimentaire du choeur différente selon qu’il s’agissait du
choeur des bergers ou du choeur des esprits, etc...). Jean
Tubéry, tellement inspiré, attentif et
omniprésent, virevoltait en passant de la direction au cornet
ou à la flûte à bec et conduisait son petit monde
dans la magie de l’union de la parole avec la musique. “Son” Choeur
de Chambre de Namur était superbe, belle cohésion et
rayonnante unanimité. Certains de ses membres devaient
également se muer en Eurydice, Caronte, Proserpina, etc...et
assumèrent ces rôles avec une belle assurance,
témoignant en outre par là de leurs solides
qualités individuelles. L’ensemble La Fenice, fort d’une
quinzaine d’instrumentistes et dont le groupe des continuistes
était somptueux, put se montrer sous son meilleur jour.
Virtuose, chatoyant, sa richesse et sa
générosité ont fait merveille, son
énergie n’a connu aucun répit. Le personnage
clé, Orphée, s’exprimait par la voix de Hans-Jörg
Mammel, impérial, tant par sa virtuosité que par la
véracité de l’expression des affects, il façonne
un timbre chaleureux et rayonnant en fonction des passions. La magie
de l’Otfeo a opéré, au magicien qui écrivit la
partition il y a quatre siècles ont répondu d’autres
magiciens de notre XXle siècle. Seules les grandes oeuvres
permettent de tracer cette accolade dans le temps, seuls de grands
interprètes nous permettent d’en bénéficier en
éprouvant les plus profondes émotions. Le public
namurois n’a pas manqué de le faire et il y a gros à
parier que, sur ce plan tout au moins, les Catalans de Toroêlla
et les Bourguignons de Sens lui auront fort
ressemblé."
"Il y a longtemps que le
Théâtre de Namur n’avait plus accueilli d’opéra,
et pour le retour de l’art lyrique dans la capitale wallonne, quoi de
plus symbolique que d’avoir choisi l’Orfeo, opéra des
origines, mis en œuvre par deux des principales forces vives de la
vie musicale namuroise : le Chœur de chambre de Namur, et l’ensemble
La Fenice, menés par Jean Tubéry. Ce concert unique a
suscité un fort engouement à Namur, de sorte que pour
satisfaire toutes les demandes de places, on a ouvert la
répétition générale au public
l’après-midi du concert. Pour des raisons budgétaires,
c’est une version de concert qui a été choisie, sans
que la compréhension soit gênée, car en plus d’un
appareillage de surtitres mis en place pour l’occasion, la mise en
espace, intelligemment réglée par Jean Tubéry,
respectait scrupuleusement les indications du livret. Ce fut donc un
concert qui ne manqua pas de « théâtralité
», exploitant habilement les possibilités offertes par
les loges placées sur les côtés de la
scène, le tout dans une lumière subtilement
réglée pour évoquer les changements de lieu.
Musicalement, les
satisfactions sont nombreuses, à commencer par un ensemble
orchestral La Fenice virtuose, généreux en couleurs, en
accents inédits, en timbres subtils. Donnant galbe et
souplesse aux phrasés de son ensemble, Jean Tubéry ose
des changements de tempo vertigineux, et fait preuve d’une
virtuosité ébouriffante lorsqu’il embouche son cornet
ou sa flûte à bec. Autre motif de satisfaction de ce
concert, l’extraordinaire Hans-Jörg Mammel, éblouissant
dans le rôle-titre, par sa classe vocale, la rondeur d’un
timbre plein, à la fois chaud et clair, des aigus rayonnants
et un grave profond et sûr. L’émission est franche, et
le ténor se jette dans son rôle avec ardeur et
générosité, affrontant sans faiblir les
difficultés de la partition, dont un Possente spirto
anthologique, admirablement soutenu par l’orchestre. Seule petite
réserve à l’endroit de ce splendide Orfeo, son italien
est celui d’un allemand, et malgré ses efforts, on le sent
encore un peu rugueux.
C’est le Chœur de chambre de
Namur, admirable de cohésion, de souplesse rythmique et de
clarté des timbres, qui fournit tous les solistes de ce
concert. Performance remarquable, car chacun tient sa partie avec
probité, et s’il y eut certaines faiblesses (Musica, Speranza,
certains bergers), plusieurs interventions sont à tirer du lot
: le Caronte teigneux de Philippe Favette, l’Apollo très en
voix de Benoît Giaux, le très beau pasteur de Nicolas
Achten, qui jouait en plus du théorbe, et surtout la
Messagiera écorchée, brûlante de douleur d’Aurore
Bucher. Le public namurois eut donc le plaisir d’entendre un concert
de haute tenue, qui mériterait certainement d’être
enregistré, pour préserver les mémorables
prestations de l’orchestre et de Hans-Jörg
Mammel."
"Evénement en cette
lancée de saison à la Philharmonique de Namur puisque
le premier concert sera consacré à l'« Orfeo
» de Monteverdi, une production présentée cet
été au Festival de Torroëlla de Montgri, en
Catalogne. Un opéra, et qui plus est, le premier des
opéras, même si l'« Euridice » de Peri lui
était antérieur. Mais, attention,
l'événement fait foule. Face à la prise d'assaut
de la location, les organisateurs ont décidé d'ouvrir
au public la générale de la veille.
Une chose est certaine : cet
« Orfeo » ne sera pas vraiment comme les autres. Selon Jean
Tubéry qui le dirigera à Namur l'oeuvre était
à l'origine davantage conçue pour une mise en espace
dans une salle du château de Mantoue. La démarche se
voulait essentiellement humaniste : « Orfeo » était
l'oeuvre d'un lettré pour des lettrés qui fait appel
à toutes les ressources de la rhétorique. Le
résultat : une superbe couleur qui vient des mots qui
fournissent selon l'expression de Tubéry « la peinture
des oreilles ». C'est aussi celle des sentiments dans une
musique qui vit des affects, traités naturellement comme en
réponse au texte, précise Tubéry. Nous
voilà très loin des règles savantes de la «
prima prattica » en usage jusque-là. Monteverdi est sorti
des querelles avec Artuzzi. Il a compris qu'il ne faut pas
nécessairement cinq chanteurs pour exprimer les sentiments
d'un seul être. Penser cela, c'est se déclarer libre
pour l'expressivité à l'opéra. Mais une
expressivité qui reste le support d'un texte, non l'alibi
d'une démonstration virtuose.
L'exiguïté du lieu
de création a aussi une conséquence dans le choix des
solistes. A l'exception du rôle-titre confié à
son complice habituel, le ténor Hans-Jörg Hammel, tous
les protagonistes de cette « favola in musica » sortiront
du Choeur de chambre de Namur. Il est impensable que l'on n'ait pas
utilisé pour la création l'essentiel des effectifs de
la chapelle princière, dit Tubéry. C'est ce climat que
nous avons voulu reconstituer : la distribution des rôles est
le résultat d'auditions précises, conduites avec les
membres du choeur. Nos choristes sont des individualités qui
travaillent ensemble. Les choeurs de l'époque étaient
souvent des choeurs de solistes.
Faut-il pour autant parler
d'une reconstitution historique ? Bien sûr que non,
répond Tubéry. L'esprit est plus important que la
lettre : ce que nous recherchons, c'est de livrer un Monteverdi tel
qu'on peut le reproduire en 2005. Une démarche qui n'a rien de
nouveau : après tout, les peintres n'habillaient-ils pas les
personnages de la Bible avec les vêtements de leur temps ?
La symbolique joue
évidemment un rôle très important. Ainsi du
rôle de l'écho fourni par le cornet qui évoque la
grotte des enfers. Dans la recherche de son pouvoir
d'évocation, cette musique repose considérablement sur
la basse continue et sa capacité d'improvisation : Sa
présence est très mobile, souligne Tubéry.
L'accompagnement d'Orfeo évolue de un à sept
instruments quand il est emporté dans les tourments de la
violence. En répétition, on essaie beaucoup de choses,
chacun apportant sa touche personnelle : c'est ainsi que des
équilibres s'élaborent. A partir d'eux, on vit au
concert sur le canevas que nous avons
sélectionné."
"Privée de trompettes,
l'ouverture perd en éclat, en solennité ce qu'elle
gagne en vivacité et en légèreté : le ton
est donné, c'est celui de la pastorale, au début
riante, mais qui vire au drame. Point de sacré, de mythologie
ni de cosmogonie, car cette version de concert privilégie
l'humanité des personnages au gré d'une lecture presque
intimiste par moments, loin du somptueux spectacle de cour
imaginé par René Jacobs (les amateurs de ritournelles
fleuries et de violons diserts en seront pour leurs frais) et que
certains jugeront réductrice, mais qui assure aujourd'hui
encore le succès de l'ouvrage et parle au public le plus
divers. En l'occurrence, L'Orfeo semble couler de source, avec un
naturel époustouflant, et se livre dans une étonnante
immédiateté. "
- Darmstadt - Staatstheater
- Kleines Haus - 3, 29 octobre, 4 novembre 2005 - dir.
Stefan Blunier - mise en scène John Dew - décors
Heinz Balthes - costumes José Manuel Vazquez
- Cité de la Musique
- 24, 25 septembre 2005 - New London Consort - dir.
Philip Pickett - mise en scène Jonathan Miller -
chorégraphie Sue Lefton - costumes Shirin Guild - avec Mark
Tucker (Orphée), Joanne Lunn soprano (la Musique,
Proserpine), Julia Gooding soprano (la Messagère), Revital
Raviv soprano (Eurydice), Faye Newton soprano (une Nymphe), Mark
Chambers contre-ténor (l'Espérance), Andrew King
ténor (Apollon, un Berger, un Esprit), Michael George basse
(Pluton, un Berger), Simon Grant basse (Charon, un Berger, un
Esprit), Joseph Cornwell ténor (Berger, Esprit), Martin
Robson basse (un Berger, un Esprit), Mark Rowlinson basse (un
Berger, un Esprit)
- ConcertClassic - 25 septembre 2005
"Philip Pickett est un
habitué de l’Orfeo monteverdien : sa gravure de l’œuvre pour
L’Oiseau-Lyre (1992 déjà) avait fait grincer quelques
dents. Treize ans plus tard le flûtiste n’a pas revu sa copie :
direction impavide, peu soucieuse de lyrisme, ornementation
minimaliste, bref une économie qui si elle a l’avantage de ne
pas surcharger le texte finit par passer à coté du
drame. Il faut avouer que la mise en espace quasi janséniste
de Jonathan Miller, peu inspirée, n’aidait pas cette lecture
assez grise, dépareillées par d’incessants
problèmes de justesse, non chez les instrumentistes, mais chez
les chanteurs : l’Euridyce de Revital Raviv, le Charon de Simon Grant
n’ont jamais trouvé leurs marques. Même Mark Tucker,
Orfeo ardent mais à la vocalise trop mécanique dans
Possente spirto, souffrait de quelques incertitudes qui ne suffirent
pas à gâcher son incarnation plus dramatique qu’à
l’accoutumée. Belle messagère de Julia Gooding, une
Musica fruitée – et presque au terme de sa grossesse – Joanne
Lunn qu’il faut garder en mémoire. Pluton désarmant de
sens pratique de Michael George.
La palme revenait certainement
à l’Apollon d’Andrew King, dont le ténor brillant
était également omniprésent dans les madrigaux
des bergers. Attendons la production de l’Opéra de Lille et
espérons d’Emmanuelle Haim une lecture plus enthousiasmante
que cette morne représentation."
"Favola con musica : une fable
en musique. Et quelle musique ! Tellement troublante qu’elle se
suffit à elle-même, sans décors ni tralala, comme
viennent de le démontrer les joueurs de sacqueboutes, de
cornet, de harpe, de théorbe, de luth, d‘orgue et de clavecin
du New London Consort sous les doigts discrets mais inspirés
de leur chef Philip Picket. Avec Marc Tucker, en Orphée
magnétique, Julia Gooding en Messagère bouleversante,
le mythe rejoignit les étoiles, le temps d’un
soupir."
- Stuttgart - Staatstheater
- 3, 5, 7 juillet 2005 - dir. Jean-Claude Malgoire -
mise en scène Joachim Schlömer - décors,
costumes Katrin Brack - lumières David Finn - chef de
choeur Johannes Knecht - dramaturgie Juliane Votteler - avec Klara
Ek (La Musica/Proserpina), Kobie van Rensburg (Orfeo), Helga
Rós Indridadóttir (Euridice), Helene Ranada
(Messaggiera), Maria Theresa Ullrich (Speranza), Helmut
Berger-Tuna (Caronte), Mark Munkittrick (Plutone), Christoph
Sökler (Apollo), Bernhard Schneider (Pastore I/Spirito I),
Emma Curtis (Pastore II), Roderic Keating (Pastore III/Spirito
II), Heike Beckmann /Katrin Horvat (Ninfa/Pastore), Sasa Vrabac
/Johannes Wieczorek (Pastore IV/Spirito V), Daniel Kaleta (Spirito
III), Thomas Hahn /Ulrich Fritsch (Spirito IV)
- Zwolle - Hollande
- Odeon,Van der Reijd Schouwburgzaal - 29 avril 2005 -
adaptation Christoph Cech - Amadeus Ensemble-Wien - dir. Walter
Kobéra - mise en scène Gian Gianotti - décors
et costumes Christof Cremer - solistes et choeur du Neue Oper
Wien
- Budapest - Palais des Arts
- 16 mars 2005 - dir. György Vashegyi - mise en
scène Csaba Kael - décors Andrea T. Haamer - avec
Timothy Bentch (Orfeo), Dora Ersek (Euridice), Judit Nemeth
(messagiera), Zsolt Nagyvati (Speranza), Maria Zadori (La Musica),
Istvan Kovacs (Caronte), Szabolcs Hamori (Plutone), Noemi Kiss
(Proserpina), Zoltan Megyesi (Apollo, Pastore I)
"Inauguré en grande
pompe le 14 mars, le flamboyant Palais des Arts de Budapest a pour
objectif de conférer un nouveau lustre à la vie
musicale de la capitale hongroise, en offrant un lieu de
résidence à l’Orchestre Philharmonique National, tout
en accueillant dignement les musiciens du pays comme les
tournées d’orchestres étrangers (Riccardo Chailly et sa
phalange milanaise sont, entre autres, au programme du mois de mai
dans le Requiem de Verdi). Le Palais s’organise autour de trois
éléments une vaste salle de concert (1 700 places), un
musée d’art contemporain et un théâtre de 460
places, réservé à la danse, l’opéra
baroque, le théâtre parlé et les récitals.
Admirablement recouvert de bois de noyer de Transylvanie, ce
théâtre dit « du Festival » a
été inauguré le 16 mars avec une
représentation de L’Orfeo de Monteverdi, dans une mise en
scène de Csaba Kael, connu pour son adaptation filmique de
l’opéra Bank ban. La soirée, en rien
festivalière, a surtout permis de mesurer le fossé que
la Hongrie, comme d’autres pays de cette région de l’Europe,
doit encore combler en matière de compréhension et de
traduction musicale et théâtrale des oeuvres
baroques.
Le dispositif scénique
est plutôt astucieux : la sphère du premier tableau se
sépare en deux, dévoilant une coupole dorée et
un plan inférieur couvert de hautes herbes à l’acte
III, ce plan bascule et dévoile les Enfers (des chaînes
de métal accrochées à son socle). Le
procédé est minimaliste, mais acceptable. La
soirée est marquée par deux belles images : le Styx
(matière verte semi-transparente extensible, poussée
par des visages grimaçants) et l’ascension d’Orphée et
Apollon dans la coupole dorée, pourvue d’une banquette. La
scène finale, où bergers et bergères sautillent
en agitant des tambourins et des maracas, est, hélas,
symbolique du tournant purement grotesque que prend ailleurs le
spectacle. L’idée de Csaba Kael d’affubler Orphée et
Eurydice de doubles (des danseurs mimant leurs sentiments) semble la
resucée de nombreuses tentatives en ce domaine. Au passif de
la partie scénique, on ajoutera encore quatre
paramètres terrifiants : un surtitrage rouge
éblouisant où l’on s’attend à tout moment
à voir apparaître les cours du NASDAQ, un bruit de fond
épouvantable venant de la scène, des éclairages
indignes et des costumes hideux (veste d’Orphée
empruntée à Papageno, avec pantalon et chaussures de
ville, et accoutrements des actes III et IV apparemment
récupérés dans une production trash de
Platée).
Musicalement, la distribution
est dominée par le digne Zoltan Megyesi en Premier Berger et
Apollon, ainsi que par l’Orphée de Timothy Bentch, très
bon ténor barytonnant au tempérament dramatique
malheureusement inexistant. Les autres interprètes n’ont
souvent aucune idée du style, voire s’enfoncent
dans le ridicule. György Vashegyi dirige en chef de choeur (un
choeur qui s’avère le meilleur élément musical
de la soirée) une suite de tableaux sans continuité
dramaturgique, à la tête d’un orchestre au continuo laid
et envahissant. Le lieu est superbe. Espérons qu’il incitera
les protagonistes de la vie musicale dans la capitale hongroise
à relever le niveau." (Opéra International - mai 2005 -
16 mars 2005)
- Opéra de Francfort
- 13, 14, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 23, 25, 27, 28 mars
2005 - Konzertchor Darmstadt - Frankfurter Museumsorchesters -
Bläser von "Ecco la musica" und "Vivi Felice
Barockmusikprojekte" - Continuo-Gruppe "Echo du Danube" - dir.
Paolo Carignani / Felice Venanzoni - mise en scène David
Hermann - décors Christof Hetzer - lumières
Jürgen Koß - dramaturgie Zsolt Horpácsy - avec
Christian Gerhaher / Giorgio Caoduro (Orfeo), Arlene Rolph
(Messagiera, Speranza), Magnus Baldvinsson (Caronte), Konstanze
Schlaud (Euridice, Echo), Florian Plock (Plutone), Nidia Palacios
(Proserpina), Anna Ryberg (Ninfa), Nathaniel Webster (Apollo),
Britta Stallmeister (Musica)

- Düsseldorf
- 11, 17 mars 2005
- Genève -
Bâtiment des Forces Motrices - 20, 21, 23, 25,
27, 29, 31 janvier, 2, 3 février 2005 - Il Giardino
Armonico - dir. Giovanni Antonini / Luca Pianca - mise en
scène Philippe Arlaud - décors Philippe Arlaud -
costumes Andrea Uhmann - lumières Philippe Arlaud -
chorégraphie Anne-Marie Gros - avec Victor Torres (Orfeo),
Katia Velletaz (Musica/Euridice), Marie-Claude Chappuis
(Speranza), Carlo Lepore (Caronte), Marisa Martins (Proserpina),
Luigi De Donato (Plutone), Valentina Kutzarova (Messaggera),
Fulvio Bettini (Apollo), Emiliano Gonzalez-Toro (Pastore I/Spirito
I), Pascal Bertin (Pastore II), Leif Aruhn-Solen (Pastore
III/Spirito II), Phillip Casperd (Pastore IV/Spirito III), Fosca
Aquaro (Ninfa)
- Opéra International - mars/avril 2005
- 27 janvier 2005
"En guise de (pré)
prologue, un frêle enfant à la démarche
hésitante traverse la scène oblique en débitant
un texte français aux formules surréalistes.
D'inquiétantes danseuses aux allures de pin-up psychopathes,
enlisées dans une gestuelle névrotique, lui
emboîtent le pas avant de s'évanouir à l'autre
bout du plateau. Un lourd et long silence s'installe... Puis la
tonitruante toccata retentit de part et d'autre de la salle, nous
rappelant à la réalité, du moins à celle
de la musique de Monteverdi. Ainsi, l'allégorique Musica
(sensible Katia Velietaz, qui est aussi Euridice) peut-elle faire son
entrée. Sur fond de vidéo annonçant les
protagonistes à la manière d'un générique
de film hollywoodien, elle s'adresse au public et entame son
récit, Apparemment, la favola in musica ne débute pas
selon le goût de Philippe Arlaud pour que ce dernier ose nous
gratifier d'une telle introduction ! Passé ce faux
départ en forme de happening, le travail du scénographe
français retrouve sa cohérence. La longue scène
du mariage tranche d'ailleurs par sa bonhomie et son
côté fèstif, où l'on découvre les
futurs époux séparés par une montagne de paquets
cadeaux multicolores. Heureux mortels ! On danse, beaucoup et de
manière très suggestive sur des chorégraphies
d'Anne-MarieGros, on chante assez bien et fort, surtout les trois
Bergers, on rit à gorge déployée (bravo aux
choristes du Grand Théâtre) jusqu'à ce que la
Messaggiera (touchante Valentina Kutzarova), oiseau de mauvais
augure, ne vienne troubler la fête avec sa terrible nouvelle.
Aussitôt lynchée par les invités qui lui jettent
le reste des victuailles à la figure, elle
préfère s'enfuir, laissant tout ce petit monde
enétat de choc. Rideau.
Inconsolable, Orfeo (magistral
VictorTorres) trouve à peine le temps de s'apitoyer sur son
triste sort qu'il est déjà conduit sous influence
occulte aux portes d'un enfer que l'on pressent, au regard de
l'éprouvante introduction, un rien tourmenté et
lubrique. Effectivement, l'antre de Plutone (épatant Luigi Di
Donato) est un bar américain où grouillent les
créatures les plus louches. Les démons sont ici des
entraîneuses nymphomanes aux charmes douteux (toujours les
danseuses, plus un travesti), qui n'ont de cesse de vouloir pervertir
le pieux visiteur venu du monde des vivants. Proserpina (sensuelle
Marisa Martins), très occupée à satisfaire son
homme vautré au centre de ce lupanar infernal, est la seule
à vraiment compatir à la douleur du pauvre Orfeo. Et si
Euridice semble au finale à tout jamais perdue, c'est parce
qu'elle se montre froide, lointaine, sceptique, presque
résignée. Curieusement, la mise en scène
d'Arlaud, même si elle n'est pas un modèle
d'efficacité et de raffinement (l'apparition du charismatique
Apollo de Fulvio Bettini dans des cimes enneigées arrive comme
un cheveu sur la soupe), finit par trouver un équilibre dans
ses excès, son imagerie souvent insensée. De leur
côté enfin, les instrumentistes d'Il Giardino Armonico,
dirigés par Giovanni Antonini et Luca Pianca, n'appellent que
des louanges. Inébranlables face aux dérives de la
régie, constamment à l'affût de la moindre
nuance, de la moindre ressource expressive, ils offrent une fois de
plus le meilleur d'eux-mêmes."
- ConcertoNet - 20 janvier 2005
"C’est un fait entendu, plus
aucun metteur en scène ne songerait aujourd’hui à
imaginer "L’Orfeo" dans un décor de verts pâturages
remplis de nymphes et de bergers jouant du pipeau. De là
pourtant à vouloir transposer l’action du chef-d’œuvre de
Monteverdi dans les années 1950, avec force couleurs vives,
accessoires kitsch et danses endiablées, il y a un
fossé énorme. Que n’a pas hésité à
franchir Philippe Arlaud, s’attirant les foudres du public genevois,
à en juger par les huées qui ont accueilli le
Français le soir de la première ou par le nombre de
spectateurs quittant la salle à l’entracte lors des
représentations suivantes. Dès le départ, le ton est donné, si on peut
dire, puisque le spectacle débute par un étrange
prologue, sorti tout droit de l’imagination d’Arlaud, mais
apparemment sans aucun rapport avec le livret. En première
partie, les noces d’Orphée et d’Eurydice sont le
prétexte à une fête campagnarde au cours de
laquelle un nombre impressionnant de personnages s’agitent sur
scène. Si la transposition peut sembler incongrue (on ne voit
pas en tout cas ce qu’elle peut apporter à la
compréhension de l’ouvrage), force est néanmoins de
constater que le parti pris est cohérent dans ses
extravagances. Les choses se gâtent après la pause,
laissant au spectateur la désagréable impression que
cette fois le metteur en scène n’a pas réussi à
calmer ses délires : le décor s’est transformé
en cabaret aux lumières crues, dans lequel de sublimes
entraîneuses rivalisent de séduction devant des mafieux
de service. Pour percevoir ne serait-ce qu’une once de la
poésie de l’ouvrage, il faudra repasser!
La distribution vocale est
d’un niveau très moyen, en tout cas pour les standards
genevois. Seuls se détachent l'Orfeo de Victor Torres, dont la
prestance vocale est éblouissante, même si son
inadéquation stylistique lui a valu quelques manifestations de
réprobation de la part du public, ainsi que l’Apollon de
Fulvio Bettini, au grave sonore et chaud. Reste la musique,
heureusement. Dirigés avec beaucoup de sensibilité par
Giovanni Antonini, les instrumentistes du Giardino Armonico rendent
parfaitement justice à la partition de Monteverdi, en en
rendant rythmes et couleurs. A près de 400 ans, cette musique
garde toute sa force d’évocation."
- Altamusica - 23 janvier 2005
"Pour sa nouvelle production
de l’Orfeo, le Grand Théâtre de Genève a choisi
une équipe contrastée, entre la mise en scène de
Philippe Arlaud et la partie musicale confiée à Il
Giardino Armonico dirigé par Giovanni Antonini. Quelques
touches de surréalisme qui ne remettent globalement pas en
cause une vision tout à fait
intéressante.
« L’auteur propose – le
lecteur, l’interprète, le metteur en scène dispose
» Cette affirmation de Pierre Boulez qui date de 1979, à
l’occasion de la création de la version intégrale de
Lulu mise en scène par Patrice Chéreau, est plus que
jamais d’actualité. Aujourd’hui, les metteurs en scène
les plus décalés travaillent de concert avec les
héritiers des apôtres de la fidélité. Ce
que les baroqueux refusaient jadis d’un Karajan ou d’un Mengelberg au
plan musical au nom d’une authenticité qui n’a jamais vraiment
existé, ils l'acceptent aujourd’hui sur scène, tout en
continuant d’œuvrer plus ou moins pour leur idéal. Il faut
dire que l’irrévérence scénique est aujourd’hui
passée dans les mœurs, elle serait créativité ;
peu amène en revanche à l’égard de
l’irrévérence musicale, on la qualifie
régulièrement de trahison. N’y a-t-il pas là
manque de cohérence ? Après tout, qu’est-ce qui nous
oblige à systématiquement choisir un camp contre un
autre ?
Aux côtés des
garants de l’orthodoxie musicale, brillamment défendue par
Antonini et Il Giardino Armonico, on
trouvera donc dans cet Orfeo genevois une mise en scène
à l’esthétique résolument décalée
: Orphée en costard cravate blanc, Eurydice en aristocrate
façon XVIIIe, Apollon en lunettes de soleil prêt
à embarquer sur des skis, les enfers dans le style cabaret des
années folles… Une foison de références que l’on
appréciera diversement. Au-delà de ces
considérations esthétiques, la vision de Philippe
Arlaud contient des éléments intéressants.
Essentiellement cynique, le ton est donné dès le
départ : un monologue glauque, mettant en scène une
fillette ingénue, présente le texte
délibérément cru d’un rapport d’autopsie.
Probable description clinique d’un Orphée lapidé et
décapité par les Bacchantes, ce texte se situe de
manière très pertinente dans la tradition des
vanités à l’ancienne, plaçant le thème de
la mort au centre de la vision d’Arlaud. Le metteur en scène
s’écarte ici de la transcription à coloration
chrétienne de Monteverdi, qui veut qu’Orphée
goûte l’éternité des cieux auprès de son
père Apollon. Par un habile compromis, l’opéra
s’achèvera par un transfert de la lapidation sur le personnage
d’Eurydice.
Ce cynisme se confirme dans le
portrait psychologique fort convaincant que brosse le metteur en
scène d’Orphée. Au milieu d’une fête de mariage
médiocre, agrémentée de tangos et de
dandinements de popotins en tous genres, Orphée apparaît
comme un tragico-romantique dépressif, cherchant à
s’isoler volontairement dès le départ d’un monde
extérieur qu’il considère comme vulgaire. Cultivant en
son for intérieur – comme tout âme romantique qui se
respecte – une nostalgie de l’âme soeur à laquelle il
confère une valeur quasi esthétique, Orphée
apparaît plus comme un être délaissé
à tendance masochiste que comme un être
véritablement aimant.
La mâle beauté de
l’Orfeo de Victor Torres - Au plan musical, le niveau apparaît
également contrasté. Alors que les chœurs du Grand
Théâtre, sourds malgré leur grand effectif, se
révèlent insipides, le plateau bénéficie
de quelques atouts non négligeables. En premier lieu, Victor
Torres, spécialiste du rôle-titre, dont la mâle
beauté du timbre sied particulièrement au personnage.
Si le ténor paraît un peu éteint et
fatigué dans les deux premiers actes, il faut admettre que
cela corrobore au mieux la lecture désenchantée
d’Arlaud. La suite de l’ouvrage lui réussit cependant mieux ;
il s’y révèle en effet à la hauteur de sa
réputation. On remarquera aussi l’interprétation
intelligente et sensible en Eurydice de Katia Velletaz, malgré
un vibrato plutôt gênant au premier abord. Quant à
Marie-Claude Chappuis, elle ne démérite pas dans ce
trio de tête qui réserve de très beaux moments.
Le tout, sous la direction sûre de Giovanni Antonini, compose
donc un spectacle quelquefois surréaliste, mais souvent
pertinent. On ira par conséquent voir cet Orfeo sur un air de
tango avec curiosité, pour cette vision tout à fait
valable et cohérente du mythe le plus musical qui
soit."
- ResMusica - 24 janvier 2005
"Les premiers instants de la
mise en scène de Philippe Arlaud ont de quoi nourrir maintes
inquiétudes. Tout d’abord, un jeune enfant lit avec
empressement et impétuosité juvénile un texte
qui, en l’état, doit être parfaitement inintelligible
au-delà du dixième rang. S’ensuit la projection de la
distribution sur le rideau de scène rigide à la
façon d’un générique de péplum
hollywoodien avec sur le devant les mouvements de danses convulsifs
de quelques danseuses en costumes de Lolita américaine des
fifties. Une fois la devanture du générique
reculée en fond de scène, place aux noces
d’Orphée et Eurydice. Les cadeaux affluent ; bergers et
nymphes, ou plus exactement leurs transmutations en invité(e)s
smart, s’activent alentour, au milieu de ballets plutôt
mécaniques mêlant parfois des pirouettes tout droit
issues des prémisses du Rock’n’roll. Orphée arbore-t-il
une banane et une chemise à jabot de dentelles pour autant ?
Fort heureusement non ! La transposition paraît hardie, certes,
mais n’entame pas la compréhension des faits consignés
dans le livret. Tout au plus peut-on voir dans cette adaptation
modernisante une tentative de divertir le public par le truchement
d’un décorum différent. Mais différent de quoi ?
Différente d’une version compassée pouvant être
transportée directement au Musée de Cire après
le dernier tomber de rideau ? Oui, sans conteste. Toutefois, cette
production demeure complètement conforme à ce qui est
devenu une convention en soi, à savoir doter coûte que
coûte l’ouvrage abordé d’un contexte contemporain – ou
presque – sans que le souci d’apposer une plus grande acuité
de regard ne soit pour autant manifeste. On ne comprend pas bien,
somme toute, l’intérêt de poser ce prisme
déformant entre le livret et la scène. La vision des
enfers, un vaste bar à hôtesses tenu par un despotique
Pluton que vampirise sa favorite Proserpine et quelques autres
filles, outre le fait de prêter à sourire, n’offre pas
une grande plus-value … S’amuse-t-on dès lors à
découvrir ces idées incongrues ? Pas vraiment. Par
contre, le climat, trop rarement méditatif, ne laisse que peu
de place à la poétique de l’ouvrage et se
révèle frustrant.
Musicalement, la prestation du
plateau et des musiciens de l’émérite Giardino Armonico
justifie à elle seule le déplacement. Le
rôle-titre est porté de bout en bout avec brio et
élégance par un Victor Torres irrésistible
vocalement. Son chant, large et souple laisse une place de choix
à des couleurs barytonales et chaudes dans les graves alors
que sa portance naturelle lui permet de projeter des aigus solaires
tout en vocalisant avec agilité. Cette dernière
qualité est très marquée, également, chez
son père (Carlo Lepore). Du côté féminin,
l’Eurydice et la Musica de Katia Velletaz ont l’heur de plaire par
leur ductilité et leur précision. Plus expressive, la
Messagère de Valentina Kutzarova enchante, à l’instar
de Marie-Laure Chappuis, déterminée dans son rôle
de Speranza qu’elle sert avec une très bonne diction. Certains
personnages secondaires proposent une émission vocale parfois
un peu confidentielle. Une menue réserve qui ne concerne
aucunement l’excellent haute-contre Pascal Bertin, qui
remplaçait un collègue malade, ni Emiliano
Gonzalez-Toro, dont la saveur du timbre ne se dément pas au
fil des productions romandes auxquelles il participe. Le Chœur du
Grand Théâtre, peut-être un peu massif par moment,
livre pour sa part une prestation sans failles. Si l’art du chant est
plutôt bien servi, celui de la musique instrumentale l’est tout
autant. Il Giardino Armonico brille de mille feux dans cette
partition qu’il pratique à Genève comme une langue
maternelle. Articulée avec finesse et dynamisme, la musique de
Monteverdi demeure toujours souple, sans effets outranciers, mais
avec force ornements et couleurs. Une mention particulière
peut être adressée aux vents – d’époque eux
aussi, bien sûr, donc des plus difficiles à manier – qui
donnent à entendre une fusion des timbres et une
précision d’attaque de tous les instants. En quittant le
Bâtiment des Forces Motrices, il est permis de se retourner sur
ce qu’il y a de meilleur dans cette production genevoise : La
Musique."
- Diapason - mars 2005 - 29 janvier 2005
"Entre Orphée et
Eurydice, ça ne va pas du tout, et quand il descend la sortir
des enfers, elle préfère y rester. La trame du
chef-d'oeuvre d'Offenbach et Halévy est aussi la
matière du spectacle genevois pensé par Philippe
Arlaud... pour celui de Monteverdi. Orfeo s'ouvre sur le monologue de
Musica - laisser d'emblée la parole à la musique,
quelle angoisse pour un metteur en scène ! Philippe Arlaud
aura le premier mot, faisant précéder le prologue d'un
texte hermétique récité par un gamin suivi de
six méchantes hystéros qui se tordent quand
résonne le premier accord de la Toccata.
Après un
générique filmé, Victor Torres entre en
scène dans une guinguette fifties, fait la tête à
Euridice laquelle est peu à peu emmurée par les gros
cadeaux flashy que lui offrent les invités à la noce,
au beau milieu des ballets convulsifs réglés par
Anne-Marie Gros ; Orfeo soudain se lève, envoie valser les
paquets et s'écroule sur le sol tandis que le choeur s'exclame
: "Orfeo est si heureux qu'il n'a plus rien à
désirer..." On attend des rires dans la salle, quelques
soupirs d'indignation, n'importe quoi, une réaction. Rien. Le
public est soumis, il a retenu la leçon que lui infligent des
metteurs en scène bien plus malins que les librettistes et les
compositeurs : il ne cherche plus à faire le lien entre ce
qu'il voit et ce qu'il entend (ou lit dans les surtitres). Il regarde
le poste d'opéra.
Le générique
l'avait promis, la musique est devenue bande-son - cette musique dont
Striggio et Monteverdi désiraient chanter le pouvoir infini.
Entre autres délicatesses, Caron devient un videur armé
d'un revolver, et Proserpine une vamp qui se caresse sous son vison
en écoutant "Possente spirto" avant de rouler un patin au
gardien du night-club infernal. Dans sa robe lamée rouge
(tiens tiens, elle ressemble sacrément à la Musica du
Prologue...), Euridice ne veut pas suivre Orfeo dans l'escalier qui
mène au monde des vivants ; il s'en doute malgré ses
yeux bandés, se retourne.., et abracadabra, voici le
mystère levé, la mythologie ramenée à la
crise conjugale. On reste béat devant tant de
prétention, même s'il faut dire que tout cela est assez
bien fait, rythmé sinon élégant, ponctué
par quelques jolies images (le plan " lynchien" de l'arrivée
aux enfers). Et ce n'est qu'un début, le premier volet d'une
trilogie Monteverdi...
Pour finir, il faut bien
parler de la musique, envers et contre le spectacle, de l'Orfeo de
Victor Torres que l'on a connu plus épanoui qu'ici,
engoncé dans un costume beige et une mise en scène qui
lui refuse tout charisme, du Pastore superbement chanté par
Emiliano Gonzalez-Toro et de l'Apollon impressionnant de Fulvio
Bettini. Déception en revanche pour l'Euridice et la Musica
sans velours de Katia Velletaz, pour la texture élimée
du Giardino Armonico et la direction précise, efficace,
intelligente, mais tout en angles de Giovanni Antonini - assez
proche, en fait, de l'esthétique de Parrott et de Pickett dans
ce répertoire. "
- Classica
- mars 2005 - 23 janvier 2005
"Avec le Giardino Armonico,
l'épure est ravissante, colorée, sonore, avec cette
virtuosité d'instruments, mais aussi cette
réécriture inventive (signée Antonini et Luca
Pianca) qui inscrivent bien Monteverdi dans un foisonnement
très en phase avec le concept majoritairement accepté
aujourd'hui... Philippe Arlaud va à peine moins loin dans la
distance avec le propos musical, mais se trompe de sujet, en imposant
une scénographie si lourde et simpliste (une boîte de
nuit snob pour les Enfers), une direction d'acteurs si
surchargée (un mariage campagnard si détaillé,
si anecdotique qu'on en oublie l'arrivée de la Messagiera),
mais un personnage central si peu défini en fait (le sublime
chanteur qu'est Victor Torres, piètre présence
hélas) qu'on s'égare à fermer les yeux pour
écouter, se détachant d'une vision contemporaine sans
saveur, où des Bacchantes ramenées d'un
hypothétique final non écrit n'apportent rien de
neuf."
- Sydney, Pinchgut Opera
- 1er, 3, 5, 6 décembre 2004 -
Orchestra of the Antipodes - Cantillation - dir. Antony Walker -
mise en scène Mark Gaal - décors, costumes Mark
Gaal, Alice Lau - lumières Bernie Tan - avec Mark Tucker
(Orfeo), Sara Macliver (La Musica, Prosperpina, Messagiera),
Damian Whitely (Pluto, Charon), Paul McMahon (Apollo, Eco),
Penelope Mills (Euridice), Josie Ryan (Ninfa), Anna Fraser
(Speranza)
- Harvard Early Music
Society - The Horner Room of the Agassiz Theatre - 18,
20 novembre 2004 - en anglais - dir. Thomas Forrest Kelly - mise
en scène Zoë VanderWolk - décors Maggie Cao -
costumes Jane Van Cleef - lumières John Noss - avec Erica
Brookhyser (Musica), Aaron Sheehan (Orfeo), Mary Gerbi (Euridice),
Teresa Wakim (Ninfa), Jeff Barnett, James Capobianco, Blake Hunter
(Shepherds; Infernal Spirits), Allison Mondel (Silvia), Amy
Stebbins (Speranza), Paul Guttry (Caronte), Steven Serpa (Infernal
Spirit), Samantha Franklin (Proserpina), Nicholas Vines (Plutone),
Bradford Gleim (Apollo; Infernal Spirit)
- Orléans - Le
Carré Saint-Vincent - 12 octobre 2004 - Théâtre Municipal de
Tourcoing - Atelier lyrique de Tourcoing - 15, 17, 19
octobre 2004 - La Grande Ecurie et la Chambre du Roy - dir.
Jean-Claude Malgoire - dramaturgie Jean Claude Malgoire -
scénogaphie, lumières Jacky Lautem - assistant
à la mise en scène: Pierre Thirion Vallet -
chorégraphie Roser Montllo, Brigitte Seth - costumes
Christine Rabot Pinson - avec Kobie van Rensburg (Orfeo), Cyrille
Gerstenhaber, Delphine Gillot, Estelle Kaïque (Messagiera),
Marie Planinsek, Lorraine Prigent, Hjordis Thébault, Alain
Bertschy , Vincent Bouchot, Renaud Delaigue (Caronte), Bernard
Deletré, Thierry Grégoire, Philippe Jaroussky
(Speranza), Pierre Yves Pruvot, Philippe Rabier -
actrices-danseuses Roser Montllo, Brigitte Seth

- Opéra International - novembre 2004 -
12 octobre 2004
"Salle comble au Carré
d'Orléans pour ce nouveau retour de l'équipe de
Jean-Claude Malgoire vers L'Orfeo. Le chef, si gourmand de jeunes
voix, a découvert en Kobie van Rensburg, ténor
sud-africain, un poète de belle tenue, rayonnant dès
les premiers actes, puis joliment fracturé dans les
épisodes infernaux. Un peu plus de legato aurait cependant
agrémenté les charmes adressés à Caronte.
Il était accompagné par l'élégante
Speranza de Philippe Jaroussky, avant d'être
arrêté par la basse caverneuse de Renaud Delaigue en
passeur d'âmes. Avec les chanteuses et les chanteurs de
l'Atelier lyrique de Tourcoing, le travail d'ensemble où
chaque soliste se fait choeur atteint une tenue remarquable,
notamment dans les psaumes chtoniens encadrant les interventions de
Proserpina et Plutone. C'est le fruit d'un long travail mené
conjointement sur les Vespro della beata Vergine et Combattimento di
Tancredi e Clorinda, au pro-gramme de cette saison de l'Atelier
lyrique.
Dramaturge de la production,
Malgoire a choisi de mettre en scène le continuo
(régale, clavecin, théorbe, harpe) sur le
côté d'un plan incliné assorti d'un praticable
s'enfonçant dans les premiers rangs. Cette scénographie
a minima, plus réussie dans la partie infernale que dans la
divertissante, pèche par quelques contre-sens. Partager la
Musica du prologue entre trois voix ou confondre Apollo avec un pape
de la Contre-Réforme intervenant pour
l'élévation d'Orfeo tandis que les Ménades le
démembrent tient du grand écart signifiant. Tout cela
ne serait rien si les costumes, bric-à-brac de couleurs et
d'époques diverses trahissant le manque de moyens, n'avaient
rabaissé l'inventivité du spectacle au niveau d'une
kermesse paroissiale. Tant qu'à jouer le minimal, un "arte
povera" du costume ici s'imposait. Mais que l'on ferme les yeux et
aussitôt Malgoire, avec la Grande Ecurie et la Chambre du Roy,
s'avère toujours le sensible interprète de Claudia,
dansant quand il le faut et d'un planant ténébreux
jusqu'au fond des cordes."
- Le Monde de la Musique - décembre
2004 - Monteverdi version tragique - 23 octobre 2004
"Qui n'a rêvé
d'entendre la première version, tra-gique, que Monteverdi et
son librettiste Striggio conçurent pour la conclusion de
l'Orfeo en 1607 ? Orphée y était montré,
fidèlement à la leçon du mythe,
déchiré par les Bacchantes, alors que dans la fin
heureuse qui lui a été substituée, c'est Apollon
qui mène Orphée à une apothéose
céleste. Ici, les Bacchantes envahissent bel et bien la
scène et Orphée est mis en pièces sur la danse
finale, une Moresca originellement conçue pour figurer
l'harmonie des sphères. Conclusion digne d'un spectacle qui
aura multiplié les intuitions visuelles.
Sur un dispositif d'une grande
simplicité comportant un promontoire en avancée vers
l'orchestre, l'essentiel se joue par des jeux de lumières, les
costumes volontairement dépareillés et surtout de
très beaux mouvements : une Messagère (Emmanuelle
Kaïque) gracile et agitée, dépassée par
l'ampleur du désastre qu'elle annonce, l'Espérance
(excellent Philippe Jaroussky) magistrale mais fuyante, le choeur
décontracté des bergers, de superbes intrusions
dansées ou mimées. Une éclipse totale de
lumière accompagne la transgression d'Orphée à
sa sortie des Enfers. Le continuo plein de vie est mis au service de
chanteurs résolus. L'Orfeo de Kobie van Rensburg, superbe de
nuances dans son gigantesque air "Possente Spirto", colore le
monologue final d'un ton désabusé et amer. Unique
fausse note, mais bien perceptible en revanche, cet Apollon
grimé en évêque qui introduit un second
degré que démentent le reste du spectacle et surtout la
musique, dont la profondeur constante n'offre aucune prise
réelle à cet-te interprétation hors sujet. La
partition, comme souvent avec Jean-Claude Malgoire, parait se mettre
en scène elle-même, dans les tempos souvent rapides des
interludes et des choeurs portés par un sens du
théâtre infaillible dès que le récit est
amorcé."
- Varsovie - Opéra de
Chambre de Varsovie - 29
septembre 2004 - Musicae Antiquae Collegium Varsoviense - dir.
Wladyslaw Kloziewicz - mise en scène et décors
Ryszard Peryt - scénographie Andrzej Sadowski -
avec Jacek Laszczkowski
(Orfeo), Marta Boberska (Euridice, La Musica), Urszula Palonka
(Speranza), Agnieszka Lipska (Messaggera), Marzanna Rudnicka
(Proserpina), Piotr Lykowski (Pastore, alto), Krzysztof Kur
(Pastore, tenore), Zdzislaw Kordyjalik (Pastore, tenore), Urszula
Jankowska (Ninfa), Zbigniew Debko (Caronte), Dariusz Górski
(Plutone), Jerzy Knetig (Apollo, Eco)
- Darmstadt - Staatstheater
- Kleines Haus - 25, 26, 28, 30 septembre, 2, 8, 10,
17, 29 octobre, 7, 24 novembre 2004- dir. Stefan Blunier - mise en
scène John Dew - décors Heinz Balthes - costumes
José Manuel Vazquez - avec Sven Ehrke (Orfeo), Stephanie
Maria Ott, Gerson Luiz Sales, Mary Anne Kruger, Andreas Daum -
nouvelle production
- Opéra de Lyon
- 14, 15, 16, 17, 19, 20, 21 avril 2004 - Chanteurs et
Orchestre du Nouveau Studio de l'Opéra de Lyon - dir.
Philip Pickett - mise en scène Antonio Latella -
décors, costumes Emanuela Pischedda - lumières
Giorgio Cervesi Ripa - chorégraphie Deda Cristina Colonna -
avec Tama Kleinberger / Daphné Touchais (Musica), Vittorio
Prato / Nicolas Rouault (Orfeo), Anne-Sophie Durand / Cecilia
Arellano (Euridice), Emmanuelle Fruchard / Claire Babel (Ninfa),
Jeroen de Vaal (Pastore I/Spirito II), David Lefort (Pastore
II/Spirito I), Ivan Geissler / Pierrick Boisseau (Pastore
III/Spirito III/Apollo), François Lis / Pawel Lawreszuk
(Pastore IV/Plutone), Laura Alibrando / Caroline Gesret (la
Messagiera), Julie Pasturaud / Diana Axentii (Speranza), Shadi
Torbey (Caronte), François Lis (Spirito IV), Ariana
Vafadari / Emmanuelle Halimi (Proserpina), Vittorio Prato (Echo),
Tamar Kleinberger, Anne-Sophie Durand, Emmanuelle Fruchard, Laura
Alibrando, Julie Pasturaud, Ariana Vafadari, Ivan Geissler (ninfe,
pastori e spiriti)
- Opéra International - mai 2004 - 14
avril 2004
"Une fois encore, la
scène lyonnaise marque son atta-chement indéfectible
à L'Orfeo de Monteverdi. Depuis la mémorable production
de Gaston Benhaim (1973), dirigée en alternance par Theodor
Guschlbauer et Claire Gibault (avec Eric Tappy et Colette
Alliot-Lugaz), la pathétique destinée du héros
de Thrace ne cesse au fil des ans (1988, Corboz-Goretta, 1998,
Gibault-Erlo) de croiser un public assidu, toujours plus
réceptif. En guise de baptême du feu, c'est à la
jeune troupe du Nouveau Studio de l'Opéra de Lyon
qu'échoit le privilège de faire revivre
l'envoûtante favola in musica. Pour ces tout jeunes chanteurs
et musiciens à peine sortis du cocon estudiantin, inutile de
dire que l'enjeu est de taille. L'ouvrage, éprouvant sur le
plan dramatique et technique, autant vocal et instrumental,
recèle de nombreuses splendeurs, souvent difficiles à
transcrire, même pour des artistes
d'expérience.
Sous la direction
éclairante de Philip Pickett, remplaçant de Christophe
Coin, souffrant, et dont les affinités avec le compositeur ne
sont plus à démontrer (travail épatant avec les
sacqueboutes, cornets et trompettes ainsi que sur le continuo),
certains savent tirer leur épingle du jeu avec une aisance
très prometteuse : excellent groupe de Bergers-Esprits,
très convaincant couple Pluton-Proserpine de François
Lis et Ariana Vafadari, impressionnant Charon de Shadi Torbey,
émouvante Messagère de Laura Alibrando. Les autres,
malheureusement, n'ont, en dépit d'une vitalité
indéniable, ni les couleurs ni les fulgurances
caractéristiques de leurs personnages. L'Orphée de
Vittorio Prato (baryton) n'est pas parvenu à émouvoir
plus d'une minute d'affilée est-ce son timbre engorgé
et nasal, sa diction pâteuse ou son souffle court qui en sont
responsables? Probablement tout à la fois. Son "Possente
spirto" hoqueté et laborieux en est une pénible
illustration. L'Eurydice pâlotte d'Anne-Sophie Durand, la
Musique, plus actrice que chanteuse, de Tamar Kleinberger et
l'Espérance trop opulente de Julie Pasturaud complètent
une galerie allégorique bancale. Enfin, la scénographie
d'Antonio Latella, conçue comme une mise en abyme (la fable
est contée dans l'enceinte d'un théâtre),
n'évite pas toujours la surcharge, évoquant, par
certains aspects excessifs dus aux décors et costumes
d'Emanuela Pischedda, le cinéma le plus baroque de Peter
Greenaway."
"Le spectacle était
à la hauteur des espérances et du travail investi,
chapeauté par le nouvel enfant terrible du
théâtre italien Antonio Latella. La Musique, bien que
présente uniquement dans le prologue, est
présentée comme la maîtresse du drame à
venir par ses apparitions constantes et silencieuses sur le plateau.
Orphée, Eurydice, les nymphes et les bergers sont des jeunes
gens de l’Ottocento s’égayant dans une partie de campagne et
s’amusant de divers jeux de potaches, rapprochant ainsi l’intrigue
des Scènes de la vie de Bohème d’Henri Murger. La
scène aux enfers s’inspire des derniers tableaux de Francisco
Goya, prétexte à démontrer la décadence
de ce royaume dont le gardien s’endort et les souverains manquent
à leurs devoirs en libérant une morte. Proserpine est
représentée en star sur le retour alcoolique et
accrochée au tabac, Pluton est nonchalant et
débraillé, les esprits par leur démarche
saccadée et hésitante font penser à la
ménagerie de Freaks ou à l’avant dernière
scène du Rake’s Progress dans l’asile de Bedlam. Dans
l’apothéose finale Apollon apparaît coiffé d’une
perruque du XVIIIème siècle, symbole du Deus ex machina
et figure du souverain mécène et protecteur.
La direction d’acteurs est
remarquable. L’ensemble des jeunes chanteurs se meut sur
scène avec une facilité quasi naturelle, parfois
dans le plus simple appareil — comme pour la seconde mort
d’Eurydice. Coté vocal on émettra quelques
réserves toutes relatives. Nicolas Rouault se sort avec les
honneurs de la tessiture impossible du rôle-titre, trop
grave pour être confié à un ténor mais
trop tendue pour un baryton. Il semble peiner sur son dernier air
dont les aigus, tous situés dans le passage, sont
tirés et poussifs. Qu’importe, sa prestation n’en reste pas
moins exemplaire et l’on regrette de ne pas avoir assisté
à une autre représentation, l’ensemble de la troupe
alternant premiers et second rôle (dans l’autre distribution
Orphée est chanté par Vittorio Prato, dont le
reportage sur Mezzo tend à faire croire à un grand
talent tout aussi prometteur). Cecilia Arellano plafonne aussi
dans ses aigus, souvent trop bas. Mais ces défauts mineurs,
loin d’être gênants ou rédhibitoires, n’ont pas
empêché la réussite totale de cette production
dont les chanteurs-acteurs, pour l’instant peu connus du grand
public, se sont littéralement révélés
sur scène, aidés en cela d’un orchestre
composé essentiellement d’étudiants du CNSM voisin,
emmené d’une main de maître par Philip Pickett dont
l’excellence dans ce répertoire n’est plus à
prouver." (Res Musica)
- Düsseldorf
- 10, 17 avril 2004 - dir. Andreas Stoehr - mise en
scène Christof Loy - décors Dirk Becker - costumes
Michaela Barth - avec Ludwig Grabmeier (Orfeo), Sylvia Hamvasi
(Euridice), Carol Wilson (La Musica/La Speranza), Jung-Hwan Lee,
Torsten Hofmann, Martin Wölfel, Wippich (Pastori), Francisca
Devos (Ninfa), Marta Marquez (Messagiera), Thorsten Grümbel
(Caronte), Monique Simon (Proserpina), Sami Luttinen (Plutone),
Bruce Rankin (Apollo)
- Berlin - Unter den Linden
- 17, 19, 21, 23, 25, 27, 28 janvier 2004 - Akademie
für Alte Musik Berlin - Concerto Vocale - Vocalconsort Berlin
dir. René Jacobs - mise en scène Barrie Kosky -
décors Klaus Grünberg - costumes Miro Paternostro -
lumières Nigel Levings - dramaturgie Andras Siebold - avec
Nuria Rial (La Musica, Euridice), Stéphane Degout (Orfeo),
Marie-Claude Chappuis (Messagiera, Proserpina), Matthias Lucht
(Pastore, Spirito), Carlos Mena (Speranza, Pastore, Spirito),
Antonio Abete (Plutone, Pastore), Paolo Battaglia (Caronte,
Spirito) - nouvelle coproduction avec Innsbrucker Festwochen

- Pavie - Teatro
Fraschini - 9, 11 janvier 2004 - dir. Ottavio Dantone -
mise en scène Massimo Gasparon - décors, costumes
Massimo Gasparon - avec Furio Zanasi (Orfeo), Elisabetta Scano
(Euridice/La Musica), Sonia Prina (Messaggera/Speranza), Paolo
Buttol (Caronte), Sergio Foresti (Plutone/Pastore IV), Gloria
Banditelli (Proserpina/Ninfa), Mirko Guadagnini (Apollo/Pastore
I), Riccardo Barattia (Pastore II), Nicola Marchesini (Pastore III
), José Daniel Ramirez (Spirito I), Gianluca Zoccatelli
(Spirito II) - Coproduction Teatro Fraschini di Pavia, Teatro A.
Ponchielli di Cremona, Teatro Grande di Brescia, Teatro Sociale di
Como - Aslico
- Londres - Queen Elizabeth
Hall - novembre 2003 - South Bank's Inside Monteverdi -
version semi-scénique - New London Consort - dir. Philip
Pickett - mise en scène Jonathan Miller - costumes Shirin
Guild - chorégraphie Sue Lefton - avec Mark Tucker (Orfeo),
Revital Raviv (Euridice), Joanne Lunn (Musica), Michael George
(Plutone), Simon Grant (Caronte), Andrew King (Berger, Apollo)
- Cremone - Teatro
Ponchielli - Festival Claudio Monteverdi - 10, 12
octobre 2003 - Côme - Teatro
Sociale - 29, 30 novembre 2003 - Brescia - Teatro Grande - 5, 7
décembre 2003 - Pavie - Teatro
Fraschini - 9, 11 janvier 2004 - Accademia Bizantina -
dir. Ottavio Dantone - mise en scène Massimo Gasparon -
décors, costumes Massimo Gasparon - choeur Costanzo Porta -
chef de choeur Antonio Greco - avec Furio Zanasi (Orfeo),
Elisabetta Scano (Euridice,La Musica), Sonia Prina
(Messaggiera,Speranza), Paolo Buttol (Caronte), Sergio Foresti
(Plutone,Pastore IV), Gloria Banditelli (Proserpina,Ninfa), Mirko
Guadagnini (Apollo,Pastore I), Ricardo Barattia (Pastore II),
Roberto Balconi (Pastore III), José Daniel Ramirez (Spirito
I), Gianluca Zoccatelli (Spirito II)
- Stuttgart
Staatstheater - 26, 28 septembre, 4, 15, 23, 26
octobre, 20 novembre 2003 - dir. Jean-Claude Malgoire - mise en
scène Joachim Schlömer - décors, costumes
Kathrin Brack - avec Irena Bespalovaite (La Musica / Proserpina),
Kobie van Rensburg (Orfeo), Helga Rós Indridadóttir
(Euridice), Helene Ranada (Messaggiera), Maria Theresa Ullrich
(Speranza), Helmut Berger-Tuna (Caronte), Mark Munkittrick
(Plutone), Christoph Sökler (Apollo), Daniel Ohlmann (Pastore
/ Spirito I), Emma Curtis (Pastore II), Roderic Keating (Pastore
III / Spirito II), Heike Beckmann / Karin Horvat (Ninfa /
Pastore), Sasa Vrabac / Johannes Wieczorek (Pastore IV / Spirito
V), Daniel Kaleta (Spirito III), Thomas Hahn / Ulrich Fritsch
(Spirito IV)
- Baltimore Museum of Art
- 2003 - Early and Baroque Opera
- Innsbruck - Festival de
Musique Ancienne - Tiroler Landestheater - 12, 14, 17,
19 août 2003 - Coproduction avec Deutschen Staatsoper,
Berlin - Akademie für Alte Musik Berlin - Concerto Vocale -
dir. René Jacobs - mise en scène Barry Kosky -
décors Klaus Grünberg - costumes Miro Paternostro -
avec Stéphane Degout (Orfeo), Nuria Rial (Euridice, La
Musica), Carlos Mena (Speranza, Pastore, Spirito), Topi Lehtipuu
(Apollo), Finnur Bjarnason (Pastore, Spirito, Apollo, Eco),
Antonio Abete (Pastore, Plutone)
- Londres - Barbican Theatre
- dir. Emmanuelle Haïm - janvier 2003 - avec Ian
Bostridge (Orfeo), Christopher Maltman (Pastore, Apollo), Alice
Coote (Messagiera), Sonia Prina (Speranza), Carolyn Sampson
(Musica, Euridice), Pascal Bertin, Paul Agnew
"En dirigeant son premier
Orfeo de Monteverdi au Barbican Center, avec, en vedette, la prise de
rôle du ténor anglais Ian Bostridge, Emmanuelle
Haïm est en train de réaliser ce petit miracle que Simon
Rattle pressentait lorsqu'il lui demanda, en 2001, de diriger
Rodelinda, d'Haendel, au Glyndebourne Touring Opera : une
carrière de chef d'orchestre en Angleterre. Les 2 500
spectateurs n'ont pas dissimulé leur enthousiasme -
visiblement partagé par le chef d'orchestre John Elliot
Gardiner, venu complimenter dans les coulisses sa jeune consoeur
française." (Le Monde - 19 janvier 2003)
- Stuttgart - Staatstheater
- 9, 12, 14, 16, 20, 23 novembre, 4 décembre
2002, 11 janvier, 18, 21 mai 2003 - Staatsopernchor Stuttgart -
Staatsorchester Stuttgart dir. Jean-Claude Malgoire - mise en
scène Joachim Schlömer - décors, costumes
Katrin Brack - lumières David Finn - dramaturgie Juliane
Votteler - avec Irena Bespalovaite (La Musica), Kobie van
Rensburg (Orfeo), Jaquelyn Familant (Euridice), Helene Ranada
(Messagiera), Frédérique Sizaret (Speranza), Helmut
Berger-Tuna (Caronte), Irena Bespalovaite (Proserpina), Marek
Gasztecki (Plutone), Christoph Sökler (Apollo), Jaquelyn
Familant (Eco), Daniel Ohlmann (Pastore I / Spirito I ),
Frédérique Sizaret (Pastore II ), Roderic Keating
(Pastore II / Spirito II), Daniel Kaleta (Spirito III), Karin
Horvat (Ninfa / Pastore), Johannes Wieczorek (Pastore IV / Spirito
V), Ulrich Frisch (Spirito IV)
- Reims - Grand
Théâtre - 8, 10 novembre 2002 - Théâtre de Metz - 15, 17
novembre 2002 - Tours - Grand
Théâtre - 11, 12 janvier 2003 -
Akadêmia - chanté en français - dir.
Françoise Lasserre - mise en scène Christian
Gangneron - décors Thierry Leproust - costumes Claude
Masson - lumières Marion Hewlett - avec Béatrice
Mayo-Felipe (Musica, Euridice), Sylvie Althaparro (Messaggiera),
Emmanuelle Halimi (Prosperpina), Hervé Lamy (Orfeo), Els
Janssens (Speranza), Philippe Roche/Jean-Claude Saragosse
(Caronte, Plutone), Patricia Gonzales (Ninfa), Emmanuel Vistorky
(Spirito 3), Serge Goubioud (Pastore 1), Stéphane
Lévy (Pastore 2), Philippe Froeliger (Pastore 3, Spirito
1), Bernard Arrieta (Pastore 4), Benoît Haller (Apollo,
Spirito 2) - production de Arcal en résidence au Grand
Théâtre de Reims
"...une production
déjà relativement ancienne de l'Orfeo de Monteverdi,
datant de 1998...cette réalisation de l'Arcal a
été présentée en tournée dans de
nombreuses villes françaises...Françoise Lasserre est
évidemment à son aise dans Monteverdi, dont elle
fréquente l'oeuvre depuis de nombreuses années.
Toutefois, sa gestique, qui est celle d'un chef de choeur, lui joue
quelques tours, et les interventions des cuivres et des cornets
n'avaient pas toujours la propreté souhaitable.
L'accompagnement des ariosi aurait également gagné
à un peu plus de fermeté, çà et
là. En revanche, toutes les scènes de ballet ont
été remarquablement bien dirigées. Par l'ampleur
de ses moyens, Hervé Lamy se détachait nettement du
reste de la distribution ; son Orfeo quasi bel-cantiste relevait d'un
parti pris tout à fait acceptable en soi, mais contrastait un
peu brutalement avec les autres rôles, tenus par des chanteurs
formés à l'école baroque. L'on a par ailleurs
apprécié Béatrice Mayo-Felip, qui a campé
une Musica et une Euridice d'excellente tenue. Très vive sur
scène, elle possède cette pointe de vibrato qui sied
à la mu-sique italienne, et qui nous change
agréablement des voix blanches et atones que l'on nous impose
trop souvent dans ce répertoire. Si Emmanuelle Halimi
(Proserpina) et Jean-Claude Sarragosse (Plutone et Caronte) se sont
avérés convenables, le reste du plateau se cantonnait
malheureusement entre le médiocre et le franchement mauvais,
avec notamment une Messaggiera à l'émission très
instable." (Metz - 17 novembre 2002 - Opéra International -
janvier 2003)
- Stuttgart -
Staatstheater - 9, 12, 14, 16, 20, 23 novembre 2002, 4
décembre 2002, 11 janvier, 18 et 21 mai 2003 - dir.
Jean-Claude Malgoire - mise en scène Joachim Schlömer
- décors, costumes Katrin Brack - lumières David
Finn - dramaturgie Juliane Votteler - avec Irena Bespalovaite (La
Musica), Kobie van Rensburg (Orfeo), Jaquelyn Familant (Euridice),
Helene Ranada (Messagiera), Frédérique Sizaret
(Speranza), Helmut Berger-Tuna (Caronte), Irena Bespalovaite
(Proserpina), Marek Gasztecki (Plutone), Christoph Sökler
(Apollo), Jaquelyn Familant (Echo), Daniel Ohlmann (Pastore I /
Spirito I), Frédérique Sizaret (Pastore II), Roderic
Keating (Pastore II / Spirito II), Daniel Kaleta (Spirito III),
Karin Horvat (Ninfa / Pastore), Johannes Wieczorek (Pastore IV /
Spirito V), Ulrich Frisch (Spirito IV)
- Festival de
Baden-Baden - 5 et 6 octobre 2002 - Balthasar Neumann
Ensemble - Balthasar Neumann Choir - dir. Thomas Hengelbrock -
mise en scène Philipp Himmelmann - décors Johannes
Leiacker - costumes Marie-Thérèse Jossen - avec Funo
Zanasi (Orfeo), Camilla Nylund (Euridice), Gloria Banditelli
(Messaggiera), Constanze Backes (Proserpina), Marek Rzepka
(Caronte, Plutone)
"Une succession de bonnes
idées vient rythmer la soirée, donnée sans
entracte. Pas de rideau, l'orchestre aligné à
l'avant-scène derrière une rangée de chaises
vides : le spectacle commence comme une version de concert,
ambiguïté entretenue tout au long du Pro-logue, qui de ce
fait paraît encore plus longuet que nature, mais qui
confère une force toute particulière au début
réel de l'action. Car tout change quand Orphée et
Eurydice entrent en scène : l'orchestre s'enfonce alors
doucement dans sa fosse et le très beau décor de
Johannes Leiacker gagne progressivement en ampleur, grâce
à un jeu subtil de coulisses imbriquées. Dans le
tableau des Enfers, ce dispositif finit par ressembler à un
très long souterrain, sorte de passage piétonnier
intermi-nable et oppressant, qui vient égarer la vision du
spectateur jusqu'au fond d'une scène exploitée dans
toute sa profondeur...Dans Monteverdi, le Balthasar-Neumann-Ensemhle
et Thomas Hengelbrock retrouvent une pertinence et une
crédibilité que l'on avait fini par oublier...Quant
à la distribution, particulièrement soignée,
elle réunit des voix dotées à la fois d'un vrai
potentiel de projection (dimensions de la salle obligent) et d'une
solide habitude du répertoire baroque. L'Orphée de
Furio Zanasi réussit un parcours d'une probité
exemplaire, Camilla Nylund est une Eurydice très touchante, et
Gloria Banditelli reste une Messagère toujours
émouvante, en dépit d'une certaine usure du timbre.
Belles prestations, enfin, de Constanze Backes et Marek Rzepka,
Proserpine et Pluton sortis des rangs du Choeur Balthasar-Neumann, et
remarquablement en situation." (Opéra International -
décembre 2002)
- Deutsche Oper am Rhein -
Duisbourg - 14, 17, 19, 21 septembre 2002 - Düsseldorf - 26, 28 septembre
2002
- Bruges -
août 2002 - Koor van de Italiaans-Zwitserse Radio Lugano I
Barrocchisti - dir. Diego Fasolis - avec Roberta Invernizzi (La
Musica, Proserpina), Christophe Prégardien (Orfeo),
Claudine Ansermet (Euridice), Guillemette Laurens (Messagiera,
Speranza), Claudia Cavina, Sandro Naglia, Giuseppe Maletto, Harry
Van der Kamp (Pastore), Lorenzo Muzzi (Caronte), Harry Van der
Kamp Plutone, Alfredo Grandini (Apollo)
- Festival de Beaune - Cour
des Hospices - 3 août 2002 - version de concert - Choeur et Orchestre
Elyma - dir. Gabriel Garrido - avec Furio Zanasi (Orfeo), Graciela
Oddone (Euridice), Adriana Fernandez (La Musica), Gloria
Banditelli (La Messagiera), Alicia Borges (Proserpine), Liliana
Ruggiero (La Speranza), Francesc Garrigosa (Apollo), Ivan Garcia
(Caronte)
- Dresde - Semper-Oper
- 16 mai 2002 - version de concert - Collegium vocale
Gent - Concerto vocale - dir. René Jacobs - avec John Mark
Ainsley (Orfeo), Sophie Karthäuser (Euridice / La Musica /
Eco), Bernarda Fink (Messaggiera), Marisa Martins (Proserpina),
Stephen Wallace (La Speranza / Pastore / Spirito), Antonio Abete
(Caronte), Henry Waddington (Plutone), Topi Lehtipuu (Apollo /
Pastore), Suzie LeBlanc (Ninfa), John Bowen / René
Linnenbank (Pastori / Spiriti)
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 2, 3, 4, 5, 7, 8,
9, 10, 11, 12 mai 2002 - Théâtre de Poissy - 14 mai
2002 - Coproduction avec Kunstenfestival desArts, Festival
International d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence - Concerto Vocale -
Collegium Vocale - dir. René Jacobs - mise en scène
Trisha Brown - décors, costumes Roland Aeschlimann -
chorégraphie Trisha Brown - lumières Roland
Aeschlimann - avec John Mark Ainsley / Stéphane Degout
(Orfeo), Sophie Karthäuser (Euridice/La Musica/Eco), Laura
Polverelli (Messaggiera), Marissa Martins (Proserpina), Stephen
Wallace (La Speranza), Henry Waddington (Plutone), Paolo Battaglia
(Caronte), Palle Knudsen (Apollo), Anne Cambier / Nuria Rial
(Ninfa), Topi Letipu, René Linnenbank, Stephen
Wallace, Lorenzo Caròla (Pastori,Spiriti)

"Lors de sa
création en 1998, cette production avait
enthousiasmé et divisé : la réalisation
musicale de René Jacobs d'une vitalité et d'un
raffinement inouïs, ralliait tous les suffrages, mais la mise
en scène abstraite et dépouillée de Trisha
Brown a laissé perplexe plus d'un spectateur...La
chorégraphie répétitive et la gestuelle
ésotérique finissent par agacer et créer une
distanciation...Stéphane Degout a tout pour incarner
à merveille l'arrogance et l'impétuosité
d'Orphée...l'Eurydice sensible et spectrale de Sophie
Karthäuser...Marissa Martins campe une Proserpine au visage
étonnament humain et aux accents passionnés...Le
continuo subjugue par sa finesse et par sa
beauté...René Jacobs soigne le moindre
détail...et signe l'une des interprétations les plus
abouties du chef d'oeuvre fondateur."
- Libre Belgique - 5 mai 2002
"Reprise très
attendue que celle de cet `Orfeo´ de Monteverdi,
traversé par la vision de la chorégraphe
américaine Trisha Brown, du chef d'orchestre René
Jacobs à la tête du Concerto Vocale, et du
décorateur Roland Aeschlimann. Pas de doute, la production
garde tout son impact, elle gagne même à être
vue et revue, ceux qui ont eu l'occasion de la suivre sur la Deux,
jeudi soir, n'auront que mieux reçu le message. Un message
d'une simplicité radicale, évoqué dans une
récente interview de René Jacobs et
énoncé par les choeurs: `Que seul soit digne de la
gloire éternelle, celui qui se vaincra
lui-même´. Avec un corollaire d'actualité: `la
musique n'octroie pas la toute-puissance sur l'ordre du monde,
elle est là pour témoigner de la beauté et
émouvoir le coeur des hommes´.
On saura gré, une
fois encore, aux maîtres d'oeuvre d'avoir cristallisé
la force du poème (de Striggio) et la splendeur de la
musique, dans une mise en forme totalement épurée,
intemporelle pour ce qui concerne le regard, et d'autant plus
agissante. Avec le concours du Collegium Vocale, dont chaque
chanteur devient ici danseur, fondu parmi ceux de la Trisha Brown
Company, tout le plateau est intégré dans un visuel
tour à tour de lumière ou d'ombre, dominé par
le bleu des sphères et traversé, à chaque
étape, par l'apparition de la `musica´. Tous les
mouvements sont chorégraphiés, rien n'est
laissé au hasard (c'est-à-dire au quotidien), chaque
attitude est celle du corps et de l'âme.
La nouvelle distribution
fait la part belle à des chanteurs jeunes et parfois de
chez nous, notamment Sophie Karthäuser (voir le portrait dans
`La Libre Culture´ du 30 avril), dans le rôle
d'Eurydice (et, hors scène, de la Musica et d'Echo),
mené avec une grâce fragile, étrange
même, et une musicalité raffinée, et le
ténor Lorenzo Carola (un berger) sensible et stylé.
Dans le rôle titre, John Mark Ainsley, un des maîtres
du rôle aujourd'hui - du moins du point de vue vocal car
l'adhésion scénique était moins
convaincante-, alterne avec le jeune baryton français
Stéphane Degout*, dont les répétitions, et
les antécédents, présagent des merveilles. La
mezzo italienne Laura Polverelli est, par la voix et la
présence scénique, une `Messageria´
bouleversante. On retiendra encore, parmi les nouveaux venus, le
ténor finlandais Topi Lehtipuu, tour à tour berger,
esprit des enfers, et Apollon - voix puissante et claire, au
timbre lumineux, et admirablement projetée, une des
révélations de la production-, ainsi qu'Henry
Waddington (Pluton), Paolo Battaglia (Caronte) et Marisa Martins
(Proserpina), ces derniers ne déméritant nullement
mais manquant globalement de cet éclat, de ce
`métal´ si précieux dans la musique de
Monteverdi. Enfin, déjà présent à la
production de 1998, le contre ténor Stephen Wallace se
révèle à nouveau une Speranza issue des
tréfonds de l'âme, sévère et tendre
à la fois, ambiguë - mais favorable - comme la voix
qui l'incarne."
- ConcertoNet -
12 mai 2002
"Désormais bien connue,
cette belle production de l’Orfeo de Monteverdi vue par Trisha Brown
et inaugurée à la Monnaie le 13 mai 1998 avant de
tourner dans plusieurs autres lieux, dont le Festival
d’Aix-en-Provence, se laisse voir et revoir avec un immense plaisir.
A sa mise en scène fine, légère, bien
caractérisée, parfaitement en adéquation avec la
musique, soutenue par des décors splendides et d’une
simplicité touchante répond sa chorégraphie
esthétiquement et émotionellement exemplaire. Comme il
en est d’usage à la Monnaie (et qui en fait une des plus
grandes Maisons d’Opéra), cette reprise a
bénéficié des mêmes soins que ceux
accordés à une nouvelle production, la distribution,
complètement renouvelée, ayant parfaitement
assimilé le langage corporel si personnel de Trisha
Brown.
Stéphane Degout (en
alternance avec le ténor John Mark Ainsley) est plus qu’une
révélation. Ce jeune baryton français connu par
son Papageno aixois et ses prestations remarquées au sein de
la troupe de l’Opéra de Lyon, maîtrise le
rôle-titre de façon magistrale. La voix bien
timbrée, solide et souple fait preuve d’une grande rigueur sur
le plan du style monteverdien. Laura Polverelli (déjà
prévue en 1998 mais remplacée à l’époque
par Graciela Oddone) aborde enfin la Messaggiera et le fait de
manière bouleversante ; son mezzo homogène et
fruité nous enchante et nous fait regretter la
brièveté de son rôle. La plupart des autres
interprètes convainquent sans véritablement
enthousiasmer, même si l’on distinguera la prometteuse Sophie
Karthäuser qui chante trois rôles (dont La Musica depuis
la fosse d’orchestre et doublée dans les airs par la
magnifique danseuse Katrina Thompson, scène d’ouverture
proprement inoubliable de poésie) et Topi Lehtipuu dans le
rôle d’Apollo. Par contre, on peut regretter le Caronte de
Paolo Battaglia, irrésistible scéniquement mais
vocalement peu audible. Quant à la direction de René
Jacobs, toujours à la tête du Concerto Vocale, elle
continue à susciter l’admiration par sa précision, sa
rigueur stylistique, son inventivité sans limites et un sens
des contrastes si importants ce répertoire."
- Salamanque - Teatro Liceo
- Ciclo de Opera Barocca - 27 avril 2002 - version de
concert - Vienne - Konzerthaus
- mai 2002 - version de concert - La Capella Reial de
Catalunya - Le Concert des Nations - dir. Jordi Savall - avec
Furio Zanasi (Orfeo), Arianna Savall (Euridice), Montserrat
Figueras (La Musica), Gloria Banditelli (Messaggiera), Adriana
Fernández (La Speranza / Proserpina), Antonio Abete
(Caronte), Daniele Carnovich (Plutone), Francesc Garrigosa (Apollo
/ Pastore), Mercedes Hernandez (Ninfa), Lambert Climent / Carlos
Mena / José Antonio Carril (Pastori)
- Brooklyn Music Association
- 26 avril 2002 - Chicago Opera Theater - dir. Jane
Glover - mise en scène Diane Paulus
- Philippe
Beaussant - Le chant d'Orphée - mars 2002
- Philarmonie de Munich
- 16 février 2002 - version de concert - version
de Bruno Maderna - Chor des Bayrischen Rundfunks - Münchner
Rundfunkorchester - dir. Steven Sloane - avec William Dazeley
(Orfeo), Veronica Cangemi (Euridice / La Musica / Eco), Anna
Bonitatibus (Messaggiera / La Speranza / Proserpina / Ninfa),
Paolo Battaglia (Caronte / Plutone / Spirito), Mark Tucker (Apollo
/ Pastore / Spirito), Simone Schneider (Ninfa / Spirito), Stefan
Genz (Pastore)
- Barcelone - Teatro de
Liceu - 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14,
16 février 2002 - La Capella Reial de Catalunya / Le
Concert des Nations - dir. Jordi Savall - mise en scène
Gilbert Deflo - costumes William Orlandi - chorégraphie
Anna Casas - lumières Albert Faura - avec Furio Zanasi
(Orfeo), Arianna Savall (Euridice), Montserrat Figueras (La
Musica), Sara Mingardo (Messagiera), Cécile van de Sant
(Speranza), Antonio Abete (Caronte), Adriana Fernández
(Proserpina), Daniele Carnovich (Plutone), Fulvio Bettini
(Apollo), Marília Vargas (Ninfa), Gerd Türk
(Eco/Pastor 3/ Spirito 1), Francesc Garrigosa (Pastor 1/Spirito
2), Carlos Mena (Pastor 2), Ivan Garcia (Pastor 4/Spirito
3)
- Buenos Aires - Teatro
Colon - 2001 - dir. Gabriel Garrido - mise en
scène Gilbert Deflo - scénographie William Orlandi -
avec Victor Torres (Orfeo),, Graciela Oddone (Euridice),
Gloria Banditelli / S. Moncayo (Messagiera), Adriana Fernandez
(Musica), Maria Crisrina Kiehr / L. Rugiero (Speranza), Ivan
Garcia (Caronte), Luciano Garay (Plutone), Alicia Borges
(Proserpina), Furio Zanasi (Apollo)
- Opéra de
Düsseldorf - 19, 23, 26, 29, 31 octobre 2001 -
Ensemble NRW für Alte Musik - Neue Düsseldorfer Hofmusik
- dir. Christoph Spering - mise en scène Christoph Loy -
décors Dirk Becker - costumes Michaela Barth -
lumières Hans-Joachim Haas - avec Carol Wilson (La Musica,
Speranza), Ludwig Grabmeier (Orfeo), Sylvia Hamvasi (Euridice),
Netta Or (Ninfa), Fernando Aguilera (Pastore 1),Torsten Hofmann
(Pastore 2), Martin Wölfel (Pastore 3), Jörn E. Werner
(Pastore 4), Marta Marquez (Messagiera), Thorsten Grümbel
(Caronte), Laura Nykänen (Proserpina), Sami Luttinen
(Plutone), Bruce Rankin (Eco / Apollo)
- Périgueux -
XIe Festival International Sinfonia 2001 -
Eglise de la Cité - 25 août 2001 - Opéra de Lyon
- 3 octobre 2001 - Co-réalisation Festival
d'Ambronay - Opéra de Lyon - version de concert - Ensemble
Elyma - Coro Madrigalia - dir. Gabriel Garrido - avec Furio Zanasi
(Orfeo), Gloria Banditelli (Messagiera), Betsabée Haas
(Euridice), Adriana Fernandez (Musica Speranza), Ivan Garcia
(Caron), Mario Ceccheti (Pastore I), Bertrand Chuberre (Pluton,
Pastore IV), Alicia Borges (Proserpina), Francesco Garrigosa
(Apollo, Pastore III), Fabian Schofrin (Pastore II), Bandine
Staskiewicz (Ninfa), Maurizio Rossano (Spirito I), Paul-Henry Vila
(Spirito II)
"Gabriel Garrido
donnait quelques jours plus tard un honorable Orfeo. Si la mise en
espace et la première partie, malgré de belles
sinfonias, laissaient à désirer, l’enthousiasme du chef
a emporté la fin vers les beautés légendaires
que recèle la partition de Monteverdi. Furio Zanasi est un
grand Orfeo, son dialogue avec Caron, des troisième et
quatrième actes, de même que sa longue complainte finale
( Questi i campi di Tracia …), sont saisissants."
(ConcertoNet)
- Buenos Aires - Teatro
Colon - 28, 29 juin, 1er, 3, 5 juillet 2001
- dir. Gabriel Garrido - mise en scène Gilbert Deflo - avec
Graciela Oddone (Euridice), Gloria Banditelli (Messagiera), Alicia
Borges, Victor Torres (Orfeo), Garcia
- Arsenal de Metz
- 13 janvier 2001 - dir. Jordi Savall
- Théâtre des
Champs Elysées - 12 et 13 janvier 2001 - Les
Musiciens de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy - dir.
Jean-Claude Malgoire - mise en scène Jean-Claude Malgoire,
Nicolas Rivenq, Jacky Lautem - décors Nicolas Rivenq -
costumes Christine Rabot Pinson - lumières Jacky Lautem -
avec Chantal Perraud, Sandrine Rondot (Musica), Nicolas Rivenq
(Orfeo), Hjördis Thebault (Eurydice), Sylvie Althaparro,
Geneviève Kaemmerlen (Messagiera), Stéphanie
d'Oustrac (Speranza), Renaud Delaigue, Bruno Rostand (Caronte),
Stéphanie d'Oustrac, Laurence François (Proserpina),
Bruno Rostand, Pierre Thirion-Vallet (Plutone), François
Piolino, Jean-François Chiama (Apollo), Olga Pitarch
(Ninfa), Rachid Ben Abdeslam, Jean-François Chiama, Pierre
Evreux, Serge Goubioud, Luca Dordolo (Pastore)
- La Hague - 6
janvier 2001 - National Reis Opera - Orfeo-koor - chef de
choeur Piers Maxim - Combattimenti Consort Amsterdam - dir. Jan
Willem de Vriend - mise en scène Erik Vos - décor
Tom Schenk - costumes Elena Mannini - lumières Fredy
Deisenroth - avec Laurence Dale (Orfeo), Johannette Zomer
(Euridice, la Musica), Cécile van de Sant (Messagiera),
Paul Gérimon (Caronte), Hubert Claessens (Plutone), Xenia
Meijer (Proserpina), Piers Maxim (Speranza), Maarten Koningsberger
(Apollo), Annelie Brinkhof (Ninfa), Piers Maxim, Bernard Loonen,
Leo van der Plas, Maarten Koningsberger (Pastori, Spiriti)
- Vancouver Playhouse
- août 2000 - Fstival de Vancouver - dir. Paul
O'Dette and Stephen Stubbs - mise en scène Steven Adby et
Roger Hyams - lumières Alan Brodie - avec Suzie Le Blanc
(la Musica)

- Chicago - Opera Theater
- 2000 - dir. Jane Glover - mise en scène Diane
Paulus - décors S. pask - costumes M. Neville - avec
Laurence Dale Orfeo),
Valérie McCarthy (Euridice), Kathleen Flynn (Messagiera),
Thea Tullman (Musica), Maia Surace (Speranza), Judd Ernster
(Caronte), Andrea Funk (Plutone), Jacqueline Zander (Proserpina),
William Watson (Apollo)
- Festival Baroque de
Beaune - 1er juillet 2000
- Capella Reial - Le Concert des Nations - direction Jordi Savall
- version de concert - avec Furio Zanasi (Orfeo), Ariana
Savall (Euridice), Gloria Banditelli (Messagiera), Montserrat
Figueras (Musica), Sylvie Althaparro (Speranza), Antonio Abete
(Caronte), Daniele Carnovitch (Plutone), Francesc Garrigosa
(Apollo)
- Munich -
Prinzregententheater - 14, 18, 25, 27, 30 avril 2000 -
dir. Ivor Bolton - mise en scsène Freyer - avec Sophie
daneman, van de Sant, Risley, Workman, Gantner
- Théâtre de St Quentin en
Yvelines - 21 et 22 janvier 2000 - Théâtre Municipal de
Tourcoing - 8, 9 février 2000 - Dunkerque - Le Bateau Feu - 29
février 2000 - Martigues -
Théâtre des Salins - 10 mars 2000 -
Théâtre de
Clermont-Ferrand - 16 mars 2000 - Opéra Théâtre de
Besançon - 26 mars 2000 - Les Musiciens de La
Grande Ecurie et la Chambre du Roy - Choeur de l'Atelier Lyrique
de Tourcoing - dir. Jean-Claude Malgoire - mise en scène
Jean-Claude Malgoire, Nicolas Rivenq, Jacky Lautem - décors
Nicolas Rivenq - costumes Christine Rabot Pinson - lumières
Jacky Lautem - avec Sandrine
Rondot/Chantal Perraud (Musica), Nicolas Rivenq/François
Piolino (Orfeo), Valérie Gabail/Olga Pitarch (Euridice),
Sylvie Althaparro/Geneviève Kaemmerlen (Messagiera),
Geneviève Kaemmerlen/Stéphanie d'Oustrac (Speranza),
Renaud Delaigue/Bruno Rostand (Caronte), Stéphanie
d'Oustrac/Laurence François (Proserpina), Bruno
Rostand/Pierre Thirion-Vallet (Plutone), François
Piolino/Jean-François Chiama (Apollo), Olga
Pitarch/Valérie Gabail (Ninfa), Rachid Benabdeslam, Serge
Goubioud, Laurent Slaars, Pierre Thirion-Vallet/Pierre Evreux,
Jean-François Chiama, Renaud Delaigue (Pastore), Pierre
Evreux (Eco), Laurence François, Jean-François
Chiama/Sandrine Rondot, Sylvie Althaparro, Rachid Benabdeslam,
Laurent Slaars (Ninfe)
- Concertonet - 22 mars
2000
"Saluons tout d’abord
l’initiative plutôt risquée : monter les trois
principaux opéras de Monteverdi lors de la même saison
en version scénique avec les moyens financiers limités
que l’on sait (et que l’on déplore). S’il n’est pas
entièrement réussi - loin s’en faut -, ce pari aura
permis de montrer le dynamisme qui anime (et sauve) cette unique
institution qu’est l’Atelier Lyrique de Tourcoing (en coproduction
avec le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines). Le
problème principal est cependant de taille : aussi
agréable à regarder soit-il, le décor
conçu par le chanteur Nicolas Rivenq (une nouvelle corde
à son arc ?), unique et commun pour les trois spectacles finit
par lasser et empêche surtout la différenciation
nécessaire entre les trois opéras, annoncés
à tort par l’équipe comme une trilogie, alors qu’une
évolution stylistique les sépare.
Le plus grand mérite de
ce projet aura été de retrouver un esprit de troupe
autour de ces spectacles avec des chanteurs pour la plupart jeunes et
ayant travaillé longuement avec Jean-Claude Malgoire non
seulement pendant les répétitions mais aussi au cours
de sessions d’études à l’Abbaye de Royaumont quelques
mois plus tôt. Le résultat est tout simplement
stupéfiant, permettant à la fois
l’homogénéité d’une équipe et
l’émergence de certains talents individuels très
prometteurs.
Nicolas Rivenq se situe un peu
à part dans ce contexte d’autant qu’il a pris part à la
genèse de la production. Il aborde Orfeo avec une voix d’une
éclatante santé avec projection et virtuosité.
Il est autant convaincant en Ulysse, sombre et émouvant. Deux
prises de rôle mémorables pour un chanteur à son
zénith. Dans Orfeo, le rôle-titre prime sur les autres
personnages, présents que sporadiquement : on notera alors
certains talents qui s’imposent tout de même dans ces figures
secondaires mais importantes : Olga Pitarch, musicale Eurydice,
Geneviève Kaemmerlen, Messagère poignante,
Stéphanie d’Oustrac, au timbre somptueux ou François
Piolino, spirituel Apollon à la voix plein de promesses (il
tiendra d’ailleurs le rôle d’Orfeo, le
lendemain)."
- Opéra International - mars 2000 - St
Quentin en Yvelines - 22 janvier 2000
"Au milieu des années
1980, le tandem Jean-Claude Malgoire-Jean-Louis Martinoty avait, pour
la première fois en France, proposé les trois
opéras montéverdiens parvenus jusqu'à nous. En
un dispositif scénographique unique, puisque transporté
et tout aussitôt remonté dans des salles non
vouées à l'art lyrique, cette trilogie avait permis
à des publics de découvrir l'opéra, et à
une jeune génération de chanteurs français de
s'aguerrir dans ces répertoires alors totalement exclus de
leur enseignement. Quinze ans après, le même Atelier
Lyrique de Tourcoing, mais en coproduction avec le
Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, remet les trois
ouvrages sur le métier. Associé à Jacky Lautem
et Nicolas Rivenq, Malgoire se fait également metteur en
scène et poursuit le même pari scénographique
itinérant : un dispositif scénique identique aux trois
ouvrages, avec de simples éléments mobiles sur le
plateau. L'unique décor assume donc une mission contradictoire
: être suffisamment généraliste pour convenir aux
trois ouvrages, et être caractérisable pour convenir
à un lieu privé, à un espace public, ou aux
Enfers. Ce judicieux décor consiste en deux superstructures
blanches, l'une à cour et l'autre jardin, à
moitié articulées, dont les découpages sont
inspirés de l'Orient et qui peuvent se rejoindre pour occuper
toute la largeur du plateau...La mise en scène ne s'est pas
embarrassée de recherches conceptuelles sur
l'Antiquité. Profondément musicale et cherchant
à toucher des publics méconnaissant Monteverdi et la
mythologie, elle s'est, avant tout, souciée de rendre lisible
chaque intrigue, notamment grâce à des choix
dramaturgiques limpides. Ces buts sont atteints.
L'autre point fort de ces
soirées tient en l'attentive et pertinente direction musicale.
Situé au pied de la scène (alternativement
tourné vers les chanteurs, puis vers ses instrumentistes qui,
tous, regardent le plateau), Jean-Claude Malgoire agit plus en
coordinateur qu'en chef, suscitant les énergies
improvisatoires d'un excellent continuo et portant chaque chanteur
à son meilleur, tan-tôt en le conduisant,tantôt en
le laissant tout à sa liberté déclamatoire.
Enfin, rares sont ceux qui, comme lui, maîtrisent le parcours
énergétique de chacun de ces ouvrages. Tout juste
regretterons-nous que, dans Orfeo et Poppea, il ait été
jugé bon de sonoriser - même très
légèrement - les cordes aiguës.
Dans Orfeo, la
différence entre les deux premiers actes, majoritairement
madrigalesques, et les trois derniers, beaucoup plus solistiques et
déclamatoires, a été bien marquée. La
représentation à laquelle nous étions
présentait, non l'Orfeo du baryton Nicolas Rivenq, mais celui
du ténor François Piolino. De ce rôle, il a la
silhouette, mais pas les notes graves (le chanteur n'est pas en
cause, ses autres prestations dans les deux ouvrages le prouvent) ;
sa projection vocale et son autorité scénique en
souffrent. Ses meilleurs partenaires sont les deux basses infernales,
Bruno Rostand (Caronte) et Pierre Thirion-Vallet (Plutone),
Geneviève Kaemmerlen, émouvante Messaggiera, et un
ensemble de Bergers et de Nymphes soudé et
homogène."
- Amsterdama -
Théâtre Carré - décembre
1999 - avec Laurence Dale (Orfeo)
- Opéra de Houston
- 1999 - dir. David Fallis - mise en scène
Marshall Pynkovski - décors K. Fraser - costumes D.
Rust-D'Eye - avec Daniel Belcher (Orfeo), Leslie Johnson
(Euridice), Stephanie Novacek (Messagiera), Jessica James
(Musica)
- Madrid - Teatro Real
- 2, 4, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13 octobre 1999 - dir.
Jordi Savall - mise en scène Gilbert Deflo - décors,
costumes William Orlandi - chorégraphie Ana Casas -
production du Gran Teatre del Liceu de Barcelona - avec Pietro
Spagnoli / Fulvio Bettini (Orfeo), Rosa Domínguez
(Euridice), Montserrat Figueras (La Musica), Sara Mingardo (La
Messagiera), Maite Arruabarrena (Speranza), Daniele Carnovich
(Caronte), Gloria Banditelli (Proserpina), Alessandro Guerzoni
(Plutone), Mauro Utzeri (Apollo), Gerd Türk (Pastor I),
Carlos Mena (Pastor II), Francesc Garigossa (Pastor III)

- Altamusica : "Savall
revisite l'Orfeo à Madrid"
- critique de la représentation au Teatro Reial de Madrid -
11 octobre 1999
"Les représentations
vibrantes que Jordi Savall vient de diriger à Madrid, avec la
complicité très agissante du metteur en scène
Gilbert Deflo, compteront dans l'histoire de l'opéra
montéverdien. Un choc qu'on n'espérait plus en ces
temps où les lois de la mode sont tyranniques et qui rend
l'"opéra des Commencements " à son double projet
musical et dramatique et au spectateur comme une virginité,
dans le regard et dans l'écoute. C'est le superbe site
(entièrement rénové) du Teatro Real qui
accueillait cet Orfeo à hauteur d'homme, à hauteur
d'âme. Un Orfeo immergé dans le paysage culturel,
pictural, de son siècle (dans ce bonheur visuel, la
très belle imagerie du décorateur William Orlandi a sa
part) et où Deflo dilate jusqu'à l'incantation le
message allégorique, magique, christique. Mais surtout,
associé à cet exaltant travail sur le geste et le signe
(gage d'une théâtralité qui, tout autant,
questionne notre modernité), il y a le formidable engagement
musical de Savall qui le complète, le parachève.
À l'écoute d'un son habité qui libère le
mot avec l'affetto et se fait respiration du dramma per musica ; et,
également, d'un rythme primordial inspiré, tout au long
de la partition et jusqu'à l'orchestre (un Concert des Nations
virtuose, ému, coloré), de la parole.Sous
l'autorité d'un tel intercesseur, le chœur de la Capella Reial
et le concert des voix solistes sont portés à
embrasement. S'agissant d'un travail d'équipe, on a scrupule
à saluer tel (le) ou tel (le) protagoniste, au
détriment du collectif. Distinguons pourtant l'Orphée
de Pietro Spagnoli qui ne cesse pas d'être en phase avec le
recitar cantando et décline vaillamment un Possente Spirto
à risques. Et l'on ne saurait passer sous silence la Musica
fervente de Montserrat Figueras, la Messagère
enfiévrée de Sara Mingardo, saisissant " double " du
Destin à l'acte II, la Proserpine extravertie de Gloria
Banditelli, face au Pluton d'Alessandro Guerzoni qui impressionne
moins que le Charon de Daniele Carnovitch, ténébreux,
glacé, tellurique (et quelle formidable vision que cette
caverne des Enfers, digne des confins hyperboréens tant
redoutés du monde antique !). Aussi bien - et bis repetita -
l'intuition de Savall fait le reste, jouant de tous les arguments du
style " d'époque " (entre autres, un continuo
improvisé, d'un soir à l'autre) ; pour nous rapprocher
incroyablement de cette musique fondatrice qui palpite, telle un
corps vivant, et dont l'urgence, l'unité secrète et
l'intemporelle beauté défient, dans cette production
inspirée, la froide logique et la raison."
- Londres - London National
Opera - Coliseum - 17, 21, 29 septembre,
1er, 7, 14, 18 octobre 1999 - dir. Anthony Rolfe
Johnson - mise en scène David Freeman - décors
Hayden Griffin - avec John Mark Ainsley (Orfeo), Christine Rice
(Messagiera), Sandra Ford (Musica), Keel Watson (Caronte),
Suzannah Clarke (Euridice), Emer McGilloway (Speranza), Dean
Robinson (Plutone), Alice Coote (Proserpina), Mark Padmore
(Apollo), Mary Nelson (Ninfa), Henry Moss, Leigh Melrose
(Spirito), Jeffrey Stewart, Mark Milhofer, Stephen Wallace, Leigh
Melrose (Pastore), Henry Moss (Echo), William Purefoy, Leslie John
Flanagan
- Graz - Styriarte
- 15, 17, 18, 20 juillet 1999 - dir. Antonini - mise en
scène Pianca - avec Bettini, Torciani, Gloria Banditelli,
Antonio Abete, Sergio Foresti
- Festival de Munich -
Prinzregentheater - 17, 17, 20, 22, 24 juillet 1999 -
dir. Ivor Bolton - mise en scène et décors Achim
Freyer - costumes E. Landertinger - avec John Mark Ainsley (Orfeo), Deborah York (Euridice),
Heidi Brunner (Messagiera, Proserpina), Sophie Koch (Musica,
Speranza), Phillip Ens (Caronte), Evert Sooster (Plutone), Claes
H. Ahnsjö (Apollo)
- Graz - Styriarte
- 15, 17, 18, 20 juillet 1999 - dir. Giovanni Antonini
/ Luca Pianca - mise en scène Georg Rootering -
décors Uwe Belzner - costumes Gabi Rahm - avec Fulvio
Bettini (Orfeo), Ilaria Torciani (Euridice), Gloria Banditelli (La
Speranza), Antonio Abete (Caronte), Sergio Foresti (Plutone)
- New York - Brooklyn
Academy of Music - 10, 11, 12, 13 juin 1999 - dir.
René Jacobs - mise en scène Trisha Brown -
décors, costumes Roland Aeschlimann - avec Simon Keenlyside
/ Carlo Vincenzo Allemano (Orfeo), Patricia Biccire (Euridice),
Palle Knudsen (Apollo), Graciela Oddone (La Musica, La
Messagiera), Christopher Laporte (Speranza), Stephen Milling
(Plutone), Marissa Martins (Proserpina), Anne Cambier
(Ninfa)
- Théâtre des
Champs Elysées - 14, 15, 16, 17 avril 1999 -
Concerto et Collegium Vocale - direction
René Jacobs - mise en scène Trisha Brown -
décors Roland Aeschlimann - costumes Gerd Meier - avec
Simon Keenlyside / Carlo Vincenzo Alemano (Orfeo), Patricia
Biccire (Euridice, Eco), Graciela Oddone (Musica, Messagiera),
Christophe Laporte (Speranza), Marisa Martins (Proserpina, Ninfa),
Toma Tomasson (Plutone), Paul Gérimon (Caronte), Palle
Knudsen (Apollo), Christophe Laporte, Johannes Chum, John Bowen,
René Linnenbank (Pastore, Spiriti)
"Il est des spectacles qui
font l'Histoire sans totalement gagner le coeur. A maints
égards, cette production demeurera exemplaire par sa
cohérence, sa splendeur formelle, ses réelles
innovations de langage. Les noces du geste et de la voix
célébrées par la chorégraphe Trisha Brown
sont parmi les plus convaincantes qu'il ait été
donné de voir, avec un naturel dans les mouvements de groupe
(organisation judicieuse du travail des choristes toujours suivis de
leur maître à danser), une implication virtuose des
chanteurs dans le geste absolument remarquables. Expression
dansée et chantée entrent pourtant en conflit à
quelques moments clés, comme la première intervention
de la Messagère, d'un dramatisme trop superficiel. C'est aussi
que Graciela Oddone, qui chante également le monologue de la
Musique, reste terne dans la diction et le timbre (le corps, sans
doute, a monopolisé son attention), autant que René
Jacobs, après un très beau prologue "en
stéréo" (les cuivres dans la salle), s'avère
monotone dans les deux premiers actes. L'acoustique du
Théâtre des Champs Elysées n'est
évidemment pas de celles où s'épanouissent au
mieux les articulations acérées mais sourdes du
Concerto et du Collegium Vocale, mais tempo et dynamique gagnent en
variété lors des actes infernaux, sans compter le
supplément en couleurs apporté par un instrumentarium
que Jacobs se décide alors à étoffer. Quelques
hésitations de mises en place exceptées, la prestation
du choeur, de l'orchestre et de ses excellents continuistes
mérite tous les éloges.
Simon Keenlyside est dans
cette production l'Orphée idéal. Beauté et
présence physiques comme absorbées dans la
contemplation maladive de soi, élégance et
netteté du geste, il témoigne d'une grande
probité vocale, sans disposer de la longueur de souffle et de
la facilité dans l'aigu (d'où une intonation parfois
approximative) qui le rendraient tout à fait
mémorables. Ainsi s'efface-t-il derrière les images
magiques dues à Brown et Aeschlimann (le vol de la Musique
dans le Prologue, la descente aux Enfers, Pluton et Proserpine sur
leur trône, l'apparition d'Apollon) qui figurent parmi les plus
extraordinaires, les plus parfaites écloses sur une
scène lyrique depuis de nombreuses années."
(ConcertoNet - 14 avril 1999)
- Théâtre
Municipal de Lausanne - 28
février, 2, 4, 5, 7 mars 1999 - Ensemble 415 - Ensemble La
Fenice - Choeurs de l'Opéra de Lausanne - dir.
Véronique Carrot - mise en scène Giorgio Marini -
décors Edoardo Sanchi - costumes Elena Cicorella - avec
Gilles Ragon / Robert Scaltriti
(Orfeo), Gyslaine Waelchi (Euridice), Monica Bacelli
(Messagiera), Laura Polverelli (Musica, Proserpina), Brigitte
Fournier (Speranza, Ninfa), Antonio Abete (Caronte, Plutone),
Alain Bertschy (Pastore I/Spirito I), Russell Smythe (Pastore
II/Apollo/Spirito II), Pascal Bertin (Pastore III),
"Cette production s'appuie sur
deux partis pris puissants. Par le premier, Giorgio Marini raconte
une histoire mêlant, sur un pied d'égalité,
hommes et dieux antiques, L'Or feo étant alors, à ses
yeux, l'un des premiers parmi les innombrables futurs opéras
mythologiques qui fleuriront pendant l'ère baroque autrement
dit, le metteur en scène ne s'intéresse absolument pas
aux pouvoirs opératoires de la musique et à la
faculté - non symbolique mais efficace, et, depuis le
XVème siècle, omniprésente en Europe dans les
cercles artistes et savants - que, au temps de Monteverdi, aurait eue
la musique de faire passer un être humain de trépas
à vie. Par le second parti pris, les temps
représentés pour manifester la geste d'Orfeo sont
coprésents sur la scène de façon extensive et
non conflictuelle, chaque temps se manifestant par ses signes
esthétiques : les costumes et le décor. Les
différents temps historicisés dans lesquels se
déploie le travail dramaturgique, sont ici l'origine de
l'homme (avec des singes hominidés parmi les figurants),
l'antiquité gréco-romaine, le temps de Monteverdi, le
XlXème siècle avec ce regard teinté d'exotisme
et de colonialisme qu'il porta sur l'Orient, et l'époque
actuelle. Quant à leur mise en oeuvre, ces deux partis pris
s'appliquent avec bonheur dans les moments do l'opéra
où Alessandro Striggio privilégia le fil narratif,
c'est-à-dire entre la première et la seconde mort
d'Euridice ; Marini y propose une dramaturgie où règne
un réseau de simulacres représentatifs toujours
captivants, le plus singulier et le plus réussi étant
l'acte des Enfers. Mais le livret et la musique résistent dans
les parties purement symboliques, mythologiques et décoratives
de l'oeuvre, donc du prologue à l'arrivée de
Messaggiera, puis durant tout l'acte V. L'ouvrage semble alors
quelque peu flotter. Enfin, sur cette production, fort
intéressante et réalisée avec une belle rigueur
(les décors et les costumes y participent grande-ment), un
second écueil pèse : Giorgio Marini a
éludé les corps de ses interprètes,
Inexplicablement, la totale absence de la danse -même dans les
moments pastoraux - créé un réel vide
scénique. En outre, faute de vraie direction d'acteurs, les
chanteurs sont physiquement livrés à eux-mêmes.
Ces défauts endommagent la cohérente conception
générale de Marini.
La réalisation musicale
est fort satisfaisante. Les deux ensembles instrumentaux - les cordes
par l'Ensemble 415 et les vents par La Fenice - et les Choeurs de
l'Opéra de Lausanne apportent une solide et colorée
contribution. L'équipe de solistes est excellente. Roberto
Scaltriti héroîcise son rôle et sollicite une
couverture des sons qui, quelquefois, nuit à des
phrasés souples et une finesse déclamatoire ; peu de
choses toutefois, au regard d'une puissante stature vocale et d'un
impeccable engagement dramatique. Dans leurs deux doubles
rôles, Laura Polverelli (La Musica et Proserpina) et Brigitte
Fournier (Speranza et Ninfa), auxquelles s'ajoute Monica Bacelli
(dans celui de Messaggiera), Ces trois cantatrices convainquent
totalement, tant par leurs qualités individuelles que par
leurs timbres, parfaitement étalonnés pour
représenter ces cinq figures féminines, portant les
paroles de la Destinée. Prenant en charge les deux rôles
de basse, Antonio Abete est toujours à propos : il allie
profondeur du timbre et recitar cantando. Dans les divers emplois
plus secondaires, Russel Smythe, Alain Bertschy et Pascal Bertin
forment un trio fort homogène. Au seuil d'une carrière
de directrice musicale (elle occupait jusque-là la seule
fonction de chef des choeurs à l'Opéra de Lausanne),
Véronique Carrot manifeste de réelles aptitudes. Aussi
serait-il malséant de pointer les quelques moments où
elle suit plutôt qu'elle n'empoigne la masse vocale et
instrumentale qu'elle a charge de mener ; les encouragements doivent,
au contraire, lui être prodigués." (Opéra
International - avril 1999)
- Rio de Janeiro
- 1998 - dir. Marcelo Fagerlande
- Opéra de Lyon
- 1998 - dir. Claire Gibault - mise en scène
Louis Erlo - décors et costumes Gian Maurizio Fercioni -
avec Gérard Théruel
(Orfeo), Elsa Vacquin (Euridice), Marie-Belle Sandis
(Messagiera), Marion Harousseau (Musica), Hjördis Thebault
(Speranza), Jérôme Varnier (Caronte),
Frédéric Caton (Plutone), Maryline Fallot
(Proserpina), Bruno Ranc (Apollo)
- Aix en Provence -
Théâtre de l'Archevêché - 14, 15, 18 19 juillet 1998 - Concerto Vocale -
Collegium Vocale Gent - dir. René Jacobs - mise en
scène Trisha Brown - scénographie Roland Aeschlimann
- lumières Gerd Meyer - avec Simon Keenlyside (Orfeo),
Juanita Lascarro (Euridice/la Musica/Eco), Graciela Oddone
(Messaggiera), Mauro Utzeri (Apollo), Martina Dike (Proserpina),
Stephen Wallace (La Speranza),Tomas Tomasson (Plutone), Paul
Gérimon (Caronte), Anne Cambier (Ninfa), Stephen Wallace,
Yann Beuron, John Bowen, Paul Gérimon, René
Linnenbank (Pastori/Spiriti)
- Opéra International - septembre
1998
"Cinq représentations,
par René Jacobs, mis en scène par Trisha Brown avec ses
danseurs, spectacle délicieux...dans une distribution
très homogène, le remarquable Orfeo de Simon
Keenlyside, habité, confondant de présence
scénique et un vrai musicien".
- ConcertoNet - 14 juillet 1998
"Toute de teck
vêtue, la scène du nouvel Archevêché offre
un somptueux écrin aux décors bleu nuit de l’Orfeo mis
en scène par la chorégraphe américaine Trisha
Brown. La production créée à Bruxelles trouve
sous le ciel aixois le cadre idéal à son ductile
épanouissement. Acrobate, danseurs et chanteurs s’y
côtoient avec fluidité, chaque geste magnifiant et
accompagnant les ondoiements de la phrase monteverdienne. Car c’est
bien la danse qui habite ce spectacle. Chaque geste est
étudié, stylisé, comme en écho à
l’extrême raffinement d’une musique ciselée et
précieuse. Les costumes et les accessoires sont sobres, comme
pour ne pas détourner un regard qui s’attache à la
symbolique de l’espace et de son occupation. Parfois, on se surprend
à contempler les mouvements, à se laisser
détourner de la partition pourtant admirablement servie par le
grand spécialiste qu’est René Jacobs. Son orchestre est
en effet d’une richesse de coloris inépuisable, la
spatialisation des timbres étonne et enchante. Les chanteurs
quant à eux sont tous irréprochables à commencer
par Simon Keenlyside qui endosse le rôle d’Orphée avec
une grande noblesse, une touchante nostalgie du bonheur
révolu. Cet Orfeo est donc un spectacle qui comble autant la
vue que l’ouïe. Cela n’est pas si fréquent. Aussi peut-on
justement s’en réjouir."
- Vienne - Wiener Festwochen
- Theater an der Wien - 8, 10, 12, 14 juin 1998 - dir.
Thomas Hengelbrock - mise en scène et décors Achim
Freyer - costumes E. Landertinger - avec
François le Roux (Orfeo), Dorothée Mields
(Euridice), Heidi Brunner (Messagiera, Proserpina), Sophie Koch
(Musica, Speranza), Phillip Ens (Caronte), Evert Sooster
(Plutone), C.H. Ahnsjö / John Elwes (Apollo)
- Dresde - Dresdner
Musikfestspiele - Annenkirche - 22 mai 1998 - version
de concert - Ensemble Tragicomedia
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 13, 14, 15, 16, 17, 19, 20, 21, 22, 23 mai 1998
- Londres - Barbican Center
- 3, 4, 5, 6 juin 1998 - Concerto
Vocale - Collegium Vocale Gent - dir. René Jacobs - mise en
scène Trisha Brown - scénographie Roland Aeschlimann
- lumières Gerd Meyer - avec Simon Keenlyside / Carlo
Vincenzo Alemano (Orfeo), Juanita Lascarro (la Musica, Euridice,
Eco), Graciela Oddone (Messagiera), Martina Dike (Proserpina,
Ninfa), Stephen Wallace (Speranza, Pastore, Spirito), Tomas
Tomasson (Plutone), Paul Gérimon (Caronte), Mauro Utzeri
(Apollo), Anne Cambier (Ninfa), John Bowen, Yann Beuron,
René Linnenbank - coproduction Festival des Arts, Festival
International d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence, Trisha Brown
Company, Brooklyn Academy of Music

"Coproduction du
Théâtre de la Monnaie avec le Kunstenfestival des Arts
de Bruxelles. Ce spectacle a indiscutablement ouvert des voies
nouvelles pour la dramaturgie opératique...Trisha Brown fait
alterner deux types de moments : ceux où règne
l'apesanteur et ceux marqués par la gravité...Le choix
des chanteurs est d'une totale cohérence ; toutes ensemble,
leus couleurs vocales forment une palette chatoyante, et même
dans les rôles subalternes, la projection et l'art
déclamatoire sont sans reproche...Deux titulaires alternent
pour le rôle-titre : Simon Keenlyside et Carlo Vincenzo
Allemano...La réalisation instrumentale est passionnante,
notamment celle du continuo, réellement orchestré...La
continuité dramatique est sans faille." (Opéra
International - août 1998)
- Florence - Teatro Goldoni
- 10, 12, 14, 15, 17, 18, 20, 21
mars 1998 - Concerto Vocale - dir. René Jacobs - mise en
scène Luca Ronconi - scénographie Margherita Palli -
costumes V. Marzot - avec Roberto Scaltriti (Orfeo), Cecilia
Gasdia (La Musica, Euridice, Eco), Sara Mingardo (Messagiera,
Speranza), Mario Luperi (Caronte), Marina Comparato (Proserpina),
Antonio Abete (Plutone), Mauro Utzeri (Apollo).
"Ronconi imagine un spectacle
pour le moins anti-conventionnel"..."la trouvaille qui a fait couler
tant d'encre : du plancher surgisssent 40 000 litres d'eau, autour du
catafalque d'Euridice"..."René Jacobs travaille un pied dans
le passé, un dans le présent. D'un Concerto Vocale sur
instruments d'époque, il tire une exécution percutante,
aux rythmes incisifs"..."Roberto Scaltriti vocifère en Orfeo,
Cecilia Gasdia réussit un assez bon équilibre entre
intensité et respect du style"..."Sara Mingardo offre la plus
belle incarnation, envoûtante en Messagiera et Speranza".
(Opéra International - mai 1998)
- Tournée de l'Arcal
(Atelier de Recherche et de
Création pour l'Art Lyrique) - Théâtre de
Besançon (janvier 1998), Noisiel (16 et 17
janvier 1998) - Sceaux -
Théâtre des Gémeaux (6 et 7 février
1998), Clamart (27 février 1998), Rennes,
Saint-Etienne, Théâtre de St Quentin en Yvelines (5, 6 et 7 mars 1998), Villeparisis (15
mars 1998), Opéra de Massy (28 mars
1998), Sartrouville (31
mars 1998), Chelles (5 avril
1998), Le Perreux sur
Marne (7 avril 1998) - dir.
Christopher Jackson - mise en scène Christian Gangneron -
scénographie Thierry Leproust - avec Hervé Lamy
(Orfeo), Cyrille Gerstenhaber (La Musica, Euridice), Claire Brua
(la Messagiera), Sylvia Marini (Speranza, Proserpina), Jean-Claude
Sarragosse (Caronte, Plutone), Emmanuel Vistorsky
(Apollo)
"Tout est d'une
cohérence sans faille : un passionnant et très
intelligent décor, sorte de haut parallépipède
tournant"..."de magnifiques costumes inspirés des tableaux de
la Renaissance italienne"..."la prestation concentrée et
émouvante d'Hervé Lamy : ténor aux chaudes
couleurs barytonales, il convainc de bout en bout. Cyrille
Gerstenhaber...fait éclore l'émotion, grâce
à la pureté de son timbre et son art
déclamatoire très varié"..."Le travail de
Christopher Jackson soutient sans cesse l'intérêt. Ses
tempi raisonnables, un continuo intelligemment orchestré,
ainsi qu'un perpétuel souci de continuité dramatique se
revélent fort convaincants." (7
février à Sceaux - Opéra International - avril
1998)
- Opéra de
Lyon - 12, 14, 15, 16, 17, 18, 20
janvier 1998 - Annecy - 23
janvier 1998 - Roanne - 30
janvier 1998 - Atelier lyrique et
Maîtrise de l'Opéra de Lyon - dir. Claire Gibault - mise en scène
Louis Erlo - avec I. Fallot, Théruel / Alvaro, Hjördis
Thébault / Sandis, Marilyne Fallot / Durand, Caton,
Varnier, Etienne Lescroart / Ranc
- Opera Theatre de
Saint-Louis (E.U.) - 17, 19, 21,
25, 27 juin 1997 - dir. Anthony Rolfe-Johnson - mise en
scène Colin Graham - décors David McLane - costumes
M. Pakledinaz - avec Gregory Turay
(Orfeo), Tonna Miller (Euridice), Julia Ann Wolf
(Messagiera), Edward Russell (Plutone), Anthony Rolfe-Johnson (Apollo)
- Londres - Queen Elizabeth
Hall - Opéra du Kent
- mars 1997 - mise en scène Tim Caroll
- Atelier lyrique de
Tourcoing - mars 1997 - dir.
Giardelli - avec Sophie Daneman, Gubisch, Patterson, Serge
Goubioud, Jérôme Corréas
- Amsterdam - De Nederlandse
Opera - 4, 7, 9, 12, 14, 17, 19,
22, 25, 28 novembre 1996 - 11, 13, 15 et 16 juillet 1997 - dir.
Stephen Stubbs - mise en scène Pierre Audi - avec John Mark
Ainsley (Orfeo), Juanita Lascarro (Euridice), Brigitte Balleys
(Messagiera), Brian Asawa/Michael Chance (Speranza), David Cordier
(Musica), Mario Luperi (Caronte), Diana Montague/Bernarda Fink
(Proserpina)
- Turin - Teatro
Carignano - dir. Corrado Rovaris
- mise en scène Giorgio Marini - décors E. Sanchi -
costumes E. Cicorella - avec Davide Livermore (Orfeo),
Marianna Kulikova (Euridice, Musica), Gloria Banditelli
(Messagiera), Maria Cristina Zanni (Speranza), Antonio Abete
(Caronte), Alessandro Guerzoni (Plutone), Claudia N. Bandera
(Proserpina), Furio Zanasi (Apollo)
- Festival de la Chaise-Dieu
- Théâtre du Puy en Velay - 27 et 28 août 1996 - La Cappella de San
Petronio - dir. Sergio Vartolo - mise en scène Mancini -
avec Alessandro Carmignati (Orfeo), Marinella Pennichi (Euridice,
la Musica), Rosita Frisani (Ninfa, Messagiera, Proserpina),
Patrizia Vaccari, (Speranza), Giovanni Pentasuglia (Apollo, Eco,
Pastore III, Spirito IV), Carlo Lepore (Caronte), Gastone Sarti
(Plutone, Pastore V), Michel van Goethem (Pastore I, Spirito I),
Pietro Valguarnera (pastore II, Spirito III), Roberto Abbondanza
(Pastore IV, Spirito V), Gian Luigi Maria Ghiringhelli (Spirito
II), Marcello Vargetto (Spirito VI), Marco Perella (Spirito
VII)

"Sergio Vartolo disposait d'un
plateau guère mieux que médiocre, avec en particulier,
en Orphée, un Alessandro Carmignani, sans doute musicien, mais
dépourvu de couleur et inexpressif. Deux interprètes
sortaient du lot : l'un des bergers, Giovanni Pentasuglia, et la
Messagère de Rosita Frisani, voix richement timbrée et
sens dramatique naturel." (Opéra International - octobre
1996)
- Coliseum de Londres
- avril 1996 - dir. Nicholas Kok - mise en scène
David Freeman - décors H. Griffin - costumes Hartwell -
avec Guy de Mey (Orfeo), Yvonne Barclay (Euridice), Sarah Connolly
(Messagiera), Brian Matthews (Caronte), Nerys Jones (Proserpina),
Adrian Thompson (Apollo), Elizabeth Woollett
- Palerme - Teatro Massimo
- 1996 - dir. Gabriel Garrido - mise en scène
Gilbert deflo - décors William Orlandi - avec Victor Torres
(Orfeo), Marie Luce Erard (Euridice), Gloria Banditelli
(Messagiera), Maria Cristina Kiehr (Musica), Antonio Abete
(Caronte), Roberta Invernizzi (Proserpina)
- Varsovie - 1995
- Festival Baroque
- Londres - Trinity College
of Music - novembre 1995
- Ravenne - 1995
- avec Valentina Valente (Messagiera)
- Opéra de
Kiel - 2, 11, 15 et 20 juin
1995
- Amsterdam - De
Nederlandsee Opera - 5, 8, 11,
13, 16, 18, 21, 24, 26, 28, 31 mai 1995 - dir. Stephen Stubbs -
mise en scène Pierre Audi - décors Michael Simon -
costumes Jorge Jara - avec Howard Crook (Orfeo), Agnès
Mellon (Euridice), Doris Lamprecht (Messagiera), David Cordier
(Musica), Brian Asawa (Speranza), Bernarda Fink (Proserpina),
Mario Luperi (Caronte), John Elwes (Apollo)
"Avec L'Orfeo, Pierre Audi
termine son cycle montéverdien, avec une réussite
inférieure aux deux précédents volets. La mise
en scène du directeur de l'Opéra d'Amsterdam n'est pas
en cause, non plus que les décors de Michael Simon ou les
costumes d'un goût oriental de Jorge Jara. C'est le
protagoniste, par définition essentiel ici, qui appelle des
réserves. Le rôle d'Orfeo, on le sait, exige beaucoup,
à commencer par une projection naturelle du récitatif
et une virtuosité capable d'évoquer la figure du plus
grand chanteur de la mythologie. Techniquement, scéniquement,
Howard Crook se montre à la hauteur, mais son timbre est par
trop dépourvu de charisme et de séduction. Autour de
lui, Stephen Stubbs a réuni une équipe de
spécialistes de la musique ancienne : de petites voix, donc,
consciencieuses mais pauvres, dépourvues d'imagination dans le
phrasé et d'émotion dans l'accent. Trois exceptions :
Mario Luperi (Caronte), Doris Lamprecht (Messagiera) et Bernarda Fink
(Proserpina), nettement plus intenses et plus impliqués dans
le déroulement de la fa vola. Les choeurs sont
également somptueux, mais Stephen Stubbs n'obtient pas de ses
solistes et instrumentistes, une variété suffisante
dans le tempo, les jeux de clairs-obscurs chers à Monteverdi
paraissant systématiquement occultés. Trop lente, sa
lecture finit par détruire la fragile unité de la
partition, devenue une suite de séquences sans
véritable fil conducteur." (Opéra International -
juillet/août 1995)
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - Tricentenaire de
la Monnaie - Gala d'ouverture - 12 janvier 1995 - en version de
concert - Concerto Vocale - dir. René Jacobs - avec
Laurence Dale (Orfeo), Efrat Ben Nun (Musica, Euridice), Bernarda
Fink (Messagiera, Proserpina), Paul Gérimon (Caronte),
Gregory Reinhart (Plutone), Andreas Scholl (Speranza), Geert Smits
(Apollo), Lynton Atkinson (Eco), Maria Cristina Kiehr (Ninfa)
- Amsterdam -
juin 1994 - Festival de Hollande - dir. Marc Minkowski
- Venise - La
Fenice - 18, 20 et 22 mai 1994 -
dir. René Clemencic - mise en scène Gilbert Deflo -
avec Titus, Donose, Banditelli, Hölle, Pertusi
- Avignon - Opéra
- 27 et 29 mars 1994 - dir. Marc
Minkowski - mise en scène Pascal Paul-Harang - avec
Theruel, Michel Marquez, Bernardi, Wotjtek Smilek, Smith,
Cécile Eloir
- Birmingham - Opera School
- mars 1994
- Londres - Bach Festival
- 1994 - dir. Howard Williams - mise en scène
Lina Lalandi - décors et costumes Peter Rice - avec Russell
Smythe (Orfeo), Marylin Hill Smith (Euridice), Della Jones
(Messagiera), Alan Fairs (Caronte), Graeme Broadbent (Plutone),
Janet Shell (Proserpina)
- Opéra de
Nancy - 7, 9, 11 et 13 novembre
1993 - dir. Marc Minkowski - mise en scène Pascal
Paul-Harang - scénographie Bernard Salfatti - costumes R.
Varda - avec Anna Caterina Antonacci (la Musica, Euridice,
Speranza), Russel Smythe (Orfeo), Cécile Eloir (Messagiera,
Proserpina), Wotjtek Smilek (Plutone), Jérôme Varnier
(Caronte), Michel Marquez, Jean-Louis Meunier (Apollo, Berger),
Pascal Desaux (Berger)
"Côté
idéal Pascal Paul-Harang a rêvé d'un
Orphée, héros solaire, vivant dans un Orient
inlocalisable. Le dispositif scénique permanent
présente un espace hémisphérique incurvé,
à mi-chemin entre un amphithéâtre antique et ce
lieu public où les Athéniens (ici les compagnons
d'Orphée) inventèrent la démocratie et, donc, la
doxa, l'opinion publique...Les lumières présentent un
partage manichéen entre monde solaire et monde nocturne. Les
costumes de Rosalie Varda proposent un Orient syncrétique
où se télescopent les Balkans, le Tibet et le Japon, et
les Incas. Cette production est une réussite convaincante.
Pascal Paul-Harang fait des débuts remarquables dans l'univers
lyrique. La profondeur et la cohérence de sa démarche
s'imposent d'emblée...Marc Minkowski n'est pas en reste,
dirigeant son premier Orfeo avec une liberté de ton, une
urgence expressive et une acuité dramatique sans faille. Une
distribution tres homogène est dominée par
l'Orphée de Russel Smythe, jeune baryton au timbre lumineux et
à l'indéniable rayonnement scénique. Quant aux
autres chanteurs, ils dessinent fort opportunément leur (s)
personnage (s) et sont aussi adroits vocalement que
scéniquement, Anna Caterina Antonacci (la Musique / Euridice),
Jean-Louis Meunier et Pascal Desaux (deuxieme et troisieme bergers)
notamment." (Opéra International - décembre
1993)
- New York City - Church of
St. Mary the Virgin - 4, 5, 6, 7 novembre 1993 -
Ensemble Artek - dir. Gwendolyn Toth - avec Jeffery Thomas
(Orfeo), Dana Hanchard (Euridice, la Musica), Jessica Tranzillo
(Ninfa, Proserpina), Jennifer Lane (Messagiera, Speranza,
Pastore), Timothy Leigh Evans (Pastore, Spirito), Michael Brown
(Apollo, Pastore, Spirito, Eco), Paul Shipper (Caronte, Plutone,
Pastore)
- Festival de Salzbourg -
Residenzhof - 27 et 30 juillet,
3, 5, 9, 11, 17, 22, 24 et 26 août 1993 - dir. René
Jacobs - mise en scène et décors Herbert Wernicke -
avec Laurence Dale (Orfeo), Monica Bacelli (Euridice),
Deebora Veronesi (Messagiera, Speranza), Susan Graham/Monica
Bacelli (Musica), Jules Bastin (Caronte), Reinhard Hagen
(Plutone), Therese Feighan (Proserpina), Nicolas Rivenq
(Apollo)
"Herbert Wernicke ne résiste pas à la
tentation de transposer l'Orfeo à notre époque...La
référence à la cour de Mantoue impose un jeu
risqué de travestissement : protagonistes en smoking,
abondance de miroirs...La partition se déroule avec
fluidité, servie par un plateau remarquablement
homogène réuni autour de Laurence Dale, où seul
Jules Bastin pourrait détoner si la mise en scène ne
venait à son secours pour l'intégrer à
l'ensemble." (Opéra International - octobre
1993)
- Liceu de Barcelone - 20, 23, 25, 27, 29, 31 mai 1993 - Concert des Nations - La Capella Reial de
Catalunya - dir. Jordi Savall - mise en scène Gilbert Deflo
- décors William Orlandi - chorégraphie Nadejda
Loujine - avec Mark Tucker (Orfeo), Montserrat Figueras (Euridice,
la Musica), Jennifer Larmore (la Messagiera), Bernarda Fink
(Speranza), Daniele Carnovitch (Caronte), Allison Browner, Inaki
Fresan (Plutone)
"Encadré par le choeur
des bergers à chaque extrémité du plateau,
l'univers de l'Orfeo fait appel à des références
picturales à la fois néo-classiques et
romantiques....Ce spectacle sobre et élégant sert
d'écrin à l'une des meilleures exécutions
pusicales possibles...La prestation de Jennifer Larmore en Messagiera
a soulevé l'enthousiqasme...Montserrat Figueras, dans Euridice
et la Musica, déploie le type même de vocalité
qu'on a pris l'habitude d'entendre dans ce type de répertoire.
L'Orfeo de Marck Tucker, peu à l'aise dans le grave, n'a
peut-être pas assez de chatoyance dans
l'émission...L'acteur en revanche est convaincant...D'une
grande efficacité le Caronte de Daniele Carnovitch, ainsi que
le Plutone d'Inaki Fresan...La chorégraphie de Nadejda Loujine
apporte aux danseurs la grâce et l'élégance de la
gestuelle dans la grande tradition du ballet du début du
XIXe siècle." (Opéra International -
juillet/août 1993)
- Tours - Florilège
Vocal - 25 mai 1993 - dir.
Jürgens - avec John Elwes
- Lucerne - Stadttheater
- 1993 - dir. Jan-Willem de Vreind - mise en
scsène Philip Himmelmann - décors et costumes
Bettina Munzer - avec Jon G. Goldsworthy
(Orfeo), Regina Nathan (Euridice, Musica), Irène
Friedli (Speranza), Grzegorz Rozycki (Caronte), Julian Hartman
(Plutone), Caroline Thomas (Proserpina), Ludovic Tézier
(Apollo)
- Opéra de Longbeach
- 1993 - dir. Steven Sloane - mise en scène
Christopher Alden - décors Peter Harrison, Eugenie Krager,
Heather Carson - avec Leroy Villaneuva (Orfeo), Charlotte
Hellekant (Euridice)
- Coliseum de
Londres - 1992 - dir. Harry Bicket - mise en
scène David Freeman - décors H. Griffin - costumes
Hartwell - avec Anthony Rolfe-Johnson (Orfeo), Sally Burgess
(Messagiera), Jennifer Smith (Musica), Neil Jenkins (Apollo)
- Londres - Elizabeth Hall
- 1992 - dir. Philip Pickett - version de concert -
avec John Mark Ainsley (Orfeo), Julia Gooding (Euridice),
Catherine Bott (Messagiera, Musica, Proserpina), Simon Grant
(Caronte), Michael George (Plutone), Andrew King (Apollo)
- Oslo - Festival
d'été - 1992 - dir. Andrew Parrott - mise
en scène Simon Target - décors John Senczuk - avec
Joseph Cornwell (Orfeo), Helène Jarlsrud (Euridice), Emily
van Evera (Messagiera), Hanne Mari Orbaek (Musica), Mona Julsrud
(Speranza), Gudjon Oskarsson (Caronte), Njal Sparbo (Plutone),
Trude Cecilie Knutsen (Proserpina), Andrew King (Apollo)
- Beaune - Festival
International de Musique Baroque
- 27 juin 1992 - dir. Andrew Parrott - version de concert -
avec Joseph Cornwell (Orfeo), Helène Jarlsrud
(Euridice), Emily van Evera (Messagiera), Hanne Mari Orbaek
(Musica), Mona Julsrud (Speranza), Gudjon Oskarsson (Caronte),
Njal Sparbo (Plutone), Trude Cecilie Knutsen (Proserpina), Andrew
King (Apollo)
- London Coliseum
- mars 1992 - dir. Harry Bicket - mise en scène
David Freeman - avec Anthony Rolfe Johnson (Orfeo), Marie Angel,
Sally Burgess, Michael Druiett, Christine Botes, Neil Jenkins,
Christopher Robson
- Montpellier - Opéra
Berlioz - 15 juillet 1991 -
version orchestrée par Bruno Maderna en 1967 - Orchestre
Philarmonique de Montpellier - dir. Ingo Metzmacher - mise en
scène René Koering - décors Pace - costumes
Jin Abé - avec Motti Kaston (Orfeo), Rié Harmada
(Euridice, Musica), Béatrice Uria-Monzon (Messagiera),
Anne-Sophie Schmidt (Speranza), Sylvie Sullé, Jean-Philippe
Courtis (Caronte), Laurent Naouri (Apollo), Lionel Sarrazin
(Plutone), Thierry Trégan
"Avec une formation musicale
très colorée et variée, l'Orfeo retrouve son air
de fête...la scénographie de René Koering sait
très judicieusement conjuguer modernité et
ingénuité, rigueur et délire dans un spectacle
où la liberté et le plaisir reprennnent enfin leurs
droits...Il est en revanche plus difficile d'accepter une
distribution dans laquelle à côté
d'éléments remarquable (Béatrice Uria-Monzon) ou
pour le moins intéressants (Anne-Sophie Schmidt, Rié
Hamada), une place de choix est laissée à des chanteurs
tout à fait étrangers à ce type de
répertoire...(tels) l'Orphée plus que tâcheron de
Motti Kaston ou le Charon de Jean-Philippe Courtis au creux toujours
aussi artificiel".
- Oviedo - 19 et 21 septembre 1990 - dir. Cleobury - mise
en scène Plaza - avec Davis, Randle, Thomas, Bowman,
Tucker, Robson
- Palais Ducal de Mantoue
- 1990 - dir. Claudio Gallico - mise en scène
Beppe Menegatti - décors et costumes Carlo Savi - avec Mark
Tucker (Orfeo), Silvia Pozzer, (Euridice), Marinella Pennichi
(Musica), Paola Patti Fornasari (Speranza, Proserpina), Gregory
Reinhardt (Caronte)
- Festival de
Salzbourg - 30 juillet 1990 -
dir. John Eliot Gardiner - version de concert - avec Anthony
Rolfe-Johnson (Orfeo), Lynne Dawson (Euridice, Musica),
Alison Browner (Messagiera), Derek Lee Ragin (Speranza), Alastair
Miles (Caronte), Willard White (Plutone), Guillemette Laurens
(Proserpina), Edgar Fleet (Apollo)
- Palais
Garnier - 9 mars 1990 -
Anvers - 17, 18, 20, 21, 23, 24 février 1990 -
dir. Philippe Herreweghe - mise en scène Isabelle Pousseur
- avec Gloria Banditelli (Messagiera), John Elwes (Orfeo),
Agnès Mellon (Euridice), Vincent Bouchot, Jean-Louis Paya,
Gianpaolo Fagotto (Apollo), David Thomas (Caronte)
- Opéra de
Montpellier - 11 mai 1989 - dir.
Philippe Herreweghe - mise en scène Isabelle Pousseur -
scénographie Michel Boermans - avec Monique Zanetti
(Musica), Gianpaolo Fagotto (Apollo), Miriam Ruggieri
(Proserpina), Martin van de Zeijst, John Elwes (Orfeo),
Agnès Mellon (Euridice), Vincent Bouchot, Bernard
Deletré (Plutone), Gloria Banditelli (Messagiera), Camille
Crèvecoeur (Speranza), David Thomas (Caronte), Jean-Louis
Paya
"Une fois passés
la surprise et l'agacement du premier acte, on se prend au jeu...Du
côté des chanteurs, on reste émerveillé
devant leur capacité à faire vivre leur voix en
dépit du carcan qui leur est imposé. John Elwes donne
au rôle d'Orphée toute sa densité : la
géométrie mouvante du recitar cantando n'a pas de
secrets pour lui. Gloria Banditelli en Messagère est
merveilleuse : son apparition au deuxième acte est le seul
véritable moment de théâtre, et son beau mezzo
convient parfaitement à l'univers baroque...Le travail qu'a
réalisé Philippe Herreweghe est plus que
convaincant...le groupe des continuistes en particulier a
véritablement soutenu l'opéra." (Opéra
International - juin 1989)
- Toronto - Opéra
Atelier - 1989 - dir. David Fallis - mise en
scène Brad Walton - décors Gerard Gauci - avec
Emilio Roman (Orfeo), Julianne Baird (Euridice), Rosa Anthony
(Messagiera), Allan Fast (Speranza), Gordon McLeod (Plutone)
- Milwaukee - Skylight
Opera - novembre 1988 - avec Tony Boutte, ténor
(Orfeo)
- Opéra de Lyon -
Auditorium Maurice Ravel - 11, 13, 17 et 19 mars 1988 -
Orléans - 25 et 27 mars
1988 - dir. Michel Corboz - mise en scène Claude Goretta -
Yvon Gérault - décors Jacques Bufnoir - costumes
Gabriella Pescucci - chorégraphie Maryse Delente - avec
Colette Alliot-Lugaz (Euridice, Speranza), Consuelo Caroli
(Proserpina), Jean-Loup Charvet, Brigitte Desnoues, Francis
Dudziak (Apollo), Michel Fockenoy, François Le Roux
(Orfeo), René Schirrer (Caronte, Plutone), Nathalie
Stutzmann (Messagiera), Elisabeth Vidal (Musica)
- Dresde - 1987 -
Festival de Dresde
- Londres - Proms
- juillet 1986 - avec Guy de Mey (Orfeo)
- Genève - Grand
Théâtre - 1986 - dir. Michel Corboz - mise
en scène Claude Goretta - décors Jacques Bufnoir -
costumes Gabriella Pescucci - avec Gian Quilico (Orfeo), Audrey
Michael (Euridice, Speranza), Susan Quittmeyer (Messagiera),
Bernarda Fink (Musica, Proserpina), Thomas Hampson (Apollo),
Alfredo Zanazzo (Caronte, Plutone)
- Dallas - Majestic Theatre
- 1986 - dir. Nicola Rescigno - mise en scène
Luciana Novaro - décors Peter J. Hall - avec Patrick
Wroblewski (Orfeo), Katherine Luna (Euridice), Sheila Barnes
(Messagiera), Margaret Jane Wray (Musica, Speranza)
- Londres -
Whitehall - décembre 1985 - version de concert -
dir. John Eliot Gardiner
- Festival d'Aix en Provence
- 15, 18, 20, 24, 27 juillet 1985 - dir. Michel Corboz
- mise en scène Claude Goretta - décors Jacques
Bufnoir - costumes Ph. Hutinet - chorégraphie Maryse
Delente - avec Gian Quilico (Orfeo), Audrey Michael (Euridice,
Speranza), Carolyn Watkinson (Messagiera), Colette Alliot-Lugaz
(Musica), François Le Roux (Apollo), Frangiskos Voutsinos
(Caronte, Plutone), Danièle Borst (Proserpina) - cette
version a été filmée par Gaumont
"Le réalisateur Claude
Goretta a choisi un décor lunaire, quelques dunes qui se
déplacent de temps à autre devant un grand fond de ciel
qui prendra tour à tour des couleurs violentes... Il se
débarrasse des choeurs en les envoyant dans la fosse. Sur la
scène évoluent gracieusement chanteurs et danseurs,
tous jeunes et beaux, drapés à l'antique...On ne
reconnait pas Corboz dans cete direction heurtée par instants,
molle souvent dans l'articulation, avec un Orchestre de
l'Opéra de Lyon emprunté...Gino Quilico a la voix d'un
Orphée, mais pas celui de Monteverdi....Carolyn Watkinson,
dans un mauvais jour, a déçu..." (Opéra
International - septeembre 1985)
- Colmar - 21
mars 1985 - reprise de l'adaptation de Luciano Berio - dir. Dini
Ciacci - mise en scène Angelo Savelli - avec Mario
Bolognesi (Orfeo), Margot Pares-Reyna, Sophie Marin Degor, Marie
Claude Vallin, Armelle de Frondeville, Xavier Tamalet, Salas
"L'intégralité
de l'Orfeo de Monteverdi, mais transcrit pour des orchestres
d'harmonie, un ensemble d'instruments rock, bandes
magnétiques, un ensemble de mandolines et un petit ensemble de
musique ancienne...Puissament sonorisée, la musique de
Monteverdi envahit l'espace, rutilante...la traduction
scénique est plus laborieuse...une distribution excellente
dans l'ensemble." (Opéra International - mai
1985)
- Rome - octobre
1984 - dir. Roger Norrington - avec Guy de Mey (Orfeo)
- Bruges -
juillet 1984 - Festival des Flandres - dir. Andrew Parrott
- Florence - Palazzo
Pitti - Mai Musical - 30 juin 1984 - adaptation de
Luciano Berio - mise en scène Pier Luigi Pizzi - avec Peter
Knapp (Orfeo), Kimball Wheeler (Euridice, Speranza), Adriana
Cicogna (Messagiera), Elena Pierini (Musica), Francesco Ruta
(Caronte), (Plutone), Gloria Banditelli (Proserpina)
"Ce qui nous a le plus
fasciné a été le splendide final totalement
inventé par Berio. Orfeo meurt déchiré par les
Furies, représentées ici par une horde de motocyclistes
poussiéreux, couverts de boue, qui font vrombir leurs motos
sur une musique dans la lignée de John Cage" (Opéra
International - septembre 1984)
- Florence - Palazzo Vecchio
- 18, 20, 22, 23 juin 1984 - Rome - 5 octobre 1984 - Early Opera
Project - dir. Roger Norrington - mise en scène
Lawrence - scénographie Terence Emery - coproduction Early
Opera Project - Accademia Filarmonica Rome
"L'aspect visuel était
fort réussi...Il était tout à fait
évident que l'on assistait à une représentation
d'un mythe archi-connu, destiné à un public
raffiné...la réalisation musicale de Roger Norrington
utilisait des instruments anciens." (Opéra International -
décembre 1984)
- Coliseum de Londres
- 6, 13, 15, 17, 20 octobre 1983 - dir. Peter Robinson
- mise en scène David Freeman - avec Laurence Dale (Orfeo),
Marie Angel (Euridice, Speranza), Rosanne Creffield (Messagiera,
Proserpina), Richard Angas (Caronte, Plutone), Nigel Rogers
(Apollo)
- Théâtre
National de Chaillot - 4 février, 10, 11, 13,
16, 17, 19, 20, 25, 27, 30, 31 mars, 2, 6, 8, 9, 16, 17, 20, 21,
23, 24 avril 1982 - dir. Charles Ravier - mise en scène
Antoine Vitez - décors et costumes Claude Lemaire -
chorégraphie Milko Sparemblek - avec Michel Philippe
(Orfeo), Thérèse Cadelle (Euridice), Magali Damonte
(Messagiera), Hélène Garetti (Musica), Martine
Mahé (Speranza), Fernand Dumont (Caronte), Jean-Philippe
Courtis (Plutone), Jacqueline Mayeur (Proserpina), Malcolm Walker
(Apollo), Ringart, T'Hézan, Walker, Nirouet, Jean, Gautier,
Ottevaere, Fithian, Quillevéré, Gardeil, Scappaciati
- coproduction Teatro alla Scala de Milan - Opéra de Paris
- Théâtre National de Chaillot
"Aucune vie dans cette
salle circulaire"..."tout est morne et glacial"..."le rêve
d'Orphée devient, hélas, le cauchemar du spectateur qui
cherche à fuir...cette musique écorchée vive par
un chef hésitant et des musiciens égarés, et
rendue exsangue par des chanteurs ignorants de la moindre
règle de l'ornementation baroque..." (Opéra
International - avril 1982)
- Coliseum de
Londres - Nottingham - 1981 - dir. John Eliot
Gardiner - mise en scène David Freeman - décors
Griffin - costumes Hartwell - avec Anthony Rolfe-Johnson (Orfeo),
Patricia O'Neill (Euridice), Della Jones (Messagiera), Jennifer
Smith (Musica), John Tomlinson (Caronte), Richard Angas (Plutone),
Diana Montague (Proserpina), Laurence Dale, Christopher Robson,
Penelope McKay, Nigel Robson
- Munich - Nationaltheater
- 1980
- Opéra de Lyon
- 1980 - dir. Claire Gibault - mise en scène
Gaston Benhaim - décors et costumes Christine Marest - avec
Lajos Kozma (Orfeo), Danielle Borst (Euridice), Mararita
Zimmermann (Messagiera), Colette Alliot-Lugaz (Musica), Anne-Marie
Grain (Speranza), Pali Marinov (Caronte), Alvaro Malta (Plutone),
Michèle Lagrange (Proserpina), Léonard Pezzino
(Apollo)
- Wiesbaden - mai
1979 - Zurich - juin 1979 -
mise en scène Jean-Pierre Ponnelle
- New York - Juilliard
School - 1er, 3, 4 février 1979 - dir. Peter
Herman Adler - mise en scène Sandro Sequi
- Opéra de
Zürich - Hambourg - Vienne - Edimbourg - Berlin -
Milan - 1978 - dir. Nikolaus Harnoncourt - mise en
scène et décors Jean-Pierre Ponnelle - costumes P.
Halmen - avec Philippe Huttenlocher (Orfeo), Reingard Didusch
(Euridice), Glenys Linos (Meaasgiera, Proserpina), Trudeliese
Schmidt (Musica, Speranza), Hans Franzen (Caronte), Werner
Gröschel (Plutone), Roland Hermann (Apollo)
- Buenos Aires - Teatro
Colon - 1978 - dir. Bruno D'Astoli - version de concert
- avec Angel Mattiello (Orfeo), Myrtha Gerbarini (Euridice),
Marilu Anselmi (Messagiera), Lucia Boero (Musica, Speranza),
Victor de Narke (Caronte), Mario Salomonoff (Plutone), Maria Rosa
Farré (Proserpina)
- Melbourne - Princess
Theatre - en anglais - dir. Richard Divall - mise en
scène Robin Lovejoy - décors Maree Menzel - avec Ian
Cousins (Orfeo), Halina Nieckarz (Euridice, Musica), Janet Dawson
(Messagiera), Hartley Newnham (Apollo)
- Collegiate Theater - Kent
- 1977 - en anglais - dir. Roger Norrington - mise en
scène Jonathan Miller - décors Bernard Culshaw -
avec Peter Knapp (Orfeo), Jean Temperley (Euridice), Rosalind
Plowright (Messagiera), Rosemary Hardy (Musica), Kenneth Francis
(Caronte), Gloria Jennings (Proserpina)
- Anvers - Opéra des
Flandres - 1977 - dir. José van Immerseel - mise
en scène Jef van Hemmeldonck - avec Marius van Alterna
(Orfeo), Maria Halasz (Euridice), Mireille Capelle (Messagiera),
Liane Jespers (Musica), René Jacobs (Speranza), Francisco
Vergara (Caronte), Matthias Hölle (Plutone), Maria Verhaert
(Proserpina), Franz van Etvelt (Apollo)
- Mazamet - Grand Temple
- 1976 - version Edward H. Tarr - dir. Michel Corboz -
avec Philippe Huttenlocher, U. Speckelsen, H. Schaer, John Elwes,
M. Brodard, L. Pezzino
- Hellbrunn - près
Salzbourg - 1976 - Capella Academica - Les
Ménestrels - dir. Ernst Märzendorfer - mise en
scène O.-F. Schuh - décors M.-L. Walek - avec G.
Hornik, M. Lambriks, N. Ihara, H. Bömches, W. Kraütler,
M. Nessel
- Bath - 1976 -
Festival de Bath - dir. Roger Norrington - mise en scène
Jonathan Miller - avec Peter Knapp, Rosalind Plowright, Jean
Temperley, Brian Burrows, Robert King, Patricia O'Neill, Gloria
Jennings, Wynford Evans, David Clyde, William Mason, Nigel Beavan,
Eric Roberts
- Opéra d'Amsterdam
- 1976 - dir. et adaptation Nikolaus Harnoncourt - mise
en scène Filippo Sanjust - avec Lajos Kosma, C. Harvey, L.
Maxwell, B. Valente, L. Wisser, Philip Langridge, J. Veeninga, P.
Bindels
- Bruxelles - La Monnaie -
Petite Salle - 23, 25, 27, 28, 30 décembre 1975,
16, 18, 21, 22 septembre 1976 - Orchestre symphonique et choeur de
La Monnaie - dir. Ernest Maes - mise en scène Isa Huisman -
décors et costumes Joëlle Roustan et Roger Bernard -
lumières Roger Bernard - avec Guy De Mey (Orfeo), Mariette
Kemmer (Euridice, Eco), Leona Gordon (Musica), Katarina Moesen
(Ninfa, Proserpina), Joep Weijs (Pastore I, Spirito I), Hartmut
Schmiedner (Pastore II, Spirito III), Patrick Meroni (Pastore III,
Plutone), Paul Gérimon (Pastore IV, Caronte), Nuala Willis
(Messagiera, Speranza), Christopher Blades (Spirito II,
Apollo)

- Opéra de
Zürich - 1975 - dir. et adaptation Nikolaus
Harnoncourt - mise en scène Jean-Pierre Ponnelle - avec
Philippe Huttenlocher (Orfeo), Reingard Didusch (Euridice),
Trudeliese Schmidt (Musica, Speranza), Hans Franzen (Caronte),
Werner Gröschel (Plutone), Peter Keller (Apollo), C.
Berthold, M. Cousins, G. Caballero
- Festival de
Vaison-la-Romaine - 1974 - dir. Michel Corboz - version
de concert - avec Philippe Huttenlocher (Orfeo), Danielle Borst
(Euridice), Béatrice Haldas (Messagiera), Wally Staempfli
(Musica), Jennifer Smith (Speranza, Proserpina)
- Lisbonne - Auditorio
- 1973 - version Edward H. Tarr - dir. Michel Corboz -
mise en scène Sandro Sequi - décors Alfredo
Silbermann - avec Lajos Kosma, Danièle Borst, C. Perret, J.
Aguiar, A. Malta, F. Serafim, J. Smith, H. Schaer
- Opéra de Lyon
- 1973 - version August Wenzinger - dir. Teodor
Guschbauer / Claire Gibault - mise en scène Gaston Benhaim
- décors et costumes Christine Marest - chorégraphie
Roberet Thomas - avec Eric Tappy (Orfeo), Colette Alliot-Lugaz
(Euridice), Emmy Greger (Messagiera), Evelyne Brunner (Musica,
Proserpina), Clara Wirz (Speranza), Gerg Pappas (Caronte),
François Loup (Plutone), Schuyler Hamilton (Apollo)
- Mantoue - Teatro
Accademica - 1972 - mise en scène F. Crivelli -
avec Claudio Desderi (Orfeo), Maria Minetto, C. Vilalta, Carlo
Gaifa, G. Sarti, James Loomis, E. Fissore, C. Cadelo
- Nantes - Maison de la
Culture - 1971 - dir. Lajos Solesz - mise en
scène Jean Zierrat - décors et costumes Joël
Dabin - avec Jacques Herbillon (Orfeo), Simone Coudinas
(Messagiera, Musica, Speranza, Proserpina), Pierre Thau (Caronte,
Plutone)
- Tokyo - 1971 -
en japonais
- Festival de Salzbourg -
Manège des Rochers - 1971 - version Eric Kraack
- dir. Bernhard Conz - mise en scène et chorégraphie
Heinrich Wendel - décors et costumes Jan Skalicky - avec
Giorgio Zancanaro (Orfeo), Maria Maddalena (Euridice), Carol Smith
(Messagiera, Proserpina), Gabriella Carturan (Musica), Anton
Diakov (Caronte, Plutone), Paul Esswood (Apollo)
- Bruxelles - La Monnaie -
Petite Salle - 12, 16, 19, 23, 26 juin 1970 - version
Bruno Maderna - Orchestre symphonique et choeur de La Monnaie -
dir. Georg Reinwald - mise en scène Lode Verstraete -
décors et costumes Joëlle Roustan et Roger Bernard -
lumières Roger Bernard - chorégraphie Christian
Uboldi - avec Ghislaine Morèze (La Musica, Ninfa I, Spirito
I ), Dolores Crivellari (Euridice, La Speranza, Eco), Christiane
Lemaître (Ninfa II), Jeanne Chanoine (La Messaggiera,
Proserpina), Jacques Urbain (Pastore I, Apollo, Spirito II),
Peter-Christoph Runge, baryton (Orfeo), Claude Mansy (Pastore II,
Plutone), Jules Bastin (Pastore III, Caronte, Spirito III)
- Palermo - Teatro Massimo
- 1969 - dir. David Machado - avec Aleardo Corbetta
(Orfeo), Elisabetta Jaroszwiecz (Euridice), Elisabetta Schubert
(Messagiera),
- Bruxelles - La Monnaie -
Petite Salle - 25, 26, 27, 28, 30 septembre,
1er, 2 octobre 1969 - version Bruno Maderna - dir.
Bruno Maderna - mise en scène Lode Verstraete -
décors et costumes Joëlle Roustan et Roger Bernard -
lumières Roger Bernard - chorégraphie Christian
Uboldi - avec Claudine Arnaud (La Musica, Ninfa I, Spirito I ),
Dolores Crivellari (Euridice, La Speranza, Eco), Christiane
Lemaître (Ninfa II), Jocelyne Taillon (La Messaggiera,
Proserpina), Jacques Urbain (Pastore I, Apollo, Spirito II),
Peter-Christoph Runge, baryton (Orfeo), Nicolas Christou (Pastore
II, Plutone), Jules Bastin (Pastore III, Caronte, Spirito III)
- London Coliseum
- mars 1969 - dir. Raymond Leppard - mise en
scène Patrick Libby - avec John Wakefield, Margaret
Neville, Patricia Kern, Harold Blackburn, Anne Evans, Emile
Belcourt, Gillian Knight, Francis Egerton, Stafford Dean
- Munich - Cuvilliès
Theater - 1968 - version August Wenzinger - dir.
Matthias Kuntzsch - mise en scène Rudolf Hartmann -
décors et costumes Thierry Bosquet - avec Adolf Dallapozza
(Orfeo), Antonie Fehberg (Euridice), Gudrun Wewezow (Speranza),
Hans N. Nissen (Caronte), Max Proebstl (Plutone), Hanny Steffek
(Proserpina), Horst Hoffmann (Apollo)

- Londres - Sadler's Wells
- 1968 - adaptation et dir. Raymond Leppard - mise en
scène Frank Hauser - décors et costumes Yolanda
Sonnabend - avec John Wakefield (Orfeo), Margaret Neville
(Euridice), Patricia Kern (Messagiera), Anne Evans (Musica),
Noël Mangin (Caronte), Stafford dean (Plutone), Ann Howard
(Proserpina), Francis Egerton (Apollo)
- Venise - Palazzo
Ducale - 1968 - version Bruno Maderna - dir. Eugenio
Bagnoli - avec Claudio Strudthoff, L. Marimpieri, Oralia
Dominguez, R. Raimondi, M. Mazzieri, G.-L. Colmagre, F.
Mattiucci
- Duisbourg -
1967 - dir. T. Fuchs - mise en scène P. Halmen - avec P.-C.
Runge, Rachel Yakar, L. Brockhaus, F. Voutsinos, R. Emili
- Zürich - Tonhalle
- 29 octobre 1967 - dir. Jakob Kobelt
- Oxford - 1967 -
version de concert - dir. et adaptation Herbert Handt
- Victoria - Australie
- 2 octobre 1967 - version de concert - Conservatoire
de Victoria - dir. et adaptation Harold Badger
- Milan - RAI -
1967 - version Valentino Bucchi - dir. Nino Sanzogno - version de
concert - avec Lajos Kozma (Orfeo), Valeria Mariconda (Euridice),
Franca Mattiucci (Messagiera), Nicoletta Panni (Musica), Adriana
Lazzarini (Speranza), Nicola Zaccaria (Caronte), Carlo Cava
(Plutone), Gloria Lane (Proserpina), Ennio Buoso (Apollo)
- Amsterdam - T.
Carré - Festival de Hollande - 17 juin 1967 -
adaptation et dir. Bruno Maderna - mise en scène Raymond
Rouleau - décors J.-M. Simon - costumes R. Dobujinsky -
avec B. McDonald/M. Bakker (Orfeo), Halina Lukomska (Euridice),
Oralia Dominguez (Messagiera), Pieter van der Burg (Caronte),
Aronne Ceroni (Appllo), S. van Sante
- Lisbonne - Teatro San
Carlos - 14 mai 1967 - version Denis Stevens - dir.
Gianfranco Rivoli - mise en scène Sandro Sequi -
décors Alfredo Silbermann - costumes A. Anni - avec Claudio
Strudthoff, baryton (Orfeo), Maria Thérèse Boiton
(Euridice), Rena Garaziotti, R. Righetti, G. Tadeo, Michel Lecocq,
Gabriela Carturan, Z. Saque
- Venise - Palazzo Ducale
- 3 mai 1967
- Hanovre - 1966
- version August Wenzinger
- Londres - Sadler's Wells
- octobre/novembre 1965 - dir. Raymond Leppard - mise
en scène Frank Hauser - décors et costumes Yolanda
Sonnabend - avec John Wakenfield (Orfeo), Mary Gilmore (Euridice),
Patricia Kern (Messagiera), Noel Mangin (Caronte), Stafford Dean
(Plutone, Apollo), Ann Howard (Proserpina)
- Mexico - Madrid - Teatro de la Zarzuela - 1965
- dir. Gianfranco Rivoli - mise en scène Sandro Sequi
- Festival d'Aix en Provence
- 1965 - version Denis Stevens - dir. Gianfranco Rivoli
- mise en scène Sandro Sequi - décors Alfredo
Silbermann - costumes A. Anni - avec Robert Kerns (Orfeo),
Christiane Eda-Pierre (Euridice), Jane Berbié (Messagiera),
Claude Vierne (Musica), Roger Soyer (Caronte, Plutone), Sonja
Draksler (Proserpina), Michel Lecocq (Apollo)

- Osaka - Festival Hall
- 1965 - mise en scène Sandro Sequyi - avec
Renato Capecchi (Apollo)
- Naples - Teatro San
Carlo - 1964 - dir. Peter Maag - mise en scène
Margherita Wallmann
- Salzbourg -
Landestheater - 1964 - mise en scène Manfred
Taubert
- Versailles -
Théâtre Montansier - 1964 - Aix en Provence (?) - 1965 -
adaptation de Giulio Cesare Brero - Opera da Camera de Milan
- Wuppertal -
version Eric Kraack - février 1961 - dir. Hans-Georg
Ratjen
- New York City Center
- 1960 - d'après la version August Wenzinger -
dir. Leopold Stokowski - mise en scène Christopher West -
décors et costumes Donald Oenslager - avec Gérard
Souzay (Orfeo), Judith Raskin (Euridice), Regina Sarfaty
(Messagiera), Doris Yarick (Musica), Joshua Hecht (Plutone),
Evelyne Sachs (Proserpina), Frank Porretta (Apollo)
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 1960 (1961 ?) - en
français - dir. Edgar Doneux - mise en scène
Jean-Marc Landier - décors J. van Nérom - costumes
T. Bosquet - avec Louis Devos (Orfeo), Claudine Arnaud (Euridice),
Jeanne Deroubaix (Messagiera), Françoise Ogéas
(Musica), Diane Lange (Speranza), Jules Bastin (Caronte), Maurice
de Groote (Plutone), Jacqueline Tolmer (Proserpina), Armand
Battelle (Apollo)
- Rome - Teatro La Cometa
- 1960 - dir. Nicola Rescigno - mise en scène et
décors Franco Zeffirelli - costumes Marcel Escoffier
- Munich - Schloß
Nymphenburg - 1960 - Münchener Festspiele
- Drottningholm -
mai 1959 - dir. Albert Wolff - mise en scène Lars
Runsten
- Washington - Lisner
Auditorium - février 1959 - Annapolis - Julliard School - 1959
- dir. Paul Callaway - mise en scène Frederik Cohen -
avec Charles Bressler (Orfeo), Hugues Cuénod (Apollo)
- Maggio Musicale de
Florence - Giardini di Boboli - 1957 - dir. Emidio
Tieri - mis en scène et chorégraphie Aurelio M.
Miloss - décors et costumes Attilio Colonnello - avec
Giuseppe Valdengo (Orfeo), Iolanda Meneguzzer (Euridice), Irene
Companeez (Messagiera, Speranza), Lucille Udovik (Musica,
Proserpina), Jerzy Podsiadly (Caraonte), Paolo Washington
(Plutone), Lorenzo Testi (Apollo)
- Milan - Piccola Scala
- 1er avril 1957 - version Alceo Toni - dir. Antonino
Votto - mise en scène Riccardo Bacchelli - décors
Luciano Damiani - costumes Ezio Frigerio - avec Dino Dondi
(Orfeo), Gabriella Carturan (Euridice), Nicola Zaccaria (Caronte),
Giuseppe Zampieri (Apollo)
- Mannheim - Nationaltheater
- - 2 juin 1956 et sq. (14 représentations) -
version Carl Orff - dir. Herbert Albert
- Aix-les-Bains -
août 1955 - Festival d'Aix-les-Bains - décors et
costumes de Gustave Singier - avec Giuseppe Valdengo (Orfeo)
- Wuppertal -
Munich - 1955 - version Eric Kraack
- Hitzacker - Basse Saxe
- 1955 - Sommerliche Musiktage - version August
Wenzinger - dir. August Wenzinger - avec Helmut Krebs (Orfeo),
Fritz Wunderlich (Apollo/Pastore II/Spirito I), Elisabeth Schmidt
(Euridice), Margot Guilleaume
- Festival de
Tanglewood - 1954
- Milan - RAI -
1954 - dir. Nino Sanzogno - version de concert - avec Renato
Gavarini (Orfeo), Nicoletta Panni (Euridice), Oralia Dominguez
(Messagiera, Proserpina), Jolanda Gardino (Musica), Vittoria
Palombini (Speranza), Marco Stefanoni (Caronte), Jorge Algorta
(Plutone)
- Vienne -
Konzerthaus - 1954 - Festival de Musique de Vienne -
Choeur de Singakademie de Vienne (dir. Gillesberger) - adaptation
et dir. Paul Hindemith - avec instruments anciens - mise en
scène Leopold Lindtberg - avec Gino Sinimberghi (Orfeo),
Uta Graf (Euridice), Norman Foster (Caronte), Fred Guthrie
(Plutone), Kmentt (Apollo), Hermann (Pastore I)
- Londres - BBC -
juin 1952 - dir. Walter Goehr - avec Pierre Bernac (Orfeo), Irma
Kolassi (Messagiera), Alfred Deller (Musica)
- Milan - RAI -
1951 - dir. Vittorio Gui - version de concert - avec Ebe Stignani
(Orfeo), Renata Brolilo (Euridice), Miti Truccato-Pace
(Messagiera, Musica), Speranza), Silvio Maionica (Caronte),
Cristiano Dalamangas (Plutone), Marta Solaro (Proserpina), Elda
Ribetti (Apollo)
- Aix en Provence -
Archevêché - 1950 - dir. Hans Rosbaud -
version de concert - avec Renato Capecchi (Orfeo), Suzanne Danco
(Euridice, Musica), Elda Ribacchi (Messagiera, Speranza,
Proserpina), Raffaele Arié (Caronte, Plutone), Marcello
Cortis (Apollo)
- Cambridge - Jardins du
Girton College - 8 juin 1950 - version Thurston
Dart
- Berlin - 1949 -
dir. Hans Striehl
- Maggio Musicale de
Florence - Vicenze - Teatro
Olimpico - 1949 - adaptation de Vito Frazzi - dir.
Antonio Guarnieri - mise en scène Guido Salavini -
scénographie Giorgio De Chirico - avec Fedora Barbieri
(Orfeo)
- Florence - 1949
- adaptation Valentino Bucchi
- Opéra de
Hambourg - 1942 - version Carl Orff - dir. Hans
Schmidt-Isserstedt - mise en scène A. Noller -
scénographie C. Neher - avec G. Mund, Lisa Jungkind, Maria
von Ilosvay, F. Frantz, H.A. Schewe
- Dresde - Staatsoper
- 4 octobre 1940 - dir. Karl Böhm -
troisième version de Carl Orff, sur un texte de Dorothee
Günther
- Milan - Teatro alla Scala
- décembre 1939 - version Giacomo Benvenuti -
Choeur et Orchestre de la Scala - dir. Ferrucio Calusio - avec
Enrico De Franceschi (Orfeo), Genevra Vivante (Musica, Euridice),
Vittoria Palombini (Speranza, Prosermina), Albino Marone (Plutone,
Caronte), Giuseppe Manacchini (Apollo, Pastore II), Elena Nicolai
(Messagiera), Enrico Lombardi (Pastore I) - version Malipiero
(1923) - adaptation Giovanni Benvenuti
- Buenos Aires - Teatro
Colon - 1937 - version Giacomo Benvenuti - dir. Tullio
Serafin - mise en scène Carlo Piccinato - décors et
costumes Hector Basaldua - avec Carlo Galeffi (Orfeo), Amelita
Conte (Euridice), Hina Spani (Musica), Conchita Velasquez
(Speranza), Gregorio Melnick (Caronte), Felipe Romito (Plutone),
Sara Cesar (Proserpina), Alberto Lopez (Apollo)
- Orange -
Théâtre antique - 1937 - en
français - dir. et adaptation Ruggiero Guerlin
- Budapest - 1936
- version d'Ottorino Respighi
- Zürich -
10 février 1936 - version Hans R. Redlich - version de
concert
- Modène
- mai 1935 - version Ottorino Respighi
- Scala de Milan
- 16 mars 1935 - adaptation d'Ottorino Respighi, sur un
livret adapté en trois actes par Claudio Guastalla - dir.
Gino Marinuzzi - mise en scène Lothar Wallerstein -
décors et costumes Oppo - avec Carlo Galeffi (Orfeo), C.
Segrera (Euridice), Ebe Stignani (Messagiera, Musica), F.
Zaccarini (Caronte), Baronti (Plutone), Jacchia (Proserpina), N.
Ederle (Apollo), V. Palombini (Speranza), M. Merlo (Ninfa), G. Del
Signore (Primo Pastore)
- Opéra de Rome
- Teatro Reale - 26 décembre 1934 - adaptation
de Giacomo Benvenuti - dir. Tullio Serafin - mise en scène
E. Polidori - scénographie Felice Casorati - avec B.
Franci, G. Gatti, Giuseppina Cobelli, S. Ungaro, R. de Falchi,
Bruno Sbalchiero, E. Dominici
- Pérouse - Teatro
Morlacchi - 19 septembre 1934 - version Gaetano Orefice
- première représentation scénique en Italien
- avec les décors et costumes de la représentation
du Caire en 1928
- Mantoue - Palazzo Ducale -
Sala Manto - 30 avril 1933 - version Gaetano Orefice -
version de concert - dir. Amilcare Zanella
- Lisbonne -
printemps 1932 - dir. Ivo Cruz - version de Vincent d'Indy, en
portugais
- Vienne - 14
janvier 1931 - version de concert - version Carl Orff
- Buenos Aires - Teatro
Odeon - 1930 - dir. et piano Raul Spivak - avec Maria
Ranzow (Orfeo), Lisa G. de Hirsch (Euridice), Antonieta Silveyra
(Messagiera), Magdalena Bengolea (Musica), Adolfo Sauze
(Caronte)
- Munich - Residenztheater
- 10 décembre 1929 - dir. Franz Hallasch
- Munich - Residenztheater
- 13 octobre 1929 - seconde version Carl Orff
- Northampton -
Massachussets - Smith College - 11 mai 1929 -
première représentation scénique aux Etats
Unis, dans la version de Gian Francesco Malipiero, sans les
premier et dernier actes - Music Department du Smith College -
dir. Werner Josten - avec Charles Kullman (Orfeo)
- Londres - 1929
- version de Jack Allan
Westrup et William H. Harris, en anglais
- Leningrad - 5
décembre 1928 - première exécution de la
version de Gian Francesco Malipiero, dans une version
"chambriste"
- Paris -
Société des Concerts du Conservatoire - 4
novembre 1928 - deux airs - dir. Philippe Gaubert - avec Lina
Falk, Professeur Supérieur au Conservatoire Royal de
Bruxelles
- Cologne -
été 1928 - version Vincent d'Indy - en allemand
- Bologne - Teatro
Communale - 1928 - dir. Marino Cremesini - avece T.
Costa, Emilia Bonini, Matilde Marzocchi-Tavernari (soprano),
Armilda Baldi-Rossi (mezzo-soprano), E. Piata
- Le Caire - 1928
- version Gaetano Orefice - version scénique - mise en
scène Vincenzzo Sorelli - décors et costumes
Emanuele et Cito Filomarino - avec Spartaco Marchi, Isora Rinolfi,
Matelda Ceccherini, Sergio Cocciubei
- Londres - 1926
- version de Jack Allan
Westrup et William Henry Harris, en anglais
- Oxford - 7 et 9
décembre 1925 - Oxford University Opera Club -
première version scénique en Angleterre - adaptation
de Jack Allan Westrup, en anglais - dir. et continuo William H.
Harris - mise en scène Walter Nugent Monck - avec Sumner
Austin (Orfeo)
- Mannheim - National
Theater - 17 avril 1925 - pemière adaptation de
Carl Orff, en allemand, pour instruments anciens - « Orpheus
» - texte et mise en scène de Dorothee Günther -
dir. Werner von Bülow
- Londres - Institut
français - 8 mars 1924 - version de concert avec
piano - en français - adaptation de Vincent d'Indy - dir.
Louis Bourgeois
- 1923 - révision par Gian Francesco
Malipiero
- Buenos Aires - Salon
Teatro - 10 mai 1920 - version Gaetano Orefice - dir.
Ferruccio Cattelani - avec Pietro Galletto (Orfeo), Anita Marzoni
(Euridice, Proserpina), Blanca Maren (Messagiera), Natalia Bavio
Milanesi (Musica), Umberto Lambertucci (Caronte, Plutone)
- Paris - Salle
Gaveau - 24 avril 1914 - version Vincent d'Indy -
Schola Cantorum - avec Marie Pironnay (la Musique), Marthe Philipp
(la Messagère), Emmy Ginnel (Eurydice), M. Trembaly
(Orphée), Albert Gebelin (Caron)
- Breslau (Wroclaw) -
Stadttheater - 8 juin 1913 - en allemand - version Hans
Erdmann-Guckel - Solistes de l'Opéra de Breslau - choeur
d'amateurs (dir. Theodor Paul) - dir. Hans Erdmann-Guckel - avec
le baryton Hecker (Orfeo), Mlle Zuska (Messagiera)
- Paris -
Théâtre Réjane - 11 avril 1913 -
version de Vincent d'Indy - reprise de la représentation de
1911 - dir. Marcel Labey - avec Claire Croiza (la
Messagère), Mlle Mellot-Joubert (la Musique),
Mme B. Mendès, de l'Opéra (une
Bergère), Suzanne Thévent ou Mme Duvernax, de
l'Opéra-Comique (un Berger), Robert Le Lubez
(Orphée), Tarquini d'Or, du Trianon lyrique (Caron).
- Chicago - 5
janvier 1913 - en anglais - Solistes, choeur et orchestre de
l'Opéra de Chicago - dir. Cleofonte Campanini
- New York - Metropolitan
Opera - 14 avril 1912 - première
exécution en version de concert aux Etats Unis - en anglais
- adaptation de Giacomo Orefice - dir. Josef Pasternack - avec
Hermann Weill (Orfeo), Rita Fornia (Euridice), Maria
Duchène (Messagiera, Speranza, Proserpina), B.
Ruysdaël (Caronte), Herbert Whiterspoon (Plutone), A. Case,
H. Wakefield
- Paris -
Théâtre Réjane - 2 mai 1911 -
première représentation scénique - version de
Vincent d'Indy - dir. Marcel Labey - avec Claire Croiza (la
Messagère), Mlle Mellot-Joubert (la Musique),
Mme B. Mendès, de l'Opéra (une
Bergère), Suzanne Thévent ou Mme Duvernax, de
l'Opéra-Comique (un Berger), Robert Le Lubez
(Orphée), Tarquini d'Or, du Trianon lyrique (Caron).
- Mantoue - Teatro Sociale
- 5 avril 1910 - Venise - La
Fenice - 6 avril 1910 - Bologne - Teatro Communale - 10 avril
1910 - version de concert - adaptation de Giacomo Orefice - dir.
Guido Carlo Visconti di Modrone - avec Giuseppe Kaschmann (Orfeo),
Chiarina Fino-Savio (Euridice, Messagiera), Maria Pozzi (Musica,
Proserpina), Silvio Queirolo (Caronte, Plutone) - aussi à
Monte Carlo - Casino Municipal
- 16 avril 1910 - Venise,
Florence, Turin
- Bruxelles - 23
janvier 1910 - version de concert - dir. Sylvain Dupuis
- Milan - Conservatorio Musicale Giuseppe Verdi
- 30 novembre 1909 - version de concert - adaptation Giacomo
Orefice (1865 - 1922 - compositeur, pédagogue et critique
musical ) - à l'initiative de la Associazione Italiana di
Amici della Musica - dir. Amilcare Zanella
- Paris - Schola
Cantorum - 25 février et 2 mars 1904 - version
de concert, en français, avec d'importantes coupures
(suppression totale des actes I et V) - adaptation de Vincent
d'Indy - avec Marie Pironnet (la Musique), Marthe Legrand (la
Messagère), Laure Flé (Eurydice), L. Bourgeois
(Orphée), Jean David (Premier Berger), Tremblay (Second
Berger, un Esprit), Claire Hugon (Troisième Berger),
Tarquini d'Or (Caron, un Esprit), Alexandre Guilmant à
l'orgue, Marcel Labey au clavecin, Mlle
Ziélinska à la harpe, Mlle Lénars
au luth, choeurs et orchestre de la Schola Cantorum. Lionel de la
Laurencie avait établi une "claire et substantielle
analyse" de l'ouvrage. La partition fut publiée en 1905,
ainsi qu'une réduction pour chant et piano en 1916. Les
deux dates de concert furent calquées sur les
représentations de l'Orfeo en 1607 à Mantoue.
"Le résultat fut
merveilleux. Le public parisien de 1904 vibra comme un seul homme,
transporté au point d'interrompre l'exécution par des
applaudissements, après le récit de de la
messagère...Mlle Legrand sut chanter en tragédienne au
lieu de se croire en concert." (Jean Marnold - avril 1904 - dans
« Musique d'autrefois et d'aujourd'hui »)
- Allemagne -
1881 - version Robert Eitner, musicologue allemand (1832 - 1905) -
première recréation
"Eitner, dans son
édition, d'ailleurs incomplète, déploya une
gaucherie remarquable et une circonspection harmonique idoine
à réjouir plutôt un pion de conservatoire que les
mânes de l'audacieux Monteverdi." (Jean Marnold - avril 1904 -
dans « Musique d'autrefois et d'aujourd'hui
»)
- Conservatoire de Paris
- 14 avril 1832 - larges extraits en concert - à
l'initiative de François-Joseph Fétis - Membres du
Conservatoire (violes, basses de viole, guitares, harpes, orgue,
clavecin) dirigés par François Habeneck - avec le
ténor Giovanni Battista Rubini
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