Madrigal in forma rappresentativa en un tableau,
représenté à Venise, chez le patricien Girolamo
Mocenigo, protecteur de Monteverdi, pendant le carnaval de 1624 (ou
1626) (*).
Texte d'après le chant XII (vers 51 à 67)
de la "La Jérusalem délivrée" du
Tasse.
Monteverdi l'adjoignit au Huitième Livre des
madrigaux, guerrieres et amoureux, édité au dernier
trimestre de 1638.
(*) La préface du Huitième Livre
indique 1624 pour le Combattimento, alors que la
préface indique 1626. Monteverdi dit l'avoir composé
pour servir de passe-temps à la veillée durant le
Carnaval, et qu'il fut joué dans la maison de
l'illustre et très excellent Mozzenigo, chevalier princier et
haut dignitaire de la Sérénissime République,
mon patron particulier et mon protecteur. La musique fut très
applaudie et très admirée.
Le Combattimento est écrit pour trois
voix, instruments à cordes et basse continue.
Clorinde est la fille secrète du roi
chrétien d'Ethiopie. Née blanche, elle a
été confiée par la reine à Ismen, esclave
noir, et élevée, contrairement à la
volonté de sa mère, dans la foi païenne.
Tancrède, chevalier chrétien, l'a rencontrée par
hasard, et est tombé amoureux d'elle, sans n'avoir pu voir
plus que son front (chant I ). Il la reconnaît et l'affronte
alors que Clorinde, en compagnie d'Argant, est sortie de
Jérusalem dont les croisés sont commencé le
siège (chant III).
Dans le chant XII, Clorinde est sortie de
Jérusalem avec Argant, et a réussi à incendier
la tour de bois dont les croisés voulaient se servir pour
attaquer la ville. Mais, les portes ayant été
refermées, elle ne peut rentrer dans la ville. Alors qu'elle
cherche à s'échapper, Tancrède la pourchasse et,
la prenant pour un homme à cause de son armure, la provoque en
duel. Tancrède finit par avoir le dessus et blesse
mortellement son adversaire. Mourante, Clorinde demande à
être baptisée. Tancrède ne la reconnaît que
lorsqu'il lui rapporte de l'eau et lui enlève son casque.
Monteverdi décrivait Il Combattimento
comme une oeuvre théâtrale et lyrique d'un nouveau genre
qui a ému les auditeurs jusqu'aux larmes, rien de semblable
n'ayant été ni vu ni entendu jusqu'alors. Pour exprimer
les passions extrêmes, Monteverdi concentre ses efforts sur les
pouvoirs des motifs rythmiques, incroyablement expressifs et
évocateurs : la colère (ira) s’oppose dans ce combat
à la tempérance (temperanza) et
l’humilité (umiltà). Le texte est
essentiellement chanté par un narrateur (Testo), et
l'accompagnement instrumental composé de quatre violes, une
contrebasse, un clavecin.
"Le Narrateur (Testo), qui ne participe pas à
l'action mais la commente, annonce d'abord le thème de
l'histoire. Immédiatement ensuite vient, dans une mesure
à 6/8, la représentation d'une poursuite à
cheval. Clorinde et Tancrède se défient, et
Tancrède met pied à terre pour combattre. Le Narrateur
décrit les phases du combat. Avant la sinfonia qui introduit
l'Invocation de la Nuit, nous entendons pour la première fois
le tremolo de cordes, ou stile concitato, qui sera souvent
employé par la suite. L'ode à la Nuit est d'une
très belle inspiration ; elle permet un compte rendu graphique
de la bataille, dont les phrases musicales changent aussi souvent que
les étapes du duel. Non seulement Monteverdi use du moyen qui
consiste à faire jouer par l'orchestre des notes rapidement
répétées, mais il le fait imiter par le
Narrateur, qui doit dire certains vers à une vitesse
vertigineuse. Lorsque les combattants se reposent, au milieu du duel,
leur épuisement est fidèlement reproduit par la
musique. Tancrède dit qu'il aimerait connaître le nom de
son adversaire, quelle que soit l'issue du combat ; mais Clorinde
rétorque fièrement que le guerrier qu'il combat est
l'un de ceux qui ont brûlé la forteresse
chrétienne. Ils reprennent le combat avec une ardeur
renouvelée. Bientôt Clorinde est battue et,
transpercée par l'épée de son adversaire, tombe
mourante à ses pieds. Elle lui pardonne, et le prie de lui
accorder son pardon en la baptisant. Il va chercher de l'eau à
la source toute proche, soulève son heaume, et réalise
avec horreur qu'il vient de blesser la jeune fille qu'il aimait.
Tandis qu'il la baptise, elle chante une dernière phrase,
"S'apre il ciel; io vado in pace", qui s'élève comme
son âme vers le ciel prêt à l'accueillir. "(Tout l'opéra - Robert Laffont)
Passages - Philippe Beaussant - chapitres
« Le Tasse » et « Monteverdi II »
Diapason -
décembre 2011 - dossier
Représentations
:
Théâtre
d'Aix-la-Chapelle - 6, 12, 20, 26 novembre, 16
décembre 2011, 5, 18, 29 janvier 2012 - dir. Péter
Halász - mise en scène Alexander Von Pfeil - avec
Katrin Stösel (Clorinda), Georgios Iatrou (Tancredi),
Patricio Arroyo (Testo)
Macerata - Teatro Lauro
Rossi - 3 août 2011 - Festa Monteverdiana - mise
en scène Pier Luigi Pizzi - avec Anna Caterina
Antonacci
Melbourne - Victorian
Opera - 28, 30 juillet, 1er, 2, 4, 5 août 2011-
dir. Paul Dyer - mise en scène Roger Hodgman -
décors Richard Roberts - costumes Esther Marie Hayes -
lumières Matt Scott - avec Simon Meadows (Tancredi),
Jacqueline Porter (Clorinda), Angus Wood (Testo)
Ludwigsburger
Schlossfestspiele - 7, 8, 9 juillet 2011 - L'Arpeggiata - dir.
Christina Pluhar - mise en scène - Compagnia Figli
d’arte Cuticchio Mimmo Cuticchio -
avec Raquel Andueza (Clorinda), Cyril Auvity (Tancredi),
Fulvio Bettini (Testo)
Bad Lauchstädt,
Goethe-Theater - Festival de Halle - 5 juin 2010 - dir.
Christina Pluhar - avec Raquel Andueza, Luciana Mancini, Cyril
Auvity, Fulvio Bettini
Opéra
Comique - 25 février 2010 - Le Poème
Harmonique - dir. Vincent Dumestre - avec Claire Lefilliâtre
(soprano), Isabelle Druet (mezzo-soprano), Jean-François
Lombard (alto), Serge Goubioud (ténor), Jan van Elsacker
(ténor ), Hugues Primard (ténor), Benoît
Arnould (basse )
Carnets sur
sol
"Le Combattimento di Tancredi
e Clorinda laissait des sentiments plus mitigés. Quelques
décalages (étonnants de la part d'ensembles
spécialistes qui opèrent des tournées de six
mois), et surtout un flottement persistant pendant toute la
première moitié de la pièce, une sorte de
fébrilité prudente qui se ressentait un peu. Rien de
honteux cependant.
La couleur choisie
était la plus funèbre possible (avec même un beau
postlude instrumental en guise de Requiem pour Clorinde, au passage
totalement hors de l'esprit de ce qui se faisait alors - fins
brèves et abruptes), avec beaucoup d'effets : grosses ruptures
entre parties, au contraire fondu très poussé entre
d'autres, accélérations nombreuses. Pas
forcément ostentatoire comme l'Orfeo gravé
récemment par Rinaldo Alessandrini, mais la justification de
tout cela, la cohérence d'ensemble, à part de faire
personnel, n'était pas toujours évidente, pour moi du
moins. Et ici, évidemment, la lourdeur du continuo de sept
instrumentistes amollisait un peu l'ensemble, le rendait moins
urgent.
La Clorinde d'Isabelle Druet
était une très belle découverte, pour ainsi dire
une référence. Son succès habituel me laisse
très perplexe (on a parfois l'impression qu'on ne peut plus
entendre un concert baroque sans elle) : la voix est dure (ancienne
comédienne qui a gravi tous les échelons depuis le
Conservatoire jusqu'à la célébrité en peu
d'années, elle garde ses appuis parlés dans son chant),
le timbre assez moche (dur, un peu mégère, avec
quelques furtives nasalités acides qui permettent à la
voix de mieux passer), et l'expression pas toujours si
extraordinaire. Néanmoins, sa Clorinde réussit, en peu
de mot, à donner une épaisseur tout à la fois
farouche et extatique à son personnage, d'une façon
assez impressionnante à vrai dire.Son Tancrède
(à identifier...) était tout à fait
réussi.
Le Testo était
interprété par Marc Mauillon. La voix est toujours
aussi étrange. Pour reprendre un sujet de conversation
d'après-spectacle, on peut distinguer, dans le chant lyrique,
trois façons de se faire entendre : La puissance est le volume
sonore de la voix, mesurable en décibels, on parle aussi de
largeur. Elle est liée à la nature de la voix et
à la technique adoptée. La projection est la
concentration du faisceau sonore, qui permet à de petites voix
de se faire très bien entendre. Les harmoniques enfin
permettent, soit parce qu'elles sont aiguës (cas des sopranos
légers), soit parce qu'elles sont denses et concentrées
dans une zone de fréquences que reçoit très bien
l'oreille humaine (le fameux formant du chanteur) de passer un
orchestre et de se faire entendre sans peine et sans forcer. La
plupart des chanteurs utilisent plusieurs de ces ressorts, mais Marc
Mauillon semble n'utiliser que le dernier, ce qui donne cette voix
étrange, râpeuse, métallique, peu sonore... mais
pas du tout désagréable et toujours audible
!
Une vraie bizarrerie, mais par
ailleurs l'italien est bon : une petite erreur dans les ellisions
poétiques, mais l'accentuation est bonne, le texte très
audible aussi. Sa technique d'émission, assez en
arrière, lui cause un petit moment de solitude dans le grand
sillabando central, où il ne peut, physiquement, atteindre le
tempo, mais l'ensemble est très habité, et très
rapidement, la musicalité de ce texte suscite de grandes
émotions. Je ne parle que du texte, parce qu'il s'agit quand
même du premier intérêt du Combattimento, dont la
musique fade n'a d'intérêt que parce qu'elle l'exalte ;
et ce n'est en rien une hétérodoxie que de le
prétendre, puisque c'est l'exact projet de la seconde Camerata
d'où est né le genre opéra...
Moment enthousiasmant, donc,
malgré tous les désaccords et toutes les
réserves qu'on pourrait présenter."
Opéra de Rouen
- 9 octobre 2009, 31 mars 2010 - Théâtre Musical de
Besançon - 19 octobre 2009 -Le Poème Harmonique - dir.
Vincent Dumestre - avec Claire Lefilliâtre (soprano),
Isabelle Druet (mezzo-soprano), Jean-François Lombard
(alto), Serge Goubioud (ténor), Jan van Elsacker
(ténor ), Hugues Primard (ténor), Benoît
Arnould (basse )
Den Norske Opera
& Ballett - Oslo - 5, 6, 7, 8 septembre 2009 - dir.
Massimiliano Toni - mise en scène Andreas Heise - avec
Espen Langvik (Il Testo), Huw Reynolds (Tancredi), Sabine Gross
(Clorinda)
Opéra de Vilnius
- 25, 26 juin 2009
Seattle - 2009
- Seattle Chamber Players - dir. Stephen Stubbs -
chorégraphie Anna Mansbridge
Dijon - Chapelle du
lycée Carnot - 12 mai 2009 - Ensemble 415 -
Ensemble Gilles Binchois - avec Anne-Marie Lablaude, soprano, Gerd
Türk et Dominique Vellard, ténors, Renaud Delaigue,
basse
Palazzo Mocenigo - San
Stae - Venise - 22, 23, 24 février 2009 - dir.
Jonathan Pradella - mise en scène Marco Bellussi- avec Marco Mustaro (Testo), Alberto
Allegrezza (Tancredi), Sara Bino (Clorinda)
Opéra de
Vilnius - 29, 30 septembre, 1er, 2, 7 octobre 2008 -
dir. Darius Stabinskas - mise en scène Gintaras Varnas -
décors Julija Skuratova - avec Edita Bagdonaite, soprano
(Clorinda), Mindaugas Zimkus, ténor (Testo), Mindaugas
Jankauskas, ténor (Tancredi)
Basilique de
Saint-Denis - Festival de Saint-Denis - 23 juin 2008 -
version de concert - Le Concert d’Astrée - dir. et continuo
Emmanuelle Haïm - avec Patrizia Ciofi (soprano), Topi
Lehtipuu (ténor), Rolando Villazón
(ténor)
Blagnac –
Haute-Garonne - 29 mars 2008 - Rencontres de Musiques
anciennes en Midi-Pyrénées d'Odyssud - Les
Sacqueboutiers – Ensemble de cuivres anciens de Toulouse - dir.
Jean-Pierre Canihac - Daniel Lassalle - chorégraphie Bruna
Gondoni et Marco Bendoni - avec Adriana Fernandez (soprano), Juan
Sancho (ténor), Furio Zanasi (ténor)
"L'option nouvellement
présentée est instrumentale et substitue aux cordes
habituelles, des cuivres anciens, plus "justes et expressifs" selon
le fondateur des Sacqueboutiers, Jean-Pierre Canilhac. La
conférence qui a préludé au concert a permis au
public de comprendre combien le praticien musicien, disposant des
avancées des chercheurs musicologues, peut établir
diverses options d'interprétation face à une musique
dite baroque où la notation reste souvent fragmentaire voire
lacunaire, nécessitant d'indispensables aménagements.
L'idée de
"compléter" notre connaissance sonore du Combattimento par
l'ajout des sacqueboutes est un scénario défendable
dans le contexte esthétique de Monteverdi. Car en effet, dans
une autre oeuvre davantage connue et antérieure, l'Orfeo
(1607), le compositeur cite en ouverture de l'opéra, par
l'intervention d'une fanfare de cuivres, l'emblème musical de
la maison ducale de Mantoue qui l'emploie. Or cette insertion du
militaire dans le cadre lyrique, est une première historique,
déduisant la participation des cornetistes et sacqueboutistes
militaires avec les musiciens ordinaires d'un orchestre de cour. De
couleurs martiales, il en est aussi question dans le Combattimento du
chevalier chrétien Tancrède et de la belle musulmane,
Clorinde. Insérer des timbres cuivrés dans
l'instrumentarium habituel de l'oeuvre s'avère plutôt
convaincant. La rondeur expressive des instruments souligne la
violence imagées des scènes de joute guerrière
et amoureuse, et même accuse la projection du texte, dont
l'articulation demeure si importante pour les oeuvres de Monteverdi.
Frénésie et fièvre de l'action belliqueuse
redoublent d'accents mordants grâce à la contribution
des cuivres et des cornets, ainsi associés.
En narrateur habité, le
testo de fière allure de Furio Zanassi rétablit la
portée incantatoire du texte, projection impérieuse et
impériale des mots qui suscitent l'évocation du combat
de Tancrède contre Clorinde: guerre d'amour et de mort,
où la passion en mode concitato (agité) se consume en
gradation subtile, série d'ellipses dramatiques où le
chant se fait geste, comme tend à le montrer la
chorégraphie des deux danseurs complémentaires. Leur
confrontations et affrontements répétés
illustrent la violence du canto montéverdien: fulgurance du
dire qui n'a guère d'équivalent alors que le pinceau du
Caravage et le théâtre poético-tragique d'un
Shakespeare. Zanassi, maître chanteur (pourtant vocalement
gêné à Toulouse en particulier dans les aigus, en
raison d'un coup de froid?) qui fut ailleurs Farnace vivaldien pour
Savall, et avant, Orfeo montéverdien pour Garrido, n'en est
plus à sa première prestation de beau chant italien. A
ses côtés, la soprano Adriana Fernandez (Clorinda) et le
baryton Juan Sancho (Tancredi) campent chacun leur personnage avec
conviction, soucieux du point d'équilibre et de fusion avec
les instruments environnants."
"Enfin pour terminer le
programme le fameux Combat de Tancrède et Clorinde nous est
offert avec deux danseurs. La beauté du phrasé des
sacqueboutes et des cornets nous ensorcelle et le pari semble
gagné d’emblée. La musique se déploie et
l’accord des instruments avec les voix est très troublant. Du
point de vue des couleurs, cette proximité apporte un soutien
magnifique aux voix qui sont particulièrement bien soutenues.
C’est d’ailleurs la surprise de cette aventure musicale. Car c’est
dans les moments de prières et de lamentation ou d’incantation
que le choix instrumental est le plus réussi. Curieusement le
fracas de la bataille et la férocité des combats sont
adoucis par les instruments à vent. Force est de constater que
le choix des instruments à cordes permet une raucité et
une agressivité des attaques bien plus importantes. C’est la
poésie qui sort victorieuse de ce combat. La guerre
cède le pas à l’amour le plus tendre. Mais le combat de
Tancrède et Clorinde, à la fois madrigal et
opéra est une œuvre si extraordinaire que son message est
enrichi par ce choix instrumental. Le continuo
particulièrement actif, surtout l’énergique Christine
Pailleux au violone, soutient le discours en stile concitato si
particulier de l’ensemble. Les chanteurs sont très
concernés et particulièrement investis. Les voix sont
belles et la diction toujours parfaite. Furio Zanasi, victime d’une
petite faiblesse à la fin du combat, est un Testo sensible et
touché par ce qu’il raconte. Les très courtes phrases
de Clorinde sont d’une émotion irrésistible
lorsqu’Adriana Fernandez s’y engage toute entière. Un mot
aussi sur la mise en espace du combat grâce à la danse
mimée de Bruna Gondoni et Marco Bendoni. Leur superbe
chorégraphie et leurs costumes simples et suggestifs font
vivre sous nos yeux les malheureux amants. Leur première
apparition dans le petit opéra de Qualiati a été
beaucoup moins convaincante. Merci aux Sacqueboutiers pour cette
proposition de recréation bien agréable et
particulièrement poétique, d’un chef d’œuvre tant
aimé."
Forum Opéra - Un combat à fleurets
mouchetés
"Le Combat de Tancrède
et de Clorinde de Monteverdi avec cornets et sacqueboutes ? L’on
frémit devant l’audace hérétique de Jean-Pierre
Canihac et de ses Sacqueboutiers téméraires,
fraîchement nominés aux Victoires de la Musique. Alors
même que la partition spécifie un ensemble de cordes
(violon, viola da bracio, violetta), le chef a décidé
d’introduire les cuivres anciens que son ensemble promeut depuis plus
de 30 ans. Avant que nous allumions un bûcher avec l’aide de
quelques inquisiteurs grincheux, Jean-Pierre Canihac s’est
expliqué sur ses choix interprétatifs lors de la table
Ronde « du Manuscrit au Concert » précédant
le concert, avec sa bonhomie naturelle. D’abord, l’artiste l’avoue
avec une désarmante simplicité, il en avait envie
depuis longtemps, confiant que « ça devrait rudement bien
sonner » avec des cuivres, d’autant plus que le caractère
martial du madrigal s’y prête tout à fait, pour
rehausser les trois passages guerriers. En outre, les sacqueboutes et
cornets sont des instruments tout à fait contemporains de
Monteverdi, et aux mêmes tessitures. Une transposition,
pratique courante à l’époque où l’on
écrivait pour un pupitre plus que pour un instrument
précis, devient alors aisément
envisageable.
Mais au-delà, de la
rigueur musicologique, qu’en est-il réellement de ce Combat
renouvelé, pièce à la fois centrale et finale
(si l’on peut dire) de ce concert ? Eh bien… force est de constater
que la présence des sacqueboutes et cornets n’a absolument pas
parue scandaleuse ou incongrue. Au contraire, le choc attendu n’en
était pas un. Car les Sacqueboutiers et les musiciens du
continuo ont joué avec tendresse et douceur,
privilégiant une sensualité alanguie, ronde et
moelleuse au détriment du sang et des armes. Seul le luthiste
a insufflé des accords plus mordants dans une lecture
poétique et assez contemplative. Ce fut donc un Combat
intimiste, mélange d’Ucello et de Raphael pour
l’hiératisme archaïsant des mouvements. Furio Zanasi,
rompu au répertoire monteverdien, a malheureusement
montré des signes d’engorgement à la fin du programme
(esquissant même une quinte de toux dès les
applaudissements). Le timbre demeure toujours chaleureux,
l’émission stable et posée, le recitar cantando
intelligent et intelligible. Juan Sancho possède des accents
nobles, doublé d’une bonne projection. Le trille monteverdien
n’est pas toujours des plus précis mais les ensembles sont
magnifiques, en particulier dans le rare Carro di fedelta d’amore de
Qualiati. Enfin Adriana Fernandez a laissé percevoir des aigus
dynamiques, et un chant idiomatique et
contrôlé."
Amsterdam - Cultuurpark
Westergasfabriek - 15, 16, 18, 19, 20, 22, 22 septembre
2007 - Les Talens Lyriques - dir. Christophe Rousset - mise en
scène Pierre Audi - décors Chloe Obolensky, Jannis
Kounelis, Patrick Kinmonth - costumes Chloe Obolensky, Patrick
Kinmonth - lumières Jean Kalman - avec Maarten
Koningsberger (Tancredi), Elizabeth Cragg (Clorinda), Emiliano
Gonzalez-Toro (Testo)
Leipzig
Opernhaus,Drehscheibe - 15, 16, 17 juin 2007 - dir.
Steffen Schleiermacher - mise en scène Mirella Weingarten -
décors, costumes Mirella Weingarten - lumières
Jeannot Bessiere - avec Hildegard Wiedemann, Christopher Jung
Cremone - Teatro Amilcare
Ponchielli - 1er juin 2007 - La Venexiana -
dir. Claudio Cavina
Berlin - Staatsoper Unter
den Linden - 19, 21, 25, 27 janvier, 1er, 3
février 2007 - dir. René Jacobs - mise en
scène Luk Perceval - décors Annette Kurz -
dramaturgie Francis Hüsers - avec Stéphane Degout
(Testo), Johannes Chum (Tancredi), Sylvia Schwartz (Clorinda) -
nouvelle production
Suresnes -
Théâtre Jean Vilar - 2, 3 décembre
2006 - Opéra Bastille -
8, 9 janvier 2006 - Solistes de l’Atelier Lyrique de
l’Opéra national de Paris - Les étudiants du
Département de musique ancienne Conservatoire National
Supérieur de Musique et de Danse de Paris - dir. Yvon
Repérant - mise en scène Jean-Yves Ruf -
scénographie, costumes Laure Pichat - avec Wiard Witholt
(Testo), Igor Gnidii (Tancredi), Elena Tsallagova (Clorinda)
Beaune - Basilique
Notre-Dame - 29 juillet 2006 - version de concert -
Concerto Italiano - dir. Rinaldo Alessandrini - avec Anna Simboli
, Monica Piccinini, Gabriella Martellaci, Andrea Arrivabene, Luca
Dordolo, Gianluca Ferrarini, Sergio Foresti
Théâtre de
Bruges - 27 juillet 2006 - Ensemble La Venexiana - dir.
& clavecin Claudio Cavina - avec Giovanni Caccamo,
ténor (Testo), Giuseppe Maletto, ténor (Tancredi),
Paola Reggiani, mezzo-soprano
Cité de la
Musique - 22 avril 2006 - Concerto Italiano - dir.
Rinaldo Alessandrini - avec Luca Dordolo (Testo), Gianluca
Ferrarini (Tancredi), Monica Piccinini (Clorinde)
Opéra de Francfort
- 16, 17, 19, 20, 22, 23, 25, 26 février 2006 -
dir. Paolo Carignani - mise en scène David Hermann -
décors, costumes Christof Hetzer - dramaturgie Zsolt
Horpacsy - avec Juanita Lascarro (Clorinda), Michael McCown
(Tancredi ), Peter Marsh (Testo) - nouvelle production
Opéra de Lille
- 16 novembre 2005 - Concert d'Astrée - dir.
Emmanuelle Haim - avec Kerstin Avemo (Clorinda), Rolando Villazon
(Tesso), Topi Lehtipuu (Tancredi)
"Le madrigal Il combattimento
di Tancredi e di Clorinda est d’une intensité rare tant
Rolando Villazon apporte une vie à chacune des phrases. Il se
montre très attentif au texte : quand il décrit
l’état des deux héros, il prend une voix haletante
puisque les personnages sont « haletants », lassée
puisqu’ils sont « lassés », etc… Il se colle au plus
près des mots grâce aussi à une parfaite diction
! La partition lui demande des prouesses vocales dont il n’a pas
l’habitude mais il se défend admirablement et avec une
virtuosité confondante : dans « Eri gia tutta mia »,
il commence une vocalise tout en changeant de nuance. Ce
répertoire sollicite davantage son medium, voire ses graves,
que ses aigus : il peut alors dévoiler une voix magnifique
dans ce registre.
A côté d’un tel
engagement, Topi Lehtipuu paraît bien fade. Il reste dans les
canons de l’interprétation baroque, à savoir une voix
blanche avec peu ou pas de vibrato et une certaine retenue dans le
texte. Il parvient à trouver un sens dramatique à
partir du milieu du concert dans le madrigal « Maladetto sia
l’aspetto » où il travaille particulièrement les
différents « maladetto » : il arrive alors à
une certaine intensité musicale. Son chant
désespéré trouve également un appui dans
les accords francs et soutenus du clavecin. Topi Lehtipuu prend ses
marques dans « Tempro la cetra » rempli de vocalises et il
donne une grande tension à l’ensemble, grâce aussi aux
violons dont les notes pleurent littéralement. Il faut
cependant reconnaître que les deux voix fonctionnent
très bien ensemble au point qu’on finit par n’en entendre plus
qu’une, avec des harmoniques aigues et lumineuses ainsi que des
graves voluptueux. Il règne également une très
grande complicité entre les deux chanteurs, complicité
musicale évidente quand les morceaux demandent aux deux
interprètes de se répondre en écho comme dans
les « baci » de « Tornate, o cari baci », mais
également amicale dans le bis de l’Orfeo où ils
rivalisent dans les vocalises et les notes tenues. Rolando Villazon
termine de mettre le public dans sa poche en s’amusant avec le
pupitre, les partitions, etc… Il est sûr que c’est assez
inhabituel de rire dans un concert baroque mais là il faudrait
rester de marbre pour ne pas fondre devant lui !
Kerstin Aveno, jeune soprano,
ne convainc guère. Elle possède une jolie voix,
agréable à entendre mais malheureusement pas toujours
très charnue et la justesse est parfois très
approximative. Elle apporte une certaine fraîcheur à la
musique de Monteverdi mais sa voix est à certains moments
voilée ou du moins laisse passer du souffle. Elle
interprète le lamento « Ferma, lascia ch’io parli »
de Carissimi avec tout son cœur mais ses notes sur « a morir
» sont à la limite du cri, en partie parce que la
tessiture utilisée est trop haute pour elle. En revanche elle
se montre une fine interprète dans les passages plus intenses,
notamment avec des « addio » retenus, doux et expressifs.
On ne peut toutefois pas s’empêcher de souligner un certain
mauvais goût dans son interprétation."
(ConcertoNet)
Abbaye de Royaumont
- 18 septembre 2005 -
Il Concerto Italiano - dir. Rinaldo
Alessandrini - avec Luca Dordolo (Testo), Sergio Foresti
(Tancredi), Anna Simboli (Clorinda)
Festival de
Sablé - 27 août 2005 - Ensemble Elyma -
Compagnie Il Ballarino - dir. Gabriel Garrido
"Véritable "atelier de
théâtralité", le Livre des fameux Madngali
guerrieri e amorosi de Monteverdi exalte la danse, devenue agent
expressif majeur dans l’illustration des affects. C’est ce souci de
célébration chorégraphique qui est au coeur du
projet défendu par Gabriel Garrido et l’ensemble Elyma, avec
la complicité de la compagnie Il Ballarino, subtilement
guidée par Bruna Gondoni. Si un précédent
spectacle dans lequel cette formation italienne était
impliquée m’avait trouvé parfois réticent au
Festival d’Ambronay 2003, la présente production, en revanche,
comble l’ouïe et l’oeil, réussissant une fusion quasi
parfaite de la musique, du verbe et de l’image, au gré de
tableaux stylisés et affinés comme autant
d’épures. Plus en détail, Il Combattimento,
magnétisé, quant au chant, par le testa épique
du baryton Furio Zanasi, tourne à l’apologie du genre
"représentatif", ce vecteur privilégié des
passions dans le baroque naissant. Puis, dans le Ballet des
Ingrates, les intuitions de Garrido et de Ballarino ne font qu’un,
qui jouent sur la plasticité fondamentale de la musique
(nonobstant une rythmique un peu lente) et s’élèvent
jusqu’au symbole. A la fois vision désenchantée et
harmonie des sphères, le drame perçant infime avec
l’adieu à la lumière et à «l’air serein et
pur» d’une des Ingrates (qu’Isabelle Poulenard transforme en
lamento vrillant). Et pour faire bonne mesure avec le
théâtre et la représentation spatiale des
sentiments extrêmes, idée conductrice de ce
Huitième livre, le maître d’oeuvre Garrido a joint aux
Balli quelques perles néo-madrigalesques de la plus belle eau
: l’Altri Canti d’Amor liminaire, tout bruissant de volupté et
de rumeurs militaires, le Lamento de la Ninfa, pris, comme le voulait
Monteverdi, dans le juste « mouvement des émotions de
l’âme », et surtout le nocturne magique "Hor ch’el Ciel e
la Terra", peut-être le chef-d’oeuvre absolu de toute
l’histoire du madrigal."
Mannheim - Nationaltheater
- 4, 13 juillet 2005 - dir. Adam Fischer - mise en
scène Philipp Himmelmann - décors, costumes Johannes
Leiacker - dramaturgie Christian Carlstedt - lumières
Wolfgang Göbbel - avec Marina Ivanova (Clorinda), Yuriy
Svatenko (Tancredi), Charles Reid (Testo)
Regensburg -
Reischsaal - Journées de Musique Ancienne de
Regensburg - 16 mai 2005 - La Venexiana - dir. Claudio Cavina -
avec Sandro Naglia (il Testo), Giuseppe Maletto (Tancredi),
Roberta Mameli (Clorinda)
Potsdam - Schlosstheater
im Neuen Palais - 11 février 2005 - Lautten
Compagney Berlin - Kammerakademie Potsdam - dir. Wolfgang
Katschner - mise en scsène, décors Gisbert
Jäkel - avec Stefanie Wüst (Clorinda), Henning Kaiser
(Tancredi), Christian Immler (Testo)
Opéra de Melbourne
- 29 novembre, 2, 4, 07, 11 décembre 2004 - dir.
Richard Gill - mise en scène Patrick Nolan - décors,
costumes Gabriella Tylesova - chorégraphie Lucy Guerin -
lumières Nigel Levings - avec Ali McGregor, Angus Wood, Han
Lim
Roubaix - La Piscine -
Musée d'Art et d'Industrie - 2 octobre 2004 -
Atelier lyrique de Tourcoing - Ensemble instrumental Les Dominos
(dir. Florence Malgoire) - dir. Jean Claude Malgoire - avec Kobie
Van Rensburg (Il Testo), Hjördis Thébault (Clorinda),
Pierre Yves Pruvot (Tancredi)
Varsovie - Opéra de
Chambre de Varsovie -
1er octobre 2004 - Musicae Antiquae Collegium
Varsoviense - dir. Wladyslaw Kloziewicz - avec Krzysztof
Szmyt (Testo), Bogdan Sliwa (Tancredi), Marzanna Rudnick
(Clorinda)
Opéra de Sydney
- 16, 20, 24, 29, 31 juillet, 5, 7 août 2004 -
dir. Richard Gill - mise en scène Patrick Nolan -
décors, costumes Gabriella Tylesova - chorégraphie
Lucy Guerin - lumières Nigel Levings - avec Delia Silvan,
Angus Wood, Byron Perry
Salle Gaveau -
19 avril 2004 - Ensemble Elyma - dir. Gabriel Garrido - avec Furio
Zanasi (Testo), Adriana Fernadez (Clorinda)
"...L'occasion pour
Furio Zanasi de montrer qu’il est peut-être le meilleur Testo
actuel, parfaitement à son aise dans une tessiture hybride,
impérial en tout cas dans le déploiement d’une
théâtralité d’un naturel stylistique confondant.
Il bénéficiait, certes, du soutien aussi sanguin
qu’idiomatique des instrumentistes d’Elyma. Dommage qu’Adriana
Fernandez se soit révélée précautionneuse
en Clorinde — la justesse... —, dommage surtout que Gabriel Garrido
et ses troupes (notamment les voix) aient attendu le Combattimento
pour se ressaisir, aprés un début de concert pour le
moins hésitant..." (Goldberg - juin 2004)
Théâtre des
Champs Elysées - 4
mars 2004 - version de concert - Le
Concert d'Astrée - dir. Emmanuelle Haïm - avec John
Mark Ainsley(Il Testo),
Patrizia Ciofi (Clorinda), Paul Agnew (Tancredi)
"Ce concert est sans
doute très différent de ce qu'il aurait
été avec Ian Bostridge initialement programmé au
lieu de John Mark Ainsley. La voix solide et homogène de ce
dernier, déjà apprécié dans Saul à
Munich, fait paraître un peu maigrelet l'effectif instrumental.
La grande sincérité de son émission donne une
aussi grande justesse à son interprétation, mais sans
les raffinements que Bostridge y auraient peut-être
apportés. Paradoxalement, le Concert d'Astrée manifeste
plus de présence et d'engagement dans les madrigaux de la
première partie, chantés alternativement par les trois
solistes et les deux ténors en duo, que dans le Combattimento,
où John Mark Ainsley tient le rôle principal du Testo.
Les musiciens n'y font pas preuve de grandes audaces figuratives et
dramatiques et se cantonnent dans une neutralité bienveillante
que Monteverdi lui-même aurait peut-être trouvée
un peu fade, même si ses indications de jeu sont
respectées. Emmanuelle Haïm impulse cependant toujours
à son ensemble un merveilleuse justesse de phrasé et de
respiration."
Vienne - Kammeroper
- 19, 21, 24, 26, 28 février, 2, 4, 6, 9, 11,
13, 16, 18, 20, 23 mars 2004 - dir. Lorenz Duftschmid - mise en
scène Philipp Harnoncourt - décors Maxi Tschunko -
costumes Tanja Hausner - lumières Lukas Kaltenbäck
Bielefeld -
Theater am Alten Markt - 19 février 2004
Rome - Teatro Nazionale
- 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 11 février 2004 -
révision Roberto de Simone - dir. Vittorio Parisi - mise en
scène Roberto De Simone - mise en scene Nicola Rubertelli -
costumes Odette Nicoletti - avec Raffaello Converso, Vincenzo
Pirrotta, Alessandro e Marco Caricchia, Paolo Romano
Opéra National du
Rhin - Colmar - La Manufacture - 19, 21, 22 novembre
2003 - Mulhouse - Théâtre de
la Sinne - 28, 30 novembre 2003 - Strasbourg - Les Jeunes Voix du Rhin -
dir. Neil Beardmore
Belle-Ile en Mer -
Festival lyrique - Citadelle Vauban - 7, 12, 16
août 2002
Festival International de
Beaune - 21 juillet 2001 - Capella Reial & le
Concert des Nations - dir. Jordi Savall - avec Montserrat Figueras
(Clorinda) soprano, Furio Zanasi (Tancredi) baryton, Lambert
Climent (Testo) ténor
Strasbourg - Le
Maillon - 17, 18, 19, 20 janvier 2001 - dir. Roberto
Gini - mise en scène Castelluci
Musikfest de Brême
- 24 septembre 1997 -
Théâtre de Bourg en Bresse - 28 septembre
1997 - Cité de la
Musique - 2 octobre 1997 - Les Arts Florissants - dir.
William Christie - version de concert
Festival
International de Musique Baroque de Beaune - 13 juillet
1997 - Concerto Italiano - dir. Rinaldo Alessandrini - avec Monica
Bacelli, Roberto Abbondanza, G.L. Ferrarini
Clermont-Ferrand -
Opéra - 14 janvier 1996 - Théâtre de Poissy - 16
janvier 1996 - Lille- Opéra - 17 janvier 1996 -
version de concert - Il Giardino Armonico - dir. Giovanni Antonini
- avec Philip Langridge, Anna Caterina Antonacci
Nîmes -
Petit Temple - 29 juillet 1994 - dir. Sempe - avec Malakate,
Paliatsaras
Les Arts Florissants
- 1992 - dir. William Christie - mise en scène
et chorégraphie Ana Yepes - tournée France,
Grande-Bretagne, Italie
Angers -
Théâtre Musical
- 29 janvier 1989 - dir. Jean-François Monot - mise
en scène Yvan Rialland - décors et costumes Michel
Guyon - avec Sylvie Sullé, Nicolas Ischerwood, Jean-Louis
Calvani
"Les chanteurs étaient
remisés dans la fosse d'orchestre, on avait disposé sur
la scène un certain nombre de personnages de cour, aux
costumes somptueux, aux lents déplacements absolument
arbitraires et gratuits. (Opéra International - mars
1989)
Atelier Lyrique de
Tourcoing - 1984 - dir.
Noëlle Spieth - mise en scène Michel Verschaeve -
scénographie Catherine Lefebvre
Festival d'Aix en
Provence - 30 juillet 1983 -
version Luciano Berio - dir. Marcello Panni - mise en scène
X. Staasfogel
Festival d'Avignon -
Cloître des Célestins - 1978 - dir. Daniel Chabrun - mise en
scène et scénographie Hubert Japelle
Vicence - Teatro
Olimpico - 1961 - Compagnie I
Commedianti in Musica - dir. Rolf Rapp - mise en scène
Filippo Crivelli - chorégraphie Nives Poli
Théâtre municipal de
Strasbourg - Teatro San Carlo - Naples - 1951 - dir. Igor Markévitch -
scénographie Fabrizio Clerici - chorégraphie Bianca
Galizia