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IL RITORNO D'ULISSE IN PATRIA
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COMPOSITEUR
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Claudio MONTEVERDI
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LIBRETTISTE
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Giacomo Badoaro
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DVD
Dramma in musica en cinq (ou trois actes),
créé au Teatro SS Giovanni e Paolo de Venise durant le
carnaval de 1640. Livret de Giacomo Badoaro, poète amateur,
auteur de plusieurs livrets pour Monteverdi (Le nozze di Enea con
Lavinia), Sacrati (Ulisse errante), Cavalli (Elena
rapita de Teseo), d'après les chants XIII à XXIII
de L'Odyssée.
L'oeuvre fut représentée dix fois
à Venise, puis reprise au teatro Guastavillani de Bologne
quelques mois plus tard, avec Giulia Paolelli (Penelope), Maddalena
Manelli (Minerva), Francesco Manelli (Ulisse ou Nettuno) et
Costantino Manelli, leur fils (Amore), et reprise à nouveau
à Venise en 1641.
L'oeuvre a longtemps été connue - car
citée par Cristoforo Ivanovich dans ses Memorie teatrali di
Venezia (1681) comme étant l'avant-dernier opéra de
Monteverdi, créé au teatro San Cassiano de Venise en
1641 - mais considérée comme perdue.
C'est en 1880 (*) que August Wilhelm Ambros
révéla la présence à la
Bibliothèque Nationale de Vienne, d'une partition manuscrite
en trois actes, sans page de titre, ni nom d'auteur ni date, qu'il
put attribuer à Monteverdi.
(*) il faut noter que cette date pose problème
car August Wilhelm Ambros était alors déjà
décédé depuis quatre ans...
Une dizaine d'années plus tard, fut
découvert à la Biblioteca Marciana de Venise, le
manuscrit d'un livret en cinq actes mentionnant Badoaro comme
librettiste et Monteverdi comme compositeur.
Dèss 1887, la paternité de Monteverdi
commença à être mise en doute, notamment par Emil
Vogel. Il est vrai que les deux livrets diffèrent par le
nombre d'actes (trois dans la partition, cinq dans le livret), par
les prologues (les personnages dans le livret de Venise sont : le
Destin, la Prudence et la Constance ; dans la partition de Vienne :
la Fragilité humaine, le Temps, la Fortune et l'Amour). Par
ailleurs, la musique de certaines scènes mentionnées
dans le livret de Venise est absente de la partition de Vienne,
notamment la plupart des choeurs.
L'oeuvre fut cependant éditée par
Robert Maria Haas (1886 - 1960), bibliothécaire à la
Bibliothèque de Vienne en 1922, sous le nom de Monteverdi.
C'est plus tard que la polémique fut
portée à son comble par Giacomo Benvenuti dans son
article dans Il Gazzettino di Venezia du 17 mai 1942 :
« Il Ritorno d'Ulisse non e di Claudio Monteverdi ».
Une nouvelle édition de la partition fut
réalisée à Vienne, par Francesco Malipiero en
1942, renouvelée en 1967/68.
Le doute n'est plus aujourd'hui permis, car les preuves
suffisantes ont été réunies pour attester que la
musique a bien été composée par Monteverdi, et
le livret par Badoaro.
On pense aujourd'hui que Monteverdi écrivit la
musique sur la base d'un livret en cinq actes, mais que l'oeuvre fut
réduite à trois, à une date non
déterminée.
Synopsis
détaillé
Prologue
La Fragilité humaine déplore sa mortelle
condition, tributaire des forces que sont le Temps, la Fortune et
l'Amour.
Acte I (version en trois actes) / Acte
I (version en cinq actes)
Scène 1/ Scène 1 - Le palais
royal d'Ithaque. Pénélope, confiant son
désespoir à la vieille Euryclée, nourrice
d'Ulysse, pleure la longue absence de son époux.
Scène 2 / Scène 2 - Le palais
royal d'Ithaque. La servante de Pénélope,
Mélantho, chante avec son amant Eurymaque l'amour qui les unit
; ils souhaitent que la reine choisisse un parti, afin de pouvoir
vivre leur passion librement.
Scène 3 / Scène 3 - En mer.
Choeur de Néréides et de Sirènes (musique
absente dans le manuscrit).
Scène 4 / Scène 4 - Les
Phéaciens. Le navire des Phéaciens apparaît,
transportant Ulysse endormi. Ils débarquent ce dernier et le
déposent près de la grotte des Naïades avec son
fourniment. Puis ils rembarquent et le navire disparaît.
Scène muette, accompagnée d'uns sinfonia.
Scène 5 / Scène 5 - La mer.
Neptune surgit de la mer. Il n'a pas pardonné à Ulysse
d'avoir blessé son fils, le cyclope Polyphème, et veut
punir les Phéaciens d'avoir favorisé le héros.
Il réussit à convaincre Jupiter de l'autoriser à
exercer sa vengeance.
Scène 6 / Scène 6 - La mer.
Les Phéaciens, naviguant sur les flots après avoir
quitté Ulysse, célèbrent leur joie de vivre.
Mais le dieu de la mer a tôt fait de les immobiliser, en
changeant leur navire en rocher.
Scène 7 / Scène 7 - Le rivage
d'Ithaque. Ulysse s'éveille, seul, sur une côte
qu'il ne reconnaît pas. Il se lamente et s'en prend aux dieux,
puis aux Phéaciens, de l'avoir ainsi abandonné.
Scène 8 / Scène 8 - Le rivage
d'Ithaque. Sur ces entrefaites, Minerve apparaît,
déguisée en bergère. Après avoir
révélé au héros le lieu où il se
trouve, elle lui dévoile son identité véritable.
Puis la déesse indique à Ulysse les moyens de la
vengeance : déguisé en vieillard, il ira espionner les
Prétendants qui assaillent Pénélope. Pendant
qu'Ulysse revêt sa nouvelle apparence en buvant l'eau d'une
source voisine, Minerve chante le pouvoir divin, avant de confier le
trésor d'Ulysse à la protection des Nymphes et des
Naïades.
Scène 9 / Scène 9 - Le rivage
d'Ithaque. Choeur de Naïades (texte et musique absents).
Minerve invite le héros à aller à la fontaine
d'Aréthuse ; il y retrouvera Eumée, son fidèle
berger, et pourra y attendre le retour de son fils
Télémaque, parti à Sparte. Ulysse donne libre
cours à sa joie.
Acte II
Scène 10 (Scène 1) - Le palais
royal d'Ithaque. Mélantho tente, en vain, de convaincre
Pénélope d'oublier Ulysse et de céder aux
avances des Prétendants.
Scène 11 (Scène 2) - Un bocage
boisé. Eumée, seul au milieu de son bétail,
plaint le destin des rois ; les hommes de condition simple peuvent en
effet se contenter du bonheur que la généreuse nature
leur offre.
Scène 12 (Scène 3) - Un bocage
boisé. Irus, le glouton pique-assiette des
Prétendants, fait irruption et raille cet éloge de la
nature végétale en ce qui le concerne, il dévore
les animaux qu'élève Eumée. Le berger le chasse
prestement.
Scène 13 (Scène 4) - Un bocage
boisé. Eumée s'inquiète du sort d'Ulysse. Ce
dernier entre en scène, sous son apparence de vieillard, et
annonce mystérieusement le retour proche du héros. Joie
d'Eumée.
Acte II
Scène 1 / Scène 5 - Dans les
airs. Télémaque est aux côtés de
Minerve, sur le char céleste de la déesse qui le
conduit de Sparte, où il est allé chercher des
nouvelles de son père, au palais d'Ithaque. Le fils d'Ulysse
est tout à la joie du retour.
Scène 2 / Scène 6 - Un bocage
boisé. Eumée accueille Télémaque avec
émotion et allégresse, et lui fait part de la
prédiction mystérieuse du "vieillard". Ce dernier,
assistant à la scène, unit sa voix à celle du
berger pour confirmer ses dires. Sur l'injonction de
Télémaque, Eumée part au palais annoncer
à Pénélope l'arrivée de son fils.
Scène 3 / Scène 7 - Un bocage
boisé. Un rayon de feu descend du ciel sur la tête
d'Ulysse. La terre s'ouvre et celui-ci est englouti. Pour
Télémaque, la disparition du vieillard signifie la mort
de son père. Mais le héros ressurgit des profondeurs,
cette fois sous son apparence véritable. Le père et le
fils s'abandonnent à la joie des retrouvailles.
Acte III
Scène 4 / Scène 1 - Le palais
royal d'Ithaque. Mélantho se plaint à Eurymaque de
ce que Pénélope demeure inflexible, puis décide,
quant à elle, de célébrer les joies de
l'amour.
Scène 5 / Scène 2 - Le palais
royal d'Ithaque. Les Prétendants - Antinoüs, Pisandre
et Amphinome - tentent de séduire Pénélope qui
se refuse à eux. En désespoir de cause, ils l'invitent
à se divertir.
Scène 6 / Scène 3 - Le palais
royal d'Ithaque. Le divertissement proposé par les
Prétendants consiste en un ballet grec exécuté
par huit Maures (musique du ballet absente dans la partition).
Scène 7 / Scène 4 - Le palais
royal d'Ithaque. Eumée annonce à
Pénélope l'arrivée de Télémaque,
puis le retour imminent d'Ulysse.
Scène 8 / Scène 5 - Le palais
royal d'Ithaque. Les Prétendants, inquiets de cette
nouvelle, projettent de tuer Télémaque. Un mauvais
présage - le vol d'un aigle - les en dissuade. Ils
décident donc d'offrir à Pénélope des
présents, car "Tout coeur de femme, serait-il de pierre, Se
défait sous la caresse de l'or"
Scène 9 / Scène 6 - Un bocage
boisé. Ulysse affirme sa confiance en Minerve. La
déesse, surgissant en habit d'apparat, lui renouvelle
l'assurance de sa protection : elle inspirera à
Pénélope l'idée d'une épreuve par
laquelle les Prétendants, pour obtenir sa main, devront
réussir à tendre l'arc d'Ulysse ; le héros
pourra alors s'emparer de l'arme pour tuer les
Prétendants.
Scène 10 / Scène 7 - Un bocage
boisé. Après la disparition de Minerve,
Eumée, revenant du palais, raconte au "vieillard" la terreur
que le seul nom d'Ulysse a provoquée parmi les
Prétendants, ce qui réjouit le héros.
Acte IV
Scène 11 / Scène 1 - Le palais
royal d'Ithaque. Télémaque raconte à sa
mère son voyage à Sparte et sa rencontre avec
Hélène. Pénélope s'indigne de l'entendre
vanter la beauté d'Hélène, mais
Télémaque lui fait part de l'heureux présage
dont la Troyenne fut l'interprète.
Scène 12 / Scène 2 - Le palais
royal d'Ithaque. Antinoùs reproche à Eumée
d'avoir introduit le "vieillard "au palais et couvre d'insultes le
berger et son protégé. A son tour, Irus s'en prend au
"vieillard" qui risque de le concurrencer dans sa course à la
nourriture, et le provoque au combat. Irus est vaincu.
Scène 3 - Le palais royal d'Ithaque
- Mettant leur projet à exécution, chacun des
Prétendants comble à son tour Pénélope de
cadeaux. La reine propose alors l'épreuve de l'arc, redonnant
ainsi espoir aux séducteurs, mais aucun d'entre eux ne
parvient à tendre l'arc. L'humble "vieillard", lui,
réussit miraculeusement. Il massacre tous les
Prétendants.
Acte III / Acte V
Scène 1 / Scène 1 - Le palais
royal d'Ithaque. Irus déplore la mort des
Prétendants, qui va le priver de sa pitance quotidienne. Il
veut mettre fin à ses jours.
Scène 2 / Scène 2 - Un
désert. Les ombres des Prétendants se trouvent face
à Mercure.
Scène 3 / Scène 3 - Le
palais royal d'Ithaque. Tandis que Mélantho invite
Pénélope à punir le massacre, la reine se
lamente sur son propre sort.
Scène 4 / Scène 4 - Le palais
royal d'Ithaque. Eumée, révélant à
Pénélope l'identité réelle du
"vieillard", se heurte à l'incrédulité de la
reine.
Scène 5 / Scène 5 - Le palais
royal d'Ithaque. Télémaque vient confirmer les
dires du berger, mais en vain.
Scène 6 / Scène 6 - La mer.
Minerve persuade Junon d'intercéder auprès de Jupiter,
afin que celui-ci "calme la fureur / Du dieu des flots
salés"
Scène 7 / Scène 7 - La mer.
Junon demande alors à son époux de mettre un terme
à l'errance d'Ulysse. Jupiter s'emploie à
fléchir le dieu des ondes, et Neptune finit par accorder son
pardon à Ulysse.
La décision des dieux est
célébrée par un choeur maritime et
céleste, tandis qu'est confié à Minerve le soin
" d'apaiser les tumultes des Achéens révoltés"
par la mort des Prétendants.
Scène 8 / Scène 8 - Le palais
royal d'Ithaque. Euryclée, qui a d'elle-même reconnu
Ulysse, est en proie à un cruel dilemme : devra-t-elle
obéir au héros qui lui a intimé l'ordre de se
taire, ou parlera-t-elle, pour soulager la souffrance de
Pénélope?
Scène 9 - Le palais royal d'Ithaque.
Télémaque et Eumée tentent toujours, en vain,
d'arracher la reine à son incrédulité.
Scène 10 / Scène 10 - Le
palais royal d'Ithaque. Ulysse entre enfin sous sa
véritable apparence, mais Pénélope se refuse
toujours à croire tant son époux qu'Euryclée.
Ulysse décrit alors le drap à l'effigie de Diane qui
recouvre le lit conjugal, et convainc ainsi Pénélope de
son identité. Les deux époux donnent libre cours
à la joie des retrouvailles.
Un choeur des Habitants d'Ithaque célèbre
cette fin heureuse (texte et musique absents de la partition).
(d'après L'Avant-Scène
Opéra)
http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/M_files/Ulisse-1.pdf
(en italien)
http://site.operadatabase.com.site.hmt-pro.com/modules.php?name=Downloads&d_op=viewdownload&cid=73
(en italien et en français)
- Partition :
- édition Robert Haas, d'après le
manuscrit de l'Österreichische Nationalbibliothek -
éditeur Graz, Akademische Druck - u. Verlagsanstalt,
1960
- édition Rinaldo Alessandrini -
Bärenreiter, 2007
Représentations
:
- Oslo, Den Norske Opera
- 11, 13, 15, 18, 25, 29 mai,
1er, 3 juin 2012 - dir. Alessandro de Marchi - mise en
scène Ole Anders Tandberg - décors Erlend Birkeland
- costumes Maria Geber - lumières Ellen Ruge - avec Hege
Høisæter (Penelope), Furio Zanasi (Odysseus), Daniel
Johansson (Telemaco), Ole Jørgen Kristiansen (Zeus), Tone
Kruse (Ericlea), Brenden Gunnell (Eumete), Arild Helleland (Iro),
David Hansen (Pisandro), Magne Fremmerlid (Tempo/Nettuno),
Ann-Beth Solvang (Fortuna/Melanto), Lydia Moellenhoff (Minerva) -
nouvelle production
- Cologne,
Palladium - 25, 29
février, 2, 4, 7, 9, 11, 14, 17, 22, 24 mars 2012 - dir.
Konrad Junghänel - mise en scène Bernd Mottl -
décors, costumes Friedrich Eggert - lumières Andreas
Grüter - dramaturge Silke Leopold - avec Dmitry Egorov
(L'humana fragilità/ Pisandro), Wolf Matthias Friedrich
(Tempo/ Nettuno), Claudia Rohrbach (Fortuna/ Minerva), Ji-Hyun An
(Amore/ Giunone), Gustavo Quaresma Ramos (Giove/ Eurimaco), Kobie
van Rensburg (Ulisse), Nino Surguladze (Penelope), Mirko
Roschkowski (Telemaco), Hilke Andersen (Ericlea),Matias Tosi
(Antinoo), John Heuzenroeder (Anfinomo), Regina Richter (Melanto),
Miljenko Turk (Eumete), Robert Wörle (Iro) - nouvelle
production



- Passau -
Fürstbischöflichen Opernhaus - 11, 12 février, 4, 9, 10, 30 mars 2012 -
Landshut - 2, 3, 11, 31 mars, 1er avril 2012 -
Landestheater Niederbayern - dir. Wolfgang Katschner - mise en
scène Kobie van Rensburg - décors, costumes Dorothee
Schumacher, Lutz Kemper - nouvelle production


- Münster - Grosses
Haus - 25 septembre, 3, 12, 21, 23 octobre 2011 - dir.
Christoph Spering - mise en scène Andreas Baesler -
décors Hermann Feuchter - costumes Caroline Dohmen -
dramaturgie Jens Ponath - avec Andreas Karasiak (L'Umana
fragilità / Ulisse), Maria Rebekka Stöhr (Fortuna /
Penelope), Tijana Grujic (Telemaco), Suzanne McLeod (Ericlea),
Henrike Jacob (Amore / Melanto / Minerva), Fritz Steinbacher
(Eumete), Ulrich Cordes (Eurimaco / Anfinomo), Tadahiro Masujima
(Pisandro), Plamen Hidjov (Il tempo / Antinoo), Thomas
Stückemann (Iro) - nouvelle production


- Milan - Teatro alla
Scala - 19, 21, 23, 26, 28, 30
septembre 2011 - dir. Rinaldo Alessandrini - mise en scène,
décors et lumières Robert Wilson et Giuseppe Frigeni
- costumes Jacques Reynaud - lumières AJ Weissbard -
dramaturgie Ellen Hammer - avec Andrea Arrivabene (L’humana
fragilità / Primo Feacio), Luigi De Donato (Il Tempo /
Nettuno), Monica Bacelli (La Fortuna / Melanto), Anna Maria
Panzarella (Amore / Minerva), Sara Mingardo (Penelope), Marianna
Pizzolato (Ericlea), Mirko Guadagnini (Eurimaco / Secondo Feacio),
Emanuele D’Aguanno (Giove / Anfinomo), Salvo Vitale (Terzo Feacio
/ Antinoo), Furio Zanasi (Ulisse), Luca Dordolo (Eumete),
Gianpaolo Fagotto (Iro), Leonardo Cortellazzi (Telemaco), Krystian
Adam (Pisandro), Raffaella Milanesi (Giunone)


- Opéra Magazine - novembre 2011
"... la Scala de Milan
lève le rideau sur le deuxième volet de la trilogie
montéverdienne confiée à Rinaldo Alessandrini et
Robert Wilson, en coproduction avec l'Opéra National de Paris.
Pour le Prologue d'Il ritorno
d'Ulisse in patria, sorte de méditation sur la
vulnérabilité de l'homme, sans relation directe avec le
reste de l'ouvrage, le célèbre metteur en scène
américain se réfère à un détail du
Printemps de Nicolas Poussin (Paris, musée du Louvre),
évoquant l'innocence du genre humain avant la chute. Les
figures allégoriques du Prologue deviennent des symboles :
pomme tombant de l'arbre, grande flûte à champagne,
vieillard décrépit, lièvre, tortue...
Le lien avec L'Orfèo de
2009 saute aux yeux : à l'époque, la toile de
référence était Vénus avec Cupidon et un
organiste du Titien (Madrid, musée du Prado), avec,
déjà, la présence récurrente d'animaux.
De puissants blocs de pierres équarries représentent le
palais royal, à la fois refuge et priison pour Penelope. Plus
l'œuvre avance, plus ces pierres s'écartent pour laisser place
à la lumière, symbole de liberté.
Inutile de préciser que
l'on retrouve la marque de fabrique «wilsonienne» dans la
gestuelle stylisée et géométrique des
personnages, au visage peint en blanc. Autant elle pouvait se
justifier dans L'Orfèo, qui tient beaucoup de
l'allégorie, autant elle fonctionne moins bien dans Il ritorno
d'Ulisse in patria. Ici, même si l'on ne saurait parler
d'opéra au sens où l'on comprend le mot aujourd'hui, il
y a une vraie action et une vraie dramaturgie, qui ne survivent pas
à cette volonté d'intellectualisation et de statisme.
Sans interaction physique entre les personnages, l'ouvrage perd de sa
force et l'ennui guette.
Auteur de l'édition
critique publiée chez Bärenreiter, Rinaldo Alessandrini
mêle, comme pour L'Orfeo, des instrumentistes de l'orchestre de
la Scala au continuo de son Concerto Italiano. Variée dans ses
rythmes et très animée, la direction du chef italien
apporte un minimum de vie à une représentation
visuellement figée dans une glaciale abstraction. Dans la
distribution, se détache en premier lieu la touchante Penelope
de Sara Mingardo. L'Ulisse de Furio Zanasi compense, par
l'éloquence du phrasé, ce que son timbre peut avoir
d'un peu sec. Monica Bacelli est en règle sur le plan
technique, et Marianna Pizzolato ne fait qu'une bouchée
d'Ericlea, au point de faire regretter qu'on ne lui ait pas
confié un rôle plus important. Mirko Guadagnini est
correct en Eurimaco, Leonardo Cortellazzi tire son épingle du
jeu en Telemaco, et Gianpaolo Fagotto se distingue en Iro, seul
personnage auquel Wilson concède un peu de
«dynamisme» scénique."
- Cité de la Musique
- 22 juin 2011 - version de concert - La Venexiana -
dir. et clavecin Claudio Cavina - avec Martina Belli (La
fragilité humaine, Mélantho), Salvo Vitale (Le
Temps, Neptune), Valentina Coladonato (La Fortune, Junon), Giulia
Peri (L'Amour), Mauro Borgioni (Jupiter), Giorgia Milanesi
(Minerve), Mirko Guadagnini (Ulysse), Oksana Lazareva
(Pénélope), Makoto Sakurada
(Télémaque), Marco Bussi (Antinoüs,
Phéacien III), Alessio Tosi (Pisandre, Phéacien II),
Alberto Allegrezza Amphinome, Phéacien I), Paolo Antognetti
(Eumée, Eurymaque), Luca Dordolo (Irus), Gabriella
Martellacci (Euryclée)
- Extrait vidéo "Di misera regina"
http://www.dailymotion.com/video/xk1aes_il-ritorno-d-ulisse-in-patria-la-venexiana_music
- Amsterdam - Concertgebouw
- 3 juillet 2011 - version de concert - La Venexiana -
dir. Claudio Cavina - avec Martina Belli (La fragilité
humaine/Mélantho), Salvo Vitale (Le Temps/Neptune),
Valentina Coladonato (La Fortune/Junon), Giulia Peri (L'Amour),
Mauro Borgioni (Jupiter), Giorgia Milanesi (Minerve), Mirko
Guadagnini (Ulysse), Oksana Lazareva (Pénélope),
Makoto Sakurada (Télémaque), Marco Bussi
(Phénicien III), Alessio Tosi (Pisandre/Phénicien
II), Alberto Allegrezza (Amphinome/Phénicien I), Paolo
Antognetti (Eumée/Eurymaque), Luca Dordolo (Irus),
Gabriella Martellacci (Euryclée)
- Gand - 13, 15, 17, 19, 21 mai 2011 - Anvers - 26, 27,
29, 31 mai, 3, 5 juin 2011 - Symfonisch Orkest van de Vlaamse
Opera - dir. Federico Maria Sardelli - mise en scène
Michael Hampe - décors et costumes Mauro Pagano et Hank
Irwin Kittel - lumières Hans Toelstede - avec Furio Zanasi
(Ulisse / L'Humana Fragilità), Marianna Pizzolato
(Penelope), Magnus Staveland (Telemaco), Lucia Cirillo (Minerva),
Elena Zilio (Ericlea), Igor Bakan (Il Tempo / Antinoo), Julianne
Gearhart (La Fortuna/Melanto), Joseph Cornwell (Giove/Pisandro),
Luigi De Donato (Nettuno), Yijie Shi (Anfinomo), Gijs Van der
Linden (Eurimaco), Eduardo Santamaría (Eumete), Robert
Wörle (Iro), Dorine Mortelmans (Amore)



"De l’aveu même du
directeur de l’Opéra d’Anvers, une volonté
affirmée de retour aux sources du baroque a
présidé au choix de la mise en scène de cet
opéra de Monteverdi, le moins joué des trois (Orfeo,
Ulisse, Poppea). Le critique balance entre: « Que c’est ringard
! » et «Pourquoi pas, après tout?». Vu
certaines mises en scène récentes, aberrantes et hors
de propos, ça repose. Surtout que le classicisme baroque peut
être magnifique quand l’orchestre et les chanteurs sont
à la hauteur. C’est le cas à Anvers (et aussi à
Gand, je suppose). D’abord, la famille. Un Ulisse qui a l’habitude du
rôle et qui s’offre aussi le rôle de la Fragilité
humaine. Pénélope, bouleversante dans le «Torna,
torna...». Le Telemaco, tendre et puissant, une des meilleures
voix de l’ensemble. La scène d’amour, en anticlimax de
Pénélope, chantée et jouée par des jeunes
pour qui c’est une prise de rôle est exactement ce qu’elle doit
être, ni trop pudique ni trop sensuelle (parfois d’une
sensualité exagérée frôlant
l’indécence). Et puis, le chef-d’œuvre de la soirée, la
scène des trois prétendants. Magnifique!
"
- Opéra Magazine - juillet/août
2011
"Difficile d'imaginer
spectacle plus convenntionnel que ce Ritorno d'Ulisse donné
à l'Opéra de Flandre. En optant pour une figuration
résolument «classique» du dramma per musica de
Monteverdi, Michael Hampe livre en effet un travail d'un
intérêt fort réduit d'un point de vue
dramaturgique.
Honorable sans être
imaginative, sa lecture n'a pour ainsi dire qu'une seule et
véritable vertu : celle de rendre le récit
compréhensible au plus grand nombre. En outre, cette
représentation dénuée de temps forts se dilue
quelque peu dans le décoratif et manque singulièrement
de relief théâtral. Si la kyrielle de jolis costumes, la
fluide machinerie - apparitions deus ex machina de Giove et Nettuno -
et la structure octogoonale de Hank Irwin Kittel impriment de beaux
enchainements visuels, cela ne parvient en aucun cas à
dissimuler une piètre direction d'acteurs.
Fort heureusement, la preste
direction musicale de Federico Maria Sardelli et l'homogène
plateau voocal pallient les carences de la mise en scène. Dans
ce contexte, il faut rendre hommage au chef et aux chanteurs pour
leur extrême implication. À commenncer par Furio Zanasi,
qui fait montre d'une sensibilité absolument remarquable.
Grand habitué du rôle d'Ulisse, il l'incarne avec une
sûreté qui ne trompe guère. Entre virilité
rageuse et docilité rédemptrice,
l'interprétation du baryton italien touche plus d'une fois au
sublime (admirable «Dormo ancora o son desto ?», au premier
acte !).
Tout aussi désarmante
et inspirée, Marianna Pizzolato est une Penelope de belle
stature. Son chant constamment nourri par des graves
pénétrants oscille entre force et fragilité,
dès l'immense monologue du 1. Dans leur sillage, il faut aussi
citer le très expressif Telemaco de Magnus Staveland,
l'impérieuse Minerva de Lucia Cirillo et l'imposant Nettuno de
Luigi De Donato. Tous se plient, avec un égal bonnheur, aux
mélismes du chant montéverdien.
À la tête de
l'Orchestre Symphonique de l'Opéra de Flandre, Federico Maria
Sardelli accomplit des merveilles, en célébrant avec
goût les beautés de la partition. Sa battue
précise apporte ce qu'il faut de discipline et de vie. Enfin,
lorsque cela lui est possible, le chef attrape même sa
flûte pour rennforcer les tutti. L'orchestre est visiblement
comblé, le public aussi !"
- Londres - London
Coliseum - 24, 26, 29, 31 mars,
2, 4, 6, 9 avril 2011 - London, Young Vic - dir. Jonathan Cohen -
mise en scène Benedict Andrews - décors Börkur
Jónsson - costumes Alice Babidge - lumières Jon
Clark - avec Tom Randle (Ulysses), Pamela Helen Stephen
(Penelope), Thomas Hobbs (Telemachus), Thomas Walker (Eurimachus),
Ruby Hughes (Minerva), Katherine Manley (Melanto), Brian Galliford
(Iro), Nigel Robson (Eumete)



- Modène - Teatro
Communale - 8, 10 avril 2011 - Orchestra Accademia
Bizantina - dir. Ottavio Dantone - mise en scène Alessio
Pizzech - décors Michele Ricciarini - costumes Cristina
Aceti - lumières Marco Cazzola - avec Sonia Prina (Giulio
Cesare), Eleonora Buratto (Cleopatra), Riccardo Novaro (Achilla),
Jose Maria Lo Monaco (Cornelia), Filippo Mineccia (Tolomeo), Paolo
Lopez (Sesto), Floriano D'Auria (Nireno), Andrea Mastroni (Curio)
- Coproduction Teatro Comunale Alighieri di Ravenna, Fondazione
Teatro Comunale Pavarotti di Modena, Musikfest Bremen, Händel
Festspiele Halle, Teatr Wielki Poznan

- Beaune - Cour des
Hospices - 2 juillet 2010 -
version de concert - Concerto Italiano - dir. Rinaldo Alessandrini
- avec Furio Zanasi (Ulisse), Sara Mingardo (Penelope), Luca
Dordolo (Telemaco), Monica Piccinini (Minerva/Fortuna/Melanto),
Sergio Foresti (Antinoo, Tempo), Anna Simboli (Giunone, Amore),
Vincenzo de Donato (Iro), Andrea Arrivabene (Umana
Fragilita/Anfinomo), Jeremy Palumbo (Pisandro, Giove), Raffaele
Giordani (Eurimaco), Gianluca Ferrarini (Eumete), Elena Biscuola
(Ericlea)
- Wuppertaler
Bühnen - 15 janvier, 28
février, 5, 15, 28 mars, 3 avril 2010 - dir. Christoph
Spering, Florian Frannek - mise en scène Jakob
Peters-Messer - décors Markus Meyer - costumes Sven
Bindseil - dramaturge Johannes Blum - avec Timothy Sharp (L'humana
fragilità, Ulisse), Joslyn Rechter (Penelope), Christian
Sturm (Telemaco), Miriam Scholz (Ericlea), Miljan Milovic
(Eumete), Marco Agostini (Pisandro), Nathan Northrup (Anfinomo),
Peter König (Iro), Thomas Schobert (Tempo / Antinoo), Ute
Temizel (Fortuna), Banu Böke (Amore / Minerva) - nouvelle
production
- Théâtre de
Remscheid - 28, 30 octobre 2009 -
mise en scène Jacob Peters-Messer - Bergische Symphoniker -
production de Wuppertaler Bühnen
- Edinburgh International
Festival - 23, 25, 26 août
2009 - Handspring Puppet Company - Ricercar Consort - dir.
Philippe Pierlot - mise en scène, vidéo William
Kentridge - décors, costumes Adrian Kohler -
lumières Wesley France - avec Julian Podger
(Ulisse/L'Humana Fragilità), Romina Basso (Penelope),
Lluís Vilamajó (Telemaco/Pisandro), Stephan MacLeod
(Nettuno/Antinoo/Tempo), Anna Zander (Fortuna/Melanto/Anfinomo),
Valerio Contaldo (Eumete/Eurimaco/Giove), Adriana Fernandez
(Amore/Minerva) - production de KunstenFestivalDesArts/La Monnaie
De Munt, Brussels

- Vienna - Virginie -
États-Unis - The Barns at Wolf Trap - Wolf Trap
Opera - 24, 26, 28 juillet 2009 -
dir. Gary Thor Wedow - mise en scène James Marvel -
décors Eric Allgeier - costumes Andrea Huelse -
lumières Robert H Grimes - avec Eva Pine (Minerva), Alicia
Gianni (Fortuna / Giunone),Hana Park (Amor), Rena Harms (Ericlea),
Jamie Van Eyck (Melanto), Jamie Barton (Penelope), David Portillo
(Eurimaco / Pisandro), Dominic Armstrong (Ulisse /
L'Humanità Fragilità), Paul Appleby (Eumete), Diego
Torre (Iro), Chad Sloan (Telemaco), Matthew Hanscom (Anfinomo),
Daniel Billings (Giove), Nicholas Masters (Nettuno / Tempo),
Carlos Monzón (Antinoo)

- Buenos Aires - Buenos
Aires Lírica - 17, 19, 21,
23, 25 juillet 2009 - dir. Juan Manuel Quintana - mise en
scène Alejandro Bonatto - décors Jerónimo
Basso - costumes Sofía Di Nunzio - lumières Gonzalo
Córdova - avec Víctor Torres (Ulisse), Evelyn
Ramírez (Penelope), Maria Cristina Kiehr (Minerva/Fortuna),
Franco Fagioli (Telemaco), Osvaldo Peroni (Iro), Oreste Chlopecki
(Tempo/Neptune/Antinoo), Damián Ramírez (La
fragilita humana /Pisandro), Pablo Pollitzer (Anfinomo), Jaime
Caicompai (Eurimaco), Pilar Aguilera (Juno/Melanto), Carlos
Ullán (Eumete), Gustavo Zahnstecher (Giove), Nadia
Szachniuk (Amore)

- Madrid - Teatro
Real - 17, 19, 21, 22, 24, 25,
27, 29, 30 avril 2009 - Paris -
Salle Pleyel - 4 mai (en version
de concert) - Les Arts Florissants - dir. William Christie - mise
en scène Pier Luigi Pizzi - lumières Sergio Rossi -
avec Kobie van Rensburg (Ulisse), Christine Rice (Penelope), Cyril
Auvity (Telemaco), Joseph Cornwell (Eumete), Umberto Chiummo
(Antinoo), Juan Sancho (Anfinomo), Xavier Sabata (Pisandro), Ed
Lyon (Eurimaco), Robert Burt (Iro), Marina
Rodríguez-Cusí (Ericlea), Terry Way (La fragilita
humana), Claire Debono (Minerva), Claire Debono (Amor), Luigi De
Donato (Neptuno, Tempo), Carlo Allemano (Giove), Sonya Yoncheva
(Giunone)


"La beauté
monteverdienne a battu son plein au Teatro Real de Madrid avec une
production de Il ritorno d'Ulisse in patria signée William
Christie et Pier Luigi Pizzi. Il faut savoir que Il ritorno n'avait
jamais été représenté à Madrid,
même si l'on avait pu voir il y a longtemps le film de Ponnelle
et Harnoncourt sur quelques rares écrans. Finalement, l'œuvre
est créée chez nous dans une production
inspirée, rigoureuse, et d’une beauté inattendue. Ceci
est le deuxième opéra de Monteverdi parmi les trois
programmés par Antonio Moral, directeur artistique du Teatro
Real, avec la même équipe artistique. En 2008 ce fut un
Orfeo très convaincant et en 2010 c'est Poppea qui sera
à l'affiche, œuvre déjà donnée à
Madrid. Pour l'heure, voici un Ulisse qui restera dans les
mémoires des amateurs d'art lyrique.
L’orchestre vénitien
(ou bolognais) de cet opéra (composé pendant la Guerre
de Trente Ans) est plus réduit que celui de l’Orfeo de la
fière et brillante Mantoue de 1607. Dans cette production,
l’ensemble des Arts Florissants ne compte que dix-huit musiciens, y
compris Christie lui-même, au clavecin et au régale :
cordes frottées et cordés pincées, cornetti,
flûte, claviers, un petit ensemble résolument
"historique", dans un théâtre toutefois un peu trop
grand. De plus, l’ensemble joue rarement en tutti, et ce sont les
familles d'instruments qui assurent l'accompagnement des solistes
dans les magnifiques récitatifs et "airs" (pas encore des
"arias", c’est trop tôt) d'une beauté saisissante dont
Ulisse regorge.
Comme l’année
précédente, Christie et Pizzi n’ont pas souhaité
jouer dans la fosse, mais en continuité et en
contiguïté avec le public, les musiciens et les
chanteurs-comédiens. Un petit escalier permet aux
comédiens et aux chanteurs d'accéder à leur
espace situé entre les musiciens et les spectateurs. Un peu
d’"illusion" historique pour une mise en scène qui ne perd
jamais le sens du passé de cette partition découverte
au XXe siècle. On connaît bien le sens aigu de
l'histoire des Arts Florissants et de William Christie, surtout dans
le Baroque tardif et le Grand Siècle français. On
connaît aussi ses diverses incursions dans Monteverdi ainsi que
le DVD de son Ulisse aixois de 2002 mis en scène par Adrian
Noble. Cette production du Teatro Real, bien que différente,
n'est pourtant pas très éloignée de la
production d'Aix en Provence tant il est vrai que Ulisse a besoin
d’être revisité de temps en temps (il ne nous reste,
comme dans toutes les partitions de l’époque, que la ligne de
chant et la basse), ce qui fut le cas ici grâce au travail de
Jonathan Cable. La musique de Monteverdi exige ce travail de
recherche et d'expérimentation. Magnifique occasion pour
William Christie de célébrer les trente ans de la
magnifique carrière des Arts Florissants.
Ulisse demande un
équilibre entre le drame et l'humour, mais aussi entre le
récit, le conflit et l’allégorie baroque que Pizzi a su
rendre par une direction d’acteurs qui met en valeur la beauté
générale - et ici universelle - des lignes de chant,
mais aussi grâce à une démarche scénique,
à l’éclat de ses décors et à
l’ambiguïté séduisante des costumes qui
transcendent l'histoire. Ces acteurs ont des voix formidables si on
les compare à ce qu’on peut écouter d’ordinaire dans
les théâtres d’opéra. Si l’orchestre est
formé par un petit group d’instruments originaux, la
distribution, elle, est composée de voix
spécialisées dans cette période où tout
divo ou toute diva serait hors de propos dans une conception comme
celle-ci. Les deux moments d’anagnorisis (Pénélope et
Télémaque; Pénélope et Ulysse) sont
émouvants et traités de façon subtile et
nuancée. Le contraste entre les trois mondes de la
pièce (l’allégorie et les dieux; l’intrigue d’Ulysse
pour récupérer sa famille, son foyer et son pouvoir; la
cour insouciante et banale des prétendants, voire l'intrigue
secondaire et significative de l’amour de Melante pour Eurymaque) est
rendu de façon éclatante et naturelle, dans une logique
séquentielle, constituant ainsi un ensemble d’une
théâtralité irrésistible et
séduisante.
Le niveau musical est
très élevé pour tous les rôles. Le
ténor sud-africain Kobie van Rensburg campe un Ulysse contenu,
parfois exalté, toujours efficace vocalement et
dramatiquement. Supérieure en voix, en nuances et en tant
qu'actrice, la mezzo Christine Rice (qui excelle aussi dans d’autres
répertoires, comme Britten, Verdi et Rossini, mais aussi
Haendel) est une Pénélope idéale, introspective,
déchirée mais sans excès. Le jeune ténor
français Cyril Auvity en Télémaque (rôle
qu'il chanta à Aix en 2000 et que l'on retrouve dans le DVD de
2002 dont il est question plus haut), est bouleversant, avec des
moments sublimes notamment dans le « Del mio lungo viaggio
». De ce même DVD on retrouve ici Joseph Corwell en
Eumée, très bon ténor et formidable acteur, et
Robert Burt en Irus, rôle bouffe qu’il interprète
à la perfection, même à l’acte III, où sa
bouffonnerie est parfois très proche du drame. Christie
utilise des falsetistes pour certains rôles de soprano
(formidables Xavier Sabata dans le rôle Pisandre et Terry Wey
dans celui de la fragilité humaine). La voix typique de basse
profonde accompagnée parfois par le régal est celle de
Luigi De Donato, splendide, pour les rôles de Neptune et du
Temps. On ne peut passer sous silence quatre belles voix
féminines d’une grande capacité histrionique : Hanna
Bayodi-Hirt (Melante et la fortune, Claire Debono (la double
divinité), Sonya Yontcheva (Junon) et Marina
Rodríguez-Cusi (Euryclée)."
- Opéra Magazine - juin 2009
"Nous n'avions pas
été emballés par L'Orfeo, premier volet de la
trilogie montéverdiennne confiée à Pier Luigi
Pizzi par le Teatro Real : trop « joli » et
décoratif, le spectacle restait à la surface des
affects. Il ritorno d'Ulisse in patria convainc davantage, sans pour
autant soulever un enthousiasme délirant. Nous avons
éprouvé, reconnaissons-le, quelques craintes pendant la
première partie, avec des chanteurs abandonnés à
eux-mêmes dans un dispositif extrêmement
dépouillé : une paroi grise légèrement
bombée au fond, un cadre de miroirs à
l'avant-scène, des rochers bas disposés en cercle et
deux arbres au centre, un lit de bois tout simple, sans matelas ni
draps, sur la droite, du sable blanc sur le sol. La quasi-absence de
direction d'acteurs donne la sensation d'assister à un
oratorio, impression encore renforrcée par la
sobriété des costumes (Penelope dans une robe longue
violette toute simple, Ulisse en pullover et pantalon noirs ... ).
Bref, l'ennui guette, malgré de somptueux éclairages et
quelques touches de couleur et d'animation bienvenues, telle
face-à-face entre un Nettuno bleu des pieds à la
tête, à l'exception de son trident doré, et un
Giove tout en rouge, le visage recouvert d'un masque-couronne
également doré. Dans la deuxième partie, on a
d'abord un superbe décor à se mettre sous la dent : un
fragment de la façade du palais dans lequel se
déroulait L'Orfeo, flanqué de cyprès, d'arbustes
et de sortes d'échafaudages couverts d'une mousse blanche,
comme si la nature avait pris possession des lieux, le tout baignant
dans une lumière argentée fort évocatrice. La
direction d'acteurs se fait ensuite plus serrée, sans tout
à fait dissiper la sensation d'un spectacle où la
beauté de l'image est toujours plus importante que la force du
geste. Incontestablement moins maniéré que L'Orfeo
(malgré une pantomime de l'Humana Fragilità dont le
côté «posé» et excessivement
léché frise le ridicule), ce Ritorno d'Ulisse rassure
donc sur la suite du cycle. Gageons que Pizzi se montrera encore plus
soucieux de théâtre la saison prochaine dans
L'incoronazione di Poppea, très certainement le plus «
dramatique » des trois livrets.
La distribution est
somptueuse, ce qui n'était pas toujours le cas dans L'Orfeo.
Au sommet, nous placerons l'éblouissant Telemaco de Cyril
Auvity, bien connu depuis la production d'Adrian Noble au Festival
d'Aix-en-Provence, mais dont les qualités de timbre, de
sensibilité, de diction et de variété dans le
phrasé nous laissent à chaque fois béats
d'admiraation. Dans ce répertoire, le ténor
français n'a guère d'égal aujourd'hui et c'est
d'autant plus dommage qu'il gaspille son talent en abordant Tamino ou
Don Ottavio, auxquels il n'a absolument rien à apporter.
Christine Rice se hisse presque sur les mêmes cimes avec une
Penelope toute d'ampleur tragique et d'émotion, à
l'instar de Terry Wei, déchirant en Humana Fragilità.
Malgré quelques sonorités trop nasales dans l'aigu,
Kobie van Rensburg est un Ulisse aussi autoritaire
qu'émouvant, Claire Debono se montrant extrêmement
précise dans les traits de virtuosité de
Minerva.
Comme dans L'Orfeo, la
réussite musicale de la reeprésentation doit beaucoup
à la présence des Arts Florissants et de William
Christie, dans un opéra qui leur va comme un gant.
L'accompagnement des voix tient en permanence du miracle, avec une
mention pour le duo entre Eumete et Ulisse à l'acte II,
absolument bouleversant."
- Düsseldorf - Deutsche
Oper am Rhein - 10, 14 janvier, 18 juin 2009 - Neue
Düsseldorfer Hofmusik - dir. Andreas Stoehr - mise en
scène Christof Loy - décors Dirk Becker - costumes
Michaela Barth - avec Tassis Christoyannis (Ulisse / L'Humana
fragilità), Sami Luttinen (Nettuno/Tempo), Véronique
Parize (Giunone/Fortuna) , Sylvia Hamvasi (Amore), Marta Marquez
(Penelope), Michael Pflumm (Telemaco), Fabrice Farina (Eurimaco),
Itziar Lesaka (Melanto), Gwendolyn Killebrew (Ericlea), Bruce
Rankin (Giove), Mariselle Martinez (Minerva), Ludwig Grabmeier
(Eumete), Martin Wölfel (Pisandro), Corby Welch (Anfinomo),
Thorsten Grümbel (Antinoo), Alexandru Ionitza (Iro)
- Université de
Princeton - Richardson Theater - Alexander Hall - 9, 10
janvier 2009 - dir. Michael Pratt - mise en scène Andrew
Eggert - décors Christopher Gorzelnik - costumes Marie
Miller - lumières Liz Lammer - en anglais
- Opéra
Théâtre de Besançon - 8
décembre 2008 - Théâtre de Nîmes -
11, 12 décembre 2008 - Toulouse -
Halle aux Grains - 17, 18 décembre 2008 -
Ricercar Consort - dir. Philippe Pierlot - mise en scène et
décors William Kentridge - Handspring Puppet Company -
décors, marionnettes et costumes Adrian Kohler -
lumières Wesley France - avec Julian Podger
(Ulisse/l'Humana Fragilità), Guillemette Laurens
(Penelope), Lluis Vilamajo (Telemaco/Pisandro), Stephan MacLeod
(Nettuno/Antinoo/Tempo), Renata Pokupic
(Fortuna/Melanto/Anfinomo), Jean-François Novelli
(Eumete/Eurimaco/Giove), Adriana Fernandez (Amore/Minerva)
- Stockholm, Drottningholms
Slottsteater - 26, 30 juillet,
1er, 3, 5, 7, 9 août 2008 - The Drottningholm Theatre
Orchestra - dir. Mark Tatlow - mise en scène Johanna Garpe
- costumes Karin Erskine - avec Petteri Salomaa (Ulisse), Ann
Hallenberg (Penelope), Anders Dahlin (Telemaco), Susanne
Rydén (Minerva, Fortuna), Tuva Semmingsen (Melanto, Amore),
Miriam Treichl (Ericlea, Giunone), Niklas Björling Rygert
(Eumete, Giove), Fredrik Strid (Eurimaco, Feacio primo), Johan
Christensson (Iro, Feacio secondo), Martin Vanberg (Pisandro,
L'umana fragilità), Lukas Jakobski (Antinoo, Nettuno,
Tempo)
- Toronto - Opéra
Atelier - 27 octobre, 3 novembre
2007- Toronto Consort - dir. David Fallis - avec Olivier Laquerre
(Ulisse), Stephanie Novacek (Penelope), Jennie Such, Curtis
Sullivan, Lawrence Wiliford , Michel Schrey, Kevin Skelton, Vicki
St Pierre, Alain Coulombe, Carla Huhtanen, Laura Pudwell -
nouvelle production
- Amsterdam - Het
Muziektheater - 2, 8, 14, 20, 23,
28 septembre, 1er octobre 2007 - dir. Glen Wilson - mise en
scène Pierre Audi - décors Michael Simon - costumes
Jorge Jara - lumières Jean Kalman - avec Paul Nilon
(Ulisse), Patricia Bardon (Penelope), Wilke te Brummelstroete
(Minerva), Ed Lyon (Telemaco), Alan Ewing (Tempo / Antinoo), David
Cordier (Anfinomo / L'Umana Fragilità), Machteld Baumans
(Amore), Thomas Allen (Pisandro), Jeroen de Vaal (Eurimaco), Nigel
Robson (Iro), Tania Kross ((Melanto / Fortuna), Paul Agnew
(Eumete)

- Opéra de Francfort
- Bockenheimer Depot - 23, 25,
27, 30 juin, 2, 4, 6, 8 juillet 2007- Frankfurter Museumorchester
- dir. Paolo Carignani / Felice Venanzoni - mise en scène
David Hermann - décors Christof Hetzer - costumes Christof
Hetzer - dramaturgie Zsolt Horpacsy - lumières Jurgen Koss
- avec Christine Rice (Penelope), Peter Marsh (Telemaco), Kresimir
Spicer (Ulisse), Elin Carlsson (Giunone, Amore, Melanto), Magnus
Baldvinsson (Antinoo, Tempo, Nettuno) , Christian Dietz (Giove,
Anfinomo), Jenny Carlstedt (Fortuna, Ericlea), Anja Fidelia Ulrich
(Minerva), Ralf Simon (Eurimaco, Pisandro), Jussi Myllys (Eumete)
- nouvelle production

- Paris - Cité de la
Musique - 5 juin 2007 -
Toulouse - Théâtre du Capitole - 8 juin 2007 - Leipzig - Goethe Theater - 12 juin 2007 - version de concert - Les Talens
lyriques - dir. Christophe Rousset - avec Jan Kobow (Ulisse),
Hilary Summers (Penelope), Emilio Gonzalez-Toro (Iro), Sabina
Puértolas (Minerve), Anders J. Dahlin (Umana fragilita,
Telemaco), Luigi De Donato (Nettuno), Joao Fernandes (Tempo, Feace
3, Antinoo), Robert Getchell (Eurimaco), Martine Mahé
(Ericlea), Sarah Jouffroy (Fortuna, Melanto), Ann-Kristin Jones
(Amore, Giunone), Jean-François Novelli (Anfinomo), Ryland
Angel (Giove), David Lefort (Eumete, Feace 2)
- Forum
Opéra - 8 juin 2007 -
Le triomphe de
Télémaque
"On sait que la partition
retrouvée à Vienne à la fin du XIXe
siècle est des plus succinctes ; la musique de certaines
scènes semble perdue à jamais. On sait aussi que lors
des représentations payantes au Théâtre Santi
Giovanni e Paolo l’effectif orchestral et choral était
réduit à la portion congrue. Christophe Rousset
respecte scrupuleusement ces données de fait et propose donc
une interprétation philologique, sans les ajouts que se sont
permis quelques uns de ses collègues, qu’il s’agisse
d’emprunts à des œuvres contemporaines pour remplacer les
scènes manquantes ou de musiciens supplémentaires pour
enrichir les couleurs des instruments solistes et du continuo. Le
résultat ? Une exécution impeccable mais qui
paraît bien austère lorsque la mémoire la
confronte à d’autres versions. Néanmoins, vents
virtuoses, cordes précises, continuo toujours expressif,
ritournelles enjouées, c’est une réussite
indiscutable.
Mais ce dépouillement
expose pleinement les voix des chanteurs ; or tous n’ont pas de quoi
surmonter les difficultés de leur rôle avec
l’éclat ou la personnalité souhaitable. Pour un
Emiliano Gonzalez-Toro chantant sans partition et se permettant de
jouer son personnage, d’autres restent rivés au texte avec
application. Ceci explique-t-il cela ? La saveur liée au
mariage de scènes comiques succédant à des
lamenti s’affadit jusqu’à disparaître, et avec elle
l’élan dramatique né du débat entre le
renoncement au plaisir et les incitations à la jouissance
immédiate. D’autant que la version en trois actes,
probablement préférée parce que plus compatible
avec le format d’un concert, prive partiellement l’œuvre de la
cohérence musicale et dramatique de la version en cinq actes.
Auprès du quatuor divin ( Minerve, Junon, Jupiter et Neptune),
satisfaisant tant par les moyens que par les intentions, Ulysse
déçoit quelque peu, campé par un ténor
sans éclat particulier, parfois nasal et à la
prononciation perfectible. Dans le prologue, Joao Fernandes est un
Tempo impressionnant avant de devenir un Antinoo carré.
Melanto et Eurimaco ne déméritent pas mais leur
interprétation manque de relief. Dominent la
Pénélope un peu monocolore d’Hilary Summers dont la
voix demeure souple et dont le maintien altier exprime la noblesse,
et le Télémaque d’Anders Dahlin, déjà
bouleversant en Umana fragilità dans le prologue, un
régal de beauté vocale et de justesse
interprétative.
Au final, cette version
plutôt destinée aux musicologues, a recueilli un franc
succès auprès d’un public nombreux, confirmation que
désormais le répertoire baroque est à sa place
au Capitole."
- Forum
Opéra - 5 juin
2007
"Hélas, ce Retour
d’Ulysse ne s’ajoutera pas au catalogue de ses succès, et ce
pour deux raisons principales : d’une part une direction
sèche, d’autre part un plateau vocal très inégal
et mal distribué...Le choix d’un orchestre spartiate pour une
œuvre de trois heures entraîne naturellement un risque d’ennui
si les chanteurs ne sont pas suffisamment impliqués
dramatiquement. Aussi, quelques bataillons de dulcians, trombones,
sacqueboutes et violes manquaient cruellement à l’appel en
cette veille du débarquement de Normandie. D’ores et
déjà, pour contrer les grincheux qui avanceraient des
arguments musicologiques, rappelons que le débat est loin
d’être tranché puisque l’unique partition de la
Bibliothèque de Vienne « représente plutôt
une espèce de partie de direction qu'une partition au sens
habituel ; ne sont notées que la basse et les parties vocales,
de même que les préludes et interludes instrumentaux.
Parmi ceux-ci, certains sont entièrement composés, avec
les parties médianes, d'autres ne comportent que la basse,
d'autres encore la basse et le dessus. Il reste donc manifestement
beaucoup à ajouter. » (Nikolaus Harnoncourt, Le Dialogue
musical, Gallimard, 1985). Le reste de l’instrumentation retenue par
Nikolaus Harnoncourt est proposé en note de fin de texte.
L’ouverture laissait pourtant entrevoir des Talens lyriques capiteux.
Etirant les tempi dans une suave sensualité, Rousset semblait
vouloir axer sa lecture sur la troublante ambiguïté d’une
Pénélope tiraillée entre devoir et désir.
Malheureusement, cette espérance ne sera pas tenue et le chef
interprètera toutes les autres ritournelles avec une vigueur
sèche, parfois accompagnée de cornets acides. Seules
les flûtes, le lirone et la harpe apporteront quelques couleurs
à l’orchestre.
En outre, l’équipe de
solistes est à la fois inégale et mal employée.
Pourquoi cantonner les très excellents ténors
Jean-François Novelli, Anders J. Dahlin, Robert Getchell, ou
Emilio Gonzalez-Toro à des seconds rôles et laisser Jan
Kobow, instable, froid et brouillon, assumer le rôle-titre ?
Pour incarner son épouse, le mezzo sombre d’Hilary Summers
sied bien à la reine Pénélope, mais la chanteuse
décline au long de la soirée et sa voix devient de plus
en plus voilée, tandis qu’elle évite le trille
monteverdien. Le reste des solistes comprend le peu intelligible
Luigi De Donato, les aigus fêlés de Sabina
Puértolas, la criarde Sarah Jouffroy, mais aussi le Jupiter
« alla Niger Rogers » de Ryland Angel et le timbre rond et
expressif d’Ann-Kristin Jones. Cette équipe ne semble
guère soudée, et se révèle très
hétérogène en termes d’aisance dans le chant
monteverdien. Seul Emilio Gonzalez-Toro est parvenu à
insuffler une vie truculente à son personnage comique du
courtisan goinfre Irus, sans brutaliser une partition que ses
collègues récitaient avec plus ou moins d’engagement.
Peut-être une mise en espace aurait-elle permis de rendre un
peu de la lumière des hommes à ce tableau mythologique
glacé. Vous l’avez compris, la trinité de la berceuse
est présente : version de concert, orchestre maigrichon,
chanteurs peu impliqués et inégaux. Ce Retour n’a
d’ailleurs pas réussi à capter l’attention du
responsable des surtitres, assez distrait, et de certains spectateurs
qui ont profité des deux entractes pour s’esquiver. En fin de
soirée, on est soulagé de pouvoir faire comme Ulysse,
c’est-à-dire retrouver son chez soi et sa fidèle
épouse… en attendant la suite du cycle Ulysse de la
Cité de la musique avec une tragédie lyrique rare de
Jean-Fery Rebel."
"Christophe Rousset refuse
toute emphase dans cette longue partition. L’orchestration, chaque
fois réinventée selon l’interprétation
donnée, est ici volontairement chambriste : deux flûtes,
deux cornets à bouquin, quatre cordes et un continuo de cinq
instrumentistes. Une option qui rend ce Ritorno d’Ulisse en drame
intimiste, idée intéressante mais peu crédible
dans la vaste jauge de la Cité de la Musique... Hilary
Summers, qui aime les grands écarts stylistiques et navigue du
baroque au contemporain, campe une Pénélope
altière avec son timbre presque androgyne... Le reste de la
distribution était formé de jeunes talents, dont
plusieurs bonnes surprises, à commencer par l’Ulysse de Jan
Kobow."
"Pour son premier Retour
d’Ulysse, Christophe Rousset demeure fidèle aux principes
qu’il applique depuis le baptême scénique et
monteverdien des Talens Lyriques à Amsterdam en 1993, à
la réalisation du Couronnement de Poppée : flûtes
et cornets parent les violons et alti de l’ornamento, tandis que le
continuo ne croule pas sous les cordes pincées comme il est
trop souvent de mise aujourd’hui. Cet ensemble
équilibré suscite des alliages de timbres et des
combinaisons instrumentales d’une rare subtilité, sans la
moindre redondance chromatique avec des chanteurs que jamais Rousset
ne bouscule, attentif à la variété rythmique
depuis le clavecin.
Parmi les dieux se distingue
particulièrement le Neptune tonnant, nimbé des
sonorités intimidantes du régale, de Luigi De Donato,
face auquel le Jupiter fluet de Ryland Angel ne fait pas le poids,
alors que la Minerve acariâtre à force d’acidité
– en voix de Junon donc – de Sabina Puértolas doit s’incliner
devant la Junon au timbre de diamant brut d’Ann-Kristin Johnson.
Né pour Monteverdi, Emiliano Gonzalez-Toro signe avec le
glouton Irus, auquel ne le prédisposait pas son timbre
juvénile, un irrésistible contre-emploi, mais la
Mélantho sans séduction de Sarah Jouffroy et
l’Eurymaque facile mais inconsistant de Robert Getchell ne sont pas
pour rien dans les fléchissements du premier acte. Et si
Anders J. Dahlin incarne le plus délicatement innocent des
Télémaque, relevant d’une voix de tête
pétrie de douceur le défi de la Fragilité
humaine, le phrasé savant et le timbre raffiné de Jan
Kobow sont pour ainsi dire l’inverse de cette voix monteverdienne
cuivrée à l’assise naturellement sombre, née de
la terre et gorgée de soleil, qui est à celle d’Ulysse
et d’Orphée. Mais face à un trio de prétendants
dominés par la belle basse souple et claire de João
Fernandes, la Pénélope majestueuse d’Hillary Summers,
contralto d’une profondeur singulière frôlant sans cesse
l’étrange, ni féminin, ni masculin, encore moins
androgyne, module son vibrato telles les nervures d’un marbre
inflexible."
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 11, 12, 13 mai 2007 - Handspring Puppet Company
- dir. Philippe Pierlot - mise en scène William Kentridge -
décors Adrian Kohler, William Kentridge - marionnettes et
costumes Adrian Kohler - lumières Aj Weissbard - avec
Nikolay Borchev (Ulisse / l’Humana Fragilità), Romina Basso
(Penelope), Lluís Vilmajó (Telemaco, Pisandro),
Marek Rzepka (Nettuno/Antino/Tempo), Damien Guillon (Anfinomo),
Raffaella Milanesi (Fortuna/Melanto), Jan van Elsacker (Eumete /
Eurimaco /Giove), Adriana Fernandez (Amore / Minerva)

"Dès lors revoir ce
spectacle était une expérience des plus
intéressantes. Proposé pour seulement trois
représentations, ce travail fascine toujours. Dans un
décor unique qui n’est pas sans rappeler le
théâtre du Globe de Shakespeare, Kentridge raconte une
histoire humaine insistant sur la psychologie des personnages. Ulysse
est ainsi un vieil homme mourrant sur un lit d’hôpital dont le
retour tient plus de l’ultime songe que de la réalité.
Les chanteurs en tenues contemporaines se voient «
doublés » par des marionnettes assez sommaires mais
très expressives ; le coup de génie de Kentridge
consistant à faire participer les chanteurs aux mouvements des
marionnettes. Derrière la scène, un écran
reçoit les projections vidéos qui mêlent
imageries médicales, bouts de films, et dessins de Kentridge.
Le résultat est assez fascinant et captivant, le tout
s’affirmant d’une élégance intellectuelle
racée."
- Chicago Opera
Theater - 28, 30 mars,
1er, 5, 7 avril 2007 - dir. Jane Glover - mise en
scène Diane Paulus - décors Rafael Viñoly -
costumes Candice Donnelly - lumières Kevin Adams - avec
Scott Belluz (L'humana Fragilita), Paul Corona (Il Tempo), Kari
Sorenson (La Fortuna), Kinga Skretkowicz (Amore), Marie Lenormand
(Penelope), Daveda Karanas (Ericlea), Melina Pineda (Melanto),
Edmundas Seilius (Eurimaco), Darren Stokes (Nettuno), Jason
Collins (Giove), Rizo Arellano (Sailor 1), Darryl Williams (Sailor
2), Michael Brown (Sailor 3), Mark Le Brocq (Ulisse), Fiona Murphy
(Minerva), Robin Leggate (Eumete), Robert Burt (Iro), Nicholas
Phan (Telemaco), Paul Corona (Antinoo), Michael Kelly (Anfinomo),
Scott Belluz (Pisandro), Micaela Oeste (Giunone)

- Tourcoing -
Théâtre municipal - Atelier Lyrique - 13, 16, 18 mars 2007 - La Grande Ecurie et la
Chambre du Roy - dir. Jean-Claude Malgoire - mise en scène
chorégraphique Jasna Vinovrsky - dramaturgie Jean Claude
Malgoire - scénographie lumières Jacky Lautem -
costumes Christine Rabot Pinson - avec Kobie Van Rensburg
(Ulysse), Nora Gubisch (Pénélope), François
Piolino (Télémaque/Jupiter), Bernard Deletré
(Neptune), Hjördis Thébault (Minerve), Delphine Gillot
(Junon/la Fortune), Vincent Bouchot (Pisandre/2ème
Phéacien), Renaud Delaigue (Antinoüs/le Temps),
Dominique Visse (Amphinome/1er Phéacien/la Fragilité
humaine), Marie Planinsek (Amour), Anne-Sophie Zirnhelt
(Euryclée), Pablo Lopez Martin (3ème
Phéacien), Estelle Kaïque (Mélante), Carl
Ghazarossian (Eurymaque), Emiliano Gonzalez Toro (Irus), Jean
Delescluse (Eumée) - nouvelle production
- ConcertoNet - Le retour d'Ulysse… à
Tourcoing ! - 13 mars 2007
"Après avoir
monté au début des années 2000 le cycle complet
des opéras de Monteverdi, l’Atelier lyrique de Tourcoing et
Jean-Claude Malgoire remettent sur le métier Il ritorno
d’Ulisse in patria avec une distribution comportant des
éléments qui frisent l’idéal. Le spectacle en
soi est très agréable à regarder car la mise en
scène a pour but d’illustrer l’œuvre et non de la
détourner. La mise en scène de Jean-Claude Malgoire,
pour l’occasion, est très simple, très
épurée. Les décors sont blancs et ce sont donc
les lumières qui jouent un rôle essentiel pour mettre en
valeur un personnage, un moment (ombres chinoises des protagonistes
pendant un duo d’amour, etc…). Jean-Claude Malgoire reste
fidèle à l’esprit d’Homère dans la mesure
où il place l’intrigue dans un univers antique :
Pénélope et ses femmes portent des robes typiquement
grecques, Ulysse revêt un manteau de bête pour se
déguiser en vieillard et se sert d’une canne en bois. Sur
l’écran du fond de la scène sont projetées des
reproductions de vases grecs qui racontent l’histoire de
l’Odyssée ou bien des différents épisodes du
retour d’Ulysse. L’effet est non seulement beau mais aussi
instructif.
La distribution est
dominée par Kobie Van Rensburg. Après avoir
incarné un des meilleurs Néron actuels à
Genève et à Caen à l’automne, il se frotte
aujourd’hui au rôle d’Ulysse qu’il incarne avec
vérité et conviction. Le personnage évolue
pendant l’opéra puisqu’il apparaît sur scène
d’abord comme un héros déchu mais qui reprend peu
à peu confiance en lui et en l’avenir : le duo avec Minerve au
premier acte en est un exemple parlant. Avec une facilité
vocale confondante, le ténor ne fait qu’une bouchée de
ce rôle, apportant la noblesse nécessaire à son
chant dans les parties où le roi d’Ithaque se dévoile
mais aussi la douceur et l’amour au duo final avec son épouse
retrouvée. La grande stature du chanteur est également
idéale pour camper un héros grec.
Nora Gubisch
déçoit un peu en Pénélope. Elle brosse le
portrait d’une femme dure, assez sèche qui ne se laisse pas
aller entièrement à sa douleur. La chanteuse n’insiste
pas assez sur le désespoir de la reine d’Ithaque car elle
privilégie la colère et la rage qui l’habitent.
Vocalement la prestation n’est pas non plus à la hauteur des
attentes. En effet, la voix est devenue assez lourde, sombre et
dépourvue de nuances en dehors d’une alternance entre piano et
forte : les « torna » de sa première intervention
manquent nettement de persuasion. Elle devient un peu plus humaine
vers la fin de l’opéra quand elle retrouve Ulysse mais le duo
final ne dégage pas suffisamment d’émotion de sa
part.
François Piolino est,
en général, un très bon chanteur et il ne
connaît pas de rivaux dans certains rôles. Mais en
abordant la partie plus lourde de Télémaque, il se
fourvoie un peu car on voudrait y entendre une voix un peu plus
corsée: son timbre est trop blanc, trop clair pour être
vraiment convaincant. La mise en scène en fait un jeune homme
plein de fougue et d’enthousiaste mais un peu ridicule : certains
gestes se veulent comiques alors qu’ils n’ont pas leur place dans
l’intrigue.
Les dieux sont bien
représentés avec, notamment, le Neptune
désopilant de Bernard Deletré. Le baryton
n’hésite pas à rendre son personnage comique avec des
rires ajoutés, des grossissements de voix, etc… Il faut dire
qu’il est affublé d’un costume qui ne fait nul doute sur son
emploi : il a un trident, il est coiffé d’un chapeau
reproduisant un bateau, etc… et il descend dans la fosse d’orchestre
comme il descendrait dans la mer. Jupiter, François Piolino,
fait une entrée remarquée car il descend du ciel
à la manière des anges baroques. La voix est plus
adéquate pour Jupiter que pour Télémaque et l’on
admirera donc la pureté de la ligne de chant, les notes
aériennes. Minerve trouve en Hjördis Thébault une
bonne chanteuse. La technique et le timbre de cette mezzo se sont
fortement améliorés ces derniers temps et elle semble
maintenant mieux contrôler son fort vibrato : la voix est
charnue, profonde, sombre… Elle porte un costume tout en argent, avec
un casque, une lance, tous les éléments indispensables
pour jouer la déesse de la guerre. Parmi les dieux, on peut
également relever la Junon de Delphine Gillot qui laissera un
souvenir plus honnête qu’impérissable. Le trio des
prétendants est irrésistible parce qu’il est
chanté par trois membres de l’ensemble Clément
Janequin, Dominique Visse, Vincent Bouchot et Renaud Delaigue. Ils
jouent leurs rôles avec un certain détachement et
semblent se moquer de la piètre figure des trois soupirants de
Pénélope: ils feignent tous trois un amour
démesuré à la reine. Ils laissent paraître
une certaine camaraderie entre eux, n’hésitant pas à
s’encourager mutuellement pendant l’épreuve de l’arc,
etc…Vincent Bouchot, en Pisandre, en rajoute beaucoup au point
d’être totalement ridicule: phrases langoureuses, phrasé
précieux, etc… Renaud Delaigue mise plutôt sur le
charme, l’élégance avec des notes tenues longuement.
Quant à Dominique Visse, il est un Amphinome énervant
à souhait, agile vocalement et scéniquement, que
quelques notes éthérées et d’une douceur infinie
rendent envoûtant.
L’opéra de Monteverdi
comporte de nombreux personnages et chanteurs et il serait fastidieux
de les recenscer tous, d’autant plus que certains comme Amour,
Euryclée ou Mélante, ne laisseront pas une impression
très favorable. En revanche, il convient de souligner la bonne
prestation d’Eurymaque, Carl Ghazarossian, qui fait preuve d’une voix
saine et qui s’amuse à jouer un jeune homme impétueux.
Emiliano Gonzalez Toro est excellent en Irus, car il parvient bien
à rendre l’ivresse du personnage et son apparente
bêtise: la voix est puissante et agile. Jean Delescluse apporte
une belle noblesse à Eumée et le duo entre lui et
Ulysse est peut-être le plus beau moment de la
représentation: les deux voix s’harmonisent très bien
ensemble! Parmi les allégories, on retiendra évidemment
la magnifique apparition au début de l’opéra de
Dominique Visse en Fragilité humaine. Il débute sa
partie sur un fil de voix et peu à peu les notes viennent se
greffer sur un crescendo général. Il utilise toute la
pureté de sa voix, contrôlant son vibrato qu’il ne
laisse échapper qu’à la fin de la phrase. Le Temps est
vaillamment chanté par Renaud Delaigue.
La direction de Jean-Claude
Malgoire est également très convaincante et expressive.
Il cherche, comme dans sa mise en scène, à raconter une
histoire. Il donne une bonne dynamique à l’ensemble,
même s’il reste toujours un peu sur la retenue. Une fois de
plus, l’Atelier Lyrique de Tourcoing produit un spectacle remarquable
où les imperfections relevées ici ou là ne
viennent pas gâcher le plaisir du spectateur. L’œuvre est
défendue avec enthousiasme et on ne peut qu’adhérer
à une telle qualité musicale et visuelle."
- Baltimore - Opera
Vivente - 9, 11, 15, 17 mars
2007- dir. Joseph Gascho - mise en scène John Bowen -
costumes Mary Bova - décors Pegi Marshall-Amundsen -
lumières Paul Christensen - avec Jay White Human
(Frailty/First Phaeacian/Peisander), David Morris (Time/Third
Phaeacian/Antinous), Katherine Korsak (Fortune/Melantho), Lisa
Eden (Love/Juno), Monica Reinagel (Penelope), Jessica Medina
(Eryclea), Joseph Regan (Eurimacus), John Bowen (Neptune), John
Weber (Jove), Jesse Blumberg (Ulysses), Ah Hong (Minerva), Matthew
Shaw (Eumaeus), Kerry Lee Jennings (Irus), Conrad Buck
(Telemachus)
- Cardiff - Wales Millennium
Centre - Welsh National Opera
- 16, 23 septembre 2006 - Oxford - New Theatre - 17, 19 oct 2006
- Birmingham - Hippodrome - 7
novembre 2006 - Bristol -
Hippodrome - 14 noembre 2006 - Southampton - 28 novembre 2006 - dir.
Rinaldo Alessandrini - mise en scène David Alden -
décors, costumes Ian MacNeil - avec Paul Nilon (Ulysses),
Sara Fulgoni (Penelope), Elizabeth Vaughan (Ericlea), Clive Bayley
(Antinous/Time/Neptune), Neil Jenkins (Irus), Ed Lyon
(Telemachus), Iestyn Davies (Pisander/Human Frailty), Sarah Tynan
(Melantho/Juno/Fortune), Elizabeth Atherton (Minerva), Andrew
Tortise (Eurymachus), Geoffrey Dolton (Eumaeus), Andrew
Mackenzie-Wicks (Amphinomous/Jove)


- Genève - Grand
Théâtre - 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25,
27 juin 2006 - Giardino Armonico - dir. Giovanni Antonini - mise
en scène, décors Philippe Arlaud - costumes Andrea
Uhmann - lumières Philippe Arlaud - chorégraphie
Anne-Marie Gros - avec Christophe Dumaux (L’Umana
Fragilità), Katia Valletaz (Amore), (La Fortuna / Minerva),
Antonio Abete (Il Tempo / Feace / Antinoo), Kresimir Spicer
(Ulisse), Marie-Claude Chappuis (Penelope), Hans-Jürg
Rickenbacher (Telemaco), Janja Vuletic (Melanto), Emiliano
Gonzalez Toro (Eurimaco), Thomas Michael Allen (Pisandro / Feace),
Daniele Zanfardino (Anfinomo / Feace), Robert Burt (Iro), Hanna
Schaer (Ericlea), Leonardo de Lisi (Eumete), Sanghun Lee (Giove),
Luigi De Donato (Nettuno), Sonia Yoncheva (Giunone) - nouvelle
production

- Opéra Magazine - septembre 2006 -
25 juin 2006
"Pour cette nouvelle
production d’Il ritorno d’Ulisse in patria, proposée par le
Grand Théâtre de Genève dans la salle
Théodore Turrettini, les maîtres d’oeuvre ont choisi la
version en trois actes et non cinq. Elle sacrifie certains aspects de la dramaturgie d’origine
mais elle est aussi la plus facilement accessible pour le grand
public, favorisant en particulier un rythme soutenu et une
fidélité à l’intitulé dramma in musica.
Tel est bien, semble-t-il, le souci premier de Philippe Arlaud dans
une mise en scène que l’on devine totalement accordée
à la conception musicale d’Attilio Cremonesi. Même s’il
y a des ruptures violentes, l’ensemble s’enchaîne avec une
sorte de nécessité qui ne vous abandonne jamais et fait
penser à Shakespeare. Les scènes de comédie sont
astucieusement travaillées pour apporter un efficace
contrepoids aux lamentos de Penelope et aux épisodes graves.
L’ensemble se partage entre le territoire humain, avec la
présence lointaine de la mer, et les loges des dieux
statufiés dans leurs niches. Avec, au centre, l’amorce d’une
descente vers un enfer propice aux engloutissements. Tout cela dans
un décor blanc et dépouillé,
perpétuellement mouvant.
Les décisions musicales
sont prises sans esprit de système et dans la plus grande
liberté. Avec une phalange un peu plus nourrie que ce que l’on
sait des effectifs vénitiens, surtout en ce qui concerne le
continuo, les ritournelles sont plus développées
qu’à l’époque où nos contemporains ont remis
l’ouvrage au répertoire. Le son de l’ensemble baroque genevois
est vivant, équilibré, les choix instrumentaux
richement variés. Attilio Cremonesi n’hésite pas à emprunter
à d’autres oeuvres de Monteverdi pour combler certains vides
des textes originaux, telle cette magnifique chaconne pour
accompagner le ballet des prétendants (dont nous ne
connaîtrons peut-être jamais la musique).
Excellente idée que
d’avoir engagé le ténor Kresimir Spicer pour Ulisse.
Familier du rôle (il avait été la
révélation du Festival d’Aix-enProvence en 2000),
il associe une puissance impressionnante à un sens rare de la
nuance, passant avec génie du tonnerre à la confidence
amoureuse. La Penelope de Marie-Claude Chappuis est la
précision même. Sa voix pure et égale sur toute
la tessiture convient bien à la permanence psychologique du
personnage, même si elle ne va pas toujours jusqu’au bout des
réserves en pathétique de la reine
éplorée. Sur le plan scénique, on
s'étonne quand même un peu des privautés qu’elle
accorde — ne serait-ce que par ruse — à ses trois
prétendants. Excellent Telemaco qui sait manier l’humour.
Superbe Nettuno, hiératique à souhait. On ne peut
oublier le personnage pittoresque du berger Eumete,
métamorphosé en jardinier, auquel Leonardo de Lisi
apporte humanité et chaleur, ainsi que la force burlesque du
goinfre Iro, énorme de drôlerie jusque dans le
désespoir. Mais, pour être honnête, il faudrait
citer chacun des membres de la nombreuse distribution.
Loin d’un spectade qui
sentirait la restitution historique, nous sommes en présence
d’une production vivante, fondée sur une émotion forte,
constamment renouvelée, et en cela fidèle à
Monteverdi."
"On croit tout savoir sur Il
ritorno d’Ulisse in Patria. Et pourtant, jamais personne n’a mis la
main ni sur la partition originale de Claudio Monteverdi, ni sur le
livret original de Giacomo Badoaro. Mais, depuis ses premières
productions modernes, vers les années 1920, l’absence de ces
documents fondamentaux n’a jamais rebuté ni les
théâtres ni les producteurs discographiques d’offrir
leur version – définitive, évidemment – de l’œuvre
attribuée à Monteverdi. La continuelle reconstruction
musicale à partir de brouillons non authentifiés fait
le bonheur du musicologue, tandis que la copie d’un des livrets (ils
sont effectivement deux à se disputer le droit d’être
mis en musique!) s’avère du pain béni pour le metteur
en scène. Sans garde-fou, il s’en donne à cœur joie
dans ses interprétations scéniques là où
il ne devrait s’attacher qu’à la seule certitude de cet
opéra : la relation étroite entre Il ritorno d’Ulisse
in Patria et les chants XIII à XXIII de l’Odyssée
d’Homère.
Il semble cependant que
Philippe Arlaud n’en a pas lu tous les chapitres sinon pourquoi
réinvente-t-il une histoire qui n’a plus grande chose à
voir avec l’argument du poète grec ? Qu’il transpose
l’intrigue dans les années cinquante n’a en soi rien de
choquant. En revanche, qu’il fasse l’impasse sur l’appesantissement
constant du sentiment d’attente de Pénélope, qui
pendant vingt ans, jour après jour, espère le retour
d’Ulysse, efface l’esprit même de son spectacle. Cette dame
blanche déambulant mollement dans son loft dont une immense
baie s’ouvre sur une mer de rêve n’évoquera jamais le
désespoir de Pénélope. Sans la lecture des
surtitres, difficile de savoir qui se cache derrière cette
statuesque personne. On se prend à y voir une Maria Callas se
morfondant dans son appartement parisien alors qu’elle avait
quitté le monde de l’opéra ! Mais alors, qui sont ces
soubrettes en blouse décolletées et minijupes blanches
sur des collants rose fuchsia, servant la collation de la diva dans
un ballet aussi immuable que ridicule? Et pourquoi, en 1950, cette
Callas de pacotille aurait-elle éprouvé le besoin de
tirer à l’arc sur quelques cibles disposées dans son
salon ? Et s’il s’était agi de Pénélope,
l’incongruité du geste eut été pareille.
On l’aura compris. La mise en
scène de Philippe Arlaud est vide de sens. Se voulant
légère, elle n’est que superficielle. Dans cet univers
inconsistant, les protagonistes font de leur mieux pour habiter
l’inhabité. On assiste alors à une pâle
prestation tant vocale que scénique de Marie-Claude Chappuis
(Pénélope). Jamais on ne pense qu’il s’agit de la
même interprète de l’excellent Annio dans La Clemenza di
Tito de Mozart, tout récemment présenté sur
cette même scène. Où tout était brillance,
verve et éclat ne restent que fadeur et indifférence.
Autour d’elle, un monde disparate de personnages désinvestis
vaque dans l’intrigue. Chacun, ou presque, y va de sa chansonnette
sans se sentir concerné du pourquoi et du pour qui il la
pousse. Certes, tout est correctement chanté, mais dans cette
ambiance dénuée d’enjeux, il n’y a plus de place pour
l’émotion. À vouloir faire sérieux, on chante
face au public. Peu s’en faut qu’on assiste à une
représentation «à-la-Bob-Wilson», avec le
dos-à-dos de la retrouvaille entre Ulysse et son fils
Télémaque. Que l’atmosphère se détende,
c’est le style «à-la-Jérôme-Savary» qui
prend le relais, avec ce jardinier balourd sorti des Noces de Figaro
enlaçant contre sa poitrine de redoutables cactus, avec la
délicatesse qu’on pourrait dédier à un ballon de
rugby.
Dans cette distribution
vocalement homogène et de bonne qualité, dommage que
l’absence de direction d’acteurs en gâche les talents.
Malgré leur application certaine, leurs voix souvent
intéressantes, leur talent, la plupart des chanteurs se
retrouvent confinés aux « abonnés absents ».
Ainsi Leonardo de Lisi (Eumée), Antonio Abete (Le
Temps/Antinoüs/Phéacien III) et l’admirable basse Luigi
de Donato (Neptune), le rôle probablement le mieux choisi de la
distribution, récitent plus qu’ils ne jouent. Regrettable
encore l’image laissée par la bouffonnerie forcée et
grotesque du ténor Robert Burt (Irus). S’il était
responsable des scènes qu’il interprète, aurait-on vu
un acteur qui ne sait plus chanter ou un chanteur qui ne sait pas
jouer ? Seuls les plus théâtralement doués s’en
sortent, à l’image d’Emiliano Gonzalez-Toro (Eurymaque) qui,
d’une voix puissante et claire impose sa musicalité et son
talent émotionnel dans un très crédible duo
d’amour avec une très belle et concernée Janja Vuletic
(Mélantho). Pas très musicien, le ténor croate
Kresimir Spicer (Ulysse) chante inutilement forte accentuant la
verdeur de sa voix. Disparaissant sous un triste manteau, une fois
démasqués ses ennemis, on espère le retrouver
comme le prince, le roi qui reprend son royaume et sa femme au
dernier tableau. Mais quand, tombant sa guenille, il apparaît
avec un « Marcel » tout sauf sexy et un pantalon aussi
seyant qu’un caleçon long, on mesure la poésie de la
costumière (Andrea Uhmann).
Comme un patchwork
incohérent, les scènes se succèdent. Cassant un
rythme théâtral déjà précaire, le
très bon Ensemble baroque du Grand Théâtre de
Genève souplement dirigé par Attilio Cremonesi suspend
ses interventions pour laisser se clore ou s’ouvrir un rideau,
s’avancer ou reculer bruyamment le décor sans raison
scénique avérée, à moins que ces
grincements mécaniques ne soient partie intégrante de
la partition de Monteverdi."
- Goldberg - août 2006 - 17 juin
2006
"Au Grand Théatre de
Genève, Philippe Arlaud fait bien plus simple, mais tout aussi
essentiel, avec le second volet d’uu cycle monteverdien
inauguré par un Orfeo très contesté. C’est que
son Retour d’Ulyssse illustre la trop rare entente entre un musicien
et un homme de théâtre. Le metteur en scène ne
dit que le livret dans une scénographie qui aussi “mode”
soit-elle, n’en est pas moins épurée — villa
immaculée, agrippée à l’Île d’Ithaque —,
et un traitement jamais pléonastique, comme pouvait
l’être le Couronnement de Poppée de David McVicar. La
réalisation musicale d’Attilio Cremonesi, qui cédait ce
soir-là sa baguette à son assistant Andrea Marchiol,
est toujours à l’écoute de cette simplicité, de
cette évidence du texte monteverdien, et surtout d’un
théâtre pour lequel il n’hésite pas à
ajouter ça et là quelques ritournelles, sans jamais
détruire le parfait équilibre du recitar cantando, ni
bousculer une distribution presque entièrement superlative.
Car si Marie-Claude Chappuis, parfaite diseuse, ne peut
prétendre au poids vocal de Pénélope, Kresimir
Spicer est , par la stature, la couleur et le style un Ulysse absolu.
La quadrature du cercle, en somme."
- Altamusica - Le Retour à l’essentiel
- 17 juin 2006
"On aura pu craindre un
instant un spectacle un peu mode, mais après son Orfeo
contesté, Philippe Arlaud poursuit son cycle monteverdien au
Grand Théâtre de Genève avec un Retour d’Ulysse
essentiel, en parfaite osmose avec la réalisation musicale
d’Attilio Cremonesi et un plateau superlatif dominé par la
stature saisissante de l’Ulysse de Kresimir Spicer.
Sans doute Philippe Arlaud
a-t-il succombé avec un rien de facilité à la
tentation d’une scénographie « tendance »,
peuplée d’une faune aux relents branchés. Mais
contrairement au Couronnement de Poppée complaisamment
encombré de poncifs de David McVicar, ce Retour d’Ulysse vise
à l’essentiel, c’est-à-dire le livret de Badoaro, dont
il conserve le découpage en cinq actes, plutôt que celui
en trois actes de la partition. Ouverte de part et d’autre sur
l’horizon, cette villa immaculée accrochée, comme lieu
de constance et d’attente, n’a-t-elle pas quelque chose d’antique
?
Économe de moyens, mais
d’une inventivité constante, le metteur en scène
apprivoise les contraintes du plateau du Bâtiment des forces
motrices, dont il magnifie l’exiguïté en l’utilisant sur
toute sa profondeur. D’un équilibre parfait entre
épique – images de mer et d’îles sobrement
projetées sur un rideau effleuré par la brise – et
comique, son travail se concentre avant tout sur ces
personnages-types si justement campés de l’opéra
vénitien : Pénélope chasseresse d’une superbe
dignité ; Euryclée, seule silhouette noire de cette
Ithaque blanche, voûtée, au regard fixé sur
l’horizon ; Eumée jardinier, amoureux de ses cactus ;
Mélantho, plus fantasme d’infirmière que femme de
chambre en chef, toujours flanquées de ses trois
irrésistibles doubles, agiles supportrices de
prétendants idéalement nouveaux riches ; et les dieux
mêmes, bustes joyeusement kitsch, prisonniers de leurs
colonnes-guérites.
Surtout, l’osmose paraît
totale entre cette simple virtuosité scénique et la
réalisation musicale. Attilio Cremonesi a en effet
ajouté un grand nombre de ritournelles et sinfonie, sans que
celles-ci ne semblent jamais incongrues ou plaquées, mais
découlant d’une évidence, d’une nécessité
théâtrale. Sans doute le chef italien aurait-il
suscité chez un Ensemble baroque du Grand Théâtre
de Genève encore tâtonnant davantage de couleurs et de
contrastes qu’Andrea Marchiol, son assistant et remplaçant
pour deux représentations. Ce dernier n’en sait pas moins
conduire le discours avec souplesse, s’effaçant devant une
distribution particulièrement soignée.
Hans-Jürg Rickenbacher
est certes un Télémaque bien peu séduisant, voix
sans relief et acteur transparent, mais son rôle est
réduit à la portion congrue. La Minerve de Marisa
Martins est en revanche assez redoutable d’imprécision et de
verdeur. Musicienne inspirée, diseuse incomparable,
Marie-Claude Chappuis manque toutefois d’ampleur pour
Pénélope, dont la tessiture tend à malmener son
joli mezzo aigu. Mais le reste du plateau est idéal. Jamais le
contre-ténor délicat de Christophe Dumaux n’avait
été mieux employé que dans la Fragilité
humaine, tandis que l’Irus clownesque mais sans excès de
Robert Burt, l’Eumée merveilleusement bonhomme, attendrissant
de Leonardo de Lisi, le Neptune superbement chantant de Luigi De
Donato, la Mélantho d’égale beauté physique et
vocale de Janja Vuletic, l’Eurymaque délié d’Emiliano
Gonzalez Toro, décidément parfait dans ce
répertoire, les prétendants réjouissants
d’Antonio Abete, Thomas Michael Allen et Daniele Zanfardino,
composent les ornements bigarrés du palais
d’Ulysse.
L’Euryclée d’Hanna
Schaer, actrice prodigieuse lors de la reconnaissance, est simplement
tragique. Surtout, Kresimir Spicer, en voix superlative, fauve,
naturellement conséquente, semble ne plus faire qu’un avec
Ulysse, dont il habite la destinée avec une maîtrise
saisissante du langage montéverdien."
- Munich - Staatsoper
- 25, 28 mars 2006 -
Opern Festspiele - 10 juillet 2006 - dir. Christopher Moulds -
mise en scène David Alden - décors Ian MacNeil -
costumes Gideon Davey - lumières Simon Mills - avec Thomas
Allen (Ulisse), Sara Fulgoni (Penelope), Finnur Bjarnason
(Telemaco), Dominique Visse (L'humana fragilità /
Pisandro), Alison Hagley (Fortuna / Giunone / Melanto), Clive
Bayley (Tempo / Antinoo), Elena Zilio (Ericlea), Kenneth Roberson
(Eumete), Christian Baumgärtel (Eurimaco), Guy De Mey (Giove
/ Anfinomo), Robert Wörle (Iro), Anna Bonitatibus
(Minerva)
- Copenhague - Royal Danish
Opera - 6, 8, 10, 12, 14, 17, 19,
21 novembre 2005 - Concerto Copenhagen - dir. Lars Ulrik Mortensen
- mise en scène David Alden - décors Ian MacNeil -
costumes Gideon Davey - lumières Simon Mills - avec Bo Boje
Skovhus (Ulisse), Hanne Fischer (Penelope), Tuva Semmingsen
(Minerva), Jonathan Peter Kenny (L'umana fragilità /
Pisandro), Gisela Stille (Fortuna / Giunone / Melanto), Jan Lund
(Telemaco), Elisabeth Halling (Ericlea), Michael Kristensen
(Eumete), David Danholt (Eurimaco), Guy De Mey (Giove / Anfinomo),
Ole Hedegaard (Iro), Clive Bayley (Nettuno) - nouvelle
coproduction avec Bayerische Staatsoper, München et Welsh
National Opera, Cardiff
- Théâtre de
Vevey - Festival de Montreux - 27, 28 août 2005
- Düsseldorf - Deutsche Oper
am Rhein - 1er, 3, 6
septembre 2005 - Neue Düsseldorfer Hofmusik - dir. Andreas
Stoehr - mise en scène Christof Loy - décors Dirk
Becker - costumes Michaela Barth - avec Marta Marquez
(Penelope), Marcelle Martinez (Minerva), Sami Luttinen (Nettuno),
Tassis Christoyannis (Umana fragilita, Ulisse), Anna Gabler
(Fortuna, Giunone), Norbert Ernst (Telemaco)

- Opéra Magazine - novembre 2005 - 27 août 2005
"Pour sa première
saison à la tête du Festival de Montreux—Vevey,
Tobias Richter a invité une production du Deutsche Oper arn
Rhein, dont il est aussi le Generalintendant. Une mise en
scène de Christof Loy a donc investi le très
petit théâtre de Vevey, avec malheureusement tous les
tics de la dramaturgie germanique contemporaine. Une pincée
de SM, des costumes entre Versace et YSL, et plein de clins d’oeil
amusants mais prévisibles. Telemaco revient d’une ascension
alpestre, les déesses arborent des lunettes noires et les
prétendants, en costumes acidulés façon bobos
nouveaux riches, se pintent à la Veuve Clicquot. Quant
à Ulisse et Eumete, ce sont des SDF. Le tout donne lieu
à des situations qui n’ajoutent rien à la
connaissance du livret, par ailleurs ingrat tant l’action,
après le massacre des prétendants, se traîne
jusqu’au duo final. Certes, Christof Loy assure plus que le
service minimum mais il devrait abandonner ces poncifs
«branchés» où les Phéaciens sortent
d’une photo de Pierre & Gilles et Melanto en punkette ne cesse
de tripoter Eurimaco avant de le violer.
Au sein d’un plateau vocal
très modeste, on distinguera Anna Gabler timbre doré
et abattage irrésistible. Marta Marquez est une Penelope
plus actrice que chanteuse, qui ne laisse pas indifférent
dans ses lamenti théâtralisés à
l’extrême. Le baryton Tassis Christoyannis est
distribué en Ulisse ; introverti et sage, il paraît
étranger à l’action. Heureusement, le Neue
Düsseldorfer Hofmusik est généreux et donne,
sous la direction d’Andreas Stoehr, de belles couleurs à
une partition dont le charme finit par envoûter,
malgré tous ces agacements
scéniques."
"Dommage que le jeune
Christof Loy continue de cultiver la "branchitude" germanique qui
n'apporte rien à un livret autrement plus intelligent que
son illustrateur."
- Le Monde de la Musique - octobre 2005
"...un très
symbolique Retour d’Ulysse nous est présenté sur la
scène du Théâtre de Vevey dans une production du
Deutsche Oper arn Rheim, figurant le retour du lyrique au sein du
festival. Les espoirs que nous faisaient entrevoir ces belles
intentions ainsi qu’une ouverture musicale assez réussie
seront malheureusement déçus. Par la mise en
scène d’abord, qui survole le sujet et n’utilise que des
gadgets dans des décors et des costumes rendus vains par la
facilité du décalage et de l’anachronisme (mendiants,
SDF, prétendants flambeurs, Télémaque en parfait
étudiant). Le jeu des paauvres chanteurs, dans une veine
semblable, est d'une emphase forcée qui commence par faire
sourire le public puis ne provoque plus que
l’exaspération.
Heureusement, il y a
l'orchestre d’Andreas Stoehr dont les attaques manquent sans doute
d’incisivité mais dont le son reste très
agréable. On regrette parfois une certaine pauvreté des
diminutions et des cadences, dont les effets sont parfois tout
bonnement escamotés, mais on a plaisir à entendre
certaines voix : Marta Marquez (Penelope), Marcelle Martinez
(Minerva) ainsi que Sami Luttinen tenant le trop petit rôle de
Nettuno."
- Opéra de Birmingham
- 29, 30 avril, 3, 4, 6, 7 mai 2005 - Birmingham Opera
Company Baroque Ensemble - dir. Robert Howarth - mise en
scène Graham Vick - avec Owen Willetts (Human
Frailty/Phaeacian sailor/Anfinomus), Robert Winsdale Anderson
(Time/Phaeacian sailor/Antinous), Susan Atherton (Cupid/Melantho),
Wendy Dawn Thompson (Fortune/Minerva), Emma Selway (Penelope),
Angela Hickey (Ericlea), Andrew Clarke (Eurymachus), Keel Watson
(Neptune), Nicholas Watts (Phaeacian sailor/Pisandrus), Paul Nilon
(Ulysses), Adrian Thompson (Eumaeus), Andrew Forbes-Lane (Irus),
Mark Wilde (Telemachus), Andee-Louise Hipolite (Juno)
- Berlin - Staatsoper Unter
den Linden - 18, 20, 22, 24, 26,
28 février 2005 - dir. René Jacobs - mise en
scène Immo Karaman - décors Johann Jörg -
costumes Marie-Luise Walek - lumières Franz Peter David -
dramaturgie Ilka Seifert - avec Philippe Jaroussky (Humana
fragilita), Adriane Queiroz (Amore), Maria Cristina Kiehr
(Fortuna), Sergio Foresti (Tempo), Kurt Streit / Kresimir Spicer
(Ulisse), Patricia Bardon (Penelope), Philippe Jaroussky
(Telemaco), Kristina Hammarström (Minerva), Alfredo
Daza/Werner Güra (28 février) (Giove), Alessandro Svab
(Nettuno), Adriane Queiroz (Giunone), Maria Cristina Kiehr
(Melanto), Pavol Breslik (Eurimaco), Werner Güra (Eumete),
Marie-Nicole Lemieux (Ericlea), Sergio Foresti (Antinoo), Tom
Allen (Pisandro), Gustavo Peña (Anfinomo), Robert
Wörle (Iro), Susanne Ellen Kirchesch (Sirena | Nereide |
Damigella | Coro in Cielo), Martin Eckermann - nouvelle production


- Opéra International -
mars/avril 2005 - 25 février 2005
"La présence de
René Jacobs, qui dirigeait l'Akademie für Alte Musik
Berrin pour le second volet du cycle Monteverdi inauguré en
janvier 2004 avec L'Orfeo, suscitait comme toujours
l'intérêt le plus vif. Sur le plan strictement musical,
la lecture éloquente de Jacobs combla les plus exigeants,
alors que le spectacle fit une fois de plus constater avec regret
l'association de cet artiste exceptionnel avec des régisseurs
adeptes d'un style qui massacre les plus riches oeuvres de
l'opéra baroque. Dans le cas de l'Ulisse monteverdien, la
richesse d'un langage musical d'une plasticité traduisant avec
la même justesse situations et réactions des personnages
n'inspire rien d'autre à Immo Karaman, Johann Jörg et
Marie-Luise Walek, signataires respectifs de la mise en scène,
du décor et des costumes, qu'un recours aux
procédés non seulement arbitraires mais
déjà bien éculés de la plupart de leurs
confrères.
Malheureusement pour eux, les
flashes de polaroïds, les machines à écrire,
l'Amour traversant la scène sur un tricycle, autant de
trouvailles offertes dès le premier acte, qui ne manque pas
non plus de miser sur la netteté visuelle des rapports
sexuels, trahissent leur impuissance à créer un
équivalent esthétique, fût-il exclusivement
moderne, de la donnée originale. Le plus grave est que la
prestation musicale en vient même par moments à se
trouver amoindrie pour le mélomane vite lassé du
déroulement scénique.
La distribution vocale
homogène offrait quelques solistes capables de s'imposer dans
un contexte déroutant, parmi lesquels doivent être
cités le couple mythologique incarné avec relief par
Kurt Streit (Ulisse) et Patricia Bardon (Penelope) et, plus encore,
car constituant pour de nombreux spectateurs des
"découvertes", Marie-Nicole Lemieux, faisant valoir en Ericlea
un organe somptueux, et Philippe Jarousskg, doté d'une
ductilité vocale mise avec une fine capacité de
différenciation au service de l'Umana Fragilità et de
Telemaco."
- Reggio Emilia- Teatro
Valli - 7, 9 janvier 2005 -
Pavie - Teatro Fraschini - 14, 16 janvier 2005
- Bari - Teatro Petruzzelli -
4, 6 février 2005 - Ravenne -
Teatro Comunale Alighieri - 11,
13 février 2005 - Ferrare -
Teatro Communale - 25, 27
février 2005 - dir. Ottavio Dantone - mise en scène
Adrian Noble, revue par Elsa Rooke - Coro Costanzo Porta - chef de
choeur Antonio Greco - décors, costumes Anthony Ward -
lumières Jean Kalman - chorégraphie Sue Lefton -
avec Roberto Balconi (L'umana fragilità, Pisandro, Feacio
I), Paolo Buttol (Il Tempo, Nettuno), Roberta Invernizzi (La
Fortuna/Minerva), Sara Allegretta (Amore), Riccardo Novaro
(Giove), Anna Chierichetti (Giunone), Furio Zanasi (Ulisse), Sonia
Prina (Penelope), Luca Dordolo (Telemaco), Sergio Foresti
(Antinoo, Feacio III), José Daniel Ramirez (Anfinomo,
Feacio II), Sakurada Makoto (Eurimaco), Giacinta Nicotra/Paola
Quagliata (Melanto), Mario Cecchetti (Eumete), Gianluca Zoccatelli
(Iro), Barbara Di Castro/Elena Traversi (Ericlea) - coproduction
Teatro A. Ponchielli di Cremona, Teatro Grande di Brescia, Teatro
Sociale di Como, Teatro Fraschini di Pavia, Teatro Petruzzelli di
Bari, Teatro Comunale di Ferrara, Teatro Dante Alighieri di
Ravenna, I Teatri di Reggio Emilia


- Munich - Staatsoper
- 3, 5, 8 janvier 2005 - dir.
Christopher Moulds - mise en scène David Alden -
décors Ian MacNeil - costumes Gideon Davey -
lumières Simon Mills - avec Thomas Allen (Ulisse), Vivica
Genaux (Penelope), Toby Spence (Telemaco), Dominique Visse
(L'humana fragilità / Pisandro), Alison Hagley (Fortuna /
Giunone / Melanto), Clive Bayley (Tempo / Antinoo), Elena Zilio
(Ericlea), Kenneth Roberson (Eumete), Christian Baumgärtel
(Eurimaco), Guy De Mey (Giove / Anfinomo), Robert Wörle
(Iro), Anna Bonitatibus (Minerva)
- Côme - Teatro
Sociale - 3, 5 décembre
2004
- Cremone - Teatro
Ponchielli - 15, 17 octobre 2004 - Coro Costanzo Porta
- dir. Antonio Greco - Accademia Bizantina - dir. Ottavio Dantone
- mise en scène Adrian Noble et Elsa Rooke - décors
et costumes Anthony Ward - lumières Jean Kalman - avec avec
Roberto Balconi (L'Umana fragilità/Pisandro/Feacio I),
Paolo Buttol (Il Tempo, Nettuno), Roberta
Invernizzi (La Fortuna, Minerva), Sara Allegretta (Amore),
Riccardo Novaro (Giove), Anna Chierichetti (Giunone), Furio Zanasi
(Ulisse), Sonia Prina (Penelope), Luca Dordolo (Telemaco), Sergio
Foresti (Antinoo, Feacio III), Mirko Guadagnini (Eumene),
José Daniel Ramirez (Anfinomo, Feacio II), Sakurada Makoto
(Eurimaco), Paola Quagliata (Melanto), Mario Cecchetti (Eumete),
Gianluca Zoccatelli (Iro), Barbara Di Castro (Ericlea)
- Varsovie -
5e Festival Monteverdi de Varsovie - 22, 23 septembre 2004 - Opéra de Chambre
de Varsovie - dir. Wladyslaw Kloziewicz - mise en scène et
décors Ryszard Peryt - scénographie Andrzej Sadowski
- avec Krzysztof Szmyt (Ulisse), Dorota Lachowicz (Penelope),
Piotr Wojtasiewicz (Telemaco), Andrzej Klimczak (Antinoo), Jerzy
Knetig (Pisandro), Piotr Lykowski (Anfinomo), Zdzislaw Kordyjalik
(Eurimaco), Agnieszka Lipska (Melanto), Aleksander Kunach
(Eumete), Marcin Rudzinski (Iro), Anna Radziejewska (Ericlea),
Slawomir Jurczak (L'Humana fragilita), Zbigniew Debko (Il Tempo),
Justyna Stepien (Fortuna), Urszula Jankowska (Amore)
- Pittsburgh - Kresge
Theater - 30 avril, 2, 4, 6, 7 mai 2004 - Chatham
Baroque
- Düsseldorf
- 30 mars, 13, 20 avril 2004 -
dir. Andreas Stoehr - mise en scène Christof Loy -
décors Dirk Becker - costsumes Michaela Barth - avec Tassis
Christoyannis (L'Humana fragilitá, Ulisse) , Sami Luttinen
(Tempo, Nettuno) , Anna Gabler (Fortuna, Giunone), Sylvia Hamvasi
(Amore), Marta Marquez (Penelope), Norbert Ernst (Telemaco), Romei
(Eurimaco), Itsiar Lesaka (Melanto), Gwendolyn Killebrew
(Ericlea), Bruce Rankin (Giove), Mariselle Martinez (Minerva),
Ludwig Grabmeier (Eumete), Martin Wölfel (Pisandro), Corby
Welch (Anfinomo), Thorsten Grümbel (Antinoo), Alexandru
Ionitza (Iro)
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 31 janvier, 4, 6,
8 février 2004 - New York -
Lincoln Center for the Performing Arts - John Jay College Theater
- 2, 3, 5, 6 mars 2004 - Théâtre de Caen - 13, 15 mars 2004 - Luxembourg - Grand Théâtre
- 19, 20 mars 2004 - Ricercar Consort - dir. Philippe Pierlot -
mise en scène William Kentridge - décors Adrian
Kohler, William Kentridge - costumes Adrian Kohler -
lumières Wesley France - video William Kentridge - Furio
Zanasi (Ulisse), Kristina Hammarström (Penelope), Jan Kobow
(Pisandro, Telemaco), Marek Rzepka (Antinoo, Nettuno), Atala
Schoeck (Melanto, Anfinomo), Elise Gäbele (Amore, Minerva),
Mark Adler (Eumete, Eurimaco, Giove) - production La Monnaie / De
Munt (Bruxelles), Handspring Puppet Company (Cape Town), Wiener
Festwochen (Vienne), Kunsten Festival des Arts, et Lincoln Center
for the Performing Arts, New York.

- Présentation Théâtre de
Caen
"...Voici ce que l'on peut
appeler une "version", à la fois brillante et personnelle,
de l’opéra de Claudio Monteverdi : six musiciens, sept
chanteurs et treize marionnettes interprètent Le Retour
d’Ulysse, sous le signe de la Fragilité
Humaine.
Pour sa première
incursion dans le domaine lyrique, le plasticien, cinéaste
et metteur en scène sud-africain William Kentridge s’est
attaqué au Retour d’Ulysse de Monteverdi, relisant
l’opéra baroque à la lumière de son univers
singulier. Son Ulysse n’est plus un héros bravant le destin
: c’est un vieillard mourant, marionnette dans les mains des
médecins comme l’Ulysse de l’Antiquité
l’était dans celles des Dieux, un homme fatigué
aspirant au repos, fût-ce celui de la mort. Dans son
délire, il se rêve Ulysse de retour parmi les siens.
À son chevet, sa femme attend son réveil, comme
Pénélope attend le retour de son mari. William
Kentridge a fait appel aux marionnettes de la Handspring Puppet
Company pour incarner les personnages de l’opéra. Chacune
est accompagnée d’un manipulateur et d’un chanteur. En fond
de scène sont projetés des films d’animation
évoquant les organes du mourant. Entre ces
différentes couches, ces différents mondes, ces
différents temps, s’instaure un jeu de doubles qui
célèbre l’esprit baroque dans toute sa
virtuosité : esprit des reflets, des miroirs, des
déformations, des illusions, esprit de la polyphonie.
L’intensité scénique est soutenue par une version
resserrée, dramatiquement et instrumentalement, de la
partition de Monteverdi. Un voyage intérieur qui a tout de
l’universalité."
"Grâce à leur
théâtre de marionnettes actuel et à leur langage
en images, le metteur en scène sud-africain William Kentridge
et la Handspring Puppet Company ajoutent une dimension contemporaine
à cet opéra présenté ici dans une version
condensée. (La Monnaie)
- Londres - Shakespeare's
Globe Theatre - août 2003 - Britten-Pears Young
Artists Programme - direscteur musical Michael Chance - avec Diana
Moore (Penelope), Daniel Hoadley (Ulisse), Daniel Auchincloss
(Eumete), Jay White, Scott Williamson (Iro), Sophie Grimmer
(Minerva), Elizabeth Weisberg (Melanto)
- Munich -
Prinzregententheater - 13, 15,
18, 20, 23 juillet 2003 - dir. Chris Moulds - mise en scène
David Alden - décors Ian MacNeil - costumes Gideon Davey -
lumières Simon Mills - avec Rodney Gilfry (Ulisse), Vivica
Genaux (Penelope), Toby Spence (Telemaco), Dominique Visse
(L'humana fragilità, Pisandro), Alison Hagley (Fortuna,
Giunone, Melanto), Clive Bayley (Tempo, Antinoo), Elena Zilio
(Ericlea), Anthony Rolfe Johnson (Eumete), Christian
Baumgärtel (Eurimaco), Guy De Mey (Giove, Anfinomo), Robert
Wörle (Iro), Francesca Provvisionato (Minerva), Taras
Konoshchenko (Nettuno)
- ConcertoNet
- 13 juillet 2003
"Il Ritorno d’Ulisse in patria
est une reprise d’une production créée en juillet 2001
avec de légères modifications de distribution.
Continuant son parcours monteverdien, le metteur en scène
américain David Alden tente de moderniser la mythologie
grecque et il n’est guère un adepte des dieux en jupettes
courtes et aux longs cheveux frisés à la Offenbach.
Après un prologue assez déroutant dans lequel il montre
les différentes faiblesses de L’humana fragilità, qui
manque de se faire dévorer par un immense oiseau
(déduction faite à partir de quelques plumes qui
apparaissent sur la scène) et qui se retrouve criblée
de flèches, la scène s’ouvre sur un plateau
dépouillé au milieu duquel trône…un radiateur.
Cet objet assez inhabituel dans le contexte monteverdien ne trouve,
à aucun moment, son utilité dramatique et
disparaît après l’entracte. La lumière de Simon
Mills est, en revanche, douce et propose quelques belles images: pour
l’entrée de Pénélope, il la dédouble en
ombre chinoise, créant ainsi une ambiance particulière
et proche du tragique.
Vivica Genaux campe une
Pénélope assez originale et à l’opposé de
Marijana Mijanovic, absolument criante de vérité dans
la récente production d’Aix dirigée par William
Christie. Elle semble, certes, malheureuse de sa condition mais sait
aussi s’amuser et danser avec les prétendants. Cette lecture
du personnage fait quelque peu contresens avec la vision et de
Monteverdi et de la légende antique. Dans cette mise en
scène, Pénélope est à la limite de se
remarier avec l’un des trois et le texte qu’elle chante est
constamment en décalage avec la gestuelle que David Alden lui
impose. Vocalement, sa prestation est également assez
décevante. Superbe technicienne chez Haendel et Rossini, elle
ne peut ici briller par des vocalises éblouissantes et doit
davantage se concentrer sur le phrasé et la rondeur de
sa voix. Vivica Genaux a un peu trop tendance à rendre sa voix
caverneuse et à la détimbrer, ce qui, certes, fait
ressortir le désarroi du personnage mais enlaidit quelque peu
la tonalité de son instrument. Elle ôte à son air
introductif “Di misera regina” toute couleur et se trouve à la
limite de parler son texte et non de le chanter. La partition exige
des graves sonores et c’est surtout sur ces notes que la chanteuse
est le plus mise à mal. Ce n’est qu’à la fin, au moment
où elle retrouve Ulysse, qu’elle s’épanouit et illumine
sa voix. Le duo final est un bijou musical et la musique s’efface
tout doucement.
Rodney Gilfry confirme son
excellence dans le personnage d’Ulysse. La voix est solide,
puissante, peut-être un peu trop pour la salle du
Prinzregententheater. Le chanteur confère une présence
à son personnage et en fait un être éperdu,
désespéré, notamment au début de son
apparition quand il danse avec des gestes de fous. Quand il joue le
rôle d’Ulysse, il est affublé d’une sorte de manteau de
marin mais quand il se déguise en mendiant, il est
revêtu d’habits troués du plus mauvais genre et se
retrouve cloué dans un fauteuil roulant : cet accessoire
semble être à la mode en ce moment car plusieurs mises
en scène récentes y ont recours…Le chanteur
américain est entièrement habité par son
personnage et, fait assez rare, il ne pense pas aux gestes qu’il doit
accomplir mais les accomplit tout naturellement comme s’il
était Ulysse : la musique prend une telle emprise sur lui que
tous ses mouvements semblent d’une logique imparable. Ses
interventions “O fortunato Ulisse”, qui scandent la scène avec
Minerve, sont d’une justesse et d’une vérité
incroyables.
Toby Spence est
également très bon mais sa voix manque peut-être
un tout petit peu de la légèreté que seul un
haute-contre peut apporter à ce rôle. David Alden le
présente comme un fils déluré, entouré de
jeunes filles, vidant bière sur bière et ne pensant
qu’à faire la fête. Certes Télémaque est
un jeune homme mais jeunesse ne rime pas toujours avec beuverie :
dirigé ainsi, il ne se démarque pas vraiment des trois
prétendants. La voix est fraîche et le passage “Del mio
lungo viaggio” est un modèle de douceur et de
musicalité.
Du reste de la distribution,
il faut bien sûr retenir le trio déjanté des
prétendants. Après avoir fait une courte apparition
en marins au premier acte, ils transforment leur
scène du deuxième en une véritable descente aux
Enfers. Autant scéniquement que vocalement ils dotent leurs
rôles d’une véritable personnalité mais savent
rester à la limite de la vulgarité. Cette scène
marque vraiment une pause dans une oeuvre aussi dense et
l’épreuve de l’arc est assez exemplaire et efficace. Tous
trois essaient de mettre le fil et à chaque échec, on
voit les personnages se décomposer et rester à terre,
abattus par leur défaite. Ces trois chanteurs
interprètent d’autres personnages dans l’opéra. Guy de
Mey, que l’on n’entend plus beaucoup en France dans des productions
lyriques, a arrondi et enrichi son timbre et après avoir
été un excellent haute-contre au temps d’Atys, il se
montre maintenant un ténor léger de grande
musicalité. La mise en scène en fait un Jupiter
endiablé, poursuivi par des jeunes filles
déguisées en lapin (!) mais sa voix prouve une
intéressante agilité.
Clive Bayley apparaît
aussi en Tempo dans le prologue et en Neptune. Pour
représenter le monde aquatique, le metteur en scène
fait appel aux lumières de Simon Mills, qui inondent la
scène d’une couleur bleu-vert, sorte de fond marin, un peu
vaseux. Neptune monte d’une trappe façon échelle de
piscine avec un bocal à poisson dans les mains, poisson qu’il
finira par manger. Passé cette image, il reste l’impression d’un
Neptune souverain et imposant et sa confrontation avec Jupiter est
remarquable: la colère qu’il pique lui permet de donner
l’entière mesure de sa voix et de ses solides
graves.
Dominique Visse
démontre son talent dans l’apparition de L’humana
fragilità et s’accorde avec la mise en scène pour en
faire un passage plus amusant. Sa voix, toujours diaphane et
irréelle, fait merveille dans Monteverdi et les
différentes reprises de son texte sont minutieusement
étudiées et chantées avec un timbre
différent.
Le couple
Mélanto-Eurimaco est assez mal assorti. Autant Alison Hagley,
que l’on retrouve aussi en Junon, possède une belle
musicalité, une voix légère, agile, autant
Christian Baumgärtel a une voix rauque et inaudible: les duos
qu’ils ont ensemble laissent alors un sentiment d’insatisfaction.
Parmi les rôles plus secondaires, celui d’Iro est parfaitement
tenu par un Robert Wörle déchaîné et
habitué de ces rôles de caractère. Il se montre
assez émouvant dans sa grande scène finale et, pour une
fois, la mise en scène reste assez sobre et le chanteur
évolue autour d’une cuisinière. Kenneth Roberson,
remplaçant Anthony Rolfe-Johnson dans le rôle d’Eumete,
est également très convainquant. Dommage que David
Alden le transforme en gardien de chats et de non de moutons. Son
costume est original - un chat blanc est juché sur ses
épaules et les entoure - mais hors de propos. Francesca
Provvisionato témoigne, dans le rôle de Minerve, d’une
grande présence scénique et sa voix fraîche se
mêle agréablement à celle d’Ulysse ou de
Télémaque. A noter aussi la prestation d’Elena Zilio en
nourrice Ericlea, mais dont le rôle est entièrement
perverti. On éprouve beaucoup de difficultés à
retrouver derrière cette femme habillée d’un tailleur
dans le style des années 30-40, une cigarette à la main
et d’hideuses lunettes noires sur le nez, une vieille nourrice
fidèlement attachée à Ulysse et attendant son
retour. Même si son air “Ericle, che vuoì far“ est
chanté avec beaucoup de tendresse et d’engagement dramatique,
il sonne faux car la vision du personnage est en complet
désaccord avec son texte. Une femme déguisée en
sorte d’opinion publique et violée par les prétendants
ne peut pas se poser de pareilles questions et exprimer une telle
délicatesse !
La direction de Christopher
Moulds est énergique et efficace. Le chef attaque
d’entrée avec un tempo assez rapide et conserve cette tension
jusqu’à la fin de la représentation. Il sait aussi se
montrer élégant notamment dans l’introduction du fameux
air de Télémaque à l’acte II: ce passage est le
plus poignant (avec le duo final) de toute la représentation.
L’orchestre permanent de l’opéra de Munich est rejoint, pour
l’occasion, par le Monteverdi-Continuo-Ensemble et tous deux
proposent une palette de couleurs chatoyantes et subtiles, notamment
chez le pupitre des vents. La distribution de haut vol, malgré
çà et là quelques réserves, tire le
maximum de l’oeuvre de Monteverdi mais malheureusement cette mise en
scène inventive, certes, mais laide, gâche une grande
partie du plaisir…"
- Düsseldorf - Deutsche
Oper am Rhein - 18, 20, 22, 25,
27, 29 juin 2003, 2, 4, 6 juillet 2003 - Ensemble NRW für
Alte Musik - Neue Düsseldorfer Hofmusik - dir. Andreas Stoehr
- mise en scène Christof Loy - décors Dirk Becker -
costumes Michaela Barth - lumières Volker Weinhart - avec
Tassis Christoyannis (L´Humana fragilitá, Ulisse),
Sami Luttinen (Tempo, Nettuno), Anna Gabler (Fortuna, Giunone),
Sylvia Hamvasi (Amore), Marta Marquez (Penelope), Norbert Ernst
(Telemaco), Rolf Romei (Eurimaco), Itziar Lesaka (Melanto),
Gwendolyn Killebrew (Ericlea), Bruce Rankin (Giove), Mariselle
Martinez (Minerva), Ludwig Grabmeier (Eumete), Martin Wölfel
(Pisandro), Fernando Aguilera (Anfinomo), Thorsten Grümbel
(Antinoo), Robert Burt (Iro)
- Festival de Budapest -
Ceremonial Hall - 27 mars 2003 - Orchestre de Chambre
de Budapest - dir. Pál Németh - avec Andrea
Meláth, Monika González, Timothy Bentch
- Festival d'Aix en Provence
- Théâtre du Jeu de Paume - 12, 14, 15, 17, 18, 20 juillet 2002 -
Les Arts Florissants - dir. William Christie - mise en
scène Adrian Noble - décors, costumes Anthony Ward -
lumières Jean Kalman - mouvements chorégraphiques
Sue Lefton - avec Kresimir Spicer (Ulisse), Marijana Mijanovic
(Penelope), Rachid Ben Abdeslam (Umana Fragilità),
Paul-Henry Vila (Il Tempo, Nettuno ), Katalin Károlyi (La
Fortuna, Melanto), Olga Pitarch (Amore, Minerva), Eric Raffard
(Giove), Rebecca Ockenden (Giunone), Cyril Auvity (Telemaco),
Bertrand Bontoux (Antinoo), Christophe Laporte (Pisandro, Feace),
Andreas Gisler (Anfinomo), Zachary Stains (Eurimaco), Joseph
Cornwell (Eumete), Robert Burt (Iro), Geneviève Kaemmerlen
(Ericlea), Marcio Soares Holanda (Feace), Bertrand Chuberre
(Feace). Production du Festival d’Aix-en-Provence 2000, en
coproduction avec l’Opéra de Bordeaux, l’Opéra de
Lausanne, l’Opéra comique (Paris), le Théâtre
de Caen.
- Paris - Opéra
Comique - 12, 13, 15, 16 mars 2002 - Londres - Barbican Centre - 17 mars
2002 - Caen -
Théâtre - 22 et 24 mars 2002 - Brooklyn Academy of Music - 13 avril
2002 - Vienne - Wiener
Festwochen - 11, 12, 14, 15, 17 mai 2002
- Bordeaux - Opéra - 24, 26, 28, 29 et 31 mai,
1er juin 2002 - production du Festival international
d’art lyrique d’Aix-en-Provence, en coproduction avec
l’Opéra de Bordeaux, l’Opéra de Lausanne,
l’Opéra Comique, le Théâtre de Caen -
éditeur : A. Curtis - Novello, avec l’accord de Chester
Music France - Les Arts Florissants - solistes et chœur de
l’Académie européenne de musique d’Aix-en-Provence
et des Arts Florissants - direction musicale, clavecin, orgue
William Christie - mise en scène Adrian Noble -
décors, costumes Anthony Ward - lumière Jean Kalman
- avec Kresimir Spicer (Ulisse), Marijana Mijanovic (Penelope),
Rachid Ben Abdeslam (Umana Fragilità, chœur), Martin Robson
(Il Tempo, Nettuno), Olga Pitarch (Amore, Minerva), Éric
Raffard (Giove), Rebecca Ockenden (Giunone), Cyril Auvity
(Telemaco), Bertrand Bontoux (Antinoo, chœur), Christophe Laporte
(Pisandro, Feace, chœur), Andreas Gisler (Anfinomo, chœur),
Zachary Stains (Eurimaco), Joseph Cornwell (Eumete), Robert Burt
(Iro), Geneviève Kaemmerlen (Ericlea), Marcio Soares
Holanda (Feace, chœur), Bertrand Chuberre (Feace)

- Forum Opéra - 10 mars 2002
"...il est des spectacles,
parfois, qui sont tellement époustouflants de beauté,
de finesse, d'élégance et d'intelligence, que lorsque
l'on en sort, on n'a qu'une envie - le crier sur les toits, et en
parler des heures, des jours, des semaines, des mois (voire parfois
des années) durant. Ce Retour d'Ulisse est de ceux-là.
La conviction, par ailleurs, que l'opéra, c'est bien plus que
du simple chant, a achevé de me convaincre. Aussi parlerai-je
en toute honnêteté de ce que j'ai vu, en m'abstenant de
commentaires sur ce que j'ai entendu.
Il Ritorno d'Ulisse,
deuxième opéra parvenu jusqu'à nous de Claudio
Monteverdi, nous conte l'une des histoires les plus simples et les
plus émouvantes que l'on puisse imaginer : le retour,
après vingt ans d'absence, d'Ulysse à Ithaque, sa
vengeance contre les Prétendants qui ont investi son palais et
poursuivent son épouse de leurs assiduités et ses
retrouvailles avec ses proches, et notamment, bien entendu, avec sa
fidèle Pénélope. Comme toujours chez Monteverdi,
ce départ d'intrigue plutôt serré est
prétexte au développement, en près de trois
heures de recitar cantando et de ritournelles orchestrales
magnifiques de sensualité et de polychromie, d'une galerie de
personnages haute en couleurs, mêlant dieux et mortels,
serviteurs et princes, grotesque et sublime. Pour rendre parfaitement
justice à une telle richesse dramatique et expressive, il
fallait toute l'intelligence, le talent, mais aussi la
sensibilité d'Adrian Noble - grand metteur en scène
shakespearien au demeurant, et cela se sent lorsque l'on voit avec
quelle finesse il fait ressortir le caractère de chacun des
protagonistes, dont pas un ne passe à la trappe.
Dès le début de
la représentation, c'est un véritable enchantement. Sur
une scène couverte de sable et encadrée par deux murs
ocre pâle apparaît une silhouette frêle,
entièrement nue, comme traquée, angoissée,
tenant dans ses mains un flambeau vacillant : c'est la
Fragilité Humaine. Extraordinaire idée - rien n'est
pourtant plus périlleux que l'emploi, à la
scène, de la nudité, qui pas un seul instant ici ne
semble racoleuse ou malsaine, bien au contraire ; Noble
réussit ce à quoi était parvenu Robert Carsen
dans sa très belle Alcina au Palais Garnier il y a deux
saisons : faire apparaître l'humanité dans son plus
simple appareil, sans défense, sans fard non plus, dans toute
sa vulnérabilité, et toute sa candeur aussi. Le
spectacle entier est à l'image de ce Prologue, vivant,
sensible, extraordinairement simple, et d'une exceptionnelle
beauté. Il faudrait tout décrire, tout citer
-tâche impossible, et dérisoire, tellement la
soirée regorge d'idées géniales (Minerve dictant
par hypnose à Pénélope le défi aux
Prétendants, Minerve guidant la flèche d'Ulysse contre
eux, les Phéaciens jouant avec une voile blanche au-dessus
d'Ulysse endormi...) et de tableaux (Neptune émergeant de
l'écume et découvrant le navire dissimulé sous
son manteau, Jupiter descendant des cieux sur une nacelle, mi-tapis
volant, mi-parchemin, Pénélope, seule en scène,
frêle silhouette noire se découpant sur le fond bleu
azur ou sur le jaune pâle des murs et du sable...) proprement
picturaux, d'une beauté inouïe. On est
émerveillé de voir les trésors d'imagination
déployés par Noble et son équipe, comme ce
voyage de Télémaque et Minerve voguant sur une
balançoire à travers les cieux d'une toile nuageuse
d'un superbe azur, ou ce formidable emploi de la fibre optique,
s'intégrant parfaitement au décor et à
l'atmosphère ambiante, dans un spectacle qui par ailleurs ne
se départit jamais d'une grande simplicité, voire
même d'un certain dépouillement fort salutaire. Les
décors aux teintes passées et les costumes
(réalisés dans de très beaux textiles),
sublimes, d'Anthony Ward, contribuent à nous transporter dans
une Antiquité idéalisée et quasi-intemporelle,
devant sans doute autant à des peintres tels que George de la
Tour (je pense notamment aux turbans ou aux robes des servantes)
qu'à Praxitèle et ses contemporains (les robes de
Pénélope et Minerve, aux plissés somptueux, sont
sculpturales), et sont superbement mis en valeur par les
lumières, presque vermeerienes (magnifique effet dans le
monologue d'Euryclée, où un doux éclairage de
côté, rehaussant délicatement la lueur d'une
chandelle, vient caresser le visage de la chanteuse plongée
dans la semi-obscurité du palais endormi), et d'une
beauté à couper le souffle, du toujours remarquable
Jean Kalman. Dans cet écrin, aussi soigné que le gemme
qu'il renferme, peut ainsi se déployer une direction d'acteurs
vive et fluide, idéalement relayée par une brochette de
jeunes chanteurs, tous excellents acteurs. Et dont, à
défaut de les entendre chanter à plein régime,
l'on goûte les timbres et les compositions : belle Melantho de
Katalin Karolyi, Minerve acerbe et ingénieuse d'Olga Pitarch,
Eumée sage et jovial de Joseph Cornwell, trio de
Prétendants superbement vains et ridicules (Bertrand Bontoux,
Andreas Gisler, Christophe Laporte), Iro bouffon mais jamais
graveleux de Robert Burt. L'Olympe, à l'exception du Neptune
de Paul-Henry Vila qui, dans un magnifique costume bleu, impose une
belle présence scénique et un grain de voix des plus
intéressants, et de la Minerve citée plus haut, marque
moins. Cyril Auvity, quant à lui, fait valoir un timbre
agréable, une fine musicalité, et une grande
fraîcheur de jeu en un Télémaque juvénile
et volubile -gageons que l'on reverra très vite son charmant
minois sur une scène parisienne. Les triomphateurs de la
soirée sont cependant Kresimir Spicer et Marijana Mijanovic,
couple royal à l'engagement saisissant. Spicer compose un
Ulysse tour à tour tourmenté et serein, à la
voix puissante et à la présence rayonnante ; mais c'est
son épouse qui finalement impressionne le plus,
Pénélope blessée, en proie au doute,
dégageant une douloureuse dignité relayée avec
sensibilité et sobriété par une voix au timbre
proprement hallucinant d'androgynie, quasi extraterrestre. Droite,
longiligne et impériale, impressionnante mais avant tout
poignante, sans jamais se départir de la noblesse
inhérente au personnage de "la plus sage d'entre les femmes"
(Homère), Marijana Mijanovic porte en ses gestes et attitudes
dépouillés toute la douleur de l'épouse ignorant
le destin l'être aimé, toute la tendresse d'une
mère face aux émois encore mal canalisés de son
fils, mais surtout toute l'émotion de la sublime scène
finale, le trouble, oscillant sans cesse entre angoisse et
apaisement, entre désir de céder enfin au bonheur et
défiance face à la partielle irrationalité de la
situation, ressenti au moment où Pénélope
apprend à redécouvrir ce tendre époux de retour
au bout de vingt d'absence. À l'image de cette extraordinaire
ligne vocale, sibylline, de la reine lorsqu'elle accepte enfin
d'admettre ce qu'elle n'osait croire, c'est bouleversant, c'est beau,
c'est simple. Simple, comme l'inébranlable
fidélité de Pénélope envers Ulysse.
Un Ulysse comblé, entre
une épouse aimante et un metteur en scène
rêvé."
- ConcertoNet - 24 mai 2002
"Force est de louer la
pertinence de la mise en espace, sa totale adéquation avec
l’impératif de pureté, de statisme. C’est une œuvre sur
les thèmes de l’absence, de la disparition ; d’où son
extrême lenteur, et des tempi étirés et
éthérés consubstantiels au propos monteverdien.
Celui-ci est axé sur un prodigieux concept de vocalité
tournoyante. En effet, à l’image d’une voile de navire
gonflée par un zéphyr marin soudain, les solistes
planent, gravitent, tourbillonnent dans les airs au dessus de l’onde
instrumentale - dominée par la basse continue, soutenue par
une armada secrète de cordes mouvantes et de théorbes
évanescents...« Les Arts Arborescents » de William
Christie semblent improviser, avec maestria, chaque micro-cellule
musicale d’une trame orchestale ultra-dépouillée,
austère, voire ascétique. Dans ces conditions, on peut
dire que les voix sont à la hauteur, et évoluent comme
des êtres immatériels sur l’immensité de la ligne
musicale d’une apparente simplicité linéaire. Se
détache pourtant la marmoréenne Pénélope
de Marijana Mijanovic, timbre sombre de mezzo, sphinx
hiératique : une madone toute de noir vêtue,
emmurée vivante dans un palais-mausolée orientalisant.
L’opéra pourrait s’intituler Pénélope tant son
port si gracieux, « von ottérien », hante chaque
chaque miroitement de la partition. Sa ligne vocale est
entièrement conçue autour d’un lancinant recitar
cantando tendu, torturé, qui annonce le futur sprechgesang. Ce
n’est qu’à l’ultime fin, au moment des retrouvailles que son
chant, tel l’aile désentravée d’un oiseau, se
déploie en un arioso « belcantiste » paroxystisque.
L’Ulysse de Kresimir Spicer auréole son personnage d’une
humanité frémissante avec un timbre doux et viril.
L’élément burlesque n’est pas absent, et Robert Burt
« prend un pied » fou dans la peau d’Irus, parasite ventru
et arrogant vivant à la solde de la meute des
prétendants stupides. Et l’on obtient la version ténor
bouffe d’Osmin !"
- Munich - Staatsoper -
Prinzrengentheater - 9, 12,
15, 19, 21 avril 2002 - dir. John Toll - mise en scène
David Alden - avec Thomas Allen, Sara Fulgoni, Toby Spence,
Dominique Visse, Alison Hagley, Elena Zilio, Anthony Rolfe
Johnson, Christian Baumgärtel, Guy De Mey, Robert Wörle,
Francesca Provvisionato, Taras Konoshchenko
- Zürich - Opernhaus - 24, 26, 28 février, 2, 5, 13, 15, 17
mars 2002 - La Scintilla - dir. Nikolaus Harnoncourt - mise en
scène Klaus Michael Gruber - décors Gilles Aillaud -
costumes Eva Dessecker - avec Dietrich Henschel (Umana
Fragilità / Ulisse), Giuseppe Scorsin (il Tempo), Martina
Janková (la Fortuna/ Giunone), Isabel Rey (Amore /
Minerva), Anton Scharinger (Giove), Pavel Daniluk (Nettuno),
Vesselina Kasarova (Penelope), Jonas Kaufmann (Telemaco), Rudolf
Schaching (Iro), Reinhard Mayr (Antinoo), Martin Zysset
(Pisandro), Martin Oro (Anfinomo), Roger Widmer (Euremaco), Malin
Hartelius (Melanto), Cornelia Kallisch (Euriklea), Thomas Mohr (
Eumete)

http://www.arte-tv.com/dossier/archive.jsp?node=22571&lang=fr
"Les chants XIII à XXIV
de l’Odyssée constituent la trame du « Retour d’Ulysse
dans sa patrie », qui n’est ni un drame héroïque
classique, ni un thème de la Rome antique comme on les
appréciait au temps de la splendeur du baroque. Monteverdi et
son librettiste Giacomo Badoaro ont suivi l’œuvre originale
d’Homère avec une précision frisant la
pédanterie. Les caractéristiques des soupirants et de
tous les personnages secondaires sont minutieusement
respectées. Le public éclairé de l’époque
connaissant dans les moindres détails ce chef d’œuvre du
lyrisme grec, les auteurs pouvaient se passer de l’effet dramatique
créé par l’alternance entre tension et détente.
Ils illustraient en quelque sorte une histoire connue de tout un
chacun par une succession de tableaux épiques. Il
n’était pas nécessaire d’aller au bout de chaque
description conformément aux règles du drame, mais,
dans certains cas, il suffisait de faire défiler furtivement
un personnage.
Il était de coutume
à l’époque d’accompagner une œuvre d’un prologue avec
figures allégoriques. L’Homme est un fragile jouet entre les
mains de trois forces : le Temps, le Destin et l’Amour. Celles-ci
sont personnifiées depuis toujours par Tempo (affublé
d’une claudication, mais aussi d’ailes), Fortuna (aux deux visages)
et Amore (le fils de Vénus, l’archer qui n’épargne
personne). Les dieux aussi sont soumis à ces puissances. Le
drame réel montre donc l’Homme à la merci des dieux
alors que ces derniers ne sont rien d’autre que des surhommes
immortels soumis aux forces du destin. C’est pourquoi dans notre mise
en scène, le chanteur qui incarne Ulysse tient
également le rôle de «L’Humana
Fragilità» dans le prologue." (Nikolaus
Harnoncourt)
- Opéra International - 24
février 2002
"Adepte d'une
esthétique théâtrale marquée au sceau de
la pauvreté, le metteur en scène allemand a
demandé au peintre et décorateur Gilles Aillaud un
décor réduit au strict minimum...Grüber adopte le
principe de la distanciation, comme pour trouyver un pendant visuel
à la versification raffinée du poème
original...Nikolaus Harnoncourt reste fidèle à ses
principes esthétiques d'antan. Il donne un maximum de couleurs
et de relief dramatique aux récitatifs...La distribution sans
faille a contribué au phénoménal succès
de cette soirée. Vesselina Kasarova campe une
Pénélope grandiose, d'une austérité
gestuelle calculée, subtilement contredite par les accents
sensuels de son timbre grave. Dietrich Henschel, en Ulysse,
éblouit par son chant retenu, magnifique de présence et
d'émotion."
- La Libre Belgique - Le retour de Nikolaus
Harnoncourt en Ithaque - 25 mars 2002
"L'homme a dirigé
depuis Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann - en ce compris leurs
opéras -, ainsi que Brahms, Bruckner, Bartok et même un
peu de Wagner. Mais nul n'a oublié que la
révélation de Nikolaus Harnoncourt dans le domaine de
l'opéra se fit ici, à Zurich, entre 1977 et 1981, pour
un légendaire cycle Monteverdi dont la mise en scène
était confiée à Jean-Pierre Ponnelle. Les
représentations furent filmées (à quand un
retour en DVD?) et enregistrées, Teldec publiant même un
coffret des trois opéras captés live venant s'ajouter
aux gravures de studio réalisées quelques années
plus tôt par Harnoncourt avec son Concentus Musicus. Un quart
de siècle plus tard, l'Opéra de Zurich a toujours son
allure de délicate bonbonnière à l'acoustique
idéale. Il est resté un des ports d'attache du chef
autrichien, qui y a dirigé notamment la plupart des Mozart,
quelques Haendel, Offenbach, Schubert et même `Aida´. Dans
la fosse, le Monteverdi-Ensemble formé alors a
cédé la place à l'orchestre La Scintilla,
ensemble formé par des musiciens de la maison s'étant
familiarisés à la pratique des instruments anciens,
mais dans lequel on trouve également quelques fidèles
de Harnoncourt comme son épouse et complice Alice au sein des
seconds violons, ou l'Italien Luca Pianca, un des piliers du Giardino
Armonico dans le continuo. La production d'un opéra de
Monteverdi appelle d'abord une réalisation musicale, la
partition qui nous est parvenue ne comportant qu'une ligne pour le
chant et une autre pour la basse. Harnoncourt reste à cet
égard fidèle aux options exposées dans son
ouvrage `Le dialogue musical´: un continuo fourni et imaginatif,
et un orchestre qui exploite au maximum l'éventail des
sonorités dont aurait pu disposer Monteverdi. Pupitres de
cordes fournis, bien sûr, mais aussi clavecins, guitare
baroque, archiluth, chitarrone, flûtes à bec, chalemies,
dulcians, trombones, trompette, orgue et régal sont ainsi au
rendez-vous, alternant avec subtilité et variant les couleurs
instrumentales au gré des scènes, mais aussi par
exemple selon qu'un même personnage passe du récitatif
à l'arioso.
Comme en 1977 (et même
un peu plus), le chef autrichien pratique dans la partition quelques
coupures qui ont pour effet de resserrer l'action. Et comme alors, il
dirige avec une passion intacte, chantant chacun des rôles
d'une voix presque audible en même temps qu'il donne ses
indications des mains. Il résulte de tout cela une
extraordinaire force dramatique, accrue encore par une distribution
de haut vol. Car la qualité de la nouvelle production
zurichoise réside aussi dans sa distribution. Sans même
devoir citer chacun des nombreux protagonistes, tous excellents,
l'énoncé des deux têtes d'affiche suffit à
en donner la mesure: Dietrich Henschel, superbe Ulysse à la
fois intense et aérien, promenant sa longue carcasse
d'échassier avec une émouvante grâce, te
Vesselina Kasarova en Pénélope. La mezzo-soprano
bulgare, rompue aux pyrotechnies du bel canto, chante ici avec une
bouleversante sobriété mais aussi avec une puissance
d'émission (notamment dans le grave) qu'on entend rarement
dans ce rôle: son `Torna Ulisse´ d'entrée est
à couper le souffle. La grâce qui se dégage du
spectacle tient enfin à la mise en scène de Klaus
Michael Grüber, conciliant épure et
fidélité aux didascalies, naturel et direction
d'acteurs au cordeau. Vêtus de costumes intemporels, les
protagonistes se meuvent dans de très beaux décors de
Gilles Aillaud : ciels peints pour les scènes en mer et au
ciel, maison grecque toute simple aux murs chaulés pour le
Palais Ithaque, le tout avec changements à vue qui contribuent
encore à la fluidité de la représentation. Et
comme toujours chez Grüber, il y a quelques idées de
génie, comme celle de faire des trois prétendants
assaillant Pénélope de grandes marionnettes chantant
par la bouche de leur marionnettiste."
- Opéra de Lausanne -
24, 26 et 27 février, 1er et 3 mars
2002 - Paris - Opéra
Comique -12, 13, 15 et 16 mars 2002 - Londres - Barbican Centre - 17 mars
2002, Théâtre de Caen
- 22 et 24 mars 2002 - New
York - Brooklyn Academy of Music - 7, 8, 10, 11, 13 et
14 avril 2002 - Vienne - Theater an der
Wien - 11, 12, 14, 15 et 17 mai 2002 - Opéra de Bordeaux - 24, 26, 28,
29 et 31 mai, 1er juin 2002 - Aix-en-Provence - Festival International
d¹Art Lyrique - Théâtre du Jeu de
Paume - 12, 14, 15, 17, 18 et 20 juin 2002 - dir.
William Christie - mise en scène Adrian Noble -
décors et costumes Anthony Ward - lumières Jean
Kalman - chef de chant Roger Hamilton - conseiller linguistique
Rita de Letteriis - mouvements chorégraphiques Sue Lefton -
avec Rachid Ben Abdeslam (L'Humana Fragilità), Paul Henry
Vila (Tempo), Katalin Karolyi (Fortuna), Olga Pitarch (Amore),
Marijana Mijanovic (Penelope), Geneviève Kaemmerlen
(Ericlea), Katalin Karolyi (Melanto), Zachary Stains (Eurimaco),
Paul Henry Vila (Nettuno), Eric Raffard (Giove), Kresimir Spicer
(Ulisse), Olga Pitarch (Minerva), Joseph Cornwell (Eumete), Robert
Burt (Iro), Cyril Auvity (Telemaco), Bertrand Bontoux (Antinoo),
Andreas Gisler (Anfinomo), Christophe Laporte (Pisandro), Rebecca
Ockenden (Giunone), Christophe Laporte, Marcio Soares-Holanda,
Bertrand Chuberre (Feaci)
- Altamusica - Retour homérique
à l’Opéra Comique - 12 mars 2002
- ConcertoNet - Le Retour de Bill en sa
patrie - 12 mars 2002
"Sa plus belle victoire, c'est
pourtant par la musique que Bill la remporte. Car il suffit d'un
murmure des voix, d'un accord de clavecin et d'orgue épanoui
en ces murs pour rappeler la vocation naturelle, évidente de
Favart. Oh, ce n'est pas que la distribution soit sans failles, ni
l'orchestre incandescent ! Mais l'un et l'autre parlent la langue du
lieu. Le spectacle beau et simple, admirablement travaillé
d'Adrian Noble soutient de nouveau l'attention d'un bout à
l'autre, et cet influx se communique à la direction de
Christie, qui ne paraît jamais aussi naturelle que lorsqu'elle
accompagne une production de haut niveau. On lui reprochera une
certaine timidité expressive, ainsi que le caractère
par trop systématique de la réalisation instrumentale,
mais toutes les intentions dramatiques sonnent parfaitement juste,
les transitions s'opèrent sans rupture, portées par un
tapis orchestral réduit mais subtil de texture autant que de
dessein - continuo extatique où l'on remarque en particulier
le violoncelle de David Simpson, Christie lui-même jonglant
avec bonheur entre clavecin, orgue et régale (il a la grande
élégance de rester dans la fosse pour les saluts
finals).
Des premiers rôles de la
distribution aixoise, seule a disparu - hélas -
Stéphanie d'Oustrac. Si le luxe vocal ne caractérise
toujours pas les seconds rôles des Arts Flos, le rapport entre
chant et texte donne là encore un sentiment d'évidence.
Et tous demeurent parfait d'adéquation physique avec leurs
rôles, ce qui vaut aussi pour l'exceptionnel trio de
tête. Adolescent plus vrai que nature, le
Télémaque de Cyril Auvity allie un timbre
prégnant, presque cru dans certains accents bien que d'une
extrême sophistication dans le contrôle et
l'émission, à un phrasé d'une
irréprochable tenue et mobilité - impressionnante
leçon de musique. Spicer maîtrise moins ses moyens
considérables, mais l'autorité physique et vocale sont
parfaitement en situation, le jeu et le dire de même. Marijana
Mijanovic nous envoûte par la splendeur de son allure, de son
timbre unique, si plein dans tous les registres, de sa ligne de chant
déployée comme en apesanteur, mais peine à nous
émouvoir quand elle se soucie elle même si peu de varier
l'expression, et vit la fin de longue attente sans laisser percevoir
la moindre fêlure."
- New York City
Opera - 27, 30 octobre,
1er, 4, 7 novembre 2001 - dir. Beckwith - mise en
scène Cox - avec Nathalie Stutzmann, Powell, Goeldner,
Duykers, Pauley
- Munich -
Opern-Festspiele -
Prinzregententheater - 17, 19, 22, 24, 27, 30 juillet 2001 - dir. Ivor
Bolton - mise en scène David Alden - nouvelle production -
avec Francesca Provvisionato, Vivica Genaux, Alison Hagley, Zilio,
Rodney Gilfry, Toby Spence, Tomasson, Dominique Visse, Anthony
Rolfe-Johnson, Guy De Mey
- Gelsenkirchen -
7 avril 2001 - Neue Philharmonie Westfalen - dir. Samuel
Bächli - mise en scène Gabriele Rech - décors
et costumes Nicola Reichert - dramaturgie Oda Mahnke -
lumières Bernd Krzistetzko - avec John Riley-Schofield
(Humana fragilita, Ulisse), Krzystof Klorek (Neptune), Thomas
Laske (Jupiter), Claudia Braun (Minerva, Amor), Anke Sieloff
(Penelope), Elise Kaufman (Telemaco), Eva Tamulénas
(Ericlea), Erin Caves (Eumete), Florian Simson (Iro), Joachim
Gabriel Maaß (Antinoo), Mark Adler (Pisandro), Angela
Froemer (Anfinomo)

- Théâtre des
Champs Elysées - 15 et 17
janvier 2001 - Les Musiciens de la Grande Ecurie et de la Chambre
du Roy - dir. Jean-Claude Malgoire - mis en scène
Jean-Claude Malgoire, Nicolas Rivenq, Jacky Lautem - décors
Nicolas Rivenq - costumes Christine Rabot Pinson - lumières
Jacky Lautem - avec Rachid ben Abdeslam (Fragilita humana), Pierre
Thirion-Vallet / Bruno Rostand (Tempo), Olga Pitarch (Fortuna),
Chantal Perraud (Amore, Giunone), Sylvie Althaparro (Penelope),
Geneviève Kaemmerlen (Ericlea), Stéphanie d'Oustrac,
Laurence François (Melantho), Pierre Evreux (Erimaco,
Anfinome), Renaud Delaigue (Nettuno), François Piolino
(Giove, Telemaco), Nicolas Rivenq (Ulisse), Sandrine Rondot
(Minerva), Philippe Jaroussky (Eumeto), Jean-François
Chiamma (Iro), Bruno Rostand (Antinoo), Serge Goubioud
(Pisandro)
- Festival d'Art Lyrique
d'Aix en Provence - Théâtre du Jeu de
Paume - 9, 11, 13, 16, 18, 19, 22
juillet 2000 - Solistes et choeur de l'Académie
européenne de musique d'Aix-en-Provence et des Arts
Florissants - dir. William Christie - mise en scène
Adrian Noble - décors, costumes Anthony Ward -
lumières Jean Kalman - avec Rachid Ben Abdeslam (Humana
fragilità), Martin Robson (Il Tempo, Nettuno),
Stéphanie d'Oustrac (La Fortuna, Melanto), Gaëlle
Méchaly (Amore, Minerva), Éric Raffard (Giove),
Rebecca Ockenden (Giunone, Naiade), Kresimir Spicer (Ulisse),
Marijana Mijanovic (Penelope), Cyril Auvity (Telemaco), Bertrand
Bontoux (Antinoo), Marcio Soares Holanda (Pisandro), Andreas
Gisler (Anfinomo), Zachary Stains (Eurimaco), Joseph Cornwell
(Eumete), Robert Burt (Iro), Geneviève Kaemmerlen
(Ericlea), Anna Chierichetti (Naiade), Christophe Laporte,
Bertrand Chuberre (Feace)
- Opéra International - 16 juillet
2000
"La grâce à
l'état pur, dans une totale fusion entre la musique et le
théâtre, pour un Ritorno d'Ulisse qui a
été le point culminant du Festival d'Aix.
Inséparables artisans de ce petit miracle, un William Christie
omniprésent, mais sans podium ni baguette (assurant
modestement, tour à tour, le clavecin et l'orgue parmi
quatorze autres solistes des Arts Florissants) et le metteur en
scène britannique Adrian Noble, directeur de la Royal
Shakespeare Company...Les chefs-d'oeuvre de Monteverdi sont, dans
leur essence même, très proches du théâtre
shakespearien, ne serait-ce que dans leur subtile alternance entre
scènes dramatiques et comiques, avec des personnages
truculents déchaînant le rire au coeur de la
tragédie. C'est très exactement ce judicieux
équilibre entre les genres qui a fait de ce Ritorno dUlisse,
aérien et lumineux, un moment de bonheur absolu, comme on en
rencontre que rarement à l'opéra.
En accord avec la
poésie musicale, mais aussi avec la réjouissante
vitalité déployée par chaque instrumentiste,
Adrian Noble nous propose, dans des éclairages magiques de
Jean Kalmon, des images radieuses les retrouvailles d'Ulysse et de
Télémaque, Minerve transperçant elle-même
les prétendants de Pénélope, l'épure du
duo final... Mais il fait aussi appel, ponctuellement, à
l'émerveillement de la machinerie baroque, utilisée
avec sobriété, par exemple quand Minerve s'envole avec
Télémaque dans les airs, ou quand Jupiter descend sur
son tapis volant, en contraste avec la nudité d'un plateau
recouvert de sable...Dans le geste comme dans l'expression, chaque
soliste se com-porte comme un comédien véritable. C'est
dire le travail théâtral accompli en totale
cohésion avec le travail musical et stylistique
effectué avec les stagiaires de l'Académie
Européenne, parmi lesquels quelques habitués de
l'équipe de William Christie ont été
incorporés aux nouveaux venus. Le pari de confier
l'entière distribution d'un ouvrage aussi difficile à
des inconnus se révèle totalement gagné.
Dès la quatrième représentation, la plupart des
titulaires étaient déjà rodés et
faisaient preuve d'une aisance confondante. En tête, la
Pénélope altière de la magnifique mezzo serbe
Marijana Mijanovic, qui a tout pour elle le timbre, l'expression, la
technique, l'émotion et la silhouette. Autre
révélation, le ténor croate Kresimir Spicer,
Ulysse puissant et chaleureux. Gaelle Méchaly est
sensationnelle en Minerve (vocalement et scéniquement),
après avoir été un délicieux Amour.
Stéphanie d'Oustrac (La Fortune et Mélante) fait
entendre un timbre richement velouté. Signalons encore le
très beau Télémaque du tout jeune ténor
français Cyril Auvity, mais tous seraient à
citer."
- Altamusica : Ulysse gagne l’Olympe
aixoise - 10 juillet 2000
"Le spectacle aixois du
millenium restera ce Monteverdi miraculeux, où le metteur en
scène Adrian Noble révèle une partition faite
pour le théâtre sur des décors et costumes
splendides, avec une équipe musicale exceptionnelle. Bonheur
total.
Le mystère ne tient pas
seul dans l’alchimie qui rend un spectacle magique. Dans le cas du
Retour d’Ulysse dans sa patrie de Monteverdi, mis en scène par
Adrian Noble et dirigé par William Christie, ce sont les
talents neufs et les jeunes voix déjà aguerries, les
artistes renommés à la sensibilité proche et
à l’exigence de perfection identique, le merveilleux
Théâtre du Jeu de Paume récemment
rénové qui créent ensemble un équilibre
aussi fragile que parfait. D’autant qu’aucune partie ne veut ici
prendre le pouvoir sur l’autre. La musique, servie en fosse par des
Arts Florissants qui tissent un voile arachnéen autour des
voix, est déroulée avec une infinie délicatesse.
Pas de chef aux commandes. Le grand Bill est aux claviers, comme son
collègue Roger Hamilton, claveciniste fin et attentif qui
danse sur ses touches. L’esprit de collégialité
règne en maître entre fosse et scène. Les
instrumentistes, les yeux souvent rivés sur les chanteurs dont
ils suivent chaque mouvement avec passion, respirent à leur
rythme, se coulent sous leurs voix. C’est dire qu’on participe
à un véritable discours musical, rarement porté
à ce degré d’intimité. La salle, elle aussi,
joue cette partition de la proximité. Ses dimensions
idéales, faites pour ce genre de musique, permettent au public
d’entrer à chaud dans le débat. En l’occurrence, une
lecture axée sur la simplicité, la sensibilité
et la juste beauté des choses et des humains.
Un sol de sable brun, une cage
de scène totalement dénudée aux murs
brossés de couches diverses d’anciennes peintures, deux
amphores, et des éclairages frisants. On se croirait dans le
monde de Peter Brook et de sa Carmen dépouillée.
Anthony Ward a signé les splendides décors et costumes
d’un univers à mi-chemin entre Orient et Occident. Tout
commence, comme à l’origine du monde, avec l’apparition d’un
homme nu. Rachid Ben Abdeslam chante et joue subtilement sa
fragilité d’humain. Une Fortune aux yeux bandés, un
Temps sur béquilles et un Amour tatoué viennent lui
rappeler sa triste condition d’homme soumis à leurs
volontés. Quelques voiles agitées, un tapis volant
doré et des fils de lumières viendront enrichir ce
dénuement magnifique, et, dans cet espace minimal, Adrian
Noble se paye le luxe de faire virevolter son monde autour du
désir et de la joie. La jeunesse et la beauté des
personnages ne font que surrenchérir à cette
fraîcheur de ton. Et si les nouveaux chanteurs, qui ont
travaillé en académie sur le spectacle, ne
possèdent pas toujours l’assurance de leurs
aînés, les voix remarquables de Stéphanie
d’Oustrac (Fortune et somptueuse Melanto) ou de Gaëlle
Méchaly (Amour et Minerve éblouissante) sont loin
d’être inconnues. Ni celle de Joseph Cornwell, Eumerte à
l’incroyable abattage scénique. La Penelope de Marijana
Mijanovic a elle aussi déjà du métier. Son
mezzo, qui tire vers l’alto, la rend troublante d’androgynie et
d’intériorité. Quant à la voix un rien brute du
Croate Kresimir Spicer, elle confère à Ulysse une
touchante franchise doublée d’une étonnante
intensité d’interprétation. Ces talents choisis par
William Christie ont de la carrure et un avenir que personne ne
saurait leur discuter. Et l’hypersensibilité qui domine cette
production exemplaire, dont on pense qu’elle va prendre les routes,
restera gravée dans la mémoire des amoureux de pure
beauté."
- Le Monde - 11 juillet
2000 - Un « Retour d'Ulysse
» à Aix, tout de fluide beauté - William
Christie et Adrian Noble ont réussi un spectacle
magnifique, subtil et aérien
"La trilogie monteverdienne
voulue par Stéphane Lissner depuis sa nomination à la
tête du Festival d'Aix-en-Provence se voit bouclée,
après Orfeo, en 1998, et Le Couronnement de Poppée, en
1999, par la nouvelle production, cet été, de
l'opéra méconnu de Claudio Monteverdi, Le Retour
d'Ulysse dans sa patrie, un spectacle subtil et aérien que
l'on doit au metteur en scène britannique Adrian Noble et au
chef d'orchestre William Christie, dirigeant une troupe de jeunes
chanteurs pour la plupart inconnus (ceux de l'Académie
européenne de musique d'Aix-en-Provence), mais qui auront
comblé le public du Théâtre du Jeu de paume. Ce
spectacle est d'autant plus paradoxalement aérien qu'il est
donné en un espace fermé.
Certes, l'air pur et
tiède de la cour de l'archevêché participe de la
magie du festival d'Aix, mais, dès qu'il est affecté
d'un rien de mistral, les dures réalités acoustiques
reprennent le dessus. En ce sens, ce nouveau lieu ne peut
qu'accompagner sainement le futur d'une programmation de musique
baroque, laquelle demande des lieux adaptés à sa nature
particulière. Car si la mise en scène du Couronnement
de Poppée avait paru, à certains, glacée, dans
la cour de l'archevêché, l'an passé,
peut-être en eût-il été autrement dans ce
théâtre, au moins pour ce qui est de la connivence
indispensable entre scène et plateau.
On croit bien n'avoir jamais
entendu une aussi naturelle aisance dans le dialogue entre chanteurs
et orchestre que dans ce Retour d'Ulysse. Pourtant, sauf erreur
d'inattention, nous n'avons pas vu William Christie lever une seule
fois l'index. Primus inter pares, il dirige sans diriger, luxe absolu
que le chef franco-américain s'octroiera jusqu'à ne pas
venir saluer sur scène - quitte à y condescendre
finalement et à coiffer tout le monde au poteau de
l'applaudimètre. Au cours de ces quelque trois heures de
musique qui passent à la vitesse d'un zéphyr
ailé, tout semble être une affaire d'entente, dans tous
les sens du terme. La musique circule librement, en un échange
permanent entre le récit chanté et les musiciens
assurant une « trame » sonore continue dans la fosse,
puisqu'il est entendu que l'essentiel de cette partition, comme celle
du Couronnement de Poppée, est réduit à deux
lignes : celle du chant et celle de la basse, à partir de
laquelle des instruments ( harpe, lyrone, deux luths, deux clavecins,
orgue et régale, violone, viole de gambe et violoncelle)
improvisent un accompagnement.
Au clavecin, à la
régale (instrument au son nasal réservé aux
personnages redoutables ou malins, souterrains ou subaquatiques - ici
Neptune) ou à l'orgue, Christie laisse souvent la parole
à ses collègues de l'orchestre, dont l'excellent
claveciniste Roger Hamilton, et peut alors regarder ce qui se passe
sur scène. On l'a observé à la
dérobée et on a vu chez ce musicien tout l'amour qu'il
porte aux chanteurs, un regard presque tendrement protecteur qu'il
adresse aux plus jeunes recrues, en particulier les étonnants
Stéphanie d'Oustrac (vingt-six ans), voix de miel
velouté, ou Cyril Auvity (vingt-trois ans), dont le naturel
vocal et dramatique, la fraîcheur physique sont tout simplement
confondants. Les rôles sont tenus avec compétence par
des chanteurs dont certains ont encore du chemin à faire, mais
comment ne pas admirer le résultat d'ensemble du travail de
cette Académie européenne dont les membres sont
capables à la fois de chanter un madrigal (à la fin de
l'ouvrage) et d'assurer pleinement leur rôle soliste ?
Deux révélations
en tout cas : Marijana Mijanovic, née yougoslave,
Pénélope implacable et sensible, d'une voix gravement
belle ; Kresimir Spicer, croate, ténor à la voix
chaude, capable de douceurs ineffables et d'une
générosité de présence constante. On
pressent chez elle un belle Messagère, une émouvante
Ottavia, et chez lui un douloureux Orfeo. On s'est réjoui de
retrouver Gaëlle Méchaly, d'une projection vocale, d'une
précision musicale et d'une présence extraordinaires.
On voudrait les citer tous, dont le chanteur non voyant Bertrand
Bontoux, Rebecca Ockenden, Christophe Laporte ou l'Eumète
émouvant de Joseph Cornwell.
Adrian Noble est parvenu
à composer un spectacle d'une profondeur rare avec rien : du
sable, quelques jarres, un coffre, deux murs latéraux (poste
d'observation, mur de lamentation), un fond de scène bleu,
deux voiles, quelques coussins orientaux, le tout sur un plateau nu
et ouvert. Tout est dans le jeu, la compréhension de la
musique, la vivacité qui fait mouche, le sens raffiné
des contrastes, du plus éthéré au plus vulgaire.
Beaux costumes d'Anthony Ward (un mélange de plissés
tendance Issey Miyake et de tissus indiens), lumières une fois
de plus transcendantes de Jean Kalman : la beauté de Minerve,
adossée au mur, dans un demi contre-jour gris acier lui doit
beaucoup, ainsi que bien d'autres moments de ce spectacle de
jouvence."
- Théâtre de St
Quentin en Yvelines - 28, 29 janvier 2000 - Théâtre Municipal de
Tourcoing - 11, 12 février 2000 - Opéra Théâtre de
Besançon - 31 mars 2000 - La Grande Ecurie et la Chambre du Roy - dir.
Jean-Claude Malgoire - mise en scène de Jean-Claude
Malgoire, Nicolas Rivenq et Jacques Lautem - décors Nicolas
Rivenq - costumes Christine Rabot Pinson - lumières Jacky
Lauren - chorégraphie Roser Montllo, Brigitte Seth - avec
Nicolas Rivenq/François Piolino (Ulisse), Sylvie
Althaparro/Geneeviève Kaemerlen (Penelope), Sandrine
Rondot/Laurence François (Minerva), Laurent Slaars/serge
Goubioud (Telemaco), Laurence François/Stéphanie
d'Oustrac (Melanto), Jacek Laszczkowski/Philippe Jaroussky
(Eumete), Renaud Delaigue/Pierre Thirion-Vallet (Nettuno),
Geneviève Kaemmerlen/Stéphanie d'Oustrac (Euryclea),
François Piolino/Jean-François Chiama (Giove),
Pierre Evreux/François Piolino (Eurimaco), Bruno
Rostand/Renaud Delaigue (Antinoo, Feaci), Pierre
Evreux/François Piolino (Pisandro), Chantal Perraud/Olga
Pitarch (Giunone), Rachid Ben Abdeslam/Philippe Jaroussky (L’umana
fragilita, Feaci), Pierre Thirion-Vallet/Bruno Rostand (Tempo),
Olga Pitarch/Valérie Gabail (Fortuna), Valérie
Gabail/Chantal Perraud (Amore), Jean-François
Chiama/Laurent Slaars (Iro)
"La représentation du
Retour d’Ulysse a été un de ces moments de
grâce comme on en rencontre peu. Les interprètes,
admirablement conduits par une mise en scène
inspirée et bouleversante d’intensité, chantent tous
dans un style impeccable et dans des tessitures qui leur
conviennent avec une adéquation totale entre le texte et la
musique, indispensable chez Monteverdi. Autour de Nicolas Rivenq,
Sylvie Althaparro est une somptueuse et touchante
Pénélope, son timbre sombre convenant parfaitement
à la fière douleur du personnage. La voix souple,
ronde et colorée de Sandrine Rondot s’associe à un
tempérament pétillant permettant une
caractérisation efficace de Minerve. Les
prétendants, Pierre Evreux, Bruno Rostand et surtout
l’incroyable Serge Goubioud (aussi à l’aise en haute-contre
qu’en contre-ténor) rivalisent d’aisance. Jacek
Laszczkowski est impayable en Eumée et confirme un talent
rare. Et l’on retrouve avec plaisir François Piolino,
Renaud Delaigue et Geneviève Kaemmerlen,
parfaits."
- Opéra International - mars 2000 -
St Quentin en Yvelines - 29 janvier 2000
"Au milieu des
années 1980, le tandem Jean-Claude Malgoire-Jean-Louis
Martinoty avait, pour la première fois en France,
proposé les trois opéras montéverdiens parvenus
jusqu'à nous. En un dispositif scénographique unique,
puisque transporté et tout aussitôt remonté dans
des salles non vouées à l'art lyrique, cette trilogie
avait permis à des publics de découvrir l'opéra,
et à une jeune génération de chanteurs
français de s'aguerrir dans ces répertoires alors
totalement exclus de leur enseignement. Quinze ans après, le
même Atelier Lyrique de Tourcoing, mais en coproduction avec le
Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, remet les trois
ouvrages sur le métier. Associé à Jacky Lautem
et Nicolas Rivenq, Malgoire se fait également metteur en
scène et poursuit le même pari scénographique
itinérant : un dispositif scénique identique aux trois
ouvrages, avec de simples éléments mobiles sur le
plateau. L'unique décor assume donc une mission contradictoire
: être suffisamment généraliste pour convenir aux
trois ouvrages, et être caractérisable pour convenir
à un lieu privé, à un espace public, ou aux
Enfers. Ce judicieux décor consiste en deux superstructures
blanches, l'une à cour et l'autre jardin, à
moitié articulées, dont les découpages sont
inspirés de l'Orient et qui peuvent se rejoindre pour occuper
toute la largeur du plateau...La mise en scène ne s'est pas
embarrassée de recherches conceptuelles sur
l'Antiquité. Profondément musicale et cherchant
à toucher des publics méconnaissant Monteverdi et la
mythologie, elle s'est, avant tout, souciée de rendre lisible
chaque intrigue, notamment grâce à des choix
dramaturgiques limpides et à de judicieuses coupures musicales
(dans Ulisse et Poppea). Ces buts sont atteints.
L'autre point fort de ces
soirées tient en l'attentive et pertinente direction musicale.
Situé au pied de la scène (alternativement
tourné vers les chanteurs, puis vers ses instrumentistes qui,
tous, regardent le plateau), Jean-Claude Malgoire agit plus en
coordinateur qu'en chef, suscitant les énergies
improvisatoires d'un excellent continuo et portant chaque chanteur
à son meilleur, tantôt en le conduisant,tantôt en
le laissant tout à sa liberté déclamatoire.
Enfin, rares sont ceux qui, comme lui, maîtrisent le parcours
énergétique de chacun de ces ouvrages.
Il ritorno dUlisse in patria
est le sommet de cette trilogie. Le décor y fonctionne de
façon optimale, les divinités du prologue sont - fait
exceptionnel - savoureuses, et les deux principaux rôles y sont
excellemment tenus. Sylvie Althaparro est une belle Penelope ; sa
dense présence, son timbre sombre et son chant éloquent
lui permettent de captiver dans un personnage pourtant monolithique.
Nicolas Rivenq est un Ulisse finement dessiné : ce baryton,
aux aigus fermes et sans dureté, à la rare aisance
scénique, manie tour à tour l'émotion et
l'ironie. Le reste de la distribution comporte de nombreux autres
points forts, comme l'excellente basse Renaud Delaigue (Nettuno) ou
l'étonnant sopraniste Jacek Laszczkowsky (Eumete). Sans
oublier le trio des prétendants de Penelope : le ténor
aigu (presque alto) Serge Goubioud, le ténor François
Piolino (également un Giove amusé) et la basse Bruno
Rostand."
- Glimmerglass (Etats Unis)
- 17, 19, 25, 29, 31 juillet, 6, 10, 14, 22 août
1999 - nouvelle coproduction avec New York City Opera - dir. Jane
Glover - mise en scène John Cox - décors, costumes
Johan Engels, lumières Mark McCullough - avec Phyllis
Pancella (Penelope), James Maddalena (Ulisse), Greg Fedderly
(Telemaco), David Walker (Humana fragilita), Christine Abraham
(Minerva), George Shirley (Eumete), David Walker (Pisandro), Marie
Lenormand (Melanto), Mark McCrory (Tempo), Alison Carol Chaney
(Fortuna), Kerri Marcinko (Giunone), Todd Wilander (Eurimaco),
Mark McCrory (Nettuno), Gerald Frantzen (Giove), Allan Lloyd
Guiney (Cupido), Torrance Blaisdell (Iro), Derrick L. Parker
(Antinoo), Eric Fennell (Anfinomo), Georgia Jarman (Ericlea),
Joseph Schlesinger, James Burritt, Daniel Ihasz (Feaci)
- Pretoria - State
Theatre - 7, 8, 9, 10 juillet 1999 - dir. Philippe
Pierlot - mise en scène William Kentridge - avec
Guillemette Laurens (Penelope), Scot Weir (Ulisse, l'Umana
fragilita), Vincent Pavesi (Nettuno, Tempo, Antinoo), Margarida
Natividade (Minerva, Amore), Peter Evans (Telemaco, Pisandro),

- Florence - Teatro del
Maggio Musicale Fiorentino - 22, 23, 25, 27, 29, 30
mai, 1er juin 1999 - The English Concert - dir. Trevor
Pinnock - mise en scène Luca Ronconi - décors
Margherita Palli - costumes Vera Marzot - lumières Sergio
Rossi - avec Paul Nilon (Ulisse), Patricia Bardon (Penelope), Paul
Agnew (Telemaco), Gloria Banditelli (Ericlea), Martin Hill
(Eumete), Laura Cherici (Melanto), Bruno Lazzaretti (Eurimaco),
Michael Chance (Pisandro), Rufus Muller (Anfinome, Giove), Alan
Ewing (Antinoo, Tempo), Sergio Bertocchi (Iro), Marina Comparato
(Minerva, Fortuna), Gemma Bertagnolli (Cupido, Giunone), Andrea
Silvestrelli (Nettuno)
- New York - Opera
Cooperstown - 1999
- Athènes - Megaron
Concert Hall - 9, 11, 13, 15 octobre 1998 - dir. Trevor
Pinnock - mise en scène Luca Ronconi - avec Patricia Bardon
(Penelope), Paul Agnew (Telemaco), Gloria Banditelli (Ericlea),
Laura Cherici (Melanto), Bruno Lazzaretti (Eurimaco), Michael
Chance (Pisandro), Andrea Silvestrelli (Nettuno), Blochwitz
- Amsterdam - Het
Muziektheater - 1er, 3, 6, 8, 11, 13, 16,
19, 22, 25 octobre 1998 - dir. Glen Wilson - mise en scène
Pierre Audi - avec Graciela Araya, Diana Montague, Monica Bacelli,
Anthony Rolfe-Johnson, Brian Asawa, Toby Spence, Christopher
Gillett, Mark Tucker, Oliver
- Abbaye de Royaumont
- 30 août 1998 - version de concert - dir.
Jean-Claude Malgoire - avec Sylvie Althaparro, Peter, Rachid
Benabdeslam, Chiama, Goerges, Thirion-Vallet
- Palerme - Eglise Santa
Maria dello Spasimo - 17, 19, 21 juillet 1998 - dir.
Gabriel Garrido - avec Gloria Banditelli, Victor Torrès
- Bruxelles -
Kaaitheater - 9, 10, 12, 13, 15, 16, 17, 19, 20, 22 mai
1998 - Vienne - Wiener Festwochen -
Sofiensäle - 28, 29, 30, 31 mai, 1er
juin 1998 - Ensemble Ricercar - dir. Philippe Pierlot - mise en
scène William Kentridge - scénographie Adrian Kohler
- lumières Wesley France - Handspring Puppet Company - avec
Guillemette Laurens (Penelope), Scot Weir (Ulisse, l'Humana
fragilita), Wilke Te Brummelstroete (Melanto, Fortuna, Anfinomo),
Vincent Pavesi (Nettuno, Tempo, Antinoo), Margarida Natividade
(Minerva, Amore), Peter Evans (Telemaco, Pisandro), Stephan Van
Dyck (Eumete, Eurimaco, Giove) - coproduction Festival des Arts,
Wiener Festwochen, Handspring Puppet Company

"Coproduction entre le
Théâtre de la Monnaie et le Festival des Arts de
Bruxelles...L'idée d'associer une compagnie de marionnettes
autour d'un opéra montéverdien était un pari
risqué : il a été gagné et nous a offert
une rêverie bouleversante...William Kentridge a
éliminé les deux-tiers du texte...l'ensemble
instrumental limité à six musiciens...Guillemette
Laurens, ici dans sa pleine maturité vocale, est
exceptionnelle : la variété de sa palette dramatique,
les multiples couleurs de sa voix et la sobriété
concentrée de son expressivité sont au delà de
tout éloge". (Opéra International - août
1998)
- Lisbonne - Teatro Nacional
S. Carlos - 23, 24, 26, 27 mars 1998 - dir.
Christophers - mise en scène Lang - avec Susan Bickley,
Russell, Kimm, Winslade, Graham-Hall, Rice, Leggate, Best,
Gillett
- Los Angeles - Music
Center - 6, 8, 10, 13, 16, 18 mai 1997 - mise en
scène Glen Wilson - mise en scène Pierre Audi -
décors Michael Simon - costumes Jorge Jara - avec Frederica
Von Stade (Penelope), Thomas Allen (Ulisse), Carlo Scibelli
(Telemaco), Kenneth Cox (Il Tempo, Antinoo) - David Daniels
(L'umana fragilita, Anfinomo) - Jacques Trussel (Eumete), Tihana
Herceg (La fortuna, Melanto) - Paula Rasmussen (Minerva)
"Empruntée au De
Nederlandse Opera, qui l'avait montée en 1990 comme premier
volet d'un cycle Monteverdi, cette production aux décors
extrêmement dépouillés accusait, sur la vaste
scène californienne, la sévère rigueur, parfois
même la quasi-nudité, de son concept visuel. Mais la
direction d'acteurs de Pierre Audi réussit à
éviter toute monotonie, par le relief psychologique qu'elle
conféra au moindre rôle. La chatoyante éloquence
de la baguette de Glen Wilson, claveciniste de formation et auteur de
l'édition de la partition, avec laquelle il effectua
d'ailleurs, en 1990, ses débuts de chef d'orchestre, n'est pas
étrangère à la réussite de l'ensemble.
Dirigeant l'orchestre de chambre Musica Angelica, fixé
à Los Angeles, qui cultive la pratique d'exécution
historique sur instruments d'origine ou sur répliques, Wilson
rendit justice aux multiples situations affectives du chef-d'oeuvre
monteverdien, sans nulle trace de didactisme académique. La
représentation bénéficiait également
d'une pléiade de jeunes artistes qui ne furent pas loin
d'éclipser, par leur charme vocal et leur aplomb stylistique,
les titulaires des rôles principaux. Ces derniers, loin de
démériter, accusèrent quelques faiblesses un
rien de routine chez Thomas Allen, Ulisse passablement monochrome, et
la fréquente nécessité de forcer dans le grave,
au détriment de l'euphonie, chez la charmante Frederica von
Stade, Penelope plus intensément investie dans son personnage.
On ne peut en revanche que faire des éloges de Tihana Herceg,
Melanto d'une grande mobilité expressive, de Paula Rasmussen,
Minerva somptueuse de timbre, de Carlo Scibelli, Telemaco touchant
d'ardeur filiale et, plus encore peut-être, de David Daniels,
contre-ténor d'une puissance et d'une aisance
stupéfiante jusque dans le suraigu. La laideur des costumes
constituait le seul aspect décevant de cette production, dont
le cadre austère offrit aussi un moment de splendeur visuelle,
avec l'apparition et l'envol majestueux d'un aigle olympien.
(Opéra International - novembre 1997)
- Leeds - Opera
North - 15, 19 avril, 1er, 2 mai 1997 - dir.
Bicket - mise en scène Arden - avec Coote, Winslade,
Feighan, McCafferty, Seras, Jar
- Genève -
11, 12, 14, 15, 17 et 18 janvier 1996 - dir. Michel Corboz - mise
en scène Jean-Claude Auvray - décors et costumes
Bernard Arnould - avec Christoph Pregardien (Ulisse), Sara Fulgoni
(Penelope), Xena Meijer (Minerva, Umana Fragilita), Ricardo
Cassinelli (Iro), Doug Jones (Telemaco), Gilles Ragon (Eurimaco,
Amore), Peter Jeffes (Eumete)
"...Cette production constitue
le prolongement d'un spectacle proposé, en 1989, par la
même équipe, au Théâtre du Jorat,
résidence campagnarde et estivale de l'Opéra de
Lausanne. Renée Auphan, alors directrice de l'institution,
avait déjà confié le travail de mise en forme
musicale à Xavier Bouvier, jeune compositeur et musicologue
genevois. Son orchestration des basses continues et parties chorales,
succinctement notées par Monteverdi, a été
passablement revue pour la présentation genevoise, devant
s'adapter à la présence de l'Orchestre de la Suisse
romande (en formation allégée) dans la fosse, aux
côtés d'un continuo rompu au style
baroque.
Cette production d'Ulisse
souffrirait à vouloir être rapprochée des
lectures les plus "authentiques". Michel Corboz ne cultive pas la
direction ascétique et tranchante des chefs plus baroqueux,
préférant souligner l'opulence et la sensualité
de la musique, avec une ligne ample et une
générosité toute théâtrale.
L'imagination et la verve du musicien ont plus diversement
inspiré le metteur en scène, qui a recouru au bon vieux
procédé du théâtre dans le
théâtre en l'occurrence, la soirée mondaine d'une
quelconque société hellénique se déverse
dans le vif de l'action homérique, où l'immuable
cliché d'une Grèce, portée à bout de
colonnades, est chahuté par quelques intrusions dignes d'une
"grecquerie" d'opérette. Franchement iconoclaste par moments,
ce travail pèche par excès de statisme dans le jeu de
scène d'un choeur, au demeurant excel-lent sur le plan vocal,
qui peine à définir son rôle. La conception
scénique s'en retrouve décousue, mélangeant les
conjugaisons passées et présentes, sans trop de raison
d'être.
En même temps qu'une
prise de rôle, la mezzo anglaise Sara Fulgoni fait ses
débuts à Genève. Elle renvoie l'image d'une
Pénélope contenue à l'extrême, comptant
sur la couleur cuivrée d'une voix un peu sourde pour chanter
sa douleur. En Christoph Prégardien, Ulysse trouve au
contraire force et éclat, le ténor offrant à son
personnage un profil touchant, sans excès
d'héroïsme. La mezzo néerlandaise Xenia Meijer
s'ajoute à cette tête d'affiche très
internationale, pour camper une Minerve piquante et pleine
d'autorité. Du reste de la distribution, se détachent
le Télémaque impétueux de Doug Jones, et l'Iro
truculent de Ricardo Cassinelli." (Opéra International - mars
1996)
- Festival de
Buxton - 14, 16, 20, 22, 27 et 29 juillet 1995 - dir.
Bicket - mise en scène Arden - avec J. Stilwell,
Winslade
- Stuttgart -
Staatstheater - 5, 14, 19 et 21 janvier 1995 - dir.
Hacker - mise en scène Manthey - avec Schneidermann,
Peckova, Ebbecke, Krämer, Kleindienst,
- Opéra de
Cologne - 18, 21, 26 et 29 décembre 1994,
1er, 4, 7, 11, 14 et 18 janvier 1995 - dir. Zagrosek -
avec Thomas Hampson. Kurt Rydl, Petra Pendzich, Machiko Obata,
John Treleaven, Dieter Schweikart, Marianne Rorholm, Kathleen
Kuhlmann, Michael Schade
- Stuttgart -
Staatstheater - 17, 20, 29 septembre, 1er,
4, 7, 24, 27 octobre 1994 - dir. Hacker - mise en scène
Manthey - avec Schneidermann, Araya, Ebbecke, Krämer,
Kleindienst
- Innsbruck - Semaines de
musique ancienne - 16, 18 et 19 août 1993 -
reprise de la production de l'Opéra de Montpellier de 1992
- dir. René Jacobs
- Amsterdam - 1,
4, 8, 11, 14, 17, 20, 23, 26 et 30 mars 1993 - New York - Majestic Theatre de Brooklyn
- juin 1993 - reprise de la production de 1990 - Nederlandse Opera
d'Amsterdam - dir. Glen Wilson - mise en scène Pierre Audi
- décors Michael Simon - costumes Jorge Jara - avec Anthony
Rolfe-Johnson (Ulisse), Graciela Araya (Penelope), James Doing
(Telemaco), Jennifer Larmore/ Rachel Ann Morgan (Minerva), Jaco
Huijpen (Tempo, Antinoo), Christopher Gillett (Pisandro), Michael
Chance (Humana fragilita, Anfinome), Mark Tucker (Eurimaco),
Alexander Oliver (Iro), Leena Kilunen/A. Steiger (Fortuna,
Melanto), H. Meens (Eumete), Elena Vink (Amore)
- Stuttgart - 4
et 16 décembre 1992 - dir. Hacker - mise en scène
Manthey - avec Kleindienst, Peckova, Ebbecke, Kraemer
- Opéra
International - décembre 1992 - Le retour
d'Ulysse - discographie
- Londres - Covent
Garden - 4, 8, 12, 16, 19 juin 1992 - adaptation P.
Daniel - dir. Nicholas Kok - mise en scène David Freeman -
décors et costumes D. Roger - avec Anthony Rolfe-Johnson
(Ulisse), Jean Rigby (Penelope), Paul Nilon (Telemaco), Christine
Botes (Minerva), Cathryn Wryn-Rogers (Humana fragilita, Ericlea),
J. Hall (Tempo, Antinoo), Ethna Robinson (Fortuna, Giunone,
Melanto), H. Priday (Giove), Andrew Greenan (Nettuno), H.
Hetherington (Pisandro), Michael Chance (Anfinome), Mark Tucker
(Eurimaco), Neil Jenkins (Eumete), Adrian Thompson (Iro)
- Montpellier - Opéra
Comédie - 27, 29, 31 mars, 1er avril
1992 - coproduction Opéra de Montpellier - Opéra de
Lyon - dir. René Jacobs - mise en scène Gilbert
Deflo - décors et costumes William Orlandi - avec Christoph
Prégardien (Ulisse), Bernarda Fink (Penelope), Christina
Högman (Telemaco), Judith Malafronte (Minerva), Jocelyne
Taillon (Ericlea), Martyn Hill (Eumete), Dominique Visse (Humana
fragilita, Pisandro), Marck Tucker (Anfinome), David Thomas
(Antinoo), Jörg Dürmüller (Eurimaco), Alexander
Oliver (Iro), Faridah Subrata (Melanto), M. Bovet (Amore,
Giunone), Olivier Lallouette (Giove)
"Si la simplicité
évocatrice d'une simple toile de fond bleue à
l'arrière situe avec force le drame, l'absence totale de
décors latéraux et la scène le plus souvent nue
ne favorisent pas vraiment la mise en condition du spectateur...Ce
dénuement s'explique malaisément par la mise en
scène qui par ailleurs n'hésite pas à recourir
à la féerie, jouant la carte vénitienne à
travers des machineries scéniques spectaculaires et
naïves...Bernarda Fink est une Pénélope
acceptable, d'une belle couleur vocale, mais sans relief
suffisant...Même manque d'autorité chez l'Ulysse de
Christoph Prégardien, voix agréable mais sans
vaillance...Toute l'énergie des rôles principaux
semblaient en revanche s'être concentrés sur Christina
Högman, d'une intelligence musicale, d'une présence et
d'une conviction remarquables. Assurance et vigueur également
chez Martyn Hill dans le rôle du vieil Eumée...Dominique
Visse, Pisandre gracile et pointu, Mark Tucker Antinomos au timbre
chaleureux, David Thomas, Antinoüs un peu engorgé...Le
meilleur atout musical de cete production reste l'excellent travail
de mise au point de René Jacobs sur les chanteurs et sur
l'orchestre."
- Opéra de San
Francisco - 1, 4, 6 et 9 décembre 1991 - reprise
de la production de 1990 - dir. Mario Bernardi - mise en
scène Michael Hampe - décors et costumes Mauro
Pagano - avec Frederica von Stade (Penelope), Susan Graham
(Minerva), Thomas Hampson (Humana fragilita, Ulisse), William
Lewis (Eumete), Vinson Cole (Telemaco), Kathryn Cowdrick
(Melanto), James Patterson (Nettuno), K. Cox (Tempo, Antinoo), M.
Mills (Fortuna), J.F. West (Giove), D. Petersen (Pisandro), C.
Estep (Anfinome), K. Wilborn (Eurimaco), C. Rayam (Iro), J. Bower
(Ericlea)
- Sienne - Teatro dei
Rinnovati - 16, 21 juillet 1991 - dir. Alan Curtis -
mise en scène Luciano Alberti - décors Giovanni
Farolfi - avec Le Roy Villanueva (Ulisse), Gloria Banditelli
(Penelope), Mark Tucker (Telemaco), Guillemette Laurens (Minerva),
Daniela del Monaco (Humana fragilita, Pisandro), Harry van der
Kamp (Tempo, Nettuno, Antinoo), N. Nackley (Amore), Ivan
Kiourtchev (Nettuno, Anfinome), Timothy Martin (Eurimaco),
Giovanni Battista Palmieri (Eumete), Paolo Fagotto (Iro), Caterina
Calvi (Ericlea), J. Carkci (Melanto)
"Alan Curtis s'est
contenté d'un travail minimal...jugeant que Monteverdi
attachait sans doute davantage d'importance à la
déclamation et au chant qu'aux coloris de l'orchestre...La
réussite de la soirée repose également sur la
réalisation visuelle de Luciano Alberti qui, recréant
la façade d'une église de Gênes, illustre
à merveille l'art architectural de Monteverdi...Du clavecin
Alan Curtis dirige avec scrupule le satisfaisant ensemble de Sonatori
della Gioisa Marca. La distribution jeune et internationale est dans
l'ensemble à la hauteur de la tâche...On retiendra
surtout la Pénélope éplorée de Gloria
Banditelli, l'Ulysse de Le Roy Villanueva, le Neptune puissant
d'Harry van der Kamp, le vaillant Télémaque de Mark
Tucker et la rayonnante Minerve de Guillemette Laurens."
(Opéra International - octobre 1991)
- Beaune - Rencontres
Internationales de Musique Baroque et Classique - 6
juillet 1991 - version de concert - Amsterdam Soloists Ensemble -
dir. Glen Wilson - avec Anthony Rolfe-Johnson, Graciela Araya,
Carolyn Watkinson, Barbara Borden, Michael Chance, Chritopher
Gillett, Marck Tucker, Alexander Oliver, Jaco Huijpen, Robert
Coupe, Bruce Sellars - production de l'Opéra de Fladre
- Opéra de Flandre -
Gand - 5, 7, 9 novembre 1991 -
Anvers - 17, 19, 21, 23
novembre 1991 - coproduction du Théâtre de Lausanne
et de l'Opéra de Flandre - dir. Florian Heyerick - mise en
scène Jean-Claude Auvray - décors et costumes
Bernard Arnould - avec Guy de Mey/Ian Honeyman (Ulisse), Brigite
Balleys (Penelope), Mark Tucker (Telemaco), M.N. de Callataÿ
(Minerva), P. Nowacki (Antinoo), C. Gilett (Pisandro), J. Caals
(Anfinome), B. Loonen (Eurimaco), M. Capelle (Melanto), A.
Grégoire (Eumete), V. Jar (Iro)
- Opéra
d'Avignon - 24 et 26 février 1991 - reprise de
la production du Théâtre de Lausanne - dir. Michel
Corboz - mise en scène Jean-Claude Auvray - avec Brigitte
Balleys, Raphanel, Olmeda, Anthony Rolfe-Johnson, Normand,
Schafer
- San Francisco -
23, 25 et 28 novembre 1990, 1er, 4, 6 et 9
décembre 1990 - dir. Mario Bernardi - mise en scène
Michael Hampe - décors et costumes Mauro Pagano - avec
Frederica von Stade (Penelope), Susan Graham (Minerva), Thomas
Hampson (Humana fragilita, Ulisse), William Lewis (Eumete), Vinson
Cole (Telemaco), Kathryn Cowdrick (Melanto), James Patterson
(Nettuno), K. Cox (Tempo, Antinoo), M. Mills (Fortuna), J.F. West
(Giove), D. Petersen (Pisandro), C. Estep (Anfinome), K. Wilborn
(Eurimaco), C. Rayam (Iro), J. Bower (Ericlea)
"C'est la version Malipiero,
inaugurée à Salzbourg en 1985, qu'a choisie le SFO...Le
spectacle passe, très bien même...Parce que les
décors foisonnants, les superbes costumes, flamboyants,
lustrés, d'or et d'argent, les "dei ex machina", la mise en
scène inventive et dramatique, accrochent en premier lieu
l'oeil...Frederica von Stade, la plus touchante, la plus attirante,
la plus émue des Pénélope conduit
suprêmement son jeu. Thomas Hampson, baryton viril et fougueux,
juste et franc, sait relever mille défis. impossibles et
crée l'évènement. Susan Graham chante Minerva
avec infiniment d'élégance...Maario Bernardi dirige
avec conviction un orchestre trop gros et trop gras. " (Opéra
International - février 1991)
- Amsterdam - 10,
12, 15, 18, 20, 23, 26, 29 novembre 1990 - dir. Glen Wilson -
version révisée par Glen Wilson - mise en
scène Pierre Audi - décors Michael Simon - costumes
Jorge Jara - avec Anthony Rolfe-Johnson (Ulisse), Graciela Araya
(Penelope), James Doing (Telemaco), Jennifer Larmore (Minerva,
Amore), Jaco Huijpen (Tempo, Antinoo), Christopher Gillett
(Pisandro), Michael Chance (Humana fragilita, Anfinome), Mark
Tucker (Eurimaco), Alexander Oliver (Iro), L. Kilunen/A. Steiger
(Fortuna, Melanto), H. Meens (Eumete)
"Glen Wilson supprime les
interventions divines, sauf Minerve, et le rôle de la nourrice
Ericlea. Deux actes, un orchestre réduit à six cordes,
un clavecin, deux flûtes et un chitarronne...Au bout de
quelques scènes, une irrésistible sensation de
monotonie...Michael Simon joue la carte de
l'austérité...Le plateau se montre à la hauteur
des exigences du parlar cantando montéverdien, avec un diction
impeccable...Avec le port d'une statue antique, Graciela Araya
dessine une Pénélope à la fois
héroïque et émouvante...Un spectacle du plus haut
intérêt..."
- Londres - English National
Opera - 8, 11, 14, 16, 22, 25 et 30 novembre, 2 et 7
décembre 1989 - dir. Paul Daniel - mise en scène
David Freeman - décors et costumes D. Roger - avec Anthony
Rolfe-Johnston (Ulisse), Jean Rigby (Penelope), Laurence Dale
(Telemaco), Sally Burgess (Amore, Minerva), James Bowman
(Anfinome), Alexander Oliver (Iro), M. Davies (Humana fragilita),
Richard Angas (Tempo, Antinoo), Ethna Robinson (Fortuna, Giunone,
Melanto), C. Bayley (Nettuno), J.M. Ainsley (Eurimaco), Edwards
Byles (Eumete), M. Davies (Ericlea)
- Lausanne -
Théâtre du Jorat - Mézières
- 10, 12, 14, 17 septembre 1989 - adaptation X. Bouvier
- Ensemble instrumental de Lausanne - dir. Michel Corboz - mise en
scène Jean-Claude Auvray - décors et costumes
Bernard Arnould - avec François Le Roux (Ulisse), Brigitte
Balleys (Penelope), Colette Alliot-Lugaz (Melanto), Martine
Mahé (Minerva), Andrew Dalton (Anfinome), Steven Cole
(Pisandro), Antoine Normand (Telemaco), Jacques Bona (Antinoo),
Francis Dudziak (Eumete), V. Jar (Iro)
"Lorsque devant un rideau de
bois, peint en sson milieu d'une échappée sur la mer
d'Ithaque, prennent place les paysans grecs, vêtus de noir, on
comprend que la réussite est au rendez-vous...Bernard Arnould
a su habiller Pénélope comme il habille l'espace, avec
ce sens du beau...Elle est belle Pénélope,
outrageusement belle, telle un cri dans la nuit. Sombre
présence, irradiante beauté de Brigitte
Balleys...Télémaque est fiévreux à
souhait, les prétendants arrogants, cruels et stupides, Eumete
est émouvant...François Le Roux incarne Ulysse avec une
fougue, une noblesse et une intelligence dans la puissance...Tout
cela avait besoin de l'étincelle, de ce feu magique...Et c'est
Michel Corboz qui l'a allumé." (Opéra International -
octobre 1989)
- Londres -
Coliseum - 16 novembre 1988 - dir. Paul Daniel - mise
en scène David Freeman - décors David Roger - avec
Anthony Rolfe-Johnson (Ulisse), Laurence Dale, Jean Rigby, Sally
Burgess
"Une approche austère,
totalement adaptée au style de l'ouvrage...Utilisant en
totalité l'espace scénique, David Freeman
réalise un dispositif où les chanteurs semblent se
fondre dans le décor...Anthony Rolfe-Johnson campe un Ulysse
mémorable par la beauté de son chant, la clarté
de sa diction...Un exemple de théâtre musical moderne et
convaincant."
- Opéra de
Longbeach - dir. Nicholas McGegan - mise en
scène Christopher Alden - décors Paul Steinberg,
Heather Carson - avec Jake Gardner (Ulisse), Cynthia Clarey
(Penelope), Elise Ross (Minerva), Bruce Johnson (Telemaco)
- Festival de
Salzbourg - 5, 9, 17, 20, 25 août 1987 - version
H. W. Henze - dir. Jeffrey Tate - mise en scène
Michaël Hampe - décors et costumes Mauro Pagano - avec
Kathleen Kuhlmann (Penelope), Ann Murray (Minerva),Thomas Allen
(Humana fragilita, Ulisse), Alejandro Ramirez (Telemaco), James
King (Giove), K. Rydl (Tempo), T. Ringholz (Fortuna), M. Obata
(Amore), M. Hölle (Nettuno), Harald Stamm (Antinoo), Josef
Protschka (Pisandro), Douglas Ahlstedt (Anfinome), Vinson Cole
(Eurimaco), Daphne Evangelatos (Melanto), Robert Tear (Eumete),
Curtis Rayam (Iro), Martha Szirmay (Ericlea)
- Florence - Teatro
Communale - Mai Musical - 9, 12, 16, 18 juin 1987 -
version revue par Hans Werner Henze - dir. Bruno Bartoletti - mise
en scène Giulio Chazalettes - décors et costumes
Ulisse Santicchi - avec Richard Stilwell (Ulisse), Martine Dupuy
(Penelope), Horst Laubenthal (Telemaco), Julia Hamari (Minerva),
R. Orani (Humana fragilita), A. Cafaorio (Tempo), Z. Salazar
(Amore), James King Giove), A. Verduci (Nettuno), M. Szirmay
(Giunone), N. De Carolis (Antinoo), M. Comencini (Pisandro), V.
Grazioli (Anfinome), D. D'Auria (Eurimaco), Elena Zilio (Melanto),
P. Barbacini (Eumete), S. Bertocchi (Iro), P. Romano (Ericlea)
"L'ouvrage de Henze n'a
guère de points communs avec la structure vocale et musicale
du théâtre baroque...Comme à sa création,
au festival de Salzbourg, en 1985, l'Ulisse s'est avéré
un succès tant sur le plan scénique que musical. Les
décors élégants et stylisés de Ulisse
Santichi servent de cadre à l'intelligente mise en
scène de Chazalettes. Les témoignages des splendeurs du
théâtre baroque ne manquent pas, mais sont toujours
référents à une esthétique
contemporaine...D'une distribution satisfaisante, on retiendra
l'Ulysse tout de douleur intériorisée de Richard
Stilwell, la Pénélope au chant émouvant et
contrôlé de Martine Dupuy et le Télémaque
expressif de Horst Laubenthal." (Opéra
International - septembre
1987)
- Festival d'opéra baroque - Château
d'Ancy le Franc - juillet/août 1987 - Les Arts
Baroques - mise en scène Philippe Piffault, Antoine
Fontaine, Anne Grandclément - avec David Aldred,
ténor (Ulysse), Verona James, mezzo-soprano
(Pénélope), Elizabeth Bacmann, mezzo-soprano
(Télémaque), Sandra Porter, mezzo-soprano
(Mélante), Robert Grenhill, ténor (Eurimaque),
Jennifer Higgins, mezzo-soprano (Ericlée), John Cashmoore,
baryton (Eumée), Jonathon Kenny, conre-ténor
(Antinoüs), Philip Curtis, ténor (Pisandre),
Michaël Neill, basse (Anfimone), Stuart Paterson,
ténor (Iro), John Cashmoore, baryton (Jupiter), Elyzabeth
Byrne, soprano (Minerve), Deborah Glaigue, soprano (Junon),
Michaël Neill, basse (Neptune)
- Cologne - 2, 5,
9, 13, 16, 19, 23 et 27 novembre 1985 - version H.W. Henze - dir.
S. Bedford - mise en scène Michael Hampe - décors et
costumes Mauro Pagano - avec Claudio Nicolai (Humana fragilita,
Ulisse), Hanna Schwarz (Penelope), Alejandro Ramirez (Telemaco),
Ann Murray (Minerva), U. Hielscher (Tempo), M. Hirsti (Fortuna),
A. Bergius (Amore), J. Van Ree (Giove), M. Hölle (Nettuno),
Harald Stamm (Antinoo), Josef Protschka (Pisandro), Roderic
Keating (Anfinome), M. Finke (Eurimaco), A. Andonian (Melanto), W.
Hollweg (Eumete), Eberhard Katz (Iro), Martha Szirmay
(Ericlea)
- Festival de
Salzbourg - 11, 16, 18, 21, 27 et 31 août 1985 -
version réorchestrée par H. W. Henze - dir. Jeffrey
Tate - mise en scène Michaël Hampe - décors et
costumes Mauro Pagano - avec Kathleen Kuhlmann (Penelope), Ann
Murray (Minerva),Thomas Allen (Humana fragilita, Ulisse),
Alejandro Ramirez (Telemaco), James King (Giove), K. Rydl (Tempo),
J. Hall (Fortuna), A. Bergius (Amore), Manfred Schenk (Nettuno),
Harald Stamm (Antinoo), Josef Protschka (Pisandro), Douglas
Ahlstedt (Anfinome), Vinson Cole (Eurimaco), Daphne Evangelatos
(Melanto), Robert Tear (Eumete), Curtis Rayam (Iro), Martha
Szirmay (Ericlea)
"Les dieux ressemblent aux
hommes, fantasques et dangereux. Neptune jaillit de la mer sur son
char, Jupiter est un aigle, Minerve apparaît en
berger...L'opéra redevient une grande fête. Dans les
fantastiques décors et costumes de Pagano, Michaël Hampe
fait vibrer les différents espaces musicaux : le ciels des
dieux, la noble terre d'Ulysse, l'ombre adverse des
prétendants vulgaires et le monde enjoué de la
nourrice...Bouleversante, âpre, Kathleen Kuhlmann, soleilleux
James King, pure Ann Murray et surtout Thomas Allen dont la voix
large, riche, s'accorde à son jeu dans une
vérité toute naturelle."
- Liège -
Théâtre Royal - 20, 22 et 28 janvier 1984
- Opéra Royal de Wallonie - Le
Havre - Centre Oscar Niemeyer - 8 janvier 1984 -
Mets - 4 et 6 mai 1984 -
Lille - Opéra du Nord -
11, 13 et 15 mai 1984 - dir. Jean-Claude Malgoire - mise en
scène Martin Schlumpf - avec Edith Guillaume (Penelope),
John Elwes (Ulisse), Guy de Mey/A. Normand (Telemaco), M.
Goldthorpe (Giove), Fusako Kondo (Giunone), Isabelle Poulenard
(Amore, Minerva), Catherine Dussaut (Fortuna), Michel Vershaeve
(Iro), Jean-Pierre Chevalier (Eumée), Audigou, Brigitte
Bellamy (Melanto), Philippe Cantor (Antinoo), Dominique Visse
(Humana Fragilita, Anfinomo), Michel Laplénie (Pisandro),
J. Schwartz (Tempo), I. Honeyman (Eurimaco), B. Bellamy (Melanto),
J. Audigou (Ericlea) - Coproduction de l'Atelier lyrique de
Tourcoing et de la Maison de la Culture du Havre
"Avant tout une superbe
réussite technique. Les différents tableaux - plus
d'une vingtaaine - se succèdent sans le moindre incident...Un
spectacle lourd, mais aussi très beau....Jean-Claude Malgoire
insuffle à la partition une franche vitalité, jouant
savoureusement des timbres instrumentaux pour donner à chaque
scène sa juste couleur...Les voix sont parfois
inégales, sans particularité de timbre ou de volume
mais la grandeur de la salle et une acoustique très
sèche ne contribuent pas à les mettre en valeur.
Dominique Visse surmonte avec insolence les pièges de la
déclamation et des ornements, mieux encore que John Elwes,
pourtant tout aussi remarquable en Ulisse...Edith Guillaume, en
Pénélope, compense une voix sans grand éclat et
une technique inégale par une présence scénique,
une noblesse, une vérité hors du commun. Un magnifique
personnage de théâtre, dans une production
spectaculaire, au bon sens du terme." (Opéra International -
février 1984)
- Festival d'Innsbrück
- 1980 - dir. Alan Curtis - mise en scène et
scénographie Philippo Sanjust
- Festival de Glyndebourne
- 1979 - dir. Raymond Leppard - mise en scène
Peter Hall - décors et costumes J. Bury - avec Richard
Stilwell (Ulisse), Frederica von Stade (Penelope), P. Power
(Telemaco), Ann Murray (Minerva), D. Montague (Humana fragilita),
Ugo Trama (Tempo, Antinoo), L. Russell (Fortuna), K. Flowers
(Amore), K. Lewis/K. John (Giove), R. Bryson (Nettuno), C. Powell
(Giunone), J. FRyatt (Pisandro), B. Dickerson (Anfinome), M.R.
Cosotti (Eurimaco), P. Paraker (Melanto), R. Lewis (Eumete), A.
Oliver (Iro), N. Condo (Ericlea)
- Londres - Barbican Centre
- 1978 - dir. Roger Norrington - mise en scène
N. Platt - décors R. Butlin - costumes D. Howard - avec N.
Jenkins (Ulisse), S. Walter (Penelope), N. Mackie (Telemaco), A.
Pashley (Minerva), J. Winfield (Humana fragilita, Antinoo), T.
Lawlor (Tempo), D. Johnson (Giove, Pisandro), T. Lawlor (Anfonme),
E. James (Aurimaco), W. Evans (Eumete), J. Irons (Iro), E. Hartle
(Ericlea)
- Festival
d'Edimbourg - 1978 - reprise de la production de 1977
de l'Opéra de Zürich
- Opéra de Zurich
- 1977 - Tournée à Vienne, Berlin,
Hambourg, Milan - Ensemble Monteverdi de l'Opéra de
Zürich - dir. Nikolaus Harnoncourt - mise en scène,
décors et costumes Jean-Pierre Ponnelle - avec Werner
Hollweg (L'Humana fragilita, Ulisse), Trudeliese Schmidt
(Penelope), Francisco Araiza (Telemaco), Helrun Gardow (Minerva),
Werner Gröschel (Tempo, Feaci), Renate Lenhart (Fortuna,
Giunone), Klaus Brettschneider (Amore), Joszef Dene (Giove), Hans
Franzen (Nettuno), Simon Estes (Antinoo), Peter Straka (Pisandro),
Paul Esswood (Anfinomo), Peter Keller (Eurimaaco), Arley Reece
(Iro), Melanto (Janet Perery), Maria Minetto (Ericlea), Philippe
Huttenlocher (Eumete)
- Festival de Glyndebourne
- 1972/1973 - adaptation et dir. Raymond Leppard - mise
en scène Peter Hall/P. Libby - décors et costumes
John Bury - avec Benjamin Luxon (Ulisse), Janet Baker (Penelope),
Ian Caley (Telemaco), Anne Howells (Minerva), Annabel Hunt (Humana
fragilita), Ugo Trama (Tempo, Antinoo), Patricia Greig (Fortuna),
Laureen Livingstone (Amore), D. Hugues/Brian Burrows (Giove), C.
Grant /Robert Lloyd (Nettuno), V. Townley/Ray Woodland (Giunone),
J. Fryatt (Pisandro), Bernard Dickerson (Anfinome), John Wakefield
(Eurimaco), Janet Hugues (Melanto), Richard Lewis (Eumete), A.
Oliver (Iro), Virgina Popova (Ericlea)
- Milan - Piccola Scala
- 1972 - dir. Nikolaus Harnoncourt - avec A. Romero
(Ulisse), Norma Lerer (Penelope), E. Gavazzi (Telemaco), E. Zilio
(Minerva), G. De Angelis (Giove), G. Luccardi (Nettuno)
- Vienne - Theater an der
Wien - 1971 - adaptation et dir. Nikolaus Harnoncourt -
avec Sven Olof Eliasson (Humana fragilita, Ulisse), Norma Lerer
(Penelope), Kai Hansen (Telemaco), Rotraud Hansmann (Minerva,
Amore), Walker Wyatt (Tempo, Antinoo), Margaret Baker-Genovesi
(Fortuna, Giunone, Melanto), Ladislaus Anderko (Giove), Nikolaus
Simkowsky (Nettuno), Kurt Equiluz (Pisandro), Paul Esswood
(Anfinome), Nigel Rogers (Eurimaco), Max van Egmond (Eumete),
Murray Dickie (Iro), Anne-Marie Mühle (Ericlea)
- Berlin - Komische Oper
- 1966 - dir. Gert Barner - mise en scène
Götz Friedrich - décors R. Zimmermann
- Hambourg - Staatsoper
- 1965 - version Erich Kraach - dir. Albert Bittner -
mise en scène Günther Rennert - décors Alfred
Siercke - avec Ernst Häfliger (Ulisse), Kerstin Meyer
(Penelope), Heinz Hoppe (Telemaco), Doris Jung (Minerva), Hans
Sotin (Nettuno), Erwin Wohlfart (Iro)
- Londres - Mairie de St
Pancras - 1965 - adaptation et dir. F. Marshall - mise
en scène H. Wilson - W. Dinoff (Ulisse), E. Bainbridge
(Penelope), L. Sarti (Telemaco), W. McCue (Nettuno, Antinoo), B.
Dickerson (Pisandro), W. Mc Kinney (Anfinome), J. Kentish (Iro),
Y. Minton (Ericlea)
- Stuttgart -
Würtemberger Theater - 1965 - dir. Hans Georg
Ratjen - mise en scène Ernst Poettgen - décors et
costumes Helmut Koniarsky - avec Wolfgang Windgassen (Ulisse), M.
Bence (Penelope), Irmgard Stadler (Telemaco), M. Lippert
(Minerva), W. Wildermann (Nettuno, Anfinome), J. Harper (Antinoo),
S. Björnson (Pisandro), R. Wolansky (Eumete), A. Pfeifle
(Iro)
- Hambourg - 1964
- mise en scène Günther Rennert
- Milan - Piccola Scala
- 1963/64 - version Luigi Dallapicola - dir. P. Vellugi
/U. Vedovelli - mise en scène Lualdi Maner - décors
et costumes Piero Zuffi - avec A. Boyer (Ulisse), I. Companeez
(Penelope), B. Casssoni (Telemaco), E. Rizzatti (Minerva), G.
Manganotti (Giove), N. Zaccaria (Nettuno), A. Zerbini (Antinoo),
P. De Palma (Pisandro), Gullino (Anfinome)
- Festival de Hollande
- 1962 - dir. Antal Dorati
- Wuppertal -
1959/69 - adaptation Erich Kraach - dir. Hans Georg Ratjen - mise
en scène Georg Reinhardt - décors Heinrich Wendel -
avec Mikko Plosila (Ulisse), Annamaria Bessel (Penelope),
Käthe Maas (Minerva), Emile Walter-Sacks (Ericlea)
- RAI de Milan -
17 novembre 1954 - reprise de la version du Mai Musical
de Florence - dir. Mario Rossi - avec R. Gavarini
(Ulisse), O. Dominguez (Penelope), D. Formichini (Telemaco), M.
Coleva (Minerva)
- RAI de Turin -
19 septembre 1948 - reprise de la version du Mai Musical de
Florence - dir. Mario Rossi - avec F. Tasso (Ulisse), E.
Nicolai (Penelope), L. Ribacchi (Telemaco), C. Valletti (Giove),
Sergio Bruscantini (Nettuno)
- Milan - Teatro alla
Scala - 13 janvier 1943 - reprise de la version du
Mai Musical de Florence - dir. Mario Rossi - avec F. Tasso
(Ulisse), G. del Signore (Giove), Elmo, Magnoni, Barbieri,
Pasero
- Mai Musical de
Florence - 23 mai 1942 - adaptation Luigi Dallapiccola
- dir. Mario Rossi - mise en scène M. Labroca -
décors Gino Carlo Sensani - costumes P. Caliterna - avec G.
Voyer (Ulisse), C. Elmo (Penelope), F. Barbieri (telemaco), J.
Magnoni (Minervia), A. Zagonara (Giove, Pisandro), T. Pasero
(Nettuno), B. Sbalchiero (Antinoo), A. Tedesco (Anfinome), A.
Camici (Eurimaco), E. Vidali (Melanto), P. Pauli (Eumete), U.
Toffanetti (Iro), A.M. Canali (Ericlea)
- Londres - 16
janvier 1928 - radiodiffusion de la version de Vincent d'Indy,
traduite en anglais de D. Millar Craig
- Paris - Schola Cantorum
- 25 février 1927 - reprise de l'adaptation de
Vincent d'Indy, en version de concert
- Paris - Petite
Scène - 16 mai 1925 - adaptation et dir. Vincent
d'Indy - traduction, mise en scène, décors et
costumes Xavier de Courville - avec Mme Peignot
(Minerva), J. Mourier (Ulisse), Claire Croiza (Penelope),
Mlle Richettine de Carfort (Telemaco), M. Hébert
(Antinoo), L. de La Patellière (Pisandro), P.E. Beretin
(Anfinome), A. Gaudin (Eurimaco), J. Pianavia (Melanto), P.
Lavallée (Eumete), J. Michaut (Iro), Mme de
Boulanacy (Ericlea) - L'adaptation pour chant et piano par Vincent
d'Indy fut publiée en 1926 chez Heugel
- Bruxelles - 9
janvier 1925 - fragments - traduction en français de C. van
den Borren
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