L'OLIMPIADE

COMPOSITEUR

Giovanni Battista PERGOLESI
LIBRETTISTE

Pietro Metastasio
 
ORCHESTRE

Accademia Montis Regalis
CHOEUR

DIRECTION

Alessandro De Marchi

Clistene
Jeffrey Francis

Aristea
Raffaella Milanesi

Argene
Ann-Beth Solvang

Licida
Jennifer Rivera

Megacle
Olga Pasichnyk

Aminta
Markus Brutscher

Alcandro
Martin Oro

DATE D'ENREGISTREMENT
2010
LIEU D'ENREGISTREMENT

ENREGISTREMENT EN CONCERT

EDITEUR
Deutsche Harmonia Mundi
DISTRIBUTION
Sony Classical - BMG
DATE DE PRODUCTION
17 mai 2011
NOMBRE DE DISQUES
3
CATEGORIE
DDD

 Critique de cet enregistrement dans :

" World Premiere Recording - on period instruments" : la précision a son importance, puisque Marco Armiliato avait fait paraître une première intégrale de l'œuvre chez Arkadia en 1992. La nouvelle venue la suppplante aisément mais sans totalement convaincre. Sifflée à Rome en 1735, commposée à la hâte (cinq airs ont été emprunntés au récent Adriano in Siria), L'Olimpiade est d'autant plus fragile qu'elle est longue : destinée à une troupe assez médiocre, elle n'exige pas une grande virtuosité (hormis Megacle), privilégie l'écriture sentimentale (syllabique) sur le panache, l'expression orchestrale sur le drame.

C'est dire que le rôle du chef s'y avère encore plus crucial que dans la version de Vivaldi, née l'année d'avant. Or, De Marchi semble n'avoir guère approfondi sa vision : la battue est souple mais héésitante ; bien des attaques manquent de mordant, voire de netteté (l'accord initial de «Grandi è ver») et, ce qui est plus grave, le chef paraît ne pas toujours savoir quel caractère donner aux airs. Les morceaux de bravoure déçoivent par leur fadeur (tout le rôle d'Aminta, pourtant inspiré de celui du furieux Osroa dans Adriano, mais aussi la fameuse aria à deux orchestres composée pour Caffarelli), les récitatifs, peu habités, auraient mérité des coupures - nous dispensant ainsi du ridicule montage de la fin du second CD, qui nous fait entenndre l'introduction de "Gemo in un punto", gravé, en entier, sur le troisième! Errance aussi chez les chanteurs, cependant prééférables à leurs prédécesseurs - à l'exception du Clistene hystérique de Jeffrey Francis, dont les dernières scènes exposent tout ce qu'une captation sur le vif peut avoir de suicidaire ... Martin Oro paraît en méforme, Ann-Beth Solvang débraillée (et les graves de « Fiamma ignota » lui font défaut), Markus Brutscher guère idiomatique. Toutefois, Olga Pasichnyk affiche une technique impressionnante (si les notes piquées de« Torbido in volto » manquent, les ornements sont fort jolis), tandis que Jennifer Rivera et Raffaella Milanesi, moins solides, innsufflent une réelle émotion à leur rôle (beau rubato de " Tu di saper procura »).

Les cordes ravissantes de l'Academia Montis Regalis rendent justice aux tendres modulations de Pergolèse comme à sa discrète polyphonie ; les vents, en revanche, sont peu flattés par la prise de son médiocre. En somme, trop de hâte dans l'enregistrement semble nous avoir privés d'une version de référence..."

"Cet enregistrement de L'Olimpiade de Pergolesi fart écho aux représentations qui eurent lieu au Festival d'Innsbruck, en août 2010, dans le cadre des célébrations du tricentenaire de la naissance du composrteur. Il s'agit d'une captation en public, mais tellement nettoyée, débarrassée de tout bruit parasite, voire aseptisée, qu'elle donne l'illusion d'une réalisation de studio. La prise de son est, en tout cas, extrêmement flatteuse pour les voix.

Le livret, assez obscur, est fertile en rebondissements destinés à relancer l'intérêt dramatique d'une histoire bancale. Le roi Clistene a promis la main de sa fille Aristea au vainqueur des jeux Olympiques. Licida, amoureux d'Aristea mais piètre sportif, demande à Megacle, authentique athlète, de se faire passer pour lui et de conquérir Aristea pour son compte. Megacle, à qui Licida a jadis sauvé la vie, accepte, y voyant le moyen de régler cette dette d'honneur. Le hic : Megacle est aussi l'amant secret d'Aristea...

Suite à l'interdiction farte aux femmes de se produire sur scène dans les États pontificaux, l'ouvrage fut créé en 1735 par une distribution exclusivement masculine. Par la suite, les choses changèrent rapidement, et la célèbre Faustina Bordoni s'empara du rôle d'Aristea dès 1738.

Pour le présent enregistrement, c'est une distribution mixte qui a été retenue, mais sans tenir compte du sexe des personnages (Licida et Megacle ont été confiés à des femmes). Au théâtre, cela n'a rien de gênant ; au disque, sans le secours visuel de la mise en scène, cela tend à brouiller les repères. Ceci posé, la réalisation musicale est de haut niveau, avec une distribution dominée par le duo italo-américain Raffaella Milanesi / Jennifer Rivera, très à l'aise dans les redoutables exercices de virtuosité infligés par Pergolesi aux interprètes. Seule relative déception, l'Alcandro aux trop petits moyens même s'il s'agit d'un rôle secondaire - du contre-ténor Martin Oro.

La direction d'Alessandro De Marchi est nerveuse, mais bien nuancée. Elle soutient efficacement les chanteurs, leur ménageant les indispensables respirations sans jamais couvrir les voix, même dans les pianissimi les plus ténus."

"L'Olimpiade de Pergolèse connnaît une renaissance méritée. Après Les Arts Florissants en 1996, Ottavio Dantone à Beaune en 2003 et diverses productions italiennes (dont la dernière, en janvier, au San Carlo de Naaples), voici la captation des représentations données au Fesstival d'Innsbruck 2010, où Alessandro de Marchi succédait à René Jacobs. Sur un livret de Métastase, mis en musique des dizaines de fois, notamment par Caldara et Vivaldi, Pergolèse a construit un opéra seria « psychologique », où certains airs annoncent, comme chez Traetta, le classicisme mozartien. L' intrigue à nombreux rebondissements repose sur le fait que Megacle, amant d'Aristea, accepte inconsidérément de combattre sous le nom de son ami Licida pour les Jeux olympiques, dont la main d'Aristea est le prix prévu, sans qu'il le sache: il trahira donc nécessairement ou son ami, ou son amante. L'œuvre possède de beaux moments (comme l'air parlando du II' acte, « Se cerca, se dice », vanté par Jean-Jacques Rousseau), mais il est évident que l'écoute au disque, sur près de quatre heures, ne lui rend sans doute pas pleinement justice.

Ce nouvel enregistrement supplante certes celui jadis paru chez Arkadia, mais il ne permettra pas à L'Olimpiade de s'imposer. Rigoureuse, voir rigide, la direction et les récitatifs manquent de souplesse, de sensualité. Prévu pour des castrats romains, ce drame ne bénéficie pas des plus grandes voix du moment. Les femmes s'en tirent convenablement, d'autant que les personnages sont bien caractérisés, mais, comme souvent dans les enregistrements de seria, les ténors et contre-ténors ne donnent qu'une pâle idée de ce que cette musique des affects, simple et directe, peut être. Dommage, d'autant qu'il ne risque pas d'y avoir d'autres occcasions de sitôt."

 

 

 

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