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LA SERVA PADRONA
La Servante maîtresse
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COMPOSITEUR
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Giovanni Battista PERGOLESI
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LIBRETTISTE
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Gennaro Antonio Federico
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Intermezzo en deux parties, sur un livret de Gennaro
Antonio Federico (? - env. 1745),
d'après la pièce de Jacopo Angelo Nelli,
intercalé dans l'opera seria Il Prigioner superbo lors
de la création, le 28 août 1733, au Teatro San
Bartolomeo, à Naples. Distribution : Gioacchino Corrado et
Laura Monti.
L'oeuvre fut reprise par la troupe Mingotti qui la joua
de 1738 à 1756, en Italie (Rome, Parme, et au teatro San
Giovanni in Persiceto, près de Bologne (*), à
Graz en 1739, Lucques, Venise, Dresde et Munich en 1740, Prague en
1744, Londres (King's Theatre - 27 mars 1750, puis Little Haymarket -
14 juillet 1761, en version complète).
(*) représentation à laquelle assista
Charles de Brosses, pendant son voyage en Italie. Lors de son passage à Bologne, en septembre
1739, le jeune conseiller - futur
président - au Parlement de Bourgogne, alors âgé de trente ans, se rendit au
théâtre San Giovanni in Persiceto, situé à
quelques kilomètres de Bologne, pour écouter un
opéra et apprécia particulièrement l'intermezzo
La Serva Padrona :
"Pour un opéra de
campagne, il est assez passable. Ce n’est pas qu’il y ait ni cireurs,
ni poème supportable, ni acteurs ; mais les airs italiens sout
d'une telle beauté, qu’ils ne laissent plus rien à
désirer dans le monde quand on les entend. Surtout il y a un
bouffon et une bouffonne qui jouent une farce dans les entractes,
d’un naturel et d’une expression comiques, qui ne se peuvent ni payer
ni imaginer. Il n’est pas vrai qu’ou puisse mourir de rire; car
à coup sûr j’en serais mort, malgré la douleur
que je ressentais de ce que l’épanouissement de ma rate
m’empêchait de sentir, autant que je l’aurais voulu, la musique
céleste de cette farce. Elle est de Pergolèse. J’ai
acheté sur le pupitre la partition originale que je veux
porter en France. Au reste, les dames se mettent là fort
à l’aise, causent ou,,pour mieux dire, crient pendant
lapièce, battent des mains, en criant bravpo ! barvo ! Pour
les hommes, ils sont plus modérés ; quand un acte est
fini, et qu’il leur a plu, ils se contentent de hurler jusqu’à
ce qu’on le recommence. Après quoi, sur le minuit, quand
l’opéra est fini, on s’en retourne chez soi en partie
carrée de Mme de Bouillon, à moins que l'on n’aime
mieux souper ici, avant le retour, dans quelque petit réduit."
(Lettres d'Italie - lettre XXI)
La Serva padrona fut traduite en allemand
(Die Magd als Frau) et jouée avec succès en 1740
à la Redoutensaal du Palais impérial de Vienne. Elle
fut également jouée à Berlin en 1746 et
1747.
La Serva padrona fut mise à l'affiche
à Paris par la troupe des Comédiens Italiens le 4
octobre 1746, avec une Ouverture de Paganelli, sans grand
succès : il n'y eut que quatre représentations. le
Mercure de France se borna à noter : la musique en a
été trouvée excellente : elle est d'un artiste
ultra-montain fort jeune.
La polémique qui prendra le nom de Querelle
des Bouffons naquit en 1752, l'Opéra de Paris invitant une
troupe de sept comédiens-chanteurs italiens, avec seize
danseurs et un petit orchestre, à représenter des
opéras bouffe italiens, dont la Serva padrona, le
1er août 1752, précédée d'une
Ouverture de Telemann, avec Anna Tonelli et Pietro Manelli. La Ville
de Paris avait pris possession de l'Opéra le 26 août
1749, et ce dernier était administré par le
Prévôt des marchands, M. de Bernage. Celui-ci apprit en
juillet 1752 que la troupe des Bouffons d'Eustachio Bambini,
installée à Strasbourg depuis 1745, avait
été engagée à Rouen pour une série
de représentations. Bernage, au nom du privilège, fit
annuler l'engagement, et engagea lui-même Bambini
(*).
(*) Ce que raconte Castil-Blaze dans L'Opéra
de 1548 à 1856 : "La Loëre et son confrère,
notaires au Châtelet de Paris, reçoivent, le 24 mai
1752, un traité fait entre Rousselet, entrepreneur du
théâtre de Rouen, et Bambini, directeur d'une petite
société de chanteurs italiens, pour donner des
représentations à Rouen, depuis le 1er novembre 1752
jusqu'au Mercredi des Cendres 1755. Le prévot des marchands,
Basile de Bernage, seigneur de Saint-Maurice, regardant ce
traité comme une usurpation faite sur le privilège de
l'Académie royale de Musique, administrée par la ville,
porte ses plaintes au roi. Sa Majesté, par arrêt rendu
solennellement en son conseil d'État, casse, annulle cet acte.
Les Italiens sont appelés à Paris et commencent leurs
représentations sur la scène de l'Opéra, le 2
août 1752, par la Serva Padrona, de Pergolèse"
C'était la première fois qu'une oeuvre en
langue non française était représentée
à l'Académie royale de musique. Elle eut un grand
succès, et fut jouée à douze reprises. Tout au
long des années 1752 à 1754, des oeuvres du même
type furent jouées avec succès. Castil-Blaze commente :
"La Serva Padrona eut un succès de fureur, de fanatisme.
Anna Tonelli, Manelli, un soprane, une basse comique, produisirent
seuls cet effet merveilleux. Un duo, tel était le morceau le
plus compliqué, l'ensemble harmonieux le plus riche que la
musique italienne vînt opposer aux masses de l'opéra
français, et pourtant, du premier coup, elle compromit
gravement l'existence de la psalmodie française."
La Serva padrona fut traduite en français
par Pierre Baurans (*), et jouée sous le nom de La
Soubrette maîtresse, puis La Servante
maîtresse, à la Foire St-Germain, le 14 août
1754, avec Mme Favart (Zerbine) et Rochard (Pandolfe), sous la forme
d'une comédie en deux actes, mêlée d'ariettes
parodiées de La Serva Padrona. Il y eut
cent-quatre-vingt-dix représentations de suite. Un exemplaire
de la partition éditée chez de La Chevardière,
est conservé à la BNF.
(*) Pierre Baurans (1710 - 1764). Substitut du
procureur-général au parlement de Toulouse, il monta
à Paris, se lia d’amitié avec Laruette et Mme Favart,
et eut l'idée d’accommoder la Serva padrona à la
scène française. Il fit de même pour Il Maestro
di musica. Quelques temps après, il fut victime d’une attaque
et, atteint de paralysie, s’en retourna mourir à
Toulouse.
Diderot et Grimm firent l’éloge de l'adaptation
de Baurans dans leur correspondance littéraire : Un
nommé M. Baurans, vient d’exécuter un projet dont le
succès n’a pas été et ne peut être
contesté ; il a entrepris une traduction presque
littérale de la Serva padrona, en conservant la musique du
sublime Pergolèse. On peutsentir l’extrême
difficulté d’une pareille entreprise. Cet intermède est
joué à la Comédie-Italienne, et tout Paris y
court avec une espèce d’enthousiasme. Il est
précédé d’un prologue en forme de pièce,
de l’illustre M. de Chevrier. Celui-ci est intitulé la
Campagne, et fourmille d’épigrammes à la façon
légère et agréable de cet auteur.
Dans une édition de 1784 du livret de la version
française par Pierre Baurens figurèrent des Jugemens et
Anecdotes sur la Servante Maîtresse : Cette Pièce est
une traduction de la Serva Padrona, du célèbre
Pergoleze. Baurans a conservé la Musique de ce sublime
Compositeur, auquel l'Italie a donné le titre de divin, et qui
a été confirmé par toutes les Nations.
L'introduction de la Musique Italienne, par les Bouffons, avoit
alarmé les partisans exclusifs de la Musique Françoise
; et ils avoient eu assez d'influence pour empêcher que l'on ne
goûtât la Serva Padrona, qui fut
représentée, en Italien, à la Comédie
Italienne en 1746, et à l'Opéra en 1751. Dès que
Baurans en eut traduit les paroles, son succès ne fut plus
douteux. Elle attira tout Paris, et eut cent cinquante
représentations de suite. Cette savante Musique, que l'on ne
sauroit trop admirer, réunit, enfin, tous les suffrages.
Mademoiselle Favart porta le rôle de Zerbine au plus haut
degré de perfection que l'on puisse désirer dans ce
genre, et Rochard plut généralement dans celui de
Pandolfe. Son chant qui, jusques-là, avoit souvent
mérité le reproche d'affectation, fut trouvé
plus naturel : on jugea que c'étoit à
l'exécution de la Musique Italienne, qu'il étoit
redevable de ce perfectionnement de son talent. On peut regarder le
succès de la Servante Maîtresse, comme l'une des
premières époques du changement qui s'est fait dans
notre Musique, et dont le Public impartial, et qui sait bien entendre
les intérêts de ses plaisirs, ressent, aujourd'hui, tous
les avantages.
La Serva
padrona fut adaptée en
allemand par Carl Alex Herkiots à Berlin, en 1810 ; par H. M.
Schletterer en 1880, à Hambourg ; par Hermann Abert, puis par
le Dr Lothar Jansen.
En avraial 2009, fut jouée
à la Bibliothèque nationale de France, dans le cadre
des Inédits de la
BNF, la version française de
1754, avec des dialogues parlés, dans une adaptation de
Vincent Vittoz.
Synopsis
Uberto (basse), vieux garçon, est las de la
tyrannie domestique de sa servante Serpina (soprano). Il annonce son
intention de prendre femme et charge son valet Vespone (rôle
muet mimé) de lui trouver une épouse, même laide,
pourvu qu'elle soit soumise. Serpina, qui sait bien que le vieux
grognon a, au fond, un faible pour elle, est décidée
à se faire épouser. D'accord avec Vespone, elle annonce
à son tour son mariage avec un certain capitaine
Tempête. Elle fait de ce galant imaginaire une description si
terrible qu'Uberto, préoccupé de l'avenir de Serpina,
demande à faire la connaissance du capitaine. Arrive alors
Vespone, déguisé. Serpina prend à part son vieux
maître et lui explique que son fiancé exige - avec
d'horribles menaces - le paiement d'une dot exorbitante. Il ne
renoncera à Serpina et à la dot que si Uberto
épouse lui-même la servante. Uberto, soulagé,
accepte avec joie. Serpina, qui n'attendait que cela, devient donc de
servante maîtresse.
Lors de son passage à Bologne, en septembre
1739, le futur président de Brosses, alors âgé de
trente ans, se rendit au théâtre San Giovanni in
Persiceto, situé à quelques kilomètres de
Bologne, pour écouter un opéra et apprécia
particulièrement l'intermezzo La Serva Padrona : Pour un
opéra de campagne, il est assez passable. Ce n’est pas qu’il y
ait ni cireurs, ni poème supportable, ni acteurs ; mais les
airs italiens sont d'une telle beauté, qu’ils ne laissent plus
rien à désirer dans le monde quand on les entend.
Surtout il y a un bouffon et une bouffonne qui jouent une farce dans
les entractes, d’un naturel et d’une expression comiques, qui ne se
peuvent ni payer ni imaginer. Il n’est pas vrai qu'on puisse mourir
de rire; car à coup sûr j’en serais mort, malgré
la douleur que je ressentais de ce que l’épanouissement de ma
rate m’empêchait de sentir, autant que je l’aurais voulu, la
musique céleste de cette farce. Elle est de Pergolèse.
J’ai acheté sur le pupitre la partition originale que je veux
porter en France. Au reste, les dames se mettent là fort
à l’aise, causent ou, pour mieux dire, crient pendant la
pièce, battent des mains, en criant bravo ! bravo ! Pour les
hommes, ils sont plus modérés ; quand un acte est fini,
et qu’il leur a plu, ils se contentent de hurler jusqu’à ce
qu’on le recommence. Après quoi, sur le minuit, quand
l’opéra est fini, on s’en retourne chez soi en partie
carrée de Mme de Bouillon, à moins que l'on n’aime
mieux souper ici, avant le retour, dans quelque petit
réduit.
"Sans ouverture ni prélude, le premier acte
débute par un air de basse. A noter le caractère
nettement instrumental des airs de la Servante Maîtresse, avec
des paroles répétées à
satiété qui semblent juxtaposées après
coup. Nous sommes loin de la déclamation musicale des
sçènes comiques de Monteverdi où l’on s’efforce
de réaliser un équilibre entre la musique et le texte.
Ici c’est la musique qui constitue le premier moteur, même si
la vocalité de la Servante Maîtresse est simple, avec
des airs faciles à chanter et faciles à retenir. Donc
Umberto, dans son premier air, se plaint d’être mal servi et de
toujours attendre. Pour le moment il attend son chocolat, que sa
servante Serpina néglige de lui apporter. Dans un
récitatif, Umberto apprend au public que celle-ci est une
aimable fille qu’il a recueillie jadis, mais que ses bontés
l’ont rendue insolente et que maintenant elle prend des allures de
maitresse. Aux reproches d'Umberto, Serpina répond, en effet,
avec humeur. Elle va jusqu’à interdire à son
maître de sortir. A la suite de quoi, elle se vante
auprès du valet Vespone (le personnage muet) de parvenir
à se faire épouser par cet Umberto qu’elle rabroue sans
cesse. Ainsi s’achève le premier acte (ou entracte).
Au second, nous retrouvons Serpina en train de
circonvenir Vespone dont elle attend l’aide pour arriver à ses
fins. Ayant déguisé celui-ci enmatamore, elle le
présente à Umberto sous le nom de capitaine
Tempête. Puisque Umberto refuse de l’épouser, elle a
trouvé un autre fiancé. Il n’en faut pas plus pour
émouvoir Urnberto. Et ici se place une page où la
recherche expressive est rendue avec quelque bonheur. Mais ce
sentiment cède au comique de la commedia dell'arte quand
Serpina menace de faire rosser Umberto par le faux capitaine
Tempête à moins qu’il ne consente à lui donner
une dot de quatre mille écus. Ce trait décide Umberto
qui préfère garder l’argent et épouser
lui-même Serpina pour le meilleur et pour le pire.
Peut-être d’ailleurs le meilleur l’emportera-t-il, car dans un
duetto final Serpina avoue que l’amour véritable qu’elle
éprouve pour Umberto lui a inspiré ces
stratagèmes." (L'Opéra des origines à demain -
Jacques Bourgeois)
"On a voulu faire remonter à La Serva padrona
les origines de l'opéra bouffe, forme qui se
développera au cours de la seconde moitié du XVIIIe
siècle et culminera avec Rossini. En effet, dans cet
opéra, Pergolèse invente des dizaines de motifs
spirituels, sarcastiques, typés et définit les
caractères par des sonorités. La Serva padrona,
formée de parties récitées et de parties
chantées (arias et duos), devint un véritable manifeste
lorsqu'elle fut montée à Paris, en 1752, par la
compagnie Bambini. Elle donna lieu à la fameuse "Querelle des
Bouffons" qui mit aux prises les partisans de la musique
française (représentée par Lully et Rameau) et
ceux de la musique italienne. Parmi ces derniers figurait
Jean-Jacques Rousseau, qui soutint la musique italienne dans des
écrits comme la "Lettre sur la musique française"
(1753) et en composant lui-même, sur le modèle de La
Serva padrona, un petit opéra intitulé Le Devin du
village, représenté à Fontainebleau en
1752." (Dictionnaire chronologique de
l'Opéra - Le Livre de Poche)
"L'invention mélodique est remarquable, le
discours musical toujours vif et léger. Les personnages sont
certes les stéréotypes de la commedia, pourtant le
compositeur sait les humaniser, montrant ainsi la voie à
Cimarosa et Rossini" (Classica - octobre 2001)
http://www.lamediatheque.be/travers_sons/op_per01.htm
http://www.librettidopera.it/servapad/servapad.html
http://opera.stanford.edu/iu/libretti/serpadr.htm
http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/P_files/serva_padrona.pdf
Représentations :
- Belfort -
Théâtre du Pilier - 24, 25 mai 2012 -
version Pierre Baurans (1755) - Compagnie Opéra.3 - dir. et
clavecin Frédéric Rouillon - mise en scène et
adaptation Edouard Signolet, Jeanne Roth, et Emmanuel Olivier -
costumes Elise Guillou - avec Sevan Manoukian (Serpine), Arnaud
Guillou (Pandolphe), Nicolas Gaudart (Scapin)
- Genève, Grand
Théâtre - 27, 29, 31 janvier 2012 - dir.
Jean-Marie Curti - mise en scène Ivo Guerra - costumes
Marina Harrington - lumières Simon Trottet - avec Sophie
Gordeladze (Serpina), Bruno Balmelli (Uberto), Dominique Dupraz
(Vespone) - coproduction Opéra Studio Genève

- Festival de Jesi -
11 septembre 2011 - Accademia Barocca de I Virtuosi
Italiani - dir. Corrado Rovaris - mise en scène Henning
Brockhaus - décors Benito Leonori - costumes Giancarlo
Colis - lumières Alessandro Carletti - avec
Alessandra Marianelli (Serpina), Carlo Lepore (Uberto), Jean
Miningue (Vespone) - révision critique Francesco
Degrada

- Opéra Magazine - décembre
2011
"Le charme de La serva padrona
résiste au passage des siècles ! Composé de deux
intermezzi insérés dans la création d'Il
prigionier superbo du même Pergolesi, au Teatro San Bartolomeo
de Naples, en 1733, l'ouvrage fait son effet dans n'importe quel
contexte, les solutions les plus extravagantes ne faisant qu'en
exalter la modernité.
À Jesi, Henning
Brockhaus a choisi de le présenter sous la forme d'une
comédie en musique, interrompue par un «mimodrame» :
Acte sans paroles I de Samuel Beckett, écrit en
français en 1956 et créé l'année suivante
à Londres, dans sa traduction anglaise (Act Without Words 1).
La pièce a, pour unique personnage, un homme que le destin
jette au milieu d'un désert. Progressivement, surgissent
quelques objets (un arbre, une gourde ... ) qu'il cherche à
saisir sans y parvenir, chaque tentative étant
soulignée par un coup de sifflet venu des coulisses. L'homme
finit déçu, frustré, incapable de comprendre ce
qui lui arrive.
Il fallait, bien sûr,
trouver un trait d'union entre Pergolesi et Beckett. Il est
incarné par Vespone, le serviteur muet de La serva padrona,
qui aide Serpina à se faire épouser par leur
maître, Uberto. Les deux intermezzi se déroulent ici
dans un cirque agréableement surréel. Uberto devient un
dompteur (dompté, en l'occurrence !) et Vespone un clown, que
l'on retrouve comme protagoniste d'Acte sans paroles I. Le glissement
s'effectue avec un naturel parfait, grâce à la
cohérence du concept initial de Henning Brockhaus, le metteur
en scène allemand poursuivant, avec ce diptyque, le parcours
initié à Jesi, en 2004, avec le doublet La serva
padrona/Le Devin du village.
Les décors de Benito
Leonori, les costumes de Giancarlo Colis et les éclairages
d'Alessandro Carletti forment un cadre élégant, sans
rien d'affecté ni de maniéré. Corrado Rovaris
dirige l'Accademia Barocca avec un savant mélange
d'intelligence, de maîtrise stylistique et de vie. Tout juste
lui reprochera-t-on de passer un peu à côté de la
sensualité bien présente chez Serpina.
Alessandra Marianelli et Carlo
Lepore n'appellent aucun reproche, la première à la
voix gracieuse et à la diction d'une netteté sans
faille, le second bon chanteur et comédien plein d'aisance.
Mais le vrai héros de la soirée est Jean
Ménigault, dit Méningue : cet artiste français
aux multiples talents (clown, mime, danseur, jongleur ... ),
comédien charismatique et convaincu, domine les débats,
aussi bien en Vespone qu'en protagoniste d'Acte sans paroles
I."
- Moscou -
Helikon-Opera - 8, 9 juin 2011
- Saint-James -
17 décembre 2010 - Blainville-sur-Orne - 11 janvier 2011 -
Cabourg - 14 janvier 2011 -
Mondeville - 16 janvier 2011 -
Falaise - 19 janvier 2011 -
Compagnie Opéra.3 - version française de Pierre
Baurans (1755) - adaptation Emmanuel Olivier, Jeanne Roth, Edouard
Signolet - mise en scène Jeanne Roth et Edouard Signolet -
costumes Elise Guillou - décors François Bancilhon -
Musiciens de l'Orchestre Les Siècles - dir.
Frédéric Rouillon - avec Sevan Manoukian (Serpine),
Paul-Alexandre Dubois (Pandolphe), Nicolas Gaudart (Scapin)
- Festival de Jesi
- 17, 19 décembre 2010 - Accademia Barocca de I
Virtuosi Italiani - dir. Corrado Rovaris - mise en scène et
décors Henning Brockhaus - costumes Giancarlo Colis - avec
Monica Bacelli (Serpina), Carlo Lepore (Uberto)
- Poznan - Teatrze Druga
Strefa - Pologne - 6 novembre 2010 - Orkiestra
Collegium Musicum Poznan - avec Barbara Gutaj, Natalia Puczniewska
(Serpina), Jaroslaw Bodakowski, Andrzej Ogórkiewicz
(Uberto), Tomasz Raczkiewicz, Bartlomiej Szczeszek (Vespone)

- Wexford - 17,
20, 23, 26, 29 octobre 2010
- Calais -
Théâtre Municipal - 19 septembre 2010 -
Gagny - Théâtre
André-Malraux - 16 novembre 2010 - Les Paladins
- dir. Jérôme Correas - mise en scène Vincent
Vittoz - décor Amélie Kiritze-Topor - costumes Jef
Castaing - avec Aurélia Legay, soprano (Zerbine), Vincent
Billier, baryton (Pandolfe), Jean-Daniel Senesi (Scapin),
rôle muet
- Montecarotto - Teatro
Comunale - 18, 19 septembre 2010 - dir. Salvatore
Percacciolo
- Opéra de
Vichy - 20 août 2010 - dir. Philippe Béran
- mise en scène, décors et costumes Eric
Vigié - avec Alexandre Diakoff (Uberto), Katia Velletaz
(Serpina), Benjamin Kraatz (Vespone)
- Innsbruck - Schloss Ambras
- Spanischer Saal - 19, 20 août 2010 - version
semi-scénique - Academia Montis Regalis - dir. Alessandro
de Marchi - mise en scène Christoph von Bernuth - avec
Robin Johannsen, soprano, Markus Brutscher, ténor, Renato
Girolami, basse
- Dubrovnik - Rector's
Palace Atrium - 5, 6 août 2010 - Varaždin Chamber
Orchestra - dir. Tomislav Facini - mise en scène Krešimir
Dolencic - avec Giorgio Surian, ténor, Valentina Fijacko,
soprano
- Bologne - Teatro Communale
- 22, 23, 24 juillet 2010 - dir. Salvatore Percacciolo
- mise en scène Stefania Panighini - avec Lavinia Bini,
Davide Bartolucci
- Ponte de Lima - Portugal -
Viana do Castelo, Teatro Sá de Miranda - 16
juillet 2010 - dir. Premil Petrovic - mise en scène William
Oldroyd - décors, costumes Signe Beckmann - avec Sadhbh
Dennedy (Serpina), Javier Ariza Barcina (Vespone), Ivan Ludlow
(Uberto)
- Antibes - Villa Eilenroc
- 9 juillet 2010 - mise en scène et
scénographie Jean-François Vinciguerra - avec
Jean-François Vinciguerra (Uberto), Laure Baert (Serpina),
Philippe Do (Vespone) (rôle muet)
- Mézières,
Théâtre du Jorat - 4 juillet 2010 -
Gland, Théâtre du
Grand-Champ - 6 juillet 2010 -
Bex, Grande Salle du Parc - 7 juillet 2010 - Lausanne, Parc Mon-Repos - 8, 9
juillet 2010 - Chillon, Château de
Chillon - 11 juillet 2010 -
Nyon, Aula du Collège de Nyon-Marens - 13
juillet 2010 - Aigle, Cour du
Château - 14 juillet 2010 - Aubonne, Place du Temple - 16 juillet
2010 - Cully, Salle Davel - 17
juillet 2010 - Renens, Salle de
spectacles - 18 juillet 2010 -
Villeneuve, L'Ouchettaz - 20 juillet 2010 - Echallens, Cour du Collège des
Trois-Sapins - 22 juillet 2010 - Orbe, Esplanade du Château - 23
juillet 2010 - St Prex, Salle du
Vieux-Bourg - 23 août 2010 - dir. Philippe
Béran - mise en scène, décors, costumes Eric
Vigié - avec Alexandre Diakoff (Uberto), Katia Velletaz
(Serpina)

- Nanterre - Maison de la
Musique - 5 mai 2010 - adaptation en français de
Pierre Baurans (1754) - Les Siècles - dir. et clavecin
Emmanuel Olivier - mise en scène Jeanne Roth,
Édouard Signolet - décors François Bancilhon
- costumes Élise Guillou - maquillages et coiffures Maud
Kersalé - lumières Xavier Bravin - avec Nicolas
Gaudart (Scapin), Arnaud Guillou, Paul-Alexandre Dubois
(Pandolphe), Sevan Manoukian (Serpine)


- Maisons Alfort
- 13 février 2010 - Douchy les Mines (59) - Centre Culturel Fernand
Léger - 3 avril 2010 -
Le Perreux sur Marne (94) - Centre des Bords de Marne -
6 avril 2010 - ECAM du
Kremlin-Bicêtre (94) - 15 avril 2010 - Théâtre de Gagny (93) -
16 avril 2010 - Théâtre de
Boulogne sur Mer (62) - 24 avril 2010 - Théâtre de Roanne (42) -
27 avril 2010 - Les Paladins - dir. Jérôme Correas -
mise en scène Vincent Vittoz - décor Amélie
Kiritze-Topor - costumes Jef Castaing - avec Aurélie Legay,
soprano (Zerbine), Vincent Billier, baryton (Pandolfe),
Jean-Daniel Senesi (Scapin), rôle muet
- Grand Théâtre
d'Angers - 1er, 2, 3 mars 2010 - Nantes - Théâtre Graslin -
25, 28, 29, 31 mars, 1er avril 2010 - Ensemble Leporello -
Stradivaria Ensemble Baroque de Nantes - dir. Daniel Cuiller -
mise en scène Dirk Opstaele - avec Virginie Pochon
(Serpina), Frank Leguérinel (Uberto)
- Dreux - 2
octobre 2009 - Journées lyriques de Chartres - avec Laure
Baert, soprano, Jean-François Vinciguerra, baryton et
metteur en scène, Jacques Lemaire, ténor, Thomas
Palmer, piano
- Vincennes - Parc
floral - 5 septembre 2009 - Festival classique au vert
- Le Phénix - Scène
Nationale de Valenciennes - 7 septembre 2009 - Théâtre d'Arras - 4
octobre 2009 - Istres -
Théâtre de l'Olivier - 18 octobre 2009 -
Théâtre Municipal de
Roanne - 27 avril 2010 - Les Paladins - dir.
Jérôme Corréas - mise en espace Vincent Vittoz
- avec Aurélia Legay, soprano (Zerbine), Vincent Billier,
baryton (Pandolfe), Jean-Daniel Senesi (Scapin, rôle muet) -
version française inédite
« Quel caractère,
elle m'exaspère ! » La voix du baryton Vincent Billier
résonne haut et fort dans l'une des salles du
théâtre d'Arras. À ses côtés, la
soprano Aurélia Legay et le comédien Jean-Daniel Senesi
écoutent attentivement les directives du metteur en
scène Vincent Vittoz. L'ambiance de cette séance de
répétition est studieuse. La concentration est à
son maximum. Car les trois artistes doivent être prêts
pour le 4 octobre. À cette date, ce ne sont plus des
sièges vides mais un public qu'ils auront en face d'eux.
« Nous avons déjà interprété cette
oeuvre en concert,explique Aurélia Legay. Maintenant que nous
maîtrisons nos textes, nous travaillons la mise en
scène. » Tous trois incarnent les personnages de La
Servante Maîtresse. « Cet ouvrage a été
écrit par Pergolèse en 1733. Ça a
été un tel succès qu'une adaptation
française, fait rare à cette époque, en a
été faite 20 ans plus tard », explique le metteur
en scène. Mais cette partition inaugure surtout un nouveau
genre : l'opéra comique. Entendez par là une oeuvre
où les scènes chantées alternent avec des
dialogues parlés.
Afin de redynamiser le propos,
Vincent Vittoz et Jérôme Correas, le directeur musical,
ont fait une réadapation de l'adaptation en y injectant des
extraits du Maître de Musique, toujours de Pergolèse.
« La Servante Maîtresse est un ouvrage court d'une
quarantaine de minutes. Nous l'avons transformé en une
représentation d'une heure et demi. » Une heure et demi
durant laquelle Zerbine (Aurélia Legay) tente, avec la
complicité du domestique Scapin (Jean-Daniel Senesi), de se
faire épouser par son maître Pandolphe (Vincent Billier)
à grand coup de subterfuges. « Ce qui me passionne dans
cet ouvrage, c'est le côté humain plus que le
côté bouffon », souligne le metteur en
scène. D'où sa volonté de travailler avec des
artistes aussi bons chanteurs que comédiens.
Afin de donner toute leur
importance aux personnages, il a privilégié une
scénographie épurée, sans fioritures. Le plateau
ressemble à une rampe de skate board où de multiples
ouvertures et trappes sont disséminées. « C'est un
espace de jeu plus qu'un décor », explique Amélie
Kiritzé-Topor, la conceptrice.
En résumé, tout
est en place pour un vrai divertissement sans chichi, à mille
lieux du grand opéra classique. Des mélodies simples et
entraînantes soutenues par un orchestre de 15 musiciens, un
double registre de jeu à la fois comique et sentimental...
« C'est une parfaite initiation à l'art
lyrique.
Tout le monde y trouve son
compte », conclut Vincent Vittoz. (Nord Éclair - 20
septembre 2009)
- BNF - Grand
Auditorium - 7 avril 2009 - Les Inédits de la
BNF - Les Paladins - dir. Jérôme Corréas -
avec Aurélia Legay, soprano (Zerbine), Vincent Billier,
baryton (Pandolfe) - version française inédite
(La Servante maîtresse)
- Forcalquier - 9
novembre 2008 - Manosque - 11
novembre 2008 - St Étienne les
Orgues - 17 novembre 2008 - Lardier - 23 novembre 2008 - Montlaux - 14 décembre 2008 -
Ensemble baroque de Provence - dir. Virginie Kaeppelin - mise en
scène Jean-Pierre Weill - avec Catherine Bocci (soprano),
Laurent Grauer (baryton)
- Festival des Musicales de
Normandie - août 2008 - Compagnie Opéra.3
- version française de Pierre Baurans (1755) - adaptation
Emmanuel Olivier, Jeanne Roth, Edouard Signolet - mise en
scène Jeanne Roth et Edouard Signolet - costumes Elise
Guillou - décors François Bancilhon - Musiciens de
l'Orchestre Les Siècles - avec Sevan Manoukian (Serepine),
Arnaud Guillou (Pandolphe), Nicolas Gaudart (Scapin)
- Côme - Teatro
Sociale - 24, 25 janvier 2008 - dir. Lisa Navach - mise
en scène Stefano Andreoli - décors, costumes Luca
Tombolato - avec Gezim Myshketa, Diana Mian, Marco Sgrosso
- Luxembourg - Grand
Théâtre de la Ville - 25, 26 octobre 2007-
Anima Eterna - dir. Jos van Immerseel - mise en scène
Hinrich Horstkotte - avec Roberta Invernizzi, Thomas Bauer,
Hinrich Horstkotte
- Sala Batato Barea del
Centro Cultural Ricardo Rojas de UBA - Argentine - 17,
22, 29, 31 juillet 2007 - La Cetra - dir. Sergio Antonini - avec
Marisú Pavón (Serpina), Walter Schwarz (Uberto),
Sergio Pelacani (Vespone)

- Athènes - Olympia
Theatre - Greek National Opera - 25, 26, 27, 28, 29
avril 2007 - dir. Giorgos Aravidis - mise en scène Panagis
Pagoulatos - décors, costumes Paris Mexis - avec Petros
Magoulas / Vasilis Kostopoulos (Uberto), Irini Kiriakidou /
Zoë Kissa (Serpina)
- La Valette - Teatru Manoel
- 18 mars 2007
- Londres - Royal Opera,
Linbury Studio - Covent Garden - 1, 3, 4 novembre 2006
- mise en scène Harry Fehr - avec Ana James (soprano),
Jeremy White (basse)
- Rome - Auditorium
Conciliazione - 19 mars 2006 - dir. Francesco La
Vecchia - mise en scène Francesco Paolantoni - avec
Patrizia Cigna (Serpina), Carlo Cigni (Uberto), Francesco
Paolantoni (Vespone)
- Darmstadt - Kammerspiele
- 16 juillet 2005 - dir. Joachim Enders - mise en
scéne Alfonso Romero Mora - décors Corina
Krisztian-Klenk - costumes| José Manuel Vázquez
- Boston Baroque
- janvier 2005
- Palerme - Teatro
Bellini - 26, 27, 28, 29, 30, 31 octobre, 2, 3, 4, 5,
6, 7 novembre 2004 - dir. Federico Amendola - mise en scène
Umberto Cantone - décors, costumes Agostino di Trapani -
avec Daria Masiero (Serpetta), Simone Alaimo (Uberto) - nouvelle
production
- Festival Pergolesi
Spontini - 7 septembre 2004 - avec Alessandra
Marianelli, soprano, Maurizio Lo Piccolo, basse
- Belcanto Festival
Dordrecht - Theatre Kunstmin - 3, 5 septembre 2004
- St. John’s, Smith Square
- Lufthansa Festival of Baroque Music - 5 juin 2004 -
Musica Alta Ripa - avec Roberta Invernizzi, Wolfgang Newerla
- Festival Les Italiennes -
Fuveau - Cour de l'Hôtel de Ville - 3 juillet 2004
- Trets - Cour du Château - 6 juillet 2004 -
Orchestre de Chambre de l'Académie musicale
d'Umbra
- Istamboul - Opéra d'Etat - 10 octobre, 7
novembre 2003
- Sospel - Place St Michel
- 4 juillet 2003 - Les Baroquiales - Ensemble baroque
de Nice - dir. Gilbert Bezzina - avec Rossana Bertini, Philippe
Cantor
- Amsterdam - Het
Concertgebouw - 2 février 2003 - Il Giardino
Armonico - avec Gemma Bertagnolli (Serpina), Antonio Abete
(Uberto)
- Théâtre des
Champs Elysées - 31 janvier 2003 - version de
concert - Il Giardino Armonico - dir. Giovanni Antonini - avec
Gemma Bertagnoli, Antonio Abete
- Florence - Teatro Goldoni
- 3, 5, 8, 10, 12 et 14 novembre 2002 - dir. Arnold
Bosman - mise en scène Lorenza Cantini - décors,
costumes Francesco Zito - avec Daniela Schillaci (Serpina),
Michele Govi (Uberto), Antonio Caporilli (Vespone)
- Gattières (Alpes
Maritimes) - Atelier d'art lyrique - 23, 29 juillet
2002 - Le Broc - 25 juillet
2002 - La Gaude - 27 juillet
2002 - Carros - 1er
août 2002 - dir. Girdlestone - mise en scène Cauvin -
avec Goulipian, Dear
- Dijon - Hôtel
Arviset - 4, 5 juillet 2002 -
Montbard - Hôtel de Buffon - 8 juillet 2002
- Donjon de Salives - 9
juillet 2002 - Saint-Seine-sur-Vigeanne -
Château de Rosières - 10 juillet 2002 -
Compagnie de l'Opéra-Théâtre - dir. Philippe
Grammatico - réécriture du livret et mise en
scène André Fornier
- Théâtre des
Champs Elysées -
22, 25 et 26 mai 2002 - Concerto
Köln - dir. Jonathan Darlington - mise en scène
Gilbert Deflo - décors Ezio Frigerio - costumes Franca
Squarciapino - lumières: Bruno Boyer - avec Angelo Romero
(Uberto), Anna Maria Panzarella (Serpina), Enrico Maggi
(Vespone)

"...voici un nouveau joyau de
l'opéra buffa. Mais c'est un premier chef d'œuvre qui
paraîtra à partir du 22 mai, et ce pour trois dates
seulement, une partition qui nous plonge aux origines du genre : la
Commedia dell' arte et ses comiques de situations les plus mordants
mènent la danse. Opposition de classes, guerre des sexes,
conflit entre les âges aussi sont les prétextes d'une
musique endiablée. Outre qu'il s'agit de l'œuvre
maîtresse d'un musicien mort trop jeune, que nous sommes en
présence d'un ouvrage fulgurant en ce qu'il incarne une
manière de modèle indiscutable du genre "bouffon", La
Serva Padrona est créée en Italie en 1733,
l'année ou Rameau inaugure sa première tragédie
Lyrique, "Hyppolite et Aricie" à l'Opéra de
Paris.
On voit bien ce qui
détache Italiens et Français : la farce domestique d'un
côté, la machinerie grand style de l'autre. D'ailleurs,
quand cette Serva Padrona est jouée à Paris pour la
première fois, en 1752, Pergolèse pourtant dans la
tombe, sème les foudres d'une querelle esthétique
particulièrement orageuse, la Querelle des Bouffons, qui
oppose justement les partisans de la grâce réaliste des
chanteurs italiens à la dignité de l'opéra
tragique conçu par Lully. C'est Rousseau contre Rameau.
Succès de scandale, la
pièce maîtresse de Pergolèse assiègera les
cintres du Théâtre des Champs Elysées dans une
mise en scène de Gilbert Deflo qui s'inspire du dispositif
autrefois inauguré par Giorgio Strehler au Piccolo Teatro de
Milan. Un travail sur les relations entre les êtres auquel
répondra une "fosse" experte à exprimer la passion des
situations les plus explosives, celle des instrumentistes du Concerto
Köln, dirigés par Jonathan Darlington. En 40 minutes de
pures délices sulfureux, ceux ciselés par le
génie d'un prodige napolitain, découvrez qui du riche
barbon Uberto (Angelo Romero), ou de sa jeune servante qui donne le
titre à la partition, Serpina (Anna Maria Panzarella), ou bien
encore du serviteur muet (Enrico Maggi) saura asséner sa
raison."
- Spolète - Teatro
Nuovo - 23 septembre 2000 - dir. Santi - mise en
scène Baiocco
- Opéra de Nice
- 14 mai 2000 - dir. Monteil - mise en scène
Rossi - avec Blanchard, Imbert
- Opéra d'Angers
- 9, 11 mai 2000 - dir. Monot - mise en scène
Pisani - avec Antonelli, Ségani, Catalayud, Pisani
- Paris -
Théâtre du Tambour-Royal - 4, 6, 11, 13
mai 2000 - dir. Müller - mise en scène Mériel -
avec Mistral, Meriel, Cantor
- Florence - Teatro Goldoni
- 9, 10, 11, 12, 13, 14, 16 février 1999 - dir.
Rovaris - mise en scène Cantini
- Liège -
Opéra de Wallonie - Petit Théâtre -
4, 5, 7 décembre 1997 - dir. Baton - mise en scène
Servais - avec Dreisig / Gillet, Graus, Arpots
- Jesi - Teatro Communale
- 27, 28 septembre 1997 - dir. Marcello Panni - avec
Forte, De Simone
- Bruxelles - La Monnaie -
Lunatheater - 12, 13, 14, 16, 17, 19, 20, 21, 22, 23
novembre 1996 - La Petite Bande - dir. Sigiswald Kuijken - mise en
scène Feruccio Soleri - avec Donata Di Stefano (Uberto),
Patrizia Biccire (Serpina)
- Teatro La Fenice
- mars 1996 - Orchestra dell'Università Ca'
Foscari - dir. Vincenzo Piani - mise en scène Marco
Bellussi - décors et costumes Vera Giuliano - avec Roberta
Canzian (Serpina, Adriano Taboga (Uberto), Agostino Taboga
(Vespone)
- Opéra de Lausanne
- 1er, 3, 5, 7, 10 mars 1996 - dir. Jesus
Lopez-Cobos - mise en scène Gilbert Deflo - décors
Ezio Frigerio - costumes Franca Squarciapino - avec Angelo Romero
(Uberto), Isabel Monar (Serpina), Enrico Maggi (Vespone)
"Avec La Serva padrona, on
plonge sans réserve dans un plaisir constant. La production
lausannoise vous ferait presque vous interroger : n'auriez-vous pas
rallié le coin de la reine plutôt que celui du roi,
devant un spectacle aussi éclatant de vitalité et
d'efficacité dramatique ? Est-ce par la vertu de la toile
peinte d'Ezio Frigerio, les costumes ravissants de Franca
Squarciapino, le plein feu permanent de Bruno Bayer ? Gilbert Deflo
semble gagné, dans sa mise on scène, par l'esprit du
Piccolo Teatro de Milan. La présence même d'un
élève de Ferrucio Soleri, Enrico Maggi, dans le
rôle muet du valet Vespone, apporte au spectacle un peu de la
lumière, et de la virtuosité, de l'inoubliable
Arlecchino goldonien du Piccolo. Ce qui n'enlève rien aux
mérites des deux protagonistes, également
époustouflants d'aisance. Angelo Romero incarne un Uberto
d'une belle étoffe et d'une précision rare. Isabel
Monar, piquante à souhait, possède un soprano
susceptible de se plier à toutes les nuances et à tous
les caprices de cette musique-mousse de champagne. Les deux duos, on
particulier, atteignent une perfection de mécanique
horlogère, qui n'est pas pour rien dans la grâce du
spectacle. Et l'orchestre joue bien le jeu de ce perpétuel
rebondissement, avec colères lilliputiennes et larmes de
crocodile." (Opéra International - mai 1996)
- Boulogne-Billancourt
- 30 janvier 1996 - Etampes
- 10 février 1996 - Ris
Orangis - 17 février 1996 - Sartrouville - 23 février 1996
- Bourg la Reine - 23 mars
1996 - Saint-Germain en Laye -
29 mars 1996 - dir. Gilbert Bezzina - mise en scène,
décors et costumes Eric Vigié - avec Philippe Cantor
(Uberto), Isabelle Poulenard (Serpina), Dominique Renckell
(Vespone), Elsa Cantor (Cupidon)
" ...une Serva padrona,
au rythme trépidant et au charme irrésistible.
Décors, costumes et interprétation font de chaque
instant un plaisir à savourer. Philippe Cantor et lsabelle
Poulenard prê-ent leurs voix enjouées au duo cocasse que
forment le vieux ronchon Uberto et son accorte servante Serpina,
experte en ruses destinées à se faire épouser.
Dans un décor blanc, orné de fauteuils bleus à
pattes dorées, les dix musiciens de l'Ensemble baroque de
Nice, devenus les invités d'Uberto, arborent tricornes et
plumes. Ils soulignent avec verve les trouvailles de la brillante
partition, où Pergolesi s'amuse de ses personnages et de leurs
intrigues, jusqu'à la fin où l'orchestre fait entendre
les coeurs qui battent. Eric Vigié exploite astucieusement le
rôle muet du serviteur Vespone, ajoute une danseuse aguichante,
qui virevolte pendant l'ouverture, tandis qu'un enfant moqueur
incarne Cupidon. A en juger par les réactions du public, et en
particulier des jeunes spectateurs, conquis par les trouvailles et
les gags de la mise en scène, un spectacle aussi divertissant
constitue une introduction idéale à l'opéra."
(Opéra International - mars 1996)
- Teatro Rossini
- novembre 1993 - Orchestra
Sinfonica dell'Emilia-Romagna - dir. Herbert Handt - mise
en scène Antonio Taglioni - avec Valeria Baiano (Serpina),
Graziano Polidori (Uberto), Claudio Casadio (Vespone)
- Naples - Teatro San
Carlo - saison 1983/84 - dir. Herbert Handt, mise en
scène Roberto De Simone - décors et costumes Mauro
Carosi - avec Valeria Baiano, Simone Alaimo.
- Rennes -
18, 19, 20 mars 1983 - Orléans
- 25, 27 mars 1983 - dir. Jean Garrec - mise en
scène, décors et costumes Françoise
Gründ - avec Gilda Mol, Didier Henry, Serge Feuillet
- Opéra de Lyon
- saisosn 1970/71 - dir. Theodor Guschlbauer - mise en
scène Louis Erlo
- Milan - Piccola Scena
- 1961 - avec Mariella Adani, Montarsolo
- Londres - Royal Festival
Hall - 1959 - avec Elena Rizzieri, Sergio
Bruscantini
- Paris - 1957 -
avec Elena Rizzieri, Paolo Pedani
- New York - Metropolitan
Opera - 1942 - avec Bidu Sayao, Salvatore Baccaloni
- New York - Metropolitan
Opera - 1935 - avec Editha Fleischer, Louis
d'Angelo
- Londres - Mercury Theatre
- 1939
- Vienne - 1924 -
avec Elisabeth Schumann
- Hôtel des Modes
- 1910 - bicentenaire de Pergolèse
- Opéra Comique
- 1862 - avec Galli, Marié
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