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LA PELLEGRINA
La Pélerine
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COMPOSITEUR
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Antonio Archilei, Giovanno de'Bardi, Giulio
Caccini, Emilio de'Cavalieri, Cristofano Malvezzi, Luca
Marenzio, Jacopo Peri
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LIBRETTISTE
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Girolamo Bargagli
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DATE
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DIRECTION
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EDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DETAILLEE
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1988
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Andrew Parrott
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EMI
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1
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italien
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1998
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Paul van
Nevel
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Sony Vicarte
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2
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italien
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2007
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Skip Sempé
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Paradizo
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1
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italien
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Intermèdes composés pour être
intercalés dans la pièce La Pellegrina de
Girolamo Bargagli, jouée au Palais Pitti à Florence,
lors des festivités du mariage de Ferdinand Ier de
Médicis, Grand duc de Toscane avec Christine de Lorraine, en
1589. Ils relatent des histoires tirées de la mythologie
grecque voulant faire référence aux mariés.
La pièce du siennois Bargagli avait
été écrite en 1579, mais ne fut
représentée qu'après sa mort (en 1586), en mai
1589 à l'Académie Siennoise des Intronati.
Six compositeurs furent sollicités pour composer
les intermèdes : Cristofano Malvezzi et Antonio Archilei ou
Emilio de'Cavalieri pour le premier, Luca Marenzio pour le
deuxième et le troisième, Giulio Caccini, Cristofano
Malvezzi et Giovanni de'Bardi pour le quatrième, Luca
Marenzio, Cristofano Malvezzi et Jacopo Peri pour le
cinquième, Cristofano Malvezzi et Emilio de'Cavalieri pour le
sixième.
L'appareil scénique était l'oeuvre de
l'architecte Bernardo Buontalenti (*). La partition
fut publiée à Venise en 1591.
Luca Marenzio, Giulio Caccini, Jacopo Peri, Antonio et
son épouse Vittoria Archilei (vers 1555 - vers 1620), dite
la Romanina, figuraient parmi les chanteurs.
(*) Bernardo Buontalenti (1536 -
1608), architecte, sculpteur, peintre, miniaturiste eet
ingénieur militaire au service du Grand-duc
Synopsis
Intermède 1 : L'armonia delle
sfere
Quand s'ouvre le sipario sur le ciel
étoilé - on voit descendre des nuages porteurs de
musiciens figurant les sirènes et les planètes,
chantant une harmonie suave. La cité de Pise apparaît au
loin, mais au centre de la scène trône
l'allégorie de la Nécessité entourée des
trois Parques, et toutes les lignes convergent idéalement vers
son fuseau qui tourne lentement. La rotation symbolise celle des
Sphères célestes, selon la doctrine pythagorique,
transmise par Platon, de l'Harmonie du Monde. Lumineuse vision, au
son harmonieux et transparent du chant de Vittoria Archilei,
s'accompagnant au grand luth, avec le support de deux chitarroni
cachés (dont un joué par Antonio Archilei). Ethos
musical cristallin qui correspondait à l'allégorie
cosmique. Puis s'établit un dialogue avec la sinfonia
instrumentale de Malvezzi, entre le groupe des planètes de la
Nécessité et des Parques, et celui des "Dolcissimi",
sirènes présidant à leur mouvement dans le
contraste des sonorités polychorales et à "solo"
proches et lointaines, et la prévalence du mode mineur.
Intermède 2 : La gara fra Muse e
Piridi
Luca Marenzio sur un poème de Rinuccini
règle sa " sinfonia " avec le concours de deux harpes, deux
lyres, une basse de viole d'une part, et deux luths, un violino, une
viole bâtarde et un chitarrone d'autre part, culminant le tout
un triple choeur à six voix chacun. Ce madrigal accompagnait
le défi des Muses et des Piérides. Le triomphe des
Muses verra la métamorphose d'un jardin initial en grottes,
prétexte à virtuosités de Buontalenti.
Intermède 3 : Il combattimento pitico
d'Apollo
Avec le combat d'Apollon et du Serpent Python, il
offrait un thème poétique plus riche en
développement musical attribué à Marenzio.
Après le second acte de la comédie, toute la
scène se change en un décor triangulaire, le bois de
Delphes avec une obscure caverne. Des couples d'hommes et de femmes
vêtus à la grecque chantaient un double choeur au son de
violes, de flûtes et de trombones. Puis Apollon, dieu volant,
sorti du bois de Delphes. Une harmonie aride de deux soprani encadre
la description du monstre, le serpent vomissant du feu. Discours
musical et madrigalesque grave à rapprocher de celui d'" Edipo
Tiranno" d'Andrea Gabrieli, pour le rythme et la déclamation.
Le moment culminant de l'intermède est celui du combat
pythique mimé et dansé avec la mort du serpent et un
ballo allegro clamant victoire, avec un double choeur à huit
voix, en action de grâces au dieu victorieux. Un essai pour
retrouver la musique antique et ses modes a été
tenté ici, mais Bardi la sait inimitable, un simple exemple,
non un modèle possible.
Intermède 4 : La regione de' demoni
Cet Intermède, que montre une gravure d'Epifanio
d'Alfanio, transporte de la vision céleste à celle de
l'Enfer, et au fond, émergeant des flammes, la perspective
indécise de Pise. D'après Rossi, la Maga sur un char
doré qu'incarne Lucia Caccini s'accompagnant d'un luth et au
son d'instruments cachés appelle les démons, tandis que
dans sa sagesse, Platon apporte aux hommes le monde divin des
Idées. Mais Lucifer domine l'action infernale avec ses trois
faces dévorantes et d'énormes ailes de chauve-souris.
Démons et personnages infernaux l'entourent, l'enfer se
referme, la scène change et revient à sa beauté
première. L'aria de Giulio Caccini, chantée par Lucia,
qui s'insère entre les choeurs madrigalesques de Malvezzi et
de Bardi, peut être considérée comme une
étape importante vers la monodie accompagnée de la
basse continue. Le travestissement des instruments de musique, si
fréquent dans les intermèdes dont ils épousent
l'esprit d'ambiguïté maniériste et symbolique, se
manifeste dans l'Enfer par des instruments transformés en
serpents.
Intermède 5 : Il canto d'Arione
Cet Intermède sur la musique expressive de
Malvezzi se passe sous le signe de l'eau. Apparaît d'abord
Amphitrite, représentée par Vittoria Archilei, en
royale majesté venue des profondeurs de son vaste royaume pour
rendre hommage aux époux, avec son cortège de tritons
et de nymphes, et chantant les strophes d'un épithalame auquel
s'associent en trio Antonio et Margherita leur élève.
Parmi les nombreux instrumentistes se distingue Alessandro Striggio
junior, le futur librettiste de Monteverdi, jouant de l'"arciviolata
lira" avec maestria. L'épisode d'Amphitrite introduit à
une scène maritime centrale, où s'avance la nef d'Arion
chantant, accompagné de sa lyre, à la poupe du navire,
revêtu de la veste rouge à fond d'or de poète
musicien antique et de roi. C'est Jacopo Peri le chanteur et
compositeur de ce chant ductile de " tenore " (allant du do grave au
fa aigu). Mais Peri, que nous retrouverons au lever de rideau du
drame lyrique florentin futur, n'a pas encore ici les accents
pathétiques d'Orfeo, cet autre grand poète musicien
qu'exaltera Monteverdi. Un choeur de mariniers de Malvezzi lui
répond dans l'allégresse de sa mission accomplie.
Intermède 6 : La discesa d'Apollo e Bacco col
Ritmo e l'Armonia
Au 6ème Intermède, Jupiter qui a
compassion pour l'angoisse des hommes envoie sur la terre Apollon et
Bacchus, descendant du ciel porteurs du don suprême de
l'Harmonie et du Rythme (version Rossi) ou, dans la version musicale,
du Chant et de la Danse. Le concept logique du mythe se transforme
ici en pure expression lyrique, en un hymne de joie. Le ciel s'ouvre
et dans une couronne de lumière paraît le Conseil des
dieux, sous une pluie de fleurs descendent lentemeuit
divinités et personnages allégoriques posés sur
des nuées alors que la scène s'anime en une danse de
fête où dieux et mortels se rejoignent. L'Harmonie qui
régit l'univers assume maintenant une dimension humaine, cet
ultime intermède est dominé par un effet de masse
chorale amplifiée, une recherche de colossal qui a
présidé à toute l'histoire des Intermèdes
Nuptiaux, où le ciel et la terre s'unissent dans la louange
des époux médicéens. Au madrigal à sept
choeurs exécuté par 60 chanteurs et l'ensemble des
instruments où éclate le talent contrasté de
Malvezzi, succède une partie chantée à l'unisson
par tous les dieux. Puis un ballo final d'Emilio Cavalieri - auquel
participent Vittoria Archilei, Lucia Caccini et la jeune Margherita -
fait entendre les variations mélodiques et rythmiques d'une
aria et d'un dialogue entre groupe terrestre et céleste, sur
des paroles de son amie la poétesse Laura Lucchesini de
Guidiccioni. Le retour de l'"Armonia Doria" crée une liaison
entre ouverture et conclusion avec des chanteurs
différents.
(Venise baroque et l'Opéra -
Hélène Leclerc)
Livret :
http://www.harmoniae.com/txt_pellegrina.cfm
Pour en savoir plus :
http://www.en-lorraine.com/assoc/aisc/bul56.htm
- La Pellegrina et les
Intermèdes - Florence 1589
- Aby Warburg - Editeur Lampsaque - Collection Le Studiolo -
Essais - décembre 2009 - 346 pages - 36 E
Représentations :
- Abbatiale
d'Ambronay - 4 octobre 2009 -
Capriccio Stravagante - dir. Skip Sempé - Choeur Pygmalion
- dir. Raphaël Pichon - avec Céline Scheen,
Jean-François Novelli, Stephan Van Dyck
"En cette fin de XVIème
siècle, les Médicis ont promu à Florence une
politique culturelle d’apparat en chefs de file de la cause humaniste
qui enfièvre alors l’Italie. Une apologie de la
représentation, cette composante majeure de la
problématique baroque, s’y met en place et mêle
intermèdes musicaux con suoni, canti e balli au
déroulement des pastorales et tragi-comédies à
la mode (l’Aminta du Tasse comme le Pastor Fido de Guarini).
Apparue en 1539, la tradition
des Intermèdes traverse tout le Cinquecento florentin,
intimement liée aux événements civils -
mariages, naissances - de l’illustre maison. Aussi bien, ce type de
divertissement devient toujours plus élaboré au fur et
à mesure qu’on avance dans le siècle, pour culminer
dans les intermèdes de la Pellegrina, montés en mai
1589 à l’occasion du mariage de Ferdinand de Médicis
avec Christine de Lorraine et destinés à accompagner la
comédie éponyme que Girolamo Bargagli écrivit en
la circonstance. Au-delà, ce mariage est à mettre en
relation avec un drame resté mystérieux. Car deux ans
auparavant, François de Médicis, Grand-duc de Toscane
et frère aîné de Ferdinand, avait
été retrouvé mort avec sa femme, la belle Bianca
Capello. L’opinion publique soupçonna alors Ferdinand
d’être l’auteur de ce double meurtre qui attira, entre autres,
ce commentaire acerbe de l’ambassadeur d’Espagne à Florence :
« les Médicis sont devenus de petits Ottomans, qui
s’entretuent à la manière des Turcs
».
Pour en revenir à la
musique, on ajoutera que les intermèdes de la Pellegrina
dominent toute l’histoire du genre, de loin les plus aboutis jamais
représentés à la cour médicéenne.
S’agissant d’un véritable état des lieux qui dit les
avancées de la musique du temps sur le chemin de la
modernité, la mouvance madrigalesque y côtoyant en fait
les expériences monodiques chères aux
réformateurs de la Camerata, tous acquis à
l’idée du verbe (ainsi des contributions de Caccini, Cavalieri
et Peri, ce dernier aux accents pré-montéverdiens dans
la plainte vrillante de l’Arione).
Confrontés à ce
monument prémonitoire du Seicento, Skip Sempé et son
équipe virtuose du Capriccio Stravagante, renforcée par
le jeune chœur Pygmalion de Raphaël Pichon, savent imagination
garder. Pour autant, leur relecture, hardie, colorée et
même parfois bigarrée, ne tourne jamais à
l’aventure, approche d’un « passeur » fervent entre une fin
de Renaissance opulente et un Baroque en train de naître, et
déjà livré au pouvoir du mot. Certes, des noms
célèbres ont précédé,
également experts dans le mariage des époques (Van
Nevel et ses gens d’Huelgas, au chant d’ensemble impeccable, mais
sensiblement plus timides dans le pressentiment de l’idée
monodique, vecteur du stile nuovo). Reste que dans la fusion des
affetti, Sempé est insurpassable, avec un son vraiment
novateur et fédérateur.
Et puis, il y a le soin
apporté au choix des chantres solistes : le soprano à
la fois charmeur et impérieux de Céline Scheen, l’une
des valeurs sûres de l’actuel concert à l’ancienne, et
les ténors déliés de Jean-François
Novelli et de Stephan Van Dyck, celui-ci Arion émouvant et
crédible dans l’intermède signé par Peri. En
tout cas, la présente exhumation a tourné à la
fête dans une abbatiale archicomble, temps fort parmi bien
d’autres, de cette stimulante édition-anniversaire (la
30ème) qui confirmait le rôle majeur d’Ambronay dans le
concert festivalier de l’Hexagone."
- Ambronay - 1er octobre 1989
- dir. René Jacobs - Anne Monoyios, Guillemette Laurens,
Honeymann
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