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LA SEMIRAMIDE RICONOSCIUTA
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COMPOSITEUR
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Nicola PORPORA
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LIBRETTISTE
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Pietro Metastasio et Domenico Lalli
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Dramma per musica, sur un livret en trois actes de
Pietro Metastasio, revu par Domenico Lalli. Représenté
au Teatro San Giovanni Grisostomo de Venise, le 26 décembre
1729 (*), avec les castrats Carlo Broschi dit
Farinelli, dans le rôle de Mirteo, Nicola Grimaldi dit
Nicolino (alors âgé de cinquante-quatre ans) et
Domenico Gizzi alors âgé de quarante-sept ans).
(*) autre source : 30 décembre 1728
L'abbé Conti dit de Farinelli, alors
âgé de vingt-trois ans : l'agilité de sa voix
est surprenante, mais enfin il surprend plus qu'il ne touche...
Cependant il faut bien se garder de le dire car le public est
prévenu pour lui sans savoir pourquoi.
Reprise à Brescia, en 1735.
Seconde version sur un livret revu par D. La Vista,
représentée au San Carlo de Naples, le 20 janvier 1739,
avec Gaetano Majoranao, dit Caffarelli.
Personnages : Semiramide, reine de Babylone, en
habit d'homme, sous le nom de Nino (alto) ; Tamiri, princesse royale
de Bactriane, éprise de Scitalce (soprano) ; Scitalce, prince
royal d'une partie de l'Inde, ancien amant de Semiramide sous le nom
d'Idreno (soprano) ; Mirteo, prince royal d'Egypte, frère de
Semiramide, épris de Tamiri (soprano) ; Ircano, prince scythe,
épris de Tamiri (ténor) ; Sibari, confident,
secrètement épris de Semiramide (alto)
Argument :
L'intrigue complexe fait la part belle aux coups de
théâtre. La reine Semiramide qui, pour régner
après la mort de son mari se travestit en son propre fils, a
droit aux airs les plus beaux, aux mélodies et aux rythmes les
plus riches. Sous le personnage de Scitalce se cache Idreno, l'ancien
bien-aimé de Semiramide, qui jadis tenta, par jalousie, de la
tuer. Le rôle de Mirteo, à l'écriture virtuose,
fut conçu à l’origine pour le légendaire castrat
Farinelli réputé dans toute l’Europe pour ses moyens
vocaux exceptionnels.
http://www.liberliber.it/biblioteca/m/metastasio/index.htm
Représentations :
- Beaune - Cour des
Hospices - 8 juillet 2011 - Accademia Bizantina - dir.
Stefano Montanari - avec Delphine Galou (Semiramide), Teodora
Gheorghiu (Mirteo), Juan Sancho (Ircano), Blandine Staskiewicz
(Scitalce), Mary-Ellen Nesi (Sibari), Maria Grazia Schiavo
(Tamiri) - première en France
- Diapason - septembre 2011
"Il n' y a rien à
comprendre à cette Semiramide riconosciuta de Porpora. Comme
si Métastase, encore jeune poète, s'était
ingénié à rendre inextricable le mythe
déjà obscur de Sémiramis! Le chef Stefano
Montanari met pourtant de l'élan dans les récitatifs.
Davantage en tout cas que dans les airs, où son geste se fait
maniéré autant que parcimonieux, laissant jouer une
Accademia Bizantina dont les belles couleurs ne compensent pas
l'absence de cohésion et de chair. Mais Porpora
n'écrivait-il pas d'abord pour les voix, notamment celles
qu'il avait façonnées, Farinelli en tête ? C'est
d'ailleurs la limite d'une écriture où les
possibilités techniques des interprètes prennent le pas
sur leur palette expressive. A l'exception du rôle-titre,
auquel le timbre troublant de Delphine Galou confère une
certaine épaisseur, pas une figure n'évolue.
Le Scitalce de Blandine
Staskiewicz se contente ainsi de couvrir la tessiture, d'une voix
bien projetée mais sans relief. Simplement professionnelle,
Mary-Ellen Nesi ne donne pas plus d'éclat à Sibari. Et
si la partie composée pour Farinelli met l'agilité
deTeodora Gheorghiu en valeur, ses da capo ne varient guère.
Les interventions de JuanSancho (Ircano) ménagent dès
lors un contraste d'autant mieux venu que son ténor est
sonore, virtuose, engagé. Enfin, malgré une succession
d'airs sensiblement identiques, Maria Hinojosa Montenegro donne
à Tamiri une vie inespérée, fluide,
fruitée. Plus qu'un exploit, du grand art."
- Opéra Magazine - septembre 2011
"En cet été
2011, le Festival de Beaune débute un cycle consacré
à Nicola Porpora (1686-1768), avec l'Accademia Bizantina et
ses chefs, Ottavio Dantone et Stefano Montanari, ce dernier ouvrant
l'aventure avec Semiramide riconosciuta. Il s'agit de l'un des
premiers livrets de Métastase, écrit pour un
opéra de Leonardo Vinci, créé à Rome en
1729, dont Porpora s'empara, en décembre de la même
année, à Venise.
Semiramide riconosciuta n'est
assurément pas le meilleur texte de l'abbé
poète, qui s'intéresse ici à un épisode
anecdotique du destin de la légendaire souveraine d'Assyrie,
régnant en se faisant passer, travestie, pour son fils Nino.
Métastase y ajoute plusieurs quiproquos àmoureux (du
type A aime B qui aime C qui aime D qui aime A), mais l'ensemble est
affaibli parce que la plupart des protagonistes reconnaissent
très vite Semirarnide sous son déguisement.
Comme le souligne Olivier
Rouvière dans le programme de salle, on peut voir dans ce
livret un amusant pastiche des archétypes de l'opera seria,
avec une succession d'arie évoquant les ruisseaux murmurant,
l'hirondelle délaissée, le pasteur dans ses
prés, le marin naufragé comme autant de
métaphores sentimenntales. L'important, néanmoins, est
bien que Porpora l'a doté d'une musique scintillante et
souvent surprenante. Nous sommes encore dans l'univers baroque,
voisin de celui de Vivaldi, mais l'écriture instrumentale,
très riche, et la construction harmonique, plutôt
audacieuse, annoncent déjà le pré-classicisme :
n'oublions pas que Porpora fut le maître de Haydn et de Hasse !
L'œuvre est nantie de
très longs récitatifs - le premier dure douze minutes !
- et le grand mérite de Stefano Montanari est d'avoir
évité que l'ennui ne s'installe en les animant d'une
vraie urgence dramatique, pas évidente en version de concert.
Quel régal de voir la direction atypique du violoniste-chef
dansant et bondissant devant son orchestre, stimulant les chanteurs
avec des mimiques et des postures irrésistibles, tout en
restant parfois les bras ballants comme pour libérer ses
musiciens ! Gestique extravagante mais efficace, tant son
interprétation est la vie même, avec des violons
caressants, des vents colorés, un continuo chargé de
fulgurances.
Comme toujours à
Beaune, la distribution est de premier ordre. Dans le rôle de
Semiramide, Delphine Galou développe un timbre ambré
aux nuances multiples même si la voix manque de projection
(l'artiste était annoncée souffrante).
Remplaçant au pied levé Maria Grazia Schiavo, Maria
Hinojosa Montenegro nous a épatés par son
agilité, malgré quelques maniérismes
inhérents au rôle de l'indécise Tamiri .
Mary-Ellen Nesi, à la tessiture impressionnante, et l'explosif
ténor Juan Sancho, à la fois viril et virtuose, sont
remarquables, tout comme Blandine Staskiewicz, émouvant
Scitalce. On se demande bien pourquoi plusieurs de ses airs ont
été coupés. Dommage !
La plus enthousiasmante reste
cependant la soprano roumaine Teodora Gheorghiu, rayonnante à
chacune de ses interventions, avec des aigs lumineux, une science du
legato et une facilité acrobatique très rares.
Difficile d'espérer meilleur plateau pour découvrir
cette Semiramide riconosciuta, qui n'avait pas été
donnée depuis deux cent soixante ans ! "
- Bibbiena - Teatro Dovizi
- 15, 16, 18 mai 2003 - dir.
Massimiliano Carraro - mise en scène, décors et
costumes Massimo Gasparon - avec Giacinta Nicotra
(Semiramide), Stefania Donzelli (Mirteo), Simone Polacchi
(Ircano), Sara Allegretta (Scitalce), Daniele Tonini (Sibari),
Alexandra Zabala (Tamiri)
"Nicola Porpora mit en musique Semiramide
riconosciuta en 1729. A partir de l'un des textes les plus
réussis de Métastase, le compositeur napolitain propose
une musique incisive, plaisante et surtout fluide : l'intrigue
complexe, inexorable comme un mécanisme d'horlogerie, qui
comporte peu de touches comiques et qui fait la part belle aux coups
de théâtre, se trouve en quelque sorte
"allégée" par la partition. L'oeuvre a
été reprise, pour la première fois l'ère
moderne, à l'occasion du Festival baroque "Arcadia in Musica"
qui se déroule à Bibbiena, en Toscane. Avantagé
par le cadre minuscule du Teatro Dovizi, le groupe des six chanteurs
se révèle convaincant, stylistiquement comme
scéniquement. La mezzo Giacinta Nicotra interprète la
reine Semiramide qui, pour régner après la mort de son
mari, se travestit en son propre fils : c'est elle qui a droit aux
airs les plus beaux, aux mélodies et aux rythmes les plus
riches. La soprano Sara Allegretta, Scitalce, est également
excellente : derrière ce nom se cache l'ancien amant de
Semiramide, Idreno, qui a tenté de la tuer par jalousie et
qui, découvrant qu'elle a survécu, revient à
elle. La soprano Stefania Donzelli est parfaitement à l'aise
dans le rôle - conçu à l'origine pour le
légendaire Farinelli - de Mirteo, le frère de
Semiramide. Le ténor Simone Polacchi affronte dignement, mais
avec des résultats irréguliers, l'écriture
virtuose d'Ircano, le soupirant de la princesse Tamiri (qui finira
par épouser Mirteo), incarnée par la soprano Alexandra
Zabala, le seul maillon faible de la distribution. La basse Daniele
Tonini complète le plateau vocal, et offre une
interprétation honorable en Sibari, conseiller - et amoureux -
de la reine, qui essaie d'éliminer le plus grand nombre
possible de rivaux. L'ensemble instrumental "Arcadia in Musica",
dirigé par Massimiliano Carraro, bien que réduit au
minimum, suffit amplement à satisfaire les exigences de ce
petit théâtre. La mise en scène de Massimo
Gasparon, également directeur artistique du Festival, optimise
l'espace en utilisant aussi le parterre pour les entrées et
sorties des chanteurs. Les costumes, aux couleurs éclatantes,
évoquent somptueusement l'architecture baroque." (Opéra
International - juillet/août 2003)
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