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KING ARTHUR
or The British Worthy
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COMPOSITEUR
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Henry PURCELL
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LIBRETTISTE
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John Dryden
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2004
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2005
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Nicholas Harnoncourt
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Euro Arts
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2009
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2009
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Hervé Niquet
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Glossa
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Dramatick opera, dit semi-opéra (Z 628)
sur un livret de John Dryden (*)
La première représentation eut lieu au
Dorset Garden's Theatre, en mai / juin 1691. La distribution
comprenait, pour les rôles chantés, Charlotte Butler
(Philidel, Cupidon), John Bowman (Grimbald, Prêtre).
Reprise à Drury Lane, le 2 mars 1706. King
Arthur n'avait alors pas été exécutée
depuis cinq ans. Distribution : Leveridge, Hughs, Ramondon, Mlle
Lindsey. Danses par le couple du Ruel, Cherrier, Mlle Evans.
(*) John Dryden (1631-1700), historiographe du roi Charles
II (1630-1685), passe pour le chef de file de la littérature
de la Restauration monarchique anglaise (1660-1689). Il est l’un des
premiers poètes à célébrer le retour de
Charles II après la mort du chambellan Oliver Cromwell et la
démission de son fils Richard. Sa brillante carrière
d’auteur de théâtre associée à celle de
poète de cour, lui vaut, en 1670, d’être nommé
Historiographe du Roi et Poète-lauréat. Il entreprend,
dès 1684, la composition de sa vaste épopée du
King Arthur. Sans doute s’appuie-t-il sur un ancien récit
prophétique pour plaire au monarque. On attribue à
Merlin une parole à laquelle tout le Moyen Age a
prêté foi : «Un fils naîtra et la brillance
du soleil s’effacera devant la pâleur de Mercure, et cela sera
redoutable pour tous ceux qui le verront». Or le 29 mai 1630,
jour de la naissance de Charles II, une étoile a
été vue dans le ciel de Londres en plein midi...
Voilà qui va donner toute sa dimension louangeuse à la
pièce dont les intermèdes musicaux, c’est entendu,
seront donnés à Louis Grabu (ou Grabut), compositeur
français fixé à la Cour. S’appuyant sur des
éléments issus de la légende arthurienne, Dryden
mêle des inventions et d’autres sources légendaires
à quelques éléments du mythe originel. Ainsi
Oswald, roi des Saxons, dont l’existence est presque fabriquée
de toutes pièces, et surtout Osmond, son mage,
véritable esprit du mal. Ce nécromancien s’oppose de
toute sa puissance aux Chrétiens et à Merlin. Magie
noire et magie blanche qui, pour les Anglais du XVIIe siécle,
est bien proche de ressembler aux querelles du pouvoir entre
l’intolérance puritaine de Cromwell et la tolérance
affichée par Charles II ! Et puis, il y a Emmeline. Jeune
fille très belle et très pure, elle est la fille de
Conon, vassal d’Arthur. Elle est aveugle, comme l’amour des
mythologies antiques, et déchaîne les passions ; elle
révèle tout le «sensible» des cœurs
guerriers. Autrefois courtisée par Oswald le Saxon, elle est
maintenant aimée d’Arthur. Mais le perfide Oswald
l’enlève et tente de la ramener à lui avec l’aide de
son magicien. C’est compter sans la puissance de l’Amour qui inspire
Arthur... qui finit d’ailleurs par la reconquérir et, avec
l’aide de Merlin, lui rend la vue... Mais en juillet 1685, cette
grande œuvre à peine née suit dans le tombeau Charles
II... Dryden continue à servir le nouveau monarque, Jacques II
jusqu’à son abdication, en 1688, qui entraîne le
couronnement de Guillaume III, son gendre. Ce nouveau monarque,
protestant avant tout, se méfie des faveurs qui avaient
été largement faites aux Catholiques sous le
règne de Jacques II et dont les tentatives de réforme
jusque dans les arts déplaisent. Dryden, qui avait
été ouvertement favorable à une refonte des
styles suivant le modèle français est remercié.
Il perd son titre de Poète-lauréat et la pension qui y
est attachée. Déchu, l’ancien favori se voit contraint
de composer des pièces mineures, ou de circonstance. Si les
tempêtes politiques se calment, les tempêtes intimes de
Dryden ne font que commencer. Toutefois, au milieu de ces tourmentes,
il entre en contact avec Henry Purcell dont le génie musical
relève le défi d’un style anglais toujours pris en
défaut. Il écrit Le Festin d’Alexandre et une Ode pour
la Sainte-Cécile qu’Henry Purcell met en musique. C’est alors
que l’idée de faire ressusciter King Arthur prend forme.
Durant le passage sur le trône de Jacques II, Henry Purcell a
lui aussi une période de défaveur : il était
relégué au rôle subalterne de claveciniste et
voyait la carrière de ses rivaux «catholiques» (dont
tenants des goûts français et italiens) connaître
un essor sans précédent. L’avènement de
Guillaume III (1650- 1702) lui a rendu son prestige. Il compose la
musique du couronnement, et chaque année écrit des odes
pour l’anniversaire de la Reine Mary. Mais il nourrit de plus grandes
ambitions et souhaite se tourner vers le théâtre comme
il l’avait fait avec Didon et Énée en 1689. C’est donc
sans doute avec intérêt que Purcell a vu Dryden se
rapprocher de lui. Ne représentent-ils pas tout deux,
quoiqu’une génération les sépare, le renouveau
des arts anglais ? Dryden sans doute décrit à Purcell
sa pièce comme un Dramatick Opera, c’est à dire
«un drame mêlé de chants». On aura beau gloser
sur le fait que ce genre vient peut-être des anciennes
manières de la Cour française de Louis XIII il est peu
probable qu’une influence aussi lointaine se soit fait sentir, alors
que sur le continent même elle était balayée par
le souffle novateur de la tragédie lyrique suivant le
modèle de «Monsieur de Lully»... Tout au plus
pourrait-on trouver une filiation avec la comédie-ballet
(telle Le Bourgeois Gentilhomme). Mais tout cela doit s’effacer
devant un souci nouveau : faire oublier le souvenir des
ambiguïtés artistiques des règnes
précédents et poser les bases d’un genre neuf et
spécifiquement anglais. Alors «pour faire du neuf»,
il faut sans doute remonter aux souvenirs des anciens masks des
Stuart, perçus dans la mémoire collective anglaise
comme le parangon du divertissement aristocratique et national.
Dryden alors se multiplie. Il écrit à Halifax, ancien
favori du roi Jacques II qui assure-t-on est encore «bien en
cour»... A la fin du printemps de 1691 King Arthur est
montré au Théâtre de Dorset Garden. L’œuvre prend
un ton nettement politique, particulièrement dans les derniers
tableaux où l’histoire d’Arthur prend les couleurs d’une
requête pour une (Grande) Bretagne unifiée. Faisant fi
des sortilèges maléfiques, de la tentation du
radicalisme puritain, d’une succession chaotique de plusieurs
monarques aux conceptions opposées qui menaçaient de
dissoudre l’identité britannique dans des modèles
continentaux importés sans ménagement, face même
à un roi d’origine hollandaise à la
légitimité contestée, la glorieuse Albion chante
la joie de son identité recouvrée. Comme Dryden plus de
vingt ans auparavant, Purcell devient le musicien de la Restauration,
l’Orphée grand breton dont la gloire éclipse tous ses
contemporains. Il affirme une identité musicale neuve entre
les influences italiennes et françaises, sans même
tourner le dos aux anciens tunes (chansons) traditionnels, dont on
retrouve des échos dans King Arthur même.
(livret Glossa)
Synopsis
Arthur, roi des Bretons, et Oswald, roi saxon du Kent,
veulent tous deux obtenir la main d'Emmeline, fille du duc de
Cornouailles. Après avoir perdu une bataille décisive
contre les Bretons, Oswald enlève Emmeline et tente, en vain,
de s'en faire aimer. Entre-temps, Arthur parvient à
résister aux charmes de deux sirènes et se
libère des enchantements qui l'entravent. Le jour de la
Saint-Georges se déroule le combat décisif entre les
deux rivaux. Le magicien Osmond et un esprit de la terre soutiennent
Oswald, tandis que Merlin l'enchanteur et un esprit de l'air aident
Arthur et les Bretons.
Le dernier acte retrace le choc entre les deux
armées. Arthur affronte Oswald en combat singulier et,
après l'avoir désarmé, lui laisse la vie sauve.
Emmeline épouse le vainqueur, proclamé premier d'entre
les héros chrétiens. Merlin fait alors surgir de la mer
les îles britanniques. Louanges à saint Georges et danse
générale (Opéra International -
février 1995)
Les principaux rôles - le roi Arthur, le roi
Oswald, l'enchanteur Merlin, le magicien Osmond, Aurélius,
Albanact, Guillamar, Emmeline, Mathilde - ne sont pas chantés.
Les rôles de Philidel, esprit de l'Air, et Grimbald, esprit de
la terre, sont parlés et chantés. Les rôles
chantés sont ceux des Prêtres et chanteurs saxons, des
Soldats bretons et saxons, des Bergers et bergères, des
Esprits de l'air, de Cupidon, du Génie et du Peuple du Froid,
de deux Sirènes, des Nymphes et Sylvains, d'Eole et des quatre
Vents, de Britannia, accompagnée de Pêcheurs, de Pan et
d'une Néréide, de Comus, accompagné de trois
Paysans, d'Elle et de Lui, et de l'Honneur, acompagné de
Héros.
Synopsis
détaillé
Prologue
Un assez long prologue, originellement dit par
Betterton, l’un des créateurs de la pièce de Dryden,
ironise sur le côté novateur du spectacle qui va
être présenté et la manière dont il risque
d’être accepté... ou refusé : "Sure there’s a
Dearth of Wit in this dull Town, When silly Plays so savourly go
down..."
Acte I
Le sceptre de la Grande-Bretagne doit enfin être
remis entre les mains d’Arthur et ce dernier, aidé par le
magicien Merlin, a repoussé vaillamment les Saxons jusqu’au
Kent. Mais aujourd’hui, en ce jour de la fête de Saint-Georges
les compagnons d’Arthur, tous vaillants Bretons, doivent encore
livrer un combat final et décisif. Il prend alors congé
de la douce Emmeline sa fiancée aveugle. Au même instant
Oswald, le roi des Saxons, prépare aussi le combat. Il est
aidé par le magicien Osmond et son serviteur damné
Grimbald. Encore, assisté de l’elfe Philidel, ils
président, dans le temple des dieux païens Wotan, Thor et
Freya, à des sacrifices pour attirer les faveurs de ces
divinités guerrières : "Woden, first to thee..." Mais
les certitudes de la victoire saxonne sont de courte durée.
Bientôt un cri de joie des Bretons annonce que les troupes
d’Arthur sont victorieuses : "Come if you dare..."
Acte II
Oswald est alors obligé de fuir. Dans le camp
des Saxons, c’est la débandade. Même l’elfe Philidel
vient chercher refuge et salut auprès de Merlin. Ce dernier
lui demande alors de protéger les Bretons contre les forces
obscures déchaînées par Osmond. Grimbald,
resté fidèle aux Saxons se déguise en berger et
tente d’égarer les Bretons à la poursuite des fuyards
mais Philidel les protège. Cette rivalité donne lieu
à des joutes musicales : "Hither this way..." Grimbald dont la
voix est éraillée par le long commerce avec les vapeurs
infernales est vite reconnu à son timbre incertain... il
disparaît soudain, laissant Philidel, fidèle à
Merlin, guider les Bretons dans la nuit... Pendant ce temps, la douce
Emmeline attend Arthur. Pour tromper son ennui elle est divertie par
des bergers et des bergères qui lui chantent les charmes
naïfs de l’amour : "How blest are shepherds..." C’est alors
qu’Oswald, roi des Saxons, qui s’est égaré,
découvre le camp des Bretons... Aussitôt, il
décide d’enlever Emmeline et fait connaître cette
victoire à Arthur. Blessé dans son amour le roi des
Bretons lui propose de partager son royaume, pourvu que sa bien
aimée lui soit rendue. Mais Oswald refuse : lui aussi a
succombé aux charmes d’Emmeline... Hors de lui Arthur en
appelle aux armes.
Acte III
Les Bretons accourent immédiatement. Mais la
retraite d’Oswald, entourée de bois épais, est
protégée par les puissants sortilèges du
magicien Osmond. Ils ne peuvent y pénétrer. Seuls
Arthur et Merlin peuvent entrer dans la forêt. Pendant ce temps
Philidel, à force de ruses, finit par capturer Grimbald.
Merlin alors remet à son loyal serviteur le philtre qui doit
rendre la Français vue à Emmeline. Le premier objet qui
se présente à sa vue est le magicien Osmond.
Glacée d’effroi Emmeline assure préférer la
cécité à cette vision. Osmond insiste. Le
pouvoir de l’amour n’est-il pas immense ? Afin de persuader la jeune
fille, ce dernier use de ses pouvoirs pour lui montrer combien
l’amour peut réveiller les cœurs les plus glacés. Le
décors de la scène change soudain pour montrer une
lande gelée où règne le génie du froid.
Cupidon frivole va tenter de le réchauffer : "What ho ! What
ho ! Thou Genius of this isle..." Ce masque «du froid» est
sans doute le plus célèbre et le plus populaire de tous
les ayres écrits par Purcell. Mais cette belle
démonstration tourne à l’échec. L’amour n’est
pas fait pour souffrir des morsures du froid infligées par le
Génie... L’acte s’achève sur un hornpipe qui nous
rappelle à d’autres réalités. Grimbald
prisonnier d’un sort lancé par Philidel hurle son
désespoir et son impuissance. Osmond va à son
secours...
Acte IV
Merlin qui a retrouvé Arthur dans la forêt
enchantée le prévient contre les sortilèges et
les illusions d’Osmond... Au même instant surgissent deux
sirènes enjôleuses qui tentent de dérouter le
vaillant roi des Bretons : "Two daughters of this aged stream are
we..." Plus loin des Nymphes et des Sylphes chantent et dansent.
Arthur résiste toujours. Mais il est en grand danger lorsqu’il
croit reconnaître Emmeline. Heureusement Philidel, qui avait un
œil rivé sur lui, montre le piège : c’est Grimbald qui
le trompe. Alors Arthur frappe de son épée le plus
grand des arbres de la forêt, celui qui semble régner
sur les lieux et être la source de tous les sortilèges.
Au premier coup d’épée, les enchantements cessent.
Acte V
La troupe des Bretons réussit alors à
trouver le chemin du château d’Oswald. Osmond, dont les
pouvoirs sont mis en déroute tente de fuir. L’ultime combat
des souverains peut alors s’engager loyalement. C’est bien sûr
Arthur qui triomphe. Osmond est précipité dans un
sombre cachot tandis qu’Arthur goûte la joie des retrouvailles
avec sa bien aimée. Magnanime, il propose à Oswald de
se joindre à lui pour contempler un ultime masque qui
célèbre «la richesse, les amours et la victoire de
l’île» et propose aux Saxons et Bretons de ne former qu’un
seul peuple fier et heureux. C’est une tempête annonciatrice
d’événements fabuleux, qui prélude à la
dernière partie. Puis les cieux s’ouvrent. Eole, dieu des
vents, vient dissiper les nuages des discordes. Puis viennent les
divinités heureuses Britannia, Vénus et l’Honneur...
Comme Comus, le dieu des libations et des banquets, ne veut pas
être de reste, il offre aux paysans de fabuleuses ripailles en
l’honneur de riches moissons dont les bienfaits ne manqueront jamais
à l’Angleterre... Enfin, l’Honneur, entouré des
Héros de tous les temps, promet aux plus valeureux de les
récompenser.
(Livret Glossa)
"Le Roi Arthur n'est pas, pour les puristes, un
opéra mais plutôt un "opéra dramatique". En fait,
il s'agit de théâtre parlé avec de nombreuses
interventions musicales assez typique de l'époque
élisabéthaine anglaise. Arthur le Breton et Oswald le
Saxon s'y disputent la Bretagne à l'aide de leurs enchanteurs
respectifs Merlin et Osmond. Pour cette vieille légende mise
en vers par John Dryden, Henry Purcell a composé la plus
élégante des musiques de scène où
alternent drame et humour" (Fnac)
Représentations :
- Aix la Chapelle - Aachen,
Theater - 1er, 7, 13, 27
avril, 1er, 13, 23, 28, 30 mai, 3, 19, 28 juin, 5, 11 juillet 2012
- dir. Volker Hiemeyer - mise en scène Albrecht Hirche -
nouvelle production
- Erfurt, Theater Erfurt
- 28 février, 8 mars, 21 avril, 5, 12 mai 2012 -
en allemand - dir. Michael Zehetner - mise en scène
Christian Georg Fuchs - décors, costumes Hank Irwin Kittel
- nouvelle coproduction avec Theater Waidspeicher
- Hanovre - Ballhof
Eins - 29 octobre, 2, 10, 19, 29 novembre, 3, 16
décembre 2011, 8, 13, 22 janvier, 19 février, 21
mars, 20 avril, 6 mai 2012

- Saint Astier -
31 juillet 2011 - Festival Itinéraire baroque
- Théâtre
d'Augsbourg - 7, 12, 19, 22 mai, 3, 8 juin 2011 - 18,
24 février, 4, 17 mars, 10, 29 avril 2012 - Ballett des
Theaters Augsburg - dir. Carolin Nordmeyer - mise en scène
Sigrid Herzog - décors Bernhard Kleber - costumes Katharina
Weißenborn - chorégraphie Eric Gauthier - chef de
choeur Karl Andreas Mehling - dramaturgie Oliver Binder - avec
Sophia Christine Brommer (Philidel
II/Frau/Sirene/Schäferin/Venus), Cathrin Lange
(Luftgeist/Frau/Cupido), Stephanie Hampl
(Sachsenpriester/Luftgeist/Frau/Sirene/Schäferin),
Christopher Busietta
(Sachsenpriester/Britenhauptmann/Erdgeist/Mann/Schäfer), Jan
Friedrich Eggers (Sachsenpriester/Erdgeist/Mann/Aeolus), Felix
Rathgeber (Geist der Kälte) - nouvelle production

- Théâtre
d'Erfurt - 28 avril, 6, 8, 15 mai, 5, 17, 26, 29 juin
2011 - dir. Michael Zehetner - mise en scène Christian
Fuchs - décors, costumes Kathrin Sellin, Udo
Schneeweiß - dramaturgie Arne Langer - avec Christa Maria
Dalby, Daniela Gerstenmeyer, Sebastian Pilgrim, Benno Schachtner,
Marwan Shamiyeh - nouvelle coproduction avec Theater
Waidspeicher

- Versailles - Opéra
Royal - 2, 3, 5, 6 mars 2011 - Théâtre de Besançon
- 10 mars 2011 - Orchestre et choeur du Concert
Spirituel - adaptation et dir. Hervé Niquet - adaptation,
conception et mise en scène Corinne et Gilles Benizio -
lumières Jacques Rouveyrollis et Jessica Duclos - costumes
Catherine Rigault - avec Chantal Santon-Jeffery et Ana Maria Labin
(sopranos), Mathias Vidal (haute-contre), Marc Mauillon (baryton),
João Fernandes (basse)

"On oublie trop souvent que,
outre qu’elle ne cessait de se jauger pour savoir qui serait le mieux
en vue du Souverain et qui aurait par exemple le privilège de
tenir le bougeoir au coucher de Sa Majesté, la Cour savait
s’amuser à Versailles, que la comédie allait bon train
et que le roi lui-même (en tout cas pour Louis XIV) ne
répugnait pas à s’autoriser quelques facéties.
Le spectacle donné ce soir dans le cadre solennel de
l’Opéra royal du château de Versailles nous l’a
rappelé, et de quelle manière !
Prenez un chef d’orchestre
rompu au répertoire baroque qui sait à l’occasion payer
de sa personne que ce soit en kilt écossais ou en typique
tenue autrichienne, un ensemble de musiciens dont les qualités
ne sont plus à démontrer depuis plus de vingt ans, des
chanteurs qui savent s’amuser en interprétant leurs
rôles avec beaucoup de justesse, ajoutez-y un couple de
comédiens-scénaristes dont le public connaît les
exploits pour les avoir maintes fois vus à la
télévision, saupoudrez le tout de la musique de Henry
Purcell (1659-1695) et vous obtiendrez un spectacle loufoque au
possible. On y croisera ainsi un régisseur de
théâtre qui multiplie les gaffes (Dino,
époustouflant), deux pingouins et un ours polaire, un chef
d’orchestre (Hervé Niquet, tout simplement génial) qui
essaie de dompter tant bien que mal son orchestre entre une
interprétation de l’air «On a l’béguin pour
Célestin» (tiré de l’opérette L’Auberge du
Cheval Blanc de Ralph Benatzky) et une chanson de son cru
moitié italienne, moitié tyrolienne, «On aime les
si bémol quand on est musicien, on aime les bagnoles quand on
est italien» (sans oublier une parfaite imitation du brame du
cerf au fond des bois), deux skieurs scandinaves qui traversent la
scène sans s’apercevoir qu’ils déboulent au beau milieu
d’un spectacle... Bref, on pourrait ajouter le fameux «et un
raton-laveur» à ce véritable bric-à-brac
qui, au premier abord, pouvait nous inciter à la
méfiance, Shirley et Dino ne s’étant pas toujours
caractérisés par la plus évidente
subtilité – avouons à ce propos que certains gags sont
un peu trop appuyés mais ce n’est là qu’un infime
reproche.
Et pourtant, en
vérité, la musique et le chant de Purcell sont
parfaitement intégrés à cette histoire
désopilante où le comique (on pense aux Marx Brothers
mais aussi à Blake Edwards ou aux Monty Python) côtoie
la poésie la plus grande. Comme l’a très bien
expliqué Hervé Niquet dans son allocution liminaire
à l’attention du public, celui-ci a donc écrit une
histoire qui utilise l’ensemble de la musique du semi-opéra en
cinq actes King Arthur (1691) sans pour autant imposer au public les
récitatifs de John Dryden, le librettiste. Certes, les
puristes ou amateurs d’authenticité pleine et entière
pourront être déçus (le spectacle étant
considérablement raccourci par rapport à l’œuvre
originelle puisqu’il dure à peine une heure quarante-cinq sans
entracte) mais qu’importe tant le résultat fut
enthousiasmant.
A tout seigneur tout honneur,
João Fernandes incarne un Roi Arthur des plus parfaits, usant
d’une voix chaude et d’un sens du théâtre à toute
épreuve (notamment lorsqu’il interprète, au
troisième acte, le célèbre «Air du
froid», «What power art thou» ou lorsqu’il danse avec
agilité sur les tables lors du banquet concluant
l’opéra). Chacune des interventions de Mathias Vidal et Marc
Mauillon, moines en robe de bure plus vrais que nature, doit
également être saluée avec, au premier acte, le
bel air «I call you all to Woden’s Hall» et surtout leur
duo «Com if you dare», accompagnés de superbes
trompettes et de chœurs non moins impliqués. Julie Fuchs et
Chantal Santon-Jeffery jouent à merveille les
péronnelles, que ce soit en costume d’infirmières ou de
princesses tout droit venues de l’Orient lointain, Mélodie
Ruvio étant également une musicienne à la
hauteur de ses talents de comédienne. La mise en scène
alterne pour sa part une grande poésie avec une verve comique
incroyable: qu’on regarde, par exemple, Arthur chevaucher son cheval
dans les airs («Hither this way» au deuxième acte
II) ou les soldats du roi faire le pas du patineur pour entrer sur
scène (où trône notamment un
réfrigérateur) au début de l’acte
III.
Les musiciens et les chœurs du
Concert Spirituel sont excellents, participant à cette grande
farce de la plus belle manière, qu’il s’agisse pour eux tous
de revêtir bonnets et écharpes avant d’aborder le
troisième acte (qui se passe dans les confins gelés des
cieux), ou d’accompagner Hervé Niquet dans ses chansonnettes.
Car, il faut le dire, c’est bien lui la vraie vedette de la
soirée! Chansonnier, conférencier à l’attention
du public tel que pourrait l’être le fils de Tryphon Tournesol
et d’Achille Talon, comédien mais aussi chef attentif à
ses musiciens, il étonne, fait rire (ses récurrents
«Y a-t-il des questions?» à l’attention du public
sont impayables), séduit et prouve l’immensité de ses
talents. Quant à Corinne et Gilles Benizio, ils illustrent
également ce que peut être l’art du cabaret dans ce
qu’il a aujourd’hui de meilleur, leur prestation en skieurs
scandinaves étant à marquer d’une pierre
blanche.
Indéniablement, une
réussite totale que ce King Arthur (disponible en DVD, chez
Glossa, enregistré lors des représentations de mars
2009 à l’Opéra national de Montpellier
Languedoc-Roussillon) que l’on devrait recommander à tous ceux
qui voient dans l’opéra, qui plus est baroque, un
divertissement réservé à une élite et
à tous ceux qui ont le cafard: cela permettrait de faire
tomber quelques idées reçues et de réduire le
trou de la sécurité sociale."
- Joué lès
Tours - Espace Malraux - 28 janvier 2010 - Paris - Salle Gaveau - 29 janvier 2010
- Bourges - Auditorium - 30
janvier 2010 - Poitiers -
Auditorium - 31 janvier 2010 - Théâtre d'Orléans -
2 février 2010 - Ensemble Jacques Moderne - dir. Joël
Suhubiette - avec Isabelle Poulenard, Anne Magouët, Edwige
Parat (sopranos), Jean-Michel Fumas (alto), Cyril Auvity
(ténor), Thomas Bauer, Jean-Claude Sarragosse (basses)
- Opéra
Magazine - mars 2010 - 29 janvier 2010
"...Joël Suhubiette
conduisit King Arthur comme un des oratorios baroques auxquels il est
acccoutumé. Avec l'ensemble Jacques Moderne, il a
réalisé un travail attentif et généreux
où, à la théâtralité, a
été préféré un esprit chambriste
et intime. L'équipe de solistes vocaux s'intégra
opportunément à ce choix artistique, où l'on
remarqua Isabelle Poulenard, au chant toujours précis et
émouvant, et Thomas Bauer, savoureux baryton-basse."
- Toulouse - Halle aux
Grains - 5, 6 janvier 2010 - Salle Pleyel - 23 janvier 2010 - Les
Talens Lyriques - dir. Christophe Rousset - avec Céline
Scheen, Judith van Wanroij (sopranos), Pascal Bertin (alto),
Emiliano Gonzalez-Toro (haute-contre), Magnus Staveland, David
Lefort (ténors), Christophe Gay (basse-taille), Douglas
Williams basse)
- Res
Musica - 5 janvier 2010 - Un semi-opéra nationaliste
"C’est toujours une gageure de
monter scéniquement King Arthur de Purcell, s’agissant d’un
semi-opéra où la musique n’a pas grand-chose à
voir avec l’histoire racontée. En effet, Purcell a
composé des intermèdes musicaux destinés
à accompagner une pièce de théâtre de John
Dryden, à la façon des fameux masques
élisabéthains ou des comédies-ballet alors en
vogue en France. Pour autant, la musique de Purcell est sublime et
s’il serait complexe de restituer le spectacle dans son
intégralité, d’autant plus que nous avons perdu la
pièce originale, la version de concert trouve sa
cohérence en renversant l’ordre des choses, puisqu’un
récitant résume l’action entre les pièces
musicales. Certains metteurs en scène osent toutefois
s’attaquer à ce dilemme, donnant libre cours à une
fantaisie parfois débridée. Le choix de Christophe
Rousset à la tête de ses Talens lyriques convient
parfaitement à l’actuelle saison toulousaine « hors les
murs » pendant la fermeture pour travaux du théâtre
du Capitole. C’est donc la Halle aux grains qui accueillait cet
ouvrage, début janvier pour deux soirées
mémorables.
Le public a pu être
déconcerté dans un premier temps par l’aspect
décousu de l’intrigue, mais il a vite été
séduit par le charme entraînant des airs purcelliens et
plus encore par l’excellence de l’interprétation de Christophe
Rousset et de ses troupes, accompagnant huit solistes de haut vol,
parfaitement à l’aise dans ce répertoire. En marge de
l’action du cycle Athuréen et de la lutte entre Bretons et
Saxons, les intermèdes musicaux et chantés ne sont pas
essentiels à la compréhension de l’action dramatique,
mais ils participent à la scénographie de l’ensemble.
Les personnages principaux que sont Arthur, son rival le roi saxon
Oswald ou la belle Emmeline, enjeu de leur combat, n’apparaissent
pas, laissant la place aux personnages fantastiques,
allégoriques et divins. Il faut plus d’imagination à
notre esprit cartésien pour goûter les apparitions
d’esprits, d’elfes ou de Cupidon en personne, qui appartiennent
à une sphère toute shakespearienne, mais quelle musique
!
L’action héroïque
narre des batailles opposant des peuples, mais aussi des forces
magiques bénéfiques et maléfiques, tandis que le
commentaire musical parle d’amour en intégrant une
légèreté comique, voire truculente. À
travers les arcanes poétiques de l’époque, l’ouvrage
prend un ton clairement nationaliste et patriotique, le prologue
faisant référence à la situation politique et
sociale de l’époque, ainsi qu’aux paris sur les pièces
de théâtre. Après tout, de l’autre
côté du Channel, les longs prologues des
tragédies lyriques chantaient bien la gloire du roi Louis…
Bretons et Saxons finissent par s’unir pour former une nouvelle
nation, la Grande-Bretagne. Or à la fin du XVIIe
siècle, la Restauration anglaise devait réunir la
nation autour de son souverain après la révolution de
Crommwell et le roi Guillaume III d’Orange Nassau venait des
Pays-Bas.
Dans ces méandres
mythiques, héroïques et poétiques, on a
particulièrement apprécié le timbre et la
musicalité des deux sopranos, Céline Scheen et Judith
van Wanroij, d’une belle clarté à côté de
l’alto Pascal Bertin très discret dans cette œuvre. Les deux
ténors Emiliano Gonzalez Toro et Magnus Staveland ne sont pas
en reste, sans oublier les basses Christophe Gay et Douglas William.
Le célèbre « air du froid », inspiré
du « chœur des trembleurs » de Lully revient à ce
jeune baryton-basse d’une grande musicalité associée
à une belle sensibilité. Tous vivent cette œuvre
complexe avec un bonheur partagé et les dessous retrouvent un
jeu théâtral réjouissant pour le fameux «
chœur des buveurs » qui perturbe quelque peu l’hymne solennel
à l’île de Bretagne.
Sous la direction
précise et enjouée de Christophe Rousset, les
instrumentistes des Talens Lyriques sont à leur affaire avec
de superbes sonorités. Les violons mènent le bal avec
vigueur, tandis que les hautbois da caccia et les flûtes
à bec donnent la couleur et que les trompettes naturelles
sonnent juste. Tous ont largement mérité le triomphe
que leur a fait le public toulousain, donnant en rappel un large
extrait du 4e acte, célébrant les plaisirs de
l’amour."
- Classique.news - 6 janvier 2010 -
Frustrations du semi-opéra
"Ce n’est pas la musique de
Purcell qui est en cause, elle est superbe. Ce n’est pas
l’interprétation de ce soir, inspirée et musicalement
impeccable. Pourtant une pointe de frustration s’insinuerait presque
durant ce concert. Le problème vient du fait que les
situations dramatiques les plus intéressantes et les
personnages les plus forts ne sont pas mis en musique. Alors qu’en
France à la même époque, la tragédie est
entièrement mise en musique, et surtout qu’en Italie,
l’opéra se répand à travers toute la
péninsule, on ne peut que se plaindre des limites du genre
semi-opéra anglais dont King Arthur est pourtant un des plus
beaux fleurons.
King Arthur, semi-opéra
genre frustrant ! Le concert proposé par Christophe Rousset
offre l’intégralité de la musique écrite par
Purcell pour le Semi-Opéra King Arthur crée en 1691 sur
un poème de John Dryeden. La musique est intercalée
dans la pièce et ne concerne que les péripéties
mineures, les ballets, les divertissements et les fêtes.
L’action est riche en
péripéties et en personnages plein de couleurs. Comme
cela ferait un bel opéra avec des airs variés et des
récitatifs dramatiques ! La programmation de ce type d’œuvres
hybrides au sein d’une saison d’opéra laisse un peu l’amateur
de splendeurs vocales et de drames lyriques, sur sa faim. L’action
est riche en rebondissements, deux rois puissants se disputent la
même femme, Emmeline. L’allégorie politique est
évidente car la fiancée d’Arthur est convoitée
en même temps que son Île britannique par le saxon
Oswald. Chaque souverain bénéficie de l’aide d’un
puissant magicien, Merlin pour Arthur et Osmond pour Oswald. La trame
religieuse est aussi présente car le camp d’Arthur est
chrétien alors que les saxons sont païens. Au final la
grande Bretagne retrouve sa liberté, son Roi; et sa
beauté, Emmeline épouse son héros après
avoir recouvré la vue.
Le concert de ce soir est
dramatisé par la présence d’Olivier Simonnet qui
résume astucieusement l’action. Las, cet agréable
diseur a un cheveu sur la langue ou un poil de barbe (sacré
Merlin !) qui rend ses interventions parfois trop distanciées
par un petit effet comique. Laissons les regrets de cet opéra
diminué de la moitié (au moins) et écoutons une
partition riche, variée en des effets majestueux, langoureux
et parfois pleins d’humour. Les moments musicaux ô combien
savoureux, rappellent les chœurs de Didon et Énée ou
annoncent pendant quelques mesures la tristesse si profonde des
Funérailles de la Reine Marie.
Une ouverture à la
française pleine de grandeur ouvre une large perspective au
spectacle. Ce n’est pas le seul hommage à la cour de Louis XIV
car une vaste Chaconne louant les vertus de l’amour termine l’acte
quatre. Les ballets sont gracieux et l’humour du duo des
sirènes est assez coquin, de même que le trio alto,
ténor, basse, des buveurs patriotes. Purcell s’acquitte avec
art de la musique de divertissement qui lui est demandée. Il
la réalise avec brillant et diversité. Deux grands airs
devenus célèbres peuvent être
détachés. L’air du génie du froid avec ses
trémolos et Fairest Isle.
Dès l’ouverture
Christophe Rousset, nous propose une lecture contrastée avec
un orchestre capable d’infimes nuances et de belles couleurs. Sa
direction est marquée par une grande souplesse et une parfaite
élégance. Les Talens Lyriques forment un orchestre
plein de vie. Les trompettes ont l’éclat royal attendu, les
vents, tant les hautbois que les flûtes, apportent une
fraîcheur bucolique et les cordes ont un beau moelleux. Le
continuo est très musical bénéficiant de
l’attention amicale d’Isabelle Saint-Yves à la viole de gambe,
l’élégance de Laura Monica Pustilnik au théorbe
et la souplesse de Stéphane Fuget à l’orgue et au
clavecin. Tous les chanteurs sont agréables, chantant leur
texte de manière facilement compréhensible. Les voix
sont jeunes et bien projetées. Les dames, Céline Scheen
et Judith van Wanroij, dominent par une plus grande aisance vocale et
des timbres très assortis en leur fruité
acidulé. Les hommes obtiennent la palme de la
théâtralité dans leur inénarrable
scène de buveurs déboutonnés. Les spectateurs
conquis par la beauté de cette partition ont fait un triomphe
aux interprètes et ont obtenu en bis la si charmante et
irrésistible Chaconne de l’acte quatre."
- Opéra Magazine - mars 2010 - 23
janvier 2010
"Dans tout « semi opera
» donné en son intégralité, la musique
tient une part secondaire. Et lorsqu'on en donne les seules pages
musicales, deux solutions s'imposent : lier la musique par un
résumé parlé de l'action théâtrale
; ou jouer la seule musique. Christophe Rousset a choisi la
première... Pour Christophe Rousset, même sans mise en
scène (mais avec un narrateur, Olivier Simonnet), King Arthur
est un opéra joué et dansé. Aussi
l'interprète-t-il commme s'il était dans la fosse :
puissante densité sonore pourtant, vingt instmmentistes
seulement pour remplir la vaste Salle Pleyel !, urgente pulsation
dramaturgique, phrasés élancés et, par-dessus
tout, absolue régularité métronomique dans les
danses. Ajoutons-y une beauté sonore de chaque instant et une
grande élégance, y compris dans la scène du
poète ivre.
Le résultat fut
enthousiasmant : le purcellien chevronné qui tient cette plume
n'a jamais entendu King Arthur sonner aussi pleinement.
Décidément, avec ses Talens Lyriques, Christophe
Rousset a façonné un des plus somptueux orchestres
baroques actuellement en exercice. Les huit solistes vocaux (ils
assuraient également les chœurs) se tinrent à cette
altitude. On y distinguera Judith van Wanroij (un «Fairest
Isle» en apesanteur) et Céline Scheen, Magnus Staveland
(un ténor à suivre) et Douglas Williams, puissant et
ironique dans le célèbre air du Génie du
Froid."
- Graz - Remise Mariatrost
- 28, 30 juin 2009 - Das Kleine Konzert - Rheinische
Kantorei - dir. Hermann Max - avec Gerlinde Sämann, soprano,
Veronika Winter, soprano, Maria Jonas, mezzo-soprano
- Strasbourg - PCM Erasme
- 71e Festival de Musique de Strasbourg - 9 juin 2009 -
Barokopera Amsterdam - dir. Frédérique Chauvet -
mise en scène Sybrand van der Werf - décors et
lumières Rob Van Putten - costumes René van der
Leest et Sigrid Van Kleef
- Londres - Barbican
Hall - 6 mai 2009 -
Théâtre des Champs Élysées -
11 mai 2009 - version de concert - Le Concert Spirituel - dir.
Hervé Niquet - avec Susan Gritton (Philidel, Nereid, She),
Deborah York (Cupid, Venus), Anders J. Dahlin, James Gilchrist
(Comus), Andrew Foster-Williams (Grimbald, Genius, Aeolus, Pan,
He)
- Montpellier -
Opéra-Comédie
- 28, 29, 31 mars, 1er avril 2009 - Le Concert Spirituel -
dir. Hervé Niquet - mise en scène Corinne et Gilles
Benizio - avec Chatal Santon-Jeffery, Ana Maria Labin, Mathias
Vidal, Marc Mauillon, Joao Fernandes

"Ce fut le moment le
plus joyeusement déjanté du dernier festival de Radio
France et Montpellier, la mise en scène par les duettistes
Shirley et Dino (à la ville Corinne et Gilles Benizio) du
célèbre King Arthur « semi-opéra » de
Henry Purcell, joyau du patrimoine musical made in UK. Une pyramide
de loufoqueries de pur style baroque/barjot avec ours polaire,
pingouins, père Noël en goguette, skieurs de fond, ratons
laveurs et jeux de mot à faire peur, assaisonne Purcell de
poil à gratter et déclenche l’hilarité. Le chef
d’orchestre Hervé Niquet joue à fond le jeu des
dérapages, se déguise, fait le guignol tout en
respectant, mais oui, une partition magnifique et en emportant ses
musiciens et solistes dans les tempos ad hoc. Une reprise avec la
quasi-totalité des interprètes d’origine, un moment de
détente à savourer en folie et belle, bonne
musique."
- Blois - La Halle aux
Grains - 18 septembre 2008 - Tours - Grand Théâtre - 19
septembre 2008 - Festival de Musiques anciennes de la Ville de
Tours - version de concert - Ensemble Jacques Moderne - dir.
Jacques Suhubiette - avec Isabelle Poulenard, Robert Getchell,
Thomas Bauer, Jean-Claude Saragosse
- Montpellier - Opéra
Comédie - 15, 17 juillet 2008 - Festival de
Radio-France et Montpellier - Le Concert Spirituel - Choeur du
Concert Spirituel - dir. Hervé Niquet - mise en
scène Corinne et Gilles Benizio, dits Shirley et Dino -
costumes Catherine Rigault - lumières Jacques Rouveyrollis
- avec Chantal Santon-Jeffery (soprano), Ana Maria Labin
(soprano), Mélodie Ruvio (mezzo-soprano), Mathias Vidal
(haute-contre), Marc Mauillon (ténor), João
Fernandes (basse)

"L’intrusion dans le monde
policé de l’opéra des fantaisistes Corinne et Gille
Denizio, alias Shirley et Dino, grands champions de grimaces poids
lourds, pouvait faire craindre le pire. Il eut lieu mais en sens
inverse dans un immense éclat de rire qui éclaboussa de
bout en bout la musique de Purcell et les spectateurs de
l’Opéra Comédie. Lesquels, hilares,
réservèrent une ovation debout aux interprètes
et à leurs drôles de mentors.
Ce King Arthur/Roi Arthur, il
est vrai, est un bien étrange monarque ! Figure centrale d’une
pièce de théâtre aux rebondissements
épiques d’un certain John Dryden, contemporain, il y a trois
siècles de Henry Purcell qui lui broda une suite de
commentaires musicaux pour orchestre solistes et chœurs. Au total
moins de deux heures de musique pour habiller cinq heures d’actions
tragi comiques de ce qu’on appelait alors des semi-opéras.
Dès lors si on peut de nos jours l’entendre en concert ou en
disque – Hervé Niquet l’enregistra en 2004 chez Glossa -, il
est quasi impossible d’en voir les effets scéniques.
L’impossible n’étant pas du goût de Niquet, chef
d’orchestre du Concert Spirituel, ensemble labellisé baroque
en résidence à l’Opéra de Montpellier, il fit
appel au couple le plus déjanté du music hall pour
lequel l’impossible est une denrée carrément inconnue.
Le résultat, moyennant quelques coupures et un agencement
inédit des péripéties médiévales
du héros, se déroule en 1h45 de délire à
cheval sur les Monty Python et Helzapoppin.
Une pyramide de loufoqueries -
On pourrait en faire un inventaire à la Prévert, avec
un ours polaire, deux pingouins, un cerf qui brame, un père
Noël en goguette, des skieurs de fond sur une banquise, des
bergers hippies sur une plage, un barbecue royal, des croisés
qui s’entrecroisent, un roi de cœur, deux reines d’Ecosse ou de
pique, l’auberge du cheval blanc, un aspirateur ronfleur, des
étoiles filantes, et, en lieu et place de raton laveur, des
jeux de mots à faire peur… Gille/Dino qui intervient entre
chaque tableau en use et en abuse pour ne pas « se faire appeler
Arthur » (sic), il interrompt, régente, nettoie,
philosophe façon café du commerce… Au sommet de sa
pyramide de loufoqueries, le chef d’orchestre en personne devenu
aussi branque que guignol, qui se déguise à la vitesse
du son, du kilt à la culotte de cuir tyrolienne, qui danse et
pousse la chansonnette – « On a l’béguin pour
Célestin » -. L’irrésistible métamorphose
d’Hervé Niquet en histrion de Caf’Conc’ vaut à elle
seule le déplacement.
Un jeu délicieusement
dégingandé - Et la musique dans tu ce charivari ? Ma
foi, elle ne s’en tire pas mal du tout malgré quelques
cafouillis de démarrage parmi les instrumentistes et les
choristes. Bien sûr, ni les uns ni les autres n’ont l’habitude
de ce type de traitement mais prouvent en fin de compte que pour eux
non plus l’impossible n’est pas musique et que même une soit
disant panne d’électricité ne les empêche pas de
continuer à jouer - juste - dans le noir… Les voix sont
solides, Joao Fernandes, jeune basse portugaise né au
Zaïre s’est déjà frotté à ce type de
répertoire sous la direction de spécialistes comme
René Jacobs, Christophe Rousset ou William et confirme ses
dons, graves qui plongent et projection claire, et, en roitelet de
foire, il y ajoute un jeu délicieusement
dégingandé. Les sopranos (dessus), Mélodie
Ruvio, Chantal Santon-Jeffery et l’exquise Ana Maria Labin rivalisent
autant de vocalises que de jeux de séduction à
rebrousse poils. La palme des comiques musicaux et
théâtraux revenant au couple de moinillons Marc Mauillon
et Mathias Vidal, respectivement baryton et haute contre
magnifiquement en voix, et, dans leurs intermèdes
dansés, absolument foutraques et totalement
désopilants.
De là à conclure
que l’avenir de l’opéra se limitera à sa
dérision, serait pousser trop loin le bouchon de la farce.
Mais devant tant de bonne humeur, tant de trouvailles se
succédant au rythme d’un tir de mitraillette, impossible de
bouder son plaisir."
- Les Échos - 17 juillet 2008 -
Baroque loufoque
"Célèbre pour
son air chanté par le Génie du Froid, au
troisième acte, « King Arthur », d'Henry Purcell
n'est pas, au sens strict, un opéra, plutôt une musique
d'accompagnement pour un texte dramatique (très long) de John
Dryden, l'un des multiples épisodes de la légende
arthurienne dans lequel le roi breton et très chrétien,
chef des chevaliers de la Table ronde, s'oppose à Oswald,
saxon et païen, et conquiert le coeur de la belle Emmeline.
Partition magnifique, trop courte hélas, digne de celui que
l'on surnommait l'« Orpheus Britannicus ». Hervé
Niquet, fondateur et chef du Concert Spirituel, n'a jamais
caché son affection pour cet ouvrage insolite, tout en
reconnaissant qu'il serait impossible, aujourd'hui, de le monter sous
sa forme originelle.
Alors, tant pis pour
l'intrigue, dont il ne garde pas grand-chose - de toute façon,
on n'y comprend goutte et tout le monde s'en moque. S'il a
demandé à Corinne et Gilles Benizio de régler la
mise en scène du spectacle, ce n'est pas par hasard :
dès la fondation de leur compagnie Achille Tonic, ils ont
conquis un public qui s'est accru grâce à la
télévision et à leur duo hilarant, Shirley et
Dino. Fidèles à la tradition du music-hall, ils ont le
goût du travail bien fait, le sens du rythme, de l'imagination
(leurs décors sont l'occasion de jolies images)... et le
triomphe modeste. Sans doute les spectateurs venaient davantage pour
eux que pour Purcell. Mais, s'ils donnent l'impression de tirer
à la ligne dans le dernier acte - un banquet qui
s'éternise -, ils ont réussi auparavant à faire
s'esclaffer l'auditoire, un rire bon enfant, sans vulgarité,
qui tient parfois de la blague de potache mais qui dilate la rate
sans arrière-pensée. Le tableau du Froid, avec son
réfrigérateur dont sortent pingouins, ours... et
infirmières, est à se tordre, comme le sont les deux
moines déjantés (Mathias Vidal et Marc Mauillon) sortis
des Branquignols.
Les autres chanteurs (Chantal
Santon-Jeffery, Ana Maria Labin, Mélodie Ruvio, Joao
Fernandes) sont à l'unisson, mais pour la plupart, leur accent
anglais est plus proche de celui de Maurice Chevalier ou de Mireille
Mathieu que d'Oxford. Au pupitre, Niquet s'en donne à coeur
joie, menant ses troupes avec dynamisme. Mieux, il joue les meneurs
de revue, sollicitant la salle qui ne demande que ça, chantant
(plutôt bien) un extrait de l'« L'Auberge du Cheval blanc
», et donnant la réplique à Dino qui fait un
numéro désopilant de régisseur. Ce n'est
pourtant pas « Arthur, fox à poil dur » qu'on entend
ici, c'est bien Purcell, ses couleurs, son invention
perpétuelle, son génie. Une question reste
posée, angoissante, taraudante, à laquelle seul
l'intéressé peut apporter une réponse : que
porte Niquet sous son kilt au premier acte ?"
- Res
Musica - 15 juillet 2008 - Un peu trop de gags
"On l’attendait avec
hâte cette première mise en scène de Shirley et
Dino, au point que même le 13h de France2 et le « 6
Minutes » de M6 en ont parlé. Une production
d’opéra citée au JT, ça doit bien arriver une
fois par an – non, deux fois, l’autre étant l’esclandre annuel
de notre Roberto national. Corinne et Gilles Bénizio abordent
l’opéra en parfaits candides. Mais King Arthur est-il un
opéra ? Pas vraiment, partition composite, simple musique de
scène – de 90 minutes - d’une pièce de
théâtre aujourd’hui oubliée – d’une durée
de cinq heures -, ce sont divers morceaux musicaux mis à la
suite les uns des autres sans grand rapport une fois le texte de John
Dryden supprimé. Il a fallu donc homogénéiser
tout ça, créer un fil conducteur, remodeler le
synopsis. En vrais gens de théâtre, la réussite
du couple Bénizio est totale. Venus du monde du cabaret
grâce auquel ils se sont faits connaître, King Arthur
devient une sorte de revue en cinq tableaux, entrecoupés
d’intermèdes comiques ou on voit Gilles Bénizio en
machiniste interpeller les musiciens, haranguer le public et surtout
faire divers numéros avec la complicité plus qu’active
d’Hervé Niquet, qui dévoile au public un talent
insoupçonné de chansonnier.
Certaines idées sont
franchement hilarantes. Bien sur les Monthy Python sont
appelés à la rescousse, comment faire autrement que de
parodier l’histoire du Roi Arthur sans penser à Sacré
Graal ? L’emblème royal, une grenouille griffue (à
moins que ce ne soit un ours ?) accroupie tenant un sabre et un
sceptre, donne le ton. L’« acte du froid » - avec son
célèbre air – voit Arthur frigorifié, pris en
charge par deux infirmières sorties d’un
réfrigérateur, tandis que deux pingouins, un ours
polaire et deux skieurs nordiques (Corinne et Gilles Bénizio
bien sûr) parcourent la scène. Que les sorcières
zozotent et que le chœur lors du festin final se fasse la bouche
pleine entre dans la logique du spectacle. Mais…
Mais Purcell, en bon musicien
de son époque, avait prévu divers numéros
instrumentaux qui à l’origine correspondaient à des
ballets. Point de danseurs ici, mais était-ce utile de faire
parler, crier ou hurler les acteurs à ces moments ? La
Chaconne finale méritait-elle d’être traitée en
générique de fin, couverte par les applaudissements du
public ? Certes, Purcell n’en sort pas défiguré, mais
dans le genre lyrique la musique ne peut en aucun cas être un
simple support. Après, Corinne et Gilles Bénizio ont
fait du Shirley et Dino, on ne saurait le leur reprocher, si ce n’est
que certains gags étaient trop prévisibles, surtout
l’évocation constante de René Koering, patron des
lieux.
Point de vue musical, le
spectateur a été servi. La distribution est
homogène et se déplace sur scène avec aisance.
Mention spéciale pour João Fernandez, devenu le
rôle principal de ce King Arthur revisité. Hervé
Niquet reste toujours un fin coloriste, même si sa battue est
parfois un peu raide – on aurait aimé une Passacaille à
l’acte IV un peu plus souple et un peu plus dansante. Les
instrumentistes du Concert Spirituel se plient volontiers aux
fantaisies de metteurs en scène, devenant ainsi de
véritables acteurs d’un spectacle presque total. Quelques
ajustements nécessaires, une meilleure coordination
scène-fosse et surtout un peu de sobriété seront
les bienvenus pour cette production, reprise dans la saison 2008/09
de l’Opéra National de Montpellier. "
"On s'est dit : "Shirley et
Dino metteurs en scène du King Arthur de Purcell, ça
passe ou ça casse." Eh bien ça passe. Parce que la
présence de Dino en Gilbert, le régisseur de
scène, ne fait pas un spectacle à la "Shirley et Dino"
mais un mélange de citations et références
édulcorées et abâtardies qui vont des Monty
Python de Sacré Graal ! aux Contes de Canterbury, de Chaucer,
en passant par le théâtre élisabéthain, le
music-hall et "Kaamelott", la série
télévisée à succès diffusée
sur M6. Le chef d'orchestre baroque, Hervé Niquet, est fan
depuis des années des deux comiques. Il a proposé King
Arthur à Dino à l'issue de leur spectacle, Les
Caméléons d'Achille, en 2007, arguant du fait qu'il ne
s'agit pas d'un opéra mais d'un "spectacle de divertissement,
ce mélange de comédie, de danse, de chant, tout plein
de paillettes et de surprises pour le plus grand plaisir du
public".
King Arthur, issu des
divertissements scéniques et musicaux dans la tradition des
masques anglais mêlant texte et musique, fait partie de ce
qu'on a appelé un semi-opéra. La partie musicale de
Purcell (1659-1695) ne couvre qu'un tiers des cinq heures de la
pièce créée au Dorset Garden Theater de Londres
en 1691 par le poète et dramaturge John Dryden (1631-1700).
Remonter Le Roi Arthur, de Purcell (de Guérande, comme
stipulé sur le programme du Festival de Radio France et
Montpellier) en version scénique exige donc d'inventer un
synopsis qui recolle les fragments musicaux disparates, liens entre
les scènes relatant la rivalité du roi chrétien,
Arthur le Breton, et d'Oswald le païen, roi des Saxons, pour la
main de la belle Emmeline, fille du duc de Cornouailles. En bref,
assembler le monde des dieux celtes, celui de la mythologie grecque,
les guerres et l'amour, elfes et nymphes, pastorales et scènes
fantastiques comme celle du froid, choeurs à boire et
chaconnes mélancoliques, dans le plus strict esprit
baroque.
Alors oui, on s'amuse. Des
moines virevoltant, de la soldatesque chorale s'enfonçant un
seau sur la tête pour entonner un écho, du Roi Arthur
aux allures de Rocky Horror Picture Show (clone du comédien
Alexandre Astier dans Kaamelott), du couple de skieurs suédois
qui passe à l'Acte du froid (seule apparition de Shirley dans
un sabir de bande-son à la Bergman). Mais on grimace aussi. De
ce raté qu'est la fameuse Cold Song du Génie de
l'hiver, dont le chanteur allemand à la voix de haute-contre,
Klaus Nomi, fit un tube au début des années 1980. Comme
si un drôle de froid justement pénétrait la
scène, rompant avec la trépidation des gags et les
numéros de music hall entre les levers de rideaux - On a
l'béguin pour Célestin, de Robert Allard, chanté
par un Niquet chansonnier, Mexico muet mimé par un Dino en
costume et sombrero à la Luis Mariano. Les deux derniers actes
sembleront un rien fastidieux, qui voient la glorification de
l'Amour, puis celle de la Grande-Bretagne.
Et la musique ? Niquet, qui a
gravé en 2004 avec son ensemble baroque, Le Concert spirituel,
une version de référence du chef-d'oeuvre purcellien
chez Glossa, n'a rien perdu de sa vigueur de coloriste. Son plateau
lyrique composé d'interprètes aussi bons chanteurs
qu'acteurs est de belle facture. Qu'est-ce qui fait alors qu'on a en
sortant, avec le sourire, comme une peine au coeur ?"
- Opéra Magazine - 15 juillet 2008
"Sous le prétexte, pas
tout à fait faux, qu’il y a dans Le Rai Arthur beaucoup de
texte et peu de musique, Hervé Niquet et ses deux complices,
Corinne et Cilles Benizio (alias Shirley & Dino), chamboulent
allégrement l’intrigue de ce vénérable
«opéra», créé en 1691 au Dorset Garden
de Londres. Les défenseurs sourcilleux de Purcell (qu’un
livret irrévérencieux surnomme « de
Guérande !» !) ont quelque peine à retrouver leurs
repères dans ce spectacle loufoque, mais le public rit de bon
coeur aux facéties du chef d’orchestre et de ses
interprètes.
Dans un impayable
numéro de Fregoli, qui le fait apparaître en kilt, en
pantalon écossais ou en culotte de cuir, l’animateur du
Concert Spirituel n’hésite pas à payer de sa personne,
allant même jusqu’à chanter —pas si mal que ça
d’ailleurs —, pendant un changement de décor, un air de
L’Auberge du Cheval-Blanc, « On a l’beguin pour Célestin
». Impayable ! Les esprits grincheux n’ont plus alors
qu’à ronger leur frein. Remarquons tout de même,
à côté de ces pitreries, la qualité de
l’orchestre, avec ses sonorités volontairement âpres qui
donnent à la geste du roi Arthur un beau mélange de
rudesse primitive et de lyrisme troubadour. Nervosité des
cordes, étrangeté des harmonies ce n’est pas un Purcell
en habits de cour qui nous est ici proposé. Shirley &
Dino, pour leurs débuts dans la mise en scène lyrique,
restent fidèles à ce qui a fait leur succès
médiatique. A condition de ne rien en attendre de
sérieux, leur spectacle ne manque pas de charme. Au
deuxième ou au troisième degré, on
s’intéresse à ce chapelet bien peu orthodoxe de gags,
qui nous renvoient aux Branquiguols ou aux Monty Python. Dino passe
l’aspirateur sur scène afin de réparer les
dégâts occasionnés par les choristes ou vient
chanter devant le rideau, sans qu’on entende le moindre son, une
rengaine de Francis Lopez, « Mexico ».Iil n’en faut pas
plus pour que les spectateurs se tordent de rire ! À
côté de cela, il y a de fort belles images, en
particulier lors de la « scène du froid » qui,
à tous égards (pertinence des gags visuels,
création d’une ambiance forte à partir
d’éléments savamment dosés), constitue le sommet
d’une production qui, par la suite, a un peu trop tendance à
tourner en rond.
Il faut dire que la
distribution est loin d’égaler celle réunie par
Hervé Niquet, il y a quatre ans, pour son enregistrement chez
Glossa. Habiles comédiens, les solistes se plient, de bon
coeur semble-t-il, aux délires de Shirley & Dino. Mais,
sur un plan strictement vocal, ils ne dépassent pas une
honorable moyenne, a l’exception de Joào Fernandes. Les
choeurs du Concert Spirituel, de leur côté, se sortent
sans trop d’égratignures et même avec un certain panache
de cette épopée historien-burlesque."
- New York City Opera
- 5, 7, 8, 9, 12, 13, 15, 15 mars 2008 - dir. Jane
Glover - mise en scène, chorégraphie Mark Morris -
décors Adrianne Lobel - costumes Isaac Mizrahi -
lumières James F. Ingalls - avec Mhairí Lawson,
Sarah Jane McMahon, Heidi Stober (sopranos), Iestyn Davies
(contre-ténor), Steven Sanders (ténor), Daniel
Mobbs, Alexander Tall (barytons) - coproduction avec ENO/Mark
Morris Dance Group

- Buxton Festival
Opera - 9, 17 juillet 2007 - Armonico Touring Opera -
dir. Christopher Monks - mise en scène Thomas Guthrie -
décors, costumes Roger Butlin - lumières Simon Opie
- avec Susan Gilmour-Bailey, Lorna James, Timothy Travers-Brown,
Mark Wilde, Thomas Guthrie
- Halle - Goethe-Theater Bad
Lauchstädt - 2, 3 juin 2007 - Hanovre - Herrenhausen - 6, 7 juillet
2007 - Potsdam - Schlosstheater
- 9, 10, 11 juin 2007 -
Bayreuth - Opéra des
Margraves - 14, 15 septembre 2007 - Bury St Edmunds - Theatre Royal - 5, 6,
7 octobre 2007 - Bad Kissingen
- 26 décembre 2007 - Lautten Compagney Berlin -
Vokalsolisten der Capella Angelica - dir. Wolfgang Katschner -
mise en scène Colin Blumenau - décors, costumes Kit
Surrey - avec Niccki Kennenddy (Philidel, Cupid), Stéphanie
Wuest (Venus, She), Constanze Backes, Alexandra Lachmann,
Alexander Schneider, Andreas Taubert, Sean Clayton (Aurelius,
Comus), Matthias Wieweg (Cold Genius), Thomas Mullet Kopp (He),
Tye Maurci Thomas (Oswald), , co-production Händel-Festspiele
Halle, Goethe -Theaters Bad Lauchstädt, Festwochen
Herrenhausen, Festivals Bayreuther Barock, Festivals Kissinger
Winterzauber, Musikfestspiele Potsdam Sanssouci, Theatre Royal
Bury St. Edmunds


- Brighton Festival
- 18, 19 mai 2007 - Bath
Festival - 31 mai 2007 - Armonico Consort - dir.
Christopher Monks
- Amsterdam - Zomeropera
Alden Biesen - 25 février 2007 - dir.
Frédérique Chauvet - mise en scène David
Prins
- Londres - London
Coliseum - 26, 27, 28, 30 juin, 1er, 3, 4,
5, 7, 8 juillet 2006 - dir. Jane Glover - mise en scène et
chorégraphie Mark Morris - avec Rosemary Joshua, Andrew
Foster-Williams, Elizabeth Watts - nouvelle production de Mark
Morris Dance Group

- Coblence - Theater
der Stadt - 10, 22 septembre, 2, 3, 12, 14, 19, 20
octobre, 1er, 13, 19, 20, 26 novembre, 8, 26
décembre 2005, 27 janvier 2006 - Cappella Confluentes -
dir. Jörn Hinnerk Andresen - mise en scène Annegret
Ritzel - décors Siegfried E. Mayer - costumes Gera Graf
- Zwolle - Stadsgehoorzaal
- 15, 16 avril 2005 - Barokopera Amsterdam - dir.
Frédérique Chauvet - mise en scène David
Prins - décors Rob van Putten - avec Johan Ooms, Penni
Clarke, Dorian Astor, Mattijs Hoogendijk, Pieter Hendriks
- Festival de
Salzbourg - Felsenreitschule - 24, 26, 28
juillet, 1er, 3, 5, 7, 22, 23, 25 août 2004 -
Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor, Concentus Musicus Wien
- dir. Nikolaus Harnoncourt - mise en scène Jürgen
Flimm - décors Klaus Kretschme - costumes Birgit Hutter -
chorégraphie Catharina Lühr - chef de choeur Rupert
Huber - dramaturgie Susanne Stähr - avec Barbara Bonney et
Isabel Rey (sopranos), Birgit Remmert (alto), Michael Schade
(ténor), Oliver Widmer (basse), et (comédiens)
Michael Maertens (King Arthur), Dietmar König, Peter
Maertens, Christoph Bantzer, Roland Renner (Osmond), Sylvie Rohrer
(Emmeline), Alexandra Henkel, Werner Wölbern - nouvelle
production


- Altamusica - 25 août 2004
"Premier opéra de
Purcell à entrer au répertoire du festival de
Salzbourg, King Arthur est annoncé comme un spectacle haut en
couleurs. De ce côté-là, on est servi, même
s’il semble y avoir eu erreur sur l’ennemi : point de Saxons contre
les Bretons, mais les Germains d’acteurs contre les Britons de
chanteurs. La pièce de Dryden donnée en allemand – avec
de fugaces sous-titres didactiques – à l’exception des parties
chantées, débute sur un générique
à l’américaine et l’ouverture en ré mineur.
Oswald et Arthur y sont en très bons termes, car Jürgen
Flimm a découvert qu’il y avait de l’ironie dans
l’opéra, et les deux tribus ne semblent divisées que
pour les besoins du spectacle. Du coup, on se perd, car tous les
enjeux de l’œuvre deviennent prétexte à des sketches
plus ou moins heureux. Les comédiens sont formidables, le
rythme soutenu, la musique bien jouée ; la conception
d’ensemble, façon comédie musicale, pourrait même
passer. Seulement voilà, il manque un élément de
poids : le merveilleux. Qu’il y ait de l’ironie dans le livret, dans
la musique, soit, mais King Arthur fait aussi appel au rêve.
Que le spectateur ressorte en ayant seulement ri, et la partie est
perdue. C’est à notre sens ce qui arrive avec cette
production, qui pas une seconde ne dépasse un humour certes
efficace mais prosaïque en diable, ou une émotion au
deuxième degré.
La mise en scène se
moque du livret, et désamorce tous les beaux moments – et ils
sont nombreux – de la partition. Seul le personnage de Philidel
apporte un peu de magie baroque, et même des passages aussi
sublimes que Fairest Isle ou How blest are shepherds sont
tournés en dérision, sinon avec trivialité. S’y
ajoute une scénographie inégale, de toute laideur au
deuxième acte, avec les costumes minables du chœur où
kilts en mohair flirtent avec culottes de peau et autres T-shirts
Bambi.
Le chœur, par ailleurs
très efficace musicalement et scéniquement, danse
autant que les danseurs, sur une chorégraphie inexistante qui
n’a retenu de la Belle danse que le bal folk, et a oublié
d’écouter la musique – rappellera-t-on assez ce rapport
fondamental, et dont Harnoncourt devrait se réclamer, de la
musique baroque et de la danse ? Du reste, les deux seuls vrais
passages dansés par le ballet sont asynchrones et de peu
d’intérêt ; voilà au moins un art qui ne sert pas
la Gesamtkunstwerk que Flimm nous sert dans le programme. La Chaconne
– trop lente, indansable – termine la première partie sans
grand brio et d’une manière assez brouillonne sur le
plateau.
La deuxième partie est
plus réussie. L’Air du froid, assez bien vu avec ses
pingouins, est un massacre en ce qui concerne le chant, comme chaque
fois qu’Oliver Widmer ouvre la bouche ; Barbara Bonney n’est que
l’ombre d’elle-même, avec quelques beaux restes dans Fairest
Isle – mais que d’attaques par en dessous et d’aigus avalés –
; Isabel Rey chante joliment quand elle ne pousse pas, Birgit Remmert
est exsangue, et seul Michael Schade s’en tire avec
élégance et panache. Harnoncourt est toujours
passionnant et imaginatif, mais parfois trop raide, parfois trop mou
à la tête d’un Concentus de belle tenue. Le tout se
termine, après un long monologue de Merlin à la Frosch,
un combat de boxe entre les rois et un mariage glamour, sur la
Passacaille valsée autour de l’orchestre, sans grand
intérêt, affublée d’inégalités plus
viennoises que grand siècle, et d’un atroce ralenti final
teutonique.
Reste que le spectacle
fonctionne, c’est parfois drôle, enlevé, et l’on passe
un bon moment. Il y a beaucoup à voir sur scène, et
certains gags valent le coup d’œil – Schade en crooner, Arthur
embrassant à pleine bouche Grimbald déguisé en
Emmeline. On regrettera simplement que le côté gala
viennois relègue Purcell et l’esprit baroque derrière
les arcades du Manège des Rochers."
- Opéra International - septembre
2004
"KingArthur n'est pas un
ouvrage de réalisation facile, puisque la
représentation de la partie musicale de ce "semi-opéra"
requiert le respect d'une pièce parlée de valeur
inégale, aux dialogues vite envahissants. Avec son importante
activité théâtrale, quasiment aussi
conséquente que sa programmation lyrique, le Festival de
Salzbourg pouvait évidemment constituer un lieu
privilégié pour cet ouvrage hybride... Idée
respectable mais qui a débouché sur un spectacle trop
long et qui n'a satisfait personne (quatre-vingt-dix minutes de
dialogues en allemand entrelardées de quatre-vingt-dix minutes
de musique en anglais). Le texte de John Dryden, fidèlement
traduit et pas trop coupé, se réduit à une
succession de scènes d'affrontement entre magiciens d'un
niveau assez puéril, à moins qu'il ne
s'agisse-là d'un défaut souligné par la mise en
scène de Jürgen Flimm, dont les ficelles comiques
paraîtraient grosses même dans un théâtre
d'opérette. De surcroît, l'acoustique de la salle de la
Felsenreitschule oblige la plupart des acteurs à forcer,
jusqu'à émettre des sons pénibles et pas
forcément plus compréhensibles pour autant. Un
surtitrage permanent aurait été appréciable
pendant ces longues scènes, défendues par une troupe de
comédiens pourtant chevronnée, parmi lesquels le King
Arthur distingué, très british, de Michael Maertens,
l'attachante et sensible Emmeline de Sylvie Rohrer, et
l'impressionnant Osmond de Roland Renner, semblant
échappé du Seigneur des anneaux.
Techniquement, ce spectacle
très perfectionné ne peut pourtant que fasciner et met
bien en valeur le Manège des rochers de Salzbourg, grâce
à l'occupation simultanée de toutes les loges du mur de
scène par des projections vidéo. A mesure que la
musique de Purcell conquiert davantage d'espace, l'oeil se trouve lui
aussi de plus en plus sollicité par une débauche de
couleurs et d'effets, dont certains très réussis,
Imagerie décalée des scènes de bataille,
réjouissante scène du Froid, où toute la largeur
de la scène se peuple de pingouins grelottants, puis superbe
changement à vue tropical (tenues de bain et colliers de
fleurs)... Tout un travail décoratif d'une inventivité
débridée de Klaus Kretschme et Birgit Hutter, à
la fois spectaculaire et non-conformiste - et qui tente de justifier
le prix élevé des billets d'entrée
!
Logé dans un grand trou
au milieu du plateau, le Concentus Musicus reste envers et contre
tout l'une des meilleures formations baroques du monde, avec
néanmoins des bois qui restent curieusement verts, comme s'il
s'agissait de préserver une vieille marque de fabrique.
Nikolaus Harnoncourt se laisse gentiment associer aux petits
délires de la mise en scène (on lui enfonce même
un bonnet sur le crâne pendant la scène du Froid !),
quitte à en rajouter dans la brutalité des effets
musicaux. Et les cinq chanteurs (Isabel Rey, Barbara Bonney, Birgit
Remmert, Michael Schade et Oliver Widmer), affublés de looks
parfois peu ordinaires, payent de leur personne jusqu'à en
oublier de soigner leur émission vocale. Riche soirée,
qui ne laisse cependant pas grand souvenir, mis à part
quelques éblouissements trop passagers."
- Le Monde - 4 août 2004 - "Purcell
et son "King Arthur" tiennent cour à Salzbourg - Le
compositeur anglais fait enfin son entrée dans le fief
mozartien, desservi par une mise en scène
outrée.
Voilà que le King
Arthur de Purcell fait enfin son entrée au Festival de
Salzbourg, 313 ans après sa création londonienne au
théâtre de Dorset Garden en 1691, rachetant à la
fois une injustice et une absence inexplicables, celle du compositeur
anglais dans le panthéon du Festspielhaus aux
côtés de Monteverdi et de Haendel. Inexplicable d'autant
qu'à Salzbourg on aime le théâtre aussi bien que
la musique, et que ce "dramatick opera" écrit à la
gloire de Charles II par le poète librettiste, John Dryden,
est en fait une pièce de théâtre
mêlée de chants, avec divertissements musicaux, danses
et machineries, un peu à la manière des futurs
singspiels allemands et de l'opéra-comique français.
King Arthur procède cependant d'un genre typiquement anglais,
celui du "masque", ce divertissement aristocratique
thuriféraire du pouvoir, au confluent de la scène et de
la fosse, qui s'apparente au ballet de cour français sous
Louis XIII et pratique un mélange des genres cher à
Purcell : "Comme la poésie est l'harmonie des mots, la musique
est celle des notes. Toutes deux excellent en leurs domaines, mais
elles n'approchent jamais davantage la perfection que lorsqu'elles
sont unies."
Point ne faudra chercher dans
King Arthur les romans populaires et autres légendes de
Camelot, pas plus que de reine Guenièvre, Lancelot du Lac, de
Saint-Graal ou Chevaliers de la Table ronde. Seul rescapé de
la geste arthurienne, Merlin l'Enchanteur devenu magicien pour la
cause du roi et des forces du Bien. Occupé à chanter
les mérites d'un monde en voie de disparition (l'âge
d'or de l'Angleterre élisabéthaine) aussi bien que la
reconstruction d'une identité nationale, King Arthur ou The
British Worthy de Dryden narre l'histoire d'Arthur le preux à
la conquête d'une Bretagne unifiée, ennemi d'Oswald le
Saxon païen, roi du Kent. Le duel s'organise autour du pouvoir
mais aussi de la belle Emmeline, "aveugle comme l'Amour". De part et
d'autre, magiciens et esprits vont s'affronter, Merlin contre Osmond,
Philidel contre Grimbald, Amour contre Génie du froid,
breuvage magique contre forêt enchantée. Las, ceux qui
ont droit à l'action n'ont pas droit à la musique, fors
les elfes qui peuvent naturellement articuler la langue
"surnaturelle" de la musique. Chantent donc les guerriers et les
prêtres, les bergers et les dieux, nymphes, sirènes et
allégories.
Arguant du fait qu'on ne
connaît aucune version originale de l'œuvre, une soixantaine de
documents incomplets et parfois contradictoires ayant servi à
constituer une partition mère, le metteur en scène
Jürgen Flimm et le chef d'orchestre Nikolaus Harnoncourt ont
patouillé leur propre Roi Arthur pour en faire, selon leurs
propres termes, une "comédie musicale". D'où cet aspect
théâtre de foire, des scènes parlées en
allemand, gags et gaudrioles, quand les parties chantées le
sont en anglais. Foisonnant, débridé, résolument
théâtral, le spectacle relègue donc la musique au
second plan, ou plutôt au fond du trou central où l'on a
placé l'orchestre comme dans l'œil d'un cyclone.
Passé le
décryptage des personnages (Merlin le prestidigitateur ringard
; Arthur, militaire anglais de la seconde guerre mondiale ; Grimbald
le méchant de contes de fées ; Oswald le Saxon
primitif, etc.), on passe le temps à compter les points d'un
œcuménisme esthétique généralisé.
Chorégraphique - du folklore à la danse de salon, en
passant par la comédie musicale et la valse viennoise -, mais
aussi vestimentaire (variations saxonnes sur culottes de peau et
dirndl britanniques sur fond d'écossais, costumes marins et
imprimés liberty) et scénographique (vidéos et
envolées baroques dans les airs, plages hawaïennes et
calotte glaciaire arctique).
De la musique sublime de
Purcell, qui mêle finement styles français, italien et
chanson anglaise, de la harangue merveilleuse de Dryden qui
procède par tableaux allégoriques, ne reste qu'une
succession de numéros plus ou moins comiques. Le plateau vocal
est cependant de toute beauté, les chœurs et l'orchestre
somptueux, mais la direction d'Harnoncourt pousse le raffinement
jusqu'au maniérisme (notamment les tempos) renforçant
un sentiment de déperdition et de morcellement qui consomme le
divorce du théâtre et de la musique. Le second
degré, lui, descend parfois en dessous de zéro, comme
dans le fameux Masque du froid ("The Frost Scene") de l'acte III,
avec la célébrissime "Cold Song". Passe que le
Génie du froid inopinément réveillé par
l'Amour jaillisse de la banquise en pingouin, que tout le monde
revête bonnets, gants et écharpes, passe que la musique
se glace, au point de n'être plus qu'un frisson qui grelotte de
la glotte et de l'archet, mais pas au point de dérober les si
belles et douloureuses harmonies du " What power art thou", que Klaus
Nomi, au début des années 1980, avait popularisé
via le film de Maurice Pialat, "A nos amours", en 1983.
Clown gothique en noir et
blanc, il avait bouleversé le monde entier avec cette voix de
falsettiste qui semblait flirter avec la mort. En quelques minutes
d'éternité, l'icône allemande a plus fait pour
Purcell que ne le feront jamais les trois heures d'ores et
déjà datées du spectacle de Jürgen Flimm et
Nikolaus Harnoncourt."
- Nuremberg -
Markgrafentheater Erlangen - 18, 19 février 2004
- dir. d'orchestre Philipp Pointner - mise en scène Andrea
Raabe - décors Tobias Dinslage - costumes Susanne
Hubrich
- Metz -
Arsenal - 22 octobre 2003
- Rouen
- Théâtre des Arts
- 8, 9 novembre 2003 - Concert Spirituel - dir. Hervé
Niquet - avec Véronique Gens, Hanna Bayodi (sopranos),
Cyril Auvity (haute-contre), Joseph Cornwell (ténor), Peter
Harvey (baryton)
"Hervé Niquet offre
aujourd’hui une nouvelle version du King Arthur. Nouvelle en partie
car il a essayé d’inventer une histoire qui raconterait les
aventures du Roi à la recherche de l’Amour, tout en conservant
l’ordre et le sens de la musique du compositeur. Pour tenter de
rendre la version concertante moins “austère”, les chanteurs
et instrumentistes truffent le concert de quelques gags, simples mais
efficaces. Pendant l’air du froid, deux musiciens s’entourent de gros
manteaux, chapeaux et frissonnent. Le choeur est également
très actif en chantant n’importe comment et en
démarrant en décalage mais tout est fait avec
goût et une complicité évidente s’établit
entre les différents exécutants. Le plateau vocal est
de grand luxe et d’anciens spécialistes du baroque sont
rejoints par une nouvelle génération plus que
prometteuse. Véronique Gens retrouve, avec grand bonheur, son
répertoire de prédilection et Purcell chez qui elle
avait déjà trouvé un magnifique rôle en
Didon. Après avoir chanté Vénus au
Châtelet dans les années 90 sous la direction de William
Christie, elle aborde cette fois la partie de soprano plus grave et
se sert de son medium nourri et puissant pour soutenir l’ensemble des
solistes et lui permettre ainsi d’atteindre un autre niveau et une
musicalité qui sans être absente, n’est pas
forcément présente à chaque instant. Ses
interventions, confirmées par un art consommé,
illuminent et dynamisent quelque peu le concert. La jeune soprano
Hanna Bayodi, découverte dans Ester de Ligarti la semaine
précédente, remplace Jaël Azzaretti. La voix est
encore mince et assez peu puissante mais la chanteuse a surtout
travaillé le legato qui est très beau et encourageant
pour l’avenir. En revanche son instrument manque quelque peu de
rondeur et cela se ressent surtout dans les vocalises. Le fameux
“Fairest Isle” est assez bien mené mais quelques
difficultés sont occultées, difficultés dues
à une diction parfois approximative sur les notes
élevées sur “all Isles” Le timbre de sa voix, et
l’agilité qui la caractérise, destine sans aucun doute
cette jeune artiste au répertoire baroque. Les voix des deux
sopranos se mêlent admirablement dans le duo des deux
sirènes de l’acte IV, chacune complétant l’autre.
Après un début
assez incertain, Cyril Auvity se reprend et confirme les espoirs
placés en sa jeune carrière. Ce haute-contre
possède un timbre bien particulier et qui commence à
être reconnaissable dans la mesure où il arrive
maintenant à se dégager de ses illustres
modèles. Ses interventions ne manquent pas
d’élégance et ses vocalises sont menées avec
grande netteté notamment dans le passage “I call you all” de
l’acte I. Il se montre drôle lorsque, pour un jeu de
scène, il tente d’empêcher l’autre ténor, Joseph
Cornwell, de chanter et qu’en écho il reprend la fin de ses
phrases. Joseph Cornwell ne manque pas d'abattage autant
scénique que vocal. L’air “your hay” est emmené avec
grande énergie et autant les musiciens que le chanteur s’en
donnent à coeur joie et font de ce passage une scène
d’anthologie. Les choristes, les solistes et les chanteurs sablent
alors le champagne et trinquent tous gaiement. Le reste de la
prestation du ténor est d’une grande qualité
malgré une diction qui n’est pas toujours excellente. Peter
Harvey, bien connu dans le monde baroque, est parfait que ce soit
vocalement ou musicalement. Le fameux passage sur le froid et la mort
“What power art thou” est très impressionnant et les violons
soutiennent parfaitement en jouant très haché et
pianissimo le début instrumental: immédiatement une
atmosphère inquiétante, solennelle, presque effrayante
se crée. Plus l’air avance, plus le chanteur éclaircie
son timbre comme si une sorte d’espoir se dessinait.
A noter l’excellence du choeur
du Concert Spirituel. Les choristes jouent avec les mots et, par
exemple, mettent en valeur les “r” dans “trust” dans la
première scène de l’acte II. Les sorcières de
Didon ne sont pas loin… Hervé Niquet se révèle
être un interprète idéal de ce répertoire
et il est à regretter que des maisons d’opéra ne lui
propose pas de monter scéniquement ces oeuvres car elles
seraient exécutées avec grand soin et grande
musicalité. Il s’appuie sur un pupitre de violons qui sait
enlever une partition et la porter à un très haut
niveau notamment à travers les élans énergiques
qu’ils insufflent, comme par exemple dans l’ouverture. Un bien beau
concert !" (ConcertoNet)
- Dinard - Opéras
d'Eté - 19, 23, 24,
25 juillet 2003
- Abbaye du Relec - Festival de
l’Abbaye du Relec - 27
juillet 2003 - Tréguier - Théâtre de l’Arche
- Festival en Trégor
- 28 juillet 2003 - Lorient Nouveau Théâtre - Festival
Interceltique de Lorient -
1er août 2003 -
Ensemble baroque Il Teatro Musicale - dir.
Frédérique Chauvet - mise en espace David Prins -
décors, costumes et lumières Rob Van Putten - Michel
Jayat conteur - avec Penni Clarke, Marijje Van Stralen, Dorian
Astor, Mattijs Hoogendijk, Pieter Hendriks
- Besançon -
Cathédrale St Jean
- 15 mars 2003 - version de concert - Orchestre et Chœurs Arcanes - dir.
Jean-Michel Montornès - avec Cyrille Gerstenhaber
(soprano), Christoph Einhorn (ténor), Jean Teitgen
(baryton)
- Bloomington Early Music
Festival - mai 2002 -
- Nuits Musicales en
Armagnac (3 août 2001 - Condom) - Festival du Haut-Quercy (5 août
2001 - Souillac - 7 août 2001 - Collonges) - Orchestre Baroque de Montauban - dir.
Jean-Marc Andrieu - mise en scène Jean-François
Gardeil - avec Ethel Gueret (soprano), Joane Bellavance (soprano),
Hervé Lamy (ténor), Fernand Bernardi (basse)
- 16e
Théâtre Musical en Touraine - Loches - 22,
23, 24 juillet - Chinon - 28,
29, 30 juillet 1999 - dir. Cochereau - mise en scène
Krieger
- La Chaise Dieu -
33e Festival de Musique - 21 août
1999 - version de concert - dir. Paul McCreesh
- Théâtre de
Saint-Quentin-en-Yvelines - 1er et 2 avril
1999 - Orchestre et choeur du Florilegium de Londres - version de
concert
- Musikfest de Brême
- 25 septembre 1997 -
Cité de la Musique - 4 octobre 1997 - Les Arts
Florissants - dir. William Christie - version de concert
- Florence - Palazzo Pitti
- 20 juillet 1996 - avec Silvia Martinelli (Cupid)
- Innsbruck - Festival de
Musique Ancienne - 15 août
1995
- Londres - Guildhall School
- 1995 - dir. Ton Koopman - mise en scène
Francisco Negrin
- Opéra de
Vichy - 7 juillet 1995 - version de concert - dir. Paul
McCreesh - avec Hemington Jones, Lawson, Horn, Mackenzie-Wicks,
Clarkson, Purves
- Halle - Händel
Festspiele - 10 juin 1995 - version de concert - dir.
Trevor Pinnock
- Arma - Académie
d'opéra baroque - 1995 - mise en scène
Jean-Louis Cabané
- Boston - Emerson Majestic
Theatre - 13, 14, 16, 17, 18 juin 1995 - dir. Peter
Holman et Paul O’Dette - mise en scène Jack Edwards -
décors et costumes James Middleton - chorégraphie
Ken Pierce - avec Christine Brandes, Julia Gooding, Ellen Hargis,
Suzie LeBlanc, Daniel Taylor, Brian Link, Alan Bennett, William
Hite, Jeffrey Johnson, Nathaniel Watson, Curtis Streetman
- Opéra de
Rennes - 19 mai 1995 - dir. Hervé Niquet - mise
en scène Tavernier - avec Holton, Vinson,
delétér, Oxley, Nasrawi
- Orléans -
Carré Saint-Vincent - 16
et 17 mai 1995 - version de concert - dir. Hervé Niquet -
avec Harvey, Véronique Gens, Sandrine Piau, Jean-Paul
Fouchécourt, Brian Nasrawi, Hassler
- Montpellier - Opéra
Corum Berlioz - 23 février
1995 - Strasbourg - Opéra
du Rhin - 27 février 1995
- Montreux - 14 mars 1995 - Nice - Opéra - 15 mars 1995 - New York - Brooklyn Academy Music - 31 mars et 1er avril 1995 -
version de concert - Les Arts Florissants - dir. William Christie
- avec Sophie Daneman, Sandrine Piau, Susannah Waters, Jonathan
Best, Mark Padmore, Iain Paton, Petteri Salomaa
- Théâtre du
Châtelet - 9, 10, 13 14,
16, 18 et 19 février 1995 (version scénique) -
Montpellier - Opéra Corum
Berlioz - 23 février 1995
(version de concert) - Strasbourg
- Opéra du Rhin - 27
février 1995 (version de concert) - Théâtre de Caen - 10 et 11 mars 1995 (version scénique) -
Montreux - Auditorium
Stravinsky - 14 mars 1995
(version de concert) - Opéra de Nice - 15 mars 1995
(version de concert) - New York -
Brooklyn Academy of Music - 31
mars, 1er avril 1995 - (version de concert) - Londres - Royal Opera House - 3, 4 et 5 mai 1995 (version scénique) -
Les Arts Florissants - dir. William Christie - mise en
scène : Graham Vick - décors et costumes Paul Brown
- chorégraphie Ron Howell - lumières : Wolfgang
Göbbel - avec Véronique Gens (version scénique)
/ Sophie Daneman (version de concert) (Vénus), Claron
McFadden (Philidel, l'Honneur), Sandrine Piau (Elle), Jonathan
Best (Lui), Susannah Waters (Cupidon), Petteri Salomaa (Eole,
Comus) - coproduction Théâtre du Châtelet -
Royal Opera House - Théâtre de Caen
"L'oeuvre entière nous
ici est proposée : la pièce, efficace même si pas
toujours subtile, du grand poète John Dryden, et la musique de
Purcell. Au théâtre reviennent le discours, l'action et
l'avancée du temps dramatique, à la musique sont
dévolues des plages temporelles plus statiques. Ainsi
présenté intégralement, ce King Arthur trouve
une impeccable et paradoxale unité dans une mosaïque de
registres (politique et bucolique, guerrier et amoureux,
allégorique et magique) qui créent une merveille
infinie de perspectives. Cet ouvrage devient alors l'un des ces
fameux labyrinthes baroques dont le but ultime est d'égarer
ses spectateurs et les faire chavirer de plaisir.
Pour cette mosaïque
dramaturgique, Graham Vick a inventé une scénographie
"en machines" fantastique et virtuose...Tout cela est
réalisé de main de maître : la
déclamation, très soutenue, des acteurs est saisissante
l'opulence et la diversité stylistique des costumes sont en
totale cohérence avec chaque intention scénique enfin,
les multiples machineries mises en oeuvre émerveillent
à chaque instant...Le grand triomphateur de la soirée
est William Christie. Son travail dans King Arthur est tout
simplement admirable. S'intégrant parfaitement à la
pièce de Dryden et à la réalisation
généreuse de Graham Vick, il a sa large part dans
l'impeccable continuité musicale d'un spectacle long de trois
heures trente. Chaque tempo est évident, même celui,
extrêmement distendu, du "song" final "Fairest Isle", peu
justifiable au disque mais indiscutable ici. Pourtant assez peu
fourni, l'orchestre sonne solidement, le continuo est imaginatif.
Christie est un parfait coordonnateur : s'il dirige les ensembles
dans nombre de moments chambristes, il laisse chanteurs et
instrumentistes cheminer ensemble. Le groupe de chanteurs est
remarquable. S'en distinguent les sopranos Véronique Gens,
Claron McFadden et Sandrine Piau, et les basses Petteri Salomaa et
Jonathan Best." (Opéra International - avril
1995)
- Théâtre de
Poissy - 16 novembre 1994 -
English Baroque Soloists - dir. John Eliot Gardiner - avec Lynne
Dawson, Nancy Argenta, Jennifer Smith, Ashley Stafford, Stephen
Varcoe, Paul Agnew
"...une
interprétation quasi idéale de l'opéra de
Purcell, en tout cas supérieure car plus animée, plus
émouvante et plus homogène à son enregistrement.
Attentif au moindre détail, (Gardiner aurait peut-être
pu lâcher la bride ici ou là (l'air de Comus et des deux
paysans donné en bis était, à tous les sens du
terme, plus déboutonné), mais on ne voit pas qui,
à l'heure actuelle, pourrait surclasser un tel travail.
D'autant que chanteurs et instrumentistes étaient absolument
parfaits. Le Monteverdi Choir reste unique au monde pour sa
netteté d'articulation, son homogénéité
et ses couleurs, et les English Baroque Soloists répondent
prestement aux injonctions du chef. Nancy Argenta incarne une Cupidon
piquante, Stephen Varcoe un Génie du froid émouvant et
digne et un ÉoIe au souffle puissant. Il forme avec Jennifer
Srnith un bouleversant duo à l'acte V (" You say'tis love ").
Lynne Dawson chante comme personne le fameux "Fairest Isle" et Paul
Agnew, héroïque ("Come if you dare") ou tendre ("How
blest are sheperds"), confirme qu'il est un ténor à
suivre de très près." (Le Monde de la Musique - janvier
1995)
- Beaune - Festival
International de Musique Baroque - 31 juillet 1994 - Cour des Hospices - dir. Paul
McCreesh - avec Deborah York, Julia Gooding, Bonner, Peter Harvey,
Mark Padmore, Horn, Purves
- Festival de Beaune - 1992 - Gabrieli Consort and Players - dir. Paul
McCreesh - avec Christopher Purvess, Constanze Backes (Cupidon),
Deborah York (Philidel), Julia Gooding, Peter Harvey
"La direction
survoltée, contrastée et cursive de McCreesh, la
virtuosité et la prestesse de son orchestre firent totalement
oublier l'absence de mise en scène."
- Opéra Comique
- 11 octobre 1991 - Le Concert Spirituel - dir.
Hervé Niquet - avec Véronique Gens, Peter Harvey,
Miriam Ruggeri, Anne Gotkovsli, Bruno Boteri, Hervé
Lamy
- Tourcoing - Atelier
lyrique - 2 et 4 mars 1990 - Metz - L'Arsenal - 17 octobre 1991 -
dir. Hervé Niquet - mise en espace Vincent Tavernier - avec
Véronique Gens, Dubois, Peter Harvey, Jean-Paul
Fouchécourt, Brian Nasrawi
- Opéra de
Saint-Louis - 1989 - Opéra de Washington - 1991 -
dir. Stephen Lord - mise en scène et scénographie
Colin Graham - chorégraphie Kimberly Mackin
- Théâtre
Musical de Paris - Châtelet - 8 mai 1987 -
English Baroque Soloists - dir. John Eliot Gardiner
- Festival de Buxton
- 1986 - Manchester Camerata - dir. Anthony Hose - mise en
scène Malcolm Fraser - décors et costumes Fay Conway
- avec Claire Daniels (Philidel), Barry Banks (Grimbald), Eileen
Hulse (Cupidon), Steven Page (Génie du Froid), Dinah Harris
(Britannia)
- Salzbourg -
Landestheater - 1984 - dir. Wolfgang Rot - mise en
scène Federik Mirdita
- Opéra de Lyon
- 4 février 1983 - version de concert - dir.
John Elliot Gardiner - avec Gillian Fisher (Sirène),
Elisabeth Priday (Cupidon), Jennifer Smith (Sirène, She),
Ashley Stafford, Stephen Varcoe (Génie du Froid, Eole,
He)
- Norwich Triennal Festival
- 1970 - English Opera Group - dir. Philip Ledger -
mise en scène Colin Graham - décors Tim Goodchild -
chorégraphie Virginia Mason - avec Benjamin Luxon (Arthur),
Robert Tear (Oswald), Norma Burrowes (Philidel), Michael Rippon
(Grimbald), Elizabeth Gale (Cupidon)
- Opéra
d'Atlanta - 1968 - dir. Jonathan Sternberg - mise en
scène Michael Howard - scénographie Richard
Gullicksen - chorégraphie Joyce Trisler
- Londres - Royal Albert
Hall - 1964 - Orchestre de la BBC - dir. David Willcks
- avec Heather Harper, John Whitworth, Richard Lewis, Thomas
Hensley, Elizabeth Simons
- Université de New
York - 1935
- Université de
Cambridge - 1928 - 1949
- Théâtre de
Falmouth - 1924
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