Semi-opéra (Z 629), succession de masques,
divertissements scéniques en vogue en Angleterre, depuis le
XVIe siècle. L'adaptation de la pièce "Le
Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare (1595), sans
doute par Elkanah Settle, suit l'intrigue d'assez loin.
La première représentation eut lieu au
Dorset Garden à Londres, en avril 1692. La partition fut
perdue une première fois en octobre 1701, puis
retrouvée à la suite d'une petite annonce, ce qui
permit une représentation en 1703, à Drury Lane. Elle
fut reperdue et redécouverte à la Bibliothèque
de la Royal Academy of Music, par John South Shedlock, en 1901.
"Dans ce nouveau "semi-opéra", qui
succède à King Arthur, Purcell manifeste une
habileté toujours aussi prodigieuse à intégrer
une pièce théâtrale (ici, une défiguration
du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare),
entrecoupée de morceaux musicaux fort divers : outre les
parties instrumentales - levers de rideau, entractes, symphonies et
danses -,les choeurs et ensembles vocaux solistes étaient
confiés aux acteurs, tandis que, survenant souvent à
l'occasion de scènes organisant un théâtre dans
le théâtre, les sangs et ayres s'adressaient à de
véritables solistes. Dramatiquement, The Fairy Queen est
encore moins lié à une trame
événementielle que King Arthur, déjà
pourtant bien relâché en cette matière. Ainsi
exemptée de toute plausibilité narrative, la musique
déploie une invention souverainement libre. Plus habile que
jamais à synthétiser les plus diverses influences
musicales européennes, Purcell épanouit tous les
registres expressifs avec un ahurissant sens du timing et des
proportions temporelles. Ludion inlassable et facétieux, il
semble présent derrière chaque note, vocale ou
instrumentale. Là où l'arbitraire et le
décoratif auraient dû régner, Purcell parvient
à donner une profonde nécessité à un
tissu aussi lâche et théâtralement
déresponsabilisé." (Opéra International - mars
1995)
"Conçue
comme une séquence de masques, The Fairy Queen ne compte pas
moins de 59 numéros musicaux, insérés entre les
actes d'une version expurgée d'A Midsummer Night's Dream de
Shakespeare, revu et corrigé à la fin du
XVIIe siècle. Une représentation
intégrale de l'ouvrage dépasserait donc les 5 heures,
et le spectateur devrait endurer d'interminables passages de
théâtre parlé pour enfin goûter aux
incontestables merveilles de la partition." (Opéra
International - décembre 1995)
Synopsis
Acte I
Un palais. Titania, reine des fées, ordonne aux
fées de chanter et de danser pour elle. Elles amènent
trois poètes ivres et les tourmentent. (Ouverture ; duo :
Come, let us leave the town ; choeur des poètes :
Fill up the bowl).
Acte II
Un bois au clair de lune. Robin
Good-Fellow donne à Obéron la fleur magique.
Après leur départ, Titania et les fées viennent
danser et transformer le bois en paysage féérique.
Elles appellent les esprits du ciel. Apparaissent La Nuit, le
Mystère, Le Secret, Le Sommeil. Danse de leur suite.
Obéron, roi des fées, grâce à la fleur
magique, endort Titania, et les amoureux Lysander et
Hermia.
Solo de Titania : Come, ail ye sonsters ; Trio : Now join
your warbling voices all ; Choeur :
Sing while we trip in " ; Air de La Nuit : See, even night her self is here ; Le Mystère : I
am come to lock all fast ;Le Secret : One charming night ; Le Sommeil :
Hush, no more, be silent
all ; choeur final.
Acte III
Même lieu. Helena,
amoureuse de Demetrius, entre, Lysander s'éveille et la suit.
Les comédiens (Bottom le tisserand, Quince le charpentier,
Snug le menuisier, Flute l'arrangeur de soufflets, Snout le
chaudronnier, Starveling le tailleur) répètent leur
pièce, Robin-Good-Fellow les disperse. Bottom revient Bottorn
revient avec la tête d'âne et Titania s'éveillant,
tombe amoureuse de lui par l'effet de la fleur magique. Ils sortent.
Obéron envoie. Robin-Good-Fellow chercher Helena. Titania
ordonne aux fées de divertir Bottom, ce que font les faunes,
les dryades et les naïades. Coridon et Mopsa badinent, se
poursuivant pour un baiser refusé, une nymphe chante. Danse
des moissonneurs. Choeur final. (Air et choeur : If love's a sweet passion. Ouverture. Danses des fées. Danse de l'homme
vert. Air : Ye gentle spirits of the
air ; dialogue entre Coridon et
Mopsa ; chanson de la nymphe : When I
have often heard ; danse des
moissonneurs ; air et choeur : A
thousand, a thousand ways.
Acte IV
Même lieu. Obéron
réconcilie les amoureux, éveilleTitania. Robin
Good-Fellow débarrasse Bottom de sa tête d'âne.
Titania demande de la musique pour attendre le lever du jour. Le
décor se change en un jardin merveilleux. Les Quatre Saisons
et leur suite entrent. Pboebus apparaît, salué par tous.
Ballet des Quatre Saisons. (Air et choeur : Now the might is chac'd away ; duo : Let the
fifes and the clarions ; airs
When a cruel long
winter , Thus the ever grateful Spring, Here's the Summer
sprightly gay, See my coulour'd fields, Next Winter comes
slowly.
Acte V
Le Duc ordonne aux chasseurs
d'éveiller les amoureux. Obéron, Titania et leur suite
apparaissent et confirment leurs dires.
Junon arrive et leur donne ses
conseils. Entrée et ballet des Chinois. L'hymen les
bénit, Obéron et Titania terminent la scène par
un épilogue parlé.
Epithalame : Thrice happy lovers
; airs : Thus the gloomy
world, Thus happy and free,
avec reprise de choeurs : Yes,
Xansi ; danse des Singes ; air :
Hark, how all things ; soli, trio et choeur : Sure the dull god ;
air et choeur : Hark, the ech'ing
air.
Solo : See, I obey ; duo :
Turn then thine eyes ; Solo : My torch
indeed ; Trio et choeur :
They shall be as
happy. Chaconne.
(Tout l'opéra -
Kobbé - Robert Laffont)
"The Fairy Queen, créé le 2 mai 1692
au Dorset Garden Theater de Londres, fut le plus grand succès
du vivant de Purcell. Il appartient au genre semi-opéra, une
forme hybride avec une action parlée et des parties musicales
comprenant airs, danses, interludes instrumentaux et masques. Le
livret est une adaptation libre de la pièce “Le Songe d’une
Nuit d’été” de Shakespeare. L’élément
féérique joue un rôle important dans la
pièce. Les Fées introduisent toutes les scènes
musicales.
Purcell nous offre un genre de
comédie musicale avec des passages véritablement
enchanteurs, notamment : la scène exubérante du
poète ivre à l’acte I ; les incroyables imitations de
chants d’oiseaux dans le bocage ; l’évocation de la Nuit, du
Mystère, du Secret, du Sommeil et de la danse dans la suite de
la Nuit à l’acte II ; la folie de Tatiana amoureuse de
l’âne et le fameux air - “If love’s a sweet passion” (Si
l’amour est une douce passion) à l’acte III ; la somptueuse
musique de cérémonie avec trompettes et timbales
à l’ouverture de l’acte IV ; l’air de Junon, déesse de
l’hymen “Thrice happy lovers” (Amoureux trois fois heureux) et
l’éblouissante suite de solos et de choeurs pour chinois et
chinoises à l’acte V. (Festival de Beaune 2002)
St Gallen, Stadttheater
- 10, 13, 18, 25 mars, 12; 13, 15, 28 avril, 1er, 13
mai, 6 juin 2012 - dir. Robert Howarth - mise en scène
Johannes Schmid - décors, costumes Michael Kraus -
chorégraphie Ramses Sigl - avec Evelyn Pollock, Simone
Riksman, Alison Trainer, Anicio Zorzi Giustiniani, David Maze,
Wade Kernot
Rostock, Barocksaal
- 24 novembre, 14 décembre 2011, 29 janvier, 2
février 2012 - dir. Manfred Hermann Lehner - mise en
scène Alexander Herrmann - costumes Janina Mendroch - chef
de choeur Ursula Stigloher - dramaturgie Bernd Hobe - avec Rosita
Mewis (Titania), Titus Paspirgilis (Oberon), Lisa Mostin
(Miranda), James Kee (Ferdinand), Annemarie Schlag (Beatrice),
Mikko Järviluoto (Benedikt), Julia Ebert (Isabella)
Poznan - 18
novembre 2011
Tartu, Sadamateatris -
Estonie - 9, 20 novembre, 14 décembre 2011, 15,
31 mars, 20, 26 avril 2012 - dir. Lauri Sirp - mise en
scène, décors, vidéo et chorégraphie
Saša Pepeljajev - costumes Liisi Eelmaa - avec Alla Popova , Pirjo
Püvi, Merle Jalakas, Karmen Puis, Maria Kallaste, Ivo Posti,
Mati Turi, Atlan Karp, Märt Jakobson, Maarius Pärn,
Maarja Mitt, Tanel Jonas, Markus Luik, Robert Annus, Julia
Kaškovskaja, Laura Quin, Milena Tuominen, Janek Savolainen
Paris - Salle Pleyel
- 6 novembre 2011 - version de concert - Concert
Spirituel - dir. Hervé Niquet - avec Sophie
Karthaüser, Emanuelle de Negri, Christopher Purves, Emiliano
Gonzalez Toro, Cyril Auvity
Concertclassic
"D'une certaine façon,
ce fut la Reine des Fées des défections, avec une
frustration majeure: Véronique Gens qui devait être une
Titania éblouissante, droit sortie des songes shakespeariens.
Fort heureusement, sa remplaçante Sophie Karthaüser, dont
les réussites commencent à impressionner au concert
comme au disque, a, dans un tout autre registre, reçu le don
lyrique en partage. Nourrie dans le sérail de la Guidhall
School de Londres, elle connaît tous les détours de
l'école anglaise et les vertus d'un chant qu'elle sait
pimenter d'une once de british humour.
Autre défaillance
tournant au succès : celle de la suédoise Ingela
Bohlin, remplacée par la soprano Emmanuelle de Negri, l'une
des grandes révélations de l'année dans la
reprise du mythique Atys du tandem Villégier-Christie à
l'Opéra Comique. Timbre radieux marié à une
diction vibrante: tout semble promettre une riche carrière
à la jeune artiste, de Rameau à Mozart, Offenbach,
Haendel et Cavalli, entre autres. Et encadrant ces purs talents, il y
a les valeurs sûres du chant baroque: d'abord, la basse de
Christopher Purves, impayable dans le dialogue drolatique entre
Corydon et Mopsa (rôle travesti où le ténor
Emiliano Gonzalez Toro se garde d'en faire trop pour en faire assez)
et, tout autant, la sensibilité de Cyril Auvity qui, depuis
ses débuts à Aix-en-Provence dans Le Retour d'Ulysse de
Monteverdi sous la direction de William Christie, a réussi un
parcours exemplaire sous l'autorité des meilleurs (Christophe
Rousset, Gabriel Garrido). Jouant d'une heureuse ambivalence entre
les voix de ténor léger et de haute-contre, il a
brillé à Pleyel, conjuguant le style, les justes
affects, le bonheur sonore, la vaillance.
Mais surtout,
fédérateur de tous ces talents, il y a le savoir-faire
imparable d'Hervé Niquet qui, à la tête d'un
Concert Spirituel (choeur et orchestre) en total accord avec ses
choix expressifs, s'impose une fois de plus avec un rare brio dans le
répertoire insulaire. Après les farces
concoctées par les humoristes Shirley et Dino dans un King
Arthur flirtant avec la transgression, voici, en version de concert,
un poétique et stimulant exemple de relecture exempte de toute
raideur musicologique.
A cet égard, le
contraste est frappant avec la Fairy Queen montée par Philip
Pickett et son New London Consort à la Cité de la
Musique en février dernier. Ces derniers transposaient
l'action et les personnages en images de modernité au bonheur
discutable (le premier acte avec ses interprètes devenus
touristes, via les services charters d'un operating tour pour
l'Arcadie, avec l'ennui pour résultat final). Chez Niquet, au
contraire, la machine ludique ne s'enraye pas, qui sert toujours au
mieux les intérêts de la musique.
Bref, au terme de la
somptueuse Chaconne de l'Acte V, l'Orphée britannique sort
magnifié de cette approche tout ensemble signifiante et
festive. L'ombre du grand Alfred Deller, bon génie du chant
purcellien, a dû tout simplement en tressaillir
d'aise."
Forum Opéra
"Ce dimanche, la Salle Pleyel
annonce que « Les sopranos Véronique Gens et Ingela
Bohlin sont toutes deux souffrantes ». Adieu donc, madame
Tragédiennes 1, 2 et 3 ! Adieu aussi à la soprano
suédoise tant appréciée dans Haendel ou Mozart.
Est-ce la raison pour laquelle ce concert ne convainc qu’à
moitié ? Peut-être, mais ce n’est pas la seule.
En 2008, quand Hervé
Niquet confia à Shirley et Dino la mise en scène de
King Arthur, près de quinze ans s’étaient
écoulés après le spectacle magique de Graham
Vick au Châtelet, dont plus d’un spectateur était
ressorti avec des étoiles dans les yeux. Pour cette Fairy
Queen en revanche, on a encore en tête le souvenir
(ravivé par le DVD sorti dans la foulée) de la
production de Jonathan Kent/William Christie, créée
à Glyndebourne en juin 2009 et reprise à
l’Opéra-Comique en janvier 2010. Cette version de concert
paraît alors terriblement sérieuse, empesée,
dénuée de vie. Le public catarrheux du dimanche
après-midi ne se décidera d’ailleurs à applaudir
que vers la fin du troisième acte, après le duo de
Corydon et Mopsa, où le ténor Emiliano Gonzalez-Toro
avait renoncé au smoking pour revêtir une robe tablier
et un fichu dignes des Vamps. On frôle le spectacle de
patronage, mais au moins le théâtre reprend ses droits.
Après l’entracte, tout
cela s’anime un peu : avec sa pompe et son caractère
grandiose, le divertissement du IVe acte est celui où
Hervé Niquet semble le plus à son aise. Le chef a
choisi de mélanger les pupitres du chœur du Concert Spirituel,
d’où un effet de fondu qui fonctionne bien à certains
moments, moins à d’autres. Niquet a le geste large, on
reconnaît à sa direction une élégance
très Grand Siècle, mais là encore, cela manque
de théâtre. L’air en écho « May the god of
wit inspire » est assez platement réalisé. Seule
« idée » : la scène du Poète ivre est
introduite par des pizzicatos délicieusement faux…
Si la sauce ne prend pas
vraiment, c’est aussi la faute aux chanteurs. Pour une œuvre comme
Fairy Queen, qui ne peut réellement s’animer qu’à la
scène, il aurait fallu une équipe autrement plus
concernée, sinon le concert risque fort de ressembler à
un long tunnel où les airs s’enchaînent aux airs. On ne
se plaindra pas un instant de voir figurer dans la distribution
définitive la toujours exquise Emmanuelle De Negri, qui avait
l’honneur de chanter « Night » et « The Plaint »
à l’Opéra-Comique. L’expérience de la
scène lui confère un avantage incontestable sur ses
partenaires. Elle récupère ici les airs plus
vocalisants, confiés par William Christie à Claire
Debono, et elle livre notamment un magnifique « Ye gentle
spirits of the air ». Si l’on a pu jadis reprocher parfois
à Véronique Gens une relative froideur, que dire de sa
remplaçante, Sophie Karthäuser ? Elle ne nous touche pas
un instant dans sa Plainte (prise à un tempo un chouia trop
rapide), pourtant très applaudie. La soprano belge, admirable
en bien d’autres occasions, aurait-elle rejoint le projet trop tard
pour s’y investir vraiment ? Cyril Auvity n’est guère
expressif, et son articulation manque singulièrement de
consonnes. La voix est belle, le chant est délicatement
orné, mais il ne paraît guère y croire (et ce
n’est pas de lui faire chanter « Dear Xansi » au lieu de
« Dear Daphne » dans le divertissement chinois qui
arrangera les choses). Emiliano Gonzalez-Toro n’a que deux airs en
solo : il s’exprime dans un anglais un peu exotique, mais la voix
s’est bien étoffée. Quant à Christopher Purves,
seul anglophone de la distribution, il est aussi le seul
chanteur-acteur, et même si la voix n’a rien d’exceptionnel
(les graves sont là mais ne sont pas très ronds, c’est
un baryton plus qu’une basse), on lui doit les seuls moments qui,
avec les interventions d’Emmanuelle De Negri, nous réveillent
un peu.
Laissons donc à
Hervé Niquet le temps de diriger The Fairy Queen en
scène, et on reparlera de son
interprétation."
Londres, RCM Britten
Theatre - 6, 11 octobre 2011 -
Bath, Theatre Royal - 17 octobre 2011 - Buxton, Opera House - 20 octobre 2011
- Cambridge, West Road Concert Hall
- 26 octobre 2011 - Lincoln,
Theatre Royal - 29 octobre 2011 - Harrogate, Harrogate Theatre - 3
novembre 2011 - High Wycombe, Wycombe
Swan - 8 novembre 2011 -
Snape, Maltings 1 - 11 novembre 2011 - Exeter, Northcott Theatre - 17
novembre 2011 - Malvern, Festival Theatre
- 26 novembre 2011 - English Touring Opera - dir.
Joseph McHardy - mise en scène Thomas Guthrie -
décors, costumes Roger Butlin - lumières Kevin
Treacy - avec Louise Alder, Michal Czerniawski, Nina Lejderman,
Lina Markeby, Nicholas Merryweather, Aidan Smith, Mark Wilde
Bremerhaven, Stadttheater
- 17, 29 septembre, 5, 8, 23 octobre, 4, 13 novembre
2011 - dir. Stephan Tetzlaff - mise en scène Ulrich
Mokrusch - décors Eva Humburg - costumes Claudia Kuhr -
chorégraphie Sergei Vanaev - avec Pinelopi Argyropoulou,
Lilli Wünscher, Ann Juliette Schindewolf (Feen), Peter Kubik
(Zettel), Ziad Nehme (Flaut), Daniel Kim (Schnock), Andrej Telegin
(Schlucker), Jose Martinez Grau (Oberon), Leticia Forattini
Martins / Elizabeth Towles (Titania), Vera Kasimir (Puck), Kika
Schmitz (Hermia), Mira Tscherne (Helena), Walter Schmuck
(Lysander), Sebastian Zumpe (Demetrius) - nouvelle production
Kaiserslautern -
Pfalztheater - 17 juin 2011 - dir. Uwe Sandner - mise
en scène Urs Häberli - décors Anna Kischstein -
costumes Marcel Zaba - chorégraphie Stefano Giannetti -
nouvelle production
Poznan - Teatr Wielki -
Pologne - 7, 8, 10, 31 mai, 5 juin 2011
Tartu - Theatre Vanemuine
- Estonie - 5, 15, 22 février, 29 mars, 16 avril
2011 - dir. Lauri Sirp - mise en scène Sasha Pepeljajev -
costumes Liisi Eelmaa - chorégraphie Sasha Pepeljajev -
avec Alla Popova, Pirjo Püvi, Merle Jalakas, Karmen Puis,
Maria Kallaste, Mati Turi, Atlan Karp, Märt Jakobson, Maarja
Mitt, Ragne Pekarev, Tanel Jonas, Markus Luik, Robert Annus
Theater Hagen - Allemagne
- 10, 14, 29 avril, 12, 14, 20 mai, 1er, 5, 11, 19, 23,
27 juin, 3 juillet 2010 - en allemand - dir. Bernhard Steiner -
mise en scène Thilo Borowczak - décors Jan Bammes -
costumes Martina Feldmann - video Volker Köster -
lumières Ulrich Schneider - chorégraphie Ricardo
Fernando chef de choeur Wolfgang Müller-Salow - dramaturgie
Birgitta Franzen - avec Rolf A Scheider (Theseus/ Oberon),
,Stefania Dovhan (Hippolyta/ Titania), Marilyn Bennett (Puck),
Orlando Mason (Will), Filippo Mineccia (Der Barkeeper), Tanja
Schun (Das It-Girl), Liga Jankovska (1. Elfe), Seija Koecher (2.
Elfe), Margarete Nüßlein (3. Elfe), Werner Hahn
(Squenz), Roland Sibernagl (Zettel), Firat Baris (Ar Flaut),
Robert Schartel (Schnock), Horst Fiehl (Schnauz) - nouvelle
production
Cité de la Musique
- 15 février 2011 - New London Consort - dir.
Philip Pickett - mise en scène Mauricio Garcia Lozano -
décor et costumes Isobel Dunhill - lumières Ace
McCarron - avec Joanne Lunn, Dana Marbach, Faye Newton (sopranos),
Christopher Robson, Tim Travers-Brown (contre-ténors), Ed
Lyon, Joseph Cornwell (ténors), Michael George, Simon Grant
(baryton-basses)
ResMusica
"Comprendre ou ne pas
comprendre, telle est la question qui se pose à la sortie de
cette nouvelle version du Fairy Queen de Purcell. Lorsqu’il est
représenté pour la première fois au Dorset
Garden de Londres en 1692, The Fairy Queen est une production des
plus abouties, tant d’un point de vue musical que dans sa mise en
scène : il est le fruit des « arts réunis »
et mêle à la dramaturgie inspirée du Songe d’une
Nuit d’Eté de William Shakespeare, des épisodes
musicaux développés, encore appelés masques,
ainsi que des ballets. Mais le caractère hybride du
semi-opéra peut mettre en péril l’efficacité de
l’intrigue elle-même, au point qu’on a vite crié
à l’absence de cohérence générale du
genre. D’où l’idée de certains metteurs en scène
de réécrire purement et simplement la pièce. Et
s’il faut sacrifier une œuvre sur l’autel des sacro-saints
désirs créatifs du metteur en scène, on oubliera
Shakespeare, dont, me direz-vous, il ne restait déjà
pas grand chose.
Le Fairy Queen «
d’aujourd’hui » peut-il apporter quelque chose de plus au
spectateur d’aujourd’hui? Rien n’est moins sûr... oublions les
Titania, Obéron et autre Hermia. Pas d’intrigues amoureuses
croisées, mais douze personnages partant pour l’Arcadie,
expérience de laquelle ils sont sensés ressortir
grandis...
Derrière les jongleries
et autres acrobaties des artistes du Circus Space, le New London
Consort, en petit effectif, joue Purcell dans une musicalité
très naturelle, mais le décalage entre les attitudes
des personnages et les mots qu’ils prononcent ajoute une dose de
cynisme qui renvoie The Fairy Queen à la poussière des
musées. En fermant un peu les yeux, on apprécie
pourtant la grande qualité de la distribution : la
sensibilité et la clarté vocale de Faye Newton, la part
sombre et le sens théâtral de Michael George,
l’ex-poète ivre de la version de Purcell, devenu prêtre
défroqué pour l’occasion. A mentionner également
la très convaincante Joanne Lunn, notamment dans l’air «
O let me weep ».
Ensembles instrumentaux et
vocaux nous ont offert de grands moments musicaux, comme dans les
airs de la Nuit, du Mystère et du Secret ou encore dans “love
is a sweet passion”. Ce qui ne fait que souligner davantage que, par
delà les pitreries qui prétendent éclairer
l’homme d’aujourd’hui, la musique demeure et se passe bien des modes
de mises en scène."
Concertclassic
"Orfèvres du concert
à l'ancienne, Philip Pickett et son New London Consort
semblaient a priori disposer de tous les atouts pour porter à
des sommets de dynamisme, d'humour et de poésie ce joyau
absolu du semi-opéra anglais. Et pourtant, le pari n'a
été tenu qu'à moitié par nos
interprètes, sans doute attentifs à l'énergie
à la fois foisonnante et anarchique de l'oeuvre, ce
côté motorique où le fascinant Sir Henry excelle,
mais aussi trop prompts peut-être à instrumentaliser les
sentiments et les affects, aux lieu et place de l'émotion,
remplacée ici par un activisme qui se fait souvent miroir des
effets à la mode. Ainsi la transposition de l'action et des
personnages en images de modernité nous vaut un flot d'effets
déjà vus cent fois (le tableau liminaire, avec ses
chanteurs-touristes qui rêvent d'un départ vers une
Arcadie actuelle, via les services charters d'un tour operator
!).
A ces jeux, la machine ludique
s'enraye parfois et l'ennui menace, à l'inverse du
résultat souhaité par le dramaturge et
scénographe mexicain Mauricio Garcia Lozano, pris en flagrant
délit de surenchère, dans son désir de faire
sauter les clichés de la tradition et les conventions
d'interprétation pour mieux révéler l'essence de
l'ouvrage. Et l'embarquement attendu pour l'Arcadie s'avère
illusoire, avant tout prétexte à un divertissement
certes bigarré de bateleurs et montreurs de foire, avec
Hercule bonasse et hyper-expressif (rôle tenu par
l'étonnant Boldo Janchivdorj, formé au cirque en
Mongolie), acrobates facétieux et jongleurs minimalistes,
à défaut des bonnes manières du
passé.
Pour autant, tout n'est pas
perdu pour les baroqueux dans ce melting pot structuré
à la diable. Et d'abord, l'instrumentarium du New London
Consort qui, sous la direction avisée de Pickett, assume
à notre satisfaction l'essentiel (quelques approximations,
toutefois, à dénoncer aux vents et aux cordes, mais le
continuo s'avère de bout en bout inattaquable). Et il y a les
bonnes surprises du plateau de solistes où quelques
individualités rares– le soprano de Joanne Lunn,
métamorphosée en femme d'affaires tendance, les
ténors Ed Lyon (le doux rêveur) et Joseph Cornwell (le
motard), etc... - témoignent de la bonne santé du chant
insulaire. Avec, pour les amateurs d'utopie, quelque peu
frustrés par ailleurs, le songe émané d'une Nuit
magique et de ses suivants, le Mystère et le Secret, qui
ramenait les plus anciens d'entre nous au temps fortuné
d'Alfred Deller, l'ineffable."
ResMusica - Les Arts désunis
"Comprendre ou ne pas
comprendre, telle est la question qui se pose à la sortie de
cette nouvelle version du Fairy Queen de Purcell. Lorsqu’il est
représenté pour la première fois au Dorset
Garden de Londres en 1692, The Fairy Queen est une production des
plus abouties, tant d’un point de vue musical que dans sa mise en
scène : il est le fruit des « arts réunis »
et mêle à la dramaturgie inspirée du Songe d’une
Nuit d’Eté de William Shakespeare, des épisodes
musicaux développés, encore appelés masques,
ainsi que des ballets. Mais le caractère hybride du
semi-opéra peut mettre en péril l’efficacité de
l’intrigue elle-même, au point qu’on a vite crié
à l’absence de cohérence générale du
genre. D’où l’idée de certains metteurs en scène
de réécrire purement et simplement la pièce. Et
s’il faut sacrifier une œuvre sur l’autel des sacro-saints
désirs créatifs du metteur en scène, on oubliera
Shakespeare, dont, me direz-vous, il ne restait déjà
pas grand chose.
Le Fairy Queen «
d’aujourd’hui » peut-il apporter quelque chose de plus au
spectateur d’aujourd’hui? Rien n’est moins sûr... oublions les
Titania, Obéron et autre Hermia. Pas d’intrigues amoureuses
croisées, mais douze personnages partant pour l’Arcadie,
expérience de laquelle ils sont sensés ressortir
grandis...
Derrière les jongleries
et autres acrobaties des artistes du Circus Space, le New London
Consort, en petit effectif, joue Purcell dans une musicalité
très naturelle, mais le décalage entre les attitudes
des personnages et les mots qu’ils prononcent ajoute une dose de
cynisme qui renvoie The Fairy Queen à la poussière des
musées. En fermant un peu les yeux, on apprécie
pourtant la grande qualité de la distribution : la
sensibilité et la clarté vocale de Faye Newton, la part
sombre et le sens théâtral de Michael George,
l’ex-poète ivre de la version de Purcell, devenu prêtre
défroqué pour l’occasion. A mentionner également
la très convaincante Joanne Lunn, notamment dans l’air «
O let me weep ».
Ensembles instrumentaux et
vocaux nous ont offert de grands moments musicaux, comme dans les
airs de la Nuit, du Mystère et du Secret ou encore dans “love
is a sweet passion”. Ce qui ne fait que souligner davantage que, par
delà les pitreries qui prétendent éclairer
l’homme d’aujourd’hui, la musique demeure et se passe bien des modes
de mises en scène."
Opéra Magazine - avril 2011
"Certes, un semi-opéra
purcellien n'est pas aisé à monter puisque, du
divertissement global originel, seules des plages musicales
éparses nous sont parvenues. Si, de nos jours, le directeur
musical d'une nouvelle production souhaite dépassser la simple
version de concert, un prétexte scénique
rapporté est alors nécessaire. En l'occurrence,
Mauricio Garcia Lozano a conçu le propos suivant : un groupe
de voyageurs (neuf chanteurs et cinq circassiens) a gagné
l'Arcadie, et chacun y éprouve les tensions entre ses
désirs personnels et les contingences de la vie collective.
Pourquoi pas ? Et le fait que le socle théâtral
shakespearien - A Midsummer Night's Dream - soit désormais
imperceptible n'est pas, en soi, un obstacle. Encore faut-il qu'il y
ait un réel travail scénique et qu'attention soit
portée à « notre » incomparable partition de
The Fairy Qyeen. Or, rien n'advient, tant cette production claudique
entre absence de mise en scène (quelques ayres sont de la pure
version de concert) et excès d'agitation, à la seule
fin de susciter (et là, tous les lieux communs sont permis) le
rire du spectateur. Lorsqu'ils ne chantent pas les ayres ou les
ensembles, les solistes vocaux déménagent leur
bagagerie (celle-ci est la plus grande réussite,
esthétique et dramaturgique, de ce spectacle), tandis que les
artistes du Circus Space offrent d'indigentes prestations. On a bien
perçu (seul un sot l'oublierait, tant les clins d'yeux sont
appuyés) que cette esthétique cheap est nourrie de
second degré. Mais faute de travail sérieux, cette
prooduction dilettante tourne à la comédie potache. En
outre, parce que le tapageur et le vulgaire le disputent à la
bêtise, l'écoute en est souvent entravée.
Musicalement, le résultat n'est pas plus heureux. Dans les
tutti, Philip Pickett gère, neutre et placide, un flux de
notes, sans la moindre aspérité : mélodique,
harmonique, articulatoire, dynamique et, par-dessus tout, rythmique
(dans cette partition architecturée sur la danse, celle-ci est
la grande absente; y parvenir relève de l'exploit !).
Également, dans les ayres, le chef cesse de diriger, laissant
les continuistes du New London Consort et le chanteur soliste -
souvent séparés par une substantielle distance -
trouver leurs connivences, ou plutôt ne les pas trouver, au
risque, inévitable, que le tempo fléchisse
jusqu'à l'exsangue. D'un plateau vocal a priori huppé,
rien de fameux ne sort, hormis Joseph Cornwell, le seul à se
distinguer de ce sinistre marigot."
Opéra
Comique - 16, 18, 19 , 21 , 22, 24 janvier 2010 -
Théâtre de Caen -
1er, 3 février 2010 - Les Arts Florissants - dir. William
Christie / Jonathan Cohen - mise en scène Jonathan Kent -
décors et costumes Paul Brown - lumières Mark
Henderson - avec Emmanuelle de Negri (Night / The Plaint), Lucy
Crowe (Juno), Claire Debono (Mistery / 1st Fairy / Nymph / Chinese
Woman), Anna Devin (2nd Fairy), Ed Lyon (Chinese Man), Robert Burt
(Mopsa), Andrew Foster-Williams (Hymen / Sleep, Desmond Barritt
(Drunken Poet / Bottom) - Coproduction Opéra Comique -
Glyndebourne Opera Festival - Brooklyn Academy of Music -
Théâtre de Caen
Le Monde
"On sort, ce samedi 16
janvier, de l'Opéra-Comique, avec ce sentiment rare et
exaltant d'avoir assisté à l'un de ces spectacles
parfaits où règne la concorde des goûts, ces
fameux "goûts réunis" qui sont l'emblème de l'art
baroque. La Fairy Queen ("La Reine des fées", 1692), d'Henry
Purcell, réalisée par le metteur en scène
britannique Jonathan Kent et le chef franco-américain William
Christie pour le festival de Glyndebourne au cours de
l'été 2009, que présente l'Opéra-Comique,
à Paris, jusqu'au 24 janvier, est de ces miracles dont la
scène lyrique peut donner l'exemple lorsque ses
éléments constitutifs dialoguent,
s'interpénètrent dans une sorte d'évidence.
[...] le traitement d'un "semi-opéra" tel que la Fairy Queen
est encore plus périlleux que celui d'une tragédie
lyrique baroque, car la musique s'enchâsse dans la pièce
où le lieu commun du "théâtre dans le
théâtre" crée des effets et des couches
dramaturgiques supplémentaires. Alors qu'on a l'habitude
d'entendre cette musique (sublime) sans son contexte
théâtral (supprimé ou résumé
à une narration intercalaire), le retour à ses
dispositions originales magnifie l'interaction des acteurs parlants
et chantants et donne tout son sens à cette adaptation
(anonyme) du Songe d'une nuit d'été, de
Shakespeare.
On osera employer l'expression
galvaudée "spectacle total", d'autant qu'on rit et qu'on
pleure dans cette Fairy Queen à mesure que s'enchaînent
des scènes comiques et émouvantes. On se souviendra de
la scène du froid (comme dans le King Arthur, de Purcell) par
la voix mordante de la basse Andrew Foster-Williams et de la belle
intervention d'Emmanuelle de Negri dans la sublime Plainte,
partagée par le violon expressif de Florence Malgoire, mais
aussi des scènes jouées par les acteurs comiques, des
techniciens de surface qui patinent sur le parquet ciré d'un
élégant cabinet de curiosités, se travestissent,
en font des tonnes mais avec un sens si subtil du "jusqu'où
aller trop loin" que le public hurle de rire à chacune de
leurs interventions (notamment à celles des géniaux
Desmond Barrit, en Bottom, et Robert Burt, en Mopsa).
En vrai post-moderne, Jonathan
Kent joue avec virtuosité d'une large palette dramatique qui
fait se culbuter gestique et danse anciennes, effets de
comédie musicale, scènes en gros clins d'oeil bien
appuyés à la Monty Python mais aussi des
éléments d'un élégant raffinement
onirique. Tout cela coexiste dans une miraculeuse logique et les
transitions se font sans le moindre heurt (alors que les mouvements
de décors sont nombreux et délicats) par une troupe de
jeunes acteurs formidables, des vétérans
drôlissimes de la scène britannique, de jeunes chanteurs
impeccables, un William Christie et des Arts florissants
idéaux (variété, couleurs, soin dans
l'instrumentation, les ornements, etc.). On le redit : cette aubaine
est rare et il faut saisir les quelques places qui restent
disponibles à la réservation de ce qui pourrait bien
être un nouvel et aussi mythique Atys."
Yahoo
"Après Glyndebourne
(Grande-Bretagne) mais avant New York, Paris accueille la "Fairy
Queen" de Henry Purcell montée par le chef
franco-américain William Christie et le metteur en
scène britannique Jonathan Kent, une gageure baroque entre
féerie et burlesque, musique et théâtre
parlé. L'Opéra-Comique accueille jusqu'au 24 janvier ce
"semi-opéra" créé à Londres en 1692 et
qui, comme ce nom l'indique, relève d'un genre hybride: une
pièce de théâtre enrichie d'épisodes
musicaux développés, appelés
masques.
Inspiré du "Songe d'une
nuit d'été" de Shakespeare, le livret emmêle,
avant de les résoudre, trois intrigues amoureuses. Celle qui
oppose la Reine des fées Titania et son époux
Obéron, une autre impliquant deux couples de jeunes amants
athéniens (Lysandre, Héléna,
Démétrius et Hermia), sans oublier un exercice de
"théâtre sur le théâtre" ayant pour objet
la tragédie de Pyrame et Thisbé. On l'a compris, "The
Fairy Queen" est un ouvrage complexe par essence, donc difficile
à monter. La tentation est grande d'en exploiter sa musique en
oubliant son contexte théâtral.
Ce n'est pas le choix de
William Christie. Dès 1989, au Festival d'Aix-en-Provence, le
chef baroque avait contribué à faire connaître
l'ouvrage en le traitant entre texte et musique, en complicité
avec le metteur en scène britannique Adrian Noble. Vingt ans
plus tard, c'est un autre Anglais, Jonathan Kent, qui relève
le défi d'un spectacle total, joué, parlé,
chanté et dansé, durant près de quatre heures
(entracte compris) que l'on ne voit guère passer.
Son imaginaire baroque et
débridé a recours au bon vieux théâtre
à machines (trappes, envols...), mais avec une manière
très contemporaine de s'adresser au spectateur, notamment dans
ses effets comiques (lapins copulant, Adam et Eve sur une île
de la tentation, etc.). La vigueur des passages parlés repose
sur une bande d'acteurs de premier ordre, à commencer par ces
artisans jouant lamentablement les Pyrame et Thisbé, entre
Benny Hill et "The Full Monty".
Bill Christie, à la
tête de son ensemble Les Arts Florissants, fringant
trentenaire, s'en donne à coeur joie: sans faire la fine
bouche devant les échappées bouffes du spectacle, il
soigne ce que cette sublime musique peut avoir de dansant mais aussi
de féerique, tendre voire mélancolique."
Concertclassic
"Un cabinet de
curiosités dans lequel la nuit de Titania et d’Oberon
déploiera ses sortilèges célestes et pour les
mortels, ses confusions, voici la jolie idée que Paul Brown
offre à Jonathan Kent. Celui-ci n’a plus qu’à y faire
donner son théâtre virtuose et le tour est joué,
mais pas tout à fait jusqu’au terme.
La troupe des acteurs est de
bout en bout formidable – avec une mention spéciale pour
l’Oberon patient et implacable de Finbar Lynch et le Lysander
idéalement juvénile de Nicholas Shaw et sans oublier le
Robin joliment balancé de Jothan Annan – mais les treize
chanteurs sont assez loin de les égaler, sinon Lucy Crowe,
formidable Junon et Andrew Foster-Williams, dont l’Hiver
tremblé et l’Hymen furibond sont presque déjà
anthologiques (ajoutons la Plainte d’Emmanuelle de Negri, tendrement
chorégraphiée).
Hors pour Fairy Queen (et ce
qu’il y reste de Shakespeare, adieu Hippolyte), Purcell a
composé probablement sa plus belle partition du moins pour le
genre du semi-opéra ; la musique s’y dresse sans discontinuer
à autant de sommets, les exigences sont donc cruelles. Mais
sur ces matières vocales un peu pauvres ou souvent simplement
trop vertes, William Christie dispense ses chamarrures et ses
mouvements avec un art incontestable du faste et de l’entrain, qui
cependant reste sourd à la mélancolie : sa direction
alerte et pleine d’esprit ne sait pas suspendre le temps, vertu
purcellienne s’il en est, et lorsque la poésie, pourtant
flagrante, paraît, elle semble la voir à peine.
En fait le spectacle est
dévoré par le théâtre, c’est lui qui
mène la danse. Jonhatan Kent n’évite pas certaines
facilités : les artisans sont évidemment de notre
siècle et les divertissements font des clins d’œil en dessous
de la ceinture (les lapins, fatal), ce mélange des
époques en ajoute encore dans le côté foutraque,
mais l’on rit de bon cœur.
Pourtant cette lecture qui
veut toujours se garder dans le divertissement ne dit certainement
pas tout de ce qu’est Fairy Queen, et principalement de son art du
merveilleux, l’un des signes du temps. Mais l’on glose, l’on regrette
des chimères peut-être, en attendant et sans vous tenir
à nos atermoiements, allez voir cette formidable soirée
de théâtre qui vous tiendra quatre heures durant les
yeux grands écarquillés. Elle a déjà
réjoui Glyndebourne et devrait probablement connaître
une édition DVD."
"Les critiques se plaisent
souvent à parler de spectacles à écouter les
yeux fermés pour signifier leur désaveu d’une
mise-en-scène qui vient ternir l’excellence de
l’exécution musicale ; avec cette Fairy Queen à
l’Opéra Comique, voilà un bel exemple de spectacle
à regarder les oreilles fermées. J’exagère
évidemment, car c’est presque exclusivement l’orchestre que je
vise, mais à l’égard de leur réputation, leur
prestation de ce soir mérite ma colère.
Saluons d’abord la
démarche qui consiste à restituer ce semi-opéra
avec sa moitié, à savoir Le Songe d’une nuit
d’été de Shakespeare : The Fairy Queen n’apparait alors
plus comme une simple suite d’airs brillants mais comme un
manège musical qui accroit la fantaisie shakespearienne ;
mieux, ainsi isolés, regroupés et dramatiquement
placés, ces airs prennent toute leur saveur, certains prennent
même sens. Mais il ne faut pas pousser cette logique trop loin,
il s’agit avant tout de divertir et, comme dans la tragédie
lyrique, on se gardera de vouloir trouver à chaque danse un
lien profond avec l’action.
Et cette dimension
divertissante, Jonathan Kent l’a parfaitement comprise ; de ce point
de vu le pari est pleinement réussi : soutenir l’attention
pendant 3h30 de spectacle entièrement en anglais (même
la pièce est jouée en anglais) n’était pourtant
pas gagné d’avance. Le spectacle jamais n’ennuie, les tableaux
musicaux se suivent sans jamais se ressembler, contrairement aux
tableaux théâtraux : le fil d’Ariane est dans la
pièce, tandis que la musique s’amuse à l’embobiner.
C’est truculent et énormément travaillé :
décors et costumes aussi luxuriants que nombreux et habiles
(epanadiplose du décor général qui se disloque
au fil de l'action) ; direction d’acteur toujours animée avec
de très bonnes idées (les chinois qui deviennent Adam
et Eve ; le cabinet de curiosité dans les loges duquel
viennent s’asseoir les fées ; l’orange qui sert de sein
à Thisbée qui tombe pendant sa mort; l'Hymen qui
devient un pasteur…) et qui entre toujours en résonnance avec
le texte ; une bonne opposition entre le monde humain et ses lourds
costumes traditionnels abandonnés pour des nuisettes et des
chemises lâches pendant la confusion, très simple donc
en regard du monde féérique au luxe toujours changeant
; pas fan en revanche des chorégraphies que j’ai
trouvées anonymes et souvent insignifiantes. Kent a
parfaitement compris que le texte de Shakespeare ne devait pas
être surchargé scéniquement (sauf pour la
bouffonnerie du Pyram et Thisbé), tandis que les moments
musicaux autorisaient et même appelaient tous les fastes
possibles.
Mais ce spectacle trouve ses
limites pour deux raisons majeures: premièrement, rien n'est
jamais inquiétant dans cette vision, l'admirateur de
Füssli que je suis ne pouvait manquer de le remarquer et le
potentiel de la pièce de Shakespeare insuffisamment
exploité, ce monde baroque par son manque d'effroi tend trop
vers la comédie musicale. Ensuite et surtout, son manque
d’originalité: le metteur-en-scène ne nous propose
jamais un univers, une fantaisie personnels qui viendraient illustrer
celles de Shakespeare et Purcell, il nous propose au contraire
plusieurs univers différents que l’on a souvent
déjà vu ailleurs. Cette mise-en-scène est un peu
la synthèse de ce qui se fait de mieux dans le baroque depuis
30 ans : le luxe des costumes fait penser à McVicar ou
Villégier, certains décors (l’apparition de
Phébus!) à Pizzi, l’irruption du moderne dans l’ancien
(les artisans devenant hommes de ménage) à Pelly, la
direction d’acteurs à Wernicke ou Martinoty (la scène
de la nuit!)et certaines idées au Regietheater (la partouze
des lapins et toute la scène champêtre, au comique
bouffon parfaitement assumé). Rien de personnel dans ce
spectacle, de touchant donc, beaucoup de talent et de travail mais
pas de génie. Relativisons tout de même en
précisant qu’un spectacle de cette qualité est
suffisamment rare pour que l’on ne boude pas son plaisir avec cette
réserve.
Car ce qui gâche
finalement le plus ce spectacle, ce n’est pas son manque
d’originalité, c’est son accompagnement musical : d’habitude,
c’est le choix interprétatif pur qui me gêne avec les
Arts florissants, et j’ai récemment encore loué leur
excellence plastique, mais ce soir j’ai été assez
abasourdi par leur médiocrité. Trompettes canardantes,
vents faux, basse continue inaudible, violons acides, clavecin aussi
inspiré que dans les pires disques de Curtis (l’air du chinois
accompagné avec un prosaïsme désespérant),
problèmes de rythme, d’équilibre des pupitres, bref un
vrai naufrage. Si l’on compare cette prestation avec ce que faisait
William Christie à Glyndebourne, où fut
créée la prod’ par l’Orchestre de l’Age des
lumières, c’est le jour et la nuit : quelque chose me dit que
les musiciens des Arts florissants n’ont pratiquement pas
répété cette partition depuis le lointain
enregistrement du disque et leur calendrier surchargé en cette
saison anniversaire pourrait bien l’expliquer. Mais en aucun cas le
pardonner, leur prestation de ce soir fut vraiment lamentable ; et si
l’on ajoute les options retenues que je critique depuis longtemps
(jouer Purcell sur la pointe des pieds, à l’anglaise, à
l’opposé de toute la force, le dramatisme et les couleurs qu’y
apportent Harnoncourt ou Niquet pour ne citer qu’eux) et que Christie
abandonne quand il dirige d’autres ensembles (!!), on comprend que
l’orchestre ait suffit ce soir à gâcher mon plaisir
devant la mise-en-scène. Même remarque pour les chœurs
dont l’assurance et la cohésion n’étaient pas les
premières qualités.
Et le plateau souffre de
l’impréparation de la fosse. Pas les acteurs évidemment
qui sont tous formidables (surtout Desmond Barritt - en Bottom et
poète ivre - dont la présence comique est renversante),
mais les chanteurs oui. Les nombreux chanteurs sortis du chœur s’en
sorte plutôt bien avec leur petite partie, preuve encore que
c’est le travail d’équipe qui a manqué.
Emmanuelle de Negri est
magique en nuit, mais ne m’a pas convaincu dans la plainte, je n’y
crois jamais à cause de cette façon de jouer
caractéristique des Arts flo encore une fois, façon
éthérée qui veut que la délicatesse ne
s’accommode pas de la brutalité de l’incarnation – et Kenny ou
Gauvin ont, me semble-t-il, brillamment prouvé le contraire
pour cet air.
Le succès est par
contre total avec Andrew Foster-Williams : sa voix calmement
impérieuse fait merveille dans l’Hymen et le Sommeil, ses
talents d’acteur dans Coridon, et le tout dans l’Hiver.
Claire Debono
déçoit en revanche, on la sent mal à l’aise avec
l’orchestre, et la voix devient très vite acide. Même
remarque pour Lucy Crowe dont la voix semble avoir encore verdi, cela
sonne plus étriqué encore que ce qu’elle faisait avec
Minko, reste cette tension de l'émission (qui la rapproche de
Delunsch), mais elle n'en fît rien ce soir là.
Christie semble s’être
entiché d’Ed Lyon, il sera son Pygmalion à Aix cet
été et tiendra le rôle-titre dans la reprise de
l’Atys de Villégier en 2011 ; je ne comprends pas du tout cet
engouement, je trouve qu’il en fait toujours trop avec pas assez de
moyens vocaux. Je l’ai découvert en Hyllus dans un live
d’Amsterdam et déjà cette façon de trop ouvrir
les sons m’insupportait, je n’entendais qu’un benêt chantant ;
à le voir en vrai, je trouve que c’est le matériau
vocal qui est insuffisant : voix de ténor aigu
irrégulière, absence de graves et de couleurs,
problèmes de soutien (nb : c’est peut-être aussi du au
manque de répétitions, comme pour les autres
chanteurs). Alors certes il est plutôt beau gosse (mais pas en
blond!), et chez les ténors c’est une qualité rare,
mais pour chanter Secrecy cela n'est d'aucun secours.
Au final un spectacle qui
aurait du être superbe mais qui se trouve gâché
par l’orchestre. Heureusement le DVD a été
tourné à Glyndebourne, sans les Arts flo donc ; tous
les extraits vidéos proposés dans cet article
émanent de cette captation réalisée par
François Roussillon, il y en a beaucoup d’autres sur youtube.
D’ailleurs quelqu’un sait-il pourquoi Christie ne dirige jamais son
propre ensemble à Glyndebourne ?"
"L’été dernier,
William Christie avait dirigé au clavecin The Fairy Queen de
Purcell, sur la scène du théâtre de Glyndebourne
avec l’Orchestra of the Age of Enligthenment et le chœur de
Glyndebourne. Avec beaucoup de chance, ce spectacle a
été présenté ce mois-ci à Paris,
salle Favart, mais cette fois avec les Arts Florissants, dont on
fêtera tout au long de la saison musicale 2009-2010 les trente
ans. « On sort, ce samedi 16 janvier, de l’Opéra-Comique,
avec ce sentiment rare et exaltant d’avoir assisté à
l’un de ces spectacles parfaits où règne la concorde
des goûts, ces fameux “goûts réunis” qui sont
l’emblème de l’art baroque » a-t-on pu lire dans Le
Monde. Renaud Machard, l’auteur de cet article, n’est pas connu pour
sa complaisance à l’égard des Arts Florissants. On se
souvient, entre autres, de sa critique féroce du Serse de
Handel qu’avait dirigé ce même Christie en 2004 : «
Un air célèbre pour 160 minutes d’ennui » ! Si,
aujourd’hui, notre critique parle de «miracle de la scène
lyrique », c’est qu’il s’est peut-être passé
quelque chose ce soir-là.
Tout d’abord, comme l’a
précisé le directeur de l’Opéra-Comique,
Jérôme Deschamps, en introduisant le spectacle le soir
de la Générale, il s’agissait de la première
représentation scénique totale de l’œuvre de Purcell
à Paris. Il est à peine croyable en effet que ce «
semi-opéra » de Purcell, créé à
Londres le 2 mai 1692, n’ait jamais été donné
dans notre capitale, alors que la musique en est de part en part
sublime. Le texte, lui, est une adaptation du Songe d’une nuit
d’été de Shakespeare (1600) par un auteur anonyme.
Rappelons que c’était la mode, à Londres, de mettre en
musique des pièces de théâtre, et presque tous
les opéras montés en Angleterre sous le règne de
Charles II étaient basés sur des pièces
déjà existantes qu’on triturait dans tous les sens, en
supprimant ou en déplaçant certains passages, et en
ajoutant des strophes nouvelles destinées à être
chantées. C’est cela qu’on appelait le «
semi-opéra », un genre tout à fait à part
dans l’histoire de la musique, bien distinct de l’opera seria italien
ou de la tragédie lyrique française que les Anglais
n’ont jamais pu souffrir.
Il y avait donc ce soir
beaucoup de monde sur la petite scène de
l’Opéra-Comique puisque la distribution se composait
d’acteurs, qui incarnent les personnages principaux du drame, de
chanteurs, qui se chargent des personnages surnaturels, et enfin de
danseurs, pour les nombreux ballets qui émaillent le
spectacle. Sans oublier naturellement les quelques quarante musiciens
de l’orchestre qui ont interprété avec un vrai bonheur
la musique si extraordinairement belle de Purcell.
Commençons par ces
derniers, parce que ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de
voir les Arts Florissants au grand complet. Toutes les grosses
pointures de l’orchestre étaient présentes, Florence
Malgoire au premier violon, Marie-Ange Petit aux percussions, Simon
Heyerick à l’alto, Sébastien Marq à la
flûte, Jonathan Cable à la contrebasse, pour ne citer
qu’eux. On ne dira rien, en revanche, des trompettes qui auront
canardé toute la soirée !
Je ne sais pas si Purcell est
le compositeur de prédilection de William Christie (il
semblerait que ce soit plutôt Charpentier), mais c’est à
mon sens celui qu’il joue le mieux et celui dont il a la plus
parfaite intelligence musicale. Je ne connais personne qui le
surpasse dans ce répertoire. Même Harnoncourt, qui est
mon Dieu, n’a jamais réussi à l’égaler sur ce
terrain (sa Fairy Queen est lourde et empesée). Cet
opéra, par ailleurs, a une place importante dans l’histoire
des Arts Florissants. Ce sont eux qui l’ont
révélé en 1989, lors du Festival
d’Aix-en-Provence, et ce sont eux encore qui l’ont enregistré
chez Harmonia Mundi dans la foulée de leur succès
aixois. Et dire que cet enregistrement, qui a déjà
vingt ans, n’a pas pris une seule ride !
S’agissant des chanteurs,
Christie a fait appel à de jeunes interprètes, qui
possèdent un vrai talent. On aura eu ainsi beaucoup de plaisir
à réentendre les sopranos Claire Debonno et Emmanuelle
de Negri. J’avais découvert la première l’an dernier,
lorsqu’elle avait remplacé au pied levé Patricia
Petibon dans un récital à Gaveau, et la seconde il y a
un peu plus de deux ans, lors des master-class de René Jacobs,
où elle s’était distinguée dans air tiré
d’un oratorio de Händel. Dans le célèbre air de la
Plainte, O let me weep, qui est aussi l’un des plus poignants de tout
l’opéra, elle était idéale. Toutefois, la plus
belle découverte de la soirée restera incontestablement
celle de la basse Andrew Foster-Williams. Si, dans l’air du Silence,
qui clôt le deuxième acte, il était
déjà absolument émouvant (on peut l’entendre
dans la vidéo ci-dessous à la 2,39 minute), c’est dans
le personnage de l’Hiver, qu’il a révélé tous
ses talents de parfait musicien.
Enfin, le véritable
coup de génie aura été de confier la mise en
scène à Jonathan Kent et les décors et costumes
à Paul Brown. Ces deux personnalités ont réussi
l’exploit de faire en sorte qu’il se passe tout le temps quelque
chose sur scène. Quatre heures pendant lesquelles on rit, on
pleure, si bien qu’il est quasi impossible d’énumérer
toutes les trouvailles visuelles du metteur en scène, tant son
imagination est foisonnante. On retiendra quand même les lapins
géants qui copulent en nombre, le personnage de l’Hiver,
grimé de blanc, Adam et Ève tout nus sous un arbre
doré, la parodie de Pyrame et Thisbé, à se plier
de rire, et surtout toutes ces créatures extraordinaires,
fées, elfes, Pégase, etc., qui montent et qui
descendent sur scène, grâce à la machinerie du
théâtre, toute puissante et absolument fidèle
à l’esprit du baroque."
Festival
d'Edimbourg - 4 septembre 2009 - The Sixteen - dir.
Harry Christophers - avec Gillian Keith, Elin Manahan Thomas,
Grace Davidson, Iestyn Davies, James Gilchrist, Jonathan Best ,
Ben Davies, Jeremy Budd, Mark Dobell
Coly - Abbaye de St Amand
- 8, 9 août 2009 - Festival du Périgord
Noir - dir. Michel Laplénie - mise en espace, costumes
Henry Dupont
"... cette magnifique
production, heureusement portée par la belle acoustique de
l’église, production qui aurait bien plus de raison de figurer
sur les plus grandes scènes musicales parisiennes que bien des
spectacles qui parfois ne lassent pas de nous désoler.
A commencer par la mise en
scène pourtant simple d’Henry Dupont, emplie de costumes
éclatants et beaux (retenons surtout celui de Phoebus, que
n’aurait pas refusé Louis XIV dans Le Ballet de la Nuit),
inspiré du théâtre baroque. Pas de remplissage
inutile, pas de faibles chorégraphies pour meubler les
ballets, mais un profond respect de la musique et du texte, et une
prise en compte de l’espace qui était à disposition, se
permettant des entrées et sorties par l’allée centrale
— y plaçant même deux sopranos et une basse pour le
chœur final, dont toute l’église s’est trouvée
submergée avec grâce. Et surtout, l’on sent un
véritable enthousiasme chez les chanteurs à se plier
avec espièglerie et délice à cette mise en
scène.
Mais bien sûr, que
serait une mise en scène d’opéra réussie, si
l’orchestre n’y mettait pas du sien ? Encore une fois, le plaisir de
jouer est évident, palpable, non seulement agréable,
mais presque noble. Sous la baguette subtile et enlevée de
Michel Laplénie, les notes volent, fusent avec
légèreté et délicatesse — que dire de
l’air du Sommeil à l’acte deux (le fameux ‘Hush, no more…’,
repris ensuite par le chœur), d’une mesure parfaite, dont les
silences qui le ponctuent, au lieu de le rendre pesant comme c’est
parfois le cas, au contraire, l’emplissaient d’une belle tension, qui
nous tenaient en haleine, attendant pantois la suite? —, les
académiciens (qu’il nous semblait nécessaire de tous
nommer plus haut, au même titre que les solistes chanteurs)
nous régalent d'une énergie bouillonnante, faisant
montre d’une cohésion profonde. Des violons très doux,
suaves (notamment dans la danse des fées acte II), parfois
pleins d’allant et piquants (marche en ouverture de l’acte quatre,
alors portés aussi par les trompettes et la timbale
entraînante d’Aurore Bassez), tenus sur une ligne, sont
soutenus par un magnifique continuo, dominé par les cordes —
les clavecins étant d’une discrète présence.
Si l’on se surprendra à
déplorer le peu de théorbes, instrument
représenté par le solitaire Fabien Brandel, qui prend
toute sa place dans l’air de la Plainte dans l'Acte V, soutenant avec
grâce un tendre et émouvant solo de viole de gambe
(Ondine Lacorne-Hebrard dans la représentation du huit
août, Justin Glaie dans celle du lendemain), l’ensemble du
continuo a une belle ampleur, tout en étant chargé de
la même délicatesse que le reste de l’orchestre, qu’il
sait parfois entraîner avec force quand il le faut. Le basson
d’Isaure Lavergne ponctue subtilement avec rondeur les hautbois dans
le Hornpipe concluant le troisième acte, tandis que Nicolas
Verhoeven, aux soli continuistes du violoncelle, amène une
agréable énergie. Mais, surtout et par dessus toutes
leurs qualités individuelles, les continuistes ont une
parfaite écoute des chanteurs, qu’ils soutiennent avec
générosité.
Du côté des
solistes vocaux qui viennent justement d'être
évoqués, il est tout aussi difficile, comme pour les
musiciens, de les hiérarchiser, et nous devrons nous contenter
de les présenter dans l’ordre de leurs voix, de haut en
bas.
Caroline Arnaud, est la
première à prendre la parole, dans le duo avec la basse
‘Come, come, come, come…’. Mais surtout elle nous gratifia d’un
superbe air de la Nuit dans l’acte II avec un timbre très pur,
clair. Une voix légère, aux confondantes harmoniques
aigues. Confondantes harmoniques dont Alice Kamenezky (la
première fée et le Printemps) est, elle non plus, loin
d’être dépourvue. Sa voix, qui porte magnifiquement,
n’est d’ailleurs presque qu’en magnifiques harmoniques, haute,
dégagée, souple et ouverte, et d’une étonnante
suavité. Mystère intriguant au deuxième acte
(là encore, louons le costume), mais surtout pathétique
Plainte, Michiko Takahashi, est dotée d’une voix cristalline,
pure, et grandement poignante. D’une simplicité tout à
son honneur, sans pathos débordant, sa Plainte était
d’une grande beauté triste, en accord avec le continuo
déjà loué.
Si les quatre voix
médianes d’alti et ténors nous ont également
enchanté, toutes claires et dégagées — le duo de
contre-ténors (Julien Marine et Rodrigo Ferreira) ‘Let the
Fife and Clarion’ s'est révélé du plus bel
effet, les deux voix s’épousant dans une agréable
symbiose, tandis que l’Automne d’Etienne Garreau était
très ouvert et fluide, avec une belle haute voix
aérienne —, nous déplorerons cependant le peu de soli
dont ils ont bénéficié, qui rend moins
aisée leur apologie.
Cependant que
Jérémie Delvert, baryton-basse hilarant en Poète
ivre au premier acte, a révélé un timbre
dégagé et clair en Hiver trois actes plus tard. Un
Hiver émouvant et, osons le mot, beau.Mais au sein de toutes
ces voix délicieuses, celle de la basse Cyril Costanzo a
particulièrement happé votre humble subalterne.
Dès son entrée en Sommeil à l’acte deux, sur la
fin de l’air du Secret, sa forte présence scénique nous
a intrigué. Puis, son premier ‘Hush’ et mi bémol
entamés, tout semblait avoir miraculeusement disparu autour de
nous, saisi que nous étions. Montant avec souplesse et aise,
descendant avec ampleur et profondeur, sa voix, presqu’inhumaine, est
toujours sur un fil, jamais relâchée, étroitement
uni avec l’orchestre déjà loué pour ce moment
miraculeusement magique.
C’est donc plus que conquis
que nous applaudîmes longuement un spectacle, que nous
espérons pouvoir acclamer de nouveau un jour, car il
mérite de nombreuses reprises à travers nos vastes et
belles contrées françaises et
navarrines."
Londres - BBC Proms -
Royal Albert Hall - 21 juillet 2009 - version
semi-scénique - Orchestra of the Age of Enlightenment -
Glyndebourne Chorus - dir. William Christie - mise en scène
Francesca Gilpin - avec Carolyn Sampson, soprano, Lucy Crowe,
soprano, Claire Debono, soprano, Anna Devin, soprano, Sean
Clayton, ténor, Ed Lyon, ténor, Adrian Ward,
ténor, Andrew Foster-Williams, baryton-basse, Lukas Kargl,
baryton
Lannion -
Carré Magique - 29 juin 2009 - Ensemble baroque
brestois Sarabande - École de Musique du Trégor -
dir. Isabelle Diverchy
"La troupe dirigée par
Isabelle Diverchy, professeur de chant etchef d'orchestre,
était principalement composée d'élèves de
l'École de Musique du Trégor, accompagnés, entre
autres, par l'Ensemble baroque brestois Sarabande. L'occasion pour
près de 70 chanteurs amateurs, solistes ou choristes, de
présenter l'aboutissement d'une année de travail,
devant un large public.
L'histoire de ce
semi-opéra en cinq actes, inspiré du «Songe d'une
nuit d'été» de Shakespeare, a plongé les
650 spectateurs dans un univers onirique, au coeur d'une forêt
magique, peuplée de fées, de lutins, de nymphes et
autres sorcières..., qui vont s'amuser à semer la
confusion parmi les humains. Le public s'est laissé bercer par
les voix des solistes et des choristes, qui ont mené
l'intrigue dans un tourbillon de magie, d'allégresse et
d'extravagance, tout au long du spectacle mis en scène d'une
manière très actuelle par la Brestoise Vivianne Marc.
Le programme, distribué à l'entrée, permettait
également de suivre l'histoire en français, les paroles
des chansons étant toutes interprétées dans la
langue de Shakespeare. À la sortie, les avis étaient
unanimes et enthousiastes. «J'aiété
épaté par la justesse et le professionnalisme des
chanteurs, quel que soit leur âge», a confié
Jean-Philippe, musicien traditionnel. De même pour Anne, venue
voir son petit-fils Antoine, sur scène: «Je ne suis pas
fan d'opéra, mais j'ai trouvé que c'était
magnifique! », s'est extasiée cette mamie
comblée." (Le Télégramme)"
Montréal - Chapelle
Notre-Dame-de-Bonsecours - Festival Montréal
Baroque - 25 juin 2009 - Bande Montréal Baroque,
Repercussion Theatre, Marie-Nathalie Lacoursière - dir.
Erin Helyard. - avec Suzie Leblanc, Monika Mauch, Charles Daniels,
Pascal Bertin, Nathaniel Watson, Harry van der Kamp
Glyndebourne -
20, 25, 30 juin, 7, 10, 17, 19, 25, 28, 30 juillet, 4, 8
août 2009 - Orchestra of the Age of Enlightenment - dir.
William Christie / Laurence Cummings - mise en scène
Jonathan Kent - chorégraphie Kim Brandstrup -
décors, costumes Paul Brown - lumières Mark
Henderson - avec Carolyn Sampson, Lucy Crowe, Claire Debono, Ed
Lyon, Robert Burt - nouvelle production
Diapason
- septembre 2009
"Le nouveau spectacle a
bénéficié de moyens considérables, mais
négligé l'unité qu'Adrian Noble trouvait dans
une palette harmonieuse et une lumière douce, brouillant les
frontières de l'action parlée et des divertissements.
Dans une œuvre déjà protéiforme, Kent accuse
l'éclatement : zapping (kamasutra de lapins, duo façon
Benny Hill, numéro de folle perdue pour l'air du « Summer
sprightly gay » ... ) et contrastes apppuyés entre la
société des fées (haute couture d'un noir
flashy), les artisans (ouvriers de surrface en combinaison orange) et
les nobles (perruques et costume à l'ancienne). L'œil est
rarement flatté (une palette aussi sombre aurait-elle pu
trouver sa profondeur avec un éclairagiste virtuose ?), et
l'oreille inversement n'est que charmée, par un William
Christie buutinant des joliesses dans l'orchestre et chez une
douzaine de jeunes voix triées sur le volet (superbes Claire
Debono et Lucy Crowe). Reste un trésor, trésor national
: ces acteurs ! Humbles révérences à Desmond
Barrit, qui pousse la chansonnette du Drunken Poet et campe un
formidable Bottom. Pour lui et pour quelques beaux moments, on
reverra volonntiers ce spectacle dépareillé et bien
long, salle Favart, en janvier. En espérant que la grande
bibliothèque Restauration où s'inscrivent les cinq
actes et les machines (imposantes mais ... sans magie) trouveront
mieux leurs marques que le Zoroastre de Drottningholm."
Opéra Magazine - octobre 2009
"La pièce débute
dans une vaste salle où s'exposent, derrière les vitres
d'un cabinet de curiosités, animaux empaillés, masques
chinois et autres plantes exotiques, le tout nimbé de la
lumière chaude du crépuscule. Costumes d'époque
et perruques poudrées : le sort réservé à
Hermia sera discuté dans la tradition. Puis perruques et
manteaux disparaissent, cédant la place aux combinaisons
résolument contemporaines d'agents de nettoyage (Bottom et ses
comparses) : contraste facile, mais drôle et efficace.
Changement de tableau. Nous
voici plongés dans la nuit, avec des elfes vêtus de
noir, entamant un splendide ballet dans une pénombre qui rend
leurs mouuvements furtifs, presque imperceptibles, et dessine le
monde caché d'une forêt fourmillant de créatures
inquiétantes. Bientôt, le surnaturel prend le dessus :
Titania est emprisonnée dans une chrysalide de soie, puis
suspenduc sous la Vigilance menaçante d'une araignée
géante, dont la demi-silhouette descend des cintres.
La force de cette
scénographie est de se référer à
l'Angleterre de la fin du XVIIe siècle, avec des costumes et
décors remarquablement raffinés, tout en introduisant,
sans effets spéciaux, la magie d'un bestiaire fantastique,
riche en références picturales (Arcimboldo ... ), le
tout balancé par un réjouissant prosaïsme. A
l'image de cette chorégraphie ahurissante où des
danseurs, costumés en lapins de peluche, exécutent les
positions du Kâmasûtra devant un public hilare.
Les acteurs, à
commencer par un Bottom irrésistible, sont tous très
convaincants, même si Titania perd de son charme en s'affichant
par trop péremptoire. Côté voix, la
séduction opère aussi, avec des chanteurs à
l'aise dans ce répertoire. Chez Ed Lyon, le timbre
délicat, presque affecté, comme la richesse de
l'ornementation, font merveille dans « Come ail ye songsters
» et « One charming night ». Même satisfaction
ayec la souplesse de l'instrument de Claire Debono (« Thus the
evergrateful Spring »), ou encore l'aisance de Lucy Crowe
(« Sing while we trip it »).
Dans la fosse, le son des
instruments «d'époque» de l'Orchestra of the Age of
Enlightenment prolonge idéalement la transposition dans
l'Angleterre de la Restauration. Laurence Cummings (succédant
à William Christie) impulse une lecture vive et joyeuse.
L'utime trait d'humour : le chef saluera en costume de lapin,
dodelinant du derrière !"
Calais -
Théâtre municipal - 12 décembre
2008 - Opéra de Lille -
16, 17, 18 décembre 2008 -
Théâtre Musical de Besançon - 7
janvier 2009 - Grand Théâtre
de Dijon - 10, 11 janvier 2009 - Valenciennes - Le Phénix - 13
janvier 2009 - Groningen -
Stadsschouwburg - 17, 19
janvier 2009 - Stadsschouwburg, Utrecht
- 20 janvier 2009 - Maastricht
- Theater aan het Vrijthof - 21 janvier 2009 - Gand - Opéra de Flandre - 24, 25
janvier 2009 - Vélizy-Villacoublay
- L'Onde - 30 janvier 2009 - Arras - Théâtre
Missionné - 4 février 2009 - Clamart - Théâtre Jean Arp
- 7 février 2009 - (After) The Fairy Queen - Jeunes
solistes du Concert d'Astrée - dir. Emmanuelle Haïm /
Jonathan Cohen - mise en scène Wouter Van Looy -
chorégraphie et vidéo Vivian Cruz - costumes et
sculptures Freija van Esbroeck - décor et lumières
Sascha Van Riel -
La Voix du Nord - 17 décembre
2008
"Deux couples, un groupe de
filles, un groupe de jeunes hommes. Citation sur les incertitudes et
les fébrilités de l'amour - « tout jour m'est nuit
tant que je ne te vois pas ». Petit coup de gong, entrée
des violons. Ainsi, s'ouvre cette féerie baroque,
chorégraphique et musicale d'après l'opéra
d'Henry Purcell The Fairy Queen donnée hier soir à
l'opéra de Lille. Succession de scènes poétiques
et oniriques, enchaînements d'airs, de choeurs et
d'intermèdes instrumentaux. Et d'un bout à l'autre, les
deux (superbes) couples de danseurs - les amoureux de cette
improbable fantaisie shakespearienne (Le Songe d'une nuit
d'été)...
Comment rendre lisible
aujourd'hui une intrigue théâtrale et musicale dont les
codes nous échappent en partie ? Le pari de cette coproduction
Clef des chants/opéra de Lille était hardi. Et le
résultat est absolument convaincant : une petite merveille de
grâce, de poésie, d'inventivité. Le travail
combiné d'Emmanuelle Haïm sur la partition et de Wouter
Van Looy sur la scénographie donne (enfin) une vraie
lisibilité à une oeuvre toujours donnée comme
impossible. En une petite heure et demie, danseurs et chanteurs nous
prennent par la main pour nous guider dans un univers du masque, du
miroir et de l'émotion. De tableau en scène de genre -
les saisons, les courses dans la forêt, la nuit d'amour -, tout
respire la sensualité, l'esthétisme et
l'élégance.
Les voix sont belles et pures,
la musique de Purcell rendue à sa beauté, la
féerie baroque à sa magie."
Classique.news - Féerie revisitée
"After", placé avant le
titre de l'opéra de Purcell, l'un des plus applaudis (non sans
raison), indique la distance prise avec ce chef d'oeuvre lyrique du
XVIIème siècle: ici, sous la plume à
métamorphose du compositeur dont 2009 marque le 350è
anniversaire de la naissance, sous l'action de sa pensée
poétique, Le Songe d'une nuit d'été du grand
William (Shakespeare), devient The Fairy Queen, une féerie
musicale et théâtrale, semi-opéra (genre
emblématique de l'art musical britannique des derniers Stuart
dont Purcell est le meilleur ambassadeur.)
La production
déjà présentée en 2008, au cours d'une
tournée qui se termine début février 2009, est
une compilation des meilleurs morceaux de l'ouvrage purcellien,
établie dans une dramaturgie "nouvelle" (conçue par le
metteur en scène belge, né en 1966, Wouter Van Looy),
désireuse d'offrir un regard neuf et
régénéré du théâtre de
Purcell. L'ouvrage du musicien britannique mort en 1696, à
seulement 36 ans, a été créé le 2 Mai
1692 au théâtre de la Reine à Londres.
Ici quatre danseurs,
ambassadeurs de la sensualité opérante, de cette
grâce captivante qui ouvre la faille de l'onirisme visuel
(Hermia, Démétrius, Lysandre et Héléna,
dirigés par la chorégraphe mexicaine Vivian Cruz)
personnifient aussi, aux côtés des chanteurs du Concert
d'Astrée, l'égarement des couples mêlés,
entrecroisés, pris dans les rets du trouble et de
l'ambivalence. Chacune de leur apparition permet la
réalisation du rêve purcellien.
Le sujet a séduit
après Purcell, Mendelssohn et aussi Britten. Les souverains
Oberon et Titiana, roi et reine des elfes, se disputent un jeune
page. La forêt qu'ils habitent devient lieu des enchantements
et des envoûtements où chacun fait l'expérience
de la soumission et de la perte de son identité profonde. En
un parcours initiatique et métaphorique, chacun revient
à la réalité, comme purifié après
un rite poétique décisif. Le travail de la jeune
artiste belge Freija Van Esbroeck souligne le délire et les
vertiges surréalistes qui saisissent chaque personnage. Entre
fantastique et beautés inédites, la plasticienne
imagine un bestiaire personnel métissé des rites
hallucinogènes des Indiens d'Amazonie: autant de
créations visuelles destinées à exprimer les
manifestations d'un monde que doivent éprouver tous les
personnages, au cours d'une seule nuit magique. Féerie
convaincante."
ResMusica
"Il est difficile de qualifier
ce spectacle avec notre vocabulaire actuel, mais en fait l’esprit du
Mask est respecté, car les quatre danseurs et les chanteurs
sont en contact permanent, participant aussi les uns à la
pratique des autres. A la danse appartient finalement la partie la
plus narrative, que les artistes exécutent avec une sorte de
langage corporel : la chorégraphie utilise une forme de mime
symbolique toujours en mouvement, qui explique le sens du texte ; les
attitudes rappellent aussi la gestique théâtrale du
XVIIe siècle, qui va de pair avec un texte tout en maximes, en
sentences, très maniériste en somme. Les chanteurs
solistes sont fort émouvants par leur jeunesse et leur
spontanéité ; les deux sopranos Suzan Gilmour Bailey et
Hanna Bayodi-Hirt conduisent le bal avec une réelle
conviction.
L’ensemble instrumental Le
Concert d’Astrée les soutient avec finesse et poésie :
l’évocation des oiseaux par les flûtes est
délicieuse, l’accompagnement du ground de l’hiver
délicat comme la neige qui tombe et celui de la nuit
opportunément mystérieux. Pourtant des sonorités
étranges surgissent ça et là : de la percussion
et du « didjeridu » australien s’intègrent
parfaitement à l’orchestre baroque.
« Ils se marièrent
et ils eurent beaucoup d’enfants »... Des réjouissances
dansées présentent les quatre mariés en costume.
La morale est-elle sauve ? Il semble pourtant que les couples ne
soient pas ceux du début : l’amour est
décidément aveugle, « Love is blind
»."
Buenos Aires - Teatro 25
de Mayo - 28, 29, 30, 31 août 2008 - dir. Jeffrey
Gall - mise en scène Lizzie Waisse
Aix-en-Provence -
Grand-Théâtre de Provence - 18 juillet
2008 - version de concert - Chanteurs et Orchestre de
l'Académie Européenne de musique - dir. William
Christie
Opéra de Rennes
- 2, 4, 8, 10 février 2008 - Vannes - Théâtre Anne de
Bretagne - 14 février 2008 - Lorient - Théâtre Anne de
Bretagne - 15 février 2008 - Choeur de
l'Opéra de Rennes - Ensemble Les Caractères - dir.
Sébastien d'Hérin - mise en scène Jean de
Pange - chorégraphie Cooky Chiapalone - scénographie
et costumes Mathias Baudry - avec Caroline Mutel (la Nuit, le
Printemps), Stéphanie Houtzeel (le Mystère, Junon),
Thomas Michael Allen (le Secret, Mopsa, l'Été,
l'Automne, un Chinois), Frédéric Caton (le Sommeil,
Corydon, l'Hiver, l'Hymen), Elsa Benoit, Isabelle Iraola, Bleuwen
Mevel, Violaine Le Chenadec (sopranos), Anne Ollivier, Clotilde
Delacour (altos), Emmanuel Lanièce, Jean-Jacques L'Anthoen,
Cyril Calac (ténors), Jérôme Savelon
(baryton)
"Au début, on est
très agacé. Pourquoi Jean de Pange refuse de prendre
The Fairy Queen comme tel, un opéra fantaisiste
dénué d’action ? Pourquoi, dans cette accumulation de
scènes poétiques, oniriques et métaphoriques
s’acharne-t-il à chercher un fil rouge qui n’existe
peut-être pas ? Pourquoi, enfin, défend-il bec et ongles
une intrigue qui ne montre que d’obscures histoires de petites mœurs
vécues par deux couples en crise, dans le cadre «
mochissime » d’un immeuble glauque ? Qu’est-ce que Purcell vient
faire chez les Rougon-Macquart ? Ce n’était vraiment pas la
peine de se donner tout ce mal à anéantir la magie de
« Fairy Queen », à en gommer les charmes, pour les
« contextualiser » !
Et dès le début
du III, « If love’s a sweet passion » transformé en
déclaration d’amours interdites, nous fait changer d’avis. A
la mollesse résignée du début succède
chez les personnages une volonté de bouger, d’essayer, de
séduire ou de repousser, de bouleverser leur existence. «
Now the night », débridé, est l’incarnation
comique de cette évolution. Mais les expérimentations
se suivent et ne se ressemblent pas : « See,my many colour’d
fields », nostalgique, et surtout « Sure, the dull god
», incroyable duel figé entre les deux chanteuses, sont
les versants plus amers d’une véritable épopée
intérieure. « Humain, trop humain » ? En
délaissant le royaume des créatures fantastiques et des
allégories, the Fairy Queen ne perd pas ses saveurs. Sa
dynamique ascendante, jusqu’au final triomphant, y gagne même
en signification et en densité. Et ce que l’on prenait pour de
l’amateurisme et du mauvais goût chez le metteur en
scène n’était rien d’autre que les échecs qui
donnent envie de triompher, que la médiocrité qui
prélude aux fulgurances du génie. Bien sûr,
quelques adaptations, par rapport à la tradition, sont
nécessaires : ce n’est pas une soprano mais une mezzo qui
donne la réplique à la basse dans « If love’s a
sweet passion », et le dialogue Corydon/Mopsa, ansi que le trio
final, se transforment en quatuors, avec protagonistes muets. Mais
à l’impossible nul n’est tenu, et Jean de Pange, justement, a
su repousser les limites de ce que l’on croyait possible dans Fairy
Queen, faisant vivre au spectateur une expérience
théâtrale de tout premier ordre !
Et même quand il s’agit
de parler musique, il nous faut encore vanter les mérites de
la mise en scène ! Car en créant une intrigue simple
pour lier entre elles les différentes parties de l’œuvre, Jean
de Pange créé aussi des personnages. Il devient alors
assez vain de dire que Caroline Mutel interprète la Nuit, le
Printemps, la « Plaint »…, ou que Frédéric
Caton se charge 1) du Sommeil, 2) de Corydon, 3) de l’Hiver, 4) de
l’Hymen… Ils sont un couple, elle, voix moelleuse, aigus vaillants et
présence indéniable, lui son époux sombre et
résigné jusqu’au duo « Turn then thine eyes
». De même, le sensible Thomas Michael Allen est un
compositeur, qui retrouvera, grâce à la somptueuse
Stéphanie Houtzeel (timbre et présence majestueuses,
et, pour l’anecdote, l’un des nombreux « Quinquin » du
dernier Rosenkavalier parisien), l’amour et l’inspiration. Autour de
cette partie carrée à la Cosi fan Tutte gravitent une
pléiade d’excellents solistes et choristes,
préparés avec le soin habituel par Gildas Pungier. Et
tout ce beau monde donne un Purcell « dans son jus »,
chantant un anglais… où on roule les « r » !
Déroutant de prime abord, cet élément
s’avère rapidement un point fort appréciable, la langue
de Shakespeare (qui n’aura jamais été si
authentiquement Shakespearienne !) y gagnant une nuance bienvenue de
musicalité italienne.
De la fosse aussi, on dira
beaucoup de bien… sans oublier pour autant des cuivres
fâchés avec la justesse. Les Nouveaux Caractères
montrent une sonorité étonnamment personnelle pour leur
jeune âge, pleine et ronde, tranchant
délibérément sur les nombreuses formations
baroques qui défendent un jeu plutôt sec.
Sébastien d’Hérin maîtrise pleinement cette belle
matière sonore, animant un discours fluide faisant la part
belle aux tutti rugissants, mais ne renonçant pas à
laisser s’exprimer la poésie de certains solos, quand
l’occasion se présente.
Une mise en scène
audacieuse, un plateau idéal et un orchestre qui semble bien
décidé à faire parler de lui dans les futures
grandes heures de la musique baroque : on jubile et on en redemande
!"
"Ambiance en théorie
nocturne et rêveuse pour cet opéra, qu'on ne retrouve
pas exactement dans la mise en scène proposée par Jean
de Pange. Il a en effet décidé de transposer l'intrigue
dans un immeuble contemporain... il semble qu'il torde un peu le
livret pour le faire entrer dans sa conception, mais à la
rigueur peu importe, car l'essentiel n'est pas ici ce qui est
à voir, mais ce qui est à écouter. The Fairy
Queen se présente en effet plus comme une succession de
tableaux que comme un opéra avec une trame dramatique
très précise. Côté musique, et chant donc,
nous sommes vraiment comblés, car les airs se
succèdent, tous d'une grande beauté. Notamment dans
l'acte III, où il est plus particulièrement questions
des passions amoureuses et autres fantasmes.
... L'opéra
réserve aussi quelques scènes amusantes,
renforcées par la mise en scène, comme par exemple la
mini-chorégraphie au moment du chant "'Tis that happy, happy
Day", qui semble être un clin d'oeil à la série
Happy Days, ou, dans l'acte III, la tentative de séduction
d'un homme par un homme, très drôle.
Il faut signaler ici la
très belle prestation du choeur de l'Opéra de Rennes,
très homogène, qui nous offre sûrement les plus
beaux airs de l'opéra, ainsi que de la mezzo-soprano Stephanie
Houtzeel, très expressive, qui sort du lot des solistes. La
représentation à laquelle j'ai assisté
était la première, et il y a fort à parier que
les légers flottements et couacs de l'orchestre des Nouveaux
Caractères emmené par Sébastien D'Hérin
seront rectifiés lors des suivantes. Mais comme je l'ai dit en
début de chronique, la musique baroque à l'air
d'être un art bien périlleux à pratiquer,
alors..."
Opéra Magazine - avril 2008 - 8
février 2008
"Oublier Shakespeare et A
Midsummer Night's Dream pour porter sur The Fairy Queen un regard
résolument neuf. Oublier le XVIIe siècle, voire le XVIe
pour accepter la contemporanéité d’un « regard
plus sensitif que réfléchi », qui transpose la
féerie d’une forêt dans le cadre uniforme d’un immeuble
et d’un univers « résolument urbains ». Les
personnages évoluent d’un étage à l’autre,
passant d’un salon avec méridienne à une chambre avec
un lit étroit pour s’attabler dans une cuisine sans charme.
Dans cet espace se nouent les aléas des désirs et du
théâtre, en lumières crues ou ombres
chinoises.
Bien qu’elle reste parfois
absconse, le principal mérite de la mise en scène de
Jean de Pange est sa fluidité. Les airs et ensembles
s’enchaînent avec un grand naturel, au gré des
déplacements. Elle donne aussi à voir le rituel
amoureux sous ses différentes facettes : déshabillage
presque liturgique de couples dans la chambre conjugale (acte I),
animalité réfrénée que rappelle
l’irruption des hommes à tête d’âne (seule
concession à la féerie). Surtout, elle donne une
cohérence à l’intrigue en personnifiant les
protagonistes, en faisant oublier qu’ils interprètent
plusieurs rôles à la fois, parfois impersonnels : la
Nuit, le Printemps, l’Hiver... De fait, au final, deux couples
apaisés s’avanceront vers le public.
A cette modernité
visuelle répond le choix revendiqué d’un retour aux
sources musical, avec les instruments anciens de l’ensemble Les
Nouveaux Caractères, la jeune formation de Sébastien
d’Hérin, mais aussi une prononciation d’époque, avec
l’ambition affichée de « chanter Purcell comme au XVIIe
siècle ». Et l’oreille de s’extasier aux « r »
délicieusement roulés, de découvrir des accents
inattendus (« a hundred » prononcé « a
houndrèd »), qui rappellent aussi que certaines rimes,
avec une prononciation contemporaine, ont pu disparaître :
good/blood, love/prove...
Pour
l’homogénéité de l’ensemble, la réussite
est déjà au rendez-vous. Aux sonorités profondes
de l’orchestre, auquel Sébastien d’Hérin impulse
langueur, rugissements et tendresse, répondent des chanteurs
d’excellente tenue : Caroline Mutel aux aigus délicats et
d’une belle élégance vocale, Stephanie Houtzeel
à la projection et au timbre séduisants, Thomas Michael
Allen, qui sait être drôle en travesti et tendre en
soupirant, Frédéric Caton, sombre et solennel. Les
autres solistes et les choeurs sont irréprochables, apportant
là aussi la surprise de montrer la filiation entre Purcell
et... le gospel (acte III), danse rythmée comprise. Le
baroque, décidément, n’a pas fini de nous
surprendre!"
Ouest France - avril 2008 - Du
très bon et du moins bon - 4 février 2008
"Le rideau de l'Opéra
se lève sur une sorte d'adaptation de « La Vie mode
d'emploi » de Georges Pérec : une structure d'immeuble
dont on aurait ôté la façade pour voir... Douze
alvéoles, où sont dispersés les choristes. La
vie en noir et blanc. Et statique. Il faudra attendre la fin du IIIe
acte pour que ça s'anime un peu. Pas longtemps... Une
féerie minimale, donc. Mais dans cette encombrante
installation, se tient le Choeur de l'Opéra de Rennes.
Très au point, encore. Quelle constance dans la qualité
! On n'en dira pas autant des solistes...
En difficulté
dès le Ier acte, Thomas Michael Allen l'est plus encore au Ve
... Après un départ incertain, Frédéric
Caton en revanche se reprend et donne de la voix, avec de
l'assurance. Caroline Mutel assure son rôle, certes - quoique
dans le IIe acte... - mais elle semble constamment à la limite
de ses moyens. Il n'y a que Stéphanie Houtzeel, superbe
présence sur scène et réelle aisance vocale, qui
fasse une très convaincante impression. Quel dommage. Cette
partition est, en effet, merveilleusement lyrique...
Car, grâce au talent du
chef Sébastien D'Hérin - mise en place,
musicalité, précision rythmique, souci expressif... -
ce divertissement manifeste toutes ses merveilles. Certes, l'oeuvre
de Henry Purcell n'est pas un opéra, l'intrigue manque, la
continuité n'apparaît pas, mais que de beautés et
que de variété dans ces beautés ! Les Nouveaux
Caractères, malgré des soucis récurrents de
justesse dans les rangs des cuivres, portent cette oeuvre avec une
séduisante conviction."
Osnabrück - Theater
am Domhof - 26, 31 mai, 8, 10, 22, 24 juin, 6, 11
juillet, 21 octobre 2007 - Mathis Kleinschnittger Ersatz
Tanttheater - Chor des Theaters Osnabrück - Osnabrücker
Symphonieorchester - dir. Till Drömann - mise en scène
Marcel Keller - chorégraphie Marco Santi - décors
Marcel Keller - costumes Werner Fritz - avec Thomas Schneider
(Theseus / Oberon), Christel Leuner (Hippolyta / Titania),
Krzysztof Zawadzki (Der junge Oberon), Ini Dill Die junge
(Titania), Angelika Thiele (Puck), Vit Barták (Lysander),
Daniel Drabek (Demetrius), Frank Färber (Drunken Poet / Sleep
/ Coridon / Winter / Hymen), Mark Hamman (Mopsa / Autumn), Tadeusz
Jedras / Marco Vassalli (Belarius), Zaida Ballesteros Parejo
(Helena), Alexandra Brenk (Hermia), Iris Marie Kotzian (Celia /
Nymph / Chinese Woman), Natalia Atamanchuk (Senfsamen / 1. Fairy /
Night / The Plaint), Kristine Larissa Funkhauser (Bohnenblüte
/ 2. Fairy / Mystery / 2. Woman), Kolja Hosemann (Spinnweb /
Secrecy / Summer / Phoebus), Kristian Breitenbach (Ein indischer
Knabe), Klaus Fischer (Squenz), Jan Schreiber (Zettel), Friedrich
Witte (Flaut), Uwe Kramer /Dietmar Nieder (Egeus / Schlucker /
Wand / Mond), Oliver Meskendahl (Schnock) - nouvelle production
Théâtre de
Linz - 11, 15, 22, 28 mars, 16, 24, 27 avril, 14, 30
mai, 1er, 6, 11, 19 juin 2007- dir. Dennis Russell Davies /
Alexander Hannemann - mise en scène Andreas Baesler -
chorégraphie Michael Langeneckert - décors, costumes
Felix Eckhard Wegenast, Isabella Reder - avec Cheryl Lichter /
Cassandra McConnell (Titania), Kurt Azesberger / William Pugh
(Oberon), Gotho Griesmeier / Alesja Miljutina (Hermia), Isaac
Galan / Martin Achrainer (Demetrius), Anna Sterbová
(Helena), Alexander Novikov (Lysander), Gregory Holt / Rafael
Valdivieso (Indischer Knabe), Michael Langeneckert (Puck), Mark
Calvert (Mopsa), Nikolai Galkin / William Mason (Drunken Poet),
Klaus-Dieter Lerche / Leopold Köppl (Hymen) - nouvelle
coproduction avec Oldenburgische Staatstheater
Côme - Teatro
Sociale di Como - 10, 11 mars 2007 - Cremone - Teatro Amilcare Ponchielli -
21 avril 2007 - mise en scène Deda Cristina Colonna -
décors Francesco Vitali - costumes Monica Iacuzzo
Théâtre
d'Aix-la-Chapelle - 9, 14, 16, 22, 24, 30 septembre, 8,
10, 21, 27, 29 octobre, 9, 22 novembre 2006 - dir. Jonathan Cohen
- mise en scène Tom Kühnel - décors Mascha
Deneke - costumes Sabin Fleck - chorégraphie Krystyna
Plachetka
Brighton - Theatre Royal
- 19, 20 mai 2006 - Chelsea -
Cadogan Hall - 22 juin 2006 - Warwick International Festival - 7, 9
juillet 2006 - Oundle Festival
- 19 juillet 2006 - Armonico Consort - dir.
Christopher Monks
Malaga - Teatro Miguel de
Cervantes - 19, 21 mai 2006 -
dir. Eric Hull - mise en scène Lindsay Kemp - avec
Anne-Lise Sollied (Hipólita, Titania), Anders J. Dalhin
(Teseo, Oberón), Thierry Felix (Bottom, Hymen), Iván
García (Joven indio, Mezzatino), Valérie Gabail
(Dama de Titania, Arlequina), Robert Getchell (Le Chambellan,
Brighella), Cyril Auvity (Le favori, el bufón), Bernard
Loonen (Monsieur le beau, Mopsa)
Innsbruck - Landestheater
- 25 février, 2, 8, 23 mars, 8, 29 avril, 7, 21
mai, 1er, 4 juin 2006 - dir. Nikolaus Netzer - mise en
scène Jean Renshaw - costumes Madeleine Hümer -
chorégraphie Jean Renshaw - avec Christine Buffle, Debra
Fernandes, Isabel Seebacher, Bernhard Landauer, Peter Sonn,
Christian Zenker, Martin Achrainer / Andreas Mattersberger
Meiningen - 8,
20 octobre, 6 novembre, 2 décembre 2005 - dir. Stefanos
Tsialis - mise en scène Jan Dvorák, Christian Wiehle
- décors Christian Wiehle - costumes Antoni Knigge - chef
de choeur Markus Baisch - dramaturgie Jan Dvorák - avec Kim
Schrader (Zettel), Lydia Bicks (Titania), Iva Ionova (Hermia),
Matthias Koch (Hippolyta / Mopsa), Erdem Baydar (Mehrwert),
Dae-Hee Shin (Drunken Poet / Coridon), Stan Meus (Herbst),
Angelika Fischmann, John Cordula
Londres - Royal Albert
Hall - 17 mai 2005 - Ensemble Gabrieli Consorts Singers
- dir. Paul McCreesh - avec Mhairi Lawson, Julia Gooding, Susan
Hemington-Jones, Rebecca Outram (sopranos), Daniel Auchincloss,
Mark Le Brocq, Charles Daniels (ténors), Peter Harvey,
Jonathan Best, (basses)
Marseille -
Théâtre Toursky - 14, 15 janvier 2005 -
Compagnie Deux Ex Machina
"Deus Ex Machina s'entoure de
huit chanteurs, six danseurs, quatre comédiens et un ensemble
de dix musiciens baroques. Une plongée dans un monde aussi
facétieux qu'onirique.... Pour redonner sens à sa
musique, Deus Ex Machina choisit de réintroduire quatre
personnages du Songe : Hermia, Lysander, Helena et Demetrius,
confiant à Titania et Oberon -rôles chantés- des
airs de la partition de Purcell, dignes de leur statut de Reine des
fées et de Roi des elfes." (Présentation
Théâtre Toursky)
Oldenburgische
Staatstheater - 10 septembre, 16
décembre 2004, 20 février, 28 mars, 10 avril 2005 -
Chor des Oldenburgischen Staatstheaters - Das Oldenburgische
Staatsorchester - dir. Alexander Rumpf - mise en scène
Andreas Baesler - décors, costumes Felix Wegenast - chef de
choeur Thomas Bönisch - chorégraphie Michael
Langeneckert - avec Magdalena Schäfer (Titania), William Pugh
(Oberon), Anja Metzger (Hermia), Paul Brady (Demetrius), Michiel
de Pauw (Lysander), Paula Ebeling (Helena), Michael Langeneckert
(Puck), Pascal Séraline (Ein indischer Knabe), Thomas W
Kuckler / Martin Koch (Mopsa), Joachim Maaß-Geiger (Der
betrunkene Dichter), Bernard Lyon (Theseus / Hymen), Murat Yeginer
(Niklaus Zettel), Martin Kammer (Peter Squenz), Carsten Clemens
(Franz Flaut), Manuel Klein (Tom Schnauz), Stefan Vitu (Matz
Schlucker), Arne Böge (Schnock) - nouvelle production
Weimar - Deutsches
Nationaltheater - mai 2004 - dir. Olaf Storbeck - mise
en scène Michael Schulz - avec Eleonore Marguerre (The
Changeling), Jon Pescevich (Drunk Poet), Wiebke Renner (Fee),
Susanne Thielemann (2. Fee)
Sydney - Pinchgut Opera
City Recital Hall - 3, 6, 7, 8
décembre 2003 - Sirius Ensemble - dir. Antony Walker - mise
en scène Justin Way - décors, costumes Samantha
Paxton, Andrew Hays, Kimm Kovac - avec Sara Macliver, Sally-Anne
Russell, Stephen Bennett, Jamie Allen, Paul McMahon
Opéra de
Lyon - 26 juin 2003 - version de
concert - Orchestre et chœur du Concert de l'Hostel Dieu -
dir. Frank-Emmanuel Comte - avec Virginie Pochon, Stéphanie
Révidat, Rebecca Ockenden, Jean-Paul Bonnevalle, Olivier
Dumait, Andreas Gisler, Jean-Baptiste Dumora, Matthieu
Lécroart
Conservatoire de Paris -
Salle d'Art Lyrique - 21,
24, 25 février 2003 - Rouen - 2, 4, 5
mars 2003 - Orchestre du Conservatoire - dir. Richard Egarr - mise
en scène Ludovic Lagarde - chorégraphie Odile Duboc
- avec Amel Brahim-Djelloul, Yumiko Tanimura, Marie-Charlotte
Laborne (sopranos), Myriam Piquet, Marion Sicre, Blandine
Staskewitsch (Mezzos), Paul Gaugler, Mickaël Mardayer,
Mathias Vidal (ténors), Frédéric Bourreau,
Vincent Deliau, Marc Mauillon (barytons/basses)
"Pour son traditionnel
spectacle de fin d’année, le CNSM a encore frappé un
grand coup en réalisant une production lyrique de
très haute tenue, ce Fairy Queen restera dans les
mémoires. Fruit d’une véritable symbiose entre le
metteur en scène Ludovic Lagarde et la chorégraphe
Odile Duboc, la mise en scène est entièrement
construite sur le vocabulaire de la chorégraphie : chaque
mouvement est composé, parfaitement lisible, les
scènes de groupes s’ordonnent précisément,
les effets de miroir entre les protagonistes abondent, et tous se
déplacent sur un plateau nu que n’entrave aucun
élément de décor. Les costumes sont des plus
simples, un pour les garçons, un pour les filles, comme
pour mieux mettre en évidence les jeux de l’amour et du
hasard qui règlent les destins de personnages
interchangeables ; c’est Cupidon qui tient ici le premier
rôle ! Des jeux de lumière, et de couleurs sur le mur
du fond, savamment organisés règlent les
différents tableaux de ce semi-opéra auquel on a
enlevé le théâtre (les dialogues
parlés) et qui devient une délicieuse suite d’airs
et de danses. En milieu de soirée, le monologue d’Olivier
Cadiot arrive comme un cheveu sur la soupe pour casser l’ambiance
et ennuyer tout le monde (une sorte d’écriture automatique
qui patauge dans le n’importe quoi). La seule fausse note de la
soirée. Car la musique était aussi à la
fête avec un plateau vocal de très bon niveau, sans
réelle faiblesse, et dans lequel on distinguera les
sopranos Marie-Charlotte Laborne et Amel Brahim-Djelloul, ainsi
qu’un orchestre impeccable, vif et précis. Souhaitons
revoir ces chanteurs ainsi que le «ticket» Lagarde-Duboc
prochainement sur d’autres scènes !" (ConcertoNet - 21
février 2003)
Bilbao - Teatro Arriaga
- 27 et 29 septembre 2002- Salamanque - Teatro
Liceo - 4 et 6 octobre 2002 - nouvelle production - Les
Talens Lyriques - dir. Christophe Rousset - mise en scène
Lindsay Kemp - scénographie Lindsay Kemp et Lorenzo Cutuli
- avec Anne-Lisse Sollied, Valérie Gabail, Topi Lehtipuu,
Bernard Loonen, Cyril Autivy, Robert Guetchell, Thierry
Félix, Ivan Garcia.
Barcelone - Grand Teatre
del Liceu - 9, 10, 12, 13,
14, 15, 16 et 17 septembre 2002 - dir. Paul Daniel - mise en
scène David Pountney - production de l'ENO - avec Joan
Rodgers/Linda Richardson, Thomas Randle, Mary Nelson, Carolyn
Sampson, Gail Pearson, Mark Richardson, Christopher Josey,
Jonathan Best, Mark Le Brocq
Festival de La Chaise Dieu
- Abbatiale - 23
août 2002 - Version de concert - Gabrieli Consort &
Players & Choir - dir. Paul McCreesh
Festival de Beaune
2002 - Cour des Hospices -
27 juillet 2002 - 21 h 00 - Version de concert - Gabrieli Consort
& Players & Choir - dir. Paul McCreesh - avec Caris Lane
(soprano), Mhairi Lawson (soprano), Julia Gooding (soprano),
Andrew Ollesen (contre-ténor), Paul Agnew (ténor),
Mark le Brocq (ténor), Peter Harvey (baryton), Roderick
Williams (basse)
"McCreesh cerne
très bien les éléments disparates de la
partition qui navigue entre humour gaillard et grâce
céleste. Malgré un Peter Harvey solide comme à
l'accoutumée, et un Roderick Williams truculent, le plateau
vocal ne résista pas longtemps à ses insuffisances. A
tel point que le chef...priva le public de la célèbre
plainte. Un comble !" (Le Monde de la Musique - septembre
2002)
Dinard - Salle
Stephan-Bouttet - Les Opéras d'été
de Dinard - 24, 25 et 27 juillet 2002 - Il Teatro Musicale - dir.
Frédérique Chauvet - mise en espace David Prins -
décors, costumes et lumières Rob van Putten avec
Penni Clarke (soprano), Helena Wiklund (soprano), Stefan
Berghammer (ténor), Arnon Zlotnik (contre-ténor),
Willem de Vries (baryton), Menno van Slooten (baryton-basse)
Présentation Arma -
Art lyrique et Musique Ancienne
"La partition et le livret :
The Fairy Queen est un semi-opera, ou dramatic opera,
représentatif de la façon dont les Anglais ont
créé leur théâtre musical à la fin
du XVIIème siècle. Le Songe d’une Nuit d’Eté de
Shakespeare fut adapté dans ce but suivant les principes de
l’époque, adaptation pour laquelle Purcell composa sa musique
en 1692.
L’objectif : Nous souhaitons
que la partition prenne sens pour nos contemporains ; que
mélomanes comme néophytes goûtent la
beauté et la force de l’esthétique de
Purcell.
La Méthode : Pour
réaliser une interprétation actuelle de la partition et
du livret, nous nous laisserons guider par une recherche historique
sans pour autant réaliser une reconstitution. Cela
s’avèrerait d’ailleurs vain car le théâtre vit du
contact entre l’acteur et le spectateur. Aussi bien l’acteur que le
spectateur du XVIIème siècle ne se laissent pas
reconstituer. Nous souhaitons proposer une représentation
vivante et moderne qui s’adresse au public
d’aujourd’hui.
Une œuvre, trois intrigues :
- Hermia et Lysander, Helena
et Demetrius, quatre jeunes amants à la recherche l’un de
l’autre, émouvants et loufoques ; amoureux de l’amour,
aveuglés par lui jusqu’au moment où le suc de la fleur
magique leur permet de voir par d’autres yeux.
- Titania et Oberon, la Reine
et le Roi des Fées, pris dans un combat qui met en jeu
domination, possession et sensualité.
- une compagnie d’artisans,
acteurs ridicules et comiques, rêvant d’être
Pyramé et Thisbé qui moururent par
amour.
Un rêve, des situations
loufoques, comiques ou dramatiques : Les personnages de Fairy Queen
sont unis par leur lutte pour le développement de soi. La
réalité menaçant cette transformation, le
rêve vient à son secours et rend l’impossible possible.
Dans la nuit et le rêve, les humains peuvent approcher leur
inconscient et l’essence de leurs désirs.
Quelle est la part de
rêve et de réalité dans cette oeuvre où la
lune est omniprésente ? Dans cette nuit lunaire où
l’amour renaît, tout s’inverse. Personne n’est sûr
d’être ce qu’il est. Même les forces naturelles sont
transformées, la mer inonde la terre, il neige en plein
soleil, et la limite entre rêve, cauchemar et
réalité disparaît.
Dans le reflet
mystérieux de ce songe mouvementé d’une nuit
d’été, l’amour possessif échoue. Du chaos
naît un autre concept, où l’autre est aimé dans
le respect de ce qu’il est. Les jeunes gens comprennent que toute
tentative de possession de l’autre est vaine. C’est dans la
liberté que l’amour peut s’épanouir."
Londres - English National
Opera - 12, 15, 20, 22, 24, 27 juin, 2, 5 juillet 2002
- dir. Paul Daniel - mise en scène David Pountney - avec
Tom Randle (Oberon), Joan Rodgers (Titania), Carolyn Sampson,
Christopher Josey, Mary Nelson, Ryland Angel and Jonathan Best
Metz -
Arsenal - 22 novembre 2001
- The Gabrieli Consort and Players - dir Paul McCreesh - avec
Lawson, Lane, Gooding, Craig, del Pozo, Daniels, Harvey
Londres - English National
Opera - 30 avril, 9, 14, 16, 19, 21, 23, 27 mai 1998 -
dir. Nicholas Kok - mise en scène David Pountney -
décors Robert Israel - costumes Dunya Ramicova - avec
Yvonne Kenny (Titania), Thomas Randle (Oberon), Robson, Hegarty,
Gritton
Harvard Early Music
Society - 1997
Théâtre de
Quimper - Arma - Académie d'opéra
baroque- 13 août 1996 - Il Teatro
Musicale - dir. Frédérique Chauvet - mise en
scène Daniel Cohen
Heidelberg - Theater des
Stadt - 1995 - dir. Volker
Christ - mise en scène Wolfgang Hofmann - décors
Klaus Teepe - costumes Bettina Ernst - Rosina Bacher, Mechthild
Bach, Brigitte Geller, Winfrid Mikus, Andreas Daum, Werner Volker
Meyer
Londres - Covent
Garden - 19, 25, 28, 31 octobre 1995 - dir. Nicholas
Kok - mise en scène David Pountney - décors Robert
Israel - costumes Dunya Ramicova - chorégraphie Quinny
Sacks - avec Yvonne Kenny (Titania), Arthur Pita (The Indian Boy),
Simon Rice (Puck), Richard Van Allan (Theseus), Michael Chance
(Dick), Jonathan Best (A Drunken Poet), Thomas Randle
(Oberon)
"Pour sa nouvelle production
à l'ENO, dans le cadre des célébrations du
Tricentenaire Purcell, David Pountney a préservé
l'intégrité de la musique et respecté l'ordre
des numéros mais il a inventé une nouvelle histoire
qui, tout en gardant quelques réminiscences de la pièce
de Shakespeare, s'en affranchit tout à fait librement. Les
couples d'amants sont ici au nombre de trois, et l'un d'eux est
homosexuel. Cette idée servira de fil conducteur à
l'ensemble du spectacle, enlevé au rythme d'un gag à la
minute, d'un goût souvent douteux...Beaucoup ont jugé
l'ensemble vulgaire et décadent, mais on ne peut nier la
théâtralité puissante et l'invention de ce
spectacle, même si nous nous situons aux antipodes d'une
certaine tradition baroque, avec ses perruques, ses chapeaux à
plumes et ses souliers à haut talon.
Quand pour Oberon, l'on
dispose d'un ténor (Thomas Randle), qui danse presque aussi
bien que n'importe quel membre du corps de ballet, et pour Titania,
d'une soprano (Yvonne Kenny), au jeu d'une rare poésie, il
serait dommage de ne pas exploiter leur talent : Pountney en tire le
meilleur parti, dans un combat mélodieux pour la
conquête du Jeune Hindou (le danseur Arthur Pita). Le
Poète Ivre (superbement campé par Jonathan Best), fait
irruption dans la salle par les fauteuils d'orchestre et tente de
s'emparer de la baguette du chef, sous le regard voyeur de Dick, le
sonore contre-ténor Michael Chance. Tous deux montent alors
sur la scène, pour former le troisième couple d'amants.
Seul Theseus (Richard Van Allan), refuse de se joindre à la
fête, renforçant par là-même
l'atmosphère de comédie.
La chorégraphie de
Quinny Sacks, en effervescence permanente, et les merveilleux
décors et costumes de RobertIsrael et Dunya Ramicova,
complètent l'affiche...La musique est traitée en
revanche avec sérieux, le chef Nicholas Kok ajoutant des
luths, des flûtes à bec et des trompettes naturelles,
aux instruments modernes de l'orchestre. Le résultat est en
tout cas admirable." (Opéra International - décembre
1995)
Festival de Peralada
(Espagne) - 1995 - dir. Howard Williams - mise en
scène Jonathan Cocker - scénographie B.J. Ryan -
chorégraphie Stephen Preston
Beaune - Festival
International de Musique Baroque - 16 juillet 1993 -
dir. Paul McCreesh - avec Bonner, Smith, Horn, Purves, Pott
Paris - L'Auditorium du
Châtelet - 4 mai 1992 - Théâtre de Caen - 5 mai
1992 - version de concert - Les Arts Florissants - dir. William
Christie
42eFestival
d'Aix-en-Provence - 10, 17, 20, 25 et 27 juillet 1989 -
Les Arts Florissants - Compagnie Ris et Danceries - Troupe Peter
Hall Theatre Company - dir. William Christie - mise en
scène Adrian Noble - chorégraphie Francine Lancelot
& Béatrice Massin - décors et costumes Deirdre
Clancy - lumières Alain Briand - avec Nancy Argenta
(Première Fée, le Printemps, Junon),
Jérôme Corréas (le Silence), Charles Daniels
(le Secret, l'Été), Lynne Dawson (la Nuit, la
Plainte, une Chinoise), Bernard Deletré (le Poète
ivre, Coridon, l'Hymen), Isabelle Desrochers, Jean-Paul
Fouchécourt (Mopsa), Véronique Gens (une Suivante),
Thomas Lander (l'Hiver), Sandrine Piau (le Mystère, une
Chinoise), Thomas Randle (Phébus, l'Automne, un Chinois),
Noémi Rime (une Chinoise), Willemijn Van Gent (Seconde
Fée), George Banks-Martin, François Bazola, Mark Le
Brocq, Christophe Le Paludier, Richard Taylor, François
Piolino
"Les comédiens du
Peter Hall Company sont bons. Mais tout ce parlé fait
longueur...C'est trop que le texte parlé morde sur telle dance
de Purcell...ou que la danse baroque, assurément ennuyeuse et
défendue par des sujets plutôt ingrats, envahisse les
airs les plus rares...D'autant que les atouts maîtres sont
entre les mains des musiciens. Et d'abord les chanteurs, tour
à tour solistes et choristes. Se détache la souveraine
dignité, l'émotion rayonnante de Lynne Dawson...La
direction et la réalisation de William Christie appelle toutes
les louanges que l'on doit au bon goût et à
l'intelligence." (Opéra International - septembre
1989)
OpéraInternational - mai
1989 - The Fairy Queen au Festival d'Aix- Un pur
chef d'oeuvre - Louis Erlo : Un impératif pour Aix -
William Christie : Relire Purcell - Adrian Noble : retrouver
Shakespeare
50e Mai Musical
de Florence - juillet 1987
- dir. Roger Norrington - mise en scène Luca Ronconi -
scénographie Luciano Damiani
Paris - 15, 16
décembre 1985 - Les Musiciens du Louvre - dir. Marc
Minkowski - avec Isabelle Poulenard, Jill Feldman, Gérard
Lesne, Mark Tucker, Michel Verschaeve
Florence - Teatro della
Pergola - Mai Musical Florentin -
1978 - dir. Stuart Bedford - mise en scène et
scénographie Colin Graham
Festival
d'Aldeburgh - 1967
Festival de
Berlin - 1966 - Theater am
Gärtnerplatz de Munich - dir. Kurt Eichorn
Londres - Covent
Garden - 12 décembre 1946
- adaptation et dir. Constant Lambert - chorégraphie F.
Ashton - avec Audrey Bowman, Muriel Burnett, Constance Shacklock,
Bruce Darnagel, Rhydderch Davies, Olive Dyer, Edgar Evans, David
Franklin, Hubert Norville, Muriel Rae, Dennis
Stephenson
Bruxelles - 28 juin 1935 - traduction en français de
J. Rousseau et J. Weterings
San
Francisco - 30 avril
1932
Essen - 27 juin 1931 - version allemande d'E.
Schulz-Dornburg
Cambridge - 10 février 1920 - première
reprise scénique - dir. C.B. Rootham