Semi-opéra (Z 631), musique de scène
pour la pièce de Thomas Shadwell (1640-1692), d'après
Shakespeare.
Une première version de
l'oeuvre de Shakespeare avait été donnée par
John Dryden et William Davenant au Duke's Theater en 1667.
En 1675, Thomas Shadwell
écrivit une nouvelle pièce dont la musique fut
composée par John Banister, Matthew Locke, Pelham Humfrey et
d'autres.
On a longtemps pensé que
Henry Purcell avait écrit une nouvelle musique en vue d'une
reprise de la pièce de Shadwell au Drury Lane Theatre, en
1695.
Elle est aujourd'hui
attribuée à John Weldon, son élève, seul
un air Dear pretty
Youth étant de la main de
Purcell., et fut créée au Drury Lane Theatre de
Londres, le 7 janvier 1712.
Représentations :
Dinard - Festival
Opéras d'Été - 19, 20, 22 juillet
2006 - Tréguier -
Théâtre de l’Arche - 24 juillet 2006 -
Abbaye de Jumièges - 28
juillet 2006 - Camaret - 31
juillet 2006 - Ensemble Il Teatro Musicale - dir.
Frédérique Chauvet - mise en scène David
Prins - décors, costumes et lumières Rob van Putten
- avec Wendy Roobol, soprano, Inal Boonen, soprano, Fabio
Trümpy, ténor, Pieter Hendriks, baryton, Marc Pantus,
baryton/basse
Arma - Art lyrique et musique ancienne
"Comme la plupart des œuvres
que Purcell écrivit pour la scène, A Tempest est une
merveille. A la richesse de la trame shakespearienne répond la
profusion musicale de Purcell et de ses contemporains inspirés
par la géniale pièce de théâtre. Une riche
variété d’airs magnifiquement expressifs, de chansons
plus prosaïques, de polyphonies raffinées, de danses
populaires,… alternent et rivalisent. C’est en outre le testament des
deux génies.
L’équipe revisite
Purcell pour le plus grand plaisir de tous les publics, ce avec son
exigence artistique habituelle. Frédérique Chauvet et
David Prins ne choisissent pas de réaliser une reconstitution
historique de l’œuvre (David Prins : « Le théâtre
ne peut se reconstituer car il vit de l’échange entre acteurs
et spectateurs »). Cependant, ils sont convaincus que, seule une
recherche historique sur la musique et le texte théâtral
original permet de révéler toutes les facettes de
l’œuvre.
L’ensemble instrumental joue
sur instruments baroques. Tout en synthétisant l’œuvre et en
privilégiant sa dimension musicale, Frédérique
Chauvet, chef d’orchestre spécialiste de cette période,
entend lui rendre sa particularité : celle d’un semi-opera, ou
dramatic opera, forme lyrique propre aux compositeurs britanniques de
la fin du XVIIème siècle où l’action est
menée par le théâtre et commentée par la
musique. On pourrait sans doute parler d’un «
théâtre musical » avant la lettre. C’est en effet
seulement dans son cadre théâtral que la musique de
Purcell prend tout son sens. Un exemple : jouée en-dehors de
son contexte, la musique des Bergers de King Arthur est fort
agréable, naïvement pastorale. Intégrée
à la scène théâtrale des Bergers
apparaît l’ironie, le comique et le double sens érotique
de la partition.
Les chanteurs solistes
chanteront les airs, les chœurs, et joueront les scènes
théâtrales de A Tempest en anglais. Un conteur
français guidera le spectateur dans le dédale de la
légende shakespearienne. Les instrumentistes seront
également sur scène. Les musiciens et les chanteurs
seront les ‘outils’ de Prospéro, le magicien créateur
de mondes irréels. Et le langage visuel puisera ses sources
dans le théâtre de rue.
David Prins a choisi de
recréer par des moyens contemporains l’effet, novateur
à l’époque, des transformations scénographiques:
les théâtres en plein air, sont désormais
couverts. Peuvent alors être réalisés les effets
‘révolutionnaires’ de machineries et d’accessoires volants,
que les rois de la Restauration Anglaise avaient pu admirer lors de
leur exil à la cour de Louis XIV.
A l’époque,
déjà, on adaptait les oeuvres en fonction des lieux et
des circonstances. Pourquoi ne pas faire de même ? L’objectif
de Frédérique Chauvet et de David Prins est que la
partition prenne tout son sens pour nos contemporains, que
mélomanes comme néophytes goûtent la
beauté et la force de l’esthétique de Purcell en une
représentation vivante et moderne."
Montigny-le-Bretonneux -
Ferme du Mannet - Festival
d'Ile-de-France - 8 octobre 2000 - dir. Comte - mise en
scène Pignard