COMPOSITEUR
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Jean-Philippe RAMEAU
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LIBRETTISTE
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Louis Fuzelier
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2003
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2005
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William Christie
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Opus Arte
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Appelé à l'origine Les Victoires
galantes, puis Les Indes galantes, opéra-ballet
(O.C. VII), sur un livret de Jean-Louis Fuzelier (1672-1752),
dramaturge et librettiste, créé à
l’Académie Royale de Musique (première Salle du Palais
Royal), le 23 août 1735, dans une version comprenant un
prologue et les deux premières entrées, Le Turc
généreux, inspiré du grand vizir Topal
Osman, et Les Incas du Pérou.
La distribution réunissait Mlle Eremans
(Hébé), Cuignier (Bellone) et Mlle Petitpas (L'Amour)
dans le prologue, Dun (Osman, Pacha), Mlle Pélissier (Emilie),
et Jélyotte (Valère) dans le Turc
généreux, Chassé (Huascar, Inca), Mlle
Antier (Phani), et Jélyotte (Don Carlos) dans les Incas du
Pérou.
La chorégraphie avait été
réalisée par Michel Blondy.
Pierre Jélyotte, alors âgé de
vingt-deux ans, obtint un succès éclatant dans les deux
rôles de Valère et Don Carlos.
Les Indes galantes suscitèrent
l'admiration de Montéclair qui, pourtant jaloux de Ramau, vint
le complimenter.
La troisième, Les Fleurs, fête
persane, fut ajoutée à la troisième
représentation, avec Tribou (Tacmas), Person (Ali), Mlle
Eremans (Zaïre) et Mlle Petitpas (Fatime), et dans un
décor préparé par le Florentin Servandoni, qui
était premier-peintre-décorateur de l'Opéra
depuis 1728. Toutefois, le public fut choqué par
"l'inconvenance" que représentait le personnage de Tacmas,
prince turc, travesti en femme.
L'édition chez Boivin s'effectua sur la base de
ballet réduit à quatre grands concerts, avec une
nouvelle entrée complète. Rameau s'en expliqua dans
la Préface : Le public ayant paru moins satisfait des
scènes des Indes galantes que du reste de l’ouvrage, je n’ai
pas cru devoir appeler de son jugement ; et c’est pour cette raison
que je ne lui présente ici que les symphonies
entremêlées des airs chantants, ariettes,
récitatifs mesurés, duos, trios, quatuors et choeurs,
tant du prologue que des trois premières entrées, qui
font en tout plus de quatre-vingts morceaux détachés,
dont j’ai formé quatre grands concerts en différents
tons : les symphonies y sont même ordonnées en
pièces de clavecin, sans que cela puisse empêcher de les
jouer sur d’autres instruments, puisqu’il n’y a qu’à y prendre
toujours les plus hautes notes pour le dessus et les plus basses pour
la basse.
Le 25 octobre 1735, la recette ne fut que 281 livres,
la plus faible jamais obtenue paar les Indes galantes.
A partir du 10 mars 1736, après vingt-huit
représentations, Les Fleurs furent modifiées, et
une quatrième entrée, Les Sauvages, fut
ajoutée (sous la direction de Chéron), permettant
à Rameau de réutiliser le fameux air des Sauvages qu'il
avait écrit en 1725 pour des indigènes Caraïbes de
la Comédie Italienne, et inclus dans les Nouvelles Suites
de pièces de clavecin (1728). La distribution
réunissait Tribou (Tacmas), Mlle Petitpas (Fatime), Mlle
Eremans (Atalide) et Mlle Bourbonnais (Roxane) dans Les
Fleurs, Jélyotte (Damon), Dun (Don Alvar), Mlle
Pélissier (Zima) et Cuvillier (Adario).
Une reprise eut lieu à partir du 27
décembre 1736, en alternance avec Médée et
Jason. Le Mercure de France de décembre
relève que Jélyotte fut partculièrement
apprécié dans l'acte des Sauvages : Le sieur
Jéliot, qui avait été absent pendant quelques
temps, joue dans l'acte des Sauvages et chante le même
rôle qqu'il avait déjà joué au mois de
mars dernier avec beaucoup d'applaudissement ; car on avait une
très grande adeur de le voir, ce qui contribue encore au
concours que ce ballet attire.
Une nouvelle reprise eut lieu du 28 mai 1743, avec une
distribution réunissant Mlle Fel (Hébé) et
Albert (Bellone) dans le prologue, Le Page (Osman), Mlle Le Maure
(Emilie), Jélyotte (Valère) et Mlle Fel (Une Matelote)
dans le Turc généreux, Chassé (Huascar),
Mlle Chevalier (Phani) et Jélyotte (Don Carlos) dans les
Incas du Pérou, Bérard (Tacmas), Mlle
Bourbonnois (Fatime), Mlle Julie (Atalide) et Mlle Coupée
(Roxane) dans les Fleurs, Jélyotte (Damon), Le Page
(Don Alvar), Mlle Le Maure (Zima) et Cuvillier (Adario) dans les
Sauvages. La décoration avait été
confiée au peintre François Boucher qui avait
succédé à Servandoni à
l'Opéra.
Cette même année, Rameau fit
paraître chez Boivin les Indes réduites à
quatre grands concerts.
De nouvelles reprises eurent lieu à partir du 14
novembre 1743, avec une distribution réunissant : Mlle Fel
(Hébé), et Albert (Bellone) dans le Prologue, Le Page
(Osman), Mlle Le Maure (Emilie), Jelyotte (Valère) et Mlle Fel
(Une matelote) dans le Tuc généreux,
Chassé (Huascar), Mlle Chevalier (Phani), Jelyotte (Don
Carlos), Houbault (un Inca) dans Les Incas du Pérou,
Bérard (Tacmas), Mlle Bourbonnais (Fatime), Mlle Julie
(Atalide), Mlle Coupée (Roxane) dans Les Fleurs,
Jeleyotte (Damon), Le Page (Don Alvar), Mlle Le Maure (Zima),
Cuvillier (Adario) dans Les Sauvages. Dumoulin et la Camargo
comptaient parmi les danseurs.
Nouvelle reprise à partir du 8 juin 1751, sans
l'entrée des Sauvages, avec une distribution
réunissant Mlle Coupée (Hébé) et
Cuvillier (Bellone) dans le prologue, Person (Osman), Mlle Chevalier
(Emilie) et Jélyotte (Valère) dans le Turc
généreux, Chassé (Huascar), Mlle Romainville
(Phani) et La Tour (Don Carlos) dans les Incas du
Pérou, Poirier (Tacmas), Mlle Coupée (Fatime), Mlle
Romainville (Atalide) et Mlle Dupéray (Roxane) dans les
Fleurs, Jélyotte (Damon), Le Page (Don Alvar), Mlle Le
Maure (Zima) et Cuvillier (Adaro).
Le 3 août 1751, l'entrée du Turc
généreux céda la place à celle des
Sauvages, avec Jélyotte (Damon), Person (Don Alvar),
Mlle Chevalier (Zima) et Selle (Adario)
Une reprise eut lieu le 14 juillet 1761, avec Mlle
Lemière (Hébé), Jaubert (Bellone) dans le
prologue, Larrivée (Osman), Mlle Chevalier (Emilie) dans le
Turc généreux, Pillot (Don Carlos), Gélin
(Huascar), Mlle Dubois (Phani) dans les Incas du Pérou,
Joly (Tacmas), Mlle Lemière (Fatime), Mlle Rozet (Atalide),
Mlle Hilaire(Roxane) dans Les Fleurs, Pillot (Damon),
Larrivée (Don Alvar), Desentis (Adario), Mlle Lemière
(Zima) dans les Sauvages.

Les Indes Galantes furent
représentées à Lyon, le 23 novembre 1741, dans
la salle du Jeu de Paume de la Raquette Royale, puis en 1749/50,
à l'initiative de Mangot,
beau-frère de Jean-Philippe Rameau.
L'acte des Sauvages fut repris dans le cadre des
Fragments héroïques, le 19 juillet 1762, avec le
Prologue des Indes Galantes, et l’Acte de la
Guirlande.
Le 9 juillet 1770, Rosalie Levasseur, âgée
de vingt-et-un ans, parut dans le rôle d'Hébé du
prologue des Indes Galantes, s'attirant le commentaire de
Bachaumont : Mademoiselle Rosalie a payé de sa personne
pour ses camarades : le public ne peut que lui savoir gré de
son zèle ; elle a très bien rendu les divers
rôles dont elle était chargée ; elle acquiert de
jour en jour plus de droit sur notre reconnaissance. Cette actrice
précieuse plaît d'autant plus qu'elle n'est ni
insolente, ni capricieuse comme les autres, et qu'elle joint à
la meilleure volonté des talents décidés.
C'est en juillet 1770 que fut acquise la plus forte
recette jamais obtenue par les Indes Galantes : 4 456
livres.
L'acte des Sauvages fut repris à nouveau dans le
cadre de Fragments héroïques, le 16 juillet 1773,
avec l'acte Ovide et Julie, de Cardonne, et celui du
Feu, tiré des Éléments, de
Destouches. La distribution était la suivante : Tirot (Damon,
Officier français dans une colonie d'Amérique),
Gélin (Dom Alvar, Officier espagnol dans une colonie
d'Amérique), Mlle Rosalie (Zim, fille d'un chef d'une nation
sauvage), Durand (Adario, amant de Zima, commandant les guerriers de
la nation sauvage).
La dernière représentation eut lieu le 6
septembre 1773, avec une recette de seulement 887 livres.
Les Indes Galantes inspira de nombreuses
parodies : Les Indes chantantes, par Romagnesi &
Riccoboni, donnée au Théâtre Italien, le 17
septembre 1735 ; et Les Indes dansantes (*), de Favart,
représentée au Théâtre Italien, le 26
juillet 1751, la Grenouillère galante (**), de Carolet,
représentée par les Marionnettes, à la Foire S.
Laurent de 1735 ; les Amours des Indes, opéra-comique
en un acte de Carolet, donné le 17 septembre 1735, le
Déguisement postiche, de Carolet, donné le 24
septembre 1735 ; l'Ambigu de la Folie ou le Ballet des
Dindons, de Favart, donné à l'Opéra-Comique,
le 2 septembre 1743 ; les Amours champêtres,
(***) de Favart, parodie de l'acte des Sauvages,
représentée par les Comédiens italiens, le 2
septembre 1751, qui eut beaucoup de succès.
(*) partition :
http://jp.rameau.free.fr/indes-dansantes-scores.htm
(**) "Le Batelier généreux" parodie le "Turc
généreux", "l'Été tardif" l'acte des
"Incas",dans lequel Huascar est travesti en Maraîcher sous le
nom de Maître Gaspar, Phani en Mlle Marie, blanchisseuse, et
Dom Carlos en Charlot, grenadier, la "Fête des
Bouquetières" l'acte des "Fleurs", dans lequel Tachmas est
remplacé par Thomas, Jardinier-fleuriste
(***) livret :
http://jp.rameau.free.fr/amours_champ.htm
Synopsis
Prologue
Le palais d'Hébé dans le fond, et ses
jardins dans les ailes
Hébé (soprano), déesse de la
jeunesse, convie les amants à chanter leur bonheur. La
jeunesse de France, d’Italie, d’Espagne et de Pologne (en l'honneur
de Marie Leszczynska) se rend à son appel. Leurs danses sont
interrompues par Bellone (basse), déesse des combats, qui les
convainc de s’armer et de combattre pour la gloire. Abandonnée
par les amants d’Europe, Hébé invoque l’Amour, qui
disperse alors ses messagers " dans les différents climats des
Indes " (à cette époque, les pays non
européens).
Première entrée : Le Turc
généreux
Les jardins d'Osman Pacha, terminés par la
mer
Osman, le pacha d'une île turque de la mer des
Indes (basse), est amoureux de son esclave chrétienne
provençale, Emilie (soprano), mais la jeune femme est
fidèle à son amant, Valère, officier de marine
(ténor), auquel elle a été enlevée par
des corsaires le jour de leurs noces. Une tempête se
déchaîne. Un naufragé échoue sur la
grève. Il s’agit justement de Valère, parti à la
recherche d’Emilie. Celle-ci est la première à
l’apercevoir. Leurs retrouvailles sont interrompues par Osman. Mais
celui-ci reconnaît en Valère l’homme qui autrefois l’a
libéré lui-même de l’esclavage. Sa
générosité l’emporte sur sa colère et son
amour déçu, et il rend leur liberté aux deux
amants.
Deuxième entrée : Les Incas du
Pérou
Un désert du Pérou, terminé par
une montagne aride. Le sommet en est couronné par la bouche
d'un volcan formée de rochers calcinés et cocuverts de
cendres
Don Carlos (ténor), officier espagnol, et Phani
(soprano), princesse péruvienne, s’aiment. Le grand
prêtre du Soleil, Huascar (basse), qui aime lui aussi Phani, a
surpris leur secret. Dissimulant sa jalousie, il reproche à la
princesse d’aimer un ennemi. Une grande fête
célèbre le culte du Soleil. Mais la
cérémonie est interrompue par une éruption
volcanique. Huascar tente de persuader Phani qu’elle est responsable
de la colère des dieux et qu’elle doit l’épouser pour
calmer les éléments déchaînés.
Carlos surgit et révèle que c’est Huascar
lui-même qui a réveillé le volcan en jetant des
rochers dans le cratère. L’éruption volcanique redouble
de violence et engloutit le grand prêtre.
Troisième entrée : Les Fleurs,
fête persane
Les jardins du palais d'Ali
Le prince persan, roi dans les Indes, Tacmas
(ténor), est amoureux de Zaïre (soprano), esclave de son
favori, Ali (baryton). Afin de sonder le coeur de la jeune femme, il
pénètre dans le jardin d’Ali, déguisé en
femme, le jour de la fête des fleurs. La propre esclave de
Tacmas, Fatime (soprano), qui est amoureuse d’Ali, entre à son
tour dans le jardin, déguisée en Polonais dans la
même intention. Tacmas la prend pour un rival venu courtiser
Zaïre et veut la frapper de son poignard. Heureusement, il
reconnaît Fatime à temps. Le quiproquo est
dénoué et les deux maîtres échangent leurs
esclaves. Pour célébrer la victoire de l’amour, on
présente la Fête des Fleurs.
Quatrième entrée : Les
Sauvages
Un bosquet d'une forêt d'Amérique,
voisine des colonies françaises et espagnoles, où doit
se tenir la cérémonie du Grand Calumet de
laPpaix
Dans une forêt d’Amérique, alors que le
chef des guerriers indiens vaincus, Adario, s'apprête à
conclure la paix, deux officiers, l'officier français Damon
(ténor) et l’officier espagnol Don Alvar (basse), courtisent
une jeune indienne, Zima (soprano), fille d'un chef d'une nation
sauvage et aimée d'Adario. Damon professe l’inconstance, Don
Alvar l’amour sérieux et exclusif. Mais Zima ne veut ni d’un
époux volage, ni d’un époux jaloux. Elle leur
préfère Adario (ténor), chef des armées
de la nation sauvage. La Danse du Grand Calumet de la Paix scelle
l’union de Zima et d’Adario, en même temps que la
réconciliation entre les Sauvages et les Européens.
"Deuxième opéra de Rameau,
après Hippolyte et Aricie, Les Indes galantes appartiennent
à un genre hybride, l'opéra-ballet, qui a longtemps
été le concurrent de la tragédie lyrique. A la
différence de celle-ci, l'opéra-ballet n'accorde qu'une
importance relative à l'action dramatique, il n'est que
prétexte au divertissement où triomphent la danse et la
musique pure. Selon la définition de Cahusac (1754), il est
considéré comme " un spectacle de chant et de danse
formé de plusieurs actions différentes toutes
complètes et sans autre liaison entre elles qu'un rapport
vague et indéterminé ". C'est la raison pour laquelle
les différentes parties ne sont pas appelées " actes ",
ce qui supposerait le développement d'une histoire, mais "
entrées ". De cette manière, on pouvait aussi, selon le
goût du public ou des disponibilités financières
des directeurs de théâtre, couper ou ajouter de
nouvelles entrées, comme ce fut le cas pour Les Indes
galantes, auxquelles Rameau rajouta une entrée, un an
après la création. Sur le plan du sujet,
l'opéra-ballet préfère le voyage et l'exotisme
à la mythologie, les sujets contemporains à
l'éloignement dans le passé, les personnages humains
aux dieux. Faisant suite à la rigueur du Grand Siècle,
il relève d'une société du loisir, de l'absence
d'implication. Dans Les Indes galantes, le thème retenu est
celui de " l'amour dans les contrées lointaines ". Les quatre
pays évoqués sont la Turquie, le Pérou, la Perse
et l'Amérique. Chaque entrée s'efforce d'en tirer le
merveilleux exotique et se termine par le divertissement où
explosent le choeur et l'orchestre. Mais le sujet des entrées
n'est pas forcément léger et riant, ainsi qu'en
témoigne l'entrée des Incas, drame bref et intense aux
tonalités souvent sombres, qui est incontestablement le point
culminant de la partition.
L'oeuvre à l'Opéra de Paris
Les Indes galantes ont été
créées à l'Académie Royale de Musique
(1ére Salle du Palais Royal), le 23 août 1735, dans une
version comprenant trois " entrées ". L'année suivante,
une quatrième " entrée " fut rajoutée et
l'oeuvre fut jouée sous cette forme jusqu'en 1761. Elle a fait
son entrée au Palais Garnier le 18 juin 1952, dans une
révision musicale de Paul Dukas et Henri Busser (direction
Louis Fourestier), une mise en scène de Maurice Lehmann, des
décors de Arbus, Jacques Dupont, Wakhévitch, Carzou,
Fost, Moulène et Chapelain-Midy. Cette production fastueuse a
été donnée 286 fois jusqu'en 1965, ce qui porte
à 471 le nombre de représentations à
l'Opéra de Paris depuis la création. Parmi les nombreux
artistes qui y ont été affichés, on trouve les
noms, entre autres, de : Jacqueline Brumaire, Janine Micheau, Denise
Scharley, Suzanne Sarroca, Mady Mesplé, Guy Chauvet,
José Luccioni, Raoul Jobin... En 1999, une nouvelle production
mise en scène par Andrei Serban, dans des décors et des
costumes de Marina Draghici, réunit, entre autres, Natalie
Dessay, Nathan Berg, Heidi Grant-Murphy, Laurent Naouri, Paul Agnew,
Nicolas Rivenq, accompagnés par l'Orchestre des Arts
Florissants dirigé par William Christie. Cette production a
fait l'ouverture de la saison 2000-2001."
(Présentation de l'Opéra de Paris
- 2003)
Représentations
:
- Toulouse -
Théâtre du Capitole
- 4, 6, 8, 11, 13, 15 mai 2012 - dir. Christophe Rousset -
mise en scène et chorégraphie Laura Scozzi -
décors Natacha Le Guen de Kerneizon - costumes Jean-Jacques
Delmotte - lumières Ludovic Bouaud - vidéo
Stéphane Broc - avec Hélène Guilmette
(Hébé), Aimery Lefèvre (Bellone), Julia
Novikova (Amour), Judith van Wanroij (Émilie), Vittorio
Prato (Osman), Kenneth Tarver (Valère),
Hélène Guilmette (Phani), Cyril Auvity (Carlos),
Nathan Berg (Huascar), Kenneth Tarver (Tacmas), Judith van Wanroij
(Atalide), Hélène Guilmette (Fatime), Julia Novikova
(Roxane), Aimery Lefèvre (Alvar), Julia Novikova (Zima),
Thomas Dolié (Adario), Cyril Auvity (Damon)
- Boston - NEC’s Jordan Hall
- 6, 7 mai 2011 - Boston Baroque - dir. Martin Pearlman
- mise en scène Sam Helfrich - chorégraphe et
danseur (Marjorie Folkman) - avec Amanda Forsythe & Nathalie
Paulin (sopranos), Daniel Auchincloss & Aaron Sheehan
(ténors), Sumner Thompson & Nathaniel Watson
(barytons)
- Opéra de
Hambourg - 19, 21, 23, 27,
28 juin, 5 juillet 2010 - dir. Alexander Soddy - mise en
scène Anja Krietsch - décors, costumes Aida Guardia
- avec Vida Mikneviciute (Hébé / Phani), Katerina
Tretyakova (L'Amour / Fatime), Ryszard Kalus (Bellone / Huascar),
Maria Markina (Emilie / Zaire), Dovlet Nurgeldiyev (Valère
/ Tacmas), Dong-Hwan Lee (Osman / Ali), Ziad Nehme (Don Carlos) -
nouvelle production


- Cité Internationale
des Arts de Paris - 1er
mai 2010 - en version de concert - Diletto Musicale,
Cappella Genevensis, Concentus Paris - dir. Cl.-Xavier Hollenstein
- avec Mayuko Karasawa, Elsa Tirel (dessus), Marcio Soares Holanda
(haute-contre), Fernand Fédronic (taille), Pierre
Bessière (basse)
- Marcq en Baroeul -
Théâtre Charcot - 6 décembre 2009 -
Festival Liaisons musicales - version de concert de 1735 - Concert
de l’Hostel-Dieu - dir. Franck-Emmanuel Comte
- Prague -
Théâtre National - 1er novembre 2008
- Londres - Barbican Centre -
4 novembre 2008 - Bruxelles - Palais des
Beaux-Arts - 9 novembre 2008 - Milan
- Teatro alla Scala -
13 novembre 2008 - version de concert - Les Arts Florissants -
dir. William Christie - avec Juliette Galstian, Sonya Yoncheva,
dessus (Phani, Zima), Ed Lyon, haute-contre (Valère,
Damon), Juan Sancho, ténor (Don Carlos), Stéphane
Degout, basse taille (Adario), Joao Fernandes, basse (Osman,
Huscar, Don Alvar)
- Atelier Lyrique de
Tourcoing - 5, 7 mai 2006 -
Théâtre des Champs Elysées - 10 mai 2006 - en version de concert - La
Grande Écurie et la Chambre du Roy - Ensemble Vocal Jean
Sourisse de Paris - dir. Jean-Claude Malgoire - avec Liliana
Faraon (Amour et Fatime), Salomé Haller
(Hébé, Emilie et Zima), Cyrille Gerstenhaber (Phani
et Zaïre), Cyril Auvity (Valère, Tacmas et Damon),
James Oxley (Carlos et Adario), Nigel Smith (Bellone et Huascar),
Alain Buet (Osman, Ali et Alvar)
- ResMusica
- 5 mai 2006 - Les Indes ronronnantes
"Pour des raisons
budgétaires, l’Atelier Lyrique de Tourcoing a proposé
l’essentiel de ses productions de l’année en version de
concert. Cela n’a pas nui à l’intérêt et à
la qualité des soirées, les distributions ayant
été globalement très soignées, et tant
Rinaldo qu’Alceste ont procuré de grandes joies musicales.
Nous serons un peu moins enthousiasmé par le dernier concert,
Les Indes galantes, pas pour la réalisation musicale, mais
plutôt pour le choix de l’œuvre, une comédie-ballet ne
se prêtant pas à la version de concert. Privées
de mise en scène et de chorégraphies, Les Indes
galantes ont du mal à soutenir l’attention. Le Prologue et les
deux premières entrées sont digestes, mais les deux
entrées suivantes passent mal, la troisième surtout,
malgré des coupures drastiques, paraît interminable, et
il aurait été à notre avis
préférable de choisir une tragédie lyrique,
genre qui a plus de substance et qui peut mieux se passer de mise en
scène. Ces réserves posées, il faut cependant
reconnaître que le concert, sans être inoubliable, fut
d’un bon niveau musical.
En haut de la distribution, le
baryton Nigel Smith, un chanteur qui ne cesse de nous impressionner
à chacune de ses apparitions à Tourcoing. Le timbre est
brillant, la projection parfaite, la tessiture très
étendue, malgré des graves qui manquent un peu d’assise
et de couleurs, la diction française est irréprochable,
la vocalisation souple et harmonieuse. Il est dommage qu’on l’entende
relativement peu, mais il a le temps de ne faire qu’une
bouchée du martial « la gloire vous appelle… » du
Prologue, et son Huascar est tout à fait convaincant. L’autre
baryton de la soirée, très sollicité, est Alain
Buet, comme toujours stylé, à la diction mordante et
à la présence théâtrale indéniable,
ce qui compense un timbre assez grisâtre et monotone. Cyril
Auvity semble de trop petit format pour chacun de ses rôles. Le
chanteur est toujours élégant, le timbre est doux et
fragile, mais il produit des sons parfois très étranges
dans l’aigu, et est régulièrement en problème de
justesse. La prestation de James Oxley est plus égale, mais
assez atone, et la diction est, inhabituellement, assez
pâteuse.
Trois sopranos
complètent la distribution. Salomé Haller est la plus
marquante : mise en difficulté par le rôle
d’Hébé dans le prologue, trop léger pour elle,
elle réussit par la suite une incarnation très
intéressante de l’esclave Emilie, auquel elle apporte toutes
les ressources de son tempérament dramatique et de sa voix
corsée et puissante, et elle fait de « La nuit couvre les
cieux ! » un moment mémorable. Liliana Faraon est la plus
discrète, sa petite voix manque un peu de puissance, mais est
très jolie. Elle a cependant encore beaucoup à faire
pour maîtriser les aigus et la justesse. Cyrille Gerstenhaber
séduit par la fragilité de son chant et la finesse
pointilliste de ses phrasés, mais son étrange tenue aux
imprimés psychédéliques, mi-carnaval
mi-antiquité, qui va au-delà des frontières
habituelles du goût, ne contribue pas à concentrer
l’attention des spectateurs sur sa prestation vocale.
Nous avions été
très favorablement impressionné par la tenue de la
Grande Ecurie lors du dernier concert. Quelques semaines plus tard,
c’est la débandade parmi les cordes, acides, maladroites et
pas en place. Les vents se comportent très bien, le timbalier
Guillaume Blaise montre son allant habituel, et les trompettes sont
en bonne forme, sauf un moment de grosse distraction. Jean Claude
Malgoire dirige son monde avec sa bonhomie et sa souplesse
coutumières. Tout y est, l’esprit et le style, pourtant le
chef, élégant mais peu engagé, n’évite
pas une certaine monotonie."
"Y a-t-il œuvre plus
jubilatoire que les Indes Galantes ? Jean-Claude Malgoire ne s’y est
pas trompé, qui clôt son jubilé en beauté
avec l’Opéra-ballet le plus exotique de Rameau, relevant haut
la main le défi de la version de concert grâce à
une Grande Écurie fringante et une distribution dominée
par une Salomé Haller aux mille facettes. Pionnier en Rameau
comme en tout, Jean-Claude Malgoire gravait avec les Indes galantes
son premier opéra, encore tout ébloui de la production
légendaire de Maurice Lehmann, qui signa le retour de Rameau
à l’Opéra de Paris. Depuis ce premier essai sur
instruments d’époque, William Christie a fait sien cet
Opéra-ballet, imposant sa vision élégante mais
souvent trop lisse d’Aix-en-Provence à Zurich.
Après une Alceste de
Lully transformée en interminable scène de sommeil,
Malgoire revient à Rameau avec la même énergie
renouvelée que pour son enthousiasmant Orfeo de Monteverdi.
Précise, variée, et surtout bien plus
contrastée, de tempête en tremblement en de terre, que
ne peut l’être celle de Christie, sa direction anime chacune
des entrées avec le même sens du théâtre et
du divertissement, palliant la frustration de la version de concert
par le spectacle d’un orchestre régénéré.
Car malgré quelques défauts de mise en place, la Grande
Écurie, secondée par l’impeccable Chœur de chambre de
Namur, se révèle à son plus homogène, et
surtout son plus brillant, avec des vents superlatifs – traverso de
rêve – et des cordes le plus souvent exultantes.
Sans star, mais formée
d’une équipe jeune et concernée, au français
superlatif, la distribution est dominée par Salomé
Haller, dont la maîtrise stylistique kaléidoscopique et
la présence réjouissante donnent à chacune des
entrées auxquelles elle est conviée un surcroît
de vie grâce à une déclamation tour à tour
blessée – le Turc généreux – et spirituelle –
une Zima débordante de fantaisie à la vocalise
virevoltante, bien que privée de Régnez, plaisirs et
jeux, dans les très fameux Sauvages. Que l’aigu ne soit pas
des plus aisés, parfois même agressif, n’est que
vétille, comparé à une palette de couleurs
scintillantes et spontanées.
Délicate et expressive,
la voix d’une ampleur trop limitée de Cyrille Gerstenhaber se
trouve assez injustement éclipsée par le soprano
lumineux et virtuose, mais un rien scolaire de Liliana Faraon,
rossignol idéal pour les Papillons inconstants, auquel
Malgoire permet de briller davantage encore en intégrant
à la Fête persane l’air italien Fra le pupille,
où Rameau fait valoir des dons incontestables pour le
pasticcio.
S’ils manquent respectivement
d’éclat et de creux pour en imposer par leurs seules voix,
Alain Buet et Nigel Smith n’en savent pas moins croquer leurs
personnages dans le temps limité de chaque entrée,
tandis que le défi de la haute-contre à la
française est remporté par James Oxley, de son timbre
peu amène mais fièrement projeté, quand Cyril
Auvity, certainement plus raffiné malgré son
incapacité à exécuter le moindre tremblement, se
bat avec la vocalité ramiste, que son émission
éprouvée par un appui laryngé constant,
contraint à la plus anodine raideur.
En attendant le retour
inespéré de Gardiner dans Castor et Pollux la saison
prochaine, Jean-Claude Malgoire prouve que, malgré les
offensives violentes, et parfois outrées, d’un Minkowski, les
anciens ont encore bien des choses à nous apprendre sur
Rameau, qui n’est en aucun cas affaire de mode, achevant son
jubilé sur le plus pimpant des points d’orgue."
- Opéra de
Zürich - 29, 31
décembre 2005, 1er, 3 janvier 2006 - Orchestre
La Scintilla - choeur des Arts Florissants - dir. William Christie
- mise en scène, chorégraphie Heinz Spörli -
décors Hans Schavernoch - costumes Jordi Roig -
lumières Jürgen Hoffmann - avec Malin Hartelius
(Hébé), Malin Hartelius (Zima), Eva Liebau
(L'Amour), Patricia Petibon (Phani), Patricia Petibon (Fatime),
Liliana Nikiteanu (Zaïre), Juliette Galstian (Emilie), NN.
(Adario), Joao Fernandez (Huascar), Christoph Strehl
(Valère), Christoph Strehl (Tacmas), Gabriel Bermudez
(Osman), Gabriel Bermudez (Ali), Gabriel Bermudez (Don Alvar),
Reinaldo Macias (Don Carlos), Reinaldo Macias (Damon), Reinhard
Mayr (Bellone)
- Utrecht -
Festival de Musique Ancienne - 29 avril 2004 - Cappella Amsterdam
- dir. Daniel Reuss - Orchestra of the 18th Century - dir. Frans
Brüggen - chorégraphie Andrea Leine, Harijono Roebana
- mise en scène Jeroen Lopes Cardozo - avec Mathilde
Etienne (L'Amour), Cyrille Gerstenhaber (Phani, Zaïre), Anne
Grimm (Fatime), Claron McFadden (Emilie, Zima), Nicola Wemyss
(Hébé), Marcel Beekman (Damon, Valère),
Anders Dahlin (Don Carlos, Tacmas), Jasper Schweppe (Ali), Mattijs
van de Woerd (Adario), Hubert Claessens (Bellone, Don Alvar,
Huascar), David Wilson-Johnson (Osman)
- Opéra
Garnier - 13, 15, 17, 18,
20, 21, 22, 24, 25, 27 septembre 2003 - Les Arts Florissants -
dir. William Christie - mise en scène Andrei Serban, Niky
Wolcz - décors, costumes Marina Draghici - lumières
Robert Wierzel - chorégraphie Blanca Li - avec Prologue
- Danielle de Niese (Hébé), João
Fernandes (Bellone), Valérie Gabail (L'Amour),
1e entrée - Le Turc
généreux - Nicolas Cavallier (Osman), Anna Maria
Panzarella (Emilie), Paul Agnew (Valère) - 2e
entrée - Les Incas du Pérou - Nathan Berg
(Huascar), Jaël Azzaretti (Phani), François Piolino
(Don Carlos), 3e entrée - Les Fleurs,
Fête persane - Richard Croft (Tacmas), Nathan Berg
(Ali), Gaëlle Le Roi (Zaïre), Malin Hartelius (Fatime),
4e entrée - Les Sauvages - Nicolas Rivenq
(Adario), Christoph Strehl (Damon), Christophe Fel (Don Alvar),
Patricia Petibon (Zima)

- ConcertoNet - 13 septembre 2003
"Pour cette seconde reprise,
la production des Indes Galantes dans la mise en scène
d’Andréi Serban et sous la direction de William Christie
requiert toujours le même enthousiasme de la part du public.
Les trois heures et demie de spectacle passent très vite tant
la mise en scène est inventive, lumineuse et remplie de petits
détails difficiles à apprécier en une seule
représentation. Parallèlement, les Arts Florissants et
les chanteurs soutiennent ce projet ambitieux sans
démériter et avec grande classe. Cette mise en
scène, comme la plupart de celles d’Andréi Serban que
ce soit au théâtre ou à l’opéra, est
très colorée. Pour l’épisode du Turc
Généreux, il place évidemment l’action sur une
sorte de plage et Emilie apparaît allongée sur une
coquille bleue. Au fond de la scène des tubes bleus plus
clairs tournent de manière à évoquer une mer et
des vagues agitées, vagues dans lesquelles des sirènes
et autres poissons batifolent. L’illusion serait complète si
Andréi Serban n’avait pas décidé, à la
fin de l’épisode, de dévoiler toute la machinerie
utilisée, brisant quelque peu le rêve. Pour les Incas du
Pérou, les couleurs rouge et oranger sont
privilégiées pour les décors et les
lumières, conférant ainsi une atmosphère assez
irréelle et sacrée. Des sortes d’éponges sont
employées pour représenter la fausse explosion du
volcan. La troisième entrée est sûrement la plus
réussie scéniquement. La deuxième partie est
composée essentiellement de ballets et Blanca Li
n’hésite pas à habiller ses danseurs avec des feuilles,
des fleurs et à les placer dans des pots dont ils sortent pour
exécuter des figures chorégraphiques. Enfin pour les
Sauvages, chanteurs et choristes sont habillés avec des plumes
et de longs vêtements, tandis que les deux amoureux occidentaux
de Zima redoublent d’excentricité dans leur toilette (rubans,
…). De nombreuses idées intéressantes jalonnent cette
production: pour annoncer le titre des entrées, le metteur en
scène crée une nouvelle forme de surtitrage en confiant
à certains personnages un carton en forme de nuage sur lequel
est inscrit le titre. Une certaine cohérence s’installe dans
la mesure où les accessoires du prologue sont presque tous des
coussins en forme de nuage. Andréi Serban tente de faire des
Indes Galantes une vaste illustration des différentes formes
que revêt l’amour et met particulièrement en relief le
rôle d’Hébé, sorte de guide
préposée au bon déroulement des histoires
amoureuses. Pendant l’ouverture, au milieu de la scène, un
panneau, sorte de uolumen, se déplie et plusieurs
éléments du décor utilisés au cours de la
représentation traversent la scène (bateaux du Turc, le
feu des Sauvages…). A la fin de l’opéra ce même panneau
se plie alors et donne une unité à tout l’opéra.
Une très large place est laissée, dans cette oeuvre,
aux ballets et Blanca Li exploite au maximum les ressources de la
danse. Même si les figures chorégraphiques ou du moins
les idées illustrées font penser de manière
très précise aux ballets de Platée dans la
production de Laurent Pelly, elle utilise à merveille les
intermèdes musicaux pour créer une petite histoire:
pour cela elle utilise cinq couples de danseurs qui vont tour
à tour simuler l’amour, la bonne entente puis la dispute,
l’adultère, la jalousie…
La distribution,
composée de spécialistes de longue date du baroque et
d’une nouvelle génération, s’avère assez
hétérogène. Si la production scénique n’a
rien à envier à celle quasi-légendaire d’Alfredo
Arias montée à Aix-en-Provence il y a dix ans, les
chanteurs ne possèdent pas tous la même fraîcheur,
le même engagement et la même perfection que des gens
comme Jérôme Corréas, Sandrine Piau, Bernard
Delétré, pour ne citer qu’eux…
Parmi la distribution
féminine, c’est Anna-Maria Panzarella qui semble la plus
à sa place. Elle campe une Emilie à la fois tendre dans
les duos avec Valère mais également
déterminée dans son air “Vaste Empire des mers”, qui
est peut-être le plus beau passage de toute la
représentation: la voix est ronde, pleine, stable et, de plus,
son timbre particuliers donne du piquant au caractère de la
jeune fille. Se pliant à toutes les exigences du metteur en
scène, elle arrive à ne pas tourner en ridicule le
ballet dans lequel elle et Paul Agnew sont dans de petites barques et
font semblant de naviguer sur la mer.
Parmi les nouvelles chanteuses
baroques, on retrouve avec plaisir Jaël Azzaretti qui,
après avoir assuré les petits rôles dans de
nombreuses productions de l’Opéra de Paris, a trouvé en
William Christie, et en la musique baroque, un terrain favorable pour
développer les qualités évidentes de sa voix.
Même si elle manque encore un peu de puissance, la musicienne
sait donner des accents particulièrement expressifs à
son personnage et la salle reste suspendue à son air “Viens
Hymen”. Malheureusement, sa diction reste assez approximative et on
perd à ne pas distinguer les mots. Quant aux multiples
vocalises qui composent son rôle, elles sont
époustouflantes de virtuosité. Daniele de Niese, dont
la carrière évolue également vers le
répertoire baroque, tient le rôle d’Hébé
avec beaucoup de conviction et s’engage sans réserve
scéniquement. Vocalement la voix est belle,
légère, souple mais pas très puissante: elle
privilégie également le son à la diction et son
texte est parfois incompréhensible. La chanteuse confirme la
justesse et la beauté de sa voix dans une tessiture qui lui
correspond mieux que celle de Cléopâtre dans Jules
César donné dans ce même théâtre
l’année dernière. Malin Hartelius, déjà
présente lors des précédentes
représentations, se tourne de plus en plus vers le
répertoire baroque avec un certain succès. Son
interprétation de Fatime est douce, légère. Le
fameux air “papillon inconstant” est bien mené, même si
elle a tendance à mettre trop de pression dans les aigus.
Valérie Gabail se montre très drôle dans le
rôle de Cupidon, habillée de rouge et lançant sur
Bellone des flèches dorées. Ancienne choriste de
multiples ensembles baroques, elle se plie aux exigences stylistiques
mais ses vocalises restent assez inexactes. Gaële Le Roi se
montre charmante en Zaïre et elle semble avoir une voix qui se
prête admirablement au répertoire baroque.
Espérons que cette expérience lui donnera envie de
continuer sur cette voie. Enfin, Patricia Petibon, comme toujours, en
fait trop et beaucoup trop au détriment et de sa voix et de
son jeu. La mise en scène, certes, favorise ses
déhanchements, mais peut-être pas à ce
point-là! Son air “régnez, plaisirs et jeux” est bien
chanté mais il serait peut-être préférable
qu’elle ne donne pas la dernière note qui ressemble davantage
à un cri qu’à une note tenue. En revanche elle
emmène tous les choristes dans la fameuse danse des sauvages
et, étant très sensible au rythme, elle donne un
élan et un souffle impressionnants à cette
scène.
Chez les chanteurs, la
distribution est bien plus homogène. En fidèle de
William Christie, Paul Agnew est égal à lui-même
et présente un Valère assez niais, assez naïf. Il
est sûr que la mise en scène ne l’avantage pas mais il
donne des accents à sa voix, confirmant ainsi cette lecture.
Le chanteur se montre particulièrement à l’aise dans
les passages vifs “Hâtez-vous de vous embarquer” qu’il donne en
pleine voix. Il dévoile alors une puissance vocale qui lui
permettra d’aborder des rôles plus lourds en dehors du cercle
baroque. En revanche François Piolino, qui fait figure de
nouveau ténor baroque, est assez décevant. Son
interprétation de Don Carlos est assez terne et on l’a
déjà entendu plus inspiré. Le ténor
Richard Croft se sert de l’élégance de sa voix pour
Tacmas, mais elle manque peut-être de
légèreté que seul un haute-contre, comme
Jean-Paul Fouchécourt à Aix, peut apporter. En revanche
il est impayable lorsqu’il se travestie en bohémienne et
ajoute quelques “couacs” pour simuler sa difficulté à
transformer sa voix. Nicolas Cavallier, familier de ce rôle, se
taille un franc succès et se montre un Osman imposant et en
même temps sensible. Le changement d’attitude du personnage
n’en est alors que plus logique. Le chanteur s’appuie
également sur une diction parfaite pour transmettre des
émotions. Nathan Berg est le seul chanteur de cette production
à interpréter deux rôles: celui de Huascar dans
les Incas et celui d’Ali dans les fleurs. C’est dans ce dernier qu’il
parvient à son maximum et qu’il est le plus convaincant: il
est drôle et il trouve de doux accents pour prouver son amour.
Nicolas Rivenq est, comme toujours, excellent. Après avoir
chanté dans la production d’Alfredo Arias (à la fois
Osman et Adario) et dans les diverses reprises de celle
d’Andréi Serban, le rôle du sauvage n’a plus de secret
pour lui. D’une grande prestance scénique, il remplit
également la salle de sa voix forte et modulée. Il est
peut-être le seul à être aussi à l’aise et
à communiquer son enthousiasme à interpréter
cette partition. Au moment où il apparaît, la musique
semble enfin s’épanouir. Du grand art !! Enfin, Joao
Fernandes, remarqué dans le Jardin des Voix, impressionne par
sa voix stable, bien placée et souple mais aussi par son
engagement scénique. Il pousse au plus loin les demandes du
metteur en scène et campe une Bellone infernale à
souhait. Ce jeune chanteur est un nom à retenir! A noter
également la participation excellente de Christoph Strehl dans
le rôle de Damon et celle toute aussi exemplaire de Christophe
Fel dans celui de Don Alvar. Il confère à ce personnage
assez ridicule un certain humour et rend l’attitude Zima encore plus
détestable.
Comme toujours le choeur des
Arts Florissants préparé par François Bazola
fait merveille et une attention particulière est portée
à la diction. Les choristes arrivent parfaitement à se
mouler dans la mise en scène et ils s’en donnent à
coeur joie dans la danse des Sauvages. La direction de William
Christie se veut ferme, énergique mais manque peut-être
de douceur ça et là. On préférera se
souvenir de l’excellente intégrale enregistrée à
l’issue des représentations d’Aix-en-Provence.
Au moment des
applaudissements, les artistes reprennent en choeur la fameuse danse
des sauvages, emmenés par un William Christie
déchaîné qui n’hésite pas à jouer
lui-même aux indiens et à se plier aux exigences de la
mise en scène. Ce petit jeu achève de déclencher
le délire du public, à juste titre.
- Altamusica - 13 septembre 2003
"Epices des Indes -
L’opéra-ballet est par excellence l’art du grand spectacle
dix-huitiémiste : de la parfaite coopération entre le
metteur en scène Andrei Serban, la chorégraphe Blanca
Li, la créatrice de décors et costumes Marina Draghici
est née une féerie jubilatoire, largement
plébiscitée par un public enthousiaste. La danse
s’intègre ici idéalement à l’œuvre, en
évitant les écueils de la laborieuse reconstitution
à l’authentique, mais aussi de la modernité hors sujet,
comme cela avait pu être le cas pour la chorégraphie
étrange des Boréades : raffinement, humour et
à-propos en sont les maîtres mots – le ballet des pots
de fleurs de la « Fête persane » restera ainsi un
morceau d’anthologie.
De même, la distribution
ne joue pas la carte du « star-system », et les
acclamations qui accueillent Patricia Petibon au terme du tableau des
Sauvages paraissent quelque peu injustes si l’on considère
l’extrême homogénéité d’ensemble. Ici, il
s’agit avant tout d’un travail d’équipe. Dès le
Prologue, l’hilarante apparition de Joao Fernandes en Bellone
drag-queen donne le ton de la soirée. Sans compter que la
jeune basse issue du « Jardin des voix » des Arts
Florissants a une voix superbe de justesse et de profondeur, sa
prestation scénique augure d’une suite passablement
hystérique. En face de lui, les sopranos Danielle de Niese
(Hébé) et Valérie Gabail (l’Amour), à la
plastique fort avantageuse, ont fort à faire, mais s’en tirent
avec les honneurs. Si l’entrée du Turc généreux
paraît théâtralement un peu moins heureuse (quelle
idée d’habiller la pauvre Anna Maria Panzarella d’une robe de
rallye provincial !), les chanteurs rivalisent d’excellence, avec en
particulier le chant superbement stylé tant de Panzarella que
de Paul Agnew.
Sans tout
énumérer, on dira ensuite que Jaël Azzaretti
(Phani des Incas du Pérou ) est une belle
révélation, que Malin Hartelius dans les Fleurs se
révèle aussi fine musicienne qu’à son habitude,
et surtout que le quatuor des Sauvages (Christophe Fel, Christoph
Strehl, Patricia Petibon et Nicolas Rivenq) se montre, avec un
abattage impeccable, à la hauteur des attentes. C’est du reste
à la chaconne de la 4e entrée que l’on attend les
Indes, et la tradition fut respectée puisque l’air, repris
après les saluts, fut une fois encore l’occasion, pour le
public du Palais Garnier, d’assister à la
célébrissime « danse du chef ». Non, pas le
chef indien, le chef d’orchestre…
À l’orchestre – et aux
chœurs – justement, il convient de rendre l’hommage le plus vif :
entraînés à la perfection, idéalement
dirigés, ces musiciens livrent une interprétation
impeccablement huilée, cohérente de bout en bout, en un
mot inspirée. Tout au plus peut-on souhaiter une meilleure
mise en relief des pupitres (Rameau n’est-il pas un magicien de
l’orchestre ?), ainsi qu’une articulation plus tranchante dans les
passages où la bizarrerie de Rameau se donne libre
cours."
- Opéra de
Zürich - 11, 15, 17,
18, 21, 23, 25, 28, 29 mai 2003 - nouvelle production - Orchestre
La Scintilla - choeur des Arts Florissants - dir. William Christie
- mise en scène Heinz Spörli - décors Hans
Schavernoch - costumes Jordi Roig - avec Malin Hartelius
(Hébé, Zima), Reinhard Mayr (Bellone), Isabel Rey
(L'Amour, Phani, Fatime), Rodney Gilfry (Osman, Huascar, Adario),
Juliette Galstian (Émilie), Christoph Strehl
(Valère, Tacmas), Reinaldo Macias (Don Carlos, Damon),
Gabriel Perez-Bermudez (Ali, Don Alvar), Liliana Nikiteanu
(Zaïre)

- Opéra International -
juillet/août 2003
"Les Indes galantes, dont
c'était la création scénique en Suisse, ont
suscité l'enthousiasme du public. Musicalement, le pari
était quasiment gagné d'avance, car William Ch ristie
s'est mué, au fil des ans, en avocat ardent et convaincant de
la cause ramiste. Sa direction enjouée sait faire
admirablement sonner l'orchestration si variée dc cette
partition miraculeuse, alors que le trait se veut tour à tour
cinglant ou charme ironique ou sensuel. Chaque morceau, abordé
comme un univers musical en soi, se fond pourtant dans l'architecture
d'ensemble des diverses Entrées et constitue, dans
l'éclat de ses couleurs et de son climat propres, la touche
nécessaire à souligner la profusion d'idées
mises en oeuvre. En entendant une interprétation aussi
roborative, on s'étonne que d'aucuns aient pu un jour estimer
ce langage lyrique ennuyeux ou répétitif...Les
chanteurs, constitués d'habitués de la scène
zurichoise, ont su assimiler ce style si particulier, où
1'ornementation légère le dispute constamment à
une prosodie alambiquée dont l'accentuation s'écoute
comme l'indispensable pulsion rythmique du profil mélodique de
chaque air ou récitatif. Des trois sopranos, c'est Malin
Hartelius (Hébé et Zima) qui emporte la palme, de sa
voix virtuose. Isabel Rey se veut plus sentimentale : sa courbe de
chant s'attarde volontiers sur les notes filées
néanmoins, à l'intérieur de chacun de ses trois
rôles, la cantatrice espagnole sait faire preuve d'un art
supérieur de la précision dans l'intonation et de
retenue dans la recherche de l'effet. Moins exubérante et
extravertie, Juliette Calstian aborde les airs d'Emilie en
esthète sensible. Enfin, la mezzo Liliana Nikiteanu
séduit en Zaïre, avec son timbre grave qui virevolte avec
aisance. Du côté masculin, Rodney Gilfry (trois
rôles lui aussi) est tout simplement impérial. Son chant
lui permet de faire un sort à chaque consonne de la langue
française ; il est ainsi l'un des rares interprètes de
la soirée dont le texte reste parfaitement
compréhensible. Le ténor ardent de Christoph Strehl
(Valère et Tacmas), à la fois précis et
aérien, convainc plus facilement que la ligne de chant
déjà un brin empâtée de Reinaldo Macias
(Don Carlos et Damon). Bonne contribution des emplois plus
épisodiques, et remarquable engagement scénique du
choeur des Arts Florissants, qui sait, comme nul autre, rendre
justice à l'écriture riche en traquenards rythmiques
des nombreux épisodes choraux de l'ouvrage.
Heinz Spoerli,
spécialiste des chorégraphies romantiques et modernes,
ne s'est pas soucié de reconstituer les pas de danse
français d'avant la Révolution. Son approche est
ouvertement ironique, et l'on ne compte plus les citations des grands
ballets, de l'entrée des Ombres au troisième acte de La
Bayadère aux déhanchements hybrides typiques des
chorégraphies de comédies musicales actuelles, à
la façon Notre-Dame de Paris. Décevant au premier
abord, le parti pris s'avère finalement payant, d'autant plus
que le chorégraphe, qui est également metteur en
scène, a décidé de transposer l'action dans le
milieu interlope de l'Exposition Universelle de Paris en 1889, avec
ses démonstrations folkloriques plutôt discutables sur
le plan ethnographique. Le tout prend alors très vite des
allures de spectacle bon enfant, où le brio de la
réalisation visuelle vise à satisfaire l'oeil avant de
nourrir l'esprit. Et lorsque l'ultime Entrée des Sauvages nous
présente une cohorte de danseurs qui se trémoussent en
jeans et T-shirts sur une musique bizarrement rythmée comme
dans toute société américanophile en Europe ou
en Asie, l'intention finale du metteur en scène pointe
derrière le sourire de circonstance. Le XXIe siècle a
aussi ses Indes exotiques, mais sont-elles tou jours aussi galantes ?
La question reste bien sûr sans réponse, tandis que les
décors de Hans Schavernoch et les costumes somptueux de Jordi
Roig ajoutent encore au plaisir de l'oeil, en transformant cet
opéra-ballet si particulier en revue déjantée
typique dune époque en mal de repères
esthétiques."
- Forum
Opéra - 25 mai 2003
"De fréquentes
allusions à l'architecture métallique de la fin du XIXe
et du début du XXe (Tour Eiffel, Grand Palais...) semblent
placer l'action lors d'une exposition universelle parisienne
où les nations se succèdent dans un tourbillon de
couleurs et de mouvements. Le Prologue se déroule sous la
verrière du Grand Palais et le tableau des Incas dans une
salle d'exposition où prône un immense tableau
académique représentant Machu Pichu (et où
Huascar se trouve être un savant fou, concepteur d'une
énorme machine à vapeur qui finira par se
détraquer), tandis que le tableau des Sauvages se
déroule lui en plein far-west avec grand canyon, totems,
cactus, scorpion... et calumet de la paix bien entendu ! Au milieu de
cela, le tableau du Turc généreux est celui qui se
rapproche le plus de l'univers XVIIIe avec sa perspective de toiles
peintes (mais qui se retrouvent complètement emportées
par la tempête qui anime le tableau !).
Cette mosaïque
bigarrée ne choque aucunement et se rapproche certainement des
productions de l'époque de Rameau où le public venait
pour être émerveillé par ces civilisations
éloignées et étranges qu'on ne savait alors
caractériser que par les décors et les costumes et non
encore par la musique. On sourit donc beaucoup dans cette production
grâce aussi à la chorégraphie extrêmement
inventive et souvent drôle, qui fait par exemple passer le long
ballet des fleurs sans sentiment de longueur. La qualité des
danseurs joue aussi beaucoup dans la réussite des
séquences chorégraphiques.
Musicalement, nous sommes
moins à la fête, surtout du fait d'une distribution
très moyenne, pour ne pas dire plus, dont aucun chanteur ne
sauve véritablement l'autre. Certes, on sent que le style a
été travaillé, la prononciation aussi (pour
certains), mais ce sont les voix qui font souffrir, soit qu'elles
sont inadéquates pour ce répertoire (Rheinhard Mayr,
Rodney Gilfry !) ou bien franchement insuffisantes (intonation,
justesse). Seul le choeur des Arts Florissants apporte de la
satisfaction sur le plan vocal, bien que nous ayons entendu ce
superbe choeur plus rond et plus homogène par le passé.
L'orchestre " La Scintilla " est un ensemble d'instruments anciens
constitué par des musiciens de l'orchestre " moderne " de
l'Opéra de Zürich, et cela se sent bien dans plusieurs
pupitres, les flûtes et les violes par exemple ne pouvant
s'empêcher d'émettre un léger vibrato.
Malgré tout, l'orchestre, fourni, fait montre d'une belle
assurance et d'une séduisante palette de couleurs. William
Christie dirige avec amour un répertoire dans lequel il semble
être de plus en plus à l'aise et convaincant, notamment
sur le plan dramatique. Sa direction est vivante et
contrastée, mais on lui reprochera un soupçon de
maniérisme parfois (certains phrasés, certaines nuances
pianissimo renforcées par un allégement soudain de
l'orchestration, comme la fin de la danse des sauvages jouée
en pizzicato...)."
- Buenos Aires - Teatro
Colon - 29 septembre, 1er, 2, 3, 4 octobre
2002 - Orquesta Cisplatina - dir. Gabriel Garrido - mise en
scène Arias - première audition en Argentine - avec
Marie-Louise Duthoit (Fatime)
- Heidelberg -
juillet 2002 - dir. Volker Christ - mise en scène Wolf
Widder - avec Sabine Goetz
(Hébé/Zima/Pappillon/Zaire/Phani), Kirsten
Obelgönner (L'Amour/Adario/Fatime), Uwe Stickert
(Damon/Tacmas/Don Carlos), Peter Paul (Bellone/Don
Alvar/Ali/Huascar)
- Opéra Garnier
- 15, 16, 18, 19, 21, 22,
23, 24, 26, 27 septembre 2000 - Orchestre et Chœurs des Arts
Florissants - dir. William Christie, mise en scène Andrei
Serban, décors et costumes Marina Draghici, lumières
Robert Wierzel, chorégraphie Blanca Li - avec :
Prologue - Annick Massis (Hébé), Christophe
Fel (Bellone), Gaëlle Méchaly (L'Amour) -
1ère entrée - Nicolas Cavallier
(Osman), Anna-Maria Panzarella (Emilie), Paul Agnew
(Valère) - 2e entrée - Nathan Berg
(Huascar), Patricia Petibon (Phani), Iain Paton (Don Carlos) -
3e entrée - Paul Agnew (Tacmas), Nathan
Berg (Ali), Anna-Maria Panzarella (Zaïre), Annick Massis
(Fatime) - 4e entrée - Nicolas Rivenq
(Adario), Iain Paton (Damon), Nicolas Cavallier (Don Alvar),
Patricia Petibon (Zima)
- Altamusica : "Les Indes sans
épices" - 18 septembre 2000
"Créées la
saison dernière à l’Opéra Garnier, les Indes
Galantes de Rameau dans la production d’Andrei Serban jouissent d’une
invention presque constante sur la scène, laquelle contraste
violemment avec le manque d’engagement de William Christie dans la
fosse. Une défaillance que la jolie distribution vocale ne
compense pas tout à fait.
L’Opéra – Ballet fut
à une époque un genre très en vogue en France
où il a vu le jour à la fin du XVIIe siècle
à l’instigation de Lully. Sa particularité est de
reposer sur un thème et non sur une intrigue, ce qui donne
libre cours à l’imagination et à la
créativité du compositeur et du librettiste.
L’opéra-ballet est donc un type d’œuvre à
géométrie variable, un spectacle complet où tout
est permis pour divertir le public : c’est le cas des Indes Galantes
- dont le thème est les "Mœurs Amoureuses chez les Sauvages".
Aujourd’hui, la difficulté est de compenser l’absence d’un
solide argument dramatique par un spectacle capable de tenir le
spectateur de bout en bout. Malgré la mise en scène
plutôt réussie et souvent drôle d’Andrei Serban -
coloré, dynamique, qui mêle arts du cirque et danse
contemporaine, avec l’intervention de la musette sur scène -
les Indes Galantes n’atteignent pas leur objectif initial : divertir.
La platitude léthargique de l’Orchestre des Arts Florissants
de William Christie empêche toute fusion entre l’action
scénique et la musique. L’orchestre est le principal fautif
dans les carences de l’interprétation et cela, on a pu
l’entendre dès le Prologue. La sécheresse de la
direction de William Christie est à l’origine d’un manque de
dynamisme et de couleur pourtant essentiels dans l’œuvre de Rameau.
Les tempi paraissent trop lisses et les tempêtes, pourtant
nombreuses, font l’effet de petites averses à peine humides.
Quand Rameau a une idée toutes les deux mesures, Christie lui
s’économise. Ses Indes ont l’exotisme du Darjeeling
tiède qui se boit avec un nuage de lait et le petit doigt en
l’air.
Heureusement, Paul Agnew,
Nicolas Rivenq et surtout Patricia Petibon se sont surpassés
pour tirer le spectacle de sa torpeur. Pas flamboyantes, ces Indes
donc. Sauf sur la fin : l’orchestre se réveille subitement
livre une danse des Sauvages débridée. Bouquet final :
en guise de bis Christie monte sur scène et esquisse quelques
pas de danse avec la troupe au grand complet. On aurait aimé
qu’il se déboutonne quelques heures plus tôt.
"
- Opéra International - novembre
2000
Lors de sa création,
l'an dernier, l'aspect scénique de cette production nous avait
laissés sur notre faim. Malgré notre peu de goût
pour l'esthétique d'Andrei Serhan, cette reprise offre un
visage nettement plus plaisant. La précédente
accumulation systématique de lieux communs, empruntés
à l'imagerie baroque, et de pléonasmes visuels, issus
des mots du livret de Fuzelier, fatiguait, voire irritait.
Aujourd'hui, ce qui était reçu comme un amas lassant et
gratuit d'événements évoque une fête
rythmée, dont on aperçoit les différents niveaux
de sens. Les modifications apportées par Serban et,
semble-t-il, par Blanca Li, consistent en une prise de distance, en
un surplomb par rapport a ces systèmes trop rigidement
appliqués. En découlent une plus grande
fluidité, une calme énergie, une sorte d'esprit
loufoque. Un certain nombre de décors et de costumes ont
également été refaits ; cette fois pourtant, le
spectateur ne pense pas une seule seconde aux imposants moyens,
à tous points de vue, que nécessite une telle
production. En outre, Blanca Li semble avoir joui d'une bien plus
grande latitude d'action dans sa chorégraphie son aptitude
à passer de danses imitatives (et traditionnellement
attachées à la chorégraphie baroque) à
des mouvements et formes totalement contemporains, est digne
d'éloges. Un léger regret demeure : la direction
d'acteurs relâchée d'Andrei Serban n'empêche
certes pas les bons comédiens de s'épanouir (Paul
Agnew, Patricia Petibon, Nicolas Rivenq ou Nicolas Cavallier), mais
en abandonne d'autres, notamment Iain Paton, à
eux-mêmes.
Le plateau vocal n'est en rien
affecté par le fait que Natalie Dessay et Laurent Naouri n'y
figurent plus. Les plus remarquables prestations sont à porter
au crédit de Paul Agnew (extrèmement à l'aise
dans la difficile tessiture de haute-contre, son expression, tant
vocale que physique, est maintenant totalement exempte de
mièvrerie), de Patricia Petibon (moins maniérée
qu'auparavant, elle maîtrise autant la virtuosité dans
l'aigu que l'art théâtral), de Nathan Berg (fort
émouvant Huascar), de Nicolas Cavalier (fort intelligente
basse chantante) et de Nicolas Rivenq (dont les dons vocaux, et
surtout scéniques, ont quelque chose d'insolent). Une
très légère déception touche Annick
Massis, trop tendue physiquement pour chanter avec la souplesse que
lui permettent ses moyens vocaux, et pour être une actrice au
coeur de son jeu. Gaëlle Méchaly, Anna-Maria Panzarella,
Iain Paton et Christophe Fel complètent efficacement cette
excellente équipe.
A son tour, William Christie
s'est montré bien moins rigide qu'en 1999. Au sens le plus
plein et le plus laudatif du terme, il "joue" avec la partition et
avec les différents protagonistes de cette production. Choeur
toujours sonnant, continuo efficace, jolies couleurs instrumentales,
joyeuses participations de certains instrumentistes (galoubet,
percussions, trompettes) au jeu scénique contribuent
pleinement au plaisir du spectateur."
- Tourcoing - Théâtre Municipal
- 19 octobre 1999 - version de concert - La Grande Ecurie et
la Chambre du Roy - dir. Jean Claude Malgoire - avec Gaële Le
Roi (Hébé/Zima/Fatime), Salomé Haller
(Emilie/Phani/Zaïre), Howard Crook (Don Carlos/Tacmas), Jean
François Lombard (Valère/Damon), Nicolas Rivenq
(Pacha Osman/Adario/Ali), Bernard Deletré (Huascar/Don
Alvar)
"Le très bon niveau de
l'interprétation musicale ne compense pas tout à fait
la frustration générée par la
présentation en version concert d'une oeuvre faisant autant
appel au visuel. Il s'agit après tout d'un opéra-ballet
(d'un "ballet héroïque" plus précisément)
et cette alchimie si subtile entre musique, danse et gestique n'est
guère mis en évidence par ce spectacle. Autre
déception: la réduction du choeur aux seuls six
solistes réduit singulièrement l'impact des
scènes chorales relativement nombreuses pourtant dans cet
ouvrage. Mais heureusement, de réelles satisfactions sont
apportées par cette représentation qui ouvre la saison
de l'Atelier Lyrique de Tourcoing, institution hautement estimable
dans une région peu riche en événements
lyriques. En premier lieu, Jean Claude Malgoire dirige de
manière précise et efficace un orchestre dans sa
meilleure forme, stylistiquement à son aise dans ce
répertoire, même si à certains moments, on
pourrait souhaiter plus de fougue, voire de folie. La distribution
est dominée par la superbe et souple voix de Salomé
Heller. A 24 ans, cette soprano possède de grands moyens, une
diction impeccable (qualité rare, partagée par
l'ensemble des solistes), une bonne connaissance du style
ramélien et de l'ornementation; il lui reste à corriger
certains problèmes de justesse et de concentration. Gaële
Le Roi compense une palette de couleurs vocales assez réduite
par une virtuosité à toute épreuve. Nicolas
Rivenq sera omniprésent à Tourcoing cette saison (il
signera même les décors des opéras de Monteverdi
et collaborera à la mise en scène); habitué de
ce répertoire, Adario déjà à
l'Opéra Garnier en septembre dernier, il n'a pas de mal
à convaincre. Restent Howard Crook, parfait styliste mais aux
moyens désormais ternis, Jean François Lombard,
prometteur mais à la voix encore fragile et peu assurée
et Bernard Deletré, seul chanteur véritablement
contestable avec sa voix rocailleuse et son peu d'implication
dramatique. " (ConcertoNet)
- Opéra Garnier
- 17, 18, 19, 20, 23, 24, 25, 27, 28, 29 septembre,
1er, 2, 4, 5 octobre 1999 - Choeur et Orchestre des
Arts Florissants - dir. William Christie - mise en scène
Andrei Serban - décors, costumes Marina Draghici -
lumières Robert Wierzel - chorégraphie Blanca Li -
avec
(1) Natalie Dessay (Hébé, Fatime, Zima),
Heidy Grant Murphy (Emilie, Zaïre), Malin Hartelius (Phani),
Gaëlle Méchaly (Amour), Nathan Berg (Osman, Ali), Yann
Beuron (Valère, Damon), Laurent Naouri (Huascar, Alvar),
Nicolas Cavallier (Bellone), Iain Paton (Carlo), Paul Agnew (Tacmas),
Nicolas Rivenq (Adario),
(2) Malin Hartelius (Hébé, Phani,
Fatime), Heidy Grant Murphy (Emilie, Zaïre), Natalie Dessay
(Zima), Gaëlle Méchaly (Amour), Nathan Berg (Osman, Ali),
Yann Beuron (Valère, Damon), Laurent Naouri (Huascar, Alvar),
Nicolas Cavallier (Bellone), Iain Paton (Carlo), Paul Agnew (Tacmas),
Nicolas Rivenq (Adario)
- Opéra International - novembre
1999
"Avec Les Indes galantes,
Rameau a créé un objet délicat àc erner :
une oeuvre à grand spectacle (un opéra-ballet en un
prologue et quatre "entrées", et non "actes", avec force
personnages, choeur nourri, moyens scéniques amples, danse
omniprésente), purement décorative (pas la moindre
trace d'intrigue) et qui exprime la pensée esthétique
d'un compositeur cartésien (mêlant le Cogito à la
Théorie des Passions). Andrei Serban a pris acte et
joué avec le premier terme : sa production est un grand
spectacle et requiert la présence d'environ cent "acteurs" -
chanteurs solistes, choristes, danseurs et mimes - sur la
scène il a interprété à son sens le
deuxième terme et a totalement ignoré le
troisième. Si Serban fait aisément bouger les foules
qui peuplent le plateau, il ne parvient pas à maintenir
l'attention visuelle. Il a choisi d'asseoir son travail sur les lieux
communs - réels ou supposés vrais - du vocabulaire
esthétique que propose le livret, ou qui appartiennent
à ce qui est souvent qualifié d'univers "baroque".
Hélas, il ne les traite que sur le registre du jeu et de
l'ironie, par-delà les affects sincères et
exprimés au premier degré par certains personnages. Et
si Serban possède une facétie imaginative
généreuse, mais soucieuse d'amener sur la scène
les univers visuels et symboliques les plus bigarrés, son
système s'épuise vite faute de sentiments profonds,
faute d'idée - même paradoxale - sur le Beau, et aussi
parce que sa direction d'acteurs brille par sa totale absence,
laissant souvent les chanteurs solistes naufragés sur le
plateau, comme dans la troisième entrée. Puisque,
surtout à partir de cette troisième entrée, du
comique ne demeurent plus que quelques gags lourds et tombant
à plat - jusqu'à la caricaturalement imbécile
danse des Indiens dans "Les Sauvages" -, Rameau finirait presque par
mériter les critiques de ceux qui le rudoient et trouvent que
cet ouvrage est juste bon pour les Folies-Bergère. Les
amoureux de Rameau continueront d'affirmer que Les Indes galantes est
un manifeste radical énonçant et accomplissant une
théorie du Plaisir et du Beau.
Heureusement, la
réalisation musicale offre bien des satisfactions. A commencer
par William Christie, attentif comme rarement à une direction
souple et jamais forcée, à des tempi variés et
à de multiples couleurs instrumentales les danses - si belles
et si essentielles à l'esthétique ramiste - trouvent
ici une évidence et une nécessité imparables. La
distribution est excellente. Natalie Dessay y est parfaitement
à son aise son énergie communicative, sa diction sans
défaut et son aisance vocale sont remarquables. Laurent Naouri
campe, notamment, un convaincant Huascar : il y réussit,
malgré Serban, à exprimer les sentiments quelque peu
complexes du rôle. Si Nathan Berg est une basse toujours aussi
solide, remarquons les prestations de Paul Agnew (maintenant que son
émission vocale est ferme, il laisse percer un possible beau
ténor mozartien), de Nicolas Cavallier (son chant est
très intelligemment conduit) et de Nicolas Rivenq qui, par son
enthousiasme scénique et sa nature théâtrale,
capte d'emblée l'attention."
- Concerto.net - 17 septembre 1999
"Certes, les plus exigeants
jugeront qu’après le Rameau juvénile, impertinent,
réfléchi et subtil prôné par Minkowski et
Pelly voici quelques mois sur cette même scène, celui de
Christie et Serban paraît plus convenu. Signe
révélateur : la portée du geste
chorégraphique. Celui de Laura Scozzi dans Platée
brillait par l’originalité, l’érotisme et l’audace ;
Blanca Li dans Les Indes s’en tient à l’extrême
élégance rarement habitée d’une
nécessité intérieure, mis à part le
tremblement de terre des Incas et certains instants des Fleurs.
Accuser le côté patchwork de l’ouvrage reviendrait
à le calomnier : la structure des Indes Galantes est l’une des
plus cohérentes qui soient, synthétisant d’une
entrée à l’autre avec un étonnant mélange
de sincérité et d’ironie quatre langages cardinaux du
dix-huitième siècle français : mélodrame
sentimental, tragédie, comédie féérique
et idylle pastorale. C’est à juste titre que Serban insiste
sur les effets de symétrie dramatique qui assurent la
continuité entre chaque tableau. Il n’en échoue pas
moins à dégager la spécificité
stylistique des deux premiers, après un Prologue plus soucieux
d’actualiser le livre d’images hérité de Maurice
Lehmann (clin d’oeil par ailleurs fort savoureux) que de mettre en
perspective les codes de l’opéra-ballet à l’usage du
spectateur contemporain. Mais la production de Marina Draghici est
ravissante, et l’humour bon chic bon genre du spectacle soutient d’un
bout à l’autre l’attention. Idem pour l’orchestre, quelques
décalages entre fosse et plateau ou incertitudes parmi les
cuivres constituant le lot des soirs de première. Les
conceptions globales de Christie ne semblent pas avoir
profondément changées depuis le spectacle aixois,
où la folie communicative d’Arias lui inspirait
peut-être davantage d’accents et de couleurs. Ici le
phrasé des grandes plages instrumentales évolue vers un
legato de plus en plus généralisé et un peu trop
discrètement rythmé, avec de franches carences de
souffle et d’élan pour la chaconne finale. Cependant, quels
délicats jeux de timbre et de dynamique au sein des cordes,
quelle aérienne finesse des ornements, quelle tendre malice du
continuo (la sève dont Emmanuelle Haïm irrigue ses longs
récitatifs dans les Fleurs laisse béat d’admiration) !
Le drame est décidément corseté (les Incas,
encore), mais le sourire irrésistible (Les Sauvages,
toujours).
Le plateau est
légèrement supérieur en termes strictement
vocaux à celui d’Aix, immortalisé par le disque
(Harmonia Mundi 901 367.69), et retrouve souvent une égale
bonne humeur. On peut préférer Fouchécourt
à Agnew, et on ne saurait lui comparer le malheureux Paton ;
Yann Beuron, avec ses merveilleux moyens, expose ce soir un
phrasé un peu plus haché que dans Platée et ne
fait pas tout à fait oublier Howard Crook. Rivenq retrouve son
irrésistible Adario, Naouri est un truculent Alvar et un
Huascar inoubliable, compensant la faiblesse naturelle du grave par
son exceptionnelle dignité scénique et musicale et un
profond investissement dramatique. Côté filles, et sans
doute par opposition à Aix, on a joué la carte du luxe.
Stars annoncées de la soirée, Natalie Dessay et Heidi
Grant Murphy tardent un peu à trouver leur régime -
pour l’une comme pour l’autre, la peinture ramiste est encore
fraîche, ou seulement à sa deuxième couche. Grant
Murphy aborde Emilie d’une voix un peu serrée, avant de
délivrer une exquise Zaïre. Dessay peine dans une
tessiture trop grave et paraît ce soir moins sûre de son
suraigu qu’à l’accoutumée ; confrontée à
des chausse-trappes rythmiques nouveaux pour elle, elle se prend un
petit peu les pieds dans le tapis du récitatif
d’Hébé. Mais sa Fatime est d’une exquise
musicalité (l’air " Papillon inconstant " est un pur moment de
grâce), et sa Zima possède le mélange
d’impertinence, de chic et de chien qui nous la rendent si
précieuse. C’est néanmoins Malin Hartelius, formidable
Blonde dans L’Enlèvement à Salzbourg qui restera comme
la révélation de la soirée. Sûreté
de l’assise vocale, timbre charnu, phrasé épanoui et
diction irréprochable : tout est dans sa Phani, et il faut
guetter ses apparitions dans les autres tableaux au fil des
soirées à venir. Soirées auxquelles on ne
manquera de toute façon pas de prêter attention, puisque
si l’entier génie de Rameau ne s’y concentre point, il en
demeure assez, accompagné d’assez de plaisir, pour faire son
miel trois semaines durant."
"Quel bonheur de voir ainsi se
réaliser ce que laissait pressentir la Première ! Malin
Hartelius, ajoutant à Phani Hébé et Fatime, nous
offre d'extraordinaires moments de chant ramélien,
synthèse idéale d'une voix riche et d'un style
irréprochable. Dès le Prologue, on est saisi par la
variété des nuances et du timbre, parfaitement
épanoui dans cette tessiture, la fluidité d'une phrase
où les ornements s'intègrent avec un remarquable
naturel et une confondante sûreté rythmique,
l'éloquence de la diction, à peine teintée d'un
léger accent. Face au Huascar toujours noble et
émouvant de Naouri - et malgré le chef et la mise en
scène particulièrement peu inspirés - elle
combine dans Les Incas instinct dramatique et sensualité. Et
si Les Fleurs exposent les limites de l'aigu, on goûte la
saveur sombrée de son travesti, et les irrésistibles
contrastes dynamiques de "Papillon inconstant". On espère
vivement des Mozart sur cette même scène - et pourquoi
pas des Haendel ?
Sans transcender ses limites
initiales - la grâce extrême n'échappant pas
toujours à la fadeur -, la production paraît
évidemment mieux rôdée au terme de cette
série de représentations. Le jeu de scène est
plus vivant, plus investi (Serban aurait-il fait retravailler ses
troupes ?) ; Gaëlle Méchaly a gagné en aisance,
Beuron phrase avec davantage de souplesse (bien que quelques
accidents suggèrent une forme vocale un peu inférieure
à ses formidables standards), Agnew s'affirme désormais
comme un Tacmas parfait, voix mixte soignée et fausset
irrésistiblement drôle, Dessay reste merveilleuse de
charme, de musicalité et d'intelligence même si la
tessiture et le style lui demeurent assez étrangers. Leurs
décalages maintenant rangés au placard, les Arts Flos
nous régalent d'un festival de couleurs émaillé
de performances solistes mémorables (Marie-Ange Petit se
lâche complètement dans son numéro "Tambours du
Potomac" plébiscité par le public). Christie soigne
toujours les courbes, trouve mille détails de phrasé
admirables, et ose une dynamique plus contrastée, une
rythmique plus nette ; l'élan véritable,
l'âpreté de l'articulation dès que le tempo
accélère lui font toujours défaut, surtout dans
Les Incas et le final. Au rideau, "Bill" au bras de Natalie Dessay
entraîne toute sa troupe dans une Danse des Sauvages
endiablée. Cela n'excuse pas le manque de passion et de folie,
mais achève de rendre ce spectacle terriblement
sympathique."
- Dijon -
XVIe Festival de Musique - Salle des Etats de Bourgogne
- 24 et 25 juin 1994 - Musique des Lumières - dir.
Jean-Christophe Frisch - version de chambre en concert - mise en
scène et scénographie BéatriceCramoix -
chorégraphie Marie-Geneviève Massé - avec
Sophie Boulin, Jérôme Corréas, Serge
Goubioud
- Versailles -
Journées Rameau - 8 juin 1994 - version de concert - dir.
Jean-Claude Malgoire - avec Michael, Annick Massis, Simon Edwards,
Imboden
- Paris - Opéra
Comique - 19, 20, 22, 23, 24, 26, 27, 19 janvier 1993 -
Théâtre de Caen -
19 et 20 février 1993 - Opéra de Lyon - 10, 11, 13 et 14
février 1993 - dir. William Christie - reprise de la
production de 1990 - mise en scène Alfredo Arias -
décorsRoberto Plate - costumes Françoise Tournafond
- chorégraphie Ana Yepes - éclairages Patrice
Trottier - avec Claron McFadden (Hébé, Zima),
Isabelle Poulenard (l'Amour, Phani), Miriam Ruggeri
(Émilie), Sandrine Piau (Zaïre), Noémi Rime
Fatime), Howard Crook (Valère, Damon), Jérôme
Corréas (Bellone, Ali), Nicolas Rivenq (Osman, Adario),
Jacques Bona/Bernard Deletré (Huascar, Don Alvar),
Jean-Paul Fouchécourt (Don Carlos, Tacmas)
"La conception d'Alfredo Arias
s'avère extrêmement proche de ce qu'était
l'esprit du divertissement au siècle de Rameau, les Indes
Galantes, sorte de revue musicale à la mode du
XVIIIe siècle, se prêtant
particulièrement bien à ce type de transposition. Du
même coup, l'élément chorégraphique, si
déterminant dans l'opéra-ballet, loin des compoctions
de la gestique baroque revue et corrigée par le
XXe siècle, retrouvait sa fonction première
et son naturel. Ceci n'empêchait d'ailleurs pas le plaisir
purement musical d'être au rendez-vous, avec des tempi et des
couleurs instrumentales souvent plus audacieux que d'habitude chez
les Arts Florissants, et une distribution fort convaincante,
particulièrement du côté des mes-sieurs, la
partie féminine restant dominée par Claron McFadden.
Distribution où l'on retrouve d'ailleurs les mêmes
solistes qu à Aix, exceptés Laurence Dale et
François Le Roux, remplacés par Howard Crook et Jacques
Bona. Claron McFadden, Nicolas Rivenq, Howard Crook et Jacques Bona
s'offrent la part du lion pour leur prestation inénarrable
dans l'acte final des Sauvages, mis en scène avec une
drôlerie déchaînée. Signalons aussi
quelques moments musicaux exceptionnels dans les ensembles et des
choeurs au-dessus de tout éloge." (Opéra International
- mars 1993)
- Festival d'Aix-en-Provence
- 12, 16, 19, 22 et 26 juillet 1990 - Opéra de Montpellier - 5, 6 et 7
février 1991 - Les Arts Florissants - dir. William Christie
- mise en scène Alfredo Arias - décors Roberto Plate
- costumes Françoise Tournafond - chorégraphie Ana
Yepes - éclairages Patrice Trottier - avec Claron McFadden
(Hébé, Zima), Sandrine Piau (Zaïre), Isabelle
Poulenard (l'Amour, Phani), Noémi Rime (Fatime), Miriam
Ruggeri / Catherine Dubosc (Émilie), Laurence Dale / Howard
Crook (Valère, Damon), Nicolas Rivenq (Osman, Adario),
Jean-Paul Fouchécourt (Don Carlos, Tacmas),
Jérôme Corréas (Bellone), Ali),
François Leroux / Jacques Bona / Bernard Deletré
(Huascar, Don Alvar)

L'humour et
l'inventivité de cette réalisation, à grand
renfort de machines, costumes et danses, dans l'esprit de la
féerie exigé par l'esthétique même de
l'ouvrage..."
- Le retour des Indes
Galantes - Opéra International -
juillet/août 1990
- Paris - 1987 -
Garino, Gallamini, Raffalli, S. Garisson S
- Théâtre
Musical du Châtelet - 28 mai, 1er, 2,
3, 4 juin 1983 - Dijon - 6,
13, 14 juin 1983 - Venise - Teatro
Malibran - 24, 26 juin 1983 - dir. Philippe Herreweghe
- mise en scène et scénographie Pier Luigi Pizzi -
chorégraphie René Goliard et François
Raffinot - avec Grégory Reinhardt, Véronique
Dietschy, Gallamini, Dean, Anne Marie Rodde, Vandersteene, Browne,
Garino, Garrison, Destembert, Raffalli, John Rath.
"Comment résister
à la magie que déploie sous nos yeux Pier Luigi Pizzi,
le grand vainqueur de cette soirée ? Dès le lever du
grand rideau vaporeux bleu-roi parsemé de fleurs d'or et se
levant avec grâce vers les cintres dans un mouvement
d'aérienne apesanteur, les regards sont fascinés par
tout ce qu'ils voient les musiciens en habit XVIIIe, que hausse vers
nous peu à peu le praticable de l'orchestre ; les choristes
également vêtus de riches habits pastels et qui
prolongent leur mélodies de gestes simples et souples,
évoluant tout au long de la soirée, de la fosse
à la scène, en discrètes théories,
navigateurs des flots ou des nuages. Comment ne pas admirer aussi et
surtout ces admirables costumes, variés à l'infini,
d'or et pourpre profonds dans l'Entrée des Incas, sortis droit
d'une miniature persane dans l'Entrée des Fleurs, et toujours
baignés d'une lumière tendre, changeante, vive comme la
musique de Rameau? En fait, c'est elle qui nous semblait curieusement
le moins à l'honneur. A cause des somptueuses trouvailles de
Pizzi ? Peut-être. A cause sans doute aussi d'un orchestre
encore un peu frêle et d'un chef moins dramatique qu'on ne
l'eût souhaité...Finalement, que pouvait-on souhaiter de
plus pour ce principal hommage rendu par Paris au grand musicien ?
D'abord, une distribution plus homogène. A côté
de jolies voix, bien assises et chantant avec grâce dans le
style de l'époque - citons brièvement, au risque
d'être injuste pour d'autres Anne-Marie Rodde (Emilie),
Véronique Dietschy (Hébé puis Zima), John Rath
(Don Alvar) - d'autres acteurs offraient une composition de bon
niveau mais ni toujours " en situation ", ni toujours exceptionnelle.
Et cela était en partie dû à la direction un peu
molle de Philippe Herreweghe. On eût aimé une battue des
bras moins symétrique, un sens dramatique plus poussé
qui eût du mordant, de la vivacité mais surtout de
l'ampleur et une intériorité plus marquée.
Rameau nous est apparu en effet un peu terne, trop resserré
sur lui-même et enfermé à l'étroit dans
une bonbonnière - alors qu'il lui faut être porté
l'incandescence pour que nous soient révélées
ses beautés trop discrètement cachées.
Finalement, il aura manqué peu de chose à ce
"spectacle" enchanteur pour qu'il devienne une grande "soirée
musicale": un rien de vie supplémentaire et le sens de la
grandeur, comme on l'avait au Siècle des Lumières."
(Opéra International - juillet/août 1983)
- Opéra
International - mai 1983 - "Pier Luigi Pizzi met en
scène Rameau" - interview à l'occasion de
la représentation au Châtelet en mai 1983 -
"Tricentenaire Rameau - Pourquoi les Indes Galantes ? - "La
Pélissier (1707 - 1749) - Scandaleuse et divine
interprète de Rameau".
- Opéra de
Rouen - 4, 5, 6 février 1983 - dir. Ethuin -
avec Bruneau, Cognet, Draan Gardeil, Leonard, Scappaticici, Vidal
Hippert
- Théâtre de
Bordeaux - février 1978 - dir. Roger Rossel -
mise en scène Raymond Rossius - scénographie Serge
Creuz - chorégraphie Juan Giulano et Georges Skibine - avec
Isabel Garcisanz/A. Mory (Hébé), R. Massard
(Bellone, Don Alvar), M. Pouradier-Duteil (L'Amour), L.
Lainé (Osman), Ch. Issartel (Emilie), G. Garino
(Valère), Guy Fontagnère (Huascar), A. Mory (Phani),
G. Sirera (Carlos), G. Garino (Tacmas), G. Gauthier (Ali), Ch.
Issartel) (Zaïre), M. Péna (Fatime), G. Gauthier
(Adario), G. Sirera (Damon), Isabel Garcisanz/M. Herbé
(Zima)
- Opéra de
Liège - septembre 1976 - dir. Roger Rossel -
mise en scène Raymond Rossius - scénographie Serge
Creuz - chorégraphie Juan Giulano et Georges Skibine - avec
M. Le Bris (Hébé), M. Vanaud (Bellone), A.M. Miranda
(L'Amour), L. Graus (Osman), A. François (Emilie,
Zaïre), Guy Fontagnère/M. Trempont (Huascar), M. Le
Bris/Maday Urbain (Phani), J. Razador (Carlos, Damon), A. Voli
(Tacmas), A. Battele (Ali), A. Frantz (Fatime), W. Pirie/M.
Maïewsky (Adario), M. Vanaud (Don Alvar), N. Pacheco
(Zima)
- Versailles -
Théâtre Gabriel - 1974 - avec Jennifer
Smith (Emilie), Luis Masson (Osman)
- Los Angeles - University
of California - 23 mai 1969 - trois entrées -
mise en scène et décors John Jones ete Archie Sharp
- avec Kathryn Hunt, William Farell, Natalie Limonick, Hayden
Blanchard
- New York - Town
Hall - 1er mars 1961 - Clarion Music
Foundation - dir. Thomas Dunn - avec Judith Raskin, Maria
Ferriero, Charles Bressler, George Shirley, Robert Trehy
- Opéra
Garnier - 3 janvier 1965 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Dumas
(Hébé), Lussas (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Gérard Serkoyan (Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie),
Rémy Corazza (Valère), Jean Borthayre (Huascar),
Suzanne Sarroca (Phani), Gouttebroze (Don Carlos), Alain Vanzo
(Tacmas), Gottlieb (Ali), Broudeur (Zaïre), Mady
Mesplé (Fatime), Chauvet (Adario), Roger Gardes (Damon),
Fagianelli (Don Alvar), Jaumillot (Zima)
- Opéra
Garnier - 2 janvier 1965 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Nadine Sautereau
(Hébé), Francine Arrauzau (Bellone), Chalanda
(L'Amour), Gérard Serkoyan (Osman), Jacqueline Brumaire
(Emilie), Rémy Corazza (Valère), René Bianco
(Huascar), Suzanne Sarroca (Phani), Finel (Don Carlos), Alain
Vanzo (Tacmas), Calès (Ali), Monteil (Zaïre), Mady
Mesplé (Fatime), Rialland (Adario), Roger Gardes (Damon),
Fagianelli (Don Alvar), Spanellys (Zima)
- Opéra
Garnier - 11 novembre 1963 - reprise de la production
de juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Nadine Sautereau
(Hébé), Francine Arrauzau (Bellone), Harbell
(L'Amour), Gérard Serkoyan (Osman), Berthe Monmart
(Emilie), Henri Legay (Valère), Jean Borthayre (Huascar),
Serres (Phani), Albert Lance (Don Carlos), Rémy Corazza
(Tacmas), Calès (Ali), Monteil (Zaïre), Christiane
Eda-Pierre (Fatime), Rialland (Adario), Roger Gardes (Damon),
Fagianelli (Don Alvar), Spanellys (Zima)
- Opéra
Garnier - 6 mai 1962 - reprise de la production de juin
1952 - dir. Louis Fourestier - avec Nadine Sautereau
(Hébé), Serres (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Gérard Serkoyan (Osman), Le Bris (Emilie), Michel
Sénéchal (Valère), Jean Borthayre (Huascar),
Suzanne Sarroca (Phani), Albert Lance (Don Carlos), Rémy
Corazza (Tacmas), José Luccioni (Ali), Denise Duval
(Zaïre), Martha Angelici (Fatime), Camille Rouquetty
(Adario), Roger Gardes (Damon), Forel (Don Alvar), Jaumillot
(Zima)
- Opéra
Garnier - 3 février 1962 - reprise de la
production de juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Nadine
Sautereau (Hébé), Serres (Bellone), Chalanda
(L'Amour), Gérard Serkoyan (Osman), Berthe Monmart
(Emilie), Michel Sénéchal (Valère), Jean
Borthayre (Huascar), Suzanne Sarroca (Phani), Chauvet (Don
Carlos), Amade (Tacmas), Germain (Ali), Monteil (Zaïre),
Christiane Eda-Pierre (Fatime), Camille Rouquetty (Adario), Roger
Gardes (Damon), Geay (Don Alvar), Jaumillot (Zima)
- Opéra
Garnier - 28 juin 1959 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Leger
(Hébé), Scharley (Bellone), Pastor (L'Amour),
Georges Vaillant (Osman), Segala (Emilie), Rialland
(Valère), Massard (Huascar), Berthe Monmart (Phani),
Chauvet (Don Carlos), Cadiou (Tacmas), Noguéra (Ali),
Denise Duval (Zaïre), Mady Mesplé (Fatime), Camille
Rouquetty (Adario), Roger Gardes (Damon), Jean-Pierre Laffage (Don
Alvar), Spanellys (Zima)
- Opéra
Garnier - 21 juin 1959 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Blot - avec Christiane Castelli
(Hébé), Scharley (Bellone), Pastor (L'Amour),
Georges Vaillant (Osman), Segala (Emilie), Rialland
(Valère), Massard (Huascar), Berthe Monmart (Phani),
Georges Noré (Don Carlos), Cadiou (Tacmas), Noguéra
(Ali), Denise Duval (Zaïre), Martha Angelici (Fatime), Guy
Chauvet (Adario), Roger Gardes (Damon), Jean-Pierre Laffage (Don
Alvar), Irène Jamillot (Zima)

- Opéra
Garnier - 19 juin 1959 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Christiane Castelli
(Hébé), Scharley (Bellone), Liliane Berton
(L'Amour), Georges Vaillant (Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie),
Jean Giraudeau (Valère), René Bianco (Huascar),
Suzanne Sarroca (Phani), Paul Finel (Don Carlos), Alain Vanzo
(Tacmas), Germain (Ali), Denise Duval (Zaïre), Janine Micheau
(Fatime), José Luccioni (Adario), Roger Gardes (Damon),
Gabriel Bacquier (Don Alvar), Lamart (Zima)
- Opéra
Garnier - 11 avril 1959 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Leger
(Hébé), Scharley (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Georges Vaillant (Osman), Lyne Cumia (Emilie), Riallant
(Valère), Jean Borthayre (Huascar), Berthe Monmart (Phani),
Paul Finel (Don Carlos), Amade (Tacmas), Germain (Ali), Broudeur
(Zaïre), Van Herck (Fatime), Guy Chauvet (Adario), Roger
Gardes (Damon), Jean-Pierre Laffage (Don Alvar), Lamart (Zima)
- Opéra
Garnier - 13 mars 1959 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Christiane Castelli
(Hébé), Scharley (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Pierre Froumenty (Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie), Jean
Giraudeau (Valère), René Bianco (Huascar), Berthe
Monmart (Phani), Paul Finel (Don Carlos), Alain Vanzo (Tacmas),
Noguera (Ali), Broudeur (Zaïre), Angelici (Fatime), Camille
Rouquetty (Adario), Roger Gardes (Damon), Jean-Pierre Laffage (Don
Alvar), Spanellys (Zima)
- Opéra
Garnier - 7 avril 1958 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Blot - avec Leger (Hébé), Pennafort
(Bellone), Pastor (L'Amour), Savignol (Osman), Lyne Cumia
(Emilie), Henri Legay (Valère), Jean Borthayre (Huascar),
Suzanne Sarroca (Phani), Georges Noré (Don Carlos), Amade
(Tacmas), Germain (Ali), Gisèle Desmoutiers (Zaïre),
Van Hereck (Fatime), Fronval (Adario), Roger Gardes (Damon),
Jean-Pierre Laffage (Don Alvar), Camart (Zima)
- Versailles - Opéra
Louis XV - 1957 - un acte représenté
à l'occasion de la réouverture de l'Opéra
Royal, en présence du Président René Coty et
de la reine d'Angleterre Élisabeth II.
- Opéra
Garnier - 19 mars 1956 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Leger
(Hébé), Bouvier (Bellone), Harbell (L'Amour), Xavier
Depraz (Osman), Lyne Cumia (Emilie), Henri Legay (Valère),
Jean Borthayre (Huascar), Suzanne Juyol (Phani), Georges
Noré (Don Carlos), Alain Vanzo (Tacmas), Germain (Ali),
Guilhard (Zaïre), Mathot (Fatime), Verdière (Adario),
Roger Gardes (Damon), R. Bourdin (Don Alvar), Gisèle
Desmoutiers (Zima)
- Opéra
Garnier - 3 mars 1956 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Boursin
(Hébé), Couderc (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Xavier Depraz (Osman), Segala (Emilie), Jean Giraudeau
(Valère), René Bianco (Huascar), Suzanne Juyol
(Phani), Romagnoni (Don Carlos), Alain Vanzo (Tacmas), Noguera
(Ali), Guilhard (Zaïre), Jacqueline Micheau (Fatime), Camille
Rouquetty (Adario), Nicolaï Gedda (Damon), Clavère
(Don Alvar), Gisèle Desmoutiers (Zima)
- Opéra
Garnier - 10 décembre 1955 - reprise de la
production de juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec
Renée Doria (Hébé), Couderc (Bellone),
Chalanda (L'Amour), Xavier Depraz (Osman), Lyne Cumia (Emilie),
Henri Legay (Valère), Ernest Blanc (Huascar), Melvat
(Phani), Romagnoni (Don Carlos), Alain Vanzo (Tacmas), Noguera
(Ali), Guilhard (Zaïre), Angelici (Fatime), Verdière
(Adario), Roger Gardes (Damon), Clavère (Don Alvar),
Gisèle Desmoutiers (Zima)
- Opéra
Garnier - 29 octobre 1955 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Christiane Castelli
(Hébé), Bouvier (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Xavier Depraz (Osman), Lyne Cumia (Emilie), Jean Giraudeau
(Valère), Ernest Blanc (Huascar), Suzanne Juyol (Phani),
Georges Doré (Don Carlos), Alain Vanzo (Tacmas), Noguera
(Ali), Denise Duval (Zaïre), Angelici (Fatime),
Verdière (Adario), Nicolaï Gedda (Damon),
Clavère (Don Alvar), Gisèle Desmoutiers (Zima)
- Opéra
Garnier - 22 janvier 1955 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Van Herck
(Hébé), Couderc (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Georges Vaillant (Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie), Jean
Giraudeau (Valère), Ernest Blanc (Huascar), Suzanne Juyol
(Phani), Huylbrock (Don Carlos), Alain Vanzo (Tacmas), Noguera
(Ali), Guilhard (Zaïre), Angelici (Fatime), Camille Rouquetty
(Adario), Roger Gardes (Damon), Clavère (Don Alvar), Berthe
Monmart (Zima)
- Opéra
Garnier - 15 octobre 1954 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Christiane Castelli
(Hébé), Bouvier (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Pierre Froumenty (Osman), Segala (Emilie), Jean Giraudeau
(Valère), Roux (Huascar), Suzanne Sarroca (Phani), Georges
Noré (Don Carlos), Amade (Tacmas), Germain (Ali), Guilhard
(Zaïre), Liliane Berton (Fatime), Camille Rouquetty (Adario),
Henri Legay (Damon), Clavère (Don Alvar), Berthe Monmart
(Zima)
- Opéra
Garnier - 29 janvier 1954 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Van Herck
(Hébé), Rita Gorr (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Georges Vaillant (Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie), De Luca
(Valère), Roux (Huascar), Suzanne Sarroca (Phani),
Romagnoni (Don Carlos), Jean Giraudeau (Tacmas), Germain (Ali),
Guilhard (Zaïre), Liliane Berton (Fatime), Verdière
(Adario), Nicolaï Gedda (Damon), Roger Bourdin (Don Alvar),
Geori Boué (Zima)
- Opéra
Garnier - 28 novembre 1953 - reprise de la production
de juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Van Herck
(Hébé), Ricquier (Bellone), Chalanda (L'Amour),
Xavier Depraz (Osman), Berthe Monmart (Emilie), Arnoult
(Valère), Jean Borthayre (Huascar), Suzanne Sarroca
(Phani), Romagnoni (Don Carlos), Jean Giraudeau (Tacmas), Germain
(Ali), Guilhard (Zaïre), Liliane Berton (Fatime), Camille
Rouquetty (Adario), Henri Legay (Damon), Roger Bourdin (Don
Alvar), Geori Boué (Zima)
- Florence - 26
juin 1953 - dir. Louis Fourestier - mise en scène Maurice
Lehmann - avec Christiane Castelli (Hébé),
Hélène Bouvier (Bellone), Liliane Berton (L'Amour),
Huc-Santana (Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie), L. de Luca
(Valère), René Bianco (Huascar), Suzanne Sarroca
(Phani), Georges Noré (Don Carlos), Jean Giraudeau
(Tacmas), P. Germain (Ali), Denise Duval (Zaïre), Janine
Micheau (Fatime), José Luccioni (Adario), Raoul Jobin
(Damon), Roger Bourdin (Don Alvar), Geori Boué (Zima)
- Opéra
Garnier - 2 mars 1953 - reprise de la production de
juin 1952 - dir. Louis Fourestier - avec Christiane Castelli
(Hébé), Hélène Bouvier (Bellone),
Lucienne Jourfier (L'Amour), Huc-Santana (Osman), Jacqueline
Brumaire (Emilie), Jean Giraudeau (Valère), René
Bianco (Huascar), Ferrer (Phani), Georges Noré (Don
Carlos), Amade (Tacmas), Germain (Ali), Denise Duval (Zaïre),
Janine Micheau (Fatime), José Luccioni (Adario), Raoul
Jobin (Damon), Roger Bourdin (Don Alvar), Geori Boué
(Zima)
- Opéra
Garnier - 15 décembre 1952 - reprise de la
production de juin - dir. Louis Fourestier - avec Van Herck
(Hébé), Chabal (Bellone), Liliane Berton (L'Amour),
Xavier Depraz (Osman), Segala (Emilie), Rialland (Valère),
R. René Bianco (Huascar), Suzanne Sarroca (Phani),
Romagnoni (Don Carlos), Amade (Tacmas), Germain (Ali), Denise
Duval (Zaïre), Morales (Fatime), Verdière (Adario),
Henri Legay (Damon), Clavère (Don Alvar), Camart (Zima)
- Opéra
Garnier - 17 novembre 1952 - reprise de la production
de juin - dir. Blot - avec Grandval (Hébé), Ricquier
(Bellone), Chalanda (L'Amour), Huc-Santana (Osman), Segala
(Emilie), Jean Giraudeau (Valère), Jean Borthayre
(Huascar), Berthe Monmart (Phani), Romagnoni (Don Carlos), Amade
(Tacmas), Jacques Jansen (Ali), Moizan (Zaïre), Van Herck
(Fatime), Verdière (Adario), Henri Legay (Damon),
Charles-Paul (Don Alvar), Camart (Zima)
- Opéra
Garnier - 5 novembre 1952 - reprise de la production de
juin - dir. Blot - avec Christiane Castelli (Hébé),
Denise Scharley (Bellone), Chalanda (L'Amour), Huc-Santana
(Osman), Segala (Emilie), Jean Giraudeau (Valère), Jean
Borthayre (Huascar), Berthe Monmart (Phani), Romagnoni (Don
Carlos), Amade (Tacmas), Jacques Jansen (Ali), Guihard
(Zaïre), Van Herck (Fatime), Camille Rouquetty (Adario),
Henri Legay (Damon), Clavère (Don Alvar), Camart (Zima)
- Opéra
Garnier - 19 octobre 1952 - reprise de la production de
juin - dir. Blot - avec Christiane Castelli (Hébé),
Hélène Bouvier (Bellone), Chalanda (L'Amour), Roux
(Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie), Jean Giraudeau
(Valère), Jean Borthayre (Huascar), Berthe Monmart (Phani),
Georges Noré (Don Carlos), Amade (Tacmas), Jacques Jansen
(Ali), Denise Duval (Zaïre), Janine Micheau (Fatime), Camille
Rouquetty (Adario), Henri Legay (Damon), Roger Bourdin (Don
Alvar), Camart (Zima)
- Opéra
Garnier - 17 octobre 1952 - reprise de la production de
juin - avec Christiane Castelli (Hébé), Chauvelot
(Bellone), Chalanda (L'Amour), Roux (Osman), Jacqueline Brumaire
(Emilie), De Luca (Valère), René Bianco (Huascar),
Marisa Ferrer (Phani), Romagnoni (Don Carlos), Jean Giraudeau
(Tacmas), Jacques Jansen (Ali), Berthe Monmart (Zaïre), Van
Herck (Fatime), Camille Rouquetty (Adario), Raoul Jobin (Damon),
Clavère (Don Alvar), Géori Boué (Zima)



- Opéra
Garnier - 17 septembre 1952 - reprise de la production
de juin - avec Christiane Castelli (Hébé),
Hélène Bouvier (Bellone), Liliane Berton (L'Amour),
Hugo Santana dit Huc-Santana (Osman), Jacqueline Brumaire
(Emilie), De Luca (Valère), René Bianco (Huascar),
Ferrer (Phani), Georges Noré (Don Carlos), Jean Giraudeau
(Tacmas), Jacques Jansen (Ali), Denise Duval (Zaïre), Janine
Micheau (Fatime), José Luccioni (Adario), Henri Legay
(Damon), Roger Bourdin (Don Alvar), Geori Boué (Zima)
- Opéra Garnier
- 18 juin 1952 - cent-quatre-vingt-sixième
représentation - livret remanié par René
Fauchois (préludes parlés) - révision
musicale de Paul Dukas (entrée Les Fleurs) et Henri
Busser - dir. Louis Fourestier - mise en scène Maurice
Lehmann - décors Arbus et Jacques Dupont (prologue,
finale), Georges Wakhevitch (1e entrée), Carzou
(2e entrée), Fost et Moulène
(3e entrée), Chapelain-Midy (4e
entrée) - chorégraphie de André Aveline
(1e entrée, avec Mlle Bourgeois et
Legrand ), Serge Lifar (2e entrée, avec Serge Lifar,
Vyroubova and Bozzoni), Harald Lander (3e entrée, avec
Mlle Bardin en Rose, Mlle Dayde en Papillon,
Ritz en Zéphir et Renault en Persan), Serge Lifar
(4e entrée, avec Mlles Darsonval,
Lafon et Guillot et MM. Kalioujny et Efimoff - avec Christiane
Castelli (Hébé), Chabal (Bellone), Chalanda
(L'Amour), Xavier Depraz (Osman), Jacqueline Brumaire (Emilie),
Rialland (Valère), Jean Borthayre (Huascar), Suzanne
Sarroca (Phani), Georges Noré (Don Carlos), Jean Giraudeau
(Tacmas), Noguera (Ali), Guihard (Zaïre), Alarie (Fatime),
José Luccioni (Adario), Henri Legay (Damon), Charles-Paul
(Don Alvar), Berthe Monmart (Zima). Ballets réglés
par Serge Lifar. Production représentée 286 fois
jusqu’en 1965.
- Opéra
Comique - 30 mai 1925 - Entrée Les Fleurs
- version remaniée par Paul Dukas - décos Lucien
Jousseaume - mise en scène Albert Carré - dir.
Maurice Frigara - avec Yvonne Brothier (Zaïre), Antoinette
Réville (Fatima), Miguel Villabella (Tacmas), Emile
Rousseau (Ali)
- Paris -
Société des Concerts du Conservatoire - 4
novembre 1923 - Invocation et Hymne au Soleil - dir. Philippe
Gaubert - avec M. Panzera
- Concerts
Colonne - 18 décembre 1904 - exécution
d'extraits.
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