COMPOSITEUR
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Jean-Philippe RAMEAU
|
LIBRETTISTE
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Gentil-Bernard
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Opéra-ballet en un
prologue, Le Retour
d'Astrée, et deux
entrées, La Lyre
enchantée (deux dessus, une
haute-contre, une basse) et L'Enlèvement d'Adonis (deux dessus, deux basses), commandé à
Rameau pour célébrer le traité
d'Aix-la-Chapelle, représenté le 27 novembre 1748, en
ouverture de la saison du théâtre des Petits
Appartements à Versailles, sur le Grand Escalier des
Ambassadeurs.
On avait profité du voyage
de la cour à Fontainebleau pour construire une nouvelle salle
de théâtre dans la cage du grand escalier de marbre des
ambassadeurs. Le théâtre, démontable, fut
réputé coûter deux millions. Il pouvait contenir
quarante spectateurs et autant de musiciens. En face de la
scène se trouvaient les sièges réservés
à la famille royale, sur les côtés, des balcons
réservés aux courtisans les plus favorisés, et
des gradins, en dessous, pour les autres spectateurs.
La distribution réunissait
:
- Mme de Brancas
(Astrée), Mme de Marchais (un Plaisir), le duc d'Ayen
(Vulcain), vêtu d'un habit
de satin feu garni de galons d'or et pompons de galons d'or garnis
de paillettes, une culotte de satin feu et un tablier d'acier
galonné d'or, M. de la
Salle (le Temps) dans le Prologue,
- Mme de Pompadour (Uranie),
Mme de Marchais (l'Amour), M. de la Salle (Linus, fils d'Apollon)
dans la première entrée,
- Mme de Pompadour
(Vénus), vêtue de corps et basques d'étoffe bleue en
mosaïque d'argent, garnis de réseau argent
chenillé de bleu, mante de taffetas peint, garnie de
réseau argent chenillé bleu, grand queue
d'étoffe bleue à mosaïque argent, garnie de
réseau argent chenillé bleu, jupe de taffetas blanc
avec grands festons de taffetas peint garni de réseau
argent chenillé bleu et enroulements de double
réseau argent chenillé bleu, avec rosettes de rubans
bleus chenillées d'argent et garnies de franges
d'argent, Mme de Marchais
(l'Amour), Mme de Brancas (Diane), le duc d'Ayen (Adonis),
vêtu d'un habit de taffetas
rose, un tonnelet et des manches de moire d'argent peintes en
feuilles, une mante de taffetas tigré et une culotte de
satin blanc, le vicomte de Rohan
(un suivant de Diane), dans la seconde entrée. De petites
danseuses étaient travesties en Plaisirs, vêtues de
corps et jupes de taffetas blanc
tamponnées de gaze d'Italie, garnies et brodées de
guirlandes de fleurs artificielles.
La nouvelle salle de spectacle
fut admirée, ainsi que les décorations, les costumes et
les machines, mais le spectacle ennuya, et on vit le Roi bailler
ouvertement, et confier : J'aimerais
mieux une comédie.
Charles Collé, dans son
Journal des spectacles de
Paris, commente : On a représenté, au commencement de ce
mois (décembre 1748), sur le théâtre des petits
appartements, à Versailles, les Surprises de l'Amour, ballet
mis en musique par Rameau ; les paroles sont de Gentil Bernard. Ce
n'est pas de son talent, je n'en dirai pas davantage. En entendant
ses autres poésies, on a peine à comprendre qu'il soit
l'auteur de ce ballet de l'opéra de Castor et
Pollux.
Les Surprises de l'amour
furent rejouées le 3
décembre suivant, le duc d'Ayen cédant le rôle de
Vulcain au chevalier de Clermont, fils de M. de Clermont-d'Amboise,
doué, dit-on, d'une belle voix.
Il fut repris à
l'Académie royale de musique le 31 mai 1757, sans le prologue
Le Retour
d'Astrée, mais avec une
troisième entrée : Anacréon (deux dessus, deux hautes-contre, une basse-taille).
Au cours des représentations, une nouvelle entrée,
Les Sybarites (deux dessus, une haute-contre, une basse) fut
ajoutée, provenant d'un acte de ballet de 1753,
Sibaris.
La distribution était la
suivante : Mlle Davaux (Vénus), Mlle Lemière (L'Amour),
Mlle Jacquet (Diane), Mlle Dubois (Adonis), Godart (Mercure), Mlle
Lhéritier (Une Nymphe) pour L'Enlèvement d'Adonis, Larrivée (Apollon), Mlle Chevalier (Uranie),
Mlle Fel (Parténope), Poirier (Linus) pour La Lyre enchantée, Mlle Lemière (L'Amour), Gélin
(Anacréon), Mlle Davaux (La Prêtresse de Bacchus),
Poirier (Agathocle), Euricles (Muguet) pour Anacréon.
C'était la première
production de l'Opéra depuis la prise de direction par
François Francoeur et François Rebel, le
1er avril 1757.
En 1758, Rameau remania
l'entrée La Lyre
enchantée. L'oeuvre fut
retirée de la scène après soixante
représentations.
L'oeuvre, composée
de L'Enlèvement
d'Adonis, La Lyre enchantée, Anacréon et
Sibaris fut retranscrite pour deux
violes et clavecin par Ludwig Christian Hesse (1716 - 1772),
coutumier de ce genre d'arrangements pour la cour de
Frédéric-Guillaume de Prusse. La partition fut
redécouverte en 2007 à Berlin, par le gambiste Jonathan
Dunford.
Argument
L'Enlèvement d'Adonis relate la lutte viscérale et
légendaire entre Vénus et Diane, thèse et
antithèse de l'amour. Erigé en héros
velléitaire, le bel Adonis, puceau de corps et d'esprit, crie
"en silence" sa vertu inconsciente. manoeuvré par Vénus
et Amour, il s'enfuit de l'emprise castratrice de Diane, qui,
après une chasse infernale, le capture...
Dans La Lyre enchantée, le berger Linus aime secrètement Uranie,
Muse de l'Astronomie, prude à l'excès. La sirène
Parthénope enchante d'abord le crédule berger, puis
tend un piège à Uranie en accrochant à un
chêne une lyre enchantée qui rend amoureux quiconque en
joue. Uranie, victime du charme, sombre dans un délire
amoureux...
Opera Omnia Rameau IV . 27/1 -
Les Surprises de
l’amour, t. 1, Sylvie Bouissou -
Gérard Billaudot éditeur -1996
Opera Omnia Rameau IV . 27/2 -
Les Surprises de
l’amour, t. 2, Sylvie Bouissou -
Gérard Billaudot éditeur - 2000
Représentations :
- Angers - Grand
Théâtre - 13 mai
2009 - Dijon - Musée
Magnin - 2 juillet 2009 -
Château
Bussy-Rabutin - 3 juillet 2009 -
Ensemble A Deux Violes Égales - avec Monique
Zanetti
- Château de
Versailles - 27 avril 1993 -
Montpellier - Opéra
Comédie - 28 avril 1993 - Opéra de Lille - 29 avril 1993 - dir. Sigiswald Kuijken - avec
De Reyghere, Sandrine Piau, Noémi Rime, Sauvageot, Paul
Agnew, Bouchot
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