Lemodramma, sur un livret de Giuseppe Domenico de
Totis, représenté en privé pour le cardinal
Doria Pamphili, à Rome, durant le carnaval 1686.
Il fut remanié pour le Palazzo Reale de Naples
en 1688.
Le livret est dédié aux Illustrissimes
Seigneurs de la Compagnie du Casino de San Marco.
Personnages : Lyncée, roi de
Mycènes ; Célidore, reine, sa femme ; Oronte, prince de
Mycènes, leur fils ; Pélops, général des
armées du roi de Mycènes ; Rosmène, sa femme ;
Fidalma, princesse d’Athènes, sous le nom d’Euryllus, page de
la reine, puis écuyer d’Oronte ; Cléante, ami et
confident de Pélops ; Lysus, page de la cour ; Alcée,
vieille nourrice de Rosmène
Argument
Pélops, général des armées
du roi de Mycènes, avait à peine épousé
Rosmène, que fut déclarée une guerre des peuples
de l’Attique contre Lyncée, qui régnait sur
Mycènes. Pélops fut contraint de quitter son
épouse et de se porter contre les ennemis avec une
armée navale; Rosmène se retira dans une maison de
campagne où, s’étant isolée, elle ne donnait
accès à nulle personne vivante, ne pensant qu’à
son époux chéri.
Oronte, fils de Lyncée, brûlant d’amour
pour Rosmène, n’arrivant pas à trouver un moyen de
découvrir son amour à l’adorée, recourt à
l’aide d’Alcée, nourrice de Rosmène, par laquelle il
est introduit déguisé en statue dans le jardin, afin
que, en cet état, se mêlant aux autres marbres, il
puisse, en saisissant l’opportunité d’un moment où
Rosmène se promenait dans les jardins, lui découvrir
ses sentiments.
Le roi, semblablement amoureux de Rosmène,
feignant d’aller à la chasse, s’introduit lui aussi dans les
jardins de la dame, abandonnant son épouse Célidore,
laquelle de son côté était amoureuse d’Euryllus,
étranger, pour lequel se faisait passer Fidalma, princesse
d’Athènes, des faveurs de qui le prince Oronte avait joui
avant de l’abandonner: celle-ci, vêtue en homme, s’est
transportée incognito à Mycènes, et
s’étant introduite dans la confidence de la reine, elle lui a
raconté, en les attribuant à d’autres personnes, ses
amours malheureuses.
De ces prémisses naît l’intrigue du
présent mélodrame, où Pélops, qui pour
observer la conduite de Rosmène se fait passer pour un
Éthiopien muet envoyé par son mari, découvre que
l’infidélité de Rosmène est imaginaire, puisque,
on ne peut plus fidèle en dépit de la force du roi et
des prières du prince, elle s’est conservée à
son mari, d’où le titre d’« Infidélité
fidèle ».