Le compositeur - L'oeuvre

ALESSANDRO SEVERO

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

d'après Apostolo Zeno
 
ORCHESTRE

Armonia Atenea
CHOEUR

DIRECTION

George Petrou

Alessandro

Mary-Ellen Nesi

Giulia

Kristina Hammarström

Salustia

Marita Solberg

Claudio

Gemma Bertagnoli

Albina

Irini Karaianni

Marziano

Petros Magoulas

DATE D'ENREGISTREMENT

2010

LIEU D'ENREGISTREMENT

ENREGISTREMENT EN CONCERT

EDITEUR

MDG

DISTRIBUTION

Codaex

DATE DE PRODUCTION

2011

NOMBRE DE DISQUES

3 (+ Don Crepuscolo - azione comica de Nikolaos Halikiopoulos Mantzaros dit Manzaro)

CATEGORIE

DDD

  Critique de cet enregistrement dans :

"Six ans après Oreste, place à Alessandro Severo, pasticcio créé à Londres le 25 février 1738, reconstitué en 1997 par un éclaireur de la handéliana au xxe siècle, le plus que regretté Anthony Hicks. Un mot sur le contexte. A la fin des années 1730, Handel subit les attaques d'une troupe rivale et traverse une crise ("paraletick disorder") qui le contraindra à lâcher la plume pour prendre les eaux à Aix-la-Chapelle - d'où il rentrera guéri par miracle. L'opéra décline et dans quelques mois aura fui son bureau, remplacé dès 1740 par l'ode et l'oratorio. Ces dernières heures de chant italien ne sont pas vaines - Faramondo et Serse naissent coup sur coup début 1738 - mais la rage n'y est plus, et le musicien doit accepter de faire du neuf avec du vieux. Hormis l'Ouverture, les récitatifs et un bel accompagnato, pas un air d'Alessandro Severo n'a été écrit pour l'occasion, ce qui explique pourquoi nous voici en présence d'une "première mondiale".

Avec tout le respect que nous lui deevons, notre confrère David Vickers pousse le bouchon un peu loin en soutenant que l'oubli n'eut d'autre motif qu'un« snobisme mal informé ». Mais il a raison : c'est une œuvre. Une œuvre ni plus ni moins cohérente que Rinaldo, pasticcio depuis touujours admis comme original. Mieux: Severo donne une nouvelle chance à des pages mal connues. Car, si un air fameux d'Orlando ouvre l'acte l, si un autre encore plus populaire ("Con l'ali di costanza" d'Ariodante) ferme le III, la plupart proviennent d'ouvrages assez obscurs (Arminio, Giustino et Berenice). Un bon livret de Zeno rappelant les conflits d'Agrippina (empereur faible, mère abusive, jalousies amorales) suffit à les parer de couleurs si fraîches qu'on les croit neuves. Beaucoup de modifications (orchestre, forme, écriture voocale), peu de récitatifs : approchez, vous ne le regretterez pas.

D'autant que George Petrou sait comme personne fonder un climat. Enchaînements et cadences prêtent à discussion, mais l'ensemble a fière allure. Tous les gestes, tous les tempos, toutes les expressions sonnent justes. Parfois, orchestre et chef dessinent même si bien le caractère que la voix leur sert de décor. Ce qui n'ôte rien aux qualités des chanteurs, notamment de Mary-Ellen Nesi, trop princesse Eboli pour un emploi destiné au plus mâle des castrats (Caffarelli) mais d'une autorité souveraine, Kristina Hammarström toujours exacte dans ses (nombreuses) vocalises et la jeune Norvégienne Marita Solberg, gracieuse à fonndre. En prime : une brève azione comica pour baryton alla Cimarosa, Don Crepuscolo (1815 ?), satire de l'anticomanie à la mode dont le compositeur, né Nikolaos Halikiopoulos Mantzaros (1795-1872), n'est autre que celui de l'hymne national grec. Œuvrette académique, distrayante et honnnêtement chantée."

"La vitalité, la passion, le sens des contrastes, c'est chez George Petrou qu'on les trouve. Alessandro Severo est un auto-pastiche. créé en 1738 - saison de Faramondo et Serse -, avec des airs pris dans une dizaine d'opéras (principalement Arminio, Giustino et Berenice), complétés par une sinfonia, un accompognato et des récitatifs spécialement composés pour l'occasion. On remarquera, à ce propos, que lorsque Haendel réalise un pasticcio, il ne le fait pas avec moins de soin et de talent qu'un nouvel opéra, retouchant ici le texte, transposant là un air, ou encore modifiant les vocalises.

Le résultat est parfaitement convaincant et, pour l'auditeur actuel, d'autant plus attrayant que les pages recyclées ne comptent pas parmi les plus connues de leur auteur. Le livret est une bonne adaptation d'une réalisation d'Apostolo Zeno. Il met en scène l'empereur romain Sévère Alexandre, qui régna de 222 à 235, soutenu et influencé par sa grand-mère et sa mère (ici, le beau rôle de Giulia), le tout agrémenté d'intrigues amoureuses autour du couple Albina-Claudio.

Dès l'Ouverture, on est frappé par la différence avec Curtis, en termes de densité, d'engagement et d'expression ! L'orchestre est constamment partie prenante, bénéficiant en plus d'une prise de son équilibrée. A priori un cran en dessous de celle d'Ariodante, la distribution est néanmoins animée par cette synergie de la réussite qui fait tant défaut chez Virgin. On admirera, en particulier, la prestation de l'excellente Kristina Hammarström en Giulia, véritable modèle de vocalisation. S'il fallait adresser un reproche à cet enregistrement, ce serait sa tendance à privilégier les cadences lentes et avec plusieurs respirations, y compris dans les airs vifs - petite faute de goût et de style, que Petrou avait su éviter jusque-là. Mais que cela ne décourage pas les amateurs Haendel de se précipiter sur cet Alessondro Severo !

À noter la présence d'un CD bonus, proposant Don Crepusculo, intermède comique composé entre 1795 et 1798 par Niccolo Manzaro (en réalité, Nikolaos Mantzaros), connu pour avoir mis en musique un Hymne à la liberté dont les premières mesures sont devenues l'hymne national grec, en 1865. Une sysmpathique curiosité."

 

 

 

 

 

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