TWV 21 : 27 - opera seria, en trois actes,
représenté au Théâtre du Marché aux
Oies de Hambourg, le 23 novembre 1729.
La partition a été éditée
en 2005 par Bärenreiter-Verlag.
Argument
:
Trahisons et intrigues à
la cour lombarde.
Grimualdus, le duc de Turin,
s'est assuré illégalement le trône longobarde,
dans le nord de l'Italie. Il fait assassiner l'un des deux
héritiers légitimes - Flavius Gundebertus - et exiler
l'autre - Flavius Bertaridus. Pour établir sa domination,
Grimualdus jette en prison Rodelinda, l'épouse deBertaridus,
et son fils Cunibert, et épouse la soeur des deux
frères, Flavia. Mais la situation se retourne : Bertaridus
revient, Rodelinda et Cunibert s'échappent de la prison, et
Flavia conteste elle aussi le roi…
Personnages : Flavius Bertaridus, roi
détrôné des Lombards ; Rodelinda, sa femme ;
Cunibert, leur fils ; Flavia, sa sœur, épouse de Grimoaldus ;
Grimoaldus, tyran ; Orontes, général de Gimoaldus ;
Onulfus, confident de Flavius ; Regimbert, fils de Grimoaldus et
Flavia
Représentations :
Hambourg - Grosses Haus
- 23, 26, 29 octobre, 3, 9, 12,
16 novembre 2011 - mise en scène Jens Daniel Herzog -
décors, costumes Mathis Neidhardt - lumières Stefan
Bolliger - avec Maite Beaumont (Flavius), Katerina Tretyakova
(Cunibert), Nina Bernsteiner (Rodelinda), David DQ Lee (Onulfus),
Antonio Abete (Grimoaldus), Ann-Beth Solvang (Flavia), Jürgen
Sacher (Orontes), Melissa Petit (Regimbert,
Schutzgeist)
Innsbruck, Tiroler
Landestheater - 10, 12, 14
août 2011 - Academia Montis Regalis - dir. Alessandro de
Marchi - mise en scène Jens Daniel Herzog - décors,
costumes Mathis Neidhardt - lumières Stefan Bolliger -
dramaturgie Hans-Peter Frings, Kerstin Schüssler-Bach - avec
Maité Beaumont (Flavius), Nina Bernsteiner (Rodelinda),
David DQ Lee (Onulfus), Ann-Beth Solvang (Flavia), Antonio Abete
(Grimoaldus), Jürgen Sacher (Orontes), Katerina Tretyakova
(Cunibert) - nouvelle production
Anaclase
"Grand spectacle, ce soir,
pour inaugurer la nouvelle édition du Festival de musique
ancienne d’Innsbruck, avec une rareté absolue : l’opéra
en trois actes Flavius Bertaridus conçu en 1729 par Telemann
à partir d’un livret de Christoph Gottlieb Wend empruntant
lui-même à des prédécesseurs italiens.
Après quelques vingt-cinq ouvrages lyriques, le compositeur se
penche sur l’histoire lombarde du VIIe siècle, et plus
particulièrement sur le retour au pouvoir de Bertaride,
renversant l’usurpateur Grimoald qui régnait à la suite
d’un traité à son égard avantageux signé
avec Dagobert, de maladroite autant qu’illustre culotte. Trêve
de plaisanteries, l’argument est des plus sérieux.
Grimoaldus s’est injustement
imposé sur le trône lombard, exilant pour ce faire le
véritable héritier, Flavius. Afin d’exercer une menace
face au prétendant légitime de la couronne, tout en
renforçant les liens pour garantir sa position, il emprisonne
la princesse Rodelinda, femme de l’exilé, et leur jeune fils
Cunibert, et contraint Flavia, sœur de Flavius, à
l’épouser. Elle lui donne un fils, Regimbert, du coup promis
au trône, ce qui devrait contrer plus tard d’éventuelles
velléités bertaridiennes.
Le rideau se lève sur
une double fête : l’on célèbre les dix ans de
mariage du roi et l’on honore une victoire militaire lombarde
remportée par le général Orontes. Après
une Sinfonia d’ouverture d’une grande et grave tenue, à la
fois élégante et sévère, dont surprend la
luminosité de la partie de cuivres, Grimoaldus fait son
entrée, uniforme d’opérette, casquette
étagée et cuisse de poulet en main, bientôt
accompagné de trois créatures qu’il palpe copieusement,
dictateur égrillard tout occupé à se faire
plaisir, qu’il s’agisse d’admirer son portrait dans un journal, de
faire un carton en supprimant un rebelle en plein banquet ou de
satisfaire aux pulsions les plus triviales. Jens-Daniel Herzog donne
le ton qui dominera les quelques quatre heures et quarante-cinq
minutes de la représentation qu’il met en scène : aussi
caricaturaux qu’ils paraissent de prime abord, les personnages
s’avèrent finalement construits avec soin, répondant
à leur fonction emblématique dans le drame comme
à la crédibilité psychologique. Le ton est
enlevé, certes, comme les aléas d’une intrigue à
rebondissement qui, pour traiter d’un sujet grave, n’en évolue
pas moins à travers une légèreté
d’expression délicieuse.
Ainsi de Grimoaldus,
littéralement porcin, de Flavia, reine malheureuse s’oubliant
en des extases psychotropiques, du général amoureux
Orontes dont l’austère gabardine agrafe fébrilement les
émois félons, de Rodelinda, prudente et prête
à tous les subterfuges pour retrouver son prince, du bouillant
Cunibert, bondissant d’espoir, d’Onulfus, l’émissaire
étranger de Favius, sorte d’espion en guérilla ; ainsi,
enfin, de l’enfant Regimbert, avorton pervers auquel Herzog confiera
la partie vocale de l’Esprit Protecteur des Lombards qui vient tout
pacifier après l’issue – heureuse quoique sanglante – du
drame. Et Bertaride ? Il nous est montré le plus sobrement qui
soit, fier, volontaire et juste.
D’une inventivité
effervescente et toujours cohérente, cette première
s’avère pleine d’humour, comme la partition qui, pour
répondre à certaines conventions d’extravagance
induisant une inévitable prise de distance, n’en manque certes
pas. Costumes et décors, à fermement situer l’action au
XXe siècle, mêlent les références aux
dictatures ; la propagande affichée dans les lieux publics
pourrait évoquer Mao comme Tito, les uniformes s’inspirent de
l’Italie fasciste comme d’exemples sud-américains ; bref,
seuls en sont exclus nazisme et stalinisme, deux systèmes aux
organisations si gigantesques qu’elles auraient raconté autre
chose.
Quelques lignes
annonçaient plus haut le ravissement musical : c’est un fait,
Alessandro De Marchi profite magnifiquement de la vivacité
d’écriture de Telemann comme d’une relative opulence
instrumentale. Son Academia Montis Regalis s’y avère plus
développée instrumentalement qu’on s’y attendrait, avec
de nombreux bois dont un contre-basson, une harpe et des cuivres
probants. Le jeu des timbres s’avère d’un raffinement notable
dont le chef italien use en parfaite adéquation avec la
dramaturgie, comme à son habitude.
Lorsqu’on aura
précisé que la distribution se révèle de
même excellente farine, aisément le lecteur imaginera le
niveau de la soirée. À l’hyper précision et
à la superbe du chœur de l’Academia Montis Regalis
répondent huit voix parfaitement employées. La
Française Mélissa Petit, jeune soprano à
l’émission littéralement angélique, mène
sereinement la ligne dévolue à L’Esprit Protecteur des
Lombards (Der Lombardische Schutzgeist). Plus musclé, le
soprano russe Katerina Tretyakova donne un Cunibert adroitement
phrasé. Au ténor solide de Jürgen Sacher est
avantageusement confié le rôle d’Orontes qu’il sert
vaillamment. De plus dramatique couleur que ses consœurs
précitées, Nina Bernsteiner campe une Rodelinda
dotée d’un bel éventail expressif (le lamento du
dernier acte est une splendeur). On retrouve la basse Antonio Abete
dont la rocaille fauve campe idéalement Grimoaldus en des
récitatifs épicés. D’un grave riche, d’un aigu
facile et généreux, d’une couleur vocale à
l’autorité naturelle, Ann-Beth Solvang offre à la reine
Flavia un mezzo-soprano brillant, adroit, émouvant. Enfin, la
chaleur du timbre, la souplesse du chant, l’exemplaire conduite de la
ligne et l’irrestistible charisme de Maïte Beaumont valent au
rôle-titre une ovation bien méritée.
Pourtant, c’est avec une autre
voix que conclura cet article : celle de David DQ Lee, chanteur
canadien d’origine coréenne, qui incarne ici Onulfus,
l’émissaire de Flavius. C’est là un contre-ténor
d’une agilité étonnante, d’une fiabilité
médusante (cette façon qu’il a d’entrer dans le
chromatisme, par exemple), mais encore luxueusement coloré et,
surtout, étonnamment projeté si on en compare l’impact
avec celui de ses confrères du même
registre."
Forum Opéra
"... Cette œuvre foisonnante
d’idées et particulièrement émouvante n’en est
que plus précieuse. Elle ne compte pas moins d’une quarantaine
de numéros : récits, airs, ariosi, duos et chœurs, pour
près dequatre heures de musique qui passent comme
l’éclair. Le chef dirige avec brio et raffinement, depuis le
clavecin, son Academia Montis Regalis toujours en progrès. Il
souligne avec bonheur les contrastes stylistiques (rythmes de danses
à la françaises, arie à la napolitaine,
contrepoints allemands) et l’extrême variété des
couleurs instrumentales, faisant valoir les grands moments de lyrisme
et les finesses du livret.
Ce nouvel opéra avait
tout pour plaire au public de la création, très
attaché aux valeurs démocratiques si bien
défendues par le Régent, à Hambourg. Il raconte
l’histoire de Flavius Bertaridus, roi médiéval
détrôné par le tyran Grimoaldus, qui parvient non
sans peine, avec l’aide de son fils Cunibert et sa femme Rodelinda,
à triompher de l’usurpateur et à rétablir dans
son royaume justice, liberté et égalité. On
était en droit d’attendre que le metteur en scène
s’efforce de mettre en valeur un ouvrage aussi important
oublié dans les tiroirs durant 273 ans mais l’on comprend
dès l’ouverture du rideau qu’il n’en sera rien.
Car Mathis Neidhardt a
décidé de faire régner la laideur sur
scène avec un lugubre décor unique,
réalisé par l’Opéra de Hambourg (tout comme les
costumes) : une pièce aux couleurs sales et privée de
fenêtres, où le metteur en scène Jens-Daniel
Herzog laisse libre cours à ses fantasmes. Citons, parmi les
nombreuses métamorphoses aberrantes subies par le livret, la
scène où, dans la salle des fêtes du palais
royal, Grimoaldus, applaudi par l’assistance, se livre à l’un
de ses plaisirs favoris, tuant d’un coup de pistolet un prisonnier
qu’on vient de torturer. Ou encore celle où Flavia repousse
les assauts d’Orontes devant les WC d’un bordel où les
ivrognes défilent pour vomir. Enfin celle où Grimoaldus
a pris en otage Rodelinda, devenue l’indicatrice de son royal
époux : il la viole à plusieurs reprises dans la
chambre à coucher d’un hôtel de passe où il la
retient prisonnière avant de la brûler
méthodiquement avec sa cigarette. Cette ignoble caricature du
tyran, comédie grotesque sans aucun rapport avec le texte et
la musique, nuit gravement à la qualité de la
production qui sera pourtant reprise telle quelle à Hambourg.
On en sait d’autant plus
gré aux chanteurs de leurs prestations musicales et vocales.
La plupart des airs présentent en effet de redoutables
difficultés, tant par leur longueur exceptionnelle (nombreux
da capo) que par leur extrême virtuosité. Acteur
confirmé, Antonio Abete, en Grimoaldus, se plie à
toutes les exigences de la direction d’acteurs. A ses dépens.
Ses airs, pourtant chantés avec une maîtrise, un soutien
irréprochables et une parfaite articulation, s’en ressentent :
chantée à quatre pattes, une putain sur le dos, la voix
ne peut se déployer librement dans l’aria du deuxième
acte. Jürgen Sacher, ténor lyrique à la voix
souple, au timbre généreux, et Ann-Beth Solvang,
mezzo-soprano au très large registre, dont la voix s’est
encore assouplie et étoffée depuis l’année
dernière*, incarnent les deux autres personnages totalement
sacrifiés de cette production : Orontes, général
de Grimoaldus, devenu un chef de la policesadique et pervers, et
Flavia, épouse ridiculisée et avilie. Tous deux sauvent
toutefois la mise par leur science du chant.
Les autres personnages
souffrent moins d’un tel traitement. La jolie voix pure à
peine formée de Katerina Tretyakova, en Cunibert, manque de
stabilité durant le premier acte, puis s’affirme en même
temps que son personnage d’adolescent prend de l’assurance. Nina
Bernsteiner (annoncée souffrante, de même qu’Ann-Beth
Solvang) donne d’abord des signes inquiétants de fatigue
vocale, mais retrouve peu à peu ses moyens si bien que sa
Rodelinda finit par captiver. Le contre-ténor David DQ Lee,
qui interprète un Onulfus insolite mais non dépourvu de
charme, utilise judicieusement la voix mixte dans ses aigus et son
timbre doré n’est pas sans rappeler celui de Maîte
Beaumont qui pour sa partfait preuve d’une aisance et d’une
musicalité éblouissantes. Son Flavius tout feu tout
flamme domine d’ailleurs la distribution.
Le public, qui ne s’est pas
laissé abuser par la pantalonnade à laquelle il vient
d’assister, fait un triomphe aux chanteurs, au chef, à
l’orchestre et aux excellents chœurs mais accueille par une large
brassée de huées l’équipe en charge de la
réalisation. Maigre consolation. Rarement on aura vu un chef
d’œuvre ressuscité avec tant de soin et d’amour
massacré sur scène avec autant d’obstination."
Opéra Magazine - octobre
2011
"Après L'Olimpiade de
Pergolesi, l'an dernier, le Festival « Festwochen der Alten
Musik » d'Innsbruck a misé sur un autre poids lourd du
répertoire baroque : le grand opera seria en trois actes de
Telemann, Flavius Bertmidus, Konig der Langobarden,
créé à Hambourg en 1729. Pas tout à fait
inconnu, car redonné à ",-fagdebourg, ville naatale du
compositeur, en 1987 et 2008. Mais grand assurément, avec
quatre heures quarante de représentation, pauses comprises
!
En 1729, Telemann est à
l'apogée de sa carrière opéératique, dont
à peine une quinzaine d'œuvres subsistent
intégralement. Adapté d'un livret vénitien
déjà mis en musique en 1706, le texte est d'une belle
qualiié littéraire, développant une intrigue
médiévale dont la trame est plus attractive que les
noms des protagonistes : le Flavio de Haendel, en 1723, et sa
Rodelinda de 1725 brodaient déjà sur des intrigues
voisines.
On y découvre comment
Flavius Bertaridus, avec l'aide de son confident Onulfus, parvient
à reconquérir le trône de Lombardie,
usurpé par Grimoaldus, en même temps que sa femme
Rodelinda et son fils Cunibert, échappés un temps des
geôles du tyran. Et comment sa sœur Flavia,
épousée de force par Grimoaldus, trouve finalement le
bonheur avec le général Orontes, qui a sauvé son
fils Regimbert. Sur une action contournée, mais riche en
moments dramatiques, Telemann a composé une partition
imposante et d'un jaillissement créatif étourdisssant,
restituée par Alessandro De Marchi à partir de
l'édition Bärenreiter de 2005, moyennant quelques
modifications, notamment le rajout d'une solennelle Ouverture.
Telemann y témoigne de son éclectisme
délibéré, côtoyant autant l'opéra
français que Haendel ou Bach (celui des Cantates), avec
surtout une prédilection pour le style italien, en multipliant
les da capo d'une longueur et d'une virtuosité terriblement
exigeantes.
Sa marque propre sc
reconnaît peut-être dans un lyrisme pastoral plutôt
inattendu sur un tel sujet, qui culmine dans une belle scène
de forêt à l'acte II, avec un délicat chant de
rossignol. Ailleurs, malgré d'inévitables passages
moins inspirés ou le statisme très
«carré» de certains airs, on est sensible à
un réel sens théâtral, même si l'on doute
un peu que Flavius Bertaridus puisse trouver un jour sa place au
répertoire.
Pour cette entreprise
considérable, qui débouchera heureusement sur un
enregistrement, De Marchi, outre son très solide ensemble
Academia Montis Regalis, qu'il mène d'une baguette ferme et
précise, bénéficie d'un plateau de haut niveau,
dont on ne cesse d'admirer le courage et l'endurance. Maite Beaumont
campe un Flavius d'une flamme ardente, culminant au II dans deux airs
d'anthologie. Une double annonce n'empêche pas la jeune mezzo
Ann-Beth Solvang de donner à Flavia le poids principal, avec
une voix ronde et puissante, chaudement colorée. La soprano
Nina Bernsteiner, en revanche, peine à soutenir suffisamment
sa Rodelinda, figure d'une tendresse attachante.
Basse habile dans la
virtuosité, Antonio Abete reste un peu en dessous des
exigences du très bel air lyyrique de Grimoaldus, à
l'acte II ; il est vrai qu'on l'oblige à le chanter à
quatre pattes! David DQ Lee, affligé d'un petit costume
serré semblant sortir de l'univers d'Hergé, est le
brillant contre-ténor d'Onulfus, tandis que le solide Orontes
du ténor Jürgen Sacher ferait presque oublier le
personnage monolithique d'un sinistre chef de la police
secrète. L'ensemble, en effet, est plombé par une
production aberrante, Jens-Daniel Herzog tournant résoolument
le dos à la musique pour construire une action
théâtrale autonome, uniquement en lieu clos. Transposant
l'intrigue dans un univers contemporain sordide, il s'attache
à enlaidir et à ridiculiser tous ses personnages, pour
finalement réussir l'exploit de bannir tout moment
d'émotion dans une partition débordant d'affects. On
souffre particulièèrement d'un premier acte où
la cour de Grimoaldus accumule parachutistes musclés et
prostituées aguicheuses. et d'un second où les
déclarations d'Orontes à Flavia se déroulent
dans un restaurant, sur fond de vomissements dans les toilettes
proches !
On pourra vérifier
l'ampleur du massacre dans quelques semaines, lors de la reprise du
spectacle à Hambourg, son coproducteur, en regrettant
viveement qu'un tel effort de qualité sur le plan musical ait
abouti à ce consternant faux pas."
Magdebourg - Theater der
Landeshauptstadt - 1er, 9, 15
mars, 6 avril, 4 mai 2008 - dir. Francesco Corti - mise en
scène Cordula Däuper - décors Jan Müller -
costumes Mareile Krettek - chef de choeur Martin Wagner
Magdebourg - 1987 - coproduction avec Landestheater
Eisenach