Carlo Innocenzo Frugoni, d'après
Simon-Joseph Pellegrin
DATE
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE
DETAILLEE
2000
David Golub
Dynamic
4
italien
2001
Christophe Rousset
3
italien
L'opéra, en cinq actes, fut
représenté au Nuovo Teatro Ducale de Parme, le 9 mai
1759, pour le mariage de l'infante de Parme avec le prince des
Asturies, puis repris en 1765. Lors de la création, le
rôle d'Ippolito était tenu par castrat Filippo
Elisi, celui d'Aricia par Caterina Gabrielli, celui de
Teseo par Angelo Amorevoli, celui de Fedra par Maria
Piccinelli.
Personnages : Ippolito (Hippolyte), fils
de Teseo (soprano), Aricia (Aricie), princesse de sang royal
d'Athènes (soprano), Fedra (Phèdre), épouse de
teseo, belle-mère de Ippolito (soprano), Teseo
(Thésée), roi d'Athènes (ténor), Enone
(Oenone), nurse et confidente de Fedra (soprano), Diana (soprano),
Plutone (basse), Mercurio (soprano), Tisifone (soprano), la
Grande-prêtresse (soprano)
"Ippolito ed Aricia est profondément
marqué par la tragédie lyrique. Son librettiste s'est
fortement inspiré du livret composé par l'abbé
Pellegrin pour Rameau. Il en conserve les cinq actes, ainsi qu'un
nombre élevé de personnages. La musique offre un style
essentiellement italien : des récitatifs secs, des airs de
coupe ABA, mais également des danses et des tempêtes
purement françaises" (Opéra International -
février 2001).
"L'apport original de Traetta a été
d'intégrer dans le cadre immuable de l'opera seria italien les
chouers et les ballets empruntés à la grande
tragédie lyrique de rameau. Dans Ippolito, il lui a repris la
musique de toutes les danses...Cela donne une partition foisonnante
d'invention...durant ces trois grandes heures de musique, on ne
s'ennuie jamais" (Crescendo)
"Ippolito ed Aricia tire sa singularité de
son mélange, extrêmement personnel,
d'éléments italiens et français. Son point de
départ étant le livret de l'abbé Pellegnin, il
se divise en cinq actes (sans prologue), comme le chef-d'oeuvre de
Rameau, et non en trois, comme un opera senia traditionnel. Les
ballets et les choeurs, nombreux, occupent une place très
importante (encore un héritage français) et l'orchestre
joue un rôle essentiel, non seulement dans les passages
dansés, mais également dans l'accompagnement
particulièrement élaboré des aile. La typologie
de celles-ci, en revanche, ainsi que le rapport entre voix et
personnage, sui-vent les modèles italiens de l'époque.
Les arie, d'amples proportions, sont presque toutes con da capo et
font généralement appel à une virtuosité
étincelante. La distribution des rôles, par ailleurs, ne
se soucie guère de réalisme et bat en brèche
tous les usages de la tragédie lyrique à la
française (sopranos ou contraltos pour les
héroïnes féminines, ténors ou basses pour
les personnages masculins).
Ippolito (un ténor chez Rameau) est ainsi
confié à une voix de soprano (un castrat), tout comme
Aricia (une femme cette fois), Teseo (une basse dans l'original
français) revenant à un ténor. De cette
juxtaposition d'esthétiques naît un fascinant hybride,
conduit à bon port, avec une habileté magistrale, par
un compositeur dont la compétence technique et
l'indépendance d'inspiration ne sauraient être mises en
cause.
Traetta connaissait apparemment très bien la
partition de Rameau - et pas uniquement son livret-, puisque, tout en
composant par ailleurs ses propres musiques de ballet, il en a
extrait un certain nombre de danses, en changeant leur
tonalité, mais en respectant leur instrumentation d'origine.
Les deux Danze delle deità infernali du deuxième acte,
par exemple, sont identiques aux Airs des Furies de l'acte II
d'Hippolyte etAnicie et le Tonnerre instrumental, placé en
conclusion de la quatrième scène du premier acte, est
celui que Rameau avait déjà composé au
même endroit.Identiques, encore, la Musette, la Ciaccona et les
deux Gavottes qui terminent le cinquième acte, ainsi que
divers morceaux dansés aux actes II, III et IV.
Ippolitoo ed Aricia représente donc un moment
fondamental, à la fois dans la chronique des tentatives de
réforme de l'opera seria au XVIIIe siècle et dans
l'histoire des rapports entre musique francaise et italienne,
à une époque où l'on avait souvent tendance
à opposer les deux styles (voir la fameuse Querelle des
Bouffons). Dans la partition de Traetta, au contraire, style
français et italien cohabitent dans le rêve
éclairé d'un cosmopolitisme culturel que les
nationalismes du XlXe siècle relègueront très
vite au royaume généreux de l'utopie." (Opéra
International - juillet/août 1999)
Repréentations :
Opéra-Comédie de
Montpellier -21, 23, 25
février 2001 - Les Talens Lyriques - Choeurs des
Opéras de Montpellier - dir. Christophe Rousset - chef des
choeurs Noëlle Geny - mise en scène : Guido De
Monticelli - décors Paolo Bregni - costumes Loris Azzaro -
cchorégraphie Deda Cristina Colonna - avec Madeline Bender
(Ippolito), Patricia Ciofi (Aricia), Laura Claycomb (Fedra), John
McVeigh (Teseo), Gaële Le Roi (Una cacciatrice/ Enone /
Mercurio), Anne-Lise Sollied-Allemano (Diana), Daniel Salas
(Plutone), Hélène Le Corre (Tisifone/ La Gran
Sacerdotessa/ Una Marinaja)
Crescendo - avril/mai 2001 - 21
février 2001
"Une production de très
haute qualité, grâce à l'exquise et touchante
Patrizia Ciofi, révélation de la soirée,
à l'ardent Ippolito de Madeline Bender, à la Fedra
sombre et passionnée de Laura Claycomb, au Teseo
pathétique de John McVeagh"..."La mise en scène de
Guido De Monticelli, excellent directeur d'acteurs, et la
chorégraphie de Deda Cristina Colonna s'intègrent
parfaitement dans les somptueux décors de Paolo Bregni,
dans le plus pur style "rocaille"
Opéra International - avril 2001 - 21 février 2001
"...la mise en scène
efficace de Guido De Monticelli, les décors astucieux de
Paolo Bregni...et les costumes de Loris Azzaro"..."une version
abrégée par les soins de Christophe Rousset,
élaguant ici quelques fragments de récitatif,
là une reprise d'aria...un toilettage respectueux..."les
instruments baroques des Talens Lyriques mettent
particulièrement en évidence l'apport de la
tradition française, et principalement des ballets
empruntés à Rameau. Affaire d'instruments, sans
doute, mais aussi d'articulation, de style, d'esprit... C'est au
chef que l'on doit d'avoir démontré l'influence de
la tragédie lyrique française dans le traitement
dramatique du choeur. L'interprétation vocale rend
pleinement justice à la partition. Patrizia Ciofi est la
fabuleuse Aricia qu'on attendait, éblouissante soprano
lyrique d'agilité dans les pages de haute
virtuosité. Et que dire de la couleur du timbre, de la
ligne, du contrôle du souffle, du legato... Etourdissante,
mais aussi profondément émouvante, Ciofi est
inégalable aujourd'hui dans la manière dont elle
confère à un personnage d'opéra baroque, une
telle densité humaine, une telle urgence dramatique. Du
reste de la distribution, il n'y a que du bien à dire,
à commencer par l'Ippolito de Madeline Bender le
très long duo "Toma la pace all'alma" où se lient
deux voix soeurs, est un moment où le public retient son
souffle. Laura Claycomb (autre Américaine, autre soprano)
est une Fedra convaincante et bien en situation, face au Teseo de
son compatriote John McVeigh, d'une belle prestance vocale. Les
rôles de complément sont bien tenus."
Diapason - avril 2001 - 25 février 2001
"Patrizia Ciofi est une Aricie
convaincante, et tire le meilleur parti de ses aigus pianissimos,
alors que l'Ippolito de Madeline Bender, en visible méforme,
meine dans un rôle particulièrement exigeant. Le couple
Teseo-Fedra est une réussite, le héros amer et
fatigué de John McVeigh contrastant à merveille avec
les coloratures incendiaires de Laura Claycomb. Christophe Rousset et
ses Talens Lyriques sont remarquables d'aplomb"..."ils volent au
secours d'une mise en scène parfois pénible et de
décors discutables."
Festival de Martina Franca - Palazzo
Ducale - 10, 22, 26 juillet 1999 - recréation -
dir. David Golub - mise en scène De Monticelli - avec
Patrizia Ciofi, Manzotti, Lopez, Edwards, Donzelli,
Grassi