Il fit des études littéraires au
collège Louis-le-Grand.
Il fit ses débuts à l'Opéra le 13
novembre 1721 lors d'une reprise de Phaëton, dans le
rôle du Soleil, puis, en décembre, celui de
Phaëton.
Il reprit les rôles de Cochereau qui avait pris
sa retraite en 1719. Il était réputé dans les
rôles tragiques, mais montra qu'il pouvait aussi exceller dans
des rôles plus légers.
En 1730, il fut mêlé malgré lui
à la mort d'Adrienne Lecouvreur, comme le raconte Barbier dans
son Journal.
Il quitta l'Opéra en 1741 avec une pension de 1
500 livres, et devint théorbiste de la musique du roi, charge
dans laquelle il fut remplacé par Pierre Jélyotte en
1753.
En 1750, on le remarque comme danseur dans un
ballet-pantomime, Mignonette, sur le théâtre des
Petits Appartements, puis, en 1751, comme acteur dans L'Impromptu
de la Cour de marbre, au château de Bellevue.
On a dit de lui :
Jean-François Marmontel
L'épicurien Tribou, disciple du P.
Porée et l’un de ses élèves les plus
chéris, depuis acteur de l’Opéra, et après avoir
cédé la scène à Jélyotte, vivant
libre et content de peu, était charmant dans sa vieillesse par
une humeur anacréontique qui ne l’abandonnait jamais. C’est le
seul homme que j’aie vu prendre congé gaiement des plaisirs du
bel âge, se laisser doucement aller au courant des
années, et dans leur déclin conserver cette philosophie
verte, gaie et naïve que Montaigne lui-même n’attribuait
qu’à la jeunesse.
Journal de Barbier - mars 1730
Il y a trois ou quatre mois qu’on a
conté une histoire dans Paris, qu’un abbé (Bourot)
avait écrit à la Lecouvreur qu’il était
chargé de l’empoisonner et que la pitié lui faisait
donner cet avertissement. Les uns ont dit que c’était avec un
bouquet, les autres que c’étaient des biscuits. On
réveille à présent cette histoire et l’on ne
soupçonne pas moins que la Duchesse de Bouillon, fille du
prince de Sobieski, qui est folle de Tribou, acteur de
l’Opéra, quoiqu’elle ait pour amant le comte de Clermont, mais
il faut. qu’il souffre cela. On dit que Trihou aimait beaucoup la
Lecouvreur et que voilà la querelle.
Le Mercure - mars 1737
L’Académie donna, le dernier dimanche de
carnaval et le Mardi Gras, deux représentations de l'Europe
galante, suivies du divertissement de Pourceaugnac, pièce
très comique et très convenable pour le temps qu’on
l'a. donnée. Le sieur Tribou y a joué le principal
rôle avec de grands applaudissemens et très bien
mérités du public, qui ne connaissait pas encore tous
ses talens. Il savait très bien qu’il est le plus parfait
modèle de la déclamation lyrique dans le grand cothurne
; mais il ne croyait pas que dans le genre comique et badin on
pût porter la précision et la finesse de l’action aussi
loin.
Pierre-Louis Daquin de Château-Lyon -
Siècle littéraire de Louis XV - 1754
M. Tribou, proposé comme un modèle
pour l’action et pour la déclamation, brillait surtout par
l’enjouement qu’il répandait sur certains rolles, dans
lesquels il faisait un plaisir infini. Ne rendait-il pas à
merveille celui du maître de chant dans les Fêtes
vénitiennes ? Il n’est pas sûr qu’on pût le faire
mieux que lui ; mais où il triomphait, c’était surtout
dans Cariselli, petit ballet bouffon. Lully, auteur de cet ouvrage,
avait joué plusieurs fois ce rôle devant Louis XIV, au
grand contentement de la cour. M. Tribou assaisonnant le même
rôle de toutes les plaisanteries imaginables, a de nos jours
ressuscité Cariselli, à la grande satisfaction de
Paris.
Castil-Blaze dans La Revue de Paris -
1836
Tribou, l'épicurien, disciple du
père Porée et l'un de ses élèves les plus
chéris, avait cédé sa place de première
haute-contre à Jéliotte. Vivant libre et content de
peu, Tribou devint charmant dans sa vieillesse, son humeur joyeuse ne
l'abandonna jamais. Il prit congé gaiement des plaisirs du
jeune âge, se laissant aller doucement au courant des
années, et dans leurs délices conservant cette
philosophie verte, gaie et naïve, que Montaigne lui-même
n'attribuait qu'à la jeunesse.
Rôles :
Phaéton (Lully) : le Soleil, Phaéton
Les Fêtes de Thalie (Mouret) : Léandre
Persée (Lully) : Mercure
Renaud (Desmarets) : Renaud, prince croisé
Les Saisons (Lullj et Collasse) : Zéphyr,
Aquilon
Les Fêtes grecques et romaines (Colin de Blamont)
: Amyntas, Eros, Tibulle
Pirithoüs (Mouret) : la Discorde,
Pirithoüs
Thétys et Pélée (Collasse) : le
Soleil, Mercure
Amadis de Grèce (Destouches) : un Matelot
Armide (Lully) le Chevalier danois
Les Ages (Campra) : Artémise, gouvernante de
Florise, Damon
L’Europe Galante (Campra) : Octavio
Acis et Galatée (Lully) Acis
Atys (Lully) : Atys
Les Eléments (La Lande et Destouches):
Mercure, Arion, Vertumne. Les Fêtes de
l’Eté (Monteclair) z le Printemps. La Reine des Péris
(Aubert): l’Euphrate. Téiégone (La Coste) : le
Grand-Prêtre de Minerve. Le Ballet sans titre: Apollon, Eraste.
Les Stratagèmes de l’Amour (Destouches) limante, rival
d’Iphis. Les Amours des Dieux (Mouret): un Faune Apollon. Le Jugement
de Péris (Bertin): Arcas. Médée et Jason
(Salomon): Jason, un Corinthien, un Matelot, une Furie.
Proserpine (Lulli) Alphée. Roland (Lulli): Médor. Les
Amours de Pro tée (Gervais): Triton. Bellérophon
(Lulli): Bellérophon. Hypermnestre (Gervais): Lyncée.
Orion (La Coste): Orion, fils de Neptune. La Princesse d’Elide
(Villeneuve): Tersandre, prince d’Argos. Tarsis et
Zélie (Rebel et Francoeur): Tarsis, du sang de
Pénée.
Lus Amours dus Dieu.: (Quinault)
Adonis, L,lnus. Hdsione (Campra)
Tdlamon, Les Nouveaux Fragments:
Palémon. Tancrdde (Campra): un Sage enchanteur,
un S y ivain. Thdsdœ (Lulli): Thésée. A lcyone
(Marais): Céyx. Le Carnaval et la Folie (Dcstouches) z
Plutus, le Professeur de Folie. Pyrrhus (Rover): Acarnas, prince du
sang de l’yrrhus. Télé-maque (Destouches):
Télémaque. Amadis de Gaule (Lulli): Amadis. Endvmion
(Colin de Blâmant): Endymion. Idomdnée (Campra):
Idamante. Les Fêtes Vénitiennes (Campra):
Eraste, le Maître de musique. Les Sens (Mouret) z le Soleil,
Protésilas, Bacchus. Callirhoé
(Destouches): Agénor. Byblis (La Caste) Tphis, prince
d’Ionie. Isis (Lulli) Mercure. Jephté (Monteclair): Arn-mon.
prince des Ammonites. Les Caractères de l’Amour (Colin de
Blttmont): Arsame, prince africain, amant d’Elvire.
L’Empire de L’A
>nour (Brassac) z l’Amour, Zélindor, roi des
Génies du feu. Hippolyte et Aride (Rameau): Hippolyte.
Issé ~ Destouches): Apollon. Omphale
Les Fêtes nouIphigénie en
Tauride (Desmarets) : Pylade. Philomèle ~ La Caste):
Athamas. Achille et didat’nle (Campra): Ulysse. Les lttdus Galantes
(Rameau): Taenias, prince persan. Scanderberg (Rebel
•t Prancoeur): Scanderberg, prince d’Albanie. Les
Romans (Nieil):
Iphis, Léon, Lindor. Les Voyages de VAmour
(Boismortier): l’Amour déguisé en Tyrien. Cadmus
et Hermione (Lulli): l’Envie, la Nourrice d’Hermione. Castor et
Pollux (Rameau) z Castor. Le Triomphe de l’Harn2onie (Grenet):
Orphée, Hylas. Le Ballet de la Paix (Rebel et Francoeur)
z Iphis, Mercure. Alceste, ou le Triomphe d’Alcide (Lulli) z
Admète. Zaïde (Rayer): Almansor, prince de la
maison des Abencérages. Les Amours du Printemps
(Co~in de Blâmant): Zéphyr.