Juditha triumphans devicta Holofernis
barbariae, oratorio en deux parties,
sur un livret en latin inspiré du Quatrième Livre des
Apocryphes, donné en novembre 1716, à la Pieta, pour
célébrer la victoire des alliés
chrétiens, menés par le prince Eugène, à
Petrovaradin (Serbie), et la délivrance de la forteresse
insulaire de Corfou, mettant fin à la sixième guerre
contre les Turcs.
Judith représente Venise,
sa servante Abra symbolise la foi chrétienne, Béthulie
l'Eglise, Ozias le Pape, Holopherne le Sultan ottoman.
Lors de la création, le
rôle d'Holopherne était tenu par Apollonia, Judith par
Caterina, Abra par Silvia, Ozias par Giulia.
Synopsis
Nabuchodonosor, roi des
Assyriens, a envoyé dans la ville de Béthulie son
armée, guidée par Holopherne, afin d'obliger les Juifs
à payer leurs tributs. Judith, une veuve jeune et pieuse, sort
de la ville assiégée avec son esclave Abra pour se
rendre dans le campement ennemi et demander grâce. Vagaus,
écuyer d'Holopherne, rencontre les deux femmes et les conduit
en présence du général asyrien qui, saisi par la
beauté de Judith, l'invite à souper. Judith
,apeurée, demande de l'aide à Abra qui la rassure en se
montrant dévote et fidèle.
A Béthulie, le
prêtre Ozias espère que la mission de Judith sera
couronnée de succès et souhaite qu'elle puisse
s'accomplir avant l'aube. Entre-temps, dans le campement des
Assyriens, Holopherne déclare son amour à Judith qui
affirme, en simulant l'humilité, qu'elle ne se
considère pas digne des propositions du général.
Ensuite, ayant compris qu'Holopherne ne veut pas gracier la ville de
Béthulie, l'héroïne décide d'accepter de
participer au souper. Lorsque Holopherne, ivre, s'endort, elle
appelle Abra et Vagaus dans la tente. L'intendant débarrasse
les restes du banquet et, ignorant les intentions de Judith, il
confie Holopherne aux soins des deux femmes. Abra monte la garde et
Judith, ayant adressé sa prière à Dieu, tranche
la tête d'Holopherne et quitte avec sa suivante le campement
ennemi. Lorsque Vagaus découvre le cadavre d'Holopherne, il
invoque les Furies en criant vengeance contre les Juifs. Entre-temps,
Ozias, voyant Judith rentrer à Béthulie, entonne un
chant de remerciements.
Beaune - Cour des Hospices
- 15 juillet 2011 - Orchestre Modo Antico - Choeur de
chambre de Namur - dir. Federico Maria Sardelli - avec Ann
Hallenberg (Juditha), Nicki Kennedy (Vagaus), Delphine Galou
(Holofernes), Loriana Castellano (Abra), Rosa Bove (Ozias)
Théâtre de
Longjumeau - 21 mai 2011 - Solistes et Choristes Chœur
de chambre de Maîtrise des Hauts-de-Seine - Ensemble
Instrumental des Hauts-de-Seine - dir. Gaël Darchen -mise en
scène Karin Catala - chorégraphie Sophie
Méary - lumières Jacques Giovanangeli
Macerata - Teatro Lauro
Rossi - 6, 10 août 2010 - Orchestra Regionale
delle Marche - dir. Riccardo Frizza - mise en scène,
décors, costumes Massimo Gasparòn - lumières
Vincenzo Raponi - avec Milijana Nikolic (Juditha), Giacinta
Nicotra (Vagaus), Nmon Ford (Holofernes), Davinia Rodriguez
(Abra), Alessandra Visentin (Ozias)
Opéra
Magazine - octobre 2010 - 10 août 2010
"L'ensemble monumental
d'escaliers et de pilastres néo-classiques en faux marbre sied
particulièrement bien à l'esthétique choisie
pour la direction d'acteurs dans Juditha triumphans, avec toute une
gestuelle que font valoir les costumes (blancs à l'antique
pour la protagoniste et ses suivantes, riches tissus dorés aux
couleurs vives pour les Assyriens). Le maitre mot de la mise en
scène semble être « érotisme » :
profitant de la splendide plastique du baryton afro-américain
Nmon Ford, Massimo Gasparon règle ainsi autour de lui un
ballet sensuel, où chacun semble attiré sexuellement
par chacun.
La distribution, dans
l'ensemble de qualité, est dominée par la Juditha de
Milijana Nikolic, au timbre très personnel et à la
vocalité prenante. Mais l'essentiel de la réussite
vient du travail effectué par Riccardo Frizza avec l'Orchestra
Regionale delle Marche (en petite formation), sur une partition qui
regorge d'obligati, permettant aux premiers pupitres de faire valoir
leurs qualités instrumentales. Stylistiquement d'une parfaite
justesse, l'ensemble, musicalement et théâtralement,
dégage une étonnante magie."
Scènes Magazine
"Massimo Gasparon a
conçu un décor unique, constitué essentiellement
par un escalier encadré de colonnes et non sans danger pour
les chanteurs, et s’est chargé également de la mise en
scène, dont on a apprécié le caractère
mobile et l’inventivité. Les ébats d’Holopherne et de
Judith et les rapprochements saphiques en position horizontale de
cette dernière avec sa confidente ont eu l’avantage de
surprendre mais l’inconvénient de ne pas s’inscrire dans la
ligne d’une gestuelle stylisée choisie pour l’ensemble du
spectacle. On évitera de se demander ce que Vivaldi en aurait
pensé, lui qui croyait avoir composé un oratorio
!
Dans le rôle principal,
Milijana Nikolic, pourtant belle et dotée d’un timbre sombre
et chaleureux, a déçu par l’uniformité de sa
ligne vocale, sans couleurs ni étincelles, qui finissait par
générer l’ennui, d’autant plus que son chant ne
semblait pas vouloir s’adapter aux finesses de l’orchestration
baroque. Davinia Rodriguez (Abra), Allessandra Visentin (Ozias) et la
virtuose Giacinta Nicota (Vagans) se sont montrées plus
différenciées, en accord avec l’esprit de la musique.
Quant à Nmon Ford (Holopherne) il a impressionné tant
par son sculptural torse d’ébène que par son aptitude
à adapter sa voix aux styles évidemment
différents des deux œuvres, aussi majestueux dans l’une que
dans l’autre.
La révélation
fut cependant, sans conteste, la performance de la jeune Maria
Agresta dans le rôle d’Odabella, convoitée par Attila.
Enfin une chanteuse italienne qui possède tous les atouts pour
une grande carrière : un organe puissant, lumineux, souple, ne
connaissant aucun problème d’aigus, ce qui fait figure
d’exception aujourd’hui. Elle continue à se perfectionner avec
… Raina Kabaivanska : cela nous conforte dans la conviction qu’elle
ne peut avoir qu’un brillant avenir ! Les voix graves et amples
d’Alberto Rota (Leone) et surtout de Claudio Sgura (Ezio), le
ténor bien conduit de Giuseppe Gipali (Foresto) et un chœur
parfaitement verdien ont contribué à produire un effet
rien moins qu’euphorisant, induit aussi par le caractère
vaillant et revivifiant de cet opéra qui mériterait des
reprises plus fréquentes."
Orangerie du Domaine de
Sceaux - 11 juin 2010 - Ensemble instrumental des Hauts
de Seine - Maîtrise des Hauts de Seine - dir. Gaël
Darchen
Stuttgart -
Schauspielhaus - 10 octobre 2009 - en allemand - dir.
Lutz Rademacher / Jörg Halubek - mise en scène
Sebastian Nübling - décors, costumes Muriel Gerstner -
lumières Gérard Cleven - dramaturgie Kekke Schmidt,
Xavier Zuber - avec Daniel Gloger, Tajana Raj, Matias Tosi -
nouvelle coproduction avec Salzburger Festspielen
Théâtre des
Champs Éysées
- 27 mai 2009 - Baden
Baden - 6 juin 2009 - version de concert - Venice
Baroque Orchestra - dir Andrea Marcon - avec Ann
Hallenberg/Manuela Custer (Juditha), Karina Gauvin (Vagaus),
Mary-Ellen Nesi (Holofernes), Marina Comparato (Abra), Romina
Basso (Ozias)
Sydney - City Recital Hall
- 5, 8, 9, 10 décembre 2007 - Orchestra of the
Antipodes - Cantillation - dir. Attilio Cremonesi - mise en
scène Mark Gaal - décors Hamish Peters -
lumières Bernie Tan-Hayes - avec Sally-Anne Russell
(Juditha), David Walker (Holofernes), Sara Macliver (Abra), Fiona
Campbell (Vaugus), Renée Martin (Ozias) - production du
Pinchgut Opera
Mayence - 19 mai 2004 - mise en scène Georges
Delnon - décors Georges Delnon - costumes Elena
Meier-Scourteli, Georges Delnon - nouvelle coproduction avec
Kammeroper Schloss Rheinsberg
Kammeroper Schloss
Rheinsberg - 2003 - avec Gillian Crichton (Juditha),
Ulrike Mayer (Holofernes), Ekaterini Papadopoulou (Abra)
San Sebastian -
14 avril 2003 - Cuenca - 16
avril 2003 - Théâtre des
Champs Elysées - 24 avril
2003 - Bruxelles - Palais des
Beaux Arts - 25 avril 2003 -
version de concert - The King's Consort - dir. Robert King - avec
Sara Mingardo / Diana Moore (Juditha), Carolyn Sampson/ Maria
Cristina Kiehr (Vagaus), Hilary Summers (Holofernes), Tuva
Semmingsen (Abra), Jean Rigby (Ozias)
Festival de Montreux - 31 août 2001 - Academia Montis Regalis -
Choeur Luca Marenzio-Roma - Alessandro de Marchi, direction -
Magdalena Kozena (Juditha), Veronica Cangemi (Vagaus), Sara
Mingardo (Holofernes), Laura Polverelli (Abra), Patricia Bardon
(Ozias)
"Utopia
triumphans - Magdalena Kozena
incarne la plus parfaite Judith que l'on puisse rêver, d'une
détermination transparente et terrible, d'une suavité
fascinante"..."Les compositions de Sara Mingardo et Veronica Cangemi
couronnent l'intelligence dramatique de De Marchi...qui ouvre une
nouvelle voie dans le baroque lyrique italien, fertile et
passionnante. Sa direction s'accorde à merveille avec
l'écriture du Prêtre roux et rend pour la
première fois justice à la construction de sa Juditha,
chef-d'oeuvre singulier partagé entre théâtre et
mysticisme." (Diapason - octobre 2001)
Montpellier - Opéra
Comédie - 18, 20, 22 avril 2001 - Académie Vocale
Opéra Junior - dir. Vladimir Kojoukharov - mise en
scène Jean-Louis Martinoty - avec Natacha
Finette-Constantin, soprano (Juditha)
"La mise en scène de
cet oratorio n'est pas une première. Mais, ici, c'est une
approche toute différente, confiée à
l'Opéra Junior de Montpellier, une structure qui forme enfants
et adolescents à la musique et à l'art lyrique. Aux
structures habituelles (Petite chorale, Atelier, Groupe vocal) a
été adjointe, pour cette production, une
Académie vocale prenant en charge le travail des solistes.
C'est donc assez naturellement qu'a été choisie, cette
saison, une oeuvre composée par Vivaldi pour les pensionnaires
de l'orphelinat vénitien de la Pietà.
Solistes, choeur et orchestre,
la distribution est ainsi entièrement féminine, en
uniformes de la Pietà. Car l'idée de base n'est pas
seulement de mettre en scène l'oratorio, mais
l'interprétation de celui-ci par les jeunes filles, " entre la
cour de récréation et le capriccio architectural
à la vénitienne ". Le décor unique est
composé de superbes panneaux peints qui nous plongent dans la
Venise du XVIIIe siècle. Autre originalité la double
distribution des quatre rôles principaux. Simultanément
en scène, les solistes se passent les costumes - très
belles réalisations de Daniel Ogier - des per-sonnages
bibliques d'un air à l'autre, voire pendant un
air.
Bien sûr, il ne faut pas
oublier la musique somptueuse de Vivaldi, qui nous offre une
partition où ses talents de mélodiste le disputent
à la richesse de l'instrumentation. Les jeunes chanteuses s'y
montrent toutes parfaitement à l'aise, tant
scéniquement que vocalement, et les nombreux airs à da
capo donnent lieu à des variations et ornementations
très intéressantes.
Vladimir Kojoukharov dirige
avec acuité et intelligence, laissant chanter ses solistes
avec spontanéité. L'orchestre offre un superbe
accompagnement et s'appuie notamment sur un continuo extraordinaire
dont chaque membre mérite d'être cité : Mirella
Giardelli (clavecin et orgue), Claire Giardelli et Dominique Mougin
(violoncelle), Clotilde Guyon (contre-basse), Caroline Delume et
Christina Pluhar (théorbe). On peut ne pas partager toutes les
options de Jean-Louis Martinoty (viol d'une Juditha plus ou moins
consentante...) et penser qu'un peu moins d'enfantillages et de
badinage aurait renforcé les tensions dramatiques."
(Opéra International - juin 2001)
Festival de Braga -
Cathédrale - 3, 4 août 2000 - Modo Antiquo - dir.
Federico Maria Sardelli
Salzbourg - Festival -
Felsenreitschule - 26, 29
juillet, 1er, 4, 6 août 1998 - dir. Claudio
Scimone - avec Gloria Banditelli (Holofernes), Manuela Custer
(Abra), Kim
Opéra de
Lille - 7, 9 et 11 juin 1996 - Opéra Comique - Paris - 24 juin 1996 - dir. Jean-Claude Malgoire - mise
en scène d'Anita Baldi - avec Nora Gubisch (Juditha),
Sylvie Sullé (Holofernes), Béatrice de Vigan,
Michelle Walton (Abra), Paola Cigna (Vagaus) - production ayant
fait l'objet d'un film de Pierre Casabilas
Libération
- Judicieuse Juditha à
Lille
"Dans un décor de
turqueries clair-obscur, qui convient bien à cet oratorio de
Vivaldi, Jean-Claude Malgoire rend à la partition toute la
richesse de l'orchestration."
Florence - Teatro
Communale - 24, 25 et 26
février 1995 - dir. R. Abbado - avec Bernadette Manca di
Nissa, D'Intino, Beronesi, Nuccia Focile, Spence
Opéra-Théâtre de
Metz - 27 mai 1993 - dir.
Dombrecht - avec Grossberger, Kroese, Höglind,
Balleys
Tourcoing - Atelier
lyrique - 15, 17 et 19 novembre
1985 - dir. Jean-Claude Malgoire - mise en scène Alita
Baldi - décors William Orlandi
Paris St Louis-en-l'Ile
- 7 octobre 1983 - dir. Pani - avec Pecchioli,
Adkins-Chiti, Chamonin, Nigoghossian
Bordeaux - Grand
Théâtre - 1978 -
dir. Bernard Thomas - mise en scène Dominique delouche -
scénographie Pierre-Yves Leprince
Sienne - Settimana Senense - 1941 - dir. Alfredo
Casella