COMPOSITEUR
|
Antonio VIVALDI
|
LIBRETTISTE
|
Pietro Metastasio
|
ENREGISTREMENT
|
ÉDITION
|
DIRECTION
|
EDITEUR
|
NOMBRE
|
LANGUE
|
FICHE
DÉTAILLÉE
|
1990
|
2004
|
René Clemencic
|
Nuova Era
|
2
|
italien
|
|
1990
|
2006
|
René Clemencic
|
Nuova Era
|
2
|
italien
|
|
1978
|
1978
|
Ferenc Szekeres
|
Hungaroton
|
3 (LP)
|
italien
|
|
1978
|
2002
|
Ferenc Szekeres
|
Hungaroton
|
1
|
italien
|
|
2002
|
2002
|
Rinaldo Alessandrini
|
Opus 111
|
3
|
italien
|
|
2002
|
2007
|
Rinaldo Alessandrini
|
Naïve
|
1 (extraits)
|
italien
|
|
Opéra (RV 725)
créé au théâtre Sant'Angelo de Venise, le
17 février 1734.
Première reprise à
l'époque moderne le 19 septembre 1939, lors des Semaines
musicales siennoises, par Alfredo Casella, dans une révision
de Virgilio Mortari.
L’Olimpiade fut créé à Venise en
1734, au Teatro Sant’Angelo, sur un livret du grand poète
Métastase, d’après Hérodote. Il connaît un
succès aussi retentissant qu’immédiat. L’intrigue se
situe sur les Champs Elysées, près de la ville
d’Olympie, en Grèce. Clistene, roi de Sicyone promet sa fille,
Aristea, en mariage au vainqueur des Jeux Olympiques. Le
supposé prince crétois Licida, épris d’Aristea
demande à son meilleur ami, l’athlète Megacle, de
concourir en son nom, sûr de sa victoire. Aimé en secret
d’Aristea, Megacle ignore le prix du concours, accepte et remporte
les jeux. Sacrifiant son amour, le jeune héros raconte le
subterfuge à Aristea et décide de la quitter à
jamais. Après moult rebondissements dramatiques, Licida est
pardonné et Aristea convole en justes noces avec Megacle. Nous
nous trouvons devant l’une des plus belles compositions de Vivaldi.
L’écriture musicale, constamment renouvelée, sait tirer
parti, avec bonheur, de la grande variété des
situations dramatiques. Les arias liées aux affetti de
l’âme des différents personnages sont superbes,
merveilleusement mises en musique dans un style mélodique
extrêmement riche et foisonnant de couleurs. (Festival de
Beaune 2002)
Personnages : Clistene (Clysthène), roi de Sicyone ;
Aristeo (Aristée), sa fille, éprise de
Mégaclès ; Argene, (Argène), dame
crétoise déguisée en bergère sous le nom
de Lycoris, éprise de Lycidas ; Licida (Lycidas), fils
supposé du roi de Crète, épris d'Argène ;
Megacle (mégaclès), ami de Lycidas ; Aminta (Aminthe),
précepteur de Lycidas ; Alcandro (Alcandre), confident de
Clysthène
Synopsis
détaillé
L'action se déroule dans la campagne d'Elide,
près de la ville d'Olympie, le jour des Jeux. Elle
réunit d'un côté Megacle (soprano), noble
athlète athénien épris d'Aristea (contralto),
mais séparé d'elle par décision de Clistene
(baryton), tyran de Sycione et père de la jeune femme ; de
l'autre Licida (contralto), fils du Roi de Crète, ami intime
de Megacle et amant d'Argene (mezzo-soprano) dont il a
également été séparé par
décision paternelle. Les Olympiades sont placées sous
l'égide de Clistene qui arrive accompagné d'Aristea,
qu'il a promise au vainqueur des Jeux et de son fidèle
confident Alcandro (basse) qu'il a autrefois chargé
d'abandonner aux flots le jumeau d'Aristea, prénommé
Filindo, après que l'oracle de Delphes eut prédit que
ce dernier commettrait un jour un parricide.
Le premier acte débute alors que Licida,
arrivé à Olympie avec son serviteur Aminta (soprano),
vient de s'éprendre de la Princesse Aristea, oubliant les
promesses faites à Argene. Il ignore qu'Argene a trouvé
refuge à Olympie où elle vit déguisée en
bergère sous le nom de Licori, et il est décidé
à conquérir Aristea en faisant concourir à sa
place son ami Megacle, qu'il a fait appeler de Crète.
Acte I
Une étroite et sombre vallée,
ombragée sur les hauteurs par de grands arbres, qui
parviennent à relier les branches entre l'un et l'autre col,
qui la referment
(1) Licida se plaint à Aminta que Megacle
l'abandonne, et qu'il ne soit pas là à temps. pour
concourir aux jeux pour conquérir Aristea. Il fait part de son
intention de s'inscrire lui-même, et avoue ne plus penser
à Argene. (2) Megacle arrive, et Licida lui demande de
concourir sous son nom, sans connaître l'amour qui unit Megacle
et Aristea. Megacle accepte avec empressement, ignorant que sa
bien-aimée est l'enjeu des épreuves. Il part
aussitôt s'inscrire, après avoir proclamé sa
fierté de porter le nom de son ancien sauveur (air de Megacle
Superbo di me stesso ). (3) Licida laisse éclater sa
joie à l'idée d'être bientôt uni à
Aristea (air de Licida Quel destrier che all'albergo è
vincino), mais Aminta, pressentant de grands périls,
médite sur les dangers de la passion amoureuse (air d'Aminta
Il fidarsi della speme).
Vaste campagne sur les flancs de la montagne Elide,
recouverte de cabanes de bergers. Pont rustique sur le fleuve
Alphée, composé de troncs d'arbres,
grosiièrement assemblés. Vue de la ville d'Olympie dans
le lointain, interrompue par quelques arbres qui embellissent la
plaine, sans la surcharger.
(4) Argene, déguisée en bergère,
en train de tresser des guirlandes de fleurs, et le choeur des
nymphes et bergers, chante la simplicité du bonheur pastoral
(choeur O care selve). Elle est rejointe par Aristea, à
qui elle confie qu'ele est crétoise d'origine noble, et
qu'elle était promise à Licida et qu'ils projetaient de
s'enfuir ensemble. A la suite d'une trahison, Licida a
été empoisonné et Argene s'est enfuie pour
échapper au mari qu'on voulait lui imposer. Argene et Aristea
s'aperçoivent que ce dernier n'est autre que Megacle. Elles
décident d'intervenir auprès du roi Clistene pour que
le combat soit différé. (5) Clistene informe Aristea
que tout est prêt, et lui annonce le nom des participants,
parmi lesquels Licida. Il refuse de repoussre les épreuves
(air de Clistene Del destin non vi lagnate). (6) Aristea
s'éclipse, contrainte de quitter Argene pour suivre son
père, en maudissant le sort barbare (air d'Aristea E troppo
spietato). Elle deamnde à Argene d'obtenir des nouvelles
de Megacle. (7) Restée seule, Argene se lamente d'avoir
été abandonnée par Licida (air d'Argene Piu
non si trovano).
(8) Megacle annonce à Licida qu'il s'est bien
inscrit aux épreuves sous son nom, et lui demande des
explications. Licida lui explique l'enjeu de la compétition,
et cite le nom d'Aristea. Megacle comprend qu'il va combattre pour
offrir à un autre sa bien-aimée, et ne parvient
qu'à grand peine à réprimer sa douleur. Licida
se retire en souhaitant à Megacle des rêves
bercés par son propre bonheur (air de Licida Mentre dormi,
Amor fomenti). (9) La colère et la souffrance de Megacle
se déchaînent alors avec violence (récitatif
accompagné de Megacle Che intesi, eterni dei !).
(10) Aristea survient alors et la présence
inattendue de Megacle à Elide la convainc aussitôt qu'il
est venu combattre pour la conquérir. Megacle laisse s'engager
un pathétique quiproquo avec sa bien-aimée et
s'éloigne en adressant à Aristea un bouleversant adieu
dont elle ne comprend pas la signi+fication (duo Megacle/Aristea
Ne'giorni tuoi felici).
Acte II
Grotte avec fontaine, contiguë au bois
(1) Argene et Aristea attendent fiévreusement
les résultats des Jeux . (2) Survient Alcandro qui annonce la
victoire de Licida. Les deux femmes s'effondrent, tandis qu'Alcandro
invite Aristea à le suivre au Temple et ne comprend pourquoi
celle-ci le chasse (air d'Alcandro Se tu sprezzar pretendi).
(3) Aristea se lamente sur son sort (air d'Aristea Sta piangendo
la tortorella). (4) Aminta découvre Argene dont il
ignorait la présence à Elide, et affronte ses reproches
(air d'Argene Per que' tanti suoi sospiri). (5) Resté
seul Aminta évoque les vicissitudes de l'amour (air d'Aminta
Siam navi all'onde algenti).
Lieu magnifique
(6) Clistene accueille le vainqueur des jeux en la
personne de Megacle, passant pour Licida. Megacle annonce alors son
souhait de se rendre en Crète pour y recueillir l'assentiment
de son père, en laissant son compagnon - Licida, sous le nom
d'Egisto - le remplacer. (7) Au moment où Megacle tente de
s'éclipser, Aristea rejoint son père qui, à sa
grande surprise, lui désigne en Megacle le vainqueur des Jeux
Clistene ne comprend pas la réaction d'Aristea et Megacle (air
de Clistene Qual serpe tortuosa). (8) Megacle demande à
Licida de s'éloigner pendant qu'il s'explique avec Aristea.
(9) Demeuré seul avec Aristea, Megacle réfrène
l'ardeur amoureuse de la Princesse en lui révélant
qu'il a combattu pour Licida et qu'il va partir. Bouleversée
par l'émotion, Aristea s'évanouit devant Megacle qui
décide de s'enfuir (récitatif accompagné de
Megacle Misero me ! Che veggo ?). (10) Megacle rejoint Licida
et lui demande de s'occuper d'Aristea pendant qu'il part (air de
Megacle Se cerca, se dice). (11) Aristea découvrant que
Megacle l'a abandonnée, exprime avec violence son
désespoir et accable Licida de reproches (air d'Aristea Tu
me da me dividi). (12) Argene surgit alors et surprend Licida.
Elle lui révèle son intention de dénoncer sa
victoire frauduleuse à Clistene. Licida essaie de la calmer.en
lui disant qu'il pourrait lui revenir. (13) Survient alors Aminta qui
annonce que Megacle vient de se suicider en se jetant dans le fleuve
Alphée, et reproche à Licida d'en être la cause.
(14) Alcandro, envoyé par Clistene, arrive à son tour
et déclare à Licida que sa fraude a été
découverte et qu'il vient d'être condamné
à l'exil sous peine de mort. (15) Licida,
déchiré par le remords, sombre dans la folie (air de
Licida Gemo in un punto, e fremo).
Acte III
Les ruines d'un ancien hippodrome recouvertes en
grande partie de lierre, de ronces, et d'autres plantes sauvages.
(1° Megacle, sauvé de la noyade par un
pêcheur, tente à nouveau de se suicider, retenu par
Aminta. Au même moment, Aristea est empêchée par
Argene d'attenter à ses jours. Dans leur fuite, leurs chemins
viennent à se croiser et les deux amants se retrouvent ainsi
face à face. (2) Alcandro arrive à cet instant,
annonçant que Licida, dans sa folie, a tenté
d'assassiner Clistene au cours du sacrifice destiné à
célébrer la fin des Jeux (air d'Alcandro Sciagurato
in braccio a morte). Aristea, par amour pour Megacle,
décide d'aller plaider auprès de son père le
salut du régicide (air d'Aristea Caro son tua cosi).
(3) Megacle jure son indéfectible amitié pour Licida
(air de Megacle Lo seguitai felice). (4) Aminta survient
bouleversé, et annonce la condamnation à mort de
Licida, le rejet de la supplique d'Aristea, et l'arrestation de
Megacle. Argene, décidée à prouver que l'amour
peut être aussi absolu que l'amitié, jure d'aller sauver
son amant (air d'Argene Per salvar quell'alma ingrata). (5)
Aminta, éperdu, décide d'aller affronter la
colère de Clistene et de partager le sort de Licida (air
d'Aminta Son qual per mare ignoto)
Vue extérieure du grand temple de Jupiter
à Olympie ; on y descend par un long et magnifique escalier
paartagé en plusieurs paliers. Devant, une place au centre de
laquelle est installé un autel ardent. Aux alentours, bois
d'oliviers sacrés qui sert à tresser les couronnes des
vainqueurs. Clistene, qui descend du temple,
précédé de la foule, par ses gardiens, par
Licida tout de blanc vêtu, une couronne de fleurs sur la
tête, par Alcandro et par le Choeur des Prêtres, certains
portant des bassines d'or, les instruments du sacrifice.
(6) Clistene demande à Licida s'il a un voeu
à formuler. Licida exprime le désir de revoir Megacle
avant de mourir. Clistene est ému à la vue du
supplicié (air de Clistene Non so donde viene). (7)
Megacle et Licida s'adressent un ultime adieu. Alcandro proclame que
l'heure du sacrifice est venue et ordonne aux prêtres de se
saisir de la victime. Le choeur implore la pitié de Clistene
(choeur I tuoi strali terror de' mortali). Licida s'agenouille
aux pieds de l'autel, Clistene se saisit de la hache sacrée
qui lui est présentée dans un bassin par l'un des
ministres du temple, et en la présentant au prêtre
chante, accompagné par une symphonie solennelle
(récitatif accompagné de Clistene O degli uomini
Padre).
(8) Argene surgit dans le Temple et revendique le droit
de mourir à la place de celui qu'elle aime. (9) Elle
présente alors au Roi le collier que Licida lui avait jadis
offert en gage de fidélité. Clistene reconnaît
aussitôt le collier que portait son fils Filindo,
lorsqu'Alcandro fut chargé de l'abandonner au fleuve. Alcandro
s'agenouille aux pieds de son souverain en implorant son pardon,
reconnaissant ne pas avoir vu le courage d'exposer aux flots le jeune
Filindo et l'avoir confié à Aminta. (10) Aminta raconte
alors comment, ayant recueilli l'enfant, il le fit adopter par le Roi
de Crète. Licida est donc le frère jumeau d'Aristea.
Clistene voudrait unir Licida à Argene et Megacle à
Aristea, mais doit soumettre le sort de Licida au jugement du peuple.
Le choeur des prêtres et du peuple décide d'acquitter le
parricide (choeur final Viva il figlio deliquente).
(Livret Opus 111)
http://www.librettidopera.it/olimpiade/olimpiade.html
"En 1734, la mode est napolitaine à Venise,
et Vivaldi ne dispose que de la scène mineure du
théâtre Sant'Angelo pour créer l'Olimpiade, le 17
février. Il doit accepter quelques concessions à cette
mode. La partition regorge donc d'airs virtuoses et très
développés. Il engage deux castrats sopranos pour les
rôles de Megacle et d'Aminta.
La partition comporte vingt-deux airs (dont huit
sont des réutilisations, la plupart en provenance de Lucio
Vero), et seulement deux récitatifs ac-compagnés,
exceptionnels par leur force dramatique et destinés à
Megacle. Le rôle d'Aminta est certainement le plus ardu, par
l'étendue vocale et les coloratures requises."
(Répertoire - décembre 2002)
Représentations :
- Garsington - 3,
5, 9, 14, 22, 29 juin 2012
- Schwetzingen,
Rokokotheater - 7, 9, 13, 21, 27 décembre 2007,
15, 25, 27 janvier, 1er, 3, 11 février 2008 - dir. Michael
Form - dramaturgie Kurt-Martin Friedrich - mise en scène
Werner Pichler - costumes Frank Bloching - décors Klaus
Teepe - avec Rosa Dominguez, Jana Kurucová, Maraile Lichdi;
Lilia Milek, Sebastian Geyer, David Otto, Alexander Schneider -
première nationale

- Lyon - Chapelle de la
Trinité - XXIIIe Festival de Musique Ancienne de
Lyon - 23 novembre 2005 -
Théâtre des Champs Élysées -
24 novembre 2005 - en version de concert - Academia Montis Regalis
- dir. Alessandro De Marchi - avec Gemma Bertagnolli (Megacle),
Martin Oro (Aristea), Anke Herrmann (Aminta), Furio Zanasi
(Alcandro), Brian Asawa (Licida), Barbara De Castri (Argene), Wolf
Matthias Friedrich (Clistene)
"On ne pouvait que se
réjouir de cette occasion d’entendre le chefd'oeuvre
composé par Vivaldi sur l’un des plus célèbres
livrets de Pietro Metastasio. Dès l’ouverture, nous retrouvons
la précision de l’Academia Montis Regalis et le sens du drame
d’Alessandro De Marchi. Durant tout le concert, ils sont des
accompagnateurs particulièrement attentifs — et plus encore.
Mais comment faire de cette superbe partition autre chose qu’un joli
concert avec une distribution si moyenne? L’engagement de tous dans
les récitatifs est indéniable, mais les airs semblent
souvent au-delà de leurs moyens.
Les rôles d’Aristea,
Argene, Alcandro et Clistene ne sont que correctement chantés.
Anke Herrmann s’applique en Aminta, mais une respiration et une
émission souvent tendues produisent des aigus laborieux et
elle ne peut que murmurer avec crainte les vocalises du splendide
« Siam’navi all onde ». Gemma Bertagnolli, malgré un
manque d’assise dans le grave, offre une prestation solide en
Megacle. La satisfaction de la soirée est à mettre au
crédit du contre-ténor américain Brian Asawa
(Licida), dont on retrouve avec un réel plaisir la voix
égale, le chant maîtrisé et la finesse de
l’expression."
- Forum
Opéra - 24 novembre 2005
L’action se déroule
près de la ville d’Olympie le jour des jeux. Le reste importe
peu ; amitiés trahies, amours contrariés, le livret de
L’Olimpiade sert avant tout de prétexte au formidable
débordement mélodique et dynamique d’un Antonio Vivaldi
au sommet de sa forme. Tout au long de la vingtaine de numéros
qui composent l’opéra, l’inspiration emporte sans temps mort
l’auditeur dans le bouillonnement de ses flots. Elle le surprend
même plus d’une fois à tapoter du pied, à
dodeliner de la tête comme dans le meilleur des concerts de
rock. Cette inépuisable énergie, domptée en
d’autres lieux par Rinaldo Alessandrini (un enregistrement en
témoigne), submerge Alessandro de Marchi qui, au premier acte
surtout, tente à grand renfort de cordes d’endiguer le flux et
malmène le mouvement jusqu’à rompre la tension du
duetto « Ne’ giorno tuoi felice ». Inégal, il trouve
ailleurs le juste souffle, le frisson poétique qui chavire par
exemple « Mentre dormi amor fomenti ».
Brian Asawa peut alors
déployer le velours soyeux de son timbre, exprimer le charme
de l’inconstant prince Licida et s’affirmer comme la vedette d’une
distribution qui, pour la plupart, a trouvé dans l’entreprise
discographique Naïve l’occasion de démontrer ses
affinités avec ce répertoire.
Ainsi, Martin Oro fut
Griffone, le noble compagnon d’Orlando finto pazzo avant d’incarner
ici la tendre Aristea. L’esprit le plus ouvert, le plus baroque
jusque dans la confusion des sexes, conçoit avec
difficulté une jeune fille virile et barbue. Fermant les yeux
pour dissiper le malaise, l’oreille ne parvient pas davantage
à se représenter la tendre héroïne. La
technique, la beauté de la voix ne sont pas en cause mais il
lui manque la clarté, la subtilité, la
féminité tout simplement. Pour accentuer encore le
déséquilibre, son amant, le sensible Megacle, est
interprété par Gemma Bertagnolli, soprano jusqu’au bout
des ongles, dont la projection s’accomplit seulement dans le registre
aigu. Il faut donc renoncer aux abîmes de « Superbo di me
stesso » pour se laisser griser plutôt par les
ébouriffantes vocalises de « Lo seguitai felici ».
L’habitude est désormais prise : dès que les rives
lyriques du prêtre roux sont abordées, le fantôme
de Cecila Bartoli surgit, inévitable, invoqué cette
fois par «Siam navi all’onde algenti ». Anke Herrmann
relève l’impossible défi avec ses propres armes –
légèreté, musicalité –, au
détriment de la chair et de l’onctuosité. Colorature
avant tout - elle coiffe à l’occasion la couronne de la Reine
de la nuit - elle tire Aminta vers l’Oscar du Bal masqué
qu’elle égare dans la Venise du XVIIIème
siècle.
Les musicologues, eux,
préfèrent à la virtuosité des arie di
tempesta la modernité des parties dévolues aux voix
graves. Pourtant, le baryton Furio Zanasi semble ce soir l’ombre de
l’inoubliable Farnace qu’il interpréta au disque et sur
scène, dirigé alors par Jordi Savall. Le volume,
l’engagement déçoivent quand demeurent malgré
tout la séduction, le mordant des attaques et la
netteté du son. Plus terne encore, Wolf Matthias Friedrich,
roi germanique avant d’être latin, ne sait pas rendre justice
au sublime « Non so dove viene », le plus bel air
peut-être d’une partition qui en regorge. Combien ce soir l’ont
remarqué ? Reste Barbara Di Castri dont les trois airs ne
tiennent pas la promesse des récitatifs. La molle
placidité des premiers contredit la précision
théâtrale des seconds. Il faudra attendre Arsace dans la
Semiramide que présente le Théâtre des Champs
Elysées au mois d’avril pour préciser son
jugement.
Mais le plus vif des regrets
reste de ne pouvoir apprécier l’œuvre dans sa tenue d’apparat,
mise en scène comme il se doit, quelles que soient ses
faiblesses dramatiques. La renaissance vivaldienne est à ce
prix, au risque sinon de passer pour et comme un effet de mode. En
attendant, l’occasion d’applaudir L’Olimpiade est trop rare pour, au
final, ne pas se réjouir car, le baron de Coubertin
l’affirmait à propos des jeux olympiques justement,
l’essentiel est de participer."
- Festival de
Beaune - Cour des Hospices - 13 juillet 2002 -
Concerto Italiano - dir. Rinaldo Alessandrini - avec Sara
Mingardo, mezzo (Licida), Roberta Invernizzi, soprano (Megacle),
Laura Giordano, soprano (Aminta), Mariana Kulikova, mezzo
(Argene), Sonia Prina, mezzo (Aristea), Ricardo Novarro, baryton
(Clistene), Sergio Foresti, basse (Alcandro)
- Venise - Teatro
Malibran - 20, 22, 23 décembre 2001 - dir.
Andrea Marcon - mise en scène Poulange - avec Patrizia
Ciofi, Anna Bonitatibus, Brioli, Jaho, Petroni, Lazzaretti
- Grèce -
2001 - dir. Degaez - avec Philippe Jaroussky, Fidele,
Deagaetz
- Théâtre des
Champs Elysées - 10
février 1990 - dir. René Clemencic - Ensemble Vocal
La Cappela - Clemencic Consort - dir. René Clemencic - avec
Andrew Walker Schultze (Clistene), Lucia Meeuwsen (Aristea),
Elisabeth von Magnus (Argene), Mieke van der Sluis (Megacle),
Gérard Lesne (Licida), Aris Christofellis (Aminta), William
Oberholtzer (Alcandro)
"Les rôles
masculins distribués respectivement à Mieke van der
Sluis et Gérard Lesne forment un couple un peu étrange.
La première vocalement séduisante, a du mal à se
faire passer pour un homme, le second semble essentiellement
préoccupé de se mesurer en virtusoité avec Aris
Christofellis, lequel déploie une quantité aussi
époustouflante d'acrobaties vocales que de fausses notes."
(Opéra International - avril 1990)
- Sienne -
Teatro della R. Accademia dei Rozzi - 19 septembre 1939 - version
de concert - dir. Antonio Guarnieri - premier opéra de
Vivaldi exécuté au XXe siècle, au
cours d'un Festival Vivaldi organisé sous les auspices de
l'Accademia Chigiana (secrétaire Olga Rudge), sous la
direction artistique d'Alfredo Casella
retour page
d'accueil