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(livret Erato)





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Jeanine Roze Production - A propos de la restitution "La partition d’Orlando (furioso), préservée sous forme autographe dans le fonds Giordano 39 bis de la Bibliothèque Nationale de Turin, requiert des forces instrumentales et vocales d’un niveau exceptionnel, tant en nombre qu’en qualité. La riche orchestration de l’oeuvre fait en effet appel à l’orchestre à cordes à quatre parties, auquel se joignent ponctuellement une flûte traversière, deux cors de chasse et deux trompettes, tandis que la distribution vocale, minutieusement élaborée par Vivaldi, exige la réunion de sept chanteurs présentant non seulement de grandes capacités techniques et expressives, mais également une subtile variété de timbre et de couleur pour nuancer chacun des quatre rôles écrits dans les tessitures de mezzo-soprano et de contralto. Toutes ces exigences ont été respectées de manière scrupuleuse lors de la préparation de cette production. L’orchestration originale a été intégralement rétablie et l’élaboration de la distribution a été opérée dans le plus strict respect des caractéristiques musicales et dramatiques spécifiques conférées par Vivaldi à chacun de ses personnages, Un important travail préparatoire a été opéré sur les sources manuscrites, afin de rétablir la version originale de l’oeuvre. Le manuscrit turinois constitue en effet une source particulièrement complexe, mêlant des feuillets soigneusement calligraphiés à des feuillets griffonnés à la hâte et comportant de multiples insertions, fragments ou retranchements, ainsi qu’une numérotation irrégulière des scènes. La sinfonia initiale ainsi que deux airs mentionnés dans le livret imprimé sont de surcroit absents du manuscrit. Ce n’est donc qu’au terme d’une patiente analyse de cette source composite qu’il a été possible de rétablir le texte musical original dans son intégrité. L’absence de sinfonia a été comblée selon une pratique attestée de Vivaldi et de ses contemporains, en procédant a son emplacement au moyen d’une oeuvre du compositeur présentant les même caractéristiques structurelles que ses ouvertures d’opéra et appartenant à la même période créatrice qu’Orlando (furioso). L’air manquant de Ruggiero au 3ème acte a pu être retrouvé dans une autre partition de Vivaldi tandis que l’air manquant d’Alcina dans le même acte a été remplacé par un air contemporain composé par Vivaldi pour Anna Giro, interprète d’Alcina, et dont les caractéristiques musicales et expressives s’adaptent idéalement au contexte dramatique de l’air perdu. Ainsi reconstituée, et sous réserve des coupures de récitatifs rendues nécessaires pour tenir compte des conditions d’écoute dans le cadre d’un concert, la partition interprétée se rapproche au plus près de la version complète de l’Orlando (furioso) de Vivaldi, telle qu’elle fut jouée pour la première fois en 1727, et telle qu’elle n’a plus jamais été entendue depuis."


