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Lexnews - 25 mars 2003 "L'été est en avance en ce début de soirée à Nice, ce mardi 25 mars ! Le public nombreux pour cette première mondiale tarde à prendre place dans le très bel opéra de la ville. Des sons de trompette rappellent l'imminence du spectacle et convainquent les derniers retardataires. Personne ne regrettera la douceur de la rue une fois le rideau levé : une scène superbe accueillait en effet la salle comble de l'opéra ! Gilbert Bezzina, le chef d'orchestre de l'Ensemble Baroque de Nice nous avait prévenu dans son interview : la beauté des décors et celle des costumes promettaient de ravir les yeux... Il ne s'était pas trompé, et le public a récompensé ce superbe travail non seulement par ses applaudissements, mais également lors de l'entracte où tous n'avaient que des éloges pour cette belle réalisation de Gilbert Blin et Rémy-Michel Trottier. Mais, revenons aux autres acteurs de cette scène dirigée par Gilbert Bezzina à la tête des musiciens de l'Ensemble Baroque de Nice ! La reine de Naples, Partenope (Claire Brua), apparaît en premier et est assise sur son trône. A ses côtés se tiennent Arsace (Salomé Haller) et Armindo (Jacek Laszczkowski), ses chevaliers, tous deux amoureux d'elle. Dès la scène suivante, Rosmira (Mariana Pizzolata) débarque sur le port et se présente à la reine, dissimulant son identité et son sexe. Elle veut se venger d’Arsace qui lui avait promis son amour et a très vite oublié son engagement pour séduire la reine Partenope. La scène suivante introduit le personnage Ormonte (John Elwes), capitaine des gardes de la reine, qui annonce l'imminence d'une guerre menée par Emilio, Prince de Cumes, (Philippe Cantor), lui-même épris de la reine ! Il ne manque plus qu’Ersilla (Rossana Bertini), Princesse de Crête, éprise d’Emilio pour que tous les acteurs de cet opéra de Vivaldi soient présents ! Cette oeuvre est un pasticcio de Vivaldi, pratique courante à l'époque, et qui valut à son auteur une représentation lors des fêtes du carnaval le 27 janvier 1738 au Teatro S. Angelo de Venise. Cette composition, qui empreinte ainsi à de nombreux auteurs de l'époque, n'en est pas moins une oeuvre cohérente et équilibrée, parfaitement éclairée par le travail efficace de la mise en scène, des décors et des costumes. L’équilibre résulte également d’une gestuelle baroque particulièrement soignée, mais aussi de l'orchestre, des chanteurs particulièrement salués et de la direction talentueuse de Gilbert Bezzina avec son violon ! Il n'est pas possible de relever toutes les prouesses et qualités de ce spectacle de plus de trois heures, mais Rosmira, Arsace et Armindo furent également très salués par un public qui, malgré l’heure tardive, n’hésita pas à rappeler de nombreuses fois les acteurs de cette soirée ! Cette très belle création ne saurait s'arrêter là : un disque paraîtra prochainement et, souhaitons-le, une reprise de cette production devrait séduire plus d'un festival ! Le travail réalisé par tous les intervenants autour de Gilbert Bezzina est tout simplement éblouissant : si Rosmira Fedele marque le crépuscule vénitien dans la production de Vivaldi, nul doute qu'il tracera une voie pavée de succès pour l'ensemble des acteurs de ce très beau spectacle !"
Anaclase.com - Dossier Vivaldi - juin/juillet 2003 "Le 23 mars 2003, nous avons pu voir la production qu'en proposaient l'Opéra de Nice et l'Ensemble Baroque de Nice. Marianna Pizzolato incarnait à ravir la fidèle et vengeresse Rosmira, offrant au personnage un timbre d'une grande richesse, très chaleureux,et la couleur suave d'un beau mezzo. La partition est judicieusement écrite, utilisant le registre comme élément d'ambiguïté venant souligner le travestissement. On aura regretté pourtant l'ingratitude de cette partie, n'offrant guère de moments de virtuosité à la chanteuse. Arsace était Salomé Haller, soprano que nous avons régulièrement l'occasion d'entendre dans le répertoire baroque. On se souvient de sa prestation dans Falstaff de Salieri à Tourcoing il y a un an. Elle proposait un personnage assez falot, comme il se doit, et affrontait sans pâlir les arabesques de son rôle. Armindo était chanté par le sopraniste Jacek Laszczkowski, emportant tous les suffrages grâce à un organe d'une agilité à toute épreuve, d'une grande vaillance, et à un charisme personnel. On entend rarement une ornementation si délicatement menée. Enfin, la mise en scène de ce spectacle était confiée à Gilbert Blin qui semble porter un intérêt particulier à l'œuvre de Vivaldi, puisque après avoir présenté Orlando Furioso à Prague, il prépare également sa Semiramide. On voit bien l'habitude qu'a prise Gilbert Blin au fil de sa carrière, et la trace de ses collaborations avec le théâtre du château de Drottningholm, dans Rosmira Fedele. La gestuelle y est en effet remarquable, tentant de recréer une sorte d'auto présentation répétée de chaque personnage par un signe personnel sur la durée du spectacle. Le choix d'un univers de toiles peintes et de perspectives conventionnelles demeure cependant un peu étriqué. Certes, dans un cadre totalement baroque, comme Drottningholm, c'eut été parfait ; mais ici, c'est décalé. Peu de jeu, un maniérisme légèrement naïf de temps à autre, et c'est tout. Félicitons Gilbert Bezzina qui dirigeait de son archet plateau et musiciens."
Opéra International - mai 2003 "Gilbert Blin, metteur en scène, a aussi réalisé les décors, très intéressante évocation de ceux dus à Carlo Bibiena et aujourd'hui préservés au château de Drottningholm en Suède. Cette démarche historicisante a aussi prévalu pour les costumes ; le résultat est convaincant, et respectueux des intentions du compositeur et du librettiste. La direction d'acteurs procédait du même esprit, mais on aurait souhaité qu'elle fasse montre d'un peu plus de vivacité. Le plateau était inégal...Le rôle-titre a été fort bien servi par Marianna Pizzolato ; la jeune mezzo italienne possède de réels moyens, une voix parfaitement en place avec un très joli timbre, rond et charnu, et s'est avérée très solide dans la vocalisation. Le sopraniste Jacek Laszczkowski fut un Armindo à la hauteur de sa tâche, et outre une grande agilité, il possède une ampleur rare pour ce type de voix. Salomé Haller (Arsace) a aussi fait montre d'une couleur vocale plaisante, mais peine à exécuter proprement les colorature. L'Ersilla de Rossana Bertini était très satisfaisante. Elle alliait une émission très juste à un charmant vibrato, net et serré, et seul un relatif manque de puissance peut lui être reproché. Le reste de la distribution peut en revanche être oublié sans regrets. Enfin la direction de Gilbert Bezzina, qui conduisait son orchestre au violon, était vive et contrastée, et ne suscitait jamais l'ennui. La familiarité de M. Bezzina avec le style de Vivaldi n'est plus à démontrer, et l'Ensemble Baroque de Nice est de bon niveau, même si quelques écarts étaient à déplorer dans les très difficiles parties de trompettes naturelles."
Diapason - mai 2003 - Très fidèle Rosmire "Le jeune mezzo italien s'appelle Marianna Pizzolato, bien timbrée, épanouie, irrésistible de présence dés qu'elle prend une pose immortalisée par les caricatures de A.M. Zanetti...une dramaturgie qui rend enfin justice à l'impresario Vivaldi, aux impératifs de décors imaginés par un Bibiena pour un petit théâtre vénitien comme le Sant'Angelo, aux costumes inspirés par les gravures de Bertoli. Chapeau bas à Gilbert Blin et à Rémy-Michel Trotier qui, bénéficiant du soutien de l'Académie Desprez, ont su fusionner des conventions dramaturgiques éparses, disparues pour certaines, jusqu'à l'illusion du naturel. Les praticables, les toiles (superbement) peintes, les costumes magnifiques, la mise en espace et en lumière, la malicieuse scénographie touchent juste. Le plateau vocal rejoint les inclinations vivaldiennes pour de belles voix féminines. Les Italiennes dominent, avec Pizzolato, bien sûr, mais aussi Rossana Bertini (Ersilla), parfaite en seconda donna. Bonne actrice aussi. Solide Salomé Haller, techniquement convaincante, mais Arsace cependant un peu froid. Comme Claire Brua d'ailleurs, dure Parthénope du septentrion, parfois engorgée. Pour les hommes, déception. Un Philippe Cantor "do baula" (Emilio), interchangeable, comme l'air du même nom, d'une production à l'autre, un Jacek Laszczkowski (Armindo), sopraniste qui, depuis le Cesare de 1998 dans Catone, s'éteint doucement, et l'ombre de John Elwes" (Ormonte).
Concertclassic - lettre du 26 mars 2003