1700 : le marquisat des Iles d'Or est toujours entre les mains de Jean-Baptiste du Covet.
1707 : pendant la guerre de Succession d'Espagne (1701 - 1714), les Anglais, les Hollandais et leurs alliés projettent d'envahir la Provence. La guerre a été déclarée par l’Angleterre, inquiète de l’accession de Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, au trône d’Espagne. Elle oppose la Grande Alliance, composée de l’Angleterre, les Pays-Bas, le Saint Empire romain germanique, puis le Portugal et la Savoie à la France et à l’Espagne. C'est alors qu'est construit le "camp de Louis XIV", face à l'îlot du Petit Langoustier. Le duc de Savoie Victor-Amédée II et le prince Eugène de Savoie-Carignan envahissent la Provence. Le 17 juillet, 200 vaisseaux de la flotte anglo-néerlandaise, dont 30 vaisseaux de guerre et 26 frégates, sous le commandement de l'amiral Schowel, arrivent de l'est et mouillent entre Bagaud et Bénat. Des soldats descendent sur Bagaud où, en dépit des coups de canon de Port Cros, ils enlèvent un troupeau de moutons appartenant au gouverneur de Port Cros. Des marins débarquent également à Bénat. Ils attaquent Port Cros, sont repoussés, mais s'emparent de Porquerolles, avec ses trois forts défendus par une quinzaine de paysans. Le 24, la flotte mouille en rade d'Hyères et s'empare de la ville, puis part assiéger Toulon. Le duc de Savoie se retire après un siège de 27 jours.
1709 (janvier) : le 7, il neige pendant trente-six heures sur Hyères. Le froid provoque des dégâts dans le bétail et les cultures, notamment les oliviers.
1709 : Monsieur d'Artaignan, commandant des troupes françaises chargées de défendre la Provence contre le duc de Savoie, fait établir deux redoutes armées de canons, pour prévenir un débarquement sur les plages de la rade d'Hyères.
1710 (août) : la flûte royale La Baleine, armée de 26 canons, commandée par M. de Beaussier, revenant d'Alexandrie, chargée de peaux, coton et toiles, est attaquée par la flotte anglo-hollandaise de l'amiral Norris. Elle vient s'abriter à Port Cros, mais ne peut être défendue en raison de l'état des canons. Deux vaisseaux, le Bedford et le Resolution tirant sur La Baleine, l'équipage débarque. Les Anglais investissent le navire qui saute peu après. 500 Anglais envahissent le fort du Moulin, les Français s'étant réfugiés dans le fort de l'Estissac. Les Anglo-Hollandais rembarquent, abandonnant la carcasse de La Baleine dont une partie de la cargaison sera récupérée.
1714 : le sieur Ricard, Conseiller au Parlement de Provence, rachète Bréganson pour 2 400 francs par an.
1714 (mars) : la communauté de Hyères demande à nouveau la construction d'un port, à l'embouchure du canal du Ceinturon. Un procureur, la marquis d'Ampus, et un architecte, Laurent Vallon, dressent un plan et un devis. On prévoit un môle de 100 mètres, à l'est, une jetée de 60 mètres, à l'ouest, délimitant un bassin carré de 160 mètres de côté. L'assemblée des communautés de Provence dégage 20 000 livres.
1716 : deux jetées sont construites à l'embouchure du canal du Ceinturon.
1719 : l'Atlas des fortifications fournit le plan des forts en bon état des îles d'Hyères, et donne une estimation des garnisons nécessaires en cas de guerre : 140 à Port Cros, 240 sur Porquerolles.
1720 : Marseille est atteinte par une terrible épidémie de peste.
1726 (mai) : le chef des corsaires Chaban-Reïs s'empare d'un navire royal au mouillage sous Porquerolles, commandé par M. de Montlaur. Mais à la suite d'une "régate" autour de l'île, ancêtre de la Porquerolles' Cup, gagnée par ce dernier, l'équipage est libéré.
1727 : un corsaire tunisien est capturé par un vaisseau royal.
1731 : deux corsaires tunisiens pillent un bâtiment de Menton, pourchassent l'équipage à terre.
1737 : un arrêt du Parlement de Paris attribue Porquerolles pour 25 500 livres aux enfants de M. et Mme d'Hendicourt de Lenoncourt, héritiers de Mathieu Molé.
1739 : la terre de Léoube, qui appartenait au fils de Marc Antoine de Bonconi, revient à la couronne royale.
1742 : deux ans après la déclaration de guerre de succession d'Autriche, l'amiral Matthews, commandant la flotte anglaise mouillée en rade d'Hyères, qui bloquait le flotte espagnole à Toulon, demande à fonder un hôpital à Port Cros. Le marquis de Mirepoix, commandant la Provence, refuse et, avec le conseil d'Hyères, hâte le renforcement de la garnison des îles. Milet de Monville est chargé de leur défense. Il fait fermer le fort de l'Eminence, considéré comme inutile, et faire des travaux sur les forts du Moulin et de l'Estissac. A Porquerolles, les forts sont en mauvais état, notamment celui du Petit Langoustier. La flotte anglaise restera 6 ans en rade d'Hyères.
1742 (avril) : la flotte anglaise attaque l'escadre franco-espagnole sous le Cap Sicié.
1742 (juin) : deux vaisseaux et deux brûlots anglais, commandés par Norry, partent de la rade d'Hyères pour attaquer 5 galères espagnoles réfugiées à St Tropez.
1743 : à Port Cros, les perdrix sont réputées "nombreuses et les meilleures de la Province", mais leur chasse est rendue difficile par le "pays scabreux". L'île abrite un troupeau de 200 à 300 chèvres, mais "les moutons qu'on y transporte maigrissent à vue d'oeil". On trouve alors "quelques pins blancs à droite et à gauche" du Val Notre Dame, "à côté des ruines d'une chapelle Notre Dame qui se trouve à peu près au centre de l'île". "Tout le reste est rempli de bruyères" qui "constituent une partie du revenu des habitants". A cette époque, "plus de la moitié du port" est comblée par des vases. Il ne reste alors plus un seul soldat en garnison dans les îles, les forts de Sainte Agathe et du Moulin sont utilisés comme résidence par les seigneurs lors de leur visite, les autres ont transformés en bergeries.
1743 : le marquis de Mirepoix, voulant éviter les communications entre les Anglais et les habitants, fait établir des barrières, deux à Gapeau, une à Bormettes, une à Léoube, seuls endroits où les Anglais peuvent se ravitailler.
1744 : alors que les Anglais sont toujours mouillés en rade d'Hyères, le comte de Maurepas (1701 - 1781), ministre de la Marine de Louis XV, de passage à Toulon, ordonne la réparation immédiate des forts, notamment le fort du Moulin à Port Cros, et l'établissement d'une milice.
1744 : la "Course autour de l'Isle" est gagnée par le comte de Maurepas, avec le Vengeur, commandé par le commandant Latouche-Tréville.
1746 : les époux Ségard, qui s'étaient vu attribuer la terre de Léoube, la vendent à d'anciens agriculteurs de Collobrières, les frères Barthélémy et Jean Brémond.
1747/1750 : un camp est créé à Port Cros, qui accueille une milice et une soixantaine de soldats malades soignés par un chirurgien-major.
1748 : un projet de redoute est envisagé à Bagaud.
1750 : le fort de Port Man est agrandi.
1751 : la terre de Bénat est acquise par Antoine Moricaud de Soleilhas, pour 20 500 livres.
1752 : le marquis de Pauliny, ministre de Louis XV, reprend le projet de construction d'un port au Ceinturon. Le devis estimé par le sieur Barthélémy Barralier, maître au port de Toulon, est de 166 800 livres, et on prévoit 3 ans pour la construction.
1755 : la batterie du Sud est construite à Port Cros.
1756 (avril) : une escadre composée de 12 vaisseaux et 12 frégates, part des îles, emmenant le duc de Richelieu (1696 - 1788), petit-neveu du cardinal, maréchal de France, à la conquête de Minorque, occupée par les Anglais.
1757 (juillet) : le maréchal de Mirepoix précise au marquis de Fremeur "qu'il y a dans les îles d'Hyères un bataillon de milice de Chalon-sur-Saône et une compagnie d'invalides d'environ 60 hommes".
1757 : une ordonnance royale reconnaît le fort du Moulin comme propriété du marquis de Marignane, et donne ordre de lui payer 200 livres pour la location des bâtiments occupés par la garnison royale. Les autres forts sont propriété royale.
1758 : un contrat entre la ville d'Hyères et un religieux franciscain, Pierre-Antoine Boyer, prévoit la continuation du port d'Hyères et du canal. Il reste sans suite.
1760 : Emmanuel-Anne-Louis de Covet, fils de Joseph-Marie, enseigne des chevau-légers de la garde du roi, gouverneur de Port-Cros, beau-père de Mirabeau, devient le dernier marquis des Iles d'Or.
1767 : Diane de Vichy, venue en villégiature à Hyères, rapporte que "sur le récit qu'on lui en fait, les îles nommées vulgairement îles d'Hyères ne sont que des rochers arides".
1770 : Milet de Monville écrit un nouveau Mémoire sur la rade et les îles d'Hyères.
1771 : le parlement d'Aix est supprimé par René-Charles de Maupéou, premier président du parlement de Paris.
1774 : à Port Cros, "tout le sol de l'île est couvert de hautes montagnes, qui forment trois petits vallons". La végétation est beaucoup moins dense qu'à la période moderne. "Des bruyères et des bouquets de pins remplissent les lieux incultes", "plus du tiers du port" est comblé par la vase d'origine alluviale.
1775 : une carte de la "Rade et des Isles d'Hyères" fait apparaître un amer sur l'écueil de la "Jaume Gaine".
1775 : Alexandre Pateron devient propriétaire de Bréganson.
1775 : le parlement d'Aix est restauré, mais ne joue qu'un rôle politique effacé.
1778 : Emmanuel de Covet rend hommage du marquisat des Iles d'Or à Louis XVI (1754 - 1793), roi de France en 1774.
1780 (novembre) : le Slava Rossii (ou "Gloire de la Russie"), vaisseau russe de 52 mètres et de 66 canons, s'écrase sur la pointe du Roucas Roux, au sud de l'île du Levant, avec 457 marins. Tous sont sauvés sauf 11. Il faisait partie d'une escadre de Catherine II, dite la Grande, impératrice de Russie de 1762 à 1796, partie de Cronstadt vers Livourne, qui avait passé Gibraltar le 21 octobre.
1780 : l'abbé Jean-Pierre Papon écrit un Voyage de Provence.
1782 : le marquis d'Hendicourt et de Lenoncourt, ancien capitaine de cavalerie, et Gaspard de la Croix de Castries, chef d'escadre des armées navales, deviennent coseigneurs du marquisat de Porquerolles.
1783 (décembre) (ou 1785 juin) : Emmanuel-Anne-Louis de Covet vend les Iles d'Or, moyennant le prix de 80.000 livres, à Jean-Joseph-Barthélémy-Simon de Savournin, major commandant Port Cros. Le marquisat dont les armoiries sont d'or, à deux pins entrelacés et passés deux fois en sautoir de sinople, fruités d'argent, disparaît. Le roi reste propriétaire de l'emplacement des forts construits par la Couronne.
1785 : le projet de port en rade d'Hyères est repris par les sieurs Rose, Lorraine et Meissonnier.
1786 (février) : le projet de port d'Hyères est adopté par le Conseil général des familles d'Hyères.
1786 : Bréganson est racheté par le sieur Rouard, de Carpentras. Il fait défricher, planter en vigne et reboiser. Il fait aménager la maison d'habitation qui prend le nom de "Château Rouard".
1789 : les fermes de la marquise de Ricard à Bréganson sont attaquées par des paysans. La garnison du fort intervient.
1790 : la Provence est divisée en trois départements : les Bouches-du-Rhône, le Var et les Basses Alpes.
1790 : Monsieur Rouard obtient l'autorisation d'établir une madrague dans les eaux de Bréganson.
1791 : l'armée révolutionnaire fait procéder à l'enlèvement des réserves des forts. On récupère ainsi à Port Cros, 48 barils de poudre, 3 canons de fonte, 192 boulets, 1 300 pierres à fusils. Le Club des Jacobins de Hyères s'empare des armes de la garnison de Bréganson.
1791 : les plans et devis du port d'Hyères sont établis, mais resteront sans suite.
1792 : la famille de Lenoncourt ayant émigré, l'île de Porquerolles est confisquée comme bien national, et vendue à Jacques Marquant, de Hyères (ou de Brignoles), pour 34 800 francs (ou 18 000 livres).
1793 (août) : Toulon est livrée par les royalistes aux Anglais, et fait allégeance au comte de Provence, futur Louis XVIII, émigré depuis 1791.
1793 (décembre) - 1794 (janvier) : le jour de la prise de Toulon (19 décembre) par les troupes révolutionnaires de Dugommier, les escadres anglaises et espagnoles, après avoir incendié la flotte et l'arsenal de Toulon, viennent se réfugier aux îles d'Hyères. Elles emmènent 3 navires de guerre et une centaine de navires de commerce français. Sachant que le fort de Port Cros est tenu sous le commandement d'un ancien royaliste, la major de Savournin, le chef d'escadre anglais se présente à lui comme défenseur du roi, et l'invite le lendemain sur son vaisseau. Pendant la fête, les Anglais surprennent la garnison, et s'emparent du Château qu'ils font sauter, le commandant du fort étant retenu prisonnier. Seule la façade est résiste à l'explosion. Avant de quitter Port Cros, les Anglais détruisent les forts, notamment la Tour de l'Eminence, le fort de l'Estissac, celui de Port Man. Ils coupent les oliviers et pillent les habitations.
A Porquerolles, les forts du Petit et du Grand Langoustier sont également incendiés. L'enceinte du fort d'Alycastre est renversée, la tour incendiée. La tour Sainte-Agathe est incendiée, le magasin à poudre explose.
L'île du Levant est également touchée, et l'établissement récent des Frères de la Croix, qui se livraient à l'agriculture, est ruiné.
1794 (janvier) : une commission est formée à laquelle participe Bonaparte. Celui-ci inspecte les îles d'Hyères et s'attache à leurs fortifications. Des travaux de défense sont commencés, mais interrompus en juin. Une batterie est installée à Port Cros, sous le Château du Moulin. La batterie du Sud est agrandie, comprenant un corps de garde, avec salles voûtées, et une terrasse. On envisage de créer 3 batteries à Port Man, mais seule celle de la pointe de Port Man est construite. Une batterie, dite du Centre, est construite à Bagaud.
A Porquerolles, le fort du Lequin est commencé, la batterie du Lion installée sous le fort Ste Agathe. La batterie basse des Mèdes est construite en contrebas du chemin du cap des Mèdes.
1794 : le général Bonaparte cite, devant le Comité de Salut Public, Port Cros au nombre des neuf bons mouillages entre le golfe de Lion et le golfe de Gênes, pouvant abriter des vaisseaux de haut-bord.
1795 : la flotte anglaise vient soutenir les royalistes français retranchés à Toulon, ravage les îles, emporte du bétail.
1796 : M. Savournin, propriétaire de Port Cros et du Levant, expose dans une demande de dégrèvement d'impôts, la triste situation des îles qui, à la suite des dégâts occasionnés par les Anglais et de la dispersion des colons, sont redevenues en friche. Il ne reste plus au Levant que quatre familles et onze frères de la Croix. Le revenu de l'île, dont les vignes n'ont pas été taillées depuis trois ans, et les terres arables sont en friche, s'élève à 750 livres. Celui de Port Cros, où on cultive la vigne et l'olivier, à 425 livres. Seul le bois de chauffage est encore exploité, à destination de Marseille.
1797 : une station de quarantaine est installée à Porquerolles pour les soldats de l'expédition d'Egypte (1798 - 1801).